Playlist
Bien sûr, il y a les guerres d'Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr, tout ce manque de tendre
Et il n'y a plus d'Amérique
Bien sûr, l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur vous monte au nez
Bien sûr, on marche sur les fleurs
Mais, mais voir un ami pleurer !
Jacques Brel, Voir un ami pleurer
XV. Harry. Des Intuitions et des Traditions
Quand Ron revient dans la salle à manger, il est blanc comme le linge damassé qui recouvre la table.
« Drago est à l'hôpital, il a été agressé », lui raconte tout de suite Hermione.
Ron ne peut sans doute pas blêmir plus, alors sa mâchoire se serre comme s'il retenait une douleur trop grande, et mon cœur immédiatement s'inquiète. L'intuition est une chose terrible.
« Qui d'autre ? », je souffle.
Est-ce la faute de la lune nouvelle si le monde semble s'écrouler autour de nous, je me demande quand mon pote d'enfance me jette un regard terriblement vide, comme si j'étais devenu transparent. Il finit par répondre, dans un murmure, quelque chose que j'ai d'abord eu du mal à croire.
« Cyrus. »
« Pardon ? », intervient Papa, battant Mãe d'un quart de seconde.
Hermione a la main devant la bouche comme si elle entrevoyait une vérité trop terrible pour être dite. Umbretta interroge Tiziano du regard, et mon ami, lui, a reposé son couteau comme s'il se tenait près à sauter de sa chaise pour courir au secours de je-ne-sais-qui pour la deuxième fois de la journée. Les jumeaux sont collés l'un contre l'autre comme deux chatons rescapés de la lagune. Seul, Tarquino a l'air indifférent. Face à nous tous, Ron se redresse très lentement comme s'il devait lutter contre un poids trop important pour rester debout avant d'articuler d'une voix aussi vide que son regard :
« Lieutenant Lupin, j'aimerais vous parler... »
Je ne sais pas s'il aurait pu mieux s'y prendre – j'y pense depuis, mais son choix de se confier à ma mère adoptive plutôt qu'à nous tous m'assomme plus que toute horrible vérité. Pas qu'à moi d'ailleurs si j'en juge par la tête d'Hermione. Mãe acquiesce lentement et ils sortent, mais le silence perdure après leur départ. Seul, Kane demande ce qu'il y a avec Drago et Cyrus, et Papa lui avoue qu'il ne sait pas exactement. Je ne pense pas qu'une autre réponse aurait pu être plus inquiétante pour Kane.
Je ne sais pas combien de temps, ils restent absent. Ça me paraît une éternité. Quand ils reviennent Mãe a l'air prête à exploser, et Ron a la tête basse.
« Cyrus est dans un hôpital moldu – Ginny et Arthur s'emploient à l'en faire sortir... Mais je pense qu'on n'a pas beaucoup d'autres choix que de rentrer », elle indique sobrement.
« Mais il a été attaqué par qui ? C'est lié à Drago ? », questionne Papa – digne porte-parole de nous tous.
« Sans doute », murmure Ron quand Mãe lui fait signe de répondre. « Ils menaient... nous menions... une sorte d'enquête... sur un réseau de potions... un réseau moldu et sorcier... »
« Ce n'était pas une enquête officielle », comprend sombrement Hermione.
Dire que je me sens aussi inclus dans leur conversation qu'un poussin dans une meute de renards est un euphémisme. Ron confirme d'un signe de tête honteux, mais la colère qui croît dans ma poitrine est insensible à toute pitié.
« Ron, comment un jeune Auror peut-il cautionner des enquêtes de... de cow-boy ? », questionne Papa, exaspéré.
«Remus, je... Franchement, on n'a pas mesuré tout de suite que Drago avait raison de penser que c'était un vrai réseau», essaie de se défendre mon ami. « Et... j'ai essayé d'en parler à Kahn mais ça ne l'a pas beaucoup intéressé », il ajoute avec dépit.
« Un Auror, son responsable », sous-titre sobrement Mãe.
« On part quand ? », j'interviens parce que Venise me paraît insupportable tout à coup.
« Je ne sais pas si nous devons tous partir à Londres », répond lentement Mãe en regardant Papa. « Nous pourrions déjà aller voir, Remus, Ron et moi, ce qui se passe vraiment... »
« Je n'envisage pas de rester ici sans Ron », indique alors Hermione, d'une voix sans passion mais aussi sans concession. « Ne le prends pas mal, Harry, mais je n'ai pas réellement la tête à plus de fêtes ou de visites... »
« Moi non plus », je réponds.
« En même temps, Harry, si on te laissait les jumeaux jusqu'à ce soir, le temps de voir comment s'organiser... », plaide alors Mãe. Et je me dis qu'il y a quelque chose que je ne saisis pas dans son raisonnement.
« Je peux les garder à Londres », je remarque donc parce que je ne suis plus enclin à laisser aux autres leurs secrets.
« Cyrus a été attaqué tout près de l'appartement », elle lâche à contrecœur.
Comme je comprends maintenant que son souci est la sécurité, je ne trouve pas d'angle pour contester le plan et je me contente donc d'acquiescer.
« Pas trop près des fontaines, hein, Harry », soupire Papa.
oo
Deux heures plus tard, Iris et Kane lancent des grains de mais pour attirer les pigeons et puis foncent sur eux pour les faire s'envoler. Je ne les quitte pas des yeux. J'ai dû décourager Umbretta et Tiziano de venir avec nous – je sens que toute la famille Cimballi a besoin de se retrouver. Après le départ des invités, Tarquino s'est enfermé avec ses parchemins dans son bureau et n'en est plus sorti. Tiziano pense que sa décision d'accepter le pacte l'a bousculé.
« En même temps, c'est ce qu'il a toujours voulu », s'est agacée Umbretta, « que tu reviennes, que tu reprennes sa place ici, que tu continues la dynastie ! »
« On peut vouloir des choses dans l'absolu et souffrir quand elles se produisent », a sagement commenté Tiziano. Il n'a jamais paru aussi sérieux et aristocratique, je trouve. « Mon père avait refusé cet héritage, pour suivre ma mère en Amérique latine... et aussi parce qu'il refusait d'être bloqué à Venise », il m'a appris.
« Et moi, je ne ferai pas d'héritier », a ajouté Umbretta – et sa douleur est tellement palpable que je m'étonne que Tiziano ne dise rien.
« C'est faux ça, tu sais, Umbrie », j'ai donc répondu, parce que ça fait un moment que leur position me fatiguait et que la journée avait fini de me rendre intransigeant. « Tu as du sang magique, et même si tu épouses un pur moldu, tu as des chances fortes d'avoir un enfant sorcier ! Pourquoi serait-il moins l'héritier des Cimballi que les enfants de Tiz ? »
« Moi, épouser qui que ce soit », elle s'est esclaffée douloureusement. Comme je n'ai rien dit – et Tiz non plus, elle a ajouté très bas :« Une Cimballi ne se marie pas avec un Moldu ! »
« Et ta mère ? », j'ai objecté.
« Vois comment ça a fini », elle a répondu amèrement.
Et j'ai dû inspirer trois fois pour ne pas hurler. Tarquino est un grand alchimiste, mais il a enfermé ses petits-enfants dans une vision extrêmement conservatrice de la magie – c'est à se demander comment il avait pu accepter la visite d'un lycanthrope !
« Tiz et Umbrie, je vous aime comme un frère et une sœur tous les deux : mais vous déconnez complètement ! », j'ai donc explosé en me disant que j'aurais sans doute dit la même chose de Ron ou de Cyrus. « J'admire votre famille, votre respect des traditions, tout ça, mais vous devriez apprendre à trier ce dont vous avez besoin là-dedans ! », j'ai asséné. «Ce pacte est une sacrée responsabilité, et je sens que tu l'as prise en connaissance de cause, Tiz, mais alors arrête de te poser en victime ! Si tu prends la tête de la maison Cimballi, peut-être pourrais-tu en profiter pour laisser ta sœur être heureuse, non ? »
« Harry, je serai toujours là pour la protéger ! », il a protesté, avec une réelle indignation dans la voix.
« Mais qui te demande ça ? Et la conduire à l'autel de son mariage avec l'humain de son choix ? »
Ils m'ont regardé comme si j'avais trois têtes, et les jumeaux étaient pétrifiés par ma colère – Papa leur avait tellement répété qu'ils devaient rester tout le temps avec moi, que je devais même les accompagner aux toilettes. Alors m'entendre hurler, ça ne le faisait sans doute pas.
« Venez les mômes, on va faire un tour », j'ai décidé.
Dehors, mes pas m'ont mené, sans que je l'aie trop décidé à l'Herboristerie où travaillent Ada et sa copine, Fiammetta. Elles sont préparatrices, je le sais depuis hier. Tout semble aller tellement vite en ce moment. Ada a été surprise de ma visite et encore plus que je sois accompagné.
« On a eu des problèmes avec les esprits d'une maison », je lui ai raconté. « Puis des urgences en Angleterre, et mes parents sont rentrés prendre la mesure des choses... Je ballade les petits... tu peux venir ? »
Kane et Iris ont levé des yeux curieux vers elle. Son grand tablier intégral noir, son chignon rebelle, ses yeux bleus, je ne sais pas ce qu'ils ont vu, mais elle leur a souri après un instant d'indécision.
« Je vais voir. Allez sur la place, je vous rejoins... »
Sur la place, ils jouent donc, libérés je crois d'être sortis du Palais et, moi, je les regarde en me demandant quelles traditions débiles on leur transmettra.
« Je n'ai pas beaucoup de temps », annonce Ada quand elle me rejoint. Sa longue jupe de velours gris et son grand gilet de laine brut la font passer autant pour une moldue qu'une sorcière. Des mèches s'échappent de son chignon, je la trouve très belle une fois de plus. « Ils sont mignons », elle estime en regardant mon frère et ma sœur courir à en perdre haleine.
« Kane est le portrait craché de mon père, avec des yeux gris », je réponds sans doute trop vite.
«Vraiment ?», elle s'intéresse pourtant. «Et ils vivent ça comment, la lycanthropie de leur père?»
« Hum, ils ne connaissent que ça, alors... Tu sais, moi, gamin, j'ai compris finalement assez tard ce qu'il devait surmonter... les préjugés des autres, et que m'adopter dans sa situation, c'était une sacrée bataille ! »
« C'est vrai qu'il t'a adopté... Je peux te demander pourquoi lui ? », elle questionne avec une réserve que je trouve touchante. J'ai fui les interviews sur le même sujet depuis mes sept ans, il est des questions plus difficiles pour moi.
« Il était l'ami de mes parents, disons même le seul survivant de leur petit groupe... Il n'a pas osé réclamer ma garde tout de suite mais il est venu voir comment je vivais dans la famille de ma mère... et il n'a pas pu me laisser là », j'explique pudiquement, je ne voudrais pas qu'elle pense que je cherche à l'émouvoir.
« Et tu as un autre frère ? », elle demande avec un geste qui indique qu'elle ne parle pas de Kane.
«Oui, d'ailleurs c'est à cause de lui qu'ils sont rentrés », je réponds et je sens cette colère sourde qui traîne sans but dans mes veines depuis ce matin. Pourtant, j'essaie de rester objectif dans ma présentation : « Il a été agressé et... »
«Il va beaucoup mieux », annonce Remus, arrivant derrière nous, me faisant sursauter. Il a parlé en italien avec ce rythme un peu étrange que donne un sortilège temporaire de traduction.
«Je ne me ferais jamais à ce que tu entendes ce que je dis d'aussi loin ! », je proteste.
«Je n'écoutais pas réellement, promis », il m'assure et tend la main à Ada. « Mademoiselle... »
«Aradia », elle souffle, les joues roses.
Il y a une drôle de flamme dans ses yeux quand elle soutient son regard.
«Ada se fait tout un monde de te rencontrer », je décide donc d'annoncer.
«J'espère que ce n'est pas pour de mauvaises raisons », répond lentement Papa.
«Il y aurait de mauvaises raisons ? », répond Ada avec un air innocent qui me semble un peu forcé sans que je puisse me l'expliquer.
«C'est une bonne réponse », il estime avec un rire que je ne m'explique pas plus. « Reprenons, il n'y a aucune raison d'avoir peur de me rencontrer, Mademoiselle.»
«D'accord », elle répond avec un sourire qui me paraît moins crispé.
Papa prend une seconde pour se tourner vers moi et changer de sujet.
«Harry, je vais ramener les jumeaux en Angleterre ; Dora est totalement prise par son enquête...»
«Alors vous savez ce qui est arrivé à Drago ? », je le coupe.
«Drago et ton frère menaient une petite enquête secrète sur des faiseurs de potions qui se font appeler les Onze Coupes, c'est sans doute la raison pour laquelle ils se retrouvent à l'hôpital avec de multiples fractures », raconte Papa après une infime hésitation. « Ron a eu la chance d'être ici au moment du règlement de comptes, finalement ! »
«Ron, Drago et Cyrus menaient bien une enquête », je reformule parce que mon sentiment d'injustice est colossal. «Depuis quand ? »
«Depuis des semaines... depuis l'affaire de l'empoisonnement en fait », répond Papa, l'air aussi sidéré que moi que tout ça ait pu se développer sans qu'il s'en rende compte. Moi, je comprends en plus que Ron et Cyrus m'ont menti quand j'étais à Londres et j'ai envie de pleurer.
«C'est une sale fin de vacances », je commente un peu au hasard.
«Un rappel à l'ordre, je dirais », répond Papa avec philosophie. «Mais ce carnaval reste un très beau cadeau, Harry, et j'espère que nous aurons d'autres aussi belles occasions. »
J'accepte ses efforts de consolation d'un geste de la tête, et il reprend :
« Je voudrais assurer Tarquino de mon amitié et le remercier, Harry, tu... »
« Il faut que je retourne à mon travail », comprend Ada en faisant déjà mine de s'éloigner.
« Attends, je vais sans doute accompagner mon père en Angleterre », je la retiens.
« Je ne crois pas que ce soit nécessaire, Harry », il intervient. « Cette affaire est traitée par la Division et par elle uniquement, comme elle aurait dû l'être dès le début. Il ne te reste que quelques jours de vacances avant de reprendre, profites-en ! »
« Mais j'aimerais bien voir Cyrus », je proteste sans doute un peu mollement.
« Là tout de suite, il est à l'hôpital... appelle-le demain », il tempère une nouvelle fois.
«Tu as peur que je l'engueule plus que toi ? », je questionne un peu amusé et exaspéré à la fois, les bras croisés sur la poitrine.
«Un peu, oui », il reconnaît en souriant. « Je t'attends chez les Cimballi », il ajoute en s'éloignant pour appeler les jumeaux.
«Bon, je vais l'accompagner, on se voit tout à l'heure ? », j'essaie de reprendre ma conversation avec Ada.
«Fiammetta voulait aller au Bal du Cygne, il compte parmi les événements les plus importants de la saison », elle m'annonce – et je me rends compte que tous mes soucis sont sans doute abstraits pour elle. Il s'agit de choses qui arrivent à des gens qu'elle ne connaît pas. Comme les traditions vénitiennes me restent en partie étrangères. Je me demande aussi brusquement si Fiammetta compte parmi ses "nombreux amis lycanthropes" dont elle m'a parlé. En fait, ça me paraît même relativement évident.
«Je ne sais pas si j'ai l'humeur pour aller à un bal », je réponds avec sincérité.
«Si tu te décides, tu sais où nous trouver », elle répond avec un sourire tranquille, une invitation.
«Ok », j'acquiesce gauchement, incapable de protester. Elle me glisse un baiser rapide avant de s'éloigner.
ooo
Au Palais Cimballi, Tarquino a consenti à sortir de sa chambre pour redire à Papa combien il s'excusait de l'incident.
«Les esprits avaient faim... depuis si longtemps », il a lâché sur un ton fataliste, « mon sang ne leur suffisait plus... le Palais allait s'effondrer et je refusais de le voir... »
«C'était un énorme sacrifice de votre part », a admis Papa très diplomate.
«La liberté de mon fils, puis de mon petit-fils », il a répondu en quasi transe.
Le visage de Tiziano était une dalle sombre et froide ; Umbretta était en larmes et moi, je devais me retenir pour ne pas hurler à nouveau qu'il serait temps d'être un peu plus libre avec leurs traditions. Mais je me suis tu et on en est resté à des échanges superficiels. Quand il a embrassé Kane et Iris, Tarquino leur a remis à chacun un médaillon aux armes des Cimballi. Tiziano avait le même – Umbrie aussi sans doute mais je ne l'avais jamais vu assez déshabillée pour le savoir.
«Cette maison est maintenant un peu la vôtre », il a solennellement annoncé.
«Tu aurais pu le faire avant !», a alors hurlé Tiziano. «Tu l'as fait exprès pour me prendre au piège», et il s'est enfui en claquant les portes derrière lui.
Tarquino a vacillé un instant, Umbretta s'est précipitée pour le soutenir, et Remus a soupiré avec la conviction de l'expérience :
«Il reviendra, Tarquino, il ne pense pas ce qu'il dit... »
Comme quelques heures auparavant, mon ami avait assuré qu'il avait pris la responsabilité de la maison de ses ancêtres de son plein gré, j'étais pas loin de penser comme Papa mais restait la violence de cette rébellion, et j'espérais que ce n'étaient pas mes reproches mal compris qui l'avait justifiée. J'aurais sans doute dû partir à sa recherche mais j'ai accompagné Papa et les jumeaux jusqu'à l'Agence des portoloins internationaux de l'autre côté de la lagune.
«Vous vivez tous un âge difficile », a estimé Papa à côté de moi sur le vaporetto choisi pour faire plaisir aux jumeaux. «Celui où il faut choisir les responsabilités qu'on souhaite prendre... »
«Il me semble que tu as attendu un peu plus que ça », j'ai répondu trop vite – mais je n'étais pas prêt à de la philosophie.
«A ton âge, Harry, je faisais comme James, Lily et Sirius partie de l'Ordre du Phoenix et c'était la guerre... je crois que c'était déjà pas mal », il a tranquillement protesté et, moi, je me suis senti imbécile.
« Ron, Drago, Cyrus, Tiziano... ils veulent à la fois faire face et garder ce qu'ils croient être leur liberté... C'est difficile », il a continué.
« Et moi ? », j'ai demandé avec ma confiance enfantine en son jugement.
«Toi, tu m'as l'air de chercher encore... mais quand je vois tes amis et ton frère, je me dis que c'est une stratégie qui en vaut une autre... »
« C'est une gentille façon de me dire que je ne prends pas de responsabilités ! », j'ai ri.
«J'aime autant que tu continues ta quête intellectuelle plutôt que tu te fasses exploser la mâchoire à coups de batte de base-ball comme ton frère... », il a soupiré.
«Pourtant tu le comprends », j'ai admiré.
« J'essaie », il m'a confié, et j'ai posé ma tête contre son épaule parce qu'il n'y avait pas grand chose à ajouter.
Ooo
Pour une fois, je ne prends pas une gondole pour revenir en ville ; je transplane. Ça m'évite de me demander une nouvelle fois si j'ai raison de ne pas accompagner mon père à Londres. Arrivé au Ghetto, j'essaie d'appeler Tiziano qui ne répond pas - j'hésite alors à retourner au Palais Cimballi - ayant l'impression que ma seule présence va rappeler de mauvais souvenirs- et puis je décide que je ne peux pas avoir l'air de changer mes habitudes à un moment pareil. Et n'importe quel autre soir, je serais repassé les voir.
Devant la porte, avant de sonner - ce que je fais rarement, je me rends compte que je ne peux pas prévenir Ada que j'arriverai un peu tard : elle n'a pas de miroir. C'est agaçant, je pense, il faudra que je lui en offre un. L'idée de lui faire un cadeau me donne un sourire un peu hors de saison quand la porte s'ouvre sur Tarquino. A son regard je comprends qu'il espérait Tiziano.
"Il n'est pas revenu", je commente un peu bêtement.
"Non, mais entre Harry, je serais content d'avoir un peu de compagnie", me répond Tarquino. Comment refuser ?
"Umbretta n'est pas là ?", je questionne en le suivant dans les méandres de la maison. Il ignore le salon ou la cuisine du rez-de-chaussée pour se diriger directement vers le grand escalier, puis vers ses appartements.
"Je l'ai convaincue de sortir rejoindre ses amies... Ce n'est pas à elle d'attendre son frère... et puis, qui sait, elle le croisera peut-être dans un bal..."
L'idée que Tiziano puisse nous avoir tous plantés là pour aller danser et profiter du carnaval me paraît peu crédible - même s'il aime la fête et la danse plus que quiconque ! Mais je garde cette opinion pour moi.
Nous entrons finalement dans son laboratoire - pièce où je n'étais entré qu'une seule fois jusqu'à maintenant. Trois grandes fenêtres s'ouvrent sur la lagune. Une lunette astronomique est plantée devant celle de droite. Un lutrin très ouvragé fait face à celle du milieu : un de ces lutrins hauts devant lesquels on lit debout. J'imagine Tarquino lisant, ainsi, des nuits entières, observant la lune se lever et se coucher, et je suis ému. Un énorme tome relié de rouge est ouvert sur le lutrin ; la page marquée par un ruban de cuir violet embossé d'or. Sans réellement le décider, je lis le titre de la page, écrite à la main en lettres gothiques et en latin : "De Lunae Magiam Delinitionisque" - De la magie lunaire et des manières de l'amadouer, je traduis avec une grimace. Je ne sais pas quelle conversation je crains le plus : la fugue de Tiziano ou le Pacte avec les esprits de la maison !
"Si la théorie t'intéresse", explique Tarquino en s'asseyant dans un des sièges curules qui sont disposés devant la troisième fenêtre, "ce texte explique relativement clairement comment créer une amulette protectrice comme celle que j'ai donnée à Kane et Iris... une magie déjà connue de nos ancêtres étrusques", il ajoute. "Maddalena Tuleti prétendait qu'elle pouvait même être étendue aux Moldus... Il faudrait essayer pour vérifier, évidemment..."
"La théorie m'intéresse", je reconnais lentement. "Je ne m'attendais pas à que vous lisiez Maddalena Tuleti, Tarquino !"
"J'ai lu bien des choses, Harry !", il souri furtivement. "Peut-être même trop, mais quand... Je ne sais pas si tu connais l'histoire mais, il y a dix ans, les esprits ont voulu prendre Tiz et Umbrie..."
"Ils m'ont dit cela très vite", je lui réponds parce que je pense l'histoire douloureuse pour lui et que je ne souhaite pas l'obliger à la répéter.
"Après cet...incident, j'ai lu tout ce qu'on pouvait lire sur les magies de lune", reprend Tarquino tout à ses souvenirs. "J'ai lu en italien, j'ai lu en allemand et en latin, j'ai fait traduire du russe, de l'arabe, du perse et du finnois... J'ai réactivé mes souvenirs de grec et j'ai acquis toute cette bibliothèque", il conclut en désignant les rayonnages derrière moi. "S'il avait fallu s'en remettre à la technologie moldue, je l'aurais fait pour être sûr que jamais mes petits enfants ne courraient de nouveau un tel risque !"
J'opine - je ne vois que cela à faire.
"J'ai fini par trouver la trace de cette amulette - notamment dans les écrits de Tuleti - mais il a fallu encore des années pour trouver comment la fabriquer et comment la régler. Je ne sais cela que depuis moins de deux ans !"
"Et vous n'en avez pas parlé à Tiziano ?", je m'étonne.
Il secoue la tête, va parler, se ravise et puis se décide.
"Je ne peux pas faire autrement que te raconter toute l'histoire", il soupire. "Je préférerais que ce soit Tizzi qui soit là et m'écoute, mais peut-être est-ce mieux que je te la raconte à toi aussi... que tu comprennes et que tu saches, peut-être sauras-tu l'aider, Harry ! Tu es tellement plus sage que lui !"
"Moi ?"
Il fait de grands signes de la main à la fois pour m'interdire de dire le contraire et aussi pour m'amener à m'asseoir dans le siège à côté de lui. Une nouvelle fois, je ne sais pas lui refuser.
"Guerino, mon fils, avait refusé le Pacte", il commence avec une voix pleine d'émotion. "Avec Loredana, sa femme, ils voulaient voyager, vivre, ils disaient ! Il pensait sans doute avoir le temps ! Je l'ai laissé faire ! Je respectais sa liberté ! Je me croyais moi aussi assez fort pour attendre qu'il revienne et s'installe dans cette maison, bâtie par ses aïeux, avec sa femme et ses enfants. Loredana était très belle - Tiz t'a montré un portrait d'elle ?", il raconte changeant sans cesse de sujet comme s'il craignait d'en venir au fait
"Non", je réponds poliment, m'inquiétant vaguement de devoir passer une longue soirée à écouter les souvenirs de Tarquino.
Le grand père de Tiziano soupire à ma réponse et secoue a tête comme si ça confirmait quelque chose.
"Mais ils sont morts, tous les deux, dans cette pyramide, loin de moi, loin de Venise, de la protection de cette maison ! lls ont laissé deux enfants, si jeunes, si innocents - la seule chose qu'il restait d'eux ! Je les ai recueillis - les parents de Loredana étaient effrayés à l'idée d'élever des enfants magiques - comme s'ils ne l'avaient pas déjà fait !", il ajoute avec un air sincèrement désolé. "Mais la mort de leur fille les avait détruits - ils sont morts très peu de temps après. Comme ça, comme on éteint la lumière un soir... Moi, je les ai enviés, sais-tu, Harrry ? J'aurais bien rejoint mes morts - Alma, ma femme, Guerino, mon fils... Mais je me suis battu, quand même, pour Tiz et Umbrie ! "
Une fois de plus je ne vois rien à faire de plus qu'acquiescer. Je pense furtivement à Remus - à ce qu'il m'a avoué de son désespoir à la mort de mes parents et à l'emprisonnement de Sirius. A cette envie d'abandonner une partie trop difficile qui l'avait empêché cinq années de venir même me voir... et à ce qu'il avait construit pour moi et sur moi... Je me demande ce que je serai un jour capable de faire de cette façon.
"Dès qu'ils sont arrivés dans cette maison, j'ai craint la vengeance des esprits", reprend Tiziano, tout à son propre récit. "Guerino les avait défiés, je savais qu'ils exigeraient une contre-partie. J'ai lu à m'en user les yeux, j'ai interrogé tout le monde, mais personne n'avait de solution absolue... seul le sang nourrit le pacte, seul le compromis lui donne vie... Tu comprends, Harry?", il me presse, et j'opine, la gorge serrée par l'ampleur de ses inquiétudes rétrospectives. Mais sans doute, personne mieux qu'un briseur de sorts ne peut comprendre les termes du Pacte.
"J'ai essayé de négocier, tu sais, je les ai suppliés, à genoux, de laisser Tiziano devenir grand et fort avant d'exiger son sang ! Et j'ai cru qu'ils m'avaient entendu ! Ils avaient demandé que les enfants soient près d'eux et j'avais accepté... Si j'avais su Harry, j'aurais peut-être plutôt laissé cette maison s'écrouler !"
"Pardon ?", je ne peux m'empêcher de laisser échapper. Si je pensais que Tarquino tenait à une seule chose, c'était à cette maison. Il avait tellement refusé de s'en écarter, même quand sa santé était en jeu, et là il parlait de la laisser redevenir poussière ?
"Je dois tout dire, Harry, maintenant", il murmure, défait. "Je ne savais pas que la fontaine leur parlait", il m'assure avec l'air de penser que je pourrais mettre sa parole en doute. "Qu'elle disait à Umbrie de s'approcher, de venir près d'elle, de l'écouter! Qu'elle lui chantait des chansons ! Ni qu'elle rappelait à chaque instant à Tizz qu'un jour, il devrait se soumettre. Ils ne m'en ont jamais rien dit ! Cinq années, ils ont entendu la fontaine et jamais ils n'ont rien dit !", il répète avec colère et désespoir.
Je repense à Umbrie qui avait raconté que la fontaine leur disait des choses différentes à Tizz et à elle. J'avais un peu intuitivement pensé que les esprits lui parlaient différemment parce qu'elle était cracmolle, mais Tarquino avait l'air d'interpréter cela autrement.
"Un jour, la fontaine a réussi à attirer Umbrie, la veille de ses sept ans, le jour du printemps !", se désole maintenant le vieil alchimiste.
"C'était la lune nouvelle ?"
"Oui", il soupire en secouant la tête. "Quand Tizz s'en est rendu compte, il n'a pas pensé à m'appeler : il a oublié toutes les consignes que je lui avais répétées cent fois! Il a voulu la sauver, il a obéi aux esprits !"
Tarquino pleure maintenant, son chagrin est immense, et moi, je me rends compte que de la sueur froide coule dans mon dos. C'est comme si la peur de ce matin se nourrissait de ce deuxième souvenir pour m'enfermer dans ses filets glacés.
"J'ai failli arriver trop tard, Harry ! J'ai donné tout mon sang, je voulais me couper un doigt, une main, ce qu'ils voulaient, mais les esprits ne voulaient rien entendre ! Il ne voulait plus de mon sang, pauvre et vieux, ils voulaient un sacrifice ! Un enfant mâle ! J'ai plaidé, pleuré... finalement, quand je n'y croyais plus, ils m'ont rendu Tiz..."
"Mais ?", je questionne, terrifié par avance par la réponse mais convaincu qu'un tel résultat n'avait pu être obtenu sans contrepartie.
"Ils ont pris la magie de Umbretta", répond Tarquino dans un souffle.
"Pardon ?", je m'exclame pour la seconde fois. C'est presque encore plus incroyable que l'affirmation précédente. Prendre la magie d'une autre créature vivante ? C'est ce qu'on lit dans les vieux grimoires et qui fait rire les professeurs ! Ce n'est pas de la magie, c'est de la fiction !
"Elle n'aurait peut-être jamais été une grande sorcière, Harry, j'ai essayé de me dire ça des nuits entières pour pouvoir dormir. Mais je ne saurais jamais la vérité : les esprits ne m'ont rendu Tiz, non : Tizzi et Umbretta, que contre la magie d'Umbrie... Et ils ne m'ont même pas demandé - je ne peux pas dire que j'ai été victime d'un monstrueux marché ! Ils ont dit: 'si le garçon est le futur maître de la famille, le garant de notre avenir, alors, nous lui laissons la vie... la fille est jolie, elle chante bien, nous aimons son chant... nous lui laissons le souffle...mais nous prenons sa magie..' Qu'est-ce que je pouvais faire, Harry, dis-moi ? Che cosa potevo fare?"
Mon impuissance à lui répondre est terrifiante. J'ai vécu moi même des épreuves magiques relativement poussées, mais j'ai toujours su qu'il aurait été pire de voir ceux que j'aimais les affronter ! Il n'avait qu'à regarder la tête des autres autour de moi pour le savoir !
"Tiz le sait", je saisis en repensant à la façon dont il protège Umbretta et parfois lui en veut. Son manque de magie est sa culpabilité, je comprends. Il a désobéi, elle a perdu sa magie. Et elle est sa petite sœur.
"Il a fini par relier tous les fils", acquiesce Tarquino. "Mais il se trompe quand il pense que je n'ai pas mieux protégé Umbrie alors que je le pouvais ! Si j'avais alors connu ces médailles, aurais-je pu sacrifier Umbretta juste pour le piéger lui ?"
La colère surprenante de Tiziano au moment de la remise des médailles aux jumeaux prend un nouveau sens avec les paroles de son grand-père.
"Je ne crois pas qu'il puisse penser cela", j'articule lentement en espérant ne pas me tromper.
"Tiz a fini par penser qu'il devait réparer toutes les fautes réelles ou imaginaires de son père, Guerino", regrette maintenant son grand-père. "Devenir briseur de sorts, porter le pacte... il ne se laisse aucune porte de sortie !"
"Épouser une sang-pure", j'ajoute volontairement. Il ne me semble pas que je puisse faire du mal à Tarquino en allant au fond des choses.
"Je sais, Harry, je sais... Il dit que c'est ce que je veux - il peut même le hurler quand tu n'es pas là, mais ce n'est pas vrai.. J'adorais Loredana, je n'ai jamais critiqué le choix de Guerino et je serai tout aussi heureux d'accueillir ici la femme qu'il aura choisie, Harry. Je le voulais libre, Harry, comme son père, pas moins que lui ! - Bien sûr, je suis content qu'il soit près de moi, mais..."
"Ce n'est pas un piège", je termine pour lui, convaincu qu'il ne me ment pas.
"Si tu pouvais lui faire entendre", il me supplie en prenant mes mains.
"Je vais essayer", je promets aussi ému que lui.
J'attends plusieurs heures auprès de Tarquino. Je lis une partie du texte posé sur le lutrin mais mon esprit est incapable de se concentrer sur la méthode de fabrication des amulettes. Umbretta finit par rentrer - les joues rosies par la fête et la danse. Quand elle me voit à côté de son grand-père, elle craint si fort que quelque chose soit arrivé à Tiziano qu'elle hurle - plus fort que je n'ai jamais entendu hurler.
"Non, Umbrie, non, ce n'est pas cela", lui promet son Grand père en l'attirant contre elle alors qu'elle déchire ses propres vêtements et sanglote à n'en plus finir. "S'il lui était arrivé quelque chose, je le saurais, Umbrie... La maison le dirait.. maintenant qu'il s'est lié à elle... elle le dirait, Umbrie, il va bien !"
Quand elle est un peu calmée, il insiste après pour qu'elle boive une tasse de chocolat - qu'on en boive une tous ensemble, et personne n'ose le contredire. On se retrouve ainsi dans la cuisine à tourner une cuiller dans une belle tasse de porcelaine sans trop rien boire du breuvage pourtant odorant. Je regarde Umbrie en essayant de sentir son aura - de sentir sa part magique. Ou le vide qui pourrait le remplacer. Elle finit par me jeter des regards interrogateurs, et je veux prendre congé, mais Tarquino et Umbretta insistent pour que je reste dormir là. Ils insistent tant et si bien que je n'ose refuser.
Je prends la chambre laissée vide le matin même par les jumeaux. Volontairement, pour être près de la fontaine et aussi, symboliquement, près de ma famille. J'emprunte un hibou aux Cimballi pour envoyer un message à Ada - m'excusant de ne pas venir la rejoindre ce soir en raison de la disparition de Tiziano. Je lui ai tant parlé de lui que je me dis qu'elle comprendra. Je l'espère. Je regrette déjà de ne pas avoir exigé de réponse quand mon miroir communiquant sonne. C'est Hermione, je vois et je prends son appel. Elle est en larmes - elle aussi.
« Harry, je suis désolée, je ne savais pas avec qui en parler... »
« Je suis content de t'entendre, Hermione », je lui assure. « Je regrette quasiment de ne pas avoir fait fi de l'avis de Papa et d'être resté ici ! »
« Je ne crois pas que tu te sentirais très utile, Harry », elle soupire. « L'enquête est entre les mains des Aurors – et tant mieux. Ronald est bien le seul qui va continuer à y bosser et encore sous le contrôle direct de ta mère – son mentor a refusé de confirmer qu'il lui avait parlé du réseau XIC et de leur enquête... il y aura peut-être un blâme », elle ajoute, mais je sens qu'elle n'en est pas réellement mécontente. Comme Hermione n'est pas quelqu'un de vindicatif, je mesure que les répercussions de tout ça sont profondes et dépassent mon propre sentiment de trahison.
« Tu es où, là ? », je questionne doucement.
« Notre appartement est jugé trop dangereux, vu que ton frère et Drago ont été attaqués près de chez eux... Je ne me voyais pas aller vivre au Terrier... de toute façon, Ron dort quasiment à la Division... Je suis chez mes parents », elle explique. Et je comprends les larmes.
« Je vais étrangler mon frère dès que j'en aurais l'occasion », j'essaie.
« Ça serait trop simple si c'était réellement sa faute ou celle de Drago », elle me rappelle. « Et Ron le reconnaît, il a été de toutes les décisions... même de celle de faire confiance à Kahn plutôt qu'à ta mère pour faire reprendre l'enquête par les autorités compétentes ! »
« Bon alors je vais étrangler mon meilleur ami, mon frère et mon cousin par alliance », je résume.
« Je serais contente de t'avoir parlé avant qu'on t'enferme pour le reste de ta vie à Azkaban », elle rit nerveusement. « Et toi, tu es où ? »
« Chez Tiziano », je souffle.
« Ne me dis pas que tu t'es disputé avec Ada ! », elle se désole avec sincérité.
«Même pas... mais Tiziano n'est pas rentré et les Cimballi m'ont demandé de l'attendre avec eux», j'explique en me demandant si je suis capable de résumer avec des mots ce que j'ai appris sur la fontaine et les esprits de la maison. Je suis sûr que tout cela passionnerait Hermione, qu'elle aurait même peut-être les moyens et les ressources d'aider le vieux Tarquino dans ses recherches, mais tout cela me paraît inracontable là, maintenant, tout de suite.
«On ira sans doute tous mieux demain quand il fera jour », elle essaie courageusement.
Il est certain que la journée a été terriblement longue, je concède mentalement.
« Oui, tu as raison », je réponds donc. « Merci d'avoir appelé et n'hésite pas à me rappeler quand tu en as envie ou besoin ! »
« Toi aussi, Harry. »
« Je n'y manquerai pas. »
oooooo
1) Les Vénitiens - je sais, ils finissent par être nombreux :
Fiammetta Rossi Sorcière italienne, herboriste, copine de Ada. Elle est rousse et légèrement dévergondée. Son prénom veut dire petite flamme.
Aradia Tuleti, dite Ada Sorcière florentine, herboriste. Elle descend de Maddalena Tuleti, sorcière qui a voulu partager la magie avec les moldus et porte le prénom de Aradia, sorcière toscane, connue des Moldus elle-aussi. (Maddalena Tuleti, Charles Leland et Aradia sont des personnages "historiques" - je ne vais pas m'étendre ici, mais je mettrai mes sources sur mon blog)
Alma Cimballi Mère de Guerino, femme de Tarquino. Son prénom veut dire âme.
Tarquino Cimballi Alchimiste, grand-père de Tiziano et Umbretta, il les a élevés après la mort de leurs parents, Guerino et Loredana.
Guerino Cimballi, Fils de Alma et Tarquino, briseur de sorts, mort tué par un feudeymon dans une pyramide d'Amérique latine. Père de Tiziano et Umbretta. Son prénom veut dire le gardien.
Loredana Cimballi. Epouse de Guerino. Briseuse de sorts, née moldue, morte tuée par un feudeymon dans une pyramide d'Amérique latine. Mère de Tiziano et Umbretta. Son prénom a été inventé par George Sand.
Tiziano Cimballi. Etudiant briseur de sorts, ami de Harry.
Umbretta Cimballi. Pianiste. Née sorcière mais ayant perdu ses pouvoirs à l'âge de sept ans. Son prénom veut dire petite ombre...
Le prochain revient à Cyrus, à Poudlard, à l'enquête... Il s'appelle pour l'instant Des protections et des aveux
