Playlist de la semaine
« Je n'ai pas besoin de m'engager,
je n'ai jamais été dégagé »
Fabulous Troubadors, Toulousain, Duels de Tchatche.
VI. Des antidotes et des compromis (Cyrus)
Lundi matin, j'ai rendez-vous avec Maninder à l'Université et je n'ai aucune excuse pour traîner à la maison puisque Ginny est restée au Terrier pour se remettre de sa victoire. Je m'y rends en métro parce que c'est encore le plus simple, notre appartement de Londres n'étant pas raccordé au réseau. Pendant tout le trajet, j'ai le temps de me demander si je n'ai pas totalement rêvé ce week-end, tellement différent de ma vie quotidienne, mes intérêts, mes habitudes et mes repères : une fête comme même Sirius dans sa période la plus décadente n'en a jamais vue ; le match de Ginny et sa victoire ; et Harry en coup de vent, tellement rapide que j'ai peut-être eu une hallucination... comment y croire totalement ?
À la moitié de mon parcours, mon miroir communiquant se met à vibrer dans ma poche, mais j'attends d'être sorti et en mouvement pour y répondre – j'ai l'air d'avoir un téléphone portable moldu si on n'y regarde pas de trop près.
« Archi, tu m'as appelé ? »
« Désolé pour hier, Cyrus. J'avais oublié le match de Ginny et j'étais allé voir ma mère en Écosse – Lorna m'a dit qu'elle avait fait sensation ! »
« Et tu veux une interview ? »
Archi vit d'abord de l'écriture d'un feuilleton délirant racontant les amours compliquées d'un groupe de fantômes particulièrement haut en couleurs. Publié dans le Chicaneur sous le pseudonyme de Malvin le Repoussant, il fait dire à Hermione qu'Archi n'a jamais complètement pardonné à Nick-quasi-sans-tête nos mésaventures de deuxième année. Mais il est aussi pigiste pour la Gazette sur des sujets variés, d'où ma question.
« Je n'ai encore jamais encore fait dans le commentaire sportif ; Lee le prendrait mal, je crois», sourit mon vieux copain. «Non, je voulais plutôt savoir si tu connaissais un certain Maninder, on m'a dit qu'il bossait au département d'ethnomagie. »
« C'est mon directeur d'étude », je réponds avec plus de réserve. Pistonner Archi auprès de Ginny aurait été plus simple, autant le dire.
« Génial », il s'exclame, insensible à mon hésitation. « Parce que, tu vois, on vient de me mettre sur le suivi de "l'empoisonné par amour" – ça c'est romantique, ça m'inspire déjà pour le feuilleton ! - et j'ai appris à Ste-Mangouste que ce Maninder travaillait sur l'antidote... »
« Il ne te donnera jamais d'interview, Archi, oublie », je décide de le prévenir.
« Tu crois ? »
« Je parierais bien mon balai là-dessus – et ne compte pas sur moi pour insister. »
« À t'entendre, il est pire que Rogue ! », se marre Archi.
« Dans un autre style », je concède, « mais pas moins intransigeant. Maninder professe la plus grande méfiance envers les journalistes et, en particulier, des gens comme toi qui sautent d'un sujet à un autre... »
« Bon, c'est sans doute trop tôt pour l'aborder de toute façon, mais fais-moi un topo », insiste Archi. « Il fait quoi ? »
« C'est un spécialiste de l'ethnomagie des potions, un grand pote de ma marraine, si tu veux tout savoir. Ils défendent le respect des inventions des sorciers traditionnels », je commence, et puis je me rends compte que je raconte tout ça en pleine rue. « Faudrait mieux qu'on en parle plus .. discrètement. »
« Ok, je passe ce soir chez toi ? »
« J'aurai des bières au frais », je confirme.
J'entre dans l'Université en me demandant quand même ce que je pourrais exactement dire à Archi ce soir sans trahir l'éthique de Maninder. J'ai un peu oublié tout le reste quand je croise dans le hall Kuno Teuffer, notre mystérieux hôte de samedi soir. Ça m'arrête en pleine course plus sûrement qu'un Cognard, et je vais presque me forcer à le saluer d'un air dégagé, quand je me souviens que ce n'est pas moi qu'il a rencontré samedi soir, mais un certain Begic qui ne me ressemble pas du tout. Je me force à bouger avant de me trahir ou de me faire passer pour un benêt, et je trouve une contenance en lisant des informations totalement insignifiantes sur les conditions d'admission au club d'échecs sorciers de l'Université.
Même si nos chemins ne s'étaient pas croisés avant samedi, je connaissais Teuffer de vue avant. On m'avait dit qu'il était Suisse, avait commencé ses études à Durmstrand pour les finir à Beaux-Bâtons et que l'ensemble lui aurait pris huit ans au lieu de sept. Je le savais aussi inscrit en potions à Londres avec tellement peu de succès académique que je prenais ça pour du désoeuvrement, voire de l'arrogance de fils de riches, sans doute très pur. Mais depuis samedi, je ne sais plus trop. Il s'est peut-être construit cette réputation comme on se construit une couverture, je me dis.
Aujourd'hui comme les autres fois, et comme samedi dernier aussi d'ailleurs, il est entouré d'une cour de groupies féminines, qui rit à ses bons mots et reproduit ses choix vestimentaires. Difficile à croire, à le voir, qu'il soit un des rouages d'un réseau européen de distribution de potions psychotropes et de drogues moldues. Et je retombe sur la question qui m'a hanté une bonne partie de la soirée de samedi: mais pourquoi m'aurait-il mis l'intoxication d'Ackerley sur le dos ?
« Un coupable idéal jusque dans la probabilité que ta mère te sorte de là », avait supposé Drago avant qu'on ne décide d'aller à cette fête. « Peut-être pour attirer ton attention », avait estimé Ron quand nous rentrions en taxi, épuisés et confus. Ça faisait beaucoup trop de peut-être.
Décidant brusquement que mon éventuelle adhésion au club d'échecs a peu de chance de m'offrir bien longtemps une couverture crédible, je reprends ma première destination – le bureau de Maninder –, en m'interdisant de jeter un seul regard en direction de là où Teuffer et sa cour se tenaient il y a quelques secondes.
En grimpant lentement le large escalier principal aux rambardes de marbre rouge sculpté, je revois le lieu de la fête de samedi. Antithèse du bâtiment opulent et historique où se situe l'Université Magique de Londres, c'était un bâtiment industriel moldu gris et sale, au milieu d'autres bâtiments tout aussi engageants et de terrains vagues.
« Même pas besoin de repousse-moldus », j'avais dit quand nous sommes arrivés, et Ron et Drago avaient acquiescé.
Seul le ballet des taxis et des limousines indiquait une activité. Nous étions effectivement peu nombreux à arriver à pied. Là dans le couloir qui mène au Département d'ethnomagie, je me dis que peut-être seuls les sorciers arrivaient à pied après avoir transplané. Il faudrait que Ron enquête là-dessus ! Si on continuait. Il était si tentant de se dire que cela ne nous concernait pas et d'oublier tout ce qu'on avait appris, et pire encore ce qu'on en avait déduit. Mais il restait Drago, visiblement approché de près par ce qu'il appelait le Groupe. Depuis samedi, j'entendais la majuscule. Il restait aussi à savoir pourquoi ils avaient jeté mon nom en pâture aux policiers et aux rumeurs de l'Université.
Aller à cette fête n'avait apporté que des questions supplémentaires. L'entrée de l'usine désaffectée était gardée par plusieurs centaines de kilos de muscles en costume sombre, mais aussi par des sortilèges que j'avais perçus avec un peu de nervosité sans avoir le temps d'essayer de les analyser. Je savais le Polynectar assez indétectable, mais nous allions à la rencontre de gens que nous soupçonnions de commerce de potions peu scrupuleuses – qu'avaient-ils pu mettre au point pour s'en protéger ? Sans échanger sur nos doutes, Ron et moi avions imité Drago, à peine plus pâle que d'habitude, et on était rentrés sans difficultés, simplement parce que nos noms étaient sur la liste. Ni nos baguettes, ni le bezoar, ni la flasque métallique contenant de quoi entretenir la transformation n'avaient posé de problème. C'en était presque ridicule. Si ces gens étaient impliqués dans des activités illicites côté sorcier comme moldu, n'auraient-ils pas dû se cacher plus ? Drago délirait-il complètement ? Je m'étais rendu compte seulement à ce moment-là que nous ne lui avions pas assez demandé d'où ils les connaissaient et ce qu'il savait d'eux.
L'escalier étroit et humide s'arrêtait sur une porte blindée et capitonnée, aussi étonnante dans le décor qu'une ampoule électrique à Poudlard. Nouveaux contrôles professionnels : j'ai répété que ma flasque contenait un cocktail à base de vodka, et on a semblé une nouvelle fois me croire. Quand les portes s'étaient ouvertes, on aurait pu croire avoir transplané tant le décor était recherché, clinquant et la température élevée. Je ne suis pas l'ombre d'un spécialiste en technologies moldues, mais je savais que seule la magie expliquait un tel endroit. Le mélange des genres était déroutant.
Drago a levé les yeux au ciel devant l'air sidéré de Ron-Ianninek qui s'est rapidement repris, faut le dire. Comme on l'avait prévu, mon cousin Black nous a laissés pour aller saluer des connaissances, et Ron-Ianninek et moi, on a essayé de se mêler à la foule. On s'était vite rendus compte de trois choses : la plupart des gens ne se connaissaient pas, mais certains étaient bien connus de tous ; il y avait foule de nationalités différentes – je n'avais pas entendu massacrer l'anglais d'autant de façons créatives depuis la fête d'étudiants étrangers où nous avait traînés Aurore, alors en pleine campagne de séduction de Harry ; enfin et surtout, le niveau d'intoxication des convives ne pouvait s'expliquer par le champagne qu'ils venaient juste de se mettre à ingurgiter comme du jus de citrouille. On m'avait traîné dans la boue pour une flasque de potion d'initiation ? OK, deux. J'étais bien content d'avoir un bezoar dans la poche, et c'est tout ce que je dirais.
À ce point de mes souvenirs, j'arrive devant le bureau de Maninder, la porte est ouverte . Je le vois debout, de dos, en train de fouiller dans un placard plein de parchemins.
« Professeur Maninder ? », j'appelle après avoir brièvement frappé à la porte.
« Ah, Cyrus ! », il s'exclame sans se retourner. « L'homme que j'espérais ! »
« Moi ? Je suis en retard ?», je m'inquiète, peu habitué à cette impression d'urgence que je perçois dans la voix de Maninder.
« Oui, je dois retourner à Sainte-Mangouste et j'avais peur de vous manquer », il explique. Je ne lui rappelle pas qu'il aurait pu me joindre sur mon miroir communiquant – Maninder n'envisage pas d'autres communications que les hiboux, les Patronus ou le réseau de cheminée, je le sais depuis longtemps. « Nous approchons de l'antidote, mais ce n'est pas encore ça. J'aurais bien besoin d'un assistant pour essayer plusieurs déclinaisons de la concentration d'aiguilles de buisson loulou que cette petite sotte a utilisé en lieu et place de Bursaria spinosa ! »
« Je ne connais pas », j'avoue avec le maximum d'humilité.
« C'est un arbuste endogène australien. Ses piquants sécrètent un suc censé attacher les sentiments... Ses fruits assez curieux ont des propriétés intéressantes, eux-aussi – mais j'avoue que ces souvenirs mériteraient un peu plus de détails pour comprendre les interactions attendues dans la potion que cette écervelée a produite », raconte Maninder sans cesser de retourner le contenu de son placard. « La petite sotte n'en avait pas assez pour sa potion. Elle a bien essayé d'en récupérer au jardin botanique moldu de Kew, mais les gardiens l'ont arrêtée... Elle a évidemment sorti sa baguette et elle a pris une amende ! Une sotte finie », conclut Maninder en refermant le placard avec un air déçu.
« Vous cherchez quelque chose ? »
« J'avais des notes d'une conférence sur les caractéristiques du Bursaria Spinosa... sans doute chez moi. Cyrus... »
« Vous voudriez que je fasse des recherches à la bibliothèque pour vous ? », je me condamne tout seul. Qu'est-ce que Harry dirait encore sur mon sentiment de culpabilité ?
oo
À la bibliothèque, ça me prend une bonne heure pour dépasser les descriptions rapides et touristiques de la flore australienne. Je finis par trouver un bon article de Vincent Barrington – j'aurais dû penser à lui avant ! Il reste un des meilleurs collecteurs et descripteurs de plantes rares du Royaume-Uni, et son fils William, encore à Poudlard, aurait, d'après Papa, repris derrière Archi et moi, la tâche d'entretenir les cheveux blancs de Minerva.
Je prends note de lui ramener une bonne sélection de blagues des jumeaux, une fois que j'ai fini de lire l'article de son paternel. J'y tiens une bonne partie des réponses demandées par Maninder plus les références qu'il me manquait pour répondre sans doute aux autres. Trois quarts d'heure plus tard, j'estime que j'ai déjà de quoi aller le rejoindre à Sainte-Mangouste, quitte à revenir plus tard avec des questions plus précises. Le mot écrit de Maninder me permet même d'obtenir des bibliothécaires des copies de certaines parties des documents en plus de mes notes. Je vais sortir quand Drago entre dans la bibliothèque et s'approche de la banque des bibliothécaires pour rendre des ouvrages.
« Je ne me ferai jamais à te voir avoir l'air de réellement bosser », il commente en guise de bonjour.
« J'ai moi-même du mal à me faire au fait que tu me parles sans qu'Andromeda soit là pour t'y obliger », je réponds. Et il rit presque – je vous jure.
« Tu abandonnes le Brésil ? », il commente en lisant le titre d'un des livres que j'ai dans les bras.
« Une commande de Maninder, je dois lui amener à Sainte-Mangouste », je commente sobrement – je sais que Drago complétera les blancs tout seul.
Drago hoche la tête, plus trace d'un éventuel sourire, même ravalé.
« Faut qu'on parle. »
« J'ai pas le temps là », je constate, inquiet maintenant sans trop savoir pourquoi.
« J'ai compris, mais plus tard ? »
« Je peux t'appeler sur ton miroir, dès que je suis libre ? », je lui propose presque gêné de me rendre compte que je ne l'ai jamais fait auparavant.
« Je prendrai l'appel », il répond, et il s'enfonce dans les méandres de la bibliothèque sans autre commentaire.
Ooo
Archi est à la porte de Sainte-Mangouste avec une demi-douzaine de pisse-copies de différents acabits – aucun de bien connu pour autant que je puisse en juger, mais l'ampleur prise par cette affaire a de quoi donner des sueurs froides. Combien de temps faudra-t-il pour qu'un amer sous-fifre de la police magique échange mon nom contre une poignée de pièces d'or ? Un nom blanchi reste un nom marqué – je ne le sais que trop. Avec l'espoir improbable de passer inaperçu, je baisse la tête, mais Archi m'a vu et fonce sur moi.
« Cyrus, dis-moi que tu viens apporter des informations capitales à Maninder ? », il touche juste du premier coup.
« Il faudrait, un, que je sois capable de juger de l'importance de ce que j'apporte et, deux, que ça soit pour Maninder », je contre un peu faiblement.
« Pour qui d'autre ? On dit que Rogue refuse de participer ! »
« Tu en sais plus que moi », je rigole en surveillant les autres journaleux qui nous observent en retour. « Et puis Maninder et Rogue dans le même laboratoire... c'est une option dangereuse ! »
« Je peux écrire ça ? Qu'on peut postuler d'une incompatibilité entre les deux ? », il s'enthousiasme.
« Tant que tu 'postules' sans citer mon nom », je décide. « Et là, je suis attendu, vraiment... »
« Et il s'agit de la santé d'un jeune homme brillant abattu par l'amour », il répond avec cet air amusé qu'il porte sans cesse sur le monde.
« Un truc comme ça », j'admets en me remettant en marche. « Essaie de m'appeler plus tard. »
« On ne maintient pas notre bière ? »
« Trop tôt pour le dire », je m'excuse, un peu honteux de me défiler, mais entre Drago qui veut me parler et le secret que risque d'exiger de moi Maninder, cette bière me paraît assez compliquée à boire.
« Tant qu'il y a des choses à dire », il sourit comme pour m'assurer par avance qu'il ne m'en veut pas de mes cachotteries..
« Voilà », je marmonne en me dirigeant résolument vers la réception.
« C'est le deuxième fils Lupin, non ? », j'entends quelqu'un demander à Archi.
« L'assistant de Maninder », répond ce dernier – une exagération qui sauvera peut-être quelques jours encore ma réputation, je me prends à espérer.
Dans le laboratoire où m'accompagne une infirmière, qui confirme en chemin que je suis attendu, je retrouve Maninder, deux spécialistes de potions de Sainte-Mangouste et le docteur Susan Smiley-Rogue, dont le ventre s'est pas mal arrondi depuis la dernière fois que je suis allé dîner avec Severus et elle. Peut-être que quand je me serai dépêtré de cette histoire, laissé Papa m'exploser au billard, réconcilié avec Archi, je pourrai trouver le temps de revoir Severus avant qu'il n'ait un bébé dans les bras – l'idée reste incongrue voire inquiétante.
« Cyrus, vous avez trouvé quelque chose sur le Bursaria et l'antimoine ? », me lance Maninder en guise de bonjour.
Je ferme les yeux pour réfléchir, et une partie de l'article de Barrington me revient.
« Le Bursaria provoque des réactions proches de l'albumine sèche en présence d'antimoine », j'énonce avant de chercher un peu fébrilement dans mes notes pour plus de détails, « Barrington dit que la question a été peu étudiée, mais qu'il a l'impression que les chamans aborigènes l'utilisent pour accélérer les changements d'état », je résume.
« Le Loulou ne l'aurait pas fait », intervient le premier laborantin, « mais ça nous dit quoi ? »
« Que l'état obtenu dans la potion finale de l'Australienne n'était pas le bon pour jouer le rôle de philtre d'amour », postule le second.
« Pourquoi un état ? », je questionne. Comme tout le monde me regarde, je rougis presque mais je développe quand même : « Si le Bursaria a des vertus de catalyseur, qu'il permet un changement rapide d'état, il est possible que le philtre soit fondé sur une transition et non sur un état – c'était l'exemple traditionnel de l'usage des transitions qu'on nous donnait à Poudlard », je rajoute pour bonne mesure même si je n'apprends rien à personne.
« L'état obtenu par erreur est le poison », conclut pour moi le second laborantin, et je sens l'approbation dans sa voix.
« Une transition mes amis, nous cherchions une transition », abonde Maninder avec son enthousiasme habituel quand il sent une hypothèse de recherche se consolider. « Susan, je m'étonnerai toujours que quelqu'un d'aussi prudent et politique que Severus nous offre des esprits affûtés et ouverts comme celui de ce jeune homme ! »
Je suis pivoine quand les deux laborantins s'étonnent à la présentation de Maninder.
« Il me semblait trop jeune pour avoir souffert sous la férule de Rogue », s'exclame même le premier avant d'ajouter rapidement. « Sans vouloir vous offenser, docteur ! »
« Cyrus est un des fils de Remus Lupin », lui répond Susan. « Il a appris les bases des potions avec mon mari avant même de rentrer à Poudlard – comme son frère aîné avant lui... Et pour te répondre Avinesh, Severus est extrêmement fier que tu l'aies pris comme assistant. »
« Il m'a dit que j'avais sans doute été pris à cause de mes stages avec Aesthelia », j'interviens un peu étourdiment.
«Si vous n'aviez pas été aussi légitimement obnubilé par le Brésil», me répond Maninder, «j'avais un sujet pour vous en Inde, Cyrus. Et ce sont bien vos capacités en potions qui m'ont intéressées. Mais nous avons une hypothèse à tester, et je vais avoir besoin de votre aide à tous ! Vous pouvez rester Cyrus ?»
Malgré toute ma modestie, je n'allais bien entendu pas dire non. Nous n'allons pas déjeuner avant d'avoir vérifié que le philtre d'amour test que les deux laborantins ont déjà préparé à partir de la recette de l'Australienne s'apparente bien à une transition. Maninder imagine assez brillamment au dessert que l'empoisonnement ne peut venir que d'une solidification, comparable à ce que l'antimoine et l'albumine sèche peuvent provoquer. Ma propre expérience avec ce fichu élément me pousse immédiatement à le croire.
« L'albumine sèche consolide les réactions, le poison a dû gagner en durée d'action », je concours donc.
« Des connaissances particulières en albumine sèche ?», s'amuse le premier laborantin qui se prénomme Joseph, je le sais maintenant.
« Des connaissances malheureuses », je leur avoue avant de leur raconter comment nous avions fait disparaître les fantômes du manoir de mon copain Archi en mêlant de l'albumine sèche à de l'antimoine par manque d'albumine fraîche. Passée la reconstitution scientifique de la réaction, Hyginus, le deuxième laborantin, veut savoir si c'est toute la fin de l'histoire.
«Hum, comme l'affaire doit bien avoir fini par être consignée dans l'histoire de Poudlard, disons que nous avons voulu renverser l'effet et fabriquer un antidote», je confesse, étonné rétrospectivement que j'aie pu y voir la meilleure des choses à faire. « Pour le tester, nous avons terminé le premier flacon sur Nick-quasi-sans-tête qui a ensuite refusé que nous essayions l'antidote sur lui... »
Tous me regardent avec des yeux ronds, mesurant l'ampleur du problème qui se posait à nous.
« Pendant l'année scolaire ? », vérifie inutilement Maninder.
« Oui », je soupire. « Nous avons évidemment été découverts ; Minerva McGonagall et mon père nous ont massacrés, et Severus a préparé une version plus orthodoxe de l'antidote... »
Ma conclusion déclenche des rires qui emplissent la cafeteria presque vide à cette heure. Maninder, Joseph, Hyginus et moi passons le reste de l'après-midi à chercher à quel moment l'usage de Piquant Loulou fige la transition du philtre en un état néfaste. La nuit est tombée quand nous avons cinq potions bloquées à différents états. Nous allons une nouvelle fois nous restaurer « avant de faire des bêtises » et de rater l'isolation d'un éventuel état équivalent à un poison. Le repas est assez calme cette fois car nous sommes tous fatigués. Susan nous rejoint à la fin, annonçant qu'elle nous assistera pour cette nouvelle phase, s'estimant mieux capable que nous de repérer des combinaisons nocives.
« Dans votre état, Susan, ne devriez vous pas plutôt vous reposer ? », s'alarme galamment mon directeur de recherche.
«Mon état n'est pas une pathologie, Avinesh ; il n'empêche aucunement mon cerveau de fonctionner et j'ai pu me reposer tout à l'heure, je me crois même moins fatiguée que vous quatre!»
Le commentaire acerbe du docteur amuse Hyginus qui explique qu'il croit entendre sa femme enceinte elle aussi, mais de huit mois, et qui refuse sans cesse de se laisser « traiter comme une porcelaine ». Il conclut qu'il va d'ailleurs la prévenir de son retard, et son collègue Joseph annonce qu'il doit aussi prévenir sa famille. Avant que je n'ai eu le temps de le dire, Maninder me lance :
« Allez, Cyrus, allez appeler votre petite amie ou tout autre personne qui pourrait s'inquiéter de votre absence. On va en avoir pour la nuit ! » Je n'arriverais pas à vous rendre l'air ravi qu'il prend pour me dire ça.
Quand je réactive mon miroir, il m'annonce plusieurs appels en absence, mais je préfère murmurer le nom de Ginny plutôt que de consulter la liste. Elle répond immédiatement avec un «Cyrus !» qui en dit long.
« Désolé », je m'excuse immédiatement. « Je suis à Sainte-Mangouste avec Maninder, je bosse sur le contre-poison... On en a pour la nuit... »
« Oh, c'est ça ! », elle s'écrie sans cacher son soulagement. « Je ne me serais pas autant inquiétée si Archi, Drago et même Ron n'avaient pas tous cherché à te joindre en m'appelant moi ! S'il n'y avait pas eu Archi, j'aurais cru que vous aviez remis ça avec votre enquête qui ne va nulle part ; puis j'ai eu peur que vous ayez mis Archi dans le coup !», elle explique avec un froncement de sourcils suspicieux.
« Je te jure qu'Archi ne sait rien. Ils ont laissé des messages ? », je questionne.
« Pas réellement, que tu les rappelles quand tu serais dispo », elle répond avec un haussement agacé des épaules.
« Demain », j'annonce parce que Maninder a passé la tête dans le couloir avec une expression qui indique clairement qu'il ne me laisse pas toute la soirée pour prévenir de mon retard. « Tu es à l'appartement ? »
« Oui, Luna est venue me rejoindre, elle essaie de dompter la gazinière », elle explique avec un petit rire qui me glace le sang.
« Ne me faites pas exploser l'appart', hein! », je m'inquiète - franchement, j'aurais besoin de ça pour envenimer mes relations familiales. « En plus, mes parents adorent cette énorme gazinière!»
« Ok, je file surveiller l'affaire », elle sourit. « Bon courage pour cette nuit »
« Merci, Gin », je conclus en terminant la conversation.
Rien à faire, j'ai ce sentiment de nasse, de pétrin croissant ou d'enlisement dans des sables mouvants qui revient. Est-ce que je m'y prends bien ? Est-ce qu'en voulant trouver des réponses, arranger les choses, je ne me mets pas dans une situation pire que précédemment ? Un peu comme cette fois avec les fantômes McLeish ? La comparaison me pétrifie, je m'en rends compte. Puis je me souviens que toute angoisse se dissout toujours dans l'action et je me dirige résolument vers le laboratoire – participer à l'élaboration de l'antidote était bien ce que je pouvais faire de moins discutable dans l'instant.
Oooo
Je ne sors de Sainte-Mangouste qu'au petit-matin. On tient bien une piste, mais il a fallu refaire trois chaudrons de potions à base de Piquant loulou pour trouver l'exact moment de solidification des éléments dangereux. On s'est reposés à tour de rôle, des micro-siestes d'une heure, pour tenir le coup. Joseph et Susan viennent d'inoculer le poison à un rat pour vérifier qu'ils obtiennent bien le même état comateux que celui observé sur Ackerley. On saura dans la matinée. Je rentre donc chez moi et je me glisse dans le lit à côté de Ginny qui ouvre brièvement les yeux avant de murmurer :
« Tout va bien ? »
« On a sans doute trouvé », je résume.
« Bravo. »
Je souris dans le noir, fier de ma participation malgré tout.
« Tu y retournes ? »
« Dès huit heures, j'ai une dispense de cours de Maninder. »
« Et à la Fondation ? », s'enquiert Gin qui a une bonne connaissance de mon emploi du temps.
« Je m'arrangerai avec Thaddeus Au pire, je demanderai à Drago », je raisonne à haute voix.
« N'oublie pas de rappeler Archi et Ron aussi », elle approuve avec un bâillement ensommeillé.
« Merci de jouer les secrétaires », je murmure en l'embrassant et en décidant de ne pas réfléchir plus avant au merdier dans lequel je suis.
Oooo
Je passe une deuxième journée à Sainte-Mangouste – comme je l'avais prévu, Thaddeus à la Fondation a repoussé mes cours à demain après-midi sans même un froncement de sourcils. Le rat est bien dans un coma comparable à celui de Ackerley quand j'arrive à l'hôpital magique, et tous les autres sont déjà sur le pont. C'est assez passionnant cette recherche du contre-poison, et le savoir-faire de Maninder et de Susan est indéniable. Joseph et Hyginus sont des bons laborantins, extrêmement précis et rigoureux. J'apprends des tonnes de trucs avec eux. Quand je prépare une extraction d'armoise, et que je tourne huit fois dans le sens des aiguilles d'une montre et une fois dans l'autre, le premier sourit :
« T'as réellement étudié avec Rogue, toi ! On le voit dans tous tes gestes... »
Comme je ne sais pas quoi répondre, Hyginus renchérit :
« On peut le dire parce que nous aussi ! »
« Sauf que je n'imagine même pas l'appeler Severus », conclut Joseph avec un clin d'oeil pour moi.
Je décide d'en rire avec simplicité.
Vers dix-sept heures, on obtient un contre-poison test qui est immédiatement administré au rat dont le rythme cardiaque presque instantanément s'accélère. Susan estime néanmoins qu'on ne pourra pas juger de l'efficacité de la potion avant plusieurs heures, et Maninder propose à tous d'aller se reposer avant une autre nuit de veille – "car il s'agit d'en finir". Dans la petite chambre qui m'est allouée, je décide d'appeler Ron, Drago et Archi. Le premier sait où je suis - «entre ma sœur et ta mère» - et accepte tout de suite le rendez-vous que je lui propose le lendemain à la Fondation en fin de journée. Le second ne répond pas, et je lui laisse un message proposant une réunion de travail à trois au laboratoire de la Fondation le lendemain. Reste ensuite Archi qui répond immédiatement.
« Une bière ce soir ? »
« Ça m'étonnerait, je suis probablement à Sainte-Mangouste pour une deuxième nuit ».
« Waou. Vous êtes sur une piste ? »
« Je viendrais traîner par ici à l'aube si j'étais toi », je souffle en espérant que je prends la bonne décision.
« T'es un frère », il réponds sobrement, comme impressionné que je lui ai livré cette information.
« J'espère », je conclus avec sincérité.
Oooo
Le lendemain, Sainte-Mangouste représenté par Susan Smiley-Rogue annonce aux journalistes que l'antidote préparé avec l'aide du département d'ethnomagie, représenté par Avinesh Maninder qui insiste pour que mon nom soit cité comme assistant, a été administré au jeune Ackerley et que le jeune homme réagit pour le mieux au traitement. Susan accepte de donner une interview à Archibald sans que j'y sois pour quoi que ce soit. Les parents Ackerley remercient avec effusion Maninder mais semblent toujours penser que mon nom revient un peu trop souvent dans cette affaire pour que je sois entièrement blanc de tout soupçon. Je n'arrive pas à leur en vouloir.
Je n'ai le temps de dormir que quatre heures avant de retrouver mes crapules lycanthropes. Vu mon état de faible vigilance, je décide de ne pas tenter de fabrication de potions, et on se contente de revoir des éléments et de les classer. Ce n'est sans doute pas le cours le plus satisfaisant que je leur ai dispensé, mais j'y survis. J'ai ensuite deux heures de tutorat avec une jeune Congolaise réfugiée en Angleterre. Sa connaissance pratique des potions est absolument sidérante mais elle n'a quasiment aucune notion théorique. Après avoir testé plusieurs méthodes, on est arrivés à préférer qu'elle me raconte comment elle fabrique ses potions et que moi, je reclasse les éléments et les procédures dans leur contexte théorique. Aujourd'hui, je m'embrouille moi-même plusieurs fois, et c'est elle qui finit par me dire qu'on ferait mieux d'en rester là. Je m'écroule donc ensuite dans le labo de la Fondation jusqu'au moment où Drago y introduit Ron. On installe de concert les sortilèges de silence et de détection de mouvements dans le couloir que l'on peut connaître tous les trois. On n'est pas moins nerveux quand on s'installe sur les tabourets et qu'on se fait face.
« L'idée était de faire le point », lance courageusement Ron, « de voir avec le recul ce qu'on a appris de cette soirée »
« C'est une technique d'Auror ? », questionne Drago sarcastique. « Je suis impressionné ! »
« Si c'était une enquête, on aurait eu des dossiers sur Teuffer et sa bande avant d'aller en infiltration », lui répond sèchement Ron. Je retiens mon envie de soupirer.
« Est-ce qu'on pourrait avoir ça autrement ? », je demande plutôt.
« Tu peux aller voir ta mère », me renvoie Ron avec cette expression de défi complexé qui m'a toujours si sûrement exaspéré chez lui.
« Disons que je ne le souhaite pas », je réponds avec un calme que j'espère calqué sur Remus.
C'est au tour de Ron de soupirer.
« La seule option que je vois, j'y ai un peu réfléchi, c'est que je mette mon chef au courant... que je l'appâte disons, avec l'idée qu'un informateur m'aurait parlé de ces personnes et de leurs possibles trafics... et qu'il demande une information aux différents services : police magique, police moldue... Kahn n'est pas un allié de ta mère, bien au contraire, et il serait sans doute content de venir empiéter sur ses terres, si tu vois ce que je veux dire... »
« Putain d'option », je commente sombrement alors que Drago regarde Ron avec un intérêt nouveau. J'imagine qu'il ne l'envisageait pas ayant un sens politique. Les préjugés sont des choses terriblement solides.
« Peut-être est-ce trop tôt », reprend Ron conciliant. « Essayons d'abord de faire le tour de ce que l'on sait, de ce qu'on pourrait creuser tous seuls, plus on aura d'éléments et plus il sera facile d'aller voir qui que ce soit ». On approuve silencieusement, Drago et moi, et Ron continue : « Moi, j'ai remarqué leurs tatouages. »
« Leurs quoi ? », je répète stupidement – vous pouvez mettre ça sur la fatigue si vous êtes gentils.
« À chaque fois que quelqu'un s'est intéressé à moi et à mes pseudo-relations, il s'est arrangé pour me montrer son poignet ou son avant bras. Au début, j'ai juste noté la manœuvre et puis j'ai vu qu'ils portaient tous un tatouage à cet endroit – pas le même sauf que j'ai fini par distinguer trois lettres qui revenaient... »
« X,I,C », complète Drago.
« Xic ? », je répète encore une fois. « C'est quoi, un groupe de musique moldu slave ? »
« Aucune idée », me répond mon cousin Black. « Je n'ai jamais cherché à savoir. En fait, jusqu'à maintenant, j'avais soigneusement évité de trop poser de questions ou d'en apprendre plus ! »
Son aveu - plutôt sa répétition, car depuis le début, il répète qu'il a cherché à ne rien apprendre - me ramène à une question qui m'intéresse beaucoup plus que les éventuels tatouages d'une bande de mecs qui jouent entre les deux mondes.
« D'ailleurs, Drago, il ne serait pas temps que tu nous racontes comment tu es entré en contact avec eux ? », j'ose donc demander.
Je m'attends presque à ce qu'il refuse de s'expliquer, mais il semble assez content de raconter finalement.
« Une fille, la promo au dessus de moi, m'a approché... Elle fait partie de la cour de Teuffer. »
« Quelle fille ? », questionne Ron avec un ton d'Auror – et je sais le reconnaître.
« Hermosa McNair. »
« McNair a une fille ? », je m'exclame, sidéré de ne pas le savoir, surtout si cette fille a peu ou prou notre âge.
« Une nièce. Sa sœur a épousé Iñigo Fioralquila – il a été l'équivalent du Ministre de la Magie en Espagne, je crois. Ils ont eu trois filles, Hermosa est la plus jeune. Son nom exact est Hermosa Fioralquila McNair...»
« Eh bien, tu en sais des choses sur elle ! », s'étonne Ron.
« Narcissa la tenait comme l'une des jeunes filles de mon âge au sang assez pur pour que je puisse envisager de l'épouser », explique Drago avec ce faux détachement qu'il affiche à chaque fois qu'il doit faire mention de ses parents. Sirius en moi voudrait lui serrer l'épaule, Ron lui veut clarifier :
« Et elle est venue vers toi comme ça ? »
« Mais oui », répond Drago l'air sincèrement surpris de la question. « Elle m'a dit qu'elle avait failli ne pas me reconnaître avant de faire la relation entre le nom que j'utilise et celui de ma mère... Mon choix l'interpellait, et j'ai sobrement expliqué que je ne porterais pas le nom d'un homme qui avait déshonoré ma famille. Elle s'est mise à m'inviter aux dîners qu'elle organise dans la maison londonienne de sa mère – comme Andromeda n'arrête pas de me conseiller de voir du monde, et Greengrass de me faire des relations, j'y suis allé. J'ai même emmené Daphné et Astoria la seconde fois », il ajoute avec une légère grimace – ça n'avait pas dû bien se passer. « La troisième fois, Teuffer était là. On ne s'est pas parlés, mais Hermosa m'a dit après que je l'intéressais... »
« Comment ça ? », insiste l'apprenti-Auror.
« Eh bien, Teuffer savait que j'avais de bons résultats en potions, que je venais d'une famille pure, ça vous paraît peut-être étonnant, mais ça l'intéressait... », crâne Drago, et je sens qu'il se reproche maintenant d'avoir été attiré par le jeune homme brillant et léger qui régnait sur les couloirs de potions. Je vois aussi comment il en arrive maintenant à imaginer Teuffer essayer de m'utiliser pour détourner un début d'enquête sur des empoisonnements d'étudiants dus à des potions illicites... Je peux être classé comme intéressant selon les critères énoncés par Drago, peut-être m'aurait-il proposé son aide si ma mère n'avait pas su ou voulu me tirer des pattes de la police magique.
« Et tu es passé par cette Hermosa pour nous faire inviter ? », reprend Ron, tout à sa propre enquête. Comme Drago confirme sobrement d'un signe de tête, il conclut : « Ne serait-ce pas par elle que nous pourrions en apprendre plus ? »
« Je n'ai jamais dit que j'accepterais de mener votre enquête ! », se garde immédiatement mon cousin.
« Drago, c'est toi qui nous as... », commence Ron, et je décide immédiatement que c'est une mauvaise façon de présenter les choses au nouvel héritier de la maison Black.
« Tu crois que nous ferions mieux d'en rester là, Drago ? », je m'interpose. « Ou qu'étant le premier concerné par cette enquête, je dois aller en parler avec Dora ? »
« Je la vois mal ne pas me traîner là-dedans », commente amèrement mon cousin.
« Peut-être parce que tu es quand même jusqu'au cou dans cette histoire », ne peut s'empêcher de lui faire remarquer Ron.
« Vous insinuez que plus d'informations me dédouaneraient de ne pas avoir... partagé plus tôt mes informations ? », questionne Drago après plusieurs longues secondes de réflexions.
« Je crois que c'est bien comme cela que Ron pose les enjeux avec la Division », je confirme.
« Bien, je vais essayer de dîner avec Hermosa », soupire Drago. « Astoria va être furieuse... »
oo
1) Les perso non canon intervenants ou cités dans ce chapitre. Par ordre d'apparition :
Avinesh Maninder Professeur d'ethnomagie d'origine sikh. Nationalité indienne.
Archibald McLeish, dit Archi Meilleur ami de Cyrus depuis le premier jour de Poudlard. Journaliste pigiste et auteur d'un feuilleton pour le Chicaneur. Héritier sans fortune d'un château en Écosse rempli de fantômes.
Malvin le Repoussant Fantôme de la famille McLeish. Cyrus et Archi l'ont fait temporairement disparaître avec deux autres fantômes par une mauvaise manipulation de potions. On trouve tout ça dans l'Inné et l'acquis. Archi se sert de son nom comme pseudonyme pour écrire un feuilleton pour le Chicaneur.
Joseph et Hyginus sont des spécialistes en potions de Sainte-Mangouste qui m'excuseront de ne pas leur avoir cherché de noms de famille.
Susan Smiley -Rogue Médecin à Sainte-Mangouste, elle est mariée à Severus Rogue. Ça y est, vous l'avez intégrée ?
Anton Begic Connaissance de Drago de Durmstrand - passeport bulgare, sang-mêlé, château dans les Carpates. Cyrus prend son apparence pour la soirée où Drago les emmène dans le chapitre 4.
Miroslav Ianninek Ami de Anton Begic, connaissance de Drago. Sang mêlé, "plus de passeports que de scrupules", Ron prend son apparence pour la soirée où Drago les emmène dans le chapitre 4.
Pour une fois, j'ai trouvé les noms de ces deux -là sans passer par une quelconque étymologie...
Hermosa Fioralquila McNair Nièce du McNair des livres et fille de l'ancien Ministre de la magie espagnol. Étudiante en potions, elle est l'amie de Kuno Teuffer et une connaissance de Drago. Son nom : Hermosa veut dire beauté en espagnol ; Fioralquila : fleur et aigle... Ne vous laissez pas trop attendrir par le beauté des fleurs et des aigles...
Kuno Teuffer Etudiant présenté comme médiocre en potions, connaissance de Drago via Hermosa McNair. Son passeport est suisse, et ses relations troubles... Kuno est un prénom germanique, signifiant clan et famille, et Teuffer est inventé par moi en partant de Teuffel, le diable en allemand... ça lui va très bien.
2 ) Je rappelle que Ackerley, Astoria et Daphné Greengrass sont des personnages canon, mais je les développe à ma manière. Il est peut-être utile de rappeler que Hypérion Greengrass, le père des deux dernières, a pris Drago sous sa protection et qu'il est chargé du développement de l'industrie magique dans le gouvernement de Scrimgeour.
Dans le prochain, on va retourner voir Harry à Venise... A-t-il déjà oublié Ada ? Quelles sont les prochaines étapes de sa formation ? ça s'appelle : De l'improvisation et de vieux préjugés
Toujours la playlist et des bonus sur mon blog, en attendant mercredi prochain.
