Hello !

Contente de vous retrouver ! C'est vrai que j'ai mis du temps et que vous avez sûrement dû prendre votre mal en patience, mais pour me faire pardonner, ce chapitre est plus long qu'à l'ordinaire et notre Drago d'amour vous ouvre son cœur... J'espère qu'il vous plaira !

Je ne blablate pas plus, j'ai des révisions à faire, mais je me tiens aux aguets derrière mon écran, comptez sur moi ! xD

Encore merci pour vos adorables reviews, je vous adore !

Bonne lecture

Hachiko Livi : Ouf, je n'ai pas ta mort sur la conscience ! Quel soulagement ! xD Merci beaucoup, et voici la suite ;)

DragoHermione : Coucou ! Ta review m'a super méga rassurée, merci ! Pour ta question, en effet c'est plus ou moins ça, les passages en italiques correspondaient au récit de la légende, et en fait les mots s'imposaient un peu dans l'esprit d'Hermione (je sais pas comment expliquer, c'est une idée un peu farfelue je dois avouer xD) tandis que les passages normaux étaient ce qu'elle voyait autour d'elle. J'espère que c'était pas trop complexe ^^ Quant à tes théories, elles ne sont vraiment pas loin de la vérité... Tu vas en savoir plus, ne t'inquiète pas ! Tes questions trouveront des réponses ;) Et en effet, Astoria n'est pas vraiment quelqu'un dans le sens où elle est simplement une jeune fille du peuple tombée par hasard dans les bras de Salazar en s'étant joué de lui involontairement. Si tu as d'autres questions, n'hésite pas. Encore merci, gros bisous et à très vite !

Tandori : Mdr, je comprends c'est pas simple xD Ne t'inquiète pas, tout va s'éclairer (enfin, normalement ^^) et là tu me diras ce que tu en penses ! ;)


43. - À cœur ouvert

Malefoy serra les paupières une seconde, et lorsqu'il les souleva, une lueur brillait dans ses yeux.

- Il y a tellement de choses que tu ne sais pas, Hermione, soupira-t-il, du regret perceptible dans sa voix. Je ne sais même pas par où commencer.

Un brin impatiente, la lionne ramena ses jambes contre sa poitrine pour être encore plus loin de lui. Ce simple geste fit irradier la douleur dans tout son corps, mais elle ne broncha pas.

- Et si tu commençais par m'expliquer pourquoi je ne suis pas morte ? Je pense que ce serait un bon début, insinua-t-elle d'un ton plein d'amertume.

Passant manifestement outre ses sarcasmes, le Serpentard acquiesça doucement.

- De quoi te souviens-tu exactement ? interrogea-t-il, à sa plus grande surprise.

Cette question fit ressurgir un souvenir de l'antre de sa mémoire : il avait demandé la même chose à sa mère lorsqu'il l'avait ranimée, près de la falaise. Si cette ressemblance de traitement l'interloqua, elle n'en montra rien et se contenta de lui transmettre sa colère dans un regard assassin.

- Que tu m'as tuée, asséna-t-elle, le cœur serré.

Des sanglots affluèrent dans sa gorge, mais elle les y bloqua. Pas question de pleurer à nouveau.

Malefoy baissa la tête un instant, comme s'il avait honte.

- C'était la seule façon de te protéger.

Choquée, Hermione le regarda fixement, espérant qu'il s'explique. Comme il n'en fit rien, elle laissa échapper un éclat de rire.

- En me tuant ? C'est une blague, Malefoy ? Oh, c'est sûr qu'une fois morte, rien ne pouvait plus m'atteindre ! Si c'est ça que tu appelles protéger !

Tellement estomaquée qu'elle ne parvenait même plus à se moquer de lui, elle poussa un long soupir d'exaspération.

- J'aurais cru avoir droit à une excuse au moins un peu plus crédible, s'irrita-t-elle. Tu ne t'es pas foulé pour me trouver celle-là.

- Ce n'est que la vérité, affirma fermement Malefoy. Et si tu veux vraiment comprendre, alors laisse-moi parler, et ne m'interromps pas.

Bougonnante, elle enveloppa ses jambes de ses bras, les serrant étroitement contre elle, comme pour préserver son corps du peu qui lui restait. Son apparente mauvaise humeur n'était qu'un prétexte pour oublier la plaie béante dans son cœur.

- Merci, fit le jeune homme en passant nerveusement une main dans ses cheveux blonds.

Il se mordit la lèvre inférieure, semblant chercher ses mots avec une soigneuse précaution.

- Je suppose que tu ne t'en souviens pas encore, car il est trop tôt, mais normalement, il s'est passé quelque chose d'étrange pendant que tu étais... morte, objecta-t-il en hésitant sur ce dernier mot. Tu as dû prendre connaissance d'une légende, plus précisément la Légende du Médaillon de l'Ombre. Je ne sais pas exactement sous quelle forme, n'ayant jamais fait l'expérience moi-même. Mais je sais que c'est arrivé.

Perplexe, Hermione fronça les sourcils. Elle n'avait que de vagues souvenirs de son petit voyage dans l'au-delà. Et en vérité, elle ne tenait pas vraiment à y penser maintenant, surtout lorsque l'ange en face d'elle cherchait à se débarrasser de sa couverture démoniaque.

- La légende explique que Salazar Serpentard était tombé amoureux d'Astoria Darwin, une Née-moldue, raconta Malefoy paisiblement. Sauf qu'il a fallu qu'il la tue pour s'en rendre compte. Il n'avait jamais aimé personne, et considérait l'amour comme un sentiment néfaste, destructeur. Il se contentait de satisfaire son désir personnel sur des femmes n'ayant absolument aucune valeur à ses yeux. Astoria s'est détachée du lot car elle lui a tout d'abord résisté, ce qui l'a rendu encore plus déterminé à parvenir à ses fins. Il ne supportait pas l'échec, et selon lui, laisser une femme lui résister en était un. C'est pour cela qu'il est tombé amoureux d'elle. La deuxième raison pour laquelle elle était encore plus différente des autres, c'est lorsqu'elle l'a trompé sur la nature de son sang. Il était tellement concentré sur sa traque qu'il n'a jamais songé à vérifier qu'elle était de Sang Pur, étant donné qu'elle se trouvait dans un bal où il n'y avait que des Sangs-Purs.

Au fur et à mesure que Malefoy relatait la légende, des bribes de souvenirs s'entrechoquaient dans l'esprit troublé d'Hermione.

- Ces erreurs étaient deux raisons de la haïr et de l'aimer. Salazar ressentait de la haine et de l'amour envers Astoria, et à divers moments de sa vie, l'un a dominé l'autre. La haine l'a poussé à la tuer, mais, au final, l'amour lui a permis de créer quelque chose qui aurait pu la sauver. Il estimait que la seule chose qui l'empêchait d'accepter son amour pour elle, c'était le mal qui l'habitait. Salazar était foncièrement mauvais. Par-dessus tout, il haïssait les Nés-moldus et les moldus, et même les traîtres-à-leur-sang. Selon lui, seuls les Sangs-Purs méritaient l'éducation, la santé, ou même la justice. Et pourtant, c'est Astoria, une Née-moldue, qui lui a prouvé qu'il était capable d'aimer.

La gorge brusquement nouée, la lionne se perdit dans le récit et dans les yeux du Serpentard.

- Il a créé le Médaillon de l'Ombre avec l'espoir de se racheter de cette erreur monumentale. Après cet épisode, il a passé toute sa vie à errer comme un fantôme, sans but précis. Il n'a jamais cessé de s'en vouloir. Il pensait que si l'un de ses descendants commettait plus tard la même erreur que lui, son médaillon pourrait la réparer. C'est la larme qu'il a laissé coulé sur le médaillon qui a engendré ce puissant sortilège dont il est pourvu. Cependant, il faut répondre à quelques conditions pour que la magie opère. Tout d'abord, il faut appartenir au mal, de la même façon que Salazar était mauvais, avoir un passé sombre et lourd ainsi qu'une âme noire comme le charbon. Ensuite, il faut aimer profondément et sincèrement la personne, même si l'on n'en a pas conscience. En somme, se trouver dans cette même situation. Si toutes ces conditions sont réunies et respectées, alors la magie du médaillon peut sauver la personne.

Le regard acier de Malefoy ne quittait pas son visage des yeux. Hermione se rappela alors de tout ce qui s'était passé durant sa mort. Et fit le lien entre le regard acier de Malefoy et celui de Salazar Serpentard.

- Tu... je..., balbutia-t-elle, le cœur battant. C'est ce que tu as utilisé pour... pour me sauver.

Tandis qu'il hochait doucement la tête, elle baissa les yeux sur le médaillon qui brillait à la lumière de la lune sur sa poitrine. Elle sentait quelque chose enfler en elle avec une telle force que son souffle était saccadé. Mais elle ne pouvait pas céder. Pas maintenant.

De nouvelles larmes emplirent ses yeux lorsqu'elle les posa sur le jeune homme.

- Pourquoi ? articula-t-elle tant bien que mal. Pourquoi tout ça, Malefoy ?

Furtivement, son regard bifurqua vers son bras droit où, dissimulé sous le tissu noir, devait se trouver la cicatrice du Serment Inviolable.

- C'est tout ça que je dois t'expliquer, décréta-t-il en jetant également un coup d'œil à son bras.

Mais aucune excuse ne paraissait assez convaincante à la Gryffondor pour justifier chacun de ses actes. Et, involontairement, elle était terrifiée à l'idée qu'il puisse encore essayer de la manipuler. Qui pourrait donc la blâmer d'être méfiante après tout ce qu'elle avait traversé ?

- Tu m'as séquestrée, Malefoy, lui rappela-t-elle d'un ton douloureux. Pendant des semaines. Tu as prétendu m'aimer. Tu as laissé Yaxley se servir de moi comme d'un... comme d'un vulgaire objet. Je n'étais plus rien, à cause de toi. Tu n'as rien fait pour empêcher tout ça. J'aurais pu mourir pour toi alors qu'au final...

La fin de sa phrase s'éteignit sur le bord de ses lèvres. Elle s'apprêtait à ajouter « ça n'en valait pas la peine » mais elle s'interrompit. Parce que c'était faux. Même s'il était un monstre et qu'elle le haïssait de toutes ses forces, elle l'aimait plus encore. Et même si cela la détruisait littéralement, elle ne pouvait rien contre. Alors si elle avait dû se sacrifier pour lui, elle l'aurait fait. Son absence de réaction lorsque le sortilège avait fusé de la baguette de Malefoy un peu plus tôt en était la preuve.

- Tu aurais dû les laisser m'attraper dans la forêt, lui reprocha-t-elle entre deux sanglots.

Même à la faible lueur de la lune, elle remarqua qu'il crispait violemment la mâchoire.

- Arrête, Hermione, gronda-t-il d'une voix caverneuse.

- Que j'arrête quoi ? De t'exposer la vérité ?

Elle avait haussé le ton, les larmes coulant silencieusement sur ses joues tandis qu'elle plantait ses iris dans les siens qui viraient dangereusement à l'orage.

- Arrêter de me reprocher toutes ces choses que je me reproche déjà ! vociféra-t-il avec une telle force que sa voix emplit tout l'espace de la bulle, retentissant dans les oreilles de la lionne.

Un lourd silence s'abattit comme une malédiction. Ils ne se quittaient plus des yeux, la fureur dégoulinant de chacun d'entre eux. Muette de stupeur, Hermione se contenta de loucher pratiquement sur lui, incapable de détourner le regard.

- Je ne sais pas ce qui m'a pris, ce jour-là. Je... je ne sais pas pourquoi j'ai agis comme ça. C'était instinctif et évident sur le moment. Je crois que je... je n'aurais pas fait autrement, même si j'avais dû recommencer. Je me suis servi de mon influence sur les Mangemorts pour te sauver de leurs griffes, parce que je savais ce qu'ils faisaient sur leurs victimes. Des choses... des choses atroces. Je le sais car c'est ce que j'ai longtemps fait. Depuis mon plus jeune âge, mon père m'a appris les valeurs de la famille. Il m'a enseigné le comportement que je devais avoir constamment. Je pratique la magie noire depuis que j'ai huit ans, et jamais je ne m'étais demandé si c'était bien ou mal, jusqu'au jour où la guerre a éclaté. Je n'ai alors pas cessé de m'interroger sur l'utilité de faire du mal aux autres. J'en ai toujours fait, parce que je n'ai jamais su être autrement et parce que mon père a toujours été mon modèle, mais je n'en ai jamais tiré aucun profit. Il m'a appris que le seul moyen de s'en sortir dans la vie, c'était de savoir être cruel et manipuler les gens. J'ai toujours tout donné pour satisfaire mon père. C'était le but premier de mon existence, et pourtant ça n'a jamais, jamais été le cas. Au fur et à mesure, j'ai appris à exceller dans la manipulation. J'ai trouvé tout seul le moyen de trouver la faiblesse des autres et de m'en servir pour parvenir à mes fins. C'est peut-être d'ailleurs la seule chose que mon père n'a pas eu besoin de m'enseigner.

Il n'y avait aucune fierté dans sa voix, et pas une once d'apitoiement. Seulement de la souffrance.

- J'ai appris à ne montrer aucune faiblesse, poursuivit-il sans la lâcher des yeux. C'était la première valeur de la famille Malefoy et je m'appliquais à lui faire honneur. Je l'ai tellement cachée aux autres que je suis parvenu à la dissimuler à moi-même. Aux alentours de mes douze ans, j'étais persuadé d'être invincible. Pourtant... pourtant j'en avais une. Et je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus, c'était trop flou et confus. J'avais horriblement honte.

Le Serpentard inspira longuement comme pour se donner le courage de continuer, et Hermione sut alors à quel point se confier à elle, devant tout le monde, était difficile pour lui.

- Je ne pouvais rien faire d'autre que te sauver, ce jour-là, je n'avais pas le choix. Je ne me suis posé aucune question sur le moment, je l'ai fait. Mais après... j'ai passé mon temps à me demander ce que j'allais faire de toi. Je n'avais aucune intention de te livrer aux Mangemorts, mais également aucune intention de te relâcher. Certains jours, je regrettais de m'être embarqué dans cette histoire, et je devenais insupportable, aussi bien avec toi qu'avec ma mère. D'autres, j'étais plutôt satisfait de ma manœuvre et je laissais les bons sentiments prendre le dessus. Je passais mes journées à me creuser la tête et à m'assurer que ma mère allait bien. Je voulais la protéger, plus que tout. Mon père m'avait ordonné de le faire avant de mourir alors je faisais tout ce que je pouvais pour lui prouver que j'en étais capable, qu'il pouvait être fier de moi. Même après sa mort, je sentais qu'il surveillait mes moindres faits et gestes, et j'entendais presque sa voix s'indigner de ne pas me voir pratiquer la torture sur la « Sang-de-Bourbe Granger ». Pourtant c'était presque une fierté de transgresser, pour une fois dans ma vie, l'une de ses valeurs.

Dans sa voix était perceptible toute la douleur d'un petit garçon qui essayait d'être à la hauteur des espérances de son intransigeant de père. Immobile comme si elle craignait qu'il se taise au moindre mouvement de sa part, Hermione buvait ses paroles.

- Je me suis attaché à ta présence dans les cachots. Et même si je ne savais toujours pas ce que j'allais faire de toi, j'ai décidé de te garder plus longtemps. Je t'ai protégée avec ce sortilège pour que personne ne sache que tu étais là, et surtout pas les Mangemorts. Je leur ai fait croire que je t'avais tuée pour qu'il me laisse tranquille. Mais je savais que mon répit serait de courte durée. Hélas, quand j'ai tué Dolohov, je l'ai davantage écourté. J'ai su qu'il ne me restait pas beaucoup de temps, alors j'ai mis au point un plan pour leur échapper. J'avais en tête de t'évacuer, mais alors que j'allais le faire... Tu m'as mis hors de moi. En t'entendant fantasmer sur Weasmoche, je me suis énervé car je ne comprenais pas ce que tu pouvais trouver à un type comme lui. J'ai dit des atrocités sur lui, je le reconnais, je l'ai tellement insulté que tu es entrée dans une colère noire, et tu m'as servi des propos qui m'ont rendu fou de rage. Tes insultes ressemblaient tellement à celles de mon père que je me suis revu face à lui, démuni...

À nouveau, il crispa la mâchoire, le regard voilé, manifestement plongé dans un souvenir douloureux. La Gryffondor déglutit faiblement, pleine de tristesse et de remords.

- J'ai perdu le contrôle de la situation, et je t'ai torturée. Même quelques secondes, j'étais tellement furieux que les cicatrices que j'ai laissées sur ton corps ne s'effaceront jamais...

Cette idée lui étant apparemment insupportable, il détourna la tête pour ne plus avoir à affronter ses yeux chocolats.

- J'aurais dû t'évacuer plus tôt, mais je n'en ai jamais eu le courage, avoua-t-il d'un ton hésitant. Lorsque les Mangemorts ont envahi le manoir, tu venais à peine de te rétablir, et j'ai alors su que je devais te libérer. Je... je n'ai pas pu m'empêcher de te raconter une petite partie de l'histoire, ce n'était pas prévu mais je crois maintenant que j'avais besoin que tu ne me voies plus comme un monstre. Je ne voulais pas te laisser partir, je savais que ta présence allait me manquer, mais en aucun cas je ne pouvais prendre le risque que tu te fasses voir. En plus, les Mangemorts te croyaient morte, alors s'ils te voyaient...

Passant nerveusement une main dans ses cheveux or, le Serpentard poussa un soupir.

- Mais même s'il n'était pas envisageable qu'ils s'aperçoivent que je leur avait menti, ce que je craignais le plus, c'est que tu te trouves mêlée à la bataille. Hélas, c'est ce qui s'est passé. Je ne sais pas ce qui t'a pris de débarquer comme ça, en tout cas, tu as tout fait foirer. J'ai dû changer le plan que j'avais établi à la dernière minute, en choisissant comme élément commun la Marque des Ténèbres, seule chose qui t'excluait du groupe, quitte à me faire également toucher par l'éclair. À ce moment-là, je n'ai plus du tout pensé à ma propre survie, mais à la tienne.

Il marqua une pause, levant à nouveau les yeux vers elle. Stoïque, Hermione avait l'impression d'être paralysée par le même sortilège que ses amis.

- Une nouvelle fois, j'ai laissé mes sentiments prendre le dessus, car j'étais convaincu que je n'en avais plus pour longtemps. Je savais qu'il me restait suffisamment de forces pour les retenir le temps que tu sois loin, mais que je m'effondrerai après. Et pourtant...

Malefoy fronça les sourcils, comme s'il ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé.

- Pourtant quelque chose m'a sauvé. Un éclair de lumière m'a frappé et m'a redonné assez de forces pour me débarrasser de tous les Mangemorts cette fois-ci, sans pour autant pouvoir tous les tuer. J'ai réussi à m'enfuir et à rejoindre la grotte secrète dans laquelle j'avais mis ma mère en sécurité avant l'attaque de mes confrères. Mais le combat passé, la douleur des blessures revenait, plus forte encore. Cet éclair qui m'avait sauvé la vie n'était que temporaire, et peu à peu je me suis retrouvé encore plus faible. J'essayais de me battre, parce que j'avais déjà connu pareille souffrance, mais mon moral était en aussi mauvais état... Tu me manquais, Hermione. Et cela m'ôtait toute envie d'aller mieux.

Un instant, il ficha son regard acier dans le sien, mettant plus de poids à ses paroles. La lionne retint sa respiration, les yeux écarquillés.

- J'avais interdit à ma mère d'aller chercher de quoi me soigner, reprit-il calmement. Il était hors de question qu'elle prenne le moindre risque pour me sauver. Mais elle ne m'a pas écouté, et elle a fini par retourner au manoir afin de fouiller dans l'infirmerie. Et ce que je redoutais s'est produit : les Mangemorts lui sont tombé dessus. Je savais qu'ils surveillaient le manoir, au même titre que les aurors d'ailleurs. J'ai compris qu'elle avait été enlevée lorsque j'ai trouvé le médaillon par terre. Je le lui avais laissé avec l'espoir qu'il puisse la protéger, mais sans doute est-il tombé lorsqu'ils l'ont kidnappée.

Il laissa échapper un grognement de rage et serra les poings.

- Je n'ose même pas imaginer ce qu'ils lui ont fait, tonna-t-il d'une voix vibrante de fureur. Quand je suis arrivé, c'était trop tard. C'est Pansy qui s'est chargé de me l'annoncer. Les Mangemorts devaient être fous de rage de découvrir que je leur avais menti également sur ce sujet. Mais je sais que Pansy n'a pas participé à sa mise à mort, elle ne m'a jamais détesté à ce point. Elle se sentait simplement trahie, ce que je peux comprendre. J'aimais bien Pansy. Honnêtement. J'ai passé toute ma vie à me comporter comme un enfoiré avec elle, mais au fond, je l'aimais bien, même si ce n'était pas de la même façon qu'elle. Et visiblement, son amour était plus fort que sa peine, car c'est elle qui a laissé de quoi me soigner non loin de la grotte. C'est grâce à elle si je suis encore en vie aujourd'hui.

Brièvement, Hermione se demanda s'il savait ce qu'il était advenu de Pansy désormais...

- J'avais honte, horriblement honte, et j'étais fou de rage. J'avais honte parce que j'avais encore échoué à être à la hauteur des espérances de mon père. Honte de n'avoir pas su protéger ma mère. Honte d'être un incapable. Et j'étais fou de rage parce qu'ils m'avaient enlevé la seule personne qui ait toujours cru en moi toute ma vie. La seule personne qui était là pour moi quand j'étais un gosse perdu et sans avenir. La seule personne que j'aimais vraiment.

Son visage se ferma, signe qu'une véritable souffrance devait le dévorer de l'intérieur. Lentement, Hermione tendit la main vers lui, mais stoppa son geste à quelques centimètres de son bras. Elle ne savait pas si elle pouvait le toucher, ou même s'il le voulait. Alors elle le gratifia d'un regard tendre pour lui transmettre toute sa compassion.

- Je t'ai menti concernant ma mère car personne ne devait savoir qu'elle était vivante, expliqua-t-il d'un ton doux. Pour sa survie. Je ne pouvais pas prendre le risque. Et je t'ai menti quand je t'ai dit que j'avais l'intention de mourir uniquement parce que je voulais te convaincre de t'en aller. Mais le reste était vrai. Tous ces arguments que j'ai utilisés pour te convaincre que je voulais mourir étaient vrais. Je pensais que ma vie n'avait pas de sens. Est-ce que tu comprends ?

Sans un mot, la Gryffondor hocha la tête. Malefoy expira longuement comme s'il se débarrassait d'un poids. Puis il continua son récit.

- Ce jour-là, j'ai compris quelque chose. J'ai compris qu'il ne me restait plus qu'une seule personne à protéger. J'ai compris ce que je n'avais cessé de me cacher durant des années. J'ai compris ce que ma mère avait elle-même constaté depuis bien longtemps. J'ai compris qu'il ne me restait plus qu'une seule personne au monde, et que je ne pourrais jamais supporter de la perdre.

Il plongea ses yeux gris dans ceux de la jeune fille, la regardant avec une telle intensité que son cœur fit une embardée dans sa cage thoracique.

- Même avec la protection du ministère, je te savais en danger. Mais alors que j'allais partir de chercher sans avoir la moindre idée de la façon dont j'allais m'y prendre, j'ai senti ton transplanage. Je t'ai vue entrer dans le manoir et je t'ai laissé être guidée jusqu'à la grotte secrète par cette espèce de lumière dorée qui ressemblait étrangement à celle qui m'avait sauvé. J'ai décidé de dissimuler mes blessures et mon véritable état d'esprit. J'étais tellement soulagé que tu sois saine et sauve, et tellement flatté que tu sois revenue me trouver. J'ai perdu le contrôle, j'ai dit des choses que je n'avais pas prévu de dire, et je t'ai même embrassée. Lorsque Yaxley est arrivé, j'ai été pris au dépourvu, pour l'une des rares fois de ma vie. Je ne savais pas trop quoi faire, alors j'ai proposé ce stupide marché à Yaxley uniquement pour que tu trouves loin de nous et que je puisse lui régler son compte face à face. Mais, encore une fois, tu as tout fait foirer ! Je me suis laissé dépasser par les événements, et je n'ai rien pu faire lorsqu'il a transplané avec toi.

Le Serpentard secoua la tête avec désolation.

- De nouveau, j'étais fou de rage. Durant les jours suivants, j'ai repoussé l'angoisse et le désespoir et je me suis concentré pour mettre au point un plan d'attaque, guidé par la rage de vouloir te sauver. Je me suis senti indestructible. J'avais pour objectif de te tirer des griffes de Yaxley et d'en finir avec les Mangemorts une bonne fois pour toutes. Je devinais sans mal ce que tu endurais et même si ça me rendait malade rien que d'y penser, je devais rester placide et me concentrer sur mon but. J'ai réalisé que le seul moyen de t'exfiltrer sans encombres était d'être parmi les Mangemorts. Après tout ce que j'avais fait pour y échapper, je devais retourner vers eux. Mais je savais pertinemment que, cette fois, ils ne pourraient jamais m'accepter comme ça. Je devais être plus rusé. L'idée de remplir à nouveau leurs rangs me répugnait, mais je n'avais pas le choix. Pour gagner leur confiance, il fallait que je leur fasse croire ce qu'ils voulaient : que la mort de ma mère m'avait soumis, qu'elle m'avait fait réaliser qu'ils étaient plus forts que moi et que j'étais soit avec eux, soit contre eux. Cependant, il me paraissait évident que Yaxley ne se contenterait jamais ni d'excuses, ni d'un récit convaincant au Veritaserum Extrême. Je savais que j'aurai droit à l'humiliation, la soumission, les moqueries ; c'était le prix à payer pour les avoir trahis par deux fois. Je savais que Yaxley me ferait passer un interrogatoire au Veritaserum Extrême, et qu'à la moindre erreur ils n'hésiteraient pas à se débarrasser de moi. Et évidemment, je savais que même si par miracle je parvenais à survivre aux premières étapes, la dernière serait le Serment Inviolable...

Estomaquée, Hermione le dévisageait avec des yeux exorbités. Alors comme ça, il avait tout prévu du début à la fin, même le Serment Inviolable... Ses compétences dépassaient largement tout ce qu'elle avait pu imaginer de lui.

- C'était une humiliation supplémentaire qui m'empêcherait de faire le moindre pas vers toi, mais de toute façon je n'en aurais pas fait, par peur que Yaxley devine ce que j'avais derrière la tête. Je ne devais pas courir le risque, de plus ce serment était indispensable pour que plus personne ne doute de mon appartenance aux Mangemorts, pas même toi. J'imaginais très bien que Yaxley avait dû te raconter des tas de choses à mon sujet, des choses plus ou moins vraies, et je pensais donc que de toute façon, toi aussi tu me considérais comme un traître. Comment pourrais-je te le reprocher ?

Il se mordit la lèvre, le regard perdu dans un endroit qu'elle ne pouvait pas voir. La lionne se concentra de toutes ses forces pour ne pas fixer sa bouche qu'elle avait irrésistiblement envie de goûter.

- En supposant quelles seraient les questions que l'on me poserait durant l'interrogatoire, je me suis entraîné à y répondre correctement, de façon à ne pas révéler ce que je comptais faire tout en donnant satisfaction aux Mangemorts. Je ne pouvais pas mentir, alors j'ai déjoué l'interrogatoire pour qu'il tourne en ma faveur. C'est une partie de l'art de la manipulation que j'avais bien souvent exploitée avec mon père.

Malefoy jeta un coup d'œil en contrebas vers les nombreux visages levés vers eux, avant de reporter son attention sur la jeune fille.

- Une fois leur confiance gagnée, j'avais prévu de te tuer.

Hermione laissa échapper un hoquet de stupeur.

- Quoi ? s'étrangla-t-elle d'une voix rauque, certaine d'avoir mal entendu.

Mais, lorsqu'il désigna le médaillon sur sa poitrine du doigt, ses intentions devinrent claires.

- Tu voulais me sauver avec le Médaillon de l'Ombre, devina-t-elle, commençant à comprendre.

Quelque chose demeurait flou, cependant...

- Mais le Serment Inviolable t'empêchait de t'approcher de moi, souligna-t-elle, les sourcils froncés. Comment comptais-tu faire ?

Le Serpentard opina de la tête.

- Je savais que Yaxley voulait te garder pour lui, qu'il te cacherait aux autres Mangemorts. Je ne pensais pas forcément à un sortilège de Capitonnage, mais j'avoue que l'idée m'a effleuré l'esprit. Alors je me suis dit que je lui ferais comprendre que je savais que tu étais là, une fois qu'il aurait eu confiance en moi. Et je lui aurais alors demandé de te tuer. Je le pensais capable d'accepter si cela se déroulait sous ses yeux, car cela aurait été une victoire personnelle pour lui, étant donné qu'il ne m'a jamais pensé capable de t'aimer. J'aurais pris le risque que ce ne soit pas le cas, car j'ai choisi de faire confiance à mon passé. Je connais Yaxley depuis des années, c'était un vieux ami de mon père. Je connaissais sa prétention et ses habitudes, et j'avais confiance en moi. J'aurais alors attendu un peu, puis je serais allé révéler aux autres Mangemorts qu'il gardait leur marionnette préférée dans sa cave en la dissimulant à leurs yeux. Je n'aurais eu aucun mal à les convaincre. J'aurais attendu qu'ils lui règlent son compte, Yaxley aurait protesté alors ils l'auraient forcément tué, et j'aurais été libéré du Serment Inviolable. À ce moment-là, j'aurais pu te sauver grâce au Médaillon de l'Ombre.

Il se tut, laissant la Gryffondor digérer ses paroles. Celle-ci les repassait dans sa tête, les rouages de son cerveau tournant à toute allure.

- Mais avais-tu une preuve que ça marchait vraiment ? releva-t-elle, sceptique. Avais-tu déjà assisté à ce genre de phénomène ? Pouvais-tu...

S'interrompant, elle fut submergée d'une vague de compréhension.

- Ta mère..., murmura-t-elle en le revoyant la sauver grâce au médaillon.

Malefoy acquiesça avec l'ombre d'un sourire, sans doute satisfait qu'elle l'ait déduit toute seule.

- Pour la protéger des Mangemorts, mon père a tué ma mère, et a compté sur moi pour que je la ranime, dévoila-t-il. C'était son dernier espoir, il savait que nous étions fichus. Et il remplissait exactement les conditions pour que cela fonctionne. Je connais l'existence de ce médaillon depuis des années. Mon père le gardait secret pour ma mère, il savait qu'un jour il devrait s'en servir. Mon père est le descendant d'Astoria Darwin.

Stupéfaite, Hermione cligna plusieurs fois des yeux.

- Mais Salazar et Astoria n'ont pas...

- Ils ont eu un enfant qu'Astoria a gardé secret et que Salazar n'a jamais connu, la coupa Malefoy doucement. Il est né peu avant la mort de sa mère, et elle ne lui a jamais dit. Salazar ne l'a d'ailleurs jamais su.

Son regard cilla.

- Mon père aimait sincèrement ma mère, même s'il n'a jamais été capable de le lui montrer. Je le sais, à présent.

La Gryffondor sentit ses sinus la piquer. Elle ne se souvenait que trop bien de ce moment entre Narcissa et son fils auquel elle avait assisté dans la pensine. Narcissa aimait aussi profondément son mari, malgré tous ses défauts et les erreurs qu'il commettait.

« Finalement, les Malefoy ne sont pas incapables d'aimer.., songea-t-elle, le regard vissé à celui du jeune homme. Juste incapables de l'assumer. »

- Voldemort lui-même n'a jamais pris conscience du pouvoir du Médaillon de l'Ombre car il ne connaissait pas l'amour. Il sous-estimait la force de ce sentiment.

Malefoy parut revenir à lui, et son regard accrocha encore une fois celui d'Hermione.

- Je n'aimais pas l'idée que Yaxley soit tué par quelqu'un d'autre que moi, mais il était plus important de te sauver que de régler mes comptes avec lui. Et puis, si je l'avais eu en face de moi, je lui aurais fait subir le même genre de traitement que lui t'a fait subir...

Il serra les poings quelques secondes sans rien dire avant de poursuivre.

- Je connaissais par cœur les méthodes des Mangemorts. Je savais que pour être un minimum crédible, ils devaient me trouver seul et sans défense. Exactement ce qu'ils attendaient que la mort de ma mère fasse de moi. Alors je suis retourné près de la Cabane Hurlante et j'ai fait mine d'être abattu. J'ai attendu qu'ils arrivent, j'ai attendu pendant des heures. Je comptais sur Pansy. Je pensais qu'elle ne leur avait pas fait part de notre dernière rencontre, étant donné qu'en plus elle s'était arrangée pour m'aider à me rétablir. Au milieu de la nuit, ils ont transplané et m'ont découvert comme ça. Ils m'ont aussitôt amené au manoir de Yaxley, et j'ai eu un entretien avec lui juste avant de subir l'interrogatoire. Exactement comme je l'avais prévu.

Marquant une pause, il s'humecta les lèvres et Hermione dut combattre l'envie grandissante de l'y aider.

- L'interrogatoire s'est bien passé. J'ai plutôt réussi mon coup, et je sais avoir été sujet à des débats lors du conseil. Dès que j'ai vu la soit-disant cousine de Yaxley, Cressida Clag, j'ai su que ce n'était qu'une couverture et que j'avais eu raison. Cependant, j'étais soulagé que Yaxley te donne des tâches à accomplir, comme ça je pouvais vérifier que tu étais suffisamment en forme pour tenir sur tes jambes, même si je suppose qu'un bon sortilège de l'Imperium y était pour beaucoup.

La lionne n'eut même pas besoin de lui donner raison.

- Quant au Serment Inviolable, il n'a fait que confirmer ce que je savais déjà. Si j'avais raison à ces deux propos, je pensais avoir vu juste pour tout le reste également. Alors j'ai suivi mon plan, et je me suis appliqué à faire exactement ce qu'il fallait pour qu'ils aient confiance en moi. Et j'ai réussi.

Un pli se forma entre les sourcils du jeune homme, comme s'il se rappelait quelque chose.

- Tu te souviens du jour où tu m'as raccompagné dans la cave, et que je t'ai dit quelque chose à propos des choix dans la vie ?

Hermione hocha la tête en silence.

- C'était un message pour te faire garder espoir. Je voulais que tu t'accroches, que tu saches que tu finirais par t'en sortir. Je ne pouvais rien faire d'autre, mais je pouvais t'encourager.

Les yeux de la jeune fille s'emplirent de larmes. Elle battit plusieurs fois des paupières pour les chasser, jusqu'à ce que le visage de Malefoy soit de nouveau parfaitement net.

- Les Mangemorts ont tellement été convaincus par ma prestation qu'ils m'ont inclus dans leur traque des moldus, Sang-de-Bourbes et traîtres-à-leur-sang, exposa-t-il en reprenant là où il s'était arrêté. Je n'en demandais pas tant, mais cela prouvait au moins que j'avais réussi. J'essayais le plus possible d'éloigner Yaxley de toi en l'occupant par tous les moyens pour que ses séances de torture cessent. Tes cris me rendaient fous et ont failli, maintes fois, m'obliger à me trahir tout seul.

Il crispa tellement la mâchoire que la lumière de la lune creusa des ombres sur son visage.

- Je ne supportais pas de savoir ce qui t'arrivait sans pouvoir rien y faire à part tenter de distraire Yaxley. Jamais je n'ai eu autant de mal à endosser le rôle de celui qui s'en satisfait alors que je mourrais d'envie de déchiqueter cet enfoiré de Mangemort en mille morceaux. Je suis tellement désolé, Hermione, si j'avais pu faire quoique ce soit...

Alors qu'il se mordait la lèvre jusqu'au sang, manifestement rongé par la culpabilité, la jeune fille fit un petit signe de tête pour lui assurer que ce n'était pas la peine de s'en vouloir maintenant. Et puis, après tout, elle avait bel et bien constaté que les séances de torture de Yaxley s'espaçaient et s'écourtaient.

Après quelques secondes durant lesquelles il ferma à nouveau les yeux, il reprit son histoire.

- Pansy est revenue vers moi assez rapidement, ce qui n'était pas surprenant. Elle a été l'une des premiers à me détester à mort mais également l'une des premiers à me pardonner et à me refaire confiance. Peut-être a-t-elle aidé Yaxley à s'en convaincre, je n'en sais rien, en tout cas, elle était à nouveau folle de moi, malgré tout ce que j'avais fait.

Folle de lui, en effet... Le souvenir d'une Pansy entichée se jetant au cou d'un Malefoy pas vraiment prêt à la repousser fit grincer les dents d'Hermione.

- Elle avait deviné qui se cachait derrière l'apparence de Cressida, et m'a même fait part de cette étrange découverte, l'informa-t-il sans s'apercevoir de sa jalousie. Je crois qu'elle voulait savoir si cela me faisait quelque chose. Quand je lui ai expliqué que je le savais déjà, elle a été très surprise que je n'ai pas réagi. Je crois que ça l'a davantage convaincu que tu ne comptais pas pour moi, et d'ailleurs elle a sûrement pensé que tu n'avais jamais compté pour moi comme je l'ai prétendu lors de l'interrogatoire. Enfin, pas vraiment prétendu, puisque j'ai répondu à leurs questions de façon à ce qu'ils en tirent cette conclusion... sans que je n'ai besoin de le dire moi-même. Bref, tout ça pour dire que je lui ai conseillé de laisser Yaxley gérer ça tout seul car nous imniscer dans cette histoire ne nous apporterait que des ennuis. Elle a fait mine de laisser tomber, et je croyais sincèrement que c'était le cas : Pansy n'a jamais été persistante. Pourtant, apparemment elle a voulu s'en charger elle-même, et si je ne m'abuse c'est une erreur qui lui a coûté la vie.

Tandis qu'il soupirait avec un semblant de regret, Hermione fronça les sourcils, confuse : comment était-il au courant de sa mort ? Savait-il d'autres choses ? Notamment, le fait qu'elle avait effectué un petit voyage dans ses souvenirs ? Elle n'en avait pas la moindre idée, mais choisit de ne rien dire ; interrompre le Serpentard maintenant l'empêcherait peut-être de poursuivre. Hors, certaines choses devaient absolument être tirées au clair.

- Quand j'ai été sûr que le moment était bon, je suis allé voir Yaxley pour lui dire que je savais qui était véritablement Cressida. Il s'est méfié, au début, mais je l'ai vite rassuré. Comme je voulais procéder par étape, je n'ai pas immédiatement formulé ma requête ; si j'avais su, je l'aurais fait ! Le soir-même, le manoir était envahi par les aurors, et ce n'était pas du tout prévu dans mes plans. Si j'avais pu te tuer avant, Hermione, alors j'aurais pu te sauver beaucoup plus facilement. Mais j'ai mis trop de temps à agir, donc j'ai raté l'occasion. J'ai alors réagi instinctivement : j'ai proposé à Yaxley de te mettre en sécurité dans un endroit où les aurors ne pourraient pas te trouver. Par le biais de cette suggestion, je lui faisais comprendre que malgré que tu sois sa prisonnière, je lui restais fidèle, à lui plus qu'aux autres Mangemorts d'ailleurs, puisque je leur cachais ma découverte. Ainsi, je prouvais que je voulais lui plaire en le couvrant, car si les Mangemorts apprenaient qu'il gardait la victime qu'ils rêvaient tous de torturer, ils lui auraient fait la peau. Évidemment, tout cela était faux et absolument contraire à mon plan, mais je ne voulais pas prendre le risque que tu sois en danger. J'ai pensé que j'aviserai pour la suite, au moment venu.

Il s'interrompit quelques secondes, reprenant son souffle, et laissant, par la même occasion, les morceaux du puzzle se recoller pour former ce que la lionne attendait depuis des mois : la vérité.

- Je n'ai rien trouvé de mieux sur le moment que mon manoir pour te mettre en sécurité, mais l'avantage était quand même qu'il y restait une multitude de sortilèges de protection. Lorsque je suis revenu sur le champ de bataille et que tous les Mangemorts ont commencé à transplaner sur ordre de Yaxley, j'ai compris ce qu'ils voulaient, et ça ne m'a vraiment pas enchanté.

Malefoy secoua la tête, mais Hermione ignorait ce que ce geste signifiait exactement.

- Peu de temps après mon admission, commença-t-il, et la jeune fille sut alors qu'il allait répondre à ses questions muettes, j'ai appris en écoutant à droite à gauche ce qu'ils venaient de découvrir. J'ai alors compris qu'il ne fallait surtout pas qu'ils aillent au bout de leurs idées, et cela pas uniquement parce que cela risquait de mettre mon plan en péril. Le Grand Retourneur de Temps avait l'air d'être une belle arnaque, si bien que j'ai tenté d'user de mon influence – qui restait malgré tout – pour les en dissuader habilement. Mais même mes talents de persuasion et mon appui sur des faits logiques n'y ont pas fait grand chose, au contraire. Les Mangemorts à qui j'en ai parlé avec désinvolture étaient bien trop convaincus des bienfaits de cet objet, et mon acharnement n'a fait que les pousser à la méfiance. Ils pensaient que j'avais peur qu'à son soit-disant retour, le Seigneur des Ténèbres me punisse pour ma trahison, ou que le respect que j'avais acquis me soit enlevé, enfin bref, ils n'ont même pas pris en compte mes arguments pourtant recherchés et sensés. Alors j'ai abandonné, me disant que de toute façon, si je m'en tenais à mon plan initial, c'est-à-dire dénoncer Yaxley, je parviendrais à les diviser et donc à leur ôter cette idée totalement stupide de la tête le temps que je te sauve la vie puis que je me mette moi-même à la recherche du retourneur de temps pour le détruire avant qu'il ne cause des dégâts irréversibles. Mais l'arrivée des aurors a tout chamboulé et j'en ai complètement oublié ce stupide retourneur de temps, préférant me focaliser sur toi. J'ai ensuite suivi les Mangemorts qui ont transplané à ce moment-là car ils pensaient qu'il s'agissait de leur dernière chance de trouver l'arme.

La Gryffondor était tellement suspendue à ses lèvres qu'elle en oubliait de respirer. Distraitement, elle remarqua qu'il se passait la main dans les cheveux puis qu'il triturait sa baguette sans cesser de parler.

- À notre arrivée à Poudlard, Yaxley et Avery sont allés fouiller le château tandis que les autres Mangemorts occupaient les aurors. Quant à moi, j'ai pratiqué mes propres recherches avec l'espoir d'en venir à bout avant eux. Plusieurs heures plus tard, mes sortilèges de protection m'ont alerté d'une fuite au manoir, et j'ai compris que j'avais oublié de verrouiller le passage secret dans le couloir du deuxième étage. Je me suis empressé d'aller vérifier. Quand j'ai vu la trappe déverrouillée, j'ai su que j'avais eu raison. Et quand j'ai vu ma chambre ouverte, surtout, ainsi que la pensine sur le lit, j'ai compris ce qui s'était passé. Bien que je ne comprenne pas comment tu as pu deviner le mot de passe de ma chambre...

Il scruta son visage, un pli entre les sourcils, comme si la réponse était inscrite sur ses traits. Hermione sentit ses joues s'échauffer violemment ; elle détourna les yeux, pas vraiment prête à mentionner son pétage de plomb. Après tout, elle ne devait la découverte du mot de passe qu'au hasard, bien que sa signification lui soit encore inconnue.

« Malefoy a dit tout à l'heure qu'il n'avait qu'une seule faiblesse, et qu'il en avait eu honte durant ses jeunes années, songea-t-elle. Le lien paraît évident. »

- J'ai pensé que le premier endroit où tu avais pu aller était le manoir de Yaxley, détailla le Serpentard, interrompant ses réflexions. C'est donc là-bas que je t'ai cherchée, mais tu n'y étais pas. J'ai vu le corps de Pansy devant ta cellule, et j'ai deviné que tu n'étais pas responsable de sa mort, car même si tu ne l'as jamais aimée, ce comportement ne te ressemblait pas. J'ai alors compris qu'elle n'avait pas tenu ses engagements et qu'elle était allée trouver Yaxley.

À nouveau, il secoua vigoureusement la tête.

- Je ne l'ai jamais aimée comme elle tenait à moi, mais Pansy était quand même quelqu'un de bien. Elle ne méritait pas cela.

Sans trop savoir pourquoi, Hermione fut soulagée par cette révélation. Mais était-ce le fait qu'il se montrait capable d'avoir un brin d'humanité qui la rassurait ou le fait que les baisers échangés avec elle – et sûrement plus, d'ailleurs – n'avaient rien signifié pour lui ? Pour être honnête, il devait y avoir un peu des deux.

- Je suis retourné sur le champ de bataille pour continuer de te chercher, rapporta-t-il, manifestement emporté dans son récit. Je me doutais bien que tu finirais par trouver le lieu où nous étions tous, Merlin t'ayant offert une intelligence que j'ai bien souvent détestée et enviée.

La Gryffondor écarquilla les yeux, stupéfaite. Lui, jaloux de son intelligence ? C'était insensé ! Ses actes n'étaient-ils pas la preuve qu'il était beaucoup plus malin et réfléchi qu'elle ?

- J'ai mis du temps à te trouver, mais finalement tu m'es rentré dedans au détour d'un couloir du château. À ce moment-là, mon masque a repris le dessus, parce que j'avais beau t'avoir cherchée pendant des heures, je n'avais rien préparé à te dire. Quand j'ai vu à quel point mon comportement t'avait blessée, je... j'avais honte, admit-il d'un ton hésitant, baissant soudainement les yeux. Si j'avais pu tout effacer, je l'aurais fait, et j'aurais trouvé un autre moyen de te protéger. J'aurais tellement aimé tout t'expliquer à ce moment-là, mais je ne pouvais toujours pas. Yaxley étant toujours vivant, le Serment Inviolable m'empêchait encore de te dévoiler quoique ce soit. Il fallait que je mette mon plan à exécution, je ne pouvais plus attendre. J'ai essayé de te faire comprendre que tu devais me faire confiance, mais évidemment, tu n'as rien voulu entendre, et comment pourrais-je te le reprocher ? Je n'ai cessé de me comporter en imbécile, et depuis le début de l'été je ne t'ai fait que du mal.

Déglutissant avec peine, Hermione ouvrit la bouche, prête à lui ordonner de se taire ; l'entendre avouer ses torts de sa propre bouche ne lui plaisait pas du tout, alors qu'elle en avait rêvé tellement de fois... Mais maintenant que cela se produisait, elle ne le supportait pas.

- Malefoy, l'arrêta-t-elle, tu...

- Hermione, coupa-t-il à son tour, je ne fais qu'exposer la vérité.

Reprendre l'expression qu'elle avait utilisée précédemment eut l'effet escompté : ramenée à la raison, elle referma la bouche sans rien ajouter.

- Je n'ai pas eu besoin de demander à Yaxley la faveur de me laisser terminer la tâche que j'aurais dû avoir le cran d'accomplir plus tôt, enchaîna le Serpentard en la considérant simplement. C'est lui-même qui a décidé de me mettre à l'épreuve, et je peux t'assurer qu'il a été surpris de me voir m'exécuter si rapidement. S'il avait su que nourrir son orgueil allait conduire à sa perte ! Mon plan était prévu depuis des semaines, et il m'a aidé à le réaliser. Cependant, j'ai eu un peu plus de mal que je le pensais de convaincre les autres Mangemorts de sa trahison. J'ai attendu que le combat reprenne. Il était beaucoup plus féroce, les aurors et tes amis étant plus décidés que jamais à te venger. Crois-moi, Hermione, tu as une sacrée armée derrière toi.

Aucune trace d'amertume n'était perceptible dans sa voix ; seulement de l'admiration. Il lui adressa un sourire à faire fondre le Pôle Nord.

- Il s'est écoulé au moins deux heures entre le moment où je t'ai tuée et celui où je t'ai ranimée, indiqua-t-il en jetant un coup d'œil au ciel dont la lueur rosée perçait à l'horizon. Le combat faisait rage et je me suis battu contre Potter et les deux Weasley, mais ne t'inquiète pas, j'ai veillé à ce qui ne leur arrive rien. Tant qu'ils combattaient contre moi, les autres ne pouvaient pas leur faire de mal. J'ai ensuite profité d'un moment de répit pour dénoncer Yaxley à quelques Mangemorts. Hélas, seule la révélation te concernant ne suffisait pas, j'ai donc dû également mentionner le meurtre de Pansy, car Yaxley a brisé leur pacte en la tuant. Le pacte de la traque des Sang-de-Bourbes, moldus et traîtres-à-leur-sang n'exigeait aucun règlement de compte, la preuve étant que je l'ai transgressé en tuant Dolohov. Finalement, j'ai réussi à convaincre les Mangemorts dans le dos de Yaxley, et ils lui ont personnellement fait la peau, me libérant ainsi du Serment Inviolable. Tu vas peut-être trouver ce comportement lâche, je ne t'en tiendrai pas rigueur, car c'est le cas. J'ai toujours été ainsi.

Hermione le détrompa en secouant énergiquement la tête.

- Non, non, contesta-t-elle, interdite. Je trouve ça... brillant...

Les yeux de Malefoy se mirent à étinceler. Le cerveau de la jeune fille n'était qu'une boule de confusion, pourtant quelques idées claires s'en extirpèrent.

- Qu'est-il advenu du Grand Retourneur de Temps ? s'enquit-elle.

- Londubat et Lovegood sont allés chercher la Baguette de Sureau dans la tombe de Dumbledore et l'ont ramenée dans le château, répondit le Serpentard. Je suppose qu'il est détruit, ou sur le point de l'être. Désolé de ne pas avoir attendu d'en être sûr, j'avais peur de ne pas vraiment pouvoir te réveiller si trop de temps s'écoulait...

Un bref signe de tête de la part de son interlocutrice lui certifia que c'était le dernier des problèmes. Trop de pensées s'emmêlaient dans son esprit perturbé par tout ce qu'elle venait d'entendre. Elle ne savait même plus ce qu'elle ressentait tant ses émotions étaient nombreuses.

- Est-ce que tu pourras un jour me pardonner, Hermione ?


Il m'émeut tellement mon Dragonounichet quand il se confesse... Il est tellement sexy, à la fois attendrissant et solide... Bref, oui, je suis sous le charme de mon personnage, et alors ? xD

Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu ! Qu'en pensez-vous ?

DragoHermione, je pense que le titre de ce chapitre est assez explicite ;)

Merci d'avoir lu !

J'attends vos avis avec impatience