Bonjour!

Ce texte fait écho au précédent.

Celui-ci est pour Hasegawa, mon P'tit Bout, il est pour toi. Tu me l'as demandé, j'espère qu'il te plaira... et à tous les autres.

Bonne lecture!


Immortel

La mort est une catin !

Elle attire un limier de ses attraits douteux, seule solution pour écarter un danger. Il la choisit, par dépit, plonge avec Moriarti sous le regard de l'être qui compte le plus à ses yeux. Le seul. L'eau étouffe, glace, broie, noie. Une révérence et un appareil à oxygène, la gueuse devra repasser pour se faire payer.

La mort est une putain !

Elle revient, toujours provocante, appelle d'une voix à tessiture de toux. Pneumonie, poumons en braises, gorge en feu, fièvre de lave. Délires intemporels, les mains s'accrochent au médecin comme s'il était un autre mais rien qu'au toucher, le limier le sait, le toubib n'est pas le bon. Sinon, ça fait longtemps qu'il l'aurait engueulé au lieu de le soigner.

Mais le charlatan n'est pas si incompétent, Holmes se relève, affaibli, amoindri, la morue peut rajuster son décolleté, il ne mange pas de ce pain là.

La mort est femme de petite vertu !

Elle se vend au plus offrant, prête son aide à un détective vengeur, sauveur. Dans le silence et l'anonymat, il traque, débusque et tue! D'un seul geste, sans remord ni regret, il répand le sang, laisse une traînée de cadavres derrière lui, piste impossible à suivre, lui expert des meurtres et tueries. Criminel génial!

La ribaude est devenue une alliée, sang rouge comme des lèvres trop vermeilles.

La mort est une fille des rues !

Elle attire et perd le limier à travers les pays, aux confins du monde. Le temps passe, inexorablement, elle seule est son unique compagnie. La Vie est à Londres, sous les traits magnifiés d'un docteur dont chaque jour éloigné augmente un peu plus la lassitude, la peine, le désespoir.

Et l'envie. Car il aura fallu ça pour que Holmes se rende compte. Son ami, son allier, il l'aime depuis toujours, comme une présence réconfortante. Sauf qu'il est plus que ça sans qu'il ne puisse y mettre un nom. Pour la première fois, il ne sait pas. Là, il se sent invalide, amputé d'une partie de lui qui lui manque tant. Il ne connaissait que l'Ennui, là il découvre le vide laissé par l'absence d'un autre.

La ribaude aura beau faire, il ira jusqu'au bout, jusqu'en Enfer mais le retrouvera.

La mort est une fille de joie !

Trois ans. Il aura fallu trois ans pour tuer, éloigner Watson du danger. Et dans quelques instants, il va le voir entrer, il entend déjà son pas claudiquant dans l'escalier. Et rien qu'au son, il présume qu'il est fâché!

Courage Détective, vous le savez, il va vous frapper, c'est dans l'ordre des choses. Ce que vous ne savez pas, c'est qu'il va vous embrasser, vous baiser... et vous en redemanderez.

Et la traînée va s'en aller, pour quelques temps. Vous la reverrez mais à deux, vous la jetterez à terre, marcherez dans les miasmes de ses échecs, elle ne vous aura pas. La mort est féminine, c'est peut-être pour ça...

.

"Ce n'est pas que j'ai peur de la mort mais je préfère ne pas être là quand ça arrivera." - Woody Allen


Et voilà, point de vue de Holmes... et misogynie! XD

A bientôt! Et les reviews sont très appréciées...