Playlist
L'un court le monde, cherche une blonde
L'autre écrit sa vie, dans une chambre sombre
Un autre est magicien, change tout de ses mains
De ce qu'ils font demain, nul ne sait rien
Qu'ont-ils en commun
Si ce n'est que rien
Ne leur ressemble
Téléphone, Les Dunes
Vendredi 30 mars, samedi 31 mars
XXIV. Cyrus. Des choses publiques et des jardins secrets
"Pourquoi on finit toujours par attendre dans ce salon ?", questionne à haute voix Ginny après le dîner.
Ça fait bien deux heures maintenant que les jumeaux sont couchés. Après un moment d'hésitation, Severus est retourné auprès de sa femme, comme presque tous les soirs maintenant que Pasten est devenue directrice de la maison Serpentard.
"Et ça se passe comment ?", a voulu savoir Harry une fois qu'il a intégré la nouvelle donnée.
"Qu''est-ce que tu veux savoir, Harry ? Si Pasten s'est faite digérer par les Serpents ? Ou si Severus a cessé de confondre sa maison d'origine et sa famille ?", a ironisé Papa.
"Pourquoi tu ne l'as pas fait avant, alors ?", l'a questionné mon frère.
"Parce qu'il n'était pas prêt", a cryptiquement indiqué Papa, dans une de ses meilleures imitations de grand-père Albus.
Peu de temps après, Remus est parti faire une inspection des couloirs à la demande de Monsieur Rusard. Il ne répond pas souvent positivement à ce genre de sollicitations - ou alors il s'était abstenu de le faire pendant toutes ces années où il risquait de tomber sur nous. Mais en fait, je pense qu'il préfère cette excuse d'aller marcher plutôt que de tourner en rond ici ou de ressasser avec nous la liste (trop courte) de ce que nous savons et celle (trop longue) des choses que nous ignorons.
"Au moins, on n'est inquiet pour personne directement", je réponds donc à Ginny en avançant mon fou. "Mat, Archi, je crois."
"Merlin, Cyrus, je l'ai pas vu venir !", râle mon ami. Faut dire que c'est la troisième fois en une petite heure.
"Désolé", je m'excuse sincèrement - j'aurais peut-être dû le laisser gagner.
"Pas de quoi", il soupire en se rejetant sur le dossier du fauteuil. "C'est pas comme si ça m'étonnait vraiment !"
"Je prends le gagnant", annonce Harry, qui depuis une heure tourne les pages de nos albums de famille avec sa petite Italienne.
Ada adore complètement le Harry entre cinq et dix ans, "trop mignon" et "ces horribles lunettes que tu portais petit, heureusement que tu as arrêté !" Non, je ne suis pas jaloux, je suis mort de rire en fait. Je l'aime bien comme ça, Harry, suffisamment amoureux pour être timide et prévenant.
"Tu vas pouvoir rigoler, Archi", je commente en replaçant les pièces sur l'échiquier.
Harry est meilleur que moi aux échecs, c'est aussi vrai que je suis plus grand que lui, que ses yeux sont verts ou que sa copine est vraiment jolie. Mystérieuse aussi, je dirais, sans trop savoir d'où me vient cette affirmation. Peut-être est-ce le commentaire de Remus qui me taraude, "sorcière, avant que vous ne demandiez. Un peu plus que ça, sans doute..." Un peu plus qu'une jolie sorcière ?, je me demande alors que Harry l'embrasse pour venir me rejoindre - comme s'il partait pour longtemps. J'ai l'impression de le savoir sans pouvoir l'expliquer.
"Je vais surtout m'allonger là et savourer le fait d'être libre, entier, non ligoté", annonce Archibald en s'étalant sur le canapé avec un soupir d'aise.
"Tu peux aller te coucher", remarque Harry en s'approchant.
"Je crois que je préfère être sûr d'assister à la réunion avec le Lieutenant Lupin", il rétorque, faisant comiquement ronfler le titre.
"Tu sais, ça peut n'avoir lieu que demain", je le préviens loyalement.
On sait que Mãe a appelé Papa deux fois pour expliquer qu'elle retardait encore son retour. "Si elle avait vraiment du nouveau, elle m'enverrait un autre type de message", a sobrement commenté Papa, la seconde fois. Bref, ça nous a pas avancés et nous a condamnés à l'attendre.
"Mais tu restes là", souligne Archibald, et je sais que ce n'est pas la peine d'essayer de le convaincre de faire autrement.
"Ça doit paraître bizarre de venir ici dans ces circonstances", remarque Ginny en s'asseyant à côté de Ada - "Hé, je me souviens de cette fête d'Halloween, Harry ! Je suis même là, dans le fond !"
"C'est sûr que je me voyais plus faire la fête ce week-end", répond Harry maintenant assis à la place de Archi. "Je te laisse les blancs, Cyrus ?"
"Déjà sûr de gagner ?", je grince pour la forme.
"T'as peut-être fait des progrès", il se moque, les yeux brillants.
"OK, je commence", je préfère couper court.
On en est encore à des coups totalement machinaux : il sort ses cavaliers ; je dégage mes tours; on protège nos rois - quand la porte s'ouvre sur Papa, Mãe et Ron. Achibald se rassied, mais tous les autres, on reste figés. Tant d'attente, ça suspend jusqu'au temps qui passe, je dirais.
"Repos !", lance en souriant Mãe. "Vous m'attendiez ?"
"B'en quand même", je réponds - pourquoi c'est toujours moi qui réponds ?
Elle s'assoit à côté de moi avant de reprendre.
"Vous allez bien, Archi et toi ?"
"Nickel", je réponds. "Et toi ?"
"Moi, je viens de passer cinq heures à jouer avec les procédures moldues et sorcières... à mentir à mon homologue moldu et à me demander comment l'amener à se dévoiler - si c'est bien lui..."
"Et alors ?", questionne Harry.
"Eh bien, rien", elle soupire. "Si c'est lui, il est plus malin que ça..."
"Merde", je lâche. Je ne sais pas si la piste de Drago vaut quoi que ce soit, mais elle avait l'avantage d'exister.
"Lieutenant, si je peux me permettre, on a quand même de nouvelles pistes", intervient alors presque timidement Ron. Harry me lance un regard inquisiteur, et je confirme en silence : Ron est en représentation devant Mãe, va falloir qu'il s'y fasse.
"Des débuts de pistes", tempère Mãe mais ce n'est pas réellement une critique - on l'entend tous. Enfin, la pauvre Ada, je ne sais pas, mais les autres, je pense que oui. Ron, malgré toute sa volonté de lui plaire, en déduit d'ailleurs qu'il peut développer : "Le troisième gars, le moldu muet, il s'appelle Norman White. On a eu un peu de mal à l'interroger ; il a fallu attendre des traducteurs spécialisés moldus et, visiblement, ça ne court pas les rues... Vous savez qu'ils parlent avec leurs mains ?"
"Et on aurait rien pu faire magiquement ?", l'interrompt Ginny les sourcils froncés - comme on la regarde tous, elle développe :"Je ne sais pas moi, lui rendre la parole provisoirement ou utiliser la légilimancie..."
"La légilimancie sur un témoin - c'est interdit non ?", je préfère corriger le tir avant que Mãe n'explose soit sur l'arrogance des sorciers; soit sur le fait que tout le monde réclame un Ministère plus humble et plus transparent et veut en même temps contourner tous les garde-fous posés à l'usage arbitraire de la magie sur des créatures plus faibles - ou un truc du même genre.
Mais finalement, après une consultation muette entre Mãe et Ron, ce dernier répond l'air désolé : "En fait, c'est un Moldu et, dès le départ, la procédure demandait que nous le remettions à leurs autorités... C'est ce qu'on a fait. Après, on a bien proposé à Brookmyre d'employer la légilimancie, mais il a refusé."
"On lui a seulement proposé d'extraire la dernière journée de Norman White", précise Mãe. "C'est accepté par la Magenmagot dans un nombre limité de cas, mais un enlèvement est un acte grave qui permet ce genre d'intrusion..."
"Brookmyre a refusé en disant qu'on prenait le risque que le gars ne puisse plus être jugé de leur côté parce que les formes de son témoignage ne seraient pas recevables", précise Ron. "Bref, on a attendu le traducteur et, même après son arrivée, ça a pris du temps pour convaincre White de répondre à quoi que ce soit... Mais finalement, on sait qu'il a 23 ans... qu'il est né de père inconnu et que sa mère est morte quand il en avait seize. Il a fini sa minorité dans des institutions spécialisées. Il a ensuite travaillé pour une société de ménage... - Babouchka Cleaning..."
"Babouchka ?", relève Ginny avec un rire dans la voix.
"C'est peut-être la raison pour laquelle l'ambassade de Bulgarie emploie cette société...", commente Mãe, les yeux mi-clos.
"A moins que ça soit parce que la femme du patron est une cousine de Vassili Garinov, le sans-doute-sorcier conseiller de l'Ambassade", renchérit Ron et il sort des photos d'une chemise cartonnée moldue que je n'avais pas remarquée auparavant.
"Hé mais, on les connaît !", je commente immédiatement.
"Oui, c'est le couple qui a fait un strip-tease lors de la soirée" , confirme Ron avant de jeter un regard gêné à sa sœur - ces grands-frères alors ! "Ian et Jenna Waterman, mariés depuis cinq ans, se sont rencontrés sur Internet..."
"Vous voulez dire que l'Ambassade moldue de Bulgarie soutient le XIC ?", questionne lentement Archi. Je suis sûr qu'il crève d'envie de prendre des notes et qu'il se retient.
"Ça, on en sait rien", je réponds - je lui dois la vérité, quand même, non ? "Mais on a été, Ron, Drago et moi, à une soirée du XIC, et ces deux-là y étaient ainsi que ce fameux Vassili identifié après comme Conseiller de l'Ambassade"
"Il est tatoué "XIC", Vassili", souligne Ron. "On est sûr qu'il fait partie du réseau."
"Et tu dis que c'est la cousine de ce Vassili qui recrute les bras moldus de l'organisation, c'est une sorcière ?", veut savoir Ginny.
"On attend la confirmation du Département de la coopération - il faut avancer prudemment", nous rappelle Dora.
"Mais on est sûr que Ian Waterman est un Moldu", indique Ron.
"Ce serait comme ça que White aurait croisé la route du XIC", je reformule de mon côté - parce qu'au fond on se fiche un peu de savoir qui est sorcier et qui est moldu. L'important c'est le fonctionnement d'un réseau mixte. "En faisant le ménage pour Babouchka Cleaning ?"
"Comme si ça nous avançait beaucoup", s'agace Harry.
"Au contraire, Harry, c'est exactement ce qui nous manque", le détrompe Mãe. "Nous cherchons désespérément des points de croisement entre tous les éléments dont nous disposons ! De là, l'enquête pourra se construire et se déployer. La plus petite relation peut se révéler le fil d'Ariane qui nous manque ! J'ai passé le reste de après-midi à offrir le change à Brookmyre et son équipe pour que Ron, Finnigan et Foote aient le temps de vérifier tout ça !"
"Enquêter sur des Moldus ?", relève cette fois mon frère.
"Je serais ravie d'enquêter sur les sorciers de l'affaire dès qu'ils cesseront de se cacher derrière les Moldus !", rétorque Mãe.
"Ce n'est pas totalement respectueux de la procédure", reconnaît Ron.
"Et plus compliqué pour nous, mais nous avons pu compter sur Angélique Bosh, qui n'a pas apprécié que Brookmyre voie la prise de risque avant le résultat", indique Mãe.
"C'est le lot des sous-fifres", estime Ron.
"Aspirant Weasley, je serais à votre place je continuerais d'être efficace plutôt qu'impertinent", commente Mãe avec un sourire en coin qui dément l'apparente dureté de ses paroles.
"Je parlais en général, Lieutenant", souffle Ron entrant dans le jeu.
Je me dis que ça a l'air d'aller plutôt mieux entre eux et que ça tirera peut-être mon beau-frère des griffes de la Commission disciplinaire qui lui pend au nez.
"Vous soupçonnez les Moldus, même les flics, mais vous êtes sûrs de Bosh ?", remarque Archibald.
"Quand on vous a cherchés dans les sous-sols d'Heathrow, Archibald, elle aurait pu se révéler bien moins efficace", explique Mãe.
"Sans compter qu'après, avec les autorités de l'aéroport, c'est elle qui a vu que plusieurs équipes de sécurité avaient fait des rapports signalant des traces curieuses dans les caves et les parkings. Les rapports sont restés sans suite... ce qui prouve que quelqu'un les a bloqués", ajoute sombrement Ronald.
"Il sont partout !", s'exclame Ginny avec une sorte de frisson.
"Ils sont surtout aux bons endroits", précise Papa. "Ils n'ont pas choisi Heathrow au hasard : ils savaient qu'ils auraient les moyens d'écarter les curieux..."
"Sans doute", abonde Mãe. "Bon, la dernière heure, je l'ai passée avec Kingsley - à ce stade, je ne pouvais pas faire l'économie de le mettre au courant... J'ai dû batailler ferme pour le convaincre qu'on n'avait pas tous besoin d'un traitement de désillusion", elle soupire. "Mais finalement, il s'est rendu à mes arguments..."
"Et donc ?", ose Ginny cette fois.
"Donc, surveillance des Waterman, de Vassili, de Teuffer, d'Hermosa, quelles qu'en soient les conséquences politiques", elle souligne - et ça a sans doute été le gros morceau. "A l'heure où je vous parle, ils sont tous surveillés..."
"En échange de quoi ?", comprend Papa avant nous tous.
"Les Lupin, les Tonks, les Black et tous leurs amis restent en dehors de tout ça."
"Mãe !", proteste Harry en se levant même pour bonne mesure. Ada en écarquille ses magnifiques yeux bleus, et Ron grimace.
"C'est non négociable, Harry", elle insiste. "De toute façon, c'est au-delà de nos forces, tu ne le vois pas ?"
"Et on attend sagement le prochain enlèvement ou passage à tabac ?", ironise mon grand frère, les yeux verts furieux. Je l'embrasserais bien, tiens.
"Bien sûr que non", elle soupire. "Mais on peut espérer qu'acculés, ils commettent enfin l'erreur qui permettra de les démasquer - Pas la peine d'en rajouter ! D'ailleurs, je suis contente que tu sois là, je n'ai pas besoin de me demander si tu es ou non en sécurité à Venise..."
"Vous avez toujours été parano, mais là !", s'exclame Harry, à peine radouci.
"Pourtant, c'est un bon plan", juge alors Archi, et on le regarde tous avec surprise. "Je sais que je suis nul aux échecs, mais je crois en savoir un petit bout sur l'écriture d'un scénario... Qu'est-ce qui serait logique, attendu ? Eh bien, justement, que tout le monde s'y mette, que toute la famille en rang serrée aille prendre d'assaut l'ambassade de Bulgarie ! ", il développe. "Vous réagiriez comme le veut votre réputation, personne ne serait surpris. Si au contraire, on fait comme si rien n'était, d'abord, les gars du XIC ne sauront pas ce que Cyrus aura raconté ou non ; s'il va tenir sa promesse ou non ; ils peuvent essayer de le recontacter... et commettre l'erreur que Dora attend ! Ils ne pourront pas plus deviner que Drago a lui aussi une piste... Je crois que la meilleure diversion est que demain, on aille tous acheter une baguette et faire visiter le Chemin de Traverse à Ada... "
"Vive la littérature", conclut Mãe avec un soupir de soulagement je dirais.
oo
"J'ai du mal à croire que Papa accepte ce deal avec Kingsley", je juge, quand nous nous sommes retirés, Ginny et moi, dans notre chambre, contiguë de celle de Harry et Ada. Je l'ai pas ramené tout à l'heure dans le salon parce que je n'avais pas trouvé d'arguments nouveaux et que la "position légaliste" de Mãe semblait si enracinée que je n'avais pas vu comment l'attaquer une fois que les champions des échecs s'étaient faits ramassés.
"Honnêtement, moi, je me dis qu'on va peut-être enfin revivre !", m'oppose Ginny.
"Ah ouais ? Avec cette menace permanente au-dessus de nos têtes ?", je proteste. Je n'aurais pas dit que j'espérais que l'avenir allait montrer les limites de leur approche du problème mais je restais qu'à moitié convaincu.
"Tu ne penses pas que la Division va les arrêter ?", s'étonne Ginny l'air sincère.
Je me gratte l'oreille avant de répondre.
"Il y a tellement de poids politique, d'échappée possible à l'international ou du côté moldu.. J'avoue que je reste plus que dubitatif !"
"Alors qu'on te laisserait faire, tu dépasserais tous ces obstacles sans même reprendre ton souffle ?", ironise Ginny.
"Ok, je ne supporte pas de ne pas m'en mêler", je reconnais. "Même si je ne suis pas Auror..."
"Tu n'as pas voulu l'être", me rappelle Gin.
C'est tellement vrai que je décide que ça se passe de réponse.
"Je sais, j'ai un article à faire publier", je décide finalement de lancer avant qu'elle ne le fasse elle.
"Un super article à ce qu'on m'a dit", elle ajoute en m'embrassant.
"Mais d'abord faut que je me retrouve une baguette", je marmonne en essayant de ne pas rougir, "j'ai l'impression d'avoir dix ans et de ne rien pouvoir faire seul !"
"On y va tous demain, Cyrus", elle me rappelle avec un air indulgent qui pourrait faire croire que j'ai effectivement dix ans et elle non. "Harry m'a dit qu'il n'y avait rien d'équivalent au Chemin de Traverse à Venise, que les commerces moldus et sorciers étaient mêlés, parfois avec des sections sorcières et moldues dans le même magasin !"
"Elle est jolie, non ?", je lance en songeant à Ada - merci, mais la question du Secret ne m'a jamais autant paru aussi fatigante que depuis que je connais un réseau qui en fait une arme pour échapper aux lois des deux côtés.
"Qui ça ? Ah, Ada ?", comprend Ginny. "Très jolie."
"C'est marrant. Moi, je voyais les Italiennes, plus robes ajustées, que blouses et jupes larges", je continue.
Ça fait rire Gin, évidemment.
"On peut demander sur quoi tu basais cette connaissance de la mode ou des filles italiennes ?", elle interroge en se collant contre moi.
"De vacances avec les parents à Rome, une fois... Et puis, je ne sais pas, d'articles que j'ai lus dans tes magazines..."
Je me demande si elle va en développer une jalousie nouvelle ou si elle va se moquer, mais finalement elle est assez sérieuse quand elle répond : "C'est vrai qu'elle n'est pas une gravure de mode... enfin pas de la mode dominante... On dirait qu'elle se cache en un sens..."
"Comment ça ?", je la relance parce qu'on est pas loin d'un truc que je pressens sans savoir mettre des mots.
"Eh bien les vêtements larges, les chignons à moitié défaits, les mèches dans tous les sens... Ce n'est pas moche, mais ça la rend un peu transparente. On dirait presque qu'elle ne veut pas qu'on la regarde... Et pourtant, quand on les avait appelés et qu'ils sortaient, elle portait une sacrée tenue... C'est un peu contradictoire..."
J'opine, et Ginny reprend :
"Après on la connaît à peine ; elle écoute plus qu'elle ne parle et faut dire qu'elle n'est pas arrivée au meilleur moment pour qu'on s'occupe bien d'elle ! Peut-être qu'elle est simplement timide, plus à l'aise quand elle se déguise..."
Ça se tient, mais je n'y crois pas. Je regarde Ginny, elle rougit. Elle non plus.
ooo
Le lendemain, Ron et Mãe repartent à la Division aux aurores. Nous on attend qu'il soit dix heures pour quitter ouvertement Poudlard, tous les cinq - Ginny, Ada, Harry, Archi et moi - pour le Chemin de Traverse. Papa a dû répéter dix fois de ne pas nous séparer et d'être plus que vigilants. Et ni Harry ni moi n'avons rétorqué qu'on n'avait plus dix ans. Il y a des signes comme ça qui ne trompe pas. On ne déborde donc pas de légèreté et de sourires dans le carrosse qui nous conduit à l'enceinte de Poudard d'où nous transplanerons.
"Harry, tu as prévenu Ada ?", questionne soudain Archibald.
Mon frère n'a pas le temps de répondre, que son amie sourit : "Je crois que j'ai eu une bonne idée de la notoriété des Lupin au Ministère hier, Archibald ! "
Comme hier, elle porte des vêtements qui pourraient autant passer dans une rue moldue que dans une rue sorcière. Une grande jupe bleue qui s'évase sous une veste cintrée et noire. Une blouse à dentelles comme elle semble les affectionner s'échappe des manches. Plusieurs écharpes entourées autour de son col font qu'on distingue à peine son visage, couvert de quantité de mèches blondes échappées de son chignon. Ce n'est pas sans charme mais c'est un peu comme si on voyait une image floue, je me dis.
"Je pensais plutôt à la la popularité de Ginny", lui répond Archi. "Après le match perdu contre les Abeilles de Bruxelles, on risque de ne pas faire un pas !"
Gin blêmit mais, en fait, personne n'a réellement pensé à ça. Je crois même que jamais résultat de Quidditch n'était passé aussi inaperçu dans la famille ! Je lui prends la main, désolé.
"Tu n'as pas joué à cause de l'attaque de Cyrus", comprend Harry.
"Je vais arrêter le Quidditch", elle rétorque avec une colère sourde assez impressionnante. "Le premier qui me demande, je lui dis ça !"
"Je crois que tu devrais quand même commencer par prévenir ton entraîneur", je remarque, de la voix la plus neutre possible.
"S'il n'a pas compris tout seul, tant pis pour lui !", elle juge durement. Déjà, elle ne s'en prend pas à moi, c'est pas mal.
"Il n'a aucun moyen de juger de ton état d'esprit", je plaide - sans oser regarder les autres : j'imagine que Harry adore quand je fais le raisonnable et qu'Archi déteste. Il y a des choses qui ne changent pas.
"Ok, je ne dirais rien", elle soupire, ayant sans doute jugé que si je prends la peine de lui dire, c'est qu'elle exagère. "Je dirais que je me remets toujours d'une blessure..."
"De toute façon, on va direct chez Ollivander et ensuite on a rendez-vous avec Hermione", remarque Harry. "On ne va pas non plus courir les magasins de Quidditch !"
Personne n'ose réellement commenter plus avant. Harry se met à parler en italien à Ada blottie contre lui - sans doute des histoires sur le parc. Ginny décide de faire de même, et j'en suis bien content.
oooo
En entrant dans la boutique d'Ollivander, je me rappelle d'abord la fois où Harry était venu chercher sa baguette et où j'avais trouvé malin de fausser compagnie à tout le monde pour leur prouver qu'ils ne m'aimaient pas... C'est un souvenir moins honteux maintenant, je m'en rends compte, tellement je sais combien je me trompais alors. Je n'ai pas de souvenirs de Sirius dans cette boutique parce que les Black faisaient toujours venir leurs fournisseurs à eux, et non le contraire. Mais, je me rappelle de mes onze ans à moi et de la rencontre avec la baguette de bouleau et plume de phœnix qui m'avait adopté. C'est elle que les gars du XIC m'ont dérobée... et je ne sais pas si je la reverrai un jour. C'est en regardant les piles de boites de baguettes que je me rends compte que je suis en train de lui chercher une remplaçante plutôt que de la retrouver - et il ne faudrait pas grand-chose pour que je ressorte.
"Ces jeunes messieurs Lupin !", s'écrie Ollivander en sortant de son atelier. "Et Ginny Weasley - noisetier et ventricule de dragon, si je ne m'abuse ? " Gin opine en souriant. "Et... vous... sorbier et nerf de coeur de dragon ?", il termine en regardant pensivement Archibald qui rougit.
"Tout à fait, enfin, malheureusement, je ne l'ai plus..."
"Un accident ?", questionne Ollivander l'air réprobateur.
"Un vol", corrige timidement Archi.
"Moi aussi", je décide d'indiquer, ne serait-ce que par solidarité, et le fabricant de baguettes se retourne vers moi les sourcils froncés.
"Vos deux baguettes ont été volées ? Vous ne les aviez pas sur vous ? Je connais mal ce monsieur, mais vous, monsieur Lupin, je me faisais une autre image de vous !"
C'est presque pire que de se faire engueuler devant toute une classe par Severus, je dirais. Mais je ne me vois pas réellement lui raconter la vérité. Pas au moment où Mãe mène son enquête et a besoin de contrôler les informations qui circulent.
"Monsieur Ollivander, il n'y a pas eu de négligence de notre part", j'assure quand même à l'artisan. "Nous avons été assaillis et contraints de... lâcher nos baguettes. La Division enquête sur l'affaire, mais nous ne pouvons pas rester sans rien", je plaide.
Ollivander me regarde avec à peine moins de mépris que précédemment.
"Vous parlez de votre baguette comme s'il s'agissait d'un vulgaire balai, facilement remplaçable !", il marmonne. "Bouleau et plume de phœnix, c'est bien ça ? Je me souviens qu'elle n'avait pas été facile à trouver ! A peine moins difficile que votre frère !"
Ollivander a alors un regard inquisiteur pour Harry qui l'interprète trop bien.
"Ma baguette va très bien, Monsieur Ollivander", il lui assure.
"Toujours la même ?"
"Je ne vois pas de raisons d'en changer", affirme Harry en soutenant son regard, et Ollivander finit par détourner les yeux. Un point pour Harry.
L'artisan s'empare alors de son mètre et, après une seconde d'indécision, il prend une série de mesures sur Archibald qui se laisse faire avec philosophie.
"Rappelez-moi votre nom ?"
"Archibald McLeish"
"Ah voilà", commente le fabricant de baguette en fouillant dans ses fiches pour extirper celle d'Archi. "Vous avez évidemment grandi, légèrement plus que je l'avais anticipé... Vous étiez content de votre baguette ?"
"Tout à fait", lui assure Archibald.
"Partons sur une base proche alors", estime Ollivander en sortant une demi-douzaine de boites de différentes piles dans son magasin.
Archi les essaie une à une - faisant apparaître alternativement des fleurs, des oiseaux et des plume papote. Il est très concentré, et Ollivander ne dit rien.
"Je prends celle-ci", décide finalement Archi en désignant la quatrième qu'il a essayée.
"Évidemment", confirme Ollivander. "Elle est légèrement plus longue... c'est un sorbier assez jeune, sans doute plus souple que votre ancienne baguette - le nerf de coeur de dragon a l'air de vous convenir sans conteste", il commente.
Sans attendre, il se met à me mesurer, de l'écartement des narines à la longueur des bras. Puis disparaît dans la réserve.
"C'est un personnage", souffle alors Ginny à Ada.
"Assurément", confirme l'Italienne. "Mais c'est peut-être la fonction qui veut ça... Almo Arbori, qui a fabriqué ma baguette, est aussi..."
"Vous êtes Florentine ?", intervient Ollivander, déjà revenu, avec un intérêt marqué. Il pose devant moi une pile un peu intimidante de boites de couleurs variées. "Ça fait tellement d'années que je n'ai pas revu ce cher Almo ! On le dit un peu malade..."
"Son neveu a déjà repris en partie son atelier", confirme Ada les joues un peu roses de l'attention dont elle est maintenant l'objet.
"Cosmo Taluti est prometteur", juge Ollivander, et Harry a l'air de tiquer au nom.
"C'est mon cousin", souffle alors Ada. "Cosmo Arbori Taluti, le fils de la tante dont je t'ai parlée..." - elle ajoute pour mon frère qui a l'air d'apprécier la précision.
"Vous êtes de la famille d'Almo alors ?", questionne encore Ollivander.
"Par ma tante", répond Ada avec une certaine réserve, je dirais.
"Je vois", conclut Ollivander avec un regard entendu. "Je peux voir votre baguette ? La finesse du travail d'Almo me manquera..."
Ada semble se faire un peu violence pour tendre sa baguette au vieil Ollivander.
"Saule et cœur de dragon", il murmure. " Très souple, bien adaptée aux enchantements, et parfaite pour ceux qui cherchent l'accord avec la lune..."
Je me rappelle alors que la baguette de Remus est en saule. Celle de Lily, me souffle Sirius, l'était aussi. Mais le saule convient souvent aux baguettes de lycanthropes - quand ils sont autorisés à en posséder une, évidemment. Ça me fait penser aux mômes de la Fondation et je me dis que ça fait un peu trop longtemps que je ne les ai pas vus.
"Bien, Cyrus Lupin, j'ai le sentiment que nous n'allons pas faire dans le saule avec vous", lance alors Ollivander - il a rendu sa baguette à Ada. "Je vous ai ramené du bouleau, comme il y a six ans... mais pas seulement : je vous ferai bien essayer celle-ci - cep de vigne et nerf de cœur de dragon..."
J'en essaie une dizaine, sans réellement avoir l'impression de rencontrer le complément de ma magie. Rien de catastrophique - je n'ai plus onze ans, bien sûr, et je sais m'adapter - mais jamais cette impression de complémentarité et d'unité non plus. Peut-être devrais-je attendre de retrouver ma baguette plutôt que d'en chercher une nouvelle.
"Arrêtons ça", intervient Ollivander. "Si nous devons changer, changeons réellement !"
Il sort alors une baguette de dessous une pile, qui tremble plusieurs fois sur sa base puis se rééquilibre. J'ouvre la boite qu'il m'a tendue d'un geste péremptoire. La baguette est légèrement plus longue que toutes celles que j'ai essayée. Les veines rougeâtres du bois semblent briller à la lumière. Légèrement intimidé, je la sors de son écrin et immédiatement, je sens, une connexion importante avec elle. Sans réellement réfléchir, je transforme l'écrin en écureuil qui, immédiatement, s'enfuit dans la boutique. Personne ne bouge.
"Acajou et crin de licorne amazonienne", indique Ollivander. "Particulièrement indiquée pour les métamorphoses..."
"Carrément !", est tout ce que je trouve à dire.
"Peut-être un présage", juge l'artisan. "Il faut que je vous trouve un autre écrin..."
oooo
Nous échangeons encore quelques mots polis avec Ollivander avant de retourner sur le Chemin de Traverse, nos bourses notablement plus légères. Mais est-ce que ça ne vaut pas le coup ? La présence de ma nouvelle baguette est perceptible dans mes vêtements, sur ma peau, je dirais jusqu'à l'air que je respire. Je n'ai pas l'impression que ç'ait été aussi net avec la précédente, et ça ne fait pas non plus revenir de souvenirs de Sirius. C'est assez étrange : à la fois, excitant et un peu inquiétant. Ça me distrait suffisamment pour que je ne vois pas les premiers fans des Harpies s'avancer.
"Weasley ? ! C'est bien elle, Fanny ! Weasley, comment avez vous pu nous faire ça !", lance une femme accompagnée de deux jeunes enfants qui ouvrent de grands yeux curieux.
"On croyait réellement en vous, nous !", renchérit ladite Fanny, trois enfants en remorque et un quatrième visiblement en route, elle.
"Je... je n'ai pas pu participer au match pour des raisons de santé", balbutie Ginny, écarlate.
"Mais vous allez revenir, hein ?"
"On dit que vous avez eu des mots avec votre entraîneur !"
D'autres passants s'arrêtent, et le nom de Ginny est répété.
"On n'avait jamais perdu devant les Abeilles de Bruxelles !", commente une voix d'homme.
"Mais leur équipe est impressionnante cette année", remarque un autre.
'N'empêche que, sur le papier, on aurait dû gagner !", argumente la première femme en se retournant vers eux. "Surtout si vous aviez joué !"
Harry me fait un signe du menton qui me demande comment je veux gérer ça. Après tout, on est censé avoir une meilleure formation en relations publiques que les Weasley. Sauf que je ne sais pas si Gin apprécierait que je joue les porte-paroles. Je me contente de poser ma main sur son épaule en soutien.
"C'est votre petit ami ?", questionne alors une autre fan - j'aurais mieux fait de m'abstenir sans doute.
"C'est Cyrus Lupin, le fils du directeur de Poudlard", confirme quelqu'un au deuxième rang, et j'ai l'impression de connaître la voix. Peut-être un ancien étudiant de Poudlard.
"Vous ne l'avez pas mise enceinte au moins ?", me demande avec agressivité la fameuse Fanny du début, les deux bras croisés sur son propre ventre.
C'est le rire éclatant d'Archibald qui coupe les commentaires.
"Ginevra Weasley se remet d'un problème de santé, une mauvaise chute", il affirme dans le silence soudain qui s'est fait autour de nous. "Quand elle sera en mesure de reprendre l'entraînement, elle fera sans doute une conférence de presse, en attendant, elle est prête à signer des autographes si vous le souhaitez..."
Quand Gin a fini de se plier à l'exercice, avec un sourire tellement faux qu'il me tord le cœur, elle se tourne vers nous.
"Merci Archi, j'aurais dû penser à toi pour gérer mon image publique avant !", elle commence en prenant les mains de mon ami, mais son pâle sourire disparaît complètement quand elle ajoute : "Mais je suis désolée, je ne vais pas arpenter le chemin de Traverse avec vous... Ce n'est pas possible dans ces conditions !"
"On va aller en avance au rendez-vous avec Hermione", je lui propose. "On prendra un salon privé en les attendant... Vous trois, faites donc un tour..."
"Je vais passer à la Gazette", annonce Archibald.
"Ce n'est pas une très bonne idée de se séparer", juge alors nerveusement Harry.
"Personne ne va nous enlever sur le Chemin de Traverse", je contre, en retenant qu'on est assez grands pour désobéir à Remus, ou bien ?
"Parce que de l'appart' au métro, hein, c'était couru d'avance ?", il riposte.
"On peut aller tous dans ce restaurant", propose alors Ada avec sa voix étonnamment grave pour sa taille. "J'ai un peu froid, en fait..."
"On peut t'acheter une cape", propose Harry.
"Je n'ai pas plus envie que ça de courir les magasins", elle affirme.
"Allons donc au restaurant", accepte immédiatement mon frère - c'est assez impressionnant de le voir aussi prêt aux concessions avec cette fille. Je ne sais pas si je m'y ferais.
"En chemin, on peut s'arrêter à la Gazette", propose Ginny à Archi.
"Non, Harry a raison, restons ensemble", refuse Archibald. "Je crois que je vais attendre encore quelques jours avant de réclamer du boulot..."
On est donc quelques minutes plus tard devant le restaurant où nous avons rendez-vous avec Hermione. La serveuse nous dit qu'elle est déjà là, elle-aussi. En nous conduisant, elle ajoute même que d'autres personnes l'accompagnent. On échange un regard surpris avec Harry mais ça ne sert à rien de se perdre en conjoncture. Quand la porte du salon privé s'ouvre, nous découvrons avec une certaine surprise quand même Minerva et Neville attablés avec celle que j'espère toujours ma belle-soeur potentielle. Londubat saute sur ses pieds en nous voyant :
"Harry ! Quand Hermione m'a dit qu'elle avait rendez-vous avec toi, j'ai regretté d'avoir des engagements pour le déjeuner ! C'est super de te voir ! Tu vas bien ?"
"Très bien, Neville, merci", sourit Harry, en lui serrant la main. "Je suis désolé, je viens souvent pour des week-ends trop courts pour arriver à voir tout le monde !"
"Pas de souci, Harry, mais asseyez-vous !"
La serveuse prend nos commandes, on enlève capes et vestes et on s'installe. Je n'arrive pas à ne pas poser la question que tout le monde retient :
"Minerva, qu'est-ce que tu fais là ?"
"Cyrus, j'ai le droit de sortir de Poudlard", elle me répond avec son inimitable air pincé. "En particulier un dimanche ! Tu crois donc qu'on range les professeurs dans des boites en dehors des cours ?"
"Et le droit de voir Hermione et Neville", je complète. "N'empêche que mon instinct dit que cette réunion de Gryffondors doit avoir un autre but que de ressasser de vieux souvenirs !"
Tout le monde sourit - Harry chuchote des explications à Ada en italien. Hermione fait un signe explicite à Minerva pour indiquer qu'elle la laisse seule juge de ce qui peut être dit. J'en déduis que j'ai raison.
"Tout ça est en cours de discussion", commence Minerva "Et j'apprécierais que vous ne vendiez pas les racines de mandragore avant qu'elles aient muées ! Mais... grâce à Hermione, je devrais avoir une bourse du Département des Mystères pour écrire la série de livres pédagogiques que j'ai en tête depuis des années... Nous discutions de détails, et notamment du fait que je pouvais rémunérer un assistant pour mes recherches et mes enseignements à Poudlard à partir de ce budget..."
Elle a presque rosi quand elle a fini. Archi est bouche bée.
"D'ici à supposer que vous êtes en train de proposer ce poste à Neville toutes les deux...", insinue Harry avec un grand sourire.
"Je dois en parler à ton père, Harry", s'empresse de souligner Minerva. "J'avais juste besoin d'être sûre que ça soit possible..."
"Mais je croyais que tu finissais une thèse ?", j'interviens en me tournant vers Neville.
"En métamorphose végétale", confirme Neville. "Mais justement ce poste serait un bon moyen de finir de l'écrire tranquillement tout en acquérant une expérience d'enseignement..."
"Grand vent de changement à Poudlard", commente Ginny. "Le professeur Rogue qui lâche Serpentard, maintenant vous, Professeur McGonagall qui prenez un assistant !"
"Poudlard était là avant nous et nous survivra", affirme sereinement Minerva. "Et c'est là toute sa force !"
"Et toi, Harry, ça se passe bien à Venise ?", questionne Neville avant que quiconque ne reprenne la conversation.
"Très bien", répond mon frère avec une pointe de rose sur les joues.
"Je vois", s'amuse Neville, et tout le monde rit.
Ada a un sourire léger devant notre réaction. Elle penche la tête vers l'épaule de Harry comme pour confirmer ce que nous insinuons tous. J'entrevois alors son cou, très blanc et fin dans son écrin de dentelles. Je ne sais pas si c'est la lumière tamisée du salon qui me fait distinguer des traits à peine plus blanc que sa peau. Comme des cicatrices anciennes. J'ai du mal à détourner les yeux alors que mon cœur s'accélère, ne sachant pas quoi faire des conclusions toutes fraîches de mon cerveau.
oooooo
Personnages non canon par ordre d'apparition - je vous fais grâce de Ada ou d'Archibald, hein ?
Victoria Pasten, la professeure d'histoire qui a remplacé Binns à Poudlard puis Severus à la tête de la maison Serpentard.
Norman White, moldu muet, employé de Babouchka Cleaning, geolier d'Archibald, membre du XIC.
Ian Waterman, moldu, directeur de Babouchka cleaning, mariée à Jenna Garinov, membre du XIC.
Jenna Waterman, née Garinov, sorcière bulgare, cousine de Vassili Garinov, attaché culturel de l'ambassade de Bulgarie, membre du XIC.
Kuno Teuffer, Étudiant présenté comme médiocre en potions, connaissance de Drago via Hermosa McNair. Son passeport est suisse, et ses relations troubles...
Hermosa Fioralquila McNair, Sorcière espagnole, nièce du McNair du canon, fille de l'ex ministre de la magie d'Espagne, étudiante en potions, participe aux soirées du XIC.
Michael Brookmyre - cracmol, Detective Chief Inspector Scotland Yard, chargé des liaisons avec la Division, soupçonné de collusion avec le XIC.
Angélique Bosh - Moldue, Detective Inspector Scotland Yard, spécialisée en traitement d'images de surveillance
Voilà aussi que Ada a un cousin... Cosmo Arbori-Taluti, neveu de Almo Arbori et de Cosmo Taluti et faiseur de baguette. On va le rencontrer dans une dizaine de chapitres (eh oui, je crois qu'il est temps d'avouer cette histoire n'est pas finie... Je suis en mode feuilleton, j'espère que vous n'allez pas vous lasser...)
On parle aussi de Almo Arbori : sorcier florentin et fabriquant de baguette. Son nom veut dire âme des arbres... tiens je pourrais prendre ça comme pseudo ;-) Père de Cosmo Arbori-Taluti, mari de Diana Taluti, soeur de Cosmo, qui a élevé Ada après la mort de son père.
Créer autant de baguettes m'a demandé un temps fou sur ce chapitre ! Comme JKR je suis partie de l'Ogham celte pour les choix des bois. Sauf pour l'acajou de Cyrus, qui vient d'Amazonie, et basta.
Le prochain confié à Harry s'intitule Des limites de la franchise et de la nationalité des suspects... Il met logiquement fin au week-end londonien...
