Bonjour!
Une publication hommage, un pied-de-nez à ceux qui outragent. Pas de mérite, elle était déjà écrite. Dame Inspiration s'est faite la malle, Miss Motivation a le vague à l'âme.
Rien de subtil, tout est fragile, comme la pauvre plume d'une auteur qui ne méritait pas tant de rigueur.
Bonne lecture pour cette minuscule aventure, juste 558 mots comptés, il faudra vous en contenter...
Cauchemar
À l'aube de l'aube, Watson ouvre un œil. Pâle clarté dans la chambre silencieuse, draps froissés qui dénudent un amant endormi, odeur de sexe et de sueur, réminiscences de la nuit. Il se tourne sur le côté, pour se mettre en face, juste pour le regarder, doucement, pour ne pas le réveiller
L'été a noyé Londres de chaleur qui descend à peine pendant la nuit. Désagréable sensation des vêtements collants la journée, juste retour des choses quand les corps dénudés peuvent se laisser admirer. Et là, il ne s'en prive pas.
Les iris azurs parcourent les formes, les boucles brunes éparpillées sur l'oreiller, la courbe de l'épaule, le creux de la hanche, le mont des fesses à peine dissimulées sous le tissus blanc. Puis le regard remonte sur les mains bien visibles, ces mains toujours en action quand il est réveillé. Là, les doigts sont juste posés, détendus, relâchés. Et il aime tant ces mains qui savent caresser, procurer bonheur et plaisir, rien qu'à lui. Aux autres, elles réservent les coups, les gestes dédaigneux, les adieux méprisants.
Puis le visage... si calme, immobile, figé dans la brume du sommeil. Les lèvres sont entrouvertes, laissant passer un souffle léger et régulier. Il a l'air plus jeune ainsi, plus vulnérable, il n'y a qu'avec lui qu'il se permet de se montrer ainsi. Parce que cela va de soi. Il voudrait le toucher mais se l'interdit, il est si beau ainsi.
Puis soudain, les sourcils se froncent, la mâchoire se crispe, le souffle se fait erratique. Un cauchemar.
Watson passe doucement sa paume sur la joue, un effleurement et pourtant, le logicien sursaute, arraché à des images dont il était prisonnier. Un instant hébété, les prunelles d'ambres disparaissent sous les paupières à nouveau baissées, plissées d'une douleur qui n'a pas de nom.
« Holmes? »
Juste son nom murmuré, une demande inquiète, un point d'interrogation suspendu dans le vide. L'autre ne répond pas, se contente d'encercler la taille du docteur pour s'en rapprocher, se nicher dans son cou. Ce dernier bascule au dos, entraîne avec lui et sur lui son doux fardeau, l'entoure de ses bras, l'un sous sur les omoplates, l'autre câline sa tête, perd ses doigts dans les cheveux. Il l'enferme, le serre, alors qu'il sent la respiration qui chatouille son torse s'apaiser.
Un coup d'œil, toujours cette petite ride entre les sourcils, seul témoin du rêve pas totalement enfui.
« Vous voulez m'en parler? »
Silence, les bras de Holmes se resserrent, son nez effleure la peau. Un léger soupire.
« Ne me quittez jamais.
- Non, jamais, je vous le promets. Rendormez-vous, il est tôt. »
Il embrasse la naissance de ses cheveux et affermit son emprise comme celle que l'on aurait sur un enfant en voulant le maintenir dans son giron. Il entend un autre soupir, de contentement cette fois, presque un ronronnement. Et leurs peaux nues se caressent un bref instant, juste le temps de se pelotonner l'un sur l'autre, jambes emmêlées.
Il y a des mots que l'on n'a pas besoin de se dire, d'autres qui doivent être serinés. Et le sommeil les emporte, amants enlacés, abandonnés, heureux dans ces instants les plus intimes, les plus sacrés.
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"Il ne faut jamais regarder quelqu'un qui dort. C'est comme si on ouvrait une lettre qui ne vous est pas adressée. " - Sacha Guitry
Voilou, c'est finitou!
Et attention à vous qui reviewez, vous ne savez pas combien vous pouvez blesser.
Ceci n'est peut-être que de la prose de bas-étage, alors, vos critiques, vos injures, votre mépris, n'en faites pas l'étalage. Car moi qui tente de vous mépriser en retour, je n'y parviens pas, n'en garde que que le coeur lourd.
Ecrire sur l'amour et en retirer de la haine, paradoxe de l'âme humaine... je crois que c'est pour ça que je n'aime pas dire "je t'aime".
