Chapitre 2
21 juin 2012
Où suis-je ? Qui suis-je ?
Je me retrouve devant toi oh mon journal après 3 jours de travail et surtout pour mon malheur ou mon bonheur, je ne sais pas encore. Deux jours sans être rentré à la maison. Je suis sur que tu as dû te demander où j'étais bien pu passer. Alors je te rassure de suite, je suis en un seul morceau, même après être passé entre les mains de Mikasa.
Bon allez, j'arrête de tergiverser et je te raconte ce qui s'est passé depuis le 18 où je t'ai fermé pour la nuit.
Je suis arrivé au travail avec des poches sous les yeux. Faut dire que se réveiller à 2h du matin avec une érection pas possible à calmer après avoir rêvé une fois encore de mon patron. Il est tellement beau même en colère que je rêve qu'il abuse de moi en étant dans cet état-là. Je me demande si je ne devais pas voir un psy. J'dois être maso quand même.
Enfin bref, Petra me voit dans cet état-là et le soupir, j'suis sûr que tout l'étage l'a entendu. Elle me traîne littéralement jusqu'à la salle de repos, sort un anti-cerne de son sac à main et me l'applique. Apparemment, je risquerai de faire fuir les clients.
Ensuite, le reste de ma matinée a été la routine, thé, copie, préparation de pochette. Je vais me robotiser à force. Je retrouve tout le monde à la cafétéria pour le déjeuner. À midi, on a eu le droit à du saumon poché, j'avais jamais goûté. Une pure merveille pour mes papilles. J'en salive à nouveau en y repensant.
Quand on retourne à nos bureaux, je suis attendu par le maître des lieux qui tient à me préparer pour la soirée.
Il s'agit d'un gala qui permet de récolter des fonds pour une œuvre de charité. On se sert aussi de ce genre de soirée pour décrocher de nouveaux contrats. Mon rôle sera uniquement de le suivre et de l'observer sur la façon qu'il procède pour décrocher ses fameux contrats. Sauf que qui dit, gala, dit repas, tenue genre smoking….
Je ne vais pas te faire un dessin de mon après-midi. Le boss, m'a emmené avec lui pour me trouver un costume digne de la société, car comme il me l'a dit : « Je ne compte pas sortir avec un employé de bas étage à ce genre d'événement. »
Toujours aussi aimable. Je monte dans sa voiture avec chauffeur (rien que ça, il doit en avoir du fric) et nous voilà partis vers une boutique de prêt-à-porter pour homme. Dans la voiture, je finis quand même par lui poser la question qui me brûlait les lèvres depuis son appel.
- Monsieur, pourquoi m'avoir choisi pour vous accompagner ce soir ? Il y a pleins d'employés qui auraient pu faire l'affaire.
- Tsk. Question conne. Tu n'es pas intelligent ça, c'est sûr. Mais t'as une belle gueule et c'est utile pour vendre. Tu n'auras pas grand-chose à faire : sourire de façon non débile, être poli, savoir manger correctement. Cela ne devrait pas trop être difficile quand même. Sinon j'ne vois même pas pourquoi tu continues de vivre sur cette terre.
- Bien monsieur, je ferais de mon mieux.
- J'aime mieux ça.
Je peux te dire que je n'osais pas le regarder. Déjà, il n'aime pas qu'on le fixe et en plus, je suis sûr qu'il devait bien se foutre de moi.
Quand nous fûmes enfin arrivés, un homme m'a pris en charge pendant que Lucifer était conduit dans un coin réservé au meilleur client. On prit mes mesures, on m'a fait essayer quelques costumes. Le boss a eu son mot à dire à chaque fois. À un moment, je me suis senti la brune dans Pretty Woman. Au bout du 5e essayage, on trouva enfin le smoking qui irait avec mon style. En gros, je ressemblais à un pingouin qu'on aurait oublié sur la banquise.
Je pensais qu'on avait fini. Peine perdue, il m'emmena chez le coiffeur afin de, je cite « faites quelque chose de sa tignasse ». Après avoir exprimé ses souhaits au coiffeur, voilà que je me retrouve à me faire masser le cuir chevelu. Oh purée que c'était bon. Ensuite, j'ai pris place sur l'un des fauteuils et en moins de temps qu'il faut le dire, mes cheveux avaient diminué en longueur et ressemblaient enfin à quelque chose. Cela me paraissait franchement bizarre. Moi, j'aimais bien mes cheveux décoiffés et mi-longs.
Je précise de suite que cette coupe de cheveux fut l'une des remontrances de la part de Mikasa. Elle avait même envie d'aller refaire le portrait à mon chef.
Il était presque 17h quand on a enfin réintégré les bureaux. Je pouvais sentir les regards de tout le monde et entendre même les commérages de certains. Je ne fus pas le seul à les avoir entendus.
- Le prochain qui se la ramène, je le fous à la porte.
Bon ben ça au moins c'était clair.
À 18h, il est entré dans mon bureau, me demandant de le suivre. On s'arrêta au bureau de Petra afin que cette dernière puisse prendre les appels jusque demain 10h. On a rejoint l'ascenseur et là, il se passa quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Il appuya sur l'étage n°33. Non mais je rêve, mon tortionnaire, me fait monter dans ses appartements privés.
Lorsque la porte s'ouvre, on tombe directement sur un gigantesque salon avec une vu panoramique sur Trost. J'en reste sans voix. Tu n'imagines même pas mon état psychologique. Mon bourreau, dont je fais des rêves érotiques toutes les nuits, me fait monter à son appartement. Il me prévint tout de suite de ne rien dégueulasser. Ça, il fallait que je m'y attende. Il doit avoir des actions chez Mr Propre. A part la taille surdimensionnée des pièces, le mobilier reste sobre. Ça lui ressemble bien.
- Tu comptes rester comme ça encore des heures ou tu bouges ton cul pour aller te préparer. Ta tenue est sur le lit. Prends une douche avant. Tu empestes la sueur.
Euh comment ça le costard sur le lit ? Sur quel lit ? Et là, je réalise qu'il n'y a qu'une seule chambre et donc qu'un seul lit. Mon cœur manque au moins 3 battements. Je me dirige donc vers la chambre de mon tortionnaire. J'entre dans le sanctuaire interdit. La salle de bains est juste à gauche. Il n'y a pas de porte de séparation entre la salle de bains et la chambre. Ça ressemble plus à une suite.
Je me sens d'un coup gêné, car je le sens derrière moi. Il vient aussi pour se changer. Je me précipite sous la douche. Je mets l'eau froide, je dois reprendre le contrôle sur mon corps qui fume de l'intérieur. J'ai un magma dans le bas du ventre. L'eau froide fait un bien fou. J'attends 5 bonnes minutes avant de sortir de la douche. Je jette un coup d'œil dans la chambre, il n'est plus là. Je respire. Je me hâte de me sécher et de m'habiller. Je regrette que Mikasa ne soit pas là, je ne sais pas faire les nœuds papillon. J'essaye tant bien que mal à faire ressembler à un papillon le bout de tissus. Et là, j'entends un « Tsk, vraiment un empoté » qui provient de l'encadrement de la porte. Il fond sur moi tel Lucky Luke qui tire sur son ombre et défait mon nœud. Il ne lui faut même pas 30s pour me faire un véritable nœud.
Il est 19h30 quand on quitte son appartement. On monte tranquillement (enfin d'apparence, car intérieurement chez moi s'est aussi tendu qu'une corde de pendu). Et nous voilà en route pour la Colossal Tour. Arrivés sur les lieux, nous sommes accueillis par l'initiateur de ce gala, un vieil homme du nom de Pixis sans un cheveu sur la tête. On entre dans une salle où tout brille. Je me sens le prince dans un château. On nous offre un verre de champagne. Mon boss, me prévint de ne pas abuser de l'alcool. Je hoche la tête, trop tendu pour ouvrir la bouche. Et nous voilà donc partis au beau milieu de la foule. On parle avec tellement de monde que je ne retiens pas tous les noms.
Et là, mon journal, je tiens un scoop. Mon chef, déteste la foule. Dès qu'il peut s'écarter du monde, il me tire littéralement par le bras. On reste à chaque fois silencieux. Il reprend contenance avant d'y retourner. On aurait dit un soldat sur un champ de bataille.
Le dîner se passe sans trop de problèmes. J'ai vu défiler des mets que je ne reverrais pas de sitôt. Je suis resté coincé entre mon boss et un autre homme qui m'a fait littéralement du rentre-dedans tout le repas. J'ai senti une aura meurtrière planer au-dessus de moi quand le grand blond du nom d'Erwin, posa une main sur ma cuisse tout en me parlant. Nous avions à peine fini le dessert que Lucifer se leva et s'excusa de devoir partir si vite, mais demain, il avait une réunion très importante. Il me traîne derrière lui. J'ai à peine compris ce qui se passait. On monte dans la voiture, il relève la vitre qui nous séparent du chauffeur. Je commence à avoir peur, très peur. Je vois ma vie défilée devant moi. J'aurais dû dire pardon à ma mère pour toutes les fois où on s'est engueulé.
J'ose lever les yeux vers lui et là, c'est la grande incompréhension. Ses lèvres se retrouvent sur les miennes. Elles ne sont pas douces, mais violentes. Il me mord la lèvre inférieure et je gémis de douleur. J'ne suis peut-être pas si maso que ça vu que j'ai mal. Quand il lâche ma bouche enfin pour reprendre son souffle, il me lance : « Personne que moi n'a le droit de te toucher, morveux. ».
Je ne comprends pas. Je suis encore sous le choc du baiser. Eh merde, c'était mon premier baiser. Il a osé voler mon premier baiser.
On arrive au bureau. Je m'apprête à partir en direction d'une station de taxi.
- Tu comptes aller où ?
- Si vous n'avez plus besoin de moi, Monsieur, je souhaite rentrer.
- Je t'ai dit de prendre une tenue de rechange, non ?
- Euh oui monsieur.
-Alors suis moi et pas de question.
Me re voilà dans l'ascenseur en direction de l'étage 33. Le chemin est long et le silence est lourd. Quand la porte s'ouvre enfin, il ouvre un placard et range sa veste. Il prend la mienne qui finit au même endroit.
- Y a qu'un lit, faudra t'y faire. Pose une seule main sur moi et je t'éclate.
Hein ? Quoi ? J'ai mal compris là ? Je dois dormir avec le boss. Je dois dormir dans le même lit que mon fantasme. DIEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU ! Pourquoi me punis-tu de la sorte. Certes, je vais pas à la messe, mais pourquoi m'infliger autant de tentation ? Et pourquoi me menace-t-il de m'éclater alors qu'il m'a volé mon premier baiser ?
Il me fait signe de le suivre et m'indique le côté du lit que j'occuperai. Il se met rapidement en boxer. Je fais de même, mais beaucoup moins vite, ce qui a le chic de l'énerver.
-Mais putain, t'es une vierge ou quoi ? J'aimerais dormir alors magne-toi.
J'ai dû virer au rouge homard. Je l'entends pousser un Tsk. Me voilà en boxer et je glisse le plus rapidement possible sous les draps. Je suis raide comme la justice. Il éteint les lumières et s'allonge de son côté.
Il s'endort rapidement, pendant que moi, je lutte contre mes pulsions primaires. Il m'aura fallu plus de 2h pour pouvoir m'endormir. Je n'osais bouger.
Je ne te raconte pas le lendemain matin le réveil. J'avais l'impression d'avoir couru un marathon. Mes muscles étaient complètement endoloris. D'ailleurs, j'ai encore mal au dos. Je me levais et me préparais rapidement pour cette nouvelle journée. Chose étonnante, le petit-déjeuner était servit. Moi qui pensais m'éclipser discrètement s'était râpé. Il est là sur la console de la cuisine, son regard rivé vers la chambre. À croire qu'il guettait ma réaction du matin.
- Café léger ou corsé ?
- Euh léger, merci.
Il me prépare le café, enfin, il met la capsule dans la senseo. Je m'installe à côté de lui. C'est fou, il ne cesse de me fixer, je sens son regard sur moi, mais je n'ose lever la tête. Le petit-déjeuner se passe dans le silence, seul le pianotement sur le clavier de son portable se fait entendre.
- On fera le point de la soirée ce matin à 9h30. Prends de quoi prendre des notes. Le reste de ta journée sera établi en fonction de la réunion. Dès que t'as finit de manger, débarrasse et va au bureau.
Je me dépêchais donc de terminer et je partis sans demander mon reste. C'est fou, autant moi depuis hier, je suis tout chamboulé, lui par contre, c'était comme si rien ne s'était passé. J'ai d'ailleurs toujours pas compris pourquoi il s'est autant énervé à la réception et surtout l'élément traumatisant de la soirée : pourquoi il m'a embrassé en disant que personne n'avait le droit de me toucher. Je ne sais toujours pas ce que cela voulait dire. Sans compter que c'était mon premier baiser.
Donc me re voilà au bureau. Descendant de l'étage du dessus, je suis plus qu'en avance.
À 9h30 comme prévu, je suis dans le bureau du boss. Petra, et Erd sont présents.
- Bon ben vu que la folle n'est pas disponible, on va commencer. Hier soir lors du gala, j'ai pu discuter avec quelques entreprises de Shingensina. Elles seraient intéressées par un partenariat. Erd, je veux une étude précise sur ce que ces entreprises pourraient nous rapporter en termes financiers sur courts et longs termes. Tu travailleras avec Petra pour la récolte des données. Voilà, c'est tout, vous pouvez retourner à votre poste. Jaeger, toi, tu restes, j'ai deux mots à te dire.
Je me disais bien que mon nom n'avait pas était cité de toute la réunion. Je sentais la sueur perlée dans mon dos. Qu'allait-il me réserver ?
- Eren, qu'est-ce que je vais faire de toi ?
- Comment ça monsieur ?
- Tu m'as foutu dans un sacré merdier. La société immobilière Smith & Cie souhaite entamer une collaboration qui pourrait nous permettre d'économiser 30 % de nos dépenses en immobilier. Mais cet enfoiré d'Erwin ne souhaite négocier qu'avec toi. Donc je suis dans la merde. Apparemment, tu lui as tapé dans l'œil. Vu tes capacités, il va te bouffer en moins d'une minute et les négociations ne mèneront à rien.
À ce moment-là, je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai osé répondre au boss.
- Monsieur, certes, je viens d'arriver dans la société et je ne suis qu'un novice. Mais laissez moi tenter de mener ses négociations. Je saurai faire attention.
- Toi ! Attention, laisse moi rire. Il ne veut qu'une chose, te trouer le cul. Une fois qu'il s'en lassera, il ne voudra plus signer.
- S'il vous plaît, laissez moi faire. Je ferais en sorte que cela n'arrive pas et qu'il signe les négociations. 30 % d'économie dans les frais de gestion, cela n'est pas négligeable.
Il m'a regardé droit dans les yeux. J'avais l'impression qu'il me passait aux rayons X.
- De toute façon, on a besoin de cette économie. Mais je vais être très clair, si jamais je constate que t'es passé à la casserole, je ne réponds plus de rien à ton encontre. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui, Monsieur.
- Le rendez-vous est fixé dans 5 jours. D'ici là, tu vas être briefé par Gunther et Aurouo concernant tous les détails de l'entreprise. Dans une semaine, je ferais le point avec toi. Si tu n'as rien retenu, on annule tout. Ensuite, tu auras une semaine pour t'entraîner à refuser les avances de ce salopard et c'est moi qui vais me charger personnellement de te mettre au pas. Je ne voudrais pas qu'on colporte que mes employés sont des couches partout. Maintenant va me chercher Gunther et Aurouo et ensuite tape le compte-rendu de la réunion. Par contre évite de mettre la fin de la réunion.
Je me suis retiré et je suis allé chercher les deux concernés pour ma formation éclaire. Une fois retourné dans mon bureau, mon cher journal, je me suis écroulé sur mon siège réalisant que j'avais agi sous l'impulsion et que j'avais encore fait une grosse connerie. Je revois encore le grand blond à côté de moi. Je ne vois pas comment lui échapper. Il est plus grand et plus costaud que moi. J'suis sûr qu'il me plaque d'une main. J'en ai des frissons de peur rien que d'y penser. Et le patron qui veut me former à l'éviter. Il pense à s'y prendre comment. Comme pour le baiser. Non mais attend là, je viens de capter, il ne compte pas essayer d'abuser de mon corps jusqu'à ce que j'arrive à le repousser quand même ? Non mais, il a beau être plus petit que moi, je fais comment pour résister alors que je crève de le mettre dans mon lit ou de finir à nouveau dans le siens. Je ne suis vraiment pas net mon journal pour penser à ce genre de chose dans un moment critique.
Bon aller, je finis ma journée du 19. L'après-midi a donc été intense en donner à assimiler. Gunther m'a sorti tout un tas de graphiques sur les données chiffrées de la société. C'est impressionnant les millions que la boîte peut engranger par an. Ma journée, c'est finit à 20h et j'étais tellement crevé par ses dernières 24h que je me suis couché sans venir écrire. J'ai même envoyé balader Mikasa pour une fois. Je sens que ce WE, elle va me faire la fête. Cette nuit là, je rêvais de mon boss et du grand blond. Enfin, je devrais dire, je cauchemardais sur eux. Je me suis senti en plein duel et moi au milieu, un peu comme au moyen âge où il y avait des duels pour avoir la princesse (enfin un truc comme ça).
Le lendemain, la journée d'apprentissage a repris avec Aurouo cette fois. Quand il commence, il ne s'arrête pas. Je n'ai pas eu le temps d'enregistrer la moindre information. Du coup, je me demande si j'étais capable de négocier correctement. La journée s'est finie plus tôt et je suis allé avec les collègues boire un coup, comme c'était prévu. On a super bien rigolé. On a fini dans un karaoké où à tour de rôle, nous avons chanté. Je crois que quand je suis rentré, il devait être 4h du matin. En tout cas là, il est presque 16h. Mikasa n'arrête pas de tambouriner à la porte pour que je sorte de la chambre avant qu'elle ne la démonte et que j'explique mon comportement de ses derniers jours.
C'est donc sur ses derniers mots que je pars affronter mon destin, mon journal adoré. Sache que si je ne devais pas revenir vivant, j'aurais adoré les quelques jours passés avec toi. Souhaite-moi courage.
