Bonjour!
Histoire de dire que je ne suis pas morte, désolée pour ceux à qui je ne donne pas de nouvelles, les emmerdes de toutes natures s'accrochent à moi comme de la glu. Pour la fic en cours, elle attend, vous attendez, nous attendons. M'enfin...
Une fable écrite il y a un moment pour m'amuser, avec des termes musicaux. Je ne suis pas spécialiste, musicienne autodidacte, mélomane à mes heures sans rien y connaître.
Bonne lecture!
Violon
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Il est une sorte de gens qui ne sait pas dire ses sentiments. Il est une sorte de gens qui a apparence de limier. Il va plus vite que le reste du monde, un toubib dans ces pas. Qui tente de suivre, qui lit, qui déduit. Qui décrypte les arpèges et les accords imparfaits.
Car le violon dit tout.
La colère quand les notes dissonantes ressemblent à des cris de chat qu'on égorge... avec une petite cuillère. Oreiller sur la tête, ça ne suffit pas à rendre muette la bête. Et toubib de jurer et prier pour que la torture s'arrête.
Parfois, l'extrême réflexion où, au milieu des informations, l'une revient sans cesse. C'est un leitmotiv, répétition de Wagner. Et toubib de patienter que l'idée fasse son chemin, qu'il n'ait plus qu'à l'écouter.
D'autres moments, ce sont juste œuvres de mélomanes. Les notes glissent sous l'archet qui a l'air fait de soie. C'est une douce mélodie, jouée devant les braises rougies. Et toubib alangui sur le canapé, yeux fermés, sourit et se contente de se laisser bercer.
Le violon dit tout, même l'impensable, même ce pour quoi il n'y a aucun mot.
Holmes yeux fermés, instrument sous le menton, fait glisser le long bâton sur les cordes. Tout commence pianissimo, la cadence se hausse, les notes s'enfuient allegro puis redeviennent sourdine. Et toubib écoute, ressent, les yeux liquides, cet hymne créé rien que pour lui.
Le violon peut valoir des millions.
Stradivarius donnait un nom à chacune de ses création. Le Viotti, le Soil ou encore le Messie, celui qu'il garda jusqu'à la fin de sa vie. Le plus bel instrument de Sherlock Holmes s'appelle John Watson.
Dans le secret de leur chambre, en duettistes, ils jouent partition toujours renouvelée, jamais la même, n'en sont jamais lassés. Les doigts courent sur la peau comme sur des cordes, dans une totale harmonie. Les voix se font basses pour murmurer à l'oreille, mots indécents ou justes charmants. Les gestes sont au diapason du cœur qui bat la sarabande.
À tour de rôle, ils endossent l'habit du chef d'orchestre dans une impudique nudité. Le prélude est doux, attentionné. L'un entre dans l'autre avec lenteur, bémol dans l'acte de pénétrer, pour ne pas blesser. Puis c'est un contrepoint de mouvements de hanches qui va crescendo dans une gamme de soupirs et mélopée de gémissements, psalmodie des prénoms.
Tout se termine dans un frisson, une fugue de semence qui laisse les corps haletants et tremblants.
Un baiser scelle l'union des gens heureux. La plus belle des musiques est le silence de la bouche aimée.* Celle que l'on aime caresser de ses lèvres gonflées. Celles d'un toubib et d'un limier...
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(*) Gerardo Diego
Ce fut très court... à bientôt... j'espère.
