Chapitre 1 : premiers jours

le 17 juin 2012,

Cher journal,

Aujourd'hui fut ma première journée, mais je commence à regretter d'avoir choisi ce boulot. Et encore le terme boulot n'est pas bien employé. Je devrais dire l'enfer. Oui voilà ça se résume à cela ma journée. L'ENFER. J'ai bien cru que je ne sortirai pas vivant du bureau ou devrais-je dire de la prison.

Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu pour qu'il me haïsse autant. Voilà comment s'est passée ma journée.

Tout a démarré à 7h00 ce matin. Mon réveil est par malchance tombé en panne. J'ai eu le droit au réveil de Mikasa et je peux te dire que ce n'est vraiment pas agréable de se faire réveiller par elle. J'ai dû me dépêcher de me préparer. Comble de tout, j'avais oublié que je ne savais pas faire les nœuds de cravate. De nouveau, ma sœur qui vient à ma rescousse. J'suis sûr qu'elle a dû bicher de devoir m'aider.

Mon journal, je t'assure que les costumes, ce n'est pas ce qui me va le mieux. Je ressemble à un pingouin. Ce n'est pas vraiment moi. Mais bon, je ferais avec si je veux réussir.

Je continue. Je suis arrivé pile à l'heure au bureau de Petra. Là pendant une heure, elle m'explique comment la vie se passe ici. Ils sont très à cheval sur les étiquettes. Elle m'a demandé d'apprendre par cœur le nom de chaque collaborateur de l'étage avant la fin de semaine. Pour m'aider, elle m'a fourni un organigramme avec la photo de chacun au-dessus des noms et les postes occupés. J'en ai une cinquantaine. Je dois arriver à 08h00 tous les matins et je dois préparer le thé pour mon patron pour 8h15. Il aime le thé d'une certaine manière et Petra a même rédigé une fiche de procédure.

Là, je ne te raconte même pas comme j'ai commencé à angoisser. Une fiche pour faire du thé.

Ensuite, elle m'a montré où se trouvait le thé et surtout elle m'a rappelé que tout doit être propre dans le bureau du boss. Il est très exigeant sur la propreté. La moindre poussière peut le mettre dans une sacrée colère. Elle se rappelle que mon prédécesseur n'a pas tenu une semaine.

Là, il ne faut même pas imaginer la tête que j'ai due faire. Je me suis demandé dans quelle galère je m'étais aventuré.

J'ai donc passé la matinée à prendre note de tout ce qui m'attendait. à midi Petra m'a invité à la suivre au réfectoire afin d'activer ma carte. Difficile de se croire dans une cantine d'entreprise. On se serait cru dans un 3 étoiles. On a vite était rejoint par d'autres collègues de l'étage. J'ai pu faire connaissance de Gunther, Erd et Aurouo. Bon, les deux premiers n'ont pas l'air bien méchant et sont même plutôt cool. Le dernier par contre, d'après Petra, il essaye en permanence d'imiter le chef. Il a essayé de m'intimider et en faisant cela, il s'est mordu la langue. Tout le monde a ri.

Jusque-là, je suis toujours en vie. Mais l'après-midi a démarré et l'enfer aussi.

J'ai dû préparer le thé de 13h. Oui chose importante mon journal. Y a des heures précises à respecter. J'ai donc pris la fiche confiée par Petra et je me suis enfin lancé dans ma nouvelle carrière. Je l'apporte à mon chef et lui dépose sur le bureau. Niveau communication zéro. Il ne lève même pas la tête. Dans un sens valait mieux, sinon je suis sûr que j'aurais été capable de lui sauter dessus tellement que c'est un tombeur. Mais bon, il ne doit pas être intéressé par les hommes.

Et voilà, je m'éloigne encore du sujet. Je reprends.

Je quitte discrètement le café et retourne à mon bureau où une pile de copie est arrivée. Je n'ai pas eu le temps de prendre la première pile que voilà le boss qui déboule dans mon bureau.

- Putain, c'est toi qui as fait cette merde ? Me demanda-t-il montrant la tasse dans sa main.

- euh, oui monsieur.

- Recommence. C'est infect. Ce n'est pas du thé, mais du charbon. Petra !

- Oui patron ?

- Montre à cet incapable comment faire un thé correct.

- Très bien patron. Je vous l'apporte tout de suite.

- Non, il me l'apporte.

Et voilà comment a débuté mon après-midi. Grâce à l'aide de Petra, j'ai réussi à le faire, mais elle m'a aussi remonté les bretelles, car si je suis incompétent, elle prendra aussi.

Après cette première épreuve, je me suis retrouvé devant le photocopieur. J'ai jamais vu un tel monstre. Y a tellement de programmes dedans que je m'y perds vite. Mais je ne me décourage pas et j'attaque les copies pour la réunion du soir. Je dois en faire une cinquantaine de chaque dossier. Ensuite, je dois les mettre dans des pochettes spécifiques. Dessus, je dois coller des étiquettes. Il m'a fallu, je l'avoue 2h. Mais bon, c'est la première fois que je bosse dans un bureau. Faut bien que j'apprenne le métier. Une fois ma tâche accomplit, j'étais fière. Petra me dit de l'apporter au bureau du boss pour validation, ce que je fais. Et là, nouveau drame.

- Tu crois que c'est droit peut-être. Recommence.

Et me re voilà reparti à refaire des étiquettes et à les coller le plus droit possible. Faut quand même avouer que coller des étiquettes droites sans aucun repère, je ne sais pas comment les gens font. Il m'aura fallu 4 tentatives pour entendre enfin un : c'est correct.

Ensuite, il a fallu préparer la salle de réunion. Nouveau challenge. Y a une disposition à respecter. Bon là, je ne m'en suis pas trop mal sorti. Petra m'a donné un coup de main, car sinon je n'aurais pas fini pour le début de la réunion. Celle-ci d'ailleurs se passe en ce moment même. Tu aurais vu tous les petits fours apportés. Cela donnait drôlement envie. Peut-être qu'un jour, je pourrais participer à ce genre de réunion.

J'ai terminé ma journée par la distribution du courrier à l'étage. Cela m'a permis de faire connaissance un peu avec chaque employé de l'étage. Je crois que cela a été la seule activité appréciée de la journée. J'ai quitté le boulot, il était plus de 19h.

D'habitude, je travaillais en périphérie de la ville. Je ne me rendais pas compte que même à cette heure les transports sont blindés. Difficile de monter dans un métro. Sans compter qu'une fois dedans, je ne te raconte même pas le nombre de mains que j'ai senti sur mon postérieur. J'ai dû me retenir de mettre à chaque fois mon poing dans leur face. La bouffée d'air quand enfin mon arrêt est arrivé.

Le summum, c'est quand je suis enfin arrivé à la maison. Je me déchausse et je fonce dans la salle de bains de l'étage pour me faire couler un bain chaud. Y a rien de tel pour se détendre. Mais la détente est de courte durée, car Mikasa m'attend au salon pour m'abrutir de question concernant mon travail. Je reste avec elle évasif et ne lui parle pas des ratés de l'après-midi. Je l'entends dire sinon : "tu vois, je te l'avais dit. Tu n'es pas fait pour travailler…". Elle veut quoi que je reste à la maison toute la journée ? Elle croit qu'elle va me materner encore longtemps ? Mais moi dès que je peux, je prends mon indépendance.

Oui voilà l'idée ! Je vais mettre de côté pour rapidement prendre mon propre appartement. Je n'ai pas besoin d'un palace. Un petit chez moi où je pourrais faire ce que je veux. Tiens mon téléphone sonne.

Ah non ! Pas possible, mon journal. Il est presque 23h et le boss arrive encore à m'appeler pour me dire, je cite "pointe ton cul à 7h30 demain.". Il ne laisse même pas le temps de répondre qu'il a déjà raccroché. Et pourquoi je dois aller pour 7h30 ? Je sens que la journée va être pourrie demain.

Bon aller faut que je positive un peu. Je dois réussir pour quitter cette maison et avoir mon indépendance. Je dois réussir pour me prouver que je ne suis pas un incapable. Je dois réussir pour être enfin reconnu. Je pense que je n'en demande pas trop. Enfin presque. Bon ben vu que je n'ai pas le choix, je n'ai plus qu'à me coucher pour être sûr de ne pas être en retard demain.

18 juin 2012,

Cher journal,

Un petit mot avant de partir. J'ai réussi à me lever avec plus d'une heure d'avance. Faut dire que mes rêves ont été vraiment trop bizarres. J'ai rêvé de mon patron. Pour être plus exacte, j'ai rêvé que je couchais avec mon patron. Faut vraiment que je me trouve quelqu'un. Ce n'est pas tout ça, mais il est l'heure que j'y aille.

À ce soir.

Journal, oh mon journal,

Pourquoi n'es-tu qu'un simple tas de feuilles qui ne peut me répondre ? J'aurais tellement besoin d'écoute, de conseils, mais tu ne peux rien de tout ça. Aujourd'hui fut encore plus horrible qu'hier. À cette vitesse-là, on m'enterrera avant la fin de la semaine. Je vais t'expliquer pourquoi j'ai dû me rendre aussi tôt le matin.

Je suis arrivé de nouveau pile à l'heure. Je suis doué pour ça. J'aurais peut-être dû être fonctionnaire. Le boss Levi ou plutôt Lucifer, m'attendait dans son bureau. Il me fit asseoir.

- Jaeger est-ce que tu peux me dire si on t'a briffé sur nos méthodes de travail ?

- Oui, monsieur.

- Dans ce cas là, peux-tu m'expliquer pourquoi les verres de la salle de réunion avaient des traces de doigts alors que personne n'était encore arrivée ?

- Je ne comprends pas les verres étaient propres quand je les ai mis sur la table.

- Comment les as-tu pris pour les poser sur la table ? Montre-moi donc.

J'ai donc dû montrer comment j'avais pris les verres et oh Dieu, qu'est que ce je n'avais pas fait comme connerie.

- T'es vraiment un abruti ! Un verre avec un pied se prend au niveau du pied et non du ballon. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu sais faire correctement, bordel ?

….

Je ne savais plus quoi répondre. Je suis sûr que je me décomposais sur le siège au fur et à mesure qu'il me parlait. J'avais envie de fuir, mais mes jambes ne répondaient pas. J'ai donc subi son courroux pendant presque une demi-heure.

- Bon, j'ai des rendez-vous important aujourd'hui. Je vais avoir besoin de café tout au long de la journée pour tous les clients et fournisseurs qui vont défiler. Tâche de ne pas te planter cette fois. Je ne tolérerai pas de faux pas. Hanji va avoir besoin de toi pour ses tests de nouvelles présentations. Ne me déçois surtout pas. Maintenant prépare moi le thé.

Et me re voilà derrière la théière. Cette fois, je le réussis du premier coup. Faut dire qu'avec la pression qu'il m'a mise dès le départ, j'avais trop peur de me prendre un coup de sa part.

Note à moi-même : il est quand même beau quand il est en colère. Ses yeux ressemblaient à deux lances. Dans un sens, je me laisserai bien transpercer par lui.

Et voilà mes idées repartent en live. Faut que je me calme. J'suis pire qu'une gonzesse n'empêche. Bon allez, je continue de te raconter ma journée.

Petra était étonnée que je sois arrivé si tôt et je lui expliquais pourquoi. Elle soupira. Elle me conseilla quand même de redoubler d'efforts et de ne pas hésiter à venir lui demander de l'aide si j'ai un souci. Elle est vraiment sympa comme fille. Bon, je sais que Gunther m'a mis au courant qu'elle craquait pour Lucifer. Pff, en plus d'être beau, d'avoir un sale caractère, faut qu'il ait les plus belles filles à ses pieds.

Hanji a débarqué dans mon bureau sur les coups de 10h. Bon, elle, c'est un cas à part, comparée à Petra. Elle ne sait pas ce que sait que parler doucement. Elle parle vite, fort. Elle a l'air effrayante. Peut-être même plus que le boss. Car autant le boss à son regard, tu sais ce qui pourrait à peu près t'attendre, autant avec elle, c'est le mystère complet avec ses réactions surprenant tout le monde.

Elle m'a expliqué son travail et nous avons commencé à faire diverses impressions. J'ai passé ma journée à jongler entre le bureau du démon et celui de la folle.

Je n'ai pas eu de remarque sur le café, c'est qu'il devait être bon. À chaque fois que je prenais une tasse, je faisais attention à ne pas laisser mes empreintes.

À midi, j'ai retrouvé Petra et les autres. Je m'intègre plutôt bien au groupe. Je crois que la pause déjeuner est le seul moment où je peux me détendre un peu.

Tiens, avant que j'oublie, Erd m'a invité à venir vendredi à aller boire un coup après le boulot. J'ai accepté. C'est une des meilleures façons de m'intégrer dans le groupe, je pense.

J'ai quitté le travail à la même heure qu'hier et toujours autant de monde dans les transports. Il faut que je me trouve un appart proche du travail.

Ce soir, j'ai appelé mon meilleur ami, Armin. Cela faisait un bail que je ne l'avais pas eu au bout du fil. Faut dire que depuis qu'il est parti à l'étranger, on ne sait pas revue. Il faudrait que je pense à aller le voir là-bas.

Je lui ai raconté mes débuts dans ma nouvelle vie. Ça l'a fait rire, mais il m'encourage sur ma voix. Par contre, je ne lui ai pas parlé de mes rêves bizarres avec mon boss. Il me dirait que j'ai enfin trouvé ma voie. Faut dire que lui, il l'a trouvé il y a longtemps. Il est sorti avec Jean au lycée et là, il est en couple avec Reiner. J'ai encore du mal à les voir ensemble.

Tiens mon téléphone, je reviens.

Non mais là, il veut ma mort. C'est limite du harcèlement. Il ne pouvait pas me donner les directives au boulot pour demain.

« Demain, prend un costume de rechange. Tu restes après le boulot pour m'accompagner à une réunion. J'ai besoin d'un assistant. Sois impeccable ».

Et voilà, il a raccroché. Il va me rendre dingue avec ses appels aussi tard. Et dire que je pensais avoir trouvé un boulot pépère.

Mais j'y pense demain faire des heures supplémentaires ? Je veux bien, mais je n'ai pas le permis, je vais faire comment pour rentrer moi. Et merde, je ne peux pas le rappeler, il va se mettre dans une rage folle et je risque de dérouiller demain. Faut que je demande à Mikasa de venir me chercher alors. Non mauvaise idée, elle va vouloir me pousser à quitter mon boulot et elle va me rabâcher qu'elle avait raison, que je ne peux pas me passer d'elle. Bon aller, il est déjà 23h. Faut que je me repose.

Demain s'annonce le jour le plus long.