Playlist de la semaine :
Et je taille ma route,
plus rien ne me dégoûte
Pousser par mon instinct,
je trace ma vie à grands coups de fusain
Mano Solo, Des pays
IV. Cyrus. Des choses à prouver
Quand j'ai eu surmonté ma colère en sortant de la Fondation – une colère avant tout contre moi-même, j'ai su une chose : je n'arriverai pas à tourner la page, à retourner les voir, sans avoir accompli quelque chose qui me paraisse un peu atténuer l'impression que je n'étais encore et toujours qu'un môme incapable de régler ses problèmes, d'éviter les pièges et de causer des soucis à son entourage.
« Tu veux inventer un antidote qu'on donnerait systématiquement en prévention à toutes les soirées ? », m'a questionné Ginny, quand je lui ai fait part de ma décision.
Elle était à moitié endormie sur le canapé, maintenant qu'elle était durablement convaincue que je n'allais pas finir à Azkaban dans les heures qui allaient venir. Elle avait passé la journée à imaginer le pire et s'était faite copieusement engueulée pour être arrivée en retard à l'entraînement. Tout ça à cause de moi. Moi, j'étais debout, je regardais les voitures moldues de plus en plus rares passer dans la rue. Le sommeil me paraissait encore une chose lointaine tant je sentais encore mon sang bouillir de colère rétrospective. J'ai haussé les épaules.
« Déjà, je veux savoir comment on en est venu à m'accuser moi... et si ces potions qui circulent sont aussi dangereuses que Drago l'a laissé entendre », j'ai réfléchi à haute voix.
« Cyrus, tu ne crois pas que tu devrais te faire tout petit, au contraire ? »
« Mais je n'ai rien de spécial à me reprocher ! », j'ai protesté. « Ce sont ceux qui distribuent des potions frelatées qui devraient avoir des ennuis ! »
Elle a eu un rire fataliste.
« Excuse-moi mais Cyrus Lupin en indic de la Police, ça me paraît... »
« Les Policiers risquent pas de me revoir », je lui ai assuré. « Pas après la manière dont ils m'ont traité ! Si je trouve un truc, je le filerai aux Aurors ! »
« A ta mère ? »
« Non », j'ai rapidement écarté la possibilité. « Elle n'a pas besoin de ça... Je pensais plutôt à un jeune Auror qui a très envie de faire ses preuves... »
« Ron ? », Gin avait l'air plus éveillée quand elle a posé la question. « Tu veux faire bosser Drago et Ron ensemble ? Je veux voir ça ! »
C'était plus une intuition qu'un vrai plan, j'étais prêt à le reconnaître – sauf que seule Ginny était au courant et qu'elle avait eu la délicatesse de ne pas trop insister sur ce point. Mais je me suis réveillé le lendemain matin accroché à cette idée. Je suis donc allé à l'Université bien avant mes cours, décidé à mesurer ce que je pourrais glaner sur le sujet des potions frelatées. Comme je l'anticipais un peu, la nouvelle de mon accusation était une rumeur assez bien établie bien que ma simple apparition ne lui rendît pas service.
« Oh, Cyrus, tu es là - certains disaient que tu allais être inquiété à cause de l'intoxication d'Ackerley », m'a tout de suite expliqué Luna Lovegood à la cafeteria que partagent le Département d'Arithmancie et celui de Potions dans le bâtiment des Matières magiques fondamentales.
« La potion que j'ai distribuée à la fête n'a pas grand chose en commun avec ce qui l'a rendu malade », je lui ai simplement indiqué – pas la peine de parler d'une amende qui ne devait pas laisser de traces écrites, normalement. Même mon coffre ne verrait pas la différence.
« Les policiers sont venus ici hier après-midi », elle m'a raconté avec une sincère excitation. « Ils ont interrogé tout le monde sur la fête – même pris le nom et l'adresse des absents. »
« Et ? »
« Oh, tu les connais, ils sont paranoïaques ! A les entendre, il existe des réseaux constitués qui proposent des potions interdites contre monnaie trébuchante», s'est moquée Luna, et je n'ai pas relevé que si l'idée du complot avait pris naissance dans le journal de son père, elle tiendrait une autre position. Luna restait la meilleure copine de Gin, fallait pas jouer avec le feu.
« Toi, tu ne le crois pas ? », j'ai donc simplement souligné.
« Cyrus, on traîne ici toi et moi depuis autant de temps ! On t'a déjà proposé des potions interdites ? »
« Non, enfin, jamais en me proposant de les acheter », je précise en baissant instinctivement la voix. « Mais Drago Black m'a laissé entendre que ça existait... »
Luna a eu l'air rêveuse.
« Tu crois que les Policiers pourraient avoir raison ? Tu crois que Ackerley pourrait avoir acheté une de ces potions et être tombé malade à cause de ça ? »
Il y avait de l'excitation dans sa voix, et je me suis dit que le Chicaneur allait trop vite publier des choses là-dessus.
« J'en sais rien », j'ai donc soupiré, histoire de ne pas alimenter le feu constant de son imagination. « Mais je voudrais bien rencontrer les potes d'Ackerley qui ont dit aux Policiers que j'avais distribué une potion à la fête... »
Ma diversion a mieux marché que je n'aurais osé l'espérer.
« Cette potion, Cyrus, tu peux en refaire ? », elle a chuchoté.
« Il me manque pas mal d'ingrédients », j'ai répondu – et aussi un lieu adéquat pour la préparer, je garde pour moi.
«Je vais demander à mon père s'il compte aller bientôt au Brésil », a continué Luna avant de se rendre compte de l'heure. « Oh, mon cours de runes va commencer ! On se voit plus tard ?»
Quand je rejoins à mon tour mon séminaire de recherches de terrain, la question de la potion se pose différemment. Avinash Maninder, qui veut qu'on voie en lui "un animateur et non un professeur", en fait le sujet introductif de sa séance, en me demandant de confirmer l'accusation contre moi venue jusqu'à ses oreilles. Je décide de ne pas mentir.
« Cyrus, mettre du matériel de recherches entre les mains de la Police !», il s'emporte en réponse, sans un seul regret apparent pour le mal qu'il fait à sa réputation d'homme de sang froid. Tout le monde sursaute. « Des affaires comme celle-là risque d'augmenter les velléités de contrôle du Ministère sur nos travaux ! »
« Ils ne connaissaient pas la moitié des ingrédients », je reconnais sans trop voir comment s'articule son raisonnement.
« Exactement. Maintenant vous leur donnez des fragments de connaissances, sans qu'il y ait eu étude sérieuse et publications. Il y a de grandes chances que le Département de la Régulation magique en interdise expressément l'importation, et de facto l'étude scientifique. Cela laisse plus de chances à nos collègues étrangers », il continue, et je dois me retenir de lever les yeux au ciel. Comme si je m'inquiétais vraiment de la concurrence académique à ce stade !
« Et plus encore, à des laboratoires privés, qui sauront mieux que nous contourner l'interdiction, voire obtiendront une dérogation sous couvert de recherches secrètes », continue Maninder sans même s'arrêter. « Et croyez-vous qu'ils prendront la peine d'indiquer d'où leur est venue leur inspiration ? »
La fameuse question de la propriété des découvertes magiques, de la rémunération des usages traditionnels... - ma marraine, Aesthelia Da Silva, y consacre sa vie et avec l'aide de la Fondation quand besoin est. Je suis plus que sensibilisé au problème et, si besoin était, mes études d'ethnomagie auraient fini de le faire. Il paraît bien écrit quelque part que je n'échapperais pas à une seule des conséquences de ce qui voulait être un amusement. Semblant lire dans mes yeux qu'il m'avait amené là où il l'espérait, Maninder conclut avec un sourire.
« Il faut publier, Cyrus. Il faut publier de toute urgence ce que vous savez sur cette potion, ses ingrédients, leurs effets... Il faut le faire avant que d'autres ne le fassent avec des intentions mercantiles ! »
« Mais je devais me concentrer sur la formation des chamans », je lui rappelle.
« Il me semble que ceci peut attendre. S'il le faut, je vous aiderai », il ajoute.
« Eh bien, en voilà un plan », s'enthousiasme Ginny quand je lui raconte. « Ton père va adorer que tu aies une publication scientifique, sans parler de Rogue si ça parle de potions ! »
« Sauf que les policiers ont embarqué tous mes échantillons comme mon journal de potions et que je n'ai plus que la moitié des ingrédients ! », je lui rappelle sombrement.
« Et il en dit quoi, Maninder ? »
« Il a dressé la liste des ingrédients manquants et cherche de son côté... Le fait est que Aesthelia doit venir dans quelques semaines et qu'ils lui laisseront peut-être amener ce qu'il faut », je développe en grimaçant en pensant à la réaction de ma marraine quand elle saurait que j'amusais les soirées avec des potions d'initiation. Mais au point où j'en suis, ce n'est pas une engueulade de plus qui me fera mourir ! « En attendant, il me dit de reprendre mes notes, que ça sera une bonne base, surtout maintenant que j'ai préparé une première fois la potion », je soupire parce que la mise en ordre de mes notes n'est pas ce que je préfère dans la recherche.
« Et tu attends quoi ? », questionne Ginny les deux mains sur les hanches.
Nous dînons très vite ce soir-là pour nous mettre de concert à la retranscription de tout ce qui dans mes journaux de terrain à trait à cette potion, son utilisation, son histoire, ses ingrédients. Ginny m'aide et sa longue pratique de mon écriture est bien utile. Vers minuit, nous pouvons établir un premier inventaire : j'ai, pour la moitié des ingrédients, une description botanique quasi-complète; j'ai aussi trois récits initiatiques décrivant les effets attendus ; et j'ai enfin la recette expliquée par un chaman assez précisément. Si je la compare avec mes notes durant la fabrication, il n'y a pas beaucoup de contradictions. Est-ce assez pour une publication scientifique, je me demande en m'endormant.
Oo
Pour ne pas déparer du reste de la semaine, le jeudi matin nous amène Ron à l'heure du petit déjeuner. Une chance, cette fois, on était debout tous les deux, et c'est même moi qui ouvre la porte.
« Rien de grave ? », s'inquiète immédiatement Ginny quand elle reconnaît son frère. « Papa et Maman vont bien ? »
« Mais oui ! Je ne les vois pas aller mal avant que nous leur ayons tous donner des petits-enfants », son frère écarte le sujet d'une phrase. « En plus, j'étais de garde cette nuit et donc, même s'ils étaient malades, je ne vois pas comment je le saurais ! Je passe avant d'aller m'effondrer dans mon lit parce que, juste avant la fin de mon service, une fille est arrivée en pleurs à la Division. Du coup, j'ai eu la nouvelle en direct, sans doute même avant ta mère, Cyrus ! »
« La nouvelle ? », je répète stupidement, mais carrément inquiet maintenant du rythme de circulation de mon nom dans les bureaux du Ministère. Ils n'ont pas déjà assez de Lupin à s'occuper ?
« Les Policiers ont trouvé qui a empoisonné Ackerley ! En fait, la fille est venue se livrer elle-même à l'aube pour sauver son amooooour ! », raconte Ron en se marrant ouvertement et en soufflant sur la tasse de café brûlant que vient de lui tendre sa soeur.
Une seconde, Ginny craint comme moi qu'une quelconque stupide minette veuille déclarer son attachement pour moi, je le lis dans ses yeux. Sans être courant, on a déjà eu elle et moi à gérer des amoureux transis plus ou moins encombrants. Celle-là aurait le titre de la plus embarrassante battant à plate de couture le pauvre gars qui avait menacé de faire une grève de la faim quand Ginny n'avait pas été sélectionnée dans l'équipe en titre en septembre dernier. Il avait tenu douze heures seulement - un amateur.
« Elle s'appelle Kimberley je-sais-plus-quoi, une Australienne, en potions avec Ackerley... ça doit pas être une flèche, elle lui avait préparé un philtre d'amour », se marre encore Ron, loin de nos soucis de couple. « Si j'ai bien tout compris, elle a utilisé une recette aborigène, mais un ingrédient lui a manqué, et elle a voulu le remplacer par un autre... On connaît la suite ! »
« Un philtre d'amour ? », répète Gin, incrédule, alors que moi, je me dis que Maninder trouverait des tonnes de choses à dire sur le détournement et la mal-adaptation d'une potion aborigène.
« Quand je suis parti, le labo de Sainte-Mangouste se mettait à l'antidote », nous informe Ron avec un bâillement. « Vu l'état d'Ackerley, il était question de demander de l'aide à un professeur spécialisé en potions exotique, un Indien... Man quelque chose... »
« Maninder ? », je propose.
« Voilà, voire à Rogue si le premier refuse ! »
Je repense au policier qui avait fait des études de potions et je me dis que si c'est lui qui se retrouve face à Severus, qui a bien dû être son professeur, il va passer un sale quart d'heure. A deuxième réflexion si Avinash Maninder accepte la mission, ça risque fort de ne pas totalement coller non plus entre eux.
« Bon, te voilà hors de cause, Cyrus ! », se félicite Gin, pragmatique.
« Je l'étais déjà avant ! », je lui rappelle sourcilleux.
« Mais comme ça, plus besoin de mener ta petite enquête ! »
« La question dépasse Ackerley et sa copine », j'estime. « C'est important de savoir s'il existe des réseaux qui commercialisent des potions interdites, non ? »
« Tu parles de ce qu'a dit Malefoy-Black ? », intervient Ron qui n'a jamais réussi à avaler le changement de patronyme. Devant mon regard inquisiteur, il explique : « J'ai lu son interrogatoire... vu que le tien a été détruit ! »
« Pas seulement », je marmonne, gêné de la référence à l'intervention de Mãe, mais aussi de ne pas avoir pensé plus tôt à aller confronter Drago, plutôt que d'ajouter aux rumeurs en discutant avec Luna au milieu de la cafétéria. « Cet après-midi, je vais bosser à la Fondation, j'essaierai de savoir s'il en sait plus ou s'il a brodé pour me tirer des griffes de la Police ! »
« Si tu as une piste... », propose Ron, avec une certaine excitation.
« Je n'irais pas plus loin sans quelqu'un qui sait ce qu'il fait à mes côtés », je promets.
Ça me vaut un sourire de Ginny, c'est déjà ça.
Ooo
Quand Michael ouvre la porte de la Fondation, j'ai la vague impression qu'il vérifie plus que d'habitude si je ne suis pas suivi. Je ravale toutes les remarques cinglantes qui pourraient me venir. Si humilité vaut maturité, je devrais gagner des points.
« Thaddeus n'était pas sûr que tu viendrais », il commente, encouragé par mon silence. « Mais le professeur Lupin a dit qu'il ne voyait pas de raisons pour lesquelles tu n'assurerais pas tes cours. »
« Et le professeur Lupin a souvent raison », je souris. Comme c'est son tour de se taire, je développe : « Sauf si vous ne voulez plus de moi ici... »
« Les enfants t'aiment beaucoup, Cyrus », explique simplement le lycanthrope, et les compliments sont tellement rares dans sa bouche que je ne sais que répondre. « Et il faut que Baldric et Haydée entrent à Poudlard en septembre », il ajoute plus durement.
Le fait que le Ministère se soit opposé, à la rentrée dernière, à l'inscription du petit Edwin, comme à celle de tous les enfants garous qui auraient pu entrer à Poudlard avant lui, a été un coup dur pour toute la Fondation, même si beaucoup l'anticipaient.
Edwin n'a pas réussi le TOMATE (Test Obligatoire de Magie et Aptitude Théorique à l'Education), réclamé aux "créatures partiellement humaines et douées de magie" et visant à vérifier que les candidats disposent d'un contrôle étendu de leurs pouvoirs naturels et une connaissance des bases théoriques de la magie. Le TOMATE est une initiative de Scrimgeour en réponse aux pressions de gens comme le docteur Goodwill au Registre ou Papa ,voulant ouvrir plus largement les portes de Poudlard. Pour faire passer la pilule, le Ministère a argué que des enfants atteints de lycanthropie allaient être amenés à manquer des cours et que seul un bon niveau de départ leur permettrait de réussir leur scolarité malgré ce handicap. Pour rassurer les réticents, le niveau du TOMATE a été fixé suffisamment haut que, si tous les futurs élèves de Poudlard le passaient, on pourrait fermer des dortoirs. Je pense qu'Archi en fin de première année, ne l'aurait pas eu par exemple.
Malgré toute l'amertume qu'il peut ressentir devant ce constat, Papa a continué de refuser d'envisager une scolarité cachée comme celle qu'il a pu suivre.
"S'ils entrent à Poudlard, ce sera sans secret, sans mensonge, en pleine reconnaissance de leur condition et de leurs besoins", répète-t-il à chaque fois et quel que soit son interlocuteur.
Cette position non négociable a failli faire fuir Tanner, le père de Baldric et Rosabel, fonctionnaire au Ministère. Il avait réussi à cacher la condition de ses enfants jusque-là justement pour leur ouvrir les portes de Poudlard :
"Et vous, Lupin, vous, vous me demandez de les refermer ?"
Mais Papa a tenu bon et répété que le Fondation continuerait à former tous ceux qui n'iraient pas à Poudlard, qu'il était mieux de rester dans ce cadre-là que de passer sept années dans le mensonge à faire courir les pires risques à tout le monde.
"Et croyez-moi, je parle d'expérience", il concluait à chaque fois.
Moi, je savais qu'il parlait de cette nuit dans le souterrain qui mène à la Cabane hurlante où Sirius avait jeté par pure inconscience Severus face à lui, et je n'arrivais pas à savoir quoi lui dire. Il n'était pas question de porter une culpabilité que nul ne m'assignait, mais je savais trop de choses pour être totalement neutre. Est-ce que les remords de Sirius changeaient quoi que ce soit ?
Reste le désir intense de passer cette barrière symbolique de Poudlard. Tous les espoirs de la Fondation sont maintenant portés par Baldric et Haydée, avec raison je dois dire. On a fait plus pour réveiller leurs pouvoirs et leur contrôle que la plupart des familles sorcières, sans parler des enfants nés dans des familles moldues. Mais tant que le Ministère ne les a pas autorisés, personne ne veut y croire. Même pas eux d'ailleurs, je crois, et c'est sans doute tant mieux.
« Moi, j'y crois », je murmure ,un peu intimidé par l'ampleur de la revanche espérée.
Michael est le premier garou formé par la Fondation et il est devenu son premier employé. Il n'a pas le droit officiellement d'avoir une baguette, réservée aux garous éduqués alors que le Ministère désapprouve systématiquement leur candidature à cette éducation. L'entrée de Baldric ou Haydée serait aussi sa victoire. Mais loin de faire un discours enflammé sur la revanche historique, il hoche simplement la tête comme si la question ne méritait pas plus de mot et souffle en se détournant.
« Ils t'attendent. »
Je n'ai pas que trois élèves, ne rêvez pas. Grâce à l'intolérance persistante du Ministère, j'ai toujours Edwin, qui s'intéresse beaucoup aux plantes en général et, du coup, n'est pas trop mauvais en potions quand il prend la peine de lire les instructions. Sans droit officiel de posséder une baguette, il restera sans doute loin des emplois magiques les plus rémunérateurs, mais des connaissances solides en potions pourront l'aider à trouver une place de jardinier ou de ramasseur de plantes pour un herboriste. Baldric, le premier nouveau candidat pour Poudlard, n'adore pas les potions – il aimera sans doute la métamorphose et la défense quand il aura le droit d'essayer une baguette, je le sens comme ça. Mais je le fais rire, et il fait des efforts pour moi, je le sais. Quant à Haydée, c'est une petite fille tellement ordonnée, disciplinée et timide que les potions ont l'air d'avoir été inventées pour elle. S'ajoutent à ces trois-là, mes deux débutants qui pour l'instant regardent plus qu'ils n'agissent – Rosabel, sœur de Baldric, et Virgil, le dernier frère d'Edwin et Gabriel qui a l'âge des jumeaux. Quand j'arrive, ils sont en train de faire des dessins sur le tableau, et les plus petits se jettent à mon cou en me voyant. Des gosses, tous autant qu'ils sont.
« Désolé, mais la séance de dessins est terminée », j'annonce avec un sourire, et Haydée, sans surprise, efface le tableau avant que je ne le demande.
« On va faire une potion ? », veut savoir Rosabel.
« Oui, quelque chose qui ressemble à ce qu'on a travaillé depuis trois semaines, c'est-à-dire ? », je questionne tranquillement en sortant trois foyers de l'armoire et en les tendant aux mômes pour qu'ils les installent.
« Infusion, repos, filtrage », récite Haydée de sa petite voix de souris.
« Et ça, c'est la base de quoi ? », je continue en sortant maintenant les chaudrons.
« Une base végétale est celle qui porte le mieux les... actifs qui soignent », s'essaie Edwin.
« Presque, ça s'appelle comment, Baldric ? », j'insiste auprès de mon élève le moins motivé – Remus ferait ça, je le sais.
« Les principes actifs ? », il balbutie, le pauvre, mais il a une bonne mémoire.
« C'est ça», je le félicite. « On dit comme ça parce qu'ils ne font pas que soigner même si pour l'instant on a vu que des actifs qui soignent », j'explique en sélectionnant dans des paniers les feuilles de camomille séchée qui vont porter la potion d'aujourd'hui. Je les donne au petit Virgil pour qu'il les distribue.
« On va mettre Rosabel avec Haydée, Virgil avec Baldric et Edwin tout seul. J'aide tout le monde », j'indique encore. « Je veux des feuilles émincées, vous vous rappelez ? »
Ils hochent la tête et s'appliquent pendant que l'eau bout dans les chaudrons. Ils baissent sans que j'ai à le dire le feu sous les chaudrons quand ils y ont jeté les feuilles. Haydée se rappelle qu'il ne faut pas tourner tout de suite. Puis Rosabel et Virgil sont autorisés à tourner le mélange lentement dix-sept fois. C'est Edwin qui mesure pour tout le monde les dix minutes de repos – temps que j'utilise pour réviser avec eux les différentes parties utilisables de la camomille. Ensuite c'est moi qui verse le contenu sur les filtres – aucune envie qu'un d'eux s'ébouillante !
« Et on va en faire quoi ? », questionne Edwin.
« J'ai deux potions à mon programme avant qu'on essaie un processus un peu plus complexe, j'explique. « Une rigolote, l'autre utile. Vous préférez quoi en premier ? »
« La rigolote ! », ils crient en chœur, les plus raisonnables choisissant le silence.
Une fois de plus, je les adore.
oooo
Quand ils partent goûter, chacun les cheveux colorés pour quelques heures d'une couleur de l'arc-en-ciel après avoir bu le contenu de leur fiole respective, je vais ranger mes ingrédients, mettre les chaudrons à tremper et préparer des trucs pour la prochaine séance. Dans le labo, Drago est plongé dans ses notes et, de le voir, je retombe dans mes histoires d'adulte. Peut-être que les profs sont des gens qui ne veulent pas réellement grandir, je me dis.
« Tiens, notre trafiquant international de potions », il remarque en levant brièvement la tête à m'entendant entrer.
« Salut Drago », je réponds en posant tout ce que j'ai dans les bras sur une paillasse. Je lance quelques aguamenti pour remplir les chaudrons et j'inspire pour me donner le cran de faire face. « Je voulais te remercier pour la dernière fois », je commence sobrement.
« Merlin, ce sont des remerciements réfléchis ! Trois jours après, non ? »
« J'aurais dû t'écrire ? », je soupire.
« M'inviter à boire une bièreaubeurre aurait été un peu plus classe – sans parler d'un restaurant évidemment », il remarque.
« Je préfère les bières moldues, tu sais », je réponds en me marrant d'avance de sa réaction.
« Vraiment ? »
« C'est frais et fort à la fois », j'argumente, sans réellement croire que nous sommes dans autre chose que du badinage sans conséquence.
« J'accepte l'invitation », il annonce après avoir longuement fait mine de réfléchir.
Je ne peux que tenir parole. Drago a l'air curieux dans le pub où je l'entraîne. J'en ai choisi un un peu classe, où Papa nous emmène parfois en sortant de la Fondation, Harry et moi. J'en connais des plus branchés et d'autres plus populaires mais il s'agit quand même de Drago. Il me laisse commander d'un geste dédaigneux de la main. On trouve un coin pour s'asseoir, même si c'est le début de l'heure où les Moldus sortent de leur travail.
« Tu as décidé de me surprendre, Drago ? », j'attaque.
« Je te pensais plus armé que ça contre les surprises ! »
Je rumine sa réponse pendant plusieurs gorgées de bière amère.
« Rassure-moi, tu espères un truc en échange ?», je finis par dire, avant de me rappeler que Nero avait quasiment posé les choses dans les mêmes termes une des premières fois que nous avions parlé. Ce n'est pas une pensée qui rend les choses faciles.
« J'ai rien à te prouver, Cyrus », répond lentement Drago – il prend de très petites gorgées de bière, je me demande si il aime. « Ces gars m'ont agacé avec leurs comportements de petits chefs de cours d'école... J'ai trop essayé ce jeu-là pour le supporter encore... Ils ne connaissent rien des vrais dangers des potions ; ils n'arrivaient même pas à comprendre que tu aies pris des échantillons à différents stades ! Comment pouvaient-ils juger de la dangerosité de quoi que ce soit ! »
« Ils appliquent un règlement », je réponds un peu mécaniquement, totalement sidéré par son envolée. Je me demande si Harry, Archi ou Ron me croiraient !
« Ils ne le comprennent même pas », il tranche. Ça coupe la conversation pour un moment.
« Ils ont quand même trouvé qui avait empoisonné le gars », je reprends lentement.
« Je croyais qu'elle s'était dénoncée elle-même ! »
« Tu sais déjà ça ? »
« Je suis élève en Potions, tu sais. On n'est pas si nombreux qu'on ne sache pas ce genre de chose ! Le Doyen est dans tous ses états, il paraît. Il a demandé en personne à Maninder d'aller aider les gars de Sainte-Mangouste ! »
« L'alternative est Severus », je lui apprends.
« Maninder est plus indiqué s'il s'agit vraiment d'un truc aborigène recueilli par la fille », estime Drago – je ne peux pas le contredire.
« Sauf que Severus a ses entrées à Sainte-Mangouste », je lui rappelle.
Il me fait l'honneur d'un demi-sourire condescendant et boit une plus longue gorgée. Severus et lui restent prudents face à face - j'ai eu l'occasion de l'observer. Pas que Drago et moi, on se saute au cou mais, regardez, on prend une bière ensemble. Je repousse ma mèche pour essayer d'aller plus loin:
« Mais cette gamine, c'est juste la crête du dragon, non ? Si ça se trouve, Ackerley, il prenait d'autres potions, et c'est le mélange qui l'a rendu malade ! »
« La tienne par exemple ? »
« Je ne sais même pas s'il en a pris ! Mais j'ai appris ma leçon, je ne ferais plus ce genre de choses hors d'un cadre où je sais qui en prend », j'affirme autant pour moi que pour lui à ce stade.
« Tu as filé tous tes échantillons à l'as des potions, l'autre jour ? »
« Malheureusement. Maninder aurait voulu que je fasse une publication sur elle avant qu'une régulation vienne l'interdire spécifiquement. »
« Je le reconnais bien là. Vous manquez d'ingrédients ? »
« On ne peut rien te cacher, mais on travaille à en rapatrier », je lui livre.
« Si vous avez besoin d'un assistant », il offre.
« Je te dirais », je réponds prudemment - la vision d'un article signé Avinash Maninder, Cyrus Lupin et Drago Black est assez perturbante, je dois le reconnaître. Je reviens à ma première stratégie : « Pour l'instant, j'aimerais bien savoir s'il existe ou non un trafic de potions à l'Université ? »
« Besoin de se refaire une réputation auprès de Maman ? », il s'amuse.
« Je préférerais savoir si quelqu'un risque bientôt de se faire intoxiquer – je prendrais mes précautions, je ne viendrais pas à la fête ! », je fais le pitre. Je dois me forcer un peu, ça se sent.
« Je n'ai que des soupçons », il répond en évitant mon regard. « Et s'ils sont fondés, ces potions ne sont que très marginalement destinées aux...à des gens comme nous. Ne serait-ce qu'en raison de l'étroitesse du marché.»
« Ils vendent ça aux... !», je retiens de justesse le "Moldus" parce que l'ampleur de la transgression me ferait perdre toute prudence - ça plairait à Harry, tiens, qui nous bassine avec les limites du Secret depuis trois ans !
« Ce ne sont que des soupçons », il répète. « Mais il est bien possible que l'accusation contre toi vienne de ce petit groupe-là. »
« Qu'est-ce que je leur ai fait ? »
« Rien de spécial. Juste un coupable idéal – même jusque dans la probabilité que ta mère te sortirait de là», il estime avec un infime haussement d'épaules.
Mes pensées vont d'abord vers Narcissa, toujours internée et toujours incohérente, et je sais la douleur qui l'étreint - ça fait deux fois qu'il fait référence au fait que, moi, j'ai une mère. Je m'interroge ensuite sur l'intérêt de lancer l'enquête sur moi, de m'utiliser pour détourner les soupçons.
« Ils ne pourront pas m'utiliser deux fois comme paravent », je réfléchis à haute voix.
« Comme je te disais, leur commerce n'est pas pour nous », il répond. « Ils ne cherchent peut-être pas de couverture, et cette histoire leur servira même peut-être de leçon à eux-aussi. »
« Tu les connais bien », je remarque.
Il prend une longue gorgée de bière avant de me répondre.
« J'essaie au contraire de ne pas trop en savoir sur eux. Mais je suis invité à une fête, samedi... une fête mixte, je dirais... organisée par eux.»
« On peut t'accompagner ? », je veux savoir.
« Sous ta véritable identité ?», il questionne, et j'ai un pincement au cœur du côté de Sirius. Est-ce qu'un jour, je cesserais d'avoir cette impression de mentir ? « Je ne ferais pas ça à ta place...»
« Trouve-moi une autre identité, je boirais le polynectar sans poser de questions ! », je crâne un peu, mais j'ai déjà un grand frère, des parents, une petite amie, j'ai pas besoin qu'il prenne son air protecteur.
« Tu veux jouer les Aurors ?», il questionne, clairement dubitatif.
« Tiens, pendant que tu y es, trouve-moi deux identités, je connais un Auror qui voudra m'accompagner», j'improvise à grands pas.
« Je ne veux même pas savoir», il répond en secouant la tête. Moi, je parierais au contraire qu'il a trop bien compris.
ooo
« Vous plantez Harry là, tous les deux, en me mettant ça sur le dos ?», s'écrie Ginny quand elle finit de relier les différentes informations qu'elle a soutirées à Ron et moi.
« Hermione saura lui tenir compagnie», estime son frère sans ciller - il n'a pas peur, le bougre ! Je suis admiratif.
« Elle sait, Hermione ? », continue Gin.
« Elle sait que j'ai une mission d'infiltration», explique Ron, en regardant la mine inquiète les vêtements que nous lui proposons pour l'occasion.
« Harry vous pardonnera jamais», estime platement ma petite amie qui doit se dire que si Hermione ne retient pas Ron, il ne reste plus que mon frère.
« Écoute, je n'allais pas demander trois identités à Drago, ni entraîner Harry dans cette histoire», j'essaie une médiation. « Eh puis, on ne sait vraiment pas ce qu'on va trouver !»
« Ben tiens, soit c'est une fausse piste ,et vous le privez d'une soirée sans doute délirante avec vous deux; soit c'est ce que tu crains, Cyrus, et tu regretteras peut-être qu'il ne soit pas là pour t'aider», elle estime en sortant de la pièce pour nous laisser nous changer.
«Je sais, elle parle d'elle en parlant d'Harry», je concède à Ron avant qu'il ne le dise. Il opine en marmonnant un truc sur la complexité des filles, et je ne suis pas loin de penser comme lui.
On retrouve Drago dans un terrain vague dans la banlieue sud de Londres. Il porte des vêtements moldus très chers, noirs, brillants et moulants. Grâce à Ginny, qui aime bien traîner dans les boutiques branchées moldues du quartier, nous portons le même type de costumes. Enfin, nos vêtements ne sont pas aussi moulants, parce que Gin a eu la présence d'esprit de nous faire prendre une taille au dessus pour tenir compte de la différence probable de corpulence des personnes que nous allons incarner. Il a encore fallu que nous lui répétions sans fin qu'il s'agissait d'un déguisement pour que Ron envisage de sortir de chez nous avec un pantalon aussi serré – et Harry espère l'exhiber déguisé à Venise ? Bonne chance.
« Dommage qu'on ne puisse pas faire de photos », a soupiré Ginny, quand nous sommes partis. « J'aurais de quoi vous faire chanter pendant des siècles !»
Pas à dire malgré ses doutes réels sur le bien-fondé de l'équipée, Gin est un peu avec nous ce soir. Mais la tenue de Drago ne peut que renforcer mes interrogations. Un gars comme lui peut-il faire les magasins moldus ? – mais qu'est-ce que je sais de mon soi-disant cousin, finalement ? Lui a un regard appréciateur pour nos tenues, une poignée de main pour moi et un coup de menton pour Ron. Puis, sans attendre, il sort de sa poche deux flasques métalliques que je reconnais - il les a empruntées à Ted et Granny :
« Celui de droite est grand, blond et a les yeux verts ; celui de gauche est plus petit, châtain, yeux noirs... une préférence, messieurs ? »
« C'est qui ? », questionne Ron avant moi.
« Anton Begic et Miroslav Ianninek, respectivement : passeports bulgares, sang-mêlé «mais pas trop», comme dirait Madame Greengrass ; le premier a fréquenté Durmstrand, l'autre a fait des études moldues internationales », il résume, hautain et fier comme aux pires jours de Poudlard. «Ils sont connus pour bien parler anglais, ne vous inquiétez pas ! »
« Tu les connais ? », j'insiste. C'est peut-être un peu tard pour se poser ce genre de questions mais quand même !
« J'ai été en classe avec le premier, il m'a présenté l'autre », soupire Drago comme si toute cette conversation le fatiguait.
« Ils ont le profil de ton mystérieux groupe ? », je creuse parce que j'ai eu beau faire, je n'ai pas réussi à tirer plus d'infos de Drago sur eux jusqu'à présent.
Il les appelle le Groupe et semble penser que c'est aussi bien que je me fasse mon idée seul. J'ai eu la nuit dernière une montée d'adrénaline en envisageant que ce soit un piège tordu, comme son paternel avait pu en inventer.
«Tout à fait : argent moldu, vieux châteaux dans les Carpates, plus de passeports que de scrupules», résume Drago, et il me semble désespérément sincère sous le sarcasme. Comme Sirius aurait pu l'être.
« Mais on peut les incarner sans risque ? », s'inquiète maintenant Ron.
« Weasley, je suis déçu. Je ne pensais pas qu'un aspirant Auror presque diplômé pouvait imaginer qu'infiltrer un tel groupe ne comportait aucun risque ! »
« Drago », j'interviens avant que Ron ne lui démolisse le portrait. « Tu les as choisis comment ? »
« Eh bien, j'ai d'abord pensé aux réfugiés de la Fondation, plusieurs avaient des profils tout à fait intéressants – quoi, Lupin, tu pensais que ton père n'accueillait que des petits saints ? Tu crois que dans les réfugiés, il ne peut pas y avoir de fils de bourreau ? »
« Non, je le conçois très bien en te regardant », je réplique parce que la diplomatie reste un art que j'admire chez les autres, comme la capacité de jouer du violon ou de dessiner sans recours à la magie, par exemple.
Le silence est aussi glacial que le vent de janvier qui nous entoure.
« Mais tu as pensé aux deux autres ? », essaie maintenant Ron – que Merlin lui offre une longue vie !
« Oui... en fait, Miro m'a écrit », se résout à reprendre Drago. « Il partait en Australie pour affaire, il doit y retrouver Anton et aller faire du surf. Ils avaient chacun mis une mèche de leurs cheveux dans l'envoi afin que nous puissions communiquer... »
Ron ouvre la bouche de stupeur, la communication longue distance par feu de cheveux a été interdite en 1911 en raison de ses effets sur la couche d'ozone qui protège l'atmosphère terrestre des rayons du soleil – les Moldus ont mis plus de soixante-dix ans pour bannir l'emploi de composés chimiques ayant le même effet ; et encore grâce à la diffusion de l'information dans les milieux scientifiques moldus par des sorciers infiltrés. Les amis de Drago sont peut-être des sangs-mêlés, mais ils ne s'intéressent certainement pas à leurs prochains.
« Tu m'arrêteras un autre jour pour pratiques occultes, Weasley », reprend Drago, grinçant, « Ce soir, tu devras remercier Chernobog qu'ils m'aient si opportunément fait don de leurs cheveux ! »
« Bref, ils ont le profil mais ils n'ont jamais rencontré le Groupe », je résume en essayant de ne pas prêter attention au creux qui s'installe dans mon estomac. Dire que je pourrais être en train de boire des bières avec Harry !
« Je ne peux pas garantir qu'ils n'aient jamais rencontré personne du Groupe mais... la probabilité est faible, me semble-t-il... Pour faire bonne mesure, je vous conseille un sortilège de traduction des langues slaves... et si une fille se jette sur vous, embrassez-la, c'est ce qu'ils feraient. »
Ron a l'air prêt à se casser séance tenante, et je me dis qu'il faut que je montre l'exemple si je veux qu'il se passe quoi que ce soit.
« Bon, Ok, toi, qui les connais, tu verrais ça comment ? »
« Tu ferais un meilleur Anton: je crois que tu poseras plus facilement le sorcier pur ou presque, Cyrus – quel que soit ton arbre généalogique», il estime en me tendant un premier flacon que je prends. Il donne l'autre à Ron avec ce commentaire : « Sans compter que le costume de Weasley n'y résisterait pas... même si Miroslav est plutôt le genre de gars qui t'offre de la vodka d'une main et te pique ton portefeuille de l'autre, tu vois, tout en délicatesse ? »
Cette fois, je me dis que avant de nous planter là, mon beau-frère va lui démolir portrait méthodiquement. J'essaie donc une de ces médiations raisonnables comme Harry en a le secret - tout en retenant Ron des deux mains : « Drago, tu n'es pas obligé de nous accompagner...»
« Vous avez besoin de moi !», il crache.
« On a besoin de ta potion», je reconnais.
Ron soupire, et je comprends que je peux le lâcher. Je fais sauter le bouchon du flacon et je suis surpris de l'odeur de cocktail à base de vodka qui m'assaille.
« Fallait bien un truc que les vigiles n'allaient pas vous confisquez ou faire tester», commente laconiquement Drago. « J'ai mis un parfum de kiwi, aussi, ça devrait justifier la consistance épaisse et c'est à la mode chez les Moldus.»
J'opine impressionné par le temps et le soin qu'il aura mis à nous aider et j'avale une bonne dose de la mixture en affichant une confiance que je ne ressens pas totalement. Ron m'imite avec une nette réticence.
« J'aurais jamais cru que je prendrais volontairement une potion préparée par Malefoy », il marmonne et, cette fois, je dois arrêter Drago qui lève la main.
« Si on allait à cette fameuse soirée ?», je propose.
Mes deux compères acquiescent et transplanent sans même échanger un regard. Je les imite en soupirant. L'ambiance était au beau fixe et l'équipe soudée.
ooooo
Notes
Comme d'habitude, un rappel des personnages non canon - par pitié pour vos mémoires :
1) Avinash Maninder – je me suis dit que c'était le moment de sortir du celte, avec l'ethnomagie. Il a un nom sikh qui veut dire seigneur de l'esprit, son prénom veut dire indestructible... ça nous pose le bonhomme... non ? C'est le directeur de thèse de Cyrus.
2) les mômes et le personnel de la Fondation :
Silas Abner (7 ans). Son père l'a mordu puis a disparu de sa vie. Abner veut dire mon père est lumière en hébreux.
Virgil (8 ans), Edwin (12 ans) Trey- ils ont un grand frère de 14 ans Gabriel mais qui n'est pas dans le même cours.
Baldric (va avoir 11 ans) et Rosabel (8 ans) Tanner ) - leur père est employé du ministère et a caché leur état au Ministère.
Haydée Loneman (11ans) est fille unique, timide et réservée.
Truman Michael - Loup-garou britannique, sans famille, vivant en permanence à la Fondation, dévoué à Remus, voire jaloux du fait qu'il ait une famille.
Miley Thaddeus - Sorcier britannique, éducateur en chef de la Fondation Sirius Black pour l'enfance magique en danger, fin psychologue, souriant.
3) Faut-il redire qui est Nero Malefoy ? Qui est arrivé ici sans lire la saison 4 d'abord ? Des noms !
4) Dédicace spéciale à Fée Fléau qui a poussé très loin la préparation d'un polynectar adapté à la situation, avec l'ajout du kiwi ! Alixe, Dina et LaPaumée ont été là à toutes les étapes aussi, pas de jalouses !
5) Reviews attendues de pied ferme ! A mercredi prochain .
