Chapitre 5 : négociation 2e partie
30 juin 2012
Désolé, mon journal, je n'ai pas pu te parler à nouveau depuis la dernière fois. Faut dire que Levi ne m'a pas lâché d'une semelle. Je n'en peux plus. Il m'a littéralement obligé à rester chez lui ce matin pour que je récupère, mais aussi pour que je prépare tranquillement ma présentation de projet. Il m'a laissé toutes les infos que j'avais besoin.
Je profite donc d'être tranquille pour te raconter mon week-end. Ça été deux jours sexe non-stop quasiment. Je peux te dire que mon cul ce matin souffre horriblement. Il a pourtant été doux avec moi, mais faut avouer que passer de 0 relation à je ne sais combien en 48h, ben du coup ça fait très mal.
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. J'ai trouvé vraiment bizarre la première fois. Ce ne sont pas ses baisers, ses morsures, ses caresses qui m'ont été bizarres, mais quand il a commencé à entrer dans mon intimité. D'abord avec ses doigts, ensuite avec son sexe.
Note à moi-même : putain pour un type pas très grand qu'est-ce qu'il est bien gaulé.
Cela a été aussi étrange de crier son prénom.
Nous l'avons fait presque dans toutes les pièces. On aurait cru un vampire assoiffé de sexe. Mais à chaque fois avec toute la douceur qu'il pouvait. Lui un homme d'habitude froid et distant.
Il m'a raccompagné jusque devant la maison. Quand il a vu la vieille baraque, il a lâché un Tsk de dégoût. Je me suis retourné et j'ai haussé les épaules dans un signe d'impuissance. Que voulait-il que je lui dise. Nous ne venons pas du même milieu. Au moment de descendre de la voiture, il m'a retenu et me déposa un baiser rapide sur les lèvres.
3 juillet 2012
Désolé, mon journal, il est tard, mais je viens juste de rentrer. Levi a voulu comme tous les soirs que je reste et comme à chaque soir, on est monté à son appartement et on a couché ensemble. Comme à chaque fois, il m'a murmuré à l'oreille : « Tu m'appartiens corps et âme ». Sauf que jusque maintenant, je ne lui ai jamais dit oui. Je lui appartiens peut-être de corps, mais mon âme, elle est à moi. Mon cœur m'appartient. Certes, j'adore notre relation physique. J'en suis même devenu rapidement accro. Je n'ai pas encore eu le temps de parler à Armin.
Demain, c'est le grand jour. J'ai commencé à angoisser toute la journée. J'en ai mal aux tripes. Levi a dû le remarquer, car il a fait attention à moi ce soir comme si j'étais une poupée de cristal. Il agit vraiment bizarrement quand on est que tous les deux que des fois, cela m'effraie.
5 juillet 2012
Que c'est-il passé hier soir ?
Je ne m'en souviens plus.
Pourquoi suis-je nu dans le lit avec Levi alors qu'hier, j'étais en train de discuter avec Monsieur SMITH ? Pourquoi est-ce que je ne me rappelle de rien ?
Mon Cher Journal, j'ai un trou d'au moins 12h dans ma tête.
À côté de moi, Levi semble épuisé et dort profondément.
J'essaye de me souvenir. Je vais retracer toute ma journée. J'ai commencé le matin avec un dernier briefing avec Gunther et Aurouo. Ensuite vers midi, je suis allé à la cantine avec tout le monde. Chacun en a profité pour me donner des conseils.
Ensuite, j'ai passé l'après-midi avec Levi qui m'a rappelé oh combien de fois de faire attention à Erwin, que c'était un manipulateur et tout le tsointsoin. Je suis monté chez lui afin d'aller prendre ma douche et me préparer sous son regard, forcément, il ne voulait pas que j'y aille à moitié débraillé.
Bon petit aparté mon journal, je te le redis, nous ne sortons pas ensemble. Entre lui et moi, c'est n'est que euh, comment te dire, sexuel.
Allez, je reprends mon fil de pensées. Je suis donc parti avec l'une des voitures de la boite et un chauffeur, vu que je n'ai pas encore le permis.
J'avais rendez-vous dans un restaurant chic en haut de la grande tour. J'étais assez mal à l'aise. Quand je suis arrivé, on m'a amené à une table où Erwin était déjà là. J'ai eu peur d'être en retard, mais non en fait, c'était lui qui était en avance. Il avait déjà commandé l'apéritif. Je me rappelle avoir était très stressé. C'est qu'il est imposant comme type. Je comprends pourquoi Levi m'avait répété toute l'après-midi de me méfier de lui.
Il a commencé à me questionner sur mes raisons d'être dans la société et comme Gunther me l'a bien appris, j'ai coupé court au questionnement d'ordre non-professionnel et qui ne répondait pas au but de notre rencontre de ce soir. Cela le fit rire. Nous avons fini par entamer les discussions plus sérieuses tout en sirotant la coupe de kir. On nous a pris les commandes.
Erwin est vraiment dur en négociation. D'ailleurs, je n'ai aucun souvenir de la fin de celle-ci. Tout ce que je me rappelle, c'est qu'on en était au dessert et qu'il me disait qu'il devait réfléchir à l'offre de publicité qu'on pouvait lui offrir. Et là, j'ai commencé à me sentir vraiment pas bien. Je me suis excusé et je suis allé rapidement aux toilettes. J'avais le feu dans le bas-ventre et je sentais une érection alors que rien n'avait était fait pour en arriver dans ce sens. Ma tête me tournait et pourtant, je n'avais bu qu'un apéritif. Il y a eu un bruit derrière et un grand corps qui m'a encerclé de ses bras. La voix, cette voix…
C'était celle d'Erwin. Il me demandait si tout allait bien, que j'avais l'air pâle et il voulait me raccompagner. J'essayais de le repousser, mais j'ai senti mes forces m'abandonner. Il a approché sa bouche de mon oreille et m'a murmuré quelque chose du genre de "ne t'en fait pas, je vais bien m'occuper de toi".
Et là, un grand fracas, mais je n'ai plus la force d'ouvrir les yeux. Je sens que mon corps tombe à terre. Oui à terre, c'est glacé comme le carrelage. Je me mets à gémir tellement mon érection me fait mal. Je sens des bras petits, mais forts me redresser et une voix que je reconnais. C'est Levi. Il a l'air paniqué, mais je sombre dans l'inconscience.
Non mais attend là, je percute, Erwin a essayé d'abuser de moi dans les toilettes d'un restaurant !
Je me revois rouvrir les yeux à plusieurs reprises et j'entends de nouveaux Levi, qui ne me lâche pas. Il me dit de m'accrocher, que bientôt, on sera à la maison, que tout est fini, que l'autre connard ne m'approchera plus jamais. Il s'excuse même de m'avoir jeté en pâté au loup.
Je reperds conscience et je me réveille plus tard allongé sur le lit. La douleur de mon entrejambe est insupportable.
Oui, je me rappelle, Levi me déshabillait rapidement et quand il a vu l'état d'excitation de mon sexe, il m'a demandé ce que j'avais bu durant la soirée. Je lui répétais que de l'eau et rien d'autre. Puis d'un coup, je m'étais rappelé du kir qui avait été servit avant mon arrivé.
Oui tout me revient maintenant.
Levi m'a annoncé que j'avais été bel et bien drogué et que mon état d'excitation allait durer plusieurs heures. Je me suis mis à pleurer, car je souffrais et que je n'allais pas pouvoir tenir comme ça longtemps.
Il s'est rapproché de mon oreille et m'a dit qu'il n'allait pas me laisser comme ça.
Oh mon dieu, Levi a passé la nuit à essayer de me soulager pour ne pas que je devienne fou. Il a pris avec ses mains mon sexe pour le masturber. Il a aussi utilisé sa bouche à plusieurs reprises et surtout, je m'en souviens vaguement, mais j'en suis sur, il s'est empalé sur moi de nombreuses fois. Levi a passé la nuit à me faire l'amour alors que je n'étais qu'à moitié conscient de ce qu'il se passait. À chaque fois qu'il le faisait, il s'excusait. Maintenant, il dort, complètement épuisé par cette nuit blanche.
Je m'en veux, car je n'ai pas été assez prudent. Mes larmes coulent. Je suis vraiment qu'un raté.
J'entends le froissement des draps. Je relève la tête et je le vois. Il me fixe de ses yeux endormis encore.
- Comment te sens-tu, Eren ?
- Je suis désolé. Je ne me sens pas bien du tout.
- Tsk. T'as pas à t'excuser. C'est de la faute de l'autre connard. Ne t'en fais pas, je vais régler ça rapidement. Rallonge-toi pour le moment et repose-toi.
Je n'osais pas trop lui désobéir et je me suis recouché la boule au ventre. Je sens son corps se coller à moi et ses bras m'entourent. Il dépose un baiser dans mon cou. Je me sens mieux, comme rassuré et je me rendors.
C'est le milieu de l'après-midi quand je me réveille à nouveau. La place à côté de moi est vide et froide. Je me lève péniblement. Mes muscles me font horriblement souffrir, sans compter de ma tête qui va exploser. Je me dirige vers la douche en titubant et je vais prendre une douche. Non que je me sente chez moi, mais je me sens sale.
J'allume l'eau chaude et je rentre dedans. Mes jambes ne me portent malheureusement pas longtemps et je m'écroule dans la douche. J'entends des pas derrière moi.
- Bordel ! Qu'est-ce que tu fais Eren ? Tu aurais dû m'appeler. Tu ne peux pas marcher seul pour le moment. Tu as eu une sacrée dose de drogue dans le sang.
Je ne lui réponds pas, mes yeux pleurent à nouveau, je me sens si épuisé. Il coupe l'eau et m'aide à me redresser. Je tente de le repousser, mais le manque de force est trop important pour résister. Il glisse un de ses bras sous mon épaule et m'emmène plus loin dans la salle de bains. Je remarque là une baignoire. Il me porte et me dépose dedans. Il fait couler de l'eau chaude. Je me tourne vers son visage. Ses yeux n'expriment rien du tout comme à chaque fois. Il sait rester maître de ses sentiments. Je lui demanderai un jour de m'apprendre à contrôler mes émotions. Je me sens bien là et je sens ses mains me laver mon corps. Je ferme les yeux….
5 juillet 2012
Putain de merde, je vais le buter dès qu'Eren ira mieux. Comment a-t-il pu seulement lui faire ça. Je n'aurais pas dû le laisser y aller. J'aurais dû écouter mon instinct qui me soufflait prudence.
Maintenant, Eren est allongé nu dans mon lit. La drogue se dissipe lentement. Mike doit passer dans l'après-midi pour voir comment il va. Je suis épuisé quand je repense à cette soirée.
J'ai laissé Eren y aller seul certes, mais je n'ai pas pu m'empêcher de le suivre avec Erd. Nous avons pris une table un peu en décalé. Je vois Eren et Erwin qui ont l'air de discuter. Eren a l'air de se braquer. Je le vois serrer un poing sous la table. Si jamais ce salop essaye quoique ce soit je le pulvérise. Erd me dit de garder mon calme. Mais comment garder mon calme quand on connaît le prédateur qu'est l'autre enflure.
Je laisse le soin à Erd de commander, moi, je n'ai pas le temps, je dois les surveiller.
Pour le moment tout à l'air de bien se passer. Mais je n'aime pas cette lueur dans le regard d'Erwin.
Bâtard, qu'est-ce que tu prépares comme sale coup ?
Soudain, j'aperçois Eren qui se lève et chancelle. Il se dirige vers les toilettes. Erwin se lève à son tour. Je ne peux plus attendre plus. Je me lève et part en direction des toilettes, suivit de près par Erd. J'ouvre la porte en grand et je vois Erwin qui a glissé ses mains sous les vêtements d'Eren. Mon sang ne fit qu'une tour. Je pousse violemment l'ordure loin d'Eren qui tombe à terre. Je me précipite sur ce dernier. Ses yeux sont fermés, son corps est brûlant. Il gémit. Je sens son érection évidente. Je tourne la tête vers Erwin qui est maintenu par Erd.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ordure ?
- Moi rien voyons. Ce n'est pas de ma faute s'il accepte tout et n'importe quoi. Je me doutais bien que tu ne sois pas très loin pour veiller sur lui. Sinon tu aurais annulé le rendez vous. Au fait, c'est un sacré négociateur. Il a failli vraiment me convaincre. Il est vraiment intéressant….
- Ta gueule ! Je ne veux plus jamais entendre ta voix. Erd occupe toi de lui et règle l'addition. Je ramène Eren à l'appartement. On se retrouve demain fin de matinée.
- Pas de problème, patron.
Je porte Eren, dans mes bras. Il est si fragile. Je me glisse avec lui dans la voiture. Je demande au chauffeur de faire vite. Le gamin continu de gémir. Il sert les dents, il a mal. Je pense savoir quelle drogue il a utilisé. Le pauvre, il va passer la pire nuit de sa vie. J'espère qu'il tiendra le coup. Je vais devoir, l'aider et le soulager durant les prochaines heures pour ne pas qu'il pète un câble. Tout le long du trajet, je lui parle, même s'il ne m'écoute pas. Je le rassure, je l'embrasse sur le front, la joue. Je n'ose saisir ses lèvres. Je m'en veux et le tiens dans mes bras tout le long du trajet qui paraît si long.
Quand on arrive, je me dépêche de prendre l'ascenseur et je file à la maison. Il commence à s'agiter. Je le dépose délicatement sur le lit. Il ouvre péniblement les yeux, mais ses yeux sont vides pour une fois.
- Eren. Est-ce que tu m'entends gamin ? Tiens le coup, ça va aller. Je vais m'occuper de toi.
Et là, je vois une scène sortie de l'irréel, il s'agite violemment à ses paroles. Mais bordel, qu'est-ce qui a pus lui dire l'autre connard pour qu'il réagisse ainsi.
Je n'ai pas le choix. Je le plaque au lit essayant de le calmer. Je l'embrasse près de l'oreille et je lui murmure sans cesse : « Eren, c'est moi Levi ».
Il me faut 10 bonnes minutes pour le calmer. Quand enfin, il se calme, il sert les dents. Son érection et trop compressée. Je n'ai pas de solution que de le déshabiller. Je n'aime pas faire ça quand il n'est pas maître de lui. Mais si je ne le fais pas, pas sûr que je le retrouve demain en un morceau.
Son sexe se tend au maximum. Du liquide s'en écoule déjà un peu. Je le prends dans mes mains et je le masturbe afin que la pression se relâche rapidement. Il jouit une première fois, mais rapidement son érection recommence. Putain de drogue.
Je me rends à la salle de bains où je me déshabille et je prends quelques serviettes. Je sens que je vais en avoir besoin. Je retourne près de lui et je vois que la tension est de nouveau intenable pour lui. Je soupire en pensant aux souffrances qu'il doit ressentir, car là, ce n'est pas du bonheur, mais de la douleur à l'état pur. Cette fois, je prends son sexe dans ma bouche. Il se cambre, mais je le maintiens avec les mains. Je ne veux pas qu'il se fasse mal en cas de réactions non contrôlées. Je l'entends m'appeler. Oui, il prononce mon nom. Il me demande de l'aide. Je ne lui fais pas dire deux fois. J'avale son sexe jusqu'à la garde. Ma langue en fait, le tour pendant que ma bouche fait de long va et vient. Je le sens qu'il va bientôt jouir à nouveau, mais je ne me retire pas. Cela sera ma punition pour l'avoir abandonné. Il se lâche dans ma bouche. J'ai du mal à avaler tellement c'est amer. Mais je le fais quand même.
Moins d'une demi-heure plus tard, le re voilà au bord de la souffrance. J'ai profité de l'accalmie pour me soulager moi-même, car même si j'ai peur pour lui, mon corps réagit autrement. Je me suis préparé pour la suite des événements. Quand revient le moment de le soulager pour la 3e fois, je m'empale sur lui. Je me dégoûte de lui faire subir tout ça. Cela faisait vraiment longtemps que je ne m'étais pas laissé pénétrer et c'est dur. Mais pas le temps d'attendre, je dois le faire jouir rapidement pour que la tension retombe.
La nuit est très longue. J'ai l'impression que les heures ne passent pas et surtout que les crises d'Eren durent. Entre deux crises, j'ai appelé Mike, un pote et médecin. Il me confirme que vu la description des symptômes, c'est une drogue. Je lui demande de passer en fin de matinée, car je m'inquiète pour le petit.
Il est 5h du matin quand Eren se calme enfin. Je m'effondre à côté de lui et je ne tarde pas à tomber dans un sommeil très agité.
Je l'entends bouger à côté de moi. Je me redresse. Je suis vraiment inquiet. Il ne se souvient de rien apparemment vu son regard. Puis d'un coup ça doit lui revenir et son visage se crispe sous l'horreur de la nuit passée. Comment le blâmer. Je lui demande de se rallonger. Il me regarde et obéit sans broncher. Oh Eren, qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Je me colle à lui et je le sers dans mes bras. Il se rendort rapidement. J'attends un moment comme ça avant de me lever. Il est bientôt 11h et Mike doit venir.
Il ne tarde pas. Il me regarde et plisse le nez. Il me sermonne sur mon propre état, mais je balaie ma santé d'une main et lui montre le lit où se trouve Eren. Il s'y dirige et me dit de rester dans le salon. Je tourne en rond pendant plus d'un quart d'heure. Quand enfin la porte s'ouvre, je me jette littéralement à son col.
- Du calme Levi où je sors une aiguille pour toi aussi.
- Alors qu'est-ce qu'il a ?
- Il est fatigué. La drogue a du mal à s'évacuer. Il en a peut-être encore pour 24h. Je lui ai fait une prise de sang pour voir si je trouve tous les composants. Mais dit voir ce ne serait pas Erwin derrière tout ça ?
- Oui, c'est ce connard.
- Tu as l'air de tenir énormément à ce gamin.
- Tsk.
- Écoute, je repasse lundi. D'ici là, il ne doit pas bouger de là et encore moins se déplacer seul. Si jamais tu sens que cela s'aggrave, appelle-moi et je le ferais hospitaliser.
- Merci
- Pas de quoi. Je te dois bien ça.
Il partit rapidement, car sa copine Nanaba l'attend en bas. Peu de temps après Erd fait son entrée. Il me raconte ce qui s'est passé après mon départ. Je le remercie pour son aide. Je lui donne des nouvelles d'Eren. Il ne reste pas longtemps et rentre chez lui.
Je décide de faire le ménage histoire de m'occuper l'esprit, le temps que le gamin se réveille à nouveau.
Il est presque 15h quand je l'entends se lever. Merde le sol n'est pas encore sec et donc je ne peux pas le rejoindre pour le stopper. Et si je l'appelle en lui gueulant dessus, il risque de prendre peur. J'entends le bruit de la douche et le bruit d'une chute. Et voilà pourquoi il ne devait pas se lever. Je sais qu'il doit se sentir sale, mais il doit rester calme.
Je me précipite à la salle de bains et je le saisis. Je le conduis vers la baignoire. Elle sert tellement peu souvent qu'elle est comme neuve. Je le glisse dedans et je fais couler de l'eau chaude. Il est si fragile avec ce visage que j'ai qu'une envie : le protéger ou même le surprotéger. Je prends un gant et le gel douche et je commence à le nettoyer doucement. Il se détend et ferme, les yeux. Je lui parle doucement à son oreille.
- Ça va mieux ?
- Hum.
- Écoute, j'ai dû faire venir le médecin tout à l'heure.
Je le sens se raidir aussitôt. Il veut se débattre, mais je l'en empêche.
- Eren écoute moi bordel jusqu'à la fin. C'est un ami à moi. Il veut que tu te reposes pendant deux jours au moins. Il repassera ici lundi. Ne t'en fais pas, tu peux lui faire confiance. Tu n'es responsable de rien.
- Je n'ai pas été assez vigilant. J'aurais jamais dû boire le verre de kir qui était là avant mon arrivé. J'suis vraiment désolé. Résultat la société n'aura pas la négociation.
- Putain Eren. Ne pense pas à ça. Un connard t'a drogué pour te violer et toi tout ce qui t'emmerde, c'est l'échec. Ne t'en fais pas, tu n'as pas échoué. Avant qu'on lui arrange le portrait, il nous a avoués que tu avais super bien négocié. Donc maintenant ne pense qu'à une chose, te reposer et te remettre de cette épreuve. Jusque lundi tu resteras ici. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui.
Je me suis peut-être un peu emporté contre lui, mais il n'est pas croyable comme gosse. Tout ce qui l'inquiète, c'est le boulot. Je ne pensais pas qu'il voulait autant s'investir dans la société. Dans un sens, ça me fait chaud au cœur.
Une fois lavé et rincé, je l'aide à se sécher et je lui ramène un de mes boxers. Malgré notre différence de taille, il rentre très bien dedans. Je l'emmène jusqu'au canapé. Je fais un plateau télé et je m'installe à côté de lui. On ne parle pas. On se regarde un film. Au bout d'une demi-heure, je le sens glisser contre moi. Il s'endort à nouveau. Je ne veux pas le bouger, alors on reste comme ça et je finis à mon tour par m'endormir.
