Hello !

Oui, ENFIN, je publie le dernier chapitre de cette fiction. Je sais que j'ai été un peu longue, mais vous ne pouvez pas dire que vous n'avez pas l'habitude ! J'ai enfin réussi à écrire cet "épilogue" (même si je n'aime pas l'appeler comme ça étant donné que ma fiction ne comporte pas de prologue) et j'ai dû m'y reprendre plusieurs fois ! D'ailleurs au début j'étais partie sur complètement autre chose mais je suis restée bloquée, je n'arrivais plus à taper le moindre mot et je n'avais absolument aucune idée du chemin que j'empruntais. J'ai donc tout effacé et tout recommencé, et au final, je suis plutôt satisfaite (et Dieu seul sait à quel point je suis difficile à contenter, surtout en écriture !). Ce chapitre est un peu plus long que les autres mais je n'arrivais pas à poser de point final ^^ Dire que je n'écrirais plus jamais cette fiction ! C'est à la fois un soulagement d'avoir accompli quelque chose (au bout de deux ans, mais tout de même), mais je suis un peu nostalgique en même temps et puis c'est triste que cette aventure se finisse...

Je vous laisse découvrir le fin mot de l'histoire (qui aurait pu se terminer sur le chapitre d'avant, en tout cas je l'ai envisagé mais je n'avais pas le cœur à abandonner mes personnages sans les réunir véritablement avant) et surtout dites-moi ce que vous en pensez.

On se retrouve en bas !

Bonne lecture !

LittleCuteHell : Merci beaucoup ! Voilà l'épilogue ;) J'espère vraiment qu'il te plaira !

Line : Mille fois merci, ta review me touche vraiment beaucoup... Je suis très contente que ma fiction t'ait fait passer par toutes ces sensations, c'est un peu mon objectif et quel soulagement de l'avoir atteint ! Merci, merci, et j'espère que l'épilogue sera à la hauteur de tes espérances. Si je peux me permettre, sur quelle page facebook as-tu trouvé le lien de ma fiction ?

Guest : Hey ! Merci beaucoup ! C'est super gentil, j'en suis très touchée !

DragoHermione : Coucou ! Pas de souci, je sais que tu finis toujours par me donner ton avis et ça compte énormément :) Il faudrait que je regarde à nouveau les Shrek pour tenter de comprendre le rapport avec Drago et Hermione (c'est pas ma faute si la dernière fois que je l'ai vu j'avais 5 ans xD) ! Merci en tout cas, comme toujours ta review me fait très plaisir. Et tu as raison sur un point : moi aussi, finalement, j'aurais aimé que Drago et Hermione passent plus de temps ensemble xD Mais j'ai évolué pendant les deux ans durant lesquels j'ai écrit cette fanfiction, et ma vision a un peu changé aussi. Et si je devais la réécrire, je changerais plein de choses ! Mais je n'ai pas vraiment le temps de tout recommencer, alors bon, je laisse comme ça ^^ En tout cas je comprends ton point de vue car j'ai beau être l'auteur, je le partage ^^ Et c'est exactement ce que je voulais faire avec cette fiction : explorer les mystères de l'amour, qui, parfois, est poussé jusqu'à la haine, ou vice-versa. Sur ce point-là, je suis plutôt satisfaite. C'est vrai que je n'ai jamais eu l'intention de laisser tomber cette fiction ! J'ai beau être perfectionniste, ce défaut a des qualités (ironie de la chose) : en général quand je m'engage dans quelque chose, je vais jusqu'au bout, même si ça prend du temps. Je te remercie pour chacune des reviews que tu as postée, à chaque chapitre, et pour ta gentillesse, tes encouragements, ton soutien, ton avis. Vraiment, tout ça m'est très précieux. Ce n'est pas un adieu (en tout cas j'espère) mais il fallait que je te le dise ! Ce sont les personnes comme toi qui donnent envie d'écrire. J'espère vraiment que l'épilogue te plaira ! J'ai hâte d'avoir ton avis. Bisous et à très vite !


45. Derrière le masque

- Buvez cette potion deux à trois fois par jour pendant quatre jours, et vous devriez être rapidement remis. Elle est à base de sang de dragon et de venin d'acromentule, elle vous fera le plus grand bien. Oh, et surtout, monsieur Dagworth, n'hésitez pas à me contacter si les brûlures vous font trop souffrir. Parfois le traitement est un peu long, auquel cas je devrais ajouter un ongle de griffon à votre breuvage.

Le vieil homme acquiesça en affichant ce qui semblait être un sourire à peine discernable sur son visage quasiment carbonisé. De grosses traces de brûlures s'alignaient sur son front, ses joues et son menton, si vives qu'Hermione pouvait à peine imaginer ce qu'il était en train de vivre. Compatissante, elle lui offrit son sourire le plus affectueux avant d'attraper son dossier et de quitter la pièce avec un au revoir chaleureux. Dans le couloir, elle faillit se heurter à sa collègue, Alice, qui sortait de la chambre d'à côté.

- Oh, pardon, s'excusa-t-elle aussitôt.

Avisant les trainées blanches sur la blouse d'Alice, ses cheveux blonds s'extirpant en pagaille de sa grosse barrette et les boutons du col de son chemisier entièrement défaits, elle fronça les sourcils dans un mélange de confusion et d'inquiétude.

- Que t'est-il arrivé ?

- C'est monsieur Pindam, il dit qu'il s'est fait mordre par une goule qui aurait, apparemment, attrapé la variole, expliqua la jeune femme d'une voix hachée. Sauf qu'il refuse le moindre examen. Il exige qu'on le soigne sans le toucher. Regarde ce qu'il a fait quand j'ai essayé de prendre sa température.

Dépitée, elle désigna les trainées blanches dispersées sur sa blouse verte. Hermione jeta un rapide coup d'œil par la porte laissée entrouverte à en juger par le champ de bataille qu'elle apercevait, ce patient était quelqu'un de très tenace. L'air désespéré de sa collègue l'alerta.

- Je crois qu'il vaut mieux lui faire un piqûre discrètement, lui conseilla-t-elle en posant une main amicale sur son épaule. N'hésite pas à lui lancer un sortilège d'immobilité s'il ne veut pas se tenir tranquille.

- Tu as raison, concéda Alice en poussant un soupir à fendre l'âme. Je vais essayer de le calmer.

- Excuse-moi, il faut que j'y aille, décréta la lionne en tournant les talons. On se voit demain. Bonne soirée !

Sa collègue fit volte-face résolument, et Hermione fila dans les couloirs en parcourant distraitement le dossier de monsieur Dagworth des yeux. Il lui fallu s'arrêter quelques secondes pour noter son nom au bas de la feuille, puis elle reprit son rythme effréné, parcourant les couloirs du premier étage à toute allure. Elle fit une deuxième halte, cette fois à son casier, pour y déposer sa blouse, récupérer son sac et son manteau. Son regard s'attarda sur la petite photo vulgairement suspendue à la porte Harry, Ron et elle-même agitaient la main dans sa direction. Juste en dessous, une coupure d'un article de La Gazette du sorcier avait été collée en toute hâte à côté du gros titre figurait un visage aux traits angéliques et aux cheveux blonds. Comme chaque fois qu'elle le contemplait, c'est-à-dire deux fois par jour depuis plus d'un an, la Gryffondor sentait son cœur se gonfler, son estomac chavirer, ses mains trembler. Et lorsqu'il levait les yeux vers l'objectif avec cet air impénétrable, elle avait l'impression de n'être plus qu'un pantin dont il était le seul à tirer les fils.

- Reprends-toi, Hermione, murmura-t-elle à elle-même.

Elle se faisait toujours avoir. Pourquoi avait-elle découpé cet article, au lieu d'écouter sa voix intérieure qui lui rappelait ce qu'elle savait mais ne voulait pas entendre ? Cet homme était à l'origine de tout il était une drogue et un poison, pourtant elle attendait ce jour depuis des mois. Rien qu'y penser provoquait des milliers de sensations différentes dans chaque particule de son être. Elle ne savait pas à quoi s'attendre, elle avait peur, mais tellement hâte !

« Tu devrais te dépêcher, dans ce cas, songea-t-elle en cognant brutalement la porte de son casier qui se referma avec un bruit sourd. L'attente a été suffisamment longue. »

Ses jambes se mirent en marche toutes seules elle rejoignit rapidement l'accueil, où bon nombre de patients se bousculaient, au grand dam de la secrétaire qui ne savait plus où donner de la tête. Avec un sourire encourageant, Hermione déposa le dossier de monsieur Dagworth et lui souhaita une bonne soirée avant de se diriger vers la sortie. L'excitation provoquait des fourmis dans ses doigts, l'appréhension lui nouait la gorge. Extirpant sa baguette de sa poche, elle la serra fermement, sentant la magie crépiter dans sa main, comme si elle se connectait à son esprit, se mêlait à son sang. Désormais, elle était l'élément le plus rassurant de sa vie, à la fois promesse d'avenir et souvenir du passé.

Les rues de Londres étaient noires de monde. Quitter sainte Mangouste à l'heure où les gens sortaient du travail était toujours une véritable épreuve Hermione redoutait constamment d'atterrir sur un passant qui ne la verrait alors arriver de nulle part. Heureusement, elle parvenait généralement à se faufiler dans la foule incognito aujourd'hui ne fit pas exception. En quelques pas, elle se retrouva sur le trottoir, devant la vitrine sombre du grand bâtiment délabré habillé de vieilles briques rouges inconnu aux moldus. Elle se laissa guider par l'attroupement jusqu'à atteindre l'intersection habituelle où elle bifurqua pour être à l'abri des regards. Après un coup d'œil visant à s'assurer qu'elle était seule, la lionne transplana.

Le premier élément à pénétrer son champ de vision fut l'herbe touffue sous ses chaussures avec la tombée de la nuit, elle avait perdu sa verdoyance et ne se limitait plus qu'à une masse sombre et humide. De la rosée s'était semée par endroits, reflétant la température ambiante qui avoisinait les deux degrés. Avec un frisson, Hermione redressa la tête et expira une goulée d'air. Son souffle gelé provoqua un remue-ménage dans l'atmosphère dont les particules s'agitèrent afin de former un nuage blanc à la frontière de ses lèvres. Le froid lui mordait les joues et sa respiration saccadée par l'appréhension traçait régulièrement un nuage devant sa bouche. La lionne demeura quelques secondes pensive, puis s'aventura sur le chemin sinueux qui s'étendait devant elle.

Le sentier plongé dans les ténèbres serpentait jusqu'à une construction singulière ; s'élevant sur plusieurs mètres, ses étages étaient vulgairement entassés les uns sur les autres comme si l'entrepreneur l'avait réalisé en toute hâte. Ses fondements en apparence peu solides portaient à croire qu'un simple coup de vent pouvait la désamorcer, qu'au moindre changement climatique, elle était capable de s'effondrer comme un médiocre château de cartes.

Hermione pressa le pas, impatiente. Seules les lumières du Terrier, suspendues quelque part au milieu de cet océan d'ombre, signalaient l'avancée imminente de sa destination, ou plutôt de l'arrêt temporaire qu'elle s'apprêtait à effectuer. Lorsqu'elle grimpa sur le porche, la porte s'ouvrit à la volée, illuminant son visage d'une vive lumière dorée qui brisa l'impénétrable obscurité. Une silhouette se matérialisa sur le seuil il lui fallu cligner des yeux pour reconnaître la chevelure rousse et le sourire rayonnant de Ginny.

- Dépêche-toi, sinon tu vas finir par mourir congelée !

La chaleur du Terrier enveloppa chaque cellule de son corps et fut accueillie comme une bénédiction. La Gryffondor colla un baiser sur la joue de son amie mais refusa de lui donner son manteau.

- Je passe juste vous faire un petit coucou, affirma-t-elle avant de s'engouffrer dans la cuisine où se trouvaient Harry et Ron. Salut, vous deux !

- Ah, Hermione, tu tombes bien, marmonna Harry en bondissant sur ses pieds. S'il te plaît, aide-nous à convaincre Ron qu'il a sa place dans le bureau des Aurors. Il ne veut rien entendre ! Pourtant, Ron, ajouta-t-il en pivotant sur ses talons pour faire à nouveau face au rouquin, tu sais bien que je ne dis ça ni parce que tu es mon meilleur ami, ni parce que j'en suis le chef.

- L'avis d'Harry est tout à fait objectif, en effet, se moqua gentiment Ginny avec un petit ricanement.

Ce dernier lui lança un regard noir contradictoire avec son geste d'affection envers la jeune femme lorsqu'il lui prit la main.

- Il l'est, persista-t-il avec conviction. Ron, ta période de stage ne peut pas durer indéfiniment, tu le sais bien. Si tu ne te décides pas à nous rejoindre, je vais devoir l'écourter. Tu me mets dans une position inconfortable !

- Harry a raison, approuva Hermione à l'adresse de Ron. Pourquoi hésites-tu encore ? N'était-ce pas le boulot de tes rêves ?

Le jeune homme, qui n'avait pas encore eu l'occasion d'ouvrir la bouche, poussa un soupir et se frotta la nuque en signe d'indécision.

- Eh bien... George a besoin de moi à son magasin de farces et attrapes, admit-il d'un air nerveux. Je ne peux pas le laisser tomber.

- Il comprendra, assura Ginny d'un ton inhabituellement doux. Et il trouvera quelqu'un d'autre. Ce ne sont pas les prétendants qui manquent ! D'ailleurs, Lee et lui sont sans doute assez compétents et impliqués pour s'en occuper seuls s'ils ne désirent pas employer une nouvelle personne.

Manifestement las, Ron s'assit brutalement sur la chaise la plus proche qui émit un craquement de protestation.

- Je vais y réfléchir, promit-il à Harry.

En le voyant si préoccupé, Hermione devina qu'il souffrait encore d'un manque de confiance en lui, malgré tout ce qu'il avait surmonté ; elle ne put réprimer la culpabilité qu'elle sentit lui serrer le cœur, sachant qu'elle avait, en dépit des objections de son meilleur ami, une part de responsabilité. Désormais, l'eau avait coulé sous les ponts et effacé leurs différends néanmoins les épreuves qu'ils avaient dû traverser laissaient des séquelles. Tout ce dont Ron avait besoin, c'était du soutien et la preuve qu'il était fort, courageux et capable de grandes choses, même s'il ne voulait pas le voir. Intérieurement, elle se fit la promesse de lui apporter toute l'aide nécessaire.

- Votre journée s'est bien passée ? s'enquit-elle pour changer de sujet devant le malaise apparent du rouquin.

- J'ai une montagne de travail mais j'essaie de m'en sortir comme je peux, répondit Harry d'une voix éreintée. Certains Aurors sont tellement exaspérants, ma baguette m'a démangé tout l'après-midi. Heureusement, peu d'entre eux osent contester mes ordres.

- Il y a quelques avantages à s'appeler Harry Potter, murmura Ginny avec un clin d'œil complice au jeune homme qui lui sourit.

- Et quelques inconvénients à s'appeler Hermione Granger, soupira la Gryffondor en se laissant à son tour tomber sur une chaise. Ce matin, une espèce de mini Rita Skeeter m'a harcelée de questions au sujet de Drago. Comme je refusais de répondre, elle m'a suivie jusque dans mon service. Je n'ai réussi à me débarrasser d'elle que grâce à madame Winston, qui semblait avoir été mordue par une Salamandre de glace. J'ai prétendu craindre une contamination imminente, alors elle a fait demi-tour. En sortant, j'avais un peu peur qu'elle m'attende devant Sainte Mangouste, mais elle a dû finir par se lasser.

- Ou trouver une cible plus exploitable, suggéra Ron avec une grimace.

- Pourtant, un entretien avec la célèbre médicomage Hermione Granger, proche du criminel Drago Malefoy paraît plutôt croustillant, commenta Ginny d'un ton plein d'amertume.

À l'entente de ce nom si doux, Hermione se mordit la lèvre, sentant ses mains devenir moites et son rythme cardiaque s'accélérer. Cette conversation ne faisait que lui rappeler l'événement important du jour-même, et surtout, à quel point elle était éprise même après des mois de séparation, chacune de ses cellules s'affolait à la simple évocation de l'homme qui avait volé son cœur. Elle n'osait imaginer les émotions qui la submergeraient quand elle reverrait son visage, quand elle pourrait le toucher...

Ses amis semblaient avoir remarqué sa réaction disproportionnée un air de contentement se peignit sur le visage d'Harry, le regard de Ginny s'illumina et même Ron ne put s'empêcher d'esquisser un début de sourire. Faisant abstraction de leur attitude, Hermione tâcha d'effacer le rouge de ses joues, ce qui n'était pas une mince affaire.

- J'espère que le monde sorcier finira par voir Drago à travers mes yeux à moi. Il mérite tellement mieux que ces stupides articles de presse rédigés par des ingrats et des ignorants.

- Personne ne pourra jamais voir Malefoy comme tu le vois, grimaça Ron, et surtout pas moi. Je reconnais que mon point de vue a évolué à son sujet, mais je ne le considère par pour autant comme un saint.

- Il n'en est pas un, mais il n'en a pas besoin, le défendit-elle. Il est capable de grandes choses, malgré certaines... tendances de son comportement. De toute façon, reprit-elle en sautant sur ses jambes en s'apercevant qu'il était déjà tard, les gens finiront par se rendre compte à quel point il mérite que je l'aime.

- Pas trop, j'espère, intervint Ginny avec un petit rire. Sinon, tu risques d'avoir quelques rivales !

La lionne eut un petit sourire amusé Drago et elle avaient traversé tellement d'épreuves qu'elle doutait que quoique ce soit puisse se mettre entre eux. Elle se sentait liée à lui d'une manière qu'elle n'avait jamais connue. Il était une part d'elle, et la séparation l'avait confirmé sans même savoir comment ni pourquoi, elle sentait quand quelque chose n'allait pas. Évidemment, elle n'avait aucune certitudes au sujet de leur avenir en commun : parfois les doutes l'assaillaient, l'empêchant de dormir pendant plusieurs jours. Elle avait conscience qu'ils devraient surmonter des obstacles, se montrer forts mais n'avaient-ils pas déjà fait leurs preuves ? Ce qu'ils avaient vécu ensemble, même éloignés physiquement, les avait rapprochés et avait créé un lien indestructible. Elle n'était sûre de rien, sauf d'une chose : son amour pour lui dépassait l'entendement, excédait la raison, défiait les lois de la nature, bravait les limites d'un monde.

- Je dois m'en aller, les informa-t-elle en boutonnant le col de son manteau. L'audience doit être terminée, maintenant.

Son estomac la tiraillait comme si une main invisible la broyait de l'intérieur l'appréhension s'était muée en angoisse. Elle faillit rire de ses pensées précédentes en s'apercevant de la panique qui s'infiltrait dans ses veines à la façon d'un poison qui se répand dans le corps. Finalement, peut-être avait-elle songé trop vite... Tout ce qui avait attrait à Drago la rendait dingue et lui tenait trop à cœur. Un mélange d'espoir, d'excitation et de bonheur s'entremêlait à son affolement.

- Tout va bien se passer, Hermione, la rassura doucement Harry en pressant affectueusement son épaule. Je suis sûr qu'il a hâte de te voir.

La Gryffondor ne trouva rien à répondre de toute façon, elle était incapable d'émettre le moindre son. La boule d'émotion qui venait de se former dans sa gorge coinçait son larynx. Elle se contenta donc d'acquiescer avec reconnaissance.

Lorsqu'elle passa devant eux pour se diriger vers l'entrée, Ron et Ginny lui firent un signe de la main.

- Reviens quand tu veux !

À nouveau, elle hocha la tête, enfermée dans un mutisme soudain. Harry la raccompagna jusqu'à l'entrée où il la serra dans ses bras. Sa chaleur et son soutien firent chaud au cœur de la jeune femme qui sentit la boule d'émotion grossir dangereusement. Soucieuse de ne pas éclater en sanglots devant lui, elle s'écarta rapidement, lui sourit, et transplana.

Cette fois, elle atterrit directement dans l'atrium du ministère de la Magie. À cette heure tardive, il était quasiment vide, les derniers membres s'empressant de quitter les lieux. Le parquet de bois foncé réfléchissait la lumière vive des lustres, obligeant ses iris à s'adapter à ce changement d'éclairage. Le bruit doux et régulier de l'écoulement des jets d'eaux de la fontaine retombant dans le bassin était le seul élément qui troublait la tranquilité du hall. Un instant, Hermione profita du silence qui régnait pour tenter d'apaiser son ressentiment en vain. Refermant sa prise sur sa baguette magique, elle s'empressa de rejoindre les ascenseurs. Se remémorer encore et encore le visage de Drago était le seul moyen de contenir son angoisse et de s'encourager. Ses sens avaient beau disjoncter totalement en sa présence, elle ne désirait rien de plus au monde qu'être avec lui. À la pensée que son vœu devrait se réaliser rapidement, elle fut parcourue de nouveaux frissons aucunement liés au froid hivernal et à l'atmosphère fraîche des ascenseurs.

Les arrêts à chaque étage lui paraissaient infiniment longs, comme si le temps se jouait d'elle. Hermione ne cessait de tripoter les boutons de son manteau, de replacer les mèches de ses cheveux ébouriffés, ou de tapoter nerveusement du pied contre le sol. Son impatience et son appréhension croissaient à mesure que les niveaux se succédaient. Enfin, la voix féminine lui annonça :

- Niveau neuf, département des mystères.

Brusquement tremblante, Hermione bondit hors de l'ascenseur et se rua vers les escaliers à gauche de la porte menant au Département des mystères. Elle le gravit à toute allure, sentant l'adrénaline couler dans ses veines les battements de son cœur retentissaient à ses oreilles comme un fond sonore. Les couloirs de ce niveau étaient semblables à ceux d'un cachot, aux murs de pierre brute et pourvus de torches tous les quinze mètres.

La salle d'audience numéro dix était fermée ses lourdes portes en bois étaient verrouillées, dotées de verrous et de serrures en fer. L'endroit désert avait quelque chose d'angoissant, d'oppressant le silence l'assourdissait, troublé seulement par le cognement irrégulier de son cœur dans sa cage thoracique. Tremblante comme une feuille, elle se mit à faire les cent pas dans cet espace confiné et sombre. Chasser sa panique était une tâche ardue qui requérait tous ses efforts de plus, cet exercice ne l'empêchait pas de passer en revue tous les cas de figure, d'envisager toutes les possibilités. L'attente avait beau la rendre dingue, elle redoutait et espérait à la fois l'ouverture de la salle d'audience. Des interrogations frôlant la folie fusaient dans son esprit : et si c'était mauvais signe ? Si tout se passait mal ? Si le tribunal jugeait que Drago n'avait pas assez payé pour ses erreurs ? S'il finissait par l'envoyer à Azkaban ? Ou pire encore : si Drago ne voulait plus d'elle ? Si ses contraintes avaient fini par le convaincre qu'il n'avait pas besoin d'une fille transie d'amour pour lui ? Et si, et si, et si...

- Arrête ça, tu vas finir par te griller le cerveau ! s'insurgea-t-elle contre elle-même, à la fois dépitée, furieuse, garnie d'espoir et folle d'angoisse.

Se forçant à respirer pour évacuer la tension qui lui contractait les épaules, elle se stoppa en plein milieu du couloir. Pour s'occuper les mains, elle joua distraitement avec sa baguette dont la magie frétillait entre ses doigts. Les yeux rivés sur les immenses portes qui la surplombaient, elle attendit, pratiquement immobile. Elle s'obligea à penser à tout et n'importe quoi, tant que ses neurones contaminées par l'omniprésence sensorielle de Drago se détachaient de cette obsession pour lui. Pour oublier où elle était et pourquoi, Hermione décida même de réviser mentalement ses cours de médicomagie. Elle était absorbée par le chapitre sur les procédés de guérison concernant les morsures de mandragores lorsqu'un bruit sourd retentit de l'autre côté des portes, la faisant sursauter. Sa gorge se noua si fort qu'elle lui fit monter des larmes brûlantes aux yeux. Battant des paupières avec fureur, la Gryffondor recula de quelques pas à l'instant où les verrous se débloquaient tous seuls, un à un, dans un étrange claquement sec. Dans un mouvement coordonné, les deux portes se déverrouillèrent simultanément et s'ouvrirent devant elle, dévoilant la salle d'audience. Les tribunes apparurent d'abord dans son champ de vision qui s'élargissait de seconde en seconde. Une foule de sorciers en robe violette affublée d'un « m » cousu sur la poitrine descendait lentement les marches dans un brouhaha amplifié par la hauteur de la salle. Certains étaient encore assis, d'autres se levaient en discutant. Visiblement, l'audience s'était déroulée correctement. Une vague de soulagement déferla dans le corps tendu d'Hermione qui s'autorisa alors à chercher la seule personne qu'elle désirait vraiment voir. En balayant la pièce des yeux, son regard s'accrocha tout à coup à la silhouette reconnaissable entre mille à environ une vingtaine de mètres d'elle. Aussitôt, chacune de ses cellules émit un signal d'alarme. Une secousse dans son corps la poussa en avant, mais elle la contint et avança de quelques pas hésitants, s'arrêtant dans l'espace situé pile entre les deux portes.

Il était toujours au centre de la pièce, presque dos à l'entrée, debout devant la chaise de l'accusé. Ses cheveux or renvoyaient des centaines de radiations colorées, absorbant par la même occasion les faisceaux de lumière de la pièce dont ils semblaient se gorger. Ils avaient l'air si doux, ébouriffés et encadrant négligemment son visage dont elle ne voyait qu'une petite partie. Ses larges épaules surmontées d'une cape noire paraissaient solides comme un roc et ce n'était pas qu'une impression, elle en avait fait l'expérience. La courbe de sa silhouette se poursuivait, dessinant ses bras dont les muscles n'étaient que suggérés par leur forme discrète sous la cape. Cette dernière dissimulait le reste de son corps aux yeux de la Gryffondor, mais elle le connaissait si bien qu'elle n'avait pas besoin de le discerner pour le deviner. Sa longueur accentuait la prestance dont il était naturellement gratifié et sa posture désinvolte dégageait charme et puissance. Il avait beau se trouver au plus bas dans l'organisation de la salle, au contraire il semblait dominer, tout en inflexibilité et en assurance.

- Miss Granger, la salua une voix si près d'elle qu'elle tressaillit.

À cet instant seulement, elle s'aperçut que les premiers sorciers quittaient la pièce pendant qu'elle contemplait amoureusement Drago Malefoy. L'homme qui venait de lui adresser la parole était petit et trapu, cependant sa taille ne dépassait guère la sienne s'étant rendu compte qu'elle divaguait, il eut un petit sourire en coin avant de s'éloigner dans le couloir obscur. Se succédèrent à sa suite des groupes entiers de sorciers en grande conversation dont elle n'entendait pas un traître mot, trop focalisée sur le centre de toutes ses pensées. La plupart d'entre eux devaient la contourner pour passer plantée au milieu du chemin, elle gênait la sortie de la pièce, mais elle en avait à peine conscience. Quelques éclats de voix lui parvinrent, notamment son nom qui fut repris à plusieurs reprises, pourtant en dépit de tous ses efforts elle ne pouvait pas détacher ses yeux de cette statue de glace semblable au noyau de l'univers. Les ondes d'attirance qu'elle éprouvait pour lui remettaient en cause jusqu'à la loi de l'attraction.

- Monsieur Malefoy est libre, à présent, lui glissa une voix grave à l'oreille.

Du coin de l'œil, elle reconnut Kingsley Shaklebolt, qui l'observait avec intérêt et amusement. En tant que ministre de la Magie, il avait probablement dû présider l'audience. Hermione lui accorda un regard furtif accompagné d'un signe de tête avant de reporter son attention sur Drago, qui, imperturbable, n'avait pas bougé.

- Attention en sortant du ministère, la prévint Shaklebolt qui s'éloignait déjà, il y aura probablement une véritable armée de journalistes à vos trousses.

La lionne l'écouta à peine lentement, Drago venait de se retourner pour lui faire face. Son souffle se coupa lorsque ses yeux gris croisèrent les siens, chocolats, et s'y accrochèrent, la happant toute entière. La distance entre eux était insupportable. Son corps réclamait le sien, hurlant pour qu'elle se jette sur lui, brûlant de sentir sa chaleur protectrice. Mais Hermione était pétrifiée d'immobilité, incapable de formuler un ordre clair à ses jambes, trop bouleversée par l'affolante proximité de celui qu'elle n'avait pas pu toucher pendant des mois. Son cœur battait au rythme d'un seul nom, comme une obsession.

- Drago, lâcha-t-elle dans une expiration douloureuse qui remit d'emblée en marche le mécanisme de ses poumons.

Ce petit mot avait été prononcé si bas et d'une voix si chevrotante qu'elle crut être la seule à l'avoir entendu mais une expression brève traversa le visage du jeune homme qui murmura à son tour d'une voix caverneuse :

- Hermione...

Son prénom lui fit l'effet d'un stimulant : irrémédiablement, les jambes de la lionne fonctionnèrent à nouveau, la projetant en avant dans un sursaut incontrôlé. Elles avalèrent l'espace qui les séparait en trois pas la seconde suivante, elle enfonçait son visage dans la chemise au parfum enivrant du Serpentard, enroulant ses bras autour de son torse et les nouant dans son dos. Les siens l'emprisonnèrent intégralement en la serrant si fort que sa respiration se bloqua dans ses poumons. Alors que son odeur s'imprégnait de tout son être, elle se sentit soudain décoller du sol, soulevée par ses bras puissants. Toujours enfouie contre lui, elle ceintura la taille du garçon avec ses jambes, cherchant pratiquement à fusionner avec lui.

Elle n'arrivait pas à y croire. Après tout ce temps, après tous ces rêves, ces doutes, ces espoirs, cette interminable attente, il était enfin là, avec elle, contre elle. Vivre cet instant une seule fois était tellement plus merveilleux que l'imaginer des centaines de fois.

- Tu m'as... tellement... manqué..., articula-t-elle à grand peine d'une voix étouffée, ses mots mangés par le tissu de sa chemise.

Pour toute réponse, il intensifia son étreinte, à un tel point qu'elle crut que sa cage thoracique allait céder sous sa force.

- Tu... m'écrases, l'avertit-elle sans savoir comment elle avait pu prononcer deux mots alors qu'aucun souffle d'air n'entrait dans son corps.

- Oh, pardon, murmura-t-il en relâchant doucement son enlacement.

Délicatement, il s'écarta d'elle sans pour autant la délaisser. Hermione leva le menton vers ce visage aux traits parfaits que personne n'égalait. Le gris de ses yeux était infini et l'aspirait toute entière. Sans cesser de se cramponner à lui, elle caressa sa joue d'une main.

- C'est fini ? demanda-t-elle avec incertitude.

Le sourire qu'il lui adressa valait toutes les promesses du monde.

- Oui. C'est fini.

Fermant les yeux une seconde, il posa son front contre le sien.

- Je ne veux plus jamais être séparé de toi.

HGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDM

Dès l'instant où ils franchirent le seuil du ministère, Hermione regretta d'avoir éludé les recommandations de Kingsley : un attroupement de journalistes les attendait dans un chahut à filer la migraine. La tête haute, elle se cramponna à Drago, faisant face aux regards, aux critiques, et prit soin de ne laisser transparaître aucune faiblesse. À ses côtés, le Serpentard n'était qu'un mur impénétrable aux yeux de glace qui suffisaient à les tenir à une distance respectable. Ignorant leurs questions indistinctes accompagnées de nombreux flashs, ils s'aventurèrent dangereusement parmi la foule qu'ils traversèrent d'un pas conquérant. La lionne octroyait tout son intérêt à la présence rassurante du jeune homme qui balayait tout le reste prenant exemple sur son attitude, elle tailla son regard pour qu'il soit le plus inflexible possible.

- Miss Granger, comment avez-vous vécu l'arrestation de monsieur Malefoy ? l'interrogea une femme enveloppée d'une tailleur bleu marine qui faisait grossièrement ressortir sa poitrine. Qu'avez-vous fait pendant sa période de travaux d'intérêt généraux ?

- Monsieur Malefoy a-t-il entièrement payé son amende ? questionna un homme quelques mètres plus loin dont seul le sommet du crâne dépassait du groupe. Les juges ont-ils estimé qu'il avait correctement été puni pour ses crimes ? Persistez-vous à croire au bien fondé de ses intentions malgré les actes qu'il a commis ?

- Êtes-vous toujours convaincue que ses monstrueux agissements avaient pour unique but de vous protéger ?

- N'avez-vous pas pris le temps de réfléchir loin de lui ? Ne vous êtes-vous pas aperçue à quel point son contact est nocif pour son entourage ?

- Et vous, monsieur Malefoy, qu'avez-vous à exprimer pour votre défense ? Niez-vous les faits ?

- Comment avez-vous charmé miss Granger ? Avez-vous eu recours au filtre d'amour ?

À mesure que les interrogations fusaient, que la curiosité des journalistes s'amplifiait et que leur indélicatesse croissait, la gêne de la Gryffondor se métamorphosait peu à peu en fureur pure et dure. Il ne leur restait que quelques mètres pour atteindre le trottoir le plus proche là, ils pourraient transplaner, disparaître, se volatiliser. C'était ce qu'ils avaient prévu de faire sans même se concerter et c'était sans nul doute la meilleure attitude à adopter mais Hermione en avait marre. Pendant des mois elle avait dû subir les accusations, les attaques, les remarques des gens qu'elle croisait elle avait été pointée du doigt, observée comme une bête de foire et elle n'avait jamais rien dit, rien fait, jugeant la situation déjà suffisamment inconfortable. Néanmoins, elle avait horreur, plus que tout, que ceux qu'elle aimait soient pris pour cible, en particulier quand ils n'avaient pas de réel moyen de défense. Même si Drago conservait les poings serrés, les mâchoires contractées et le regard figé, elle n'était pas dupe : ce mouvement d'incrimination ne l'enchantait guère. Et elle le connaissait assez pour deviner qu'en son for intérieur, il bouillait de colère, même s'il gardait son sang-froid. Ce comportement était certes l'un de ses nombreux charmes et source d'admiration, mais là, tout de suite, elle refusait de le voir souffrir.

Prise d'une impulsion, elle s'arrêta brusquement, freinant l'élan du Serpentard qui tourna la tête vers elle avec surprise et incompréhension. Furieuse, Hermione lui attrapa la main qu'elle serra fort avant d'entrelacer leurs doigts. Les yeux rivés sur la horde de journaliste, elle dressa leurs mains entremêlées qu'elle agita devant leurs figures aux airs avides.

- Monsieur Malefoy et moi-même sommes très attachés l'un à l'autre, proféra-t-elle d'une voix forte qui couvrit leurs déblatérations. Et nous avons vécu des choses que vous ne pouvez même pas imaginer, tandis que vous étiez confortablement installés dans un fauteuil. Maintenant que tout est terminé, tout ce que nous voulons, c'est du calme. Et vous avez intérêt à nous en laisser, menaça-t-elle en désignant sa baguette magique de son autre main. Je crois que vous ne savez pas de quoi nous sommes capables ensemble.

Si au début de son discours, Drago l'avait étudiée d'un air perplexe, toute trace d'étonnement avait désormais déserté son visage quand elle leva le menton vers lui, il la contemplait simplement, ses iris gris dilatés d'émotion. Sous les flashs et les murmures, Hermione le gratifia de son plus beau sourire, qu'il lui rendit.

- Une dernière chose, ajouta-t-elle à l'intention des journalistes. Monsieur Malefoy n'a eu besoin d'aucune magie pour me charmer, sauf celle d'être la merveilleuse personne qu'il est.

D'une main, elle saisit la nuque du jeune homme, et de l'autre, tira le col de sa chemise pour l'attirer à elle. Leurs lèvres s'unirent dans un baiser, d'abord tendre, doux comme une caresse puis Drago glissa une main sur sa taille pour l'entraîner vers lui. Elle sentit chaque muscle de son ventre se contracter à travers le tissu fin de sa chemise tandis qu'il l'embrassait plus passionnément. La rumeur de leurs voix et les éclairs des appareils des journalistes s'évaporèrent soudain, mais la lionne s'en rendit à peine compte. Enivrée, elle avait perdu toute notion de temps ou d'espace ses sens en alerte ne ressentaient plus que la proximité brûlante du Serpentard, le goût de sa bouche, la chaleur de ses mains, la rudesse de son torse, la solidité de ses bras. Et par-dessus tout, leurs cœurs qui battaient à l'unisson, comme connectés par un lien invisible, puissant et indestructible.

Leur baiser dû prendre fin lorsqu'ils furent tous deux essoufflés au point que leurs poitrines respectives montent et s'abaissent au même rythme irrégulier. Haletante, Hermione s'écarta doucement de Drago qui tâchait de reprendre sa respiration. La situation leur arracha un sourire qui se mua rapidement en éclat de rire. Tout en riant, elle prit conscience qu'ils avaient transplané, et qu'ils se trouvaient à présent devant le manoir Malefoy. Mi-amusée, mi-surprise, elle indiqua le bâtiment sombre et mystérieux qui les dominait de toute sa hauteur.

- C'est toi qui a transplané pendant qu'on s'embrassait ?

Désinvolture et fierté se reflétèrent dans l'attitude de Drago qui haussa les épaules.

- Notre sortie, ou plutôt notre disparition, était plutôt théâtrale, non ?

Un peu embarrassée, elle opina. Le visage du jeune homme redevint sérieux.

- Merci, Hermione.

Les doigts enfouis dans ses cheveux bouclés, il embrassa son front avec délicatesse.

- Que va-t-il se passer, maintenant ? murmura la jeune femme avec hésitation. Que vas-tu faire ? As-tu des projets ?

Pendant quelques secondes, Drago se contenta de la regarder dans les yeux en effleurant sa joue du pouce. Puis il eut un petit sourire en coin.

- Mon seul projet, c'est toi, Hermione. Alors, quoique tu fasses, quoique tu décides, je resterai avec toi.

- Je... je ne souhaite rien d'autre, moi non plus, admit-elle en sentant ses joues s'empourprer. Mais après tous ces mois passés à exécuter des travaux d'intérêt généraux pour payer des frais d'hospitalisation et de réparation, tu dois sûrement rêver d'autre chose... Quoique ce soit, compte sur moi pour te soutenir.

Le Serpentard entortilla l'un de ses doigts dans ses boucles brunes.

- La seule chose que je désire, là, maintenant, tout de suite, souffla-t-il de sa voix grave, c'est te faire visiter ma chambre.

Dans ses yeux brûlait une flamme ardente qui provoqua des frissons à la Gryffondor. Se mordant la lèvre, elle approcha son visage du sien jusqu'à ressentir sa chaleur corporelle dans chacune de ses cellules.

- Oh, mais je la connais déjà, tu ne t'en souviens pas ?

Elle sentit son sourire plus qu'elle ne le vit.

- Pas certaines parties...

Avant qu'elle ne puisse reprendre sa respiration, les lèvres de Drago avaient attrapé les siennes. Leurs bouches commencèrent à se dévorer, leurs corps à prendre feu ivre de sensations folles, Hermione s'aperçut qu'elle ne tarderait pas à perdre le contrôle d'elle-même.

- Tout bien réfléchi, nous n'avons pas besoin de chambre, susurra le Serpentard entre deux baisers.

- Nous ferions... peut-être mieux... de rentrer, objecta-t-elle, haletante.

Pour toute réponse, il accentua son étreinte puis glissa un bras sous ses jambes, la faisant basculer dans ses bras. Elle laissa échapper un petit cri de surprise qui se mua en éclat de rire. Sans cesser de l'embrasser à pleine bouche, il se hâta jusqu'aux grandes portes qu'il ouvrit d'un coup de pied. La température dans le hall d'entrée devait probablement avoisiner les deux degrés, néanmoins aucune sensation de froid ne vint ébranler le feu généré par l'imminente fusion de leurs corps. C'était comme si tous ses sens avaient disjoncté certaines parties de son anatomie émettaient de puissants signaux d'alarme mais pour rien au monde Hermione n'aurait interrompu cet instant.

Obnubilée par ses caresses et ses baisers, la Gryffondor ne se rendit compte que tardivement que le jeune homme avait grimpé les étages à toute vitesse et qu'ils se trouvaient désormais devant le mur du grand couloir donnant accès à son antre de serpent. Elle fut plaquée contre le mur le temps qu'il guide ses jambes autour de sa taille qu'elle ceintura avec force. Les mains de Drago enflammaient déjà chaque particule de son être, et elle profita de l'instant où sa bouche se réfugiait dans son cou pour lâcher le mot de passe entre deux expirations douloureuses :

- Ma seule faiblesse.

Le Serpentard la décolla du mur à la seconde où il se mit à bouger, révélant la porte en bois massif. D'un coup de coude, il appuya sur la poignée, les précipitant dans la pièce aux couleurs vert et argent. En trois pas, ils atteignirent le lit à baldaquin enveloppé d'un océan de plumes dans lequel il projeta Hermione dans un mélange de douceur et de sauvagerie. Ensuite, il grimpa sur elle en prenant garde de ne pas l'écraser, et approfondit davantage encore ses baisers. Chacun de ses muscles touchait la peau ardente de la lionne qui avait l'impression de nager en plein rêve. Elle attendait ce jour depuis si longtemps.

- Hermione, grogna-t-il, la voix soudain plus grave, presque caverneuse. Est-ce que... est-ce que tu es sûre ?

Ses pupilles étaient dilatées, ses iris plus gris que jamais un fol instant, Hermione pressentit une mauvaise nouvelle, un changement d'attitude, un retournement de situation. Mais lorsqu'il s'appuya sur ses coudes au-dessus d'elle, dégageant ses cheveux de son visage, elle comprit qu'elle était la source de ses tourments.

- Si tu ne m'arrêtes pas maintenant, on ne pourra plus revenir en arrière, poursuivit-il d'une voix rauque. Et je respecterai ton choix quel qu'il soit, Hermione.

L'onde de tendresse envers lui qui engloutit brusquement le cœur de la Gryffondor lui ôta l'usage de la parole elle ne put que le contempler, les larmes aux yeux. Haletant, les cheveux ébouriffés, le corps brûlant, la mâchoire serrée, il tâchait de se contrôler, dans l'attente de son accord. C'était comme si son cœur débordait d'amour, d'affection, de bonheur, comme si en cet instant, il la rendait plus vivante que jamais. Un sanglot affluant dans sa gorge, elle secoua vigoureusement la tête.

- Je ne veux pas... que tu t'arrêtes, geignit-elle, le regard suppliant.

Il sourit, louchant sur ses lèvres d'un air avide. Il était tellement séduisant qu'elle déglutit pour empêcher la boule d'émotion coincée dans son larynx d'exploser.

- Vraiment ? lâcha-t-il dans une dernière tentative, bien que manifestement, sa réponse précédente le comblait de joie.

- Oh, tais-toi, le rembarra gentiment Hermione qui n'en pouvait plus de décrypter tant de passion dans un simple regard, et embrasse-moi.

HGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDMHGDM

D'une main, Hermione versa du café dans leurs deux tasses tandis que de l'autre, elle terminait d'enfiler ses chaussures. Elle croqua la dernière bouchée de sa tartine puis déposa la cafetière dans l'évier et saisit sa tasse brûlante entre ses doigts.

- Drago ! Tu vas être en retard !

Elle eut l'impression que sa langue se désintégrait entièrement lorsque le liquide bouillant entra en contact avec sa bouche. Toutefois, elle l'avala d'un trait et sentit la substance couler le long de son œsophage en embrasant les parois. Il lui fallu toute la volonté du monde pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux.

- Drago ?

- Je suis là, lui répondit une voix endormie sur le seuil de la cuisine.

Les rayons du soleil filtrant par les grandes fenêtres illuminaient sa chevelure d'une couleur dorée et révélaient la pâleur de son teint parfait. Le gris de ses yeux ressortait dans la fraîcheur de cette matinée. Torse nu, simplement vêtu d'un bas de pyjama, il s'étira dans un mouvement désinvolte qui éveillait son charme ravageur et sa prestance naturelle. Durant quelques secondes, Hermione oublia qu'elle venait d'empoisonner son estomac avec du café brûlant, qu'elle avait mis sa chemise à l'envers et qu'elle allait probablement être en retard à Sainte Mangouste.

Un ange tombé du ciel. Voilà à quoi il ressemblait, encore ensommeillé, dans un vieux pyjama, les cheveux décoiffés et le visage encore marqué par son oreiller.

- Tu vas bien ? s'inquiéta-t-il en la dévisageant avec étonnement.

La lionne s'ébroua comme si elle sortait d'un rêve.

- Euh... oui, je... je m'apprêtais à partir, sinon je vais être en retard, bafouilla-t-elle en s'activant soudain pour ranger les restes du petit-déjeuner. Tu veux du café ?

- Oui, merci. Mais, Hermione, tu sais que tu viens de mettre le jus de citrouille dans le four ?

Perplexe, la lionne prit conscience qu'en effet, elle venait de refermer la porte du four, et non celle du placard au-dessus de l'évier. Ses joues rosirent instantanément et elle se détourna dans un mélange de confusion et de gêne.

- Bien dormi ? s'enquit-elle pour reprendre une contenance.

- Mieux que depuis longtemps, acquiesça le Serpentard en l'embrassant brièvement sur le coin des lèvres.

- Tu devrais te dépêcher si tu ne veux pas être en retard au ministère, lui conseilla la jeune femme en attrapant son sac à main et sa baguette magique. Même si le directeur du Département des jeux et sports magiques a paru convaincu par ta mise en situation, je crois qu'il surveille encore tes moindres faits et gestes. Après tout ce que tu as accompli, mieux vaut ne pas faire de faux pas.

Drago se dirigea vers un placard d'où il extirpa une tablette de chocolat noir.

- Ne t'inquiète pas, je fais attention. Ch'est vraiment bon che truc, commenta-t-il en engloutissant plusieurs carrés d'une seule bouchée. Faudra que tu me faches goûter d'autres spéchialités moldues.

- Quand tu veux, affirma Hermione avec un sourire attendri. Bon, allez, je file.

Elle se dressa sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Le bras libre du jeune homme se posa sur ses hanches, faisant durer l'instant. Elle savoura la sensation de ses lèvres sur les siennes, de son corps contre le sien un phénomène quotidien mais dont elle ne se lasserait jamais. Son désir d'être avec lui n'était jamais tout à fait rassasié.

Alors qu'elle tournait les talons, il la retint par la main.

- Hermione, articula-t-il dans un murmure rauque.

Le sérieux avait remplacé l'atmosphère frivole. La lueur qui apparu tout à coup dans ses yeux indiqua à cette dernière le sujet de ses préoccupations. Ses souçons se confirmèrent lorsqu'il baissa légèrement la tête, comme si c'était trop dur pour lui de la regarder encore.

- Je... tu sais que je pense toujours... ce que je t'ai dit il y a plusieurs mois, confia-t-il avec difficulté. C'est juste que... je n'ai pas l'habitude de... enfin, je ne sais pas vraiment comment... Je ne sais pas le dire régulièrement... Je ne sais pas le prouver avec des bouquets de fleur, des invitations au restaurant, des...

- Drago, l'interrompit-elle avec douceur en se rapprochant de lui. Arrête de t'en vouloir. Je n'ai pas besoin que tu te forces, que tu me répètes tous les jours que tu m'aimes. Je n'en ai même pas envie, parce que pour moi ces mots sont si importants que j'estime qu'ils doivent être prononcés aux bons moments, pas à tout bout de champ. Et je sais, Drago, que tu m'aimes. Je le sais.

Le Serpentard redressa la tête, osant à nouveau affronter son regard.

- Je ne veux pas que tu changes, certifia-t-elle lentement. Ce Drago qui a du mal à m'ouvrir son cœur est aussi celui qui me coupe la respiration quand il me serre dans ses bras. Ce Drago qui ne m'offre pas de cadeaux est aussi celui qui surmonte son aversion pour mes amis par simple respect pour moi. Ce Drago qui ne m'invite pas à un dîner aux chandelles est aussi celui qui reste éveillé jusqu'à ce que je me sois endormie pour me protéger de mes propres cauchemars.

Envahie par les émotions qu'il était le seul à lui procurer, elle se mordit la lèvre.

- Drago, ta façon de m'aimer est magnifique, et tu ne t'en rends même pas compte.

Du bout du pouce, elle effleura sa joue, s'émerveillant de la forme et de la délicatesse de ses traits. Son visage était le plus beau qu'il lui ait été donné de voir aussi parfait que celui d'une statue grecque. Plus elle le contemplait, plus son cœur se gonflait d'amour. Était-il possible d'en mourir ?

Après quelques secondes hors du temps, Drago lui offrit le sourire qu'elle attendait. À cet instant, Hermione comprit non seulement que l'amour était la plus grande des forces, mais également qu'elle était une forme de magie mystérieuse, indestructible et éternelle.

FIN.


Je ne pensais pas écrire un jour ces trois petites lettres...

Mais cette fois ma fiction est belle et bien terminée. Je sais, la fin frôle la niaiserie, mais mes personnages me prennent par les sentiments... Je ne pouvais tout simplement PAS finir autrement. En quelques sortes, cette fiction était une étude approfondie sur les diverses formes d'amour et une éloge à Drago Malefoy xD M'enfin vous n'allez quand même pas m'en vouloir...

Si vous aussi, vous êtes tombées amoureuses de Drago Malefoy, tapez 1.

Si vous aussi, vous n'avez pas envie que cette histoire ait une fin, tapez 2.

Si vous aussi, vous sentez la nostalgie vous gagner peu à peu, tapez 3.

Enfin, si vous aussi, vous avez passé de merveilleux moments sur ce site, tapez 4.

En revanche, vous ne pouvez pas avoir ressenti tout ce que j'ai éprouvé à chaque compliment, chaque review remplie de soutien, d'encouragement, d'enthousiasme, débordant d'hypothèses, d'hystérie parfois (sans citer personne), d'humour, de fraternité, de chaleur. D'ailleurs, vos critiques et certains reproches m'ont permis d'avancer, alors je me dois de les citer également ! Je crois que je ne remercierai jamais assez chaque personne qui a pris le temps de lire ma fiction, de laisser un avis, ou de la suivre. Je tiens particulièrement à féliciter ceux qui l'ont fait régulièrement, certains même à chaque chapitre ! C'est absolument adorable, merci, merci, merci !

Je me souviens encore du jour où j'ai ouvert un document Open Office et où j'ai écrit : "Dans le piège". Ce premier chapitre était à l'origine un OS (eh oui !) mais je fourmillais tellement d'idées que peu à peu, cet OS s'est prolongé jusqu'à former une fiction de 45 chapitres... Ce jour-là, j'étais en troisième et je rentrais de mon stage en pharmacie... Je me souviens même de la date : Le 2 novembre 2013 ! Plus de deux ans en arrière... J'étais censée commencer la rédaction de mon rapport de stage à partir de mes notes, mais j'ai tout bâclé pour pouvoir écrire (heureusement, j'ai quand même réussi à avoir 19 à mon rapport ^^). Que de souvenirs...

Il y a eu des moments durs pendant lesquels j'ai été très longuement absente, mais ce n'était qu'une question de temps, je n'ai jamais eu l'intention d'abandonner ma fiction. Je n'aurai jamais pu ! Heureusement, vous étiez là, et votre soutien m'a fait beaucoup de bien. Pour ça encore, je voudrais vous remercier !

Après ce blabla sur ma vie (excusez-moi, c'est la nostalgie qui me gagne), place à vos avis : dites-moi tout ! Ceux qui ne l'ont pas encore fait et qui en ont envie, vous pouvez me retracer votre parcours, comment vous avez découvert cette fiction, ce qui vous a plu/déplu, pourquoi, ce que vous auriez amélioré, comment vous avez trouvé les personnages, si vous avez été surpris, etc, tout ce qui vous vient à l'esprit ! N'oubliez pas que rien de ce que vous pourrez écrire n'est nul ou déplacé. J'accepte tout (sauf les insultes, surtout injustifiées, mais jusque-là je n'ai pas eu de problème xD).

Je crois que c'est tout. Si jamais ce soir dans mon lit, je me dit : "zut j'ai oublié de dire ça !", alors je ferais un édit pour le rajouter xD Et je répondrais probablement aux reviews anonymes en dessous dans ce même édit. Donc n'hésitez pas !

Si certains se demandent si je prévois une autre fiction, la réponse est non, en tout cas pas pour l'instant. Par contre, il est fort probable que ayez droit à des OS, donc restez aux aguets ! Je suis disponible pour répondre à toutes vos questions, remarques, etc.

Encore une fois, mille mercis à tous !

Merci d'avoir lu

J'attends vos avis avec impatience.

SDB.