Playlist
En vacances de toi
Et comme l'amitié nous rattrape
Nous rattrape à chaque fois
Autant tenir quand ça dérape
Ils en étaient déboussolés
De voir que l'on tenait quand même
Et nous les premiers étonnés
De récolter ce que l'on s'aime
( ce que l'on s'aime de Tryo)
XXXXIV Cyrus. De la compassion familiale et des ambitions théoriques
Quand Papa disparaît dans l'alcôve pour prendre l'appel d'Harry, on reste figés et silencieux, Ginny, Albus et moi. On regarde l'endroit qu'il occupait juste avant, comme s'il avait transplané sans prévenir. Je ne sais pas pour les autres, mais moi je retiens mon souffle comme si ça allait me permettre de mieux entendre. C'est comme ça que je ne manque pas les pas, étonnamment légers et décidés, de Mae dans le couloir puis dans le salon.
« Mais, tout le monde est encore là ! », elle commente presque gaiement quand elle entre dans la pièce. Comme personne ne réussit à lui répondre, elle s'inquiète immédiatement : « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Harry, Harry vient d'appeler », explique nerveusement Ginny.
« Remus est avec lui. Nous attendons des nouvelles », complète Albus, plus calme.
« Harry ? », vérifie tout bas Mae en me regardant moi, et j'opine.
Elle fait deux pas – comme pour aller rejoindre Papa – puis elle se ravise. Juste à ce moment-là, on entend Remus rire – un drôle de rire, un peu timide et complice à la fois. Un rire qui rappelle des choses à Sirius, pas la peine de poser la question. Je regarde Mae et Grand-père pour voir si ça leur fait aussi bizarre qu'à moi, ce rire inattendu.
« Il semble que les nouvelles ne soient pas si mauvaises », commente Albus sans cacher son soulagement.
Je comprends alors ce qui m'a gêné tant dans le rire soudain de mon père : ça fait trop longtemps que je n'ai pas moi même ri avec mon frère. Un truc comme ça. Je n'arrive pas à imaginer la blague et ça me déstabilise profondément.
« Espérons », commente sobrement Mae, peut-être pas loin de sentir les choses comme moi. « J'ai eu mon content de conflits pour la journée, là ! »
« Ah oui, l'audition disciplinaire du jeune Weasley ! », se souvient Grand-père avec intérêt.
Mae a un geste pour minimiser l'affaire au même moment où Ginny se raidit d'inquiétude à côté de moi.
« Ron s'en tire avec la confirmation de son blâme, autant dire avec le minimum possible », estime Mae avec un petit sourire rassurant pour Gin.
« D'autres auraient donc pris leurs responsabilités ? », questionne très doucement, avec compassion, Grand-père, et je comprends que, peut-être et encore une fois, c'est Mae qui paie le prix d'erreurs commises par d'autres. Moi, en l'occurrence. Mon corps réagit plus vite que mon cerveau et je fais un pas vers elle, comme pour lui proposer de prendre une part de la faute, mais elle ne me prête pas attention.
« La bataille a été rude », elle raconte avec un soupir. « Mais le conflit couvait depuis longtemps, et Ron n'en a été que le prétexte », elle explique avec un air fataliste. « Robards est jaloux de moi depuis longtemps et il a forcé Kingsley a rendre le jugement de Salomon ! »
« Il ne peut vous avoir demandé la moitié de l'un de vos enfants », tempère Albus avec un éclair pétillant dans les yeux.
« La moitié de mon équipe », le détrompe Mae, le menton un peu trop haut. « Carley, pour commencer... Sawbridge, par le jeu des alliances... » Comme Albus prend un air désolé, elle essaie un genre qui sonne toujours un peu faux dans sa bouche, le sarcasme : « Mélanger les équipes, apprendre à mieux se connaître, dépasser les conflits de personnes... tout le tintouin ! »
« Mais tu restes son bras droit ? » , je m'inquiète.
« Oui » elle répond sobrement. « Et j'hérite de Proudfoot, en échange de Carley, et de Savage comme de son charmant aspirant, Saltegg, en échange de Sawbridge... Je sais, j'échappe à Kahn – Merlin merci ! Encore qu'il n'aurait sans doute pas fait longtemps le malin, remontée comme je suis ! Savage et Saltegg avaient raison de faire grise mine, il va falloir qu'ils s'habituent à m'écouter ! », elle termine avec une détermination farouche.
Nul n'a besoin d'imaginer que Mae ressent la perte d'un adjoint qui est aussi un de ses meilleurs amis ! Et Tania Sawbrige-Proudfoot est une jeune femme plutôt sympathique en qui elle avait toute confiance... Quant aux autres, je me fiche qu'ils passent quelques semaines difficiles. Je grimace donc avec sympathie.
« Et Robards ? », s'intéresse Albus, « Vous ne craignez pas qu'il ressasse sa rancoeur ?'
« Honnêtement, il est content – avec raison – de récupérer Carley... Pas que Proudfoot soit un nul, mais Carley est proche de Kingsley au travers de moi, et il a l'oreille de Dawn qui valide l'approche juridique des dossiers... Il prend ça comme une offrande de paix de Kingsley... et il est sans doute peu mécontent de perdre Savage et Saltegg qui ne récoltent que des blâmes ces derniers temps ! »
« Kingsley a finement joué », je commente prudemment. La politique, ça reste une terre étrangère pour moi.
« Il a bien présenté ça en disant qu'il aurait dû faire tourner les équipes depuis longtemps », admet Mae.
« Et Ron ? », questionne timidement Gin. « Il reste avec toi ? »
« Non, mais il est confié pour l'instant à Carley, ce qui est une bonne école et une bonne protection – ton frère l'admettra sans doute avec le temps ! », elle ajoute, et je comprends que Ron n'a pas totalement la même lecture qu'elle des évènements.
Ginny va peut-être oser une autre question quand Papa revient, à pas lents, comme encore plongé dans ses pensées. Il ne s'anime qu'en reconnaissant Mae, soyons honnêtes.
« Tu es là depuis longtemps ? Tu rentres si tard ! Tout va bien ? »
« Plus ou moins comme j'imaginais que ça irait, la fatigue en plus », commente sobrement Mae avant d'enchainer : « Et Harry ? »
« Il va bien », il répond laconique. Ce sont sans doute nos regards combinés que le font compléter péniblement, voire au hasard : « Il rentrait à Venise... Il a acheté une moto... Il a avancé sur son enquête pour les Gobelins... Il va bien. »
« Une moto ? », relève Gin en se tournant vers moi. Elle n'a pas totalement oublié les tensions crées par les deux roues dans la famille Lupin, je crois.
« Ada était avec lui ? », questionne plutôt Mae avec l'à-propos des Aurors.
« A priori il revenait seul en moto, pour réfléchir », soupire Papa, et je sens qu'on s'approche de l'important – qui n'est ni la moto, ni l'enquête confiée par les Gobelins, visiblement. « Il semble qu'ils aient... assisté ou participé, ce n'est pas très clair, à un changement politique majeur à Lo Paradiso...Disons que les jeunes auraient bousculé les vieux rigides », il résume.
« C'est encore ce que les jeunes font le mieux », commente Albus avec sérénité.
« J'imagine que Ada a joué un rôle – rappelez vous qu'elle est une Taluti, la fille de Cosmo, le fondateur de Lo Paradiso ! », développe bizarrement Papa. « A priori, Lucca Astrelli aussi... »
« Qui est Lucca Astrelli ? », enquête logiquement Mae, mais je me fiche encore plus de la politique à Lo Paradiso qu'à la Division des Aurors.
« Et il réfléchit à quoi sur sa moto ? », j'interviens, coupant la réponse de Papa. « Aux vertus de la jeunesse ? »
Mon effronterie n'épure pas l'ambiance qui s'est chargée de tensions diffuses comme une fin d'après-midi d'été. Elle ne fait pas non plus éclater un orage franc. Elle rend juste l'air irrespirable pendant trente secondes.
« Je n'ai pas posé cette question-là », finit par formuler Papa. Ne croyez pas qu'il s'excuse – il choisit le lieu du duel. « J'ai l'impression que Ada, Lo Paradiso... et peut-être aussi les statuettes le renvoient à des questions irrésolues... »
« Des questions irrésolues ? », je relève sincèrement perdu par le sens pris par la conversation.
« Disons ce qu'il compte faire d'une partie de son héritage », lâche Papa comme à regret. Ginny s'en mord les lèvres.
« Ce sont des questions que chacun doit se poser », estime Grand-père. « Et Harry a sans doute hérité de plus que d'autres, de par son affrontement avec Voldemort... de par les engagements de sa famille adoptive. »
J'en suis à trouver curieux qu'il estime que Harry ait hérité de plus que d'autres – que moi par exemple. Ça ne me paraît pas davantage clair que nous, sa famille adoptive, nous puissions collectivement être un poids. Mais je n'ai pas le temps de poser ces questions.
« Deux malédictions, en quelque sorte », souffle Papa qui a l'air de suivre les mêmes cheminements que Grand-père à sa façon. Mae pose une main sur son épaule comme une contradiction. Mais les Aurors détestent foncièrement les malédictions.
« Ou un chemin qu'il doit apprendre à regarder en face », objecte Albus. « Je ne suis pas sûr qu'il ne cherche pas justement cette confrontation. »
« Grand-père, il ne sort pas avec Ada parce qu'elle est une garou ! », j'interviens un peu à ma propre surprise. On est dans une configuration où il vaut mieux laisser Papa et Albus explorer à loisir leurs visions complexes des choses, aussi brumeux cela peut-il sembler au reste des mortels.
« On n'en sait rien », soupire Mae à ma surprise.
« Vous vous trompez », j'estime avec toute ma diplomatie naturelle. « C'est une coïncidence ! Une pure coïncidence ! »
« Pas uniquement, Cyrus : Harry a moins de préjugés que beaucoup de sorciers – et pas seulement envers les garous. Ada lui a paru sortir de l'ordinaire, et c'est ça qui l'a attiré... »
« Comme Aurore ou Myra », glisse Mae.
« Et Ada sort de fait de l'ordinaire », continue Papa, plus calme maintenant qu'il a un fil. « Mais elle-même ne peut pas faire abstraction de qui il est...pas plus que lui ne peut ignorer ce qui la rend différente des autres... Or Harry aimerait souvent être sans passé... »
« Ce que lui offrait Aurore », rajoute Mae presque sombrement.
« Et sans famille ? », j'objecte pour la forme parce que je ne trouve pas de faille à leur présentation.
« Les noms trop connus sont difficiles à porter », répond Mae écho de ce qu'elle m'avait dit quand j'avais douze ans ou de ce que Papa m'avait rappelé quand j'allais postuler au Département d'Arithmancie. Jamais je n'avais réellement réfléchi au fait que Harry vivait cette célébrité non choisie peut-être plus mal que moi.
« Mais il vous a appelé, Remus », glisse Grand-père comme une consolation.
« J'ai dit qu'il allait plutôt bien », se défend Papa.
« Voilà la meilleure nouvelle de la soirée », conclut Mae avec une voix épuisée. Je n'ose pas dire à quel point je diverge de leur optimisme.
Oo
« Cerridwen la patiente ! », grommelle Ginny en se redressant dans le lit. « Tu ne comptes pas dormir, Cyrus ? Tu as un examen à 9 heures, je te rappelle ! »
« Je n'arrive pas à dormir alors autant réviser », je réponds pas tellement plus aimablement.
Je l'entends se glisser hors du lit avec un soupir résigné. Elle vient se coller contre moi, frissonnante sous la frêle étoffe de la chemise de nuit. Je sens sa hanche contre mon épaule.
« Appelle-le si ça te ronge à ce point-là ! », elle souffle.
« Qui ça ? », je fais mine de ne pas comprendre.
« Harry James Potter-Lupin, ton frère », elle énonce avec une séparation exagérée des syllabes.
« Je ne vois pas pourquoi », je contre.
« Parce que tu veux juger par toi même de son état », elle explique patiemment. Elle-même a appelé Ron pendant près d'une heure quand nous avons rejoint notre chambre à Poudlard.
« S'il avait besoin de me parler, il le ferait. Il a appelé Papa, c'est l'essentiel », j'essaie de faire mon raisonnable.
Je ne saurais jamais comment Gin aurait contré cet argument fallacieux parce que mon miroir sonne et je saute dessus comme un Attrapeur sur un vif d'or.
« Oui ? »
« Cyrus, tu ne dors pas ? », questionne Tiziano.
« Je révise un examen », je mens. Pas question que je lui avoue que j'attends désespérément un appel de mon grand-frère.
« Aïe », il compatit. « Je voulais juste te dire que Harry vient de m'appeler... »
« Harry ? »
« Oui, il rentre à Venise pour se mettre à bosser, on dirait... Il vient demain à Trieste pour qu'on regarde – Brunissande, lui et moi – ce qu'on peut dire de leurs statuettes... »
Je sais je devrais me réjouir. La vérité est que ma jalousie m'en empêche. Harry se souciait plus des statuettes que de mon inquiétude pour lui ? Merde.
« Il dit que les lycanthropes de Lo Paradiso les utilisent », continue Tizzi tout à sa propre présentation. « Et qu'il a des pistes importantes pour les contrer... Je viens d'aller en discuter avec mon grand-père qui était aussi excité que si j'avais ramené la pierre philosophale. J'ai l'impression qu'on va quand même s'attaquer à des trucs dont on ne comprend pas tellement les tenants et les aboutissants théoriques... On est des briseurs de sorts, pas des chercheurs de mystères ! »
« Ne vous sous-estimez pas », je commente sobrement.
« Oui, j'imagine qu'on aura toujours le temps d'aller voir des gens mieux informés que nous », il soupire.
Et l'idée est là avec tellement de netteté qu'on peut se demander comment elle s'est imposée dans mon cerveau. Ils veulent un théoricien ? Je postule.
« Je vous rejoins le plus tôt possible », j'annonce.
« Mais tu as un examen », il remarque faiblement.
« Je vous rejoins après », je précise.
« Si tu veux », souffle Tiziano avec l'air d'un môme qui se demande un peu tard s'il a bien fait de chatouiller le dragon au fond de la caverne.
« Si ce n'est pour mon expertise, ce sera pour voir mon frère », j'essaie.
« Les duels sont interdits dans le musée de Trieste », il commente avec un petit sourire en coin.
« Je m'en souviendrai », je promets.
Quand je repose le miroir, Ginny s'est recouchée. Immobile, sur le dos, elle contemple le plafond comme s'il était enchanté et non bêtement blanc.
« Je sais, je me mêle de ce qui ne me regarde pas », j'essaie.
« C'est ton frère », elle contre.
« Je ferai mieux de m'occuper de mes examens ? »
« Je me trompe peut-être mais je ne crois pas que tu auras à rougir de tes résultats », elle soupire comme si elle le regrettait. « Et puis sois honnête avec toi même, rien ne t'empêchera d'aller au Brésil ! Surtout pas de stupides examens ! »
« Mais ils conditionnent ma bourse, Ginny ! », je proteste. Est-ce Luna qui lui a mis cette idée là en tête ou le contraire ?
« Tu n'as pas besoin d'une bourse, Cyrus ! », elle s'agace, en se redressant dans une grande vague de cheveux roux. « Tu la veux parce que tu veux ne rien devoir à personne – et surtout pas à ta famille ou au fric que t'a laissé Sirius ! Finalement, tu es comme Harry ! » Cette fois, je n'ai pas de réponse à son affirmation.« Alors, va à Trieste, aide les à résoudre le mystère de ces fichus statuettes, vous ne devrez plus rien à personne après, avec un peu de chance », elle conclut en se rejetant brusquement sur les oreillers.
Je suis tellement intimidé par sa conclusion qu'il me faut plusieurs minutes avant de décider que je n'ai qu'une seule chose à faire : la rejoindre dans ce lit et éteindre la lumière.
ooo
Je suis méritant, je ne pense même pas à Trieste, au mystère des statuettes qui chantent sous la Lune ou à mon envie - récurrente - d'étrangler mon grand frère aux yeux verts, tant que je ne suis pas sorti de mes trois heures de Potions et plantes. C'est une matière où je dois avoir une bonne note, sous peine que Severus choisisse un autre parrain pour son môme à naître, alors ce n'est pas la peine de commencer à rêver. Noms latins de plante, usages en potion, méthodes de récolte, de stockage et de préparation, pas de théories ou de supputations. Des faits. C'est finalement assez rassurant.
Maninder m'apalgue à la sortie - genre à dix pas de la porte donnant sur la rue.
"Cyrus ! Plus qu'un examen demain, n'est-ce pas ? Vous en voyez le bout !"
Comme je tremble qu'il n'ait besoin de moi, je préfère couper court aux politesses.
"Oui, plus qu'un, Merlin merci. Vous allez bien ? Je suis pris cet après-midi déjà, professeur..."
Ça le fait rire.
"Pas de souci, Cyrus. Je dois juste vous donner cette lettre jointe au dernier courrier du professeur Marin", il explique en me tendant un rouleau de parchemin. "Si j'ai bien compris, c'est votre prochaine collègue qui vous envoie ça. Votre marraine est assez caustique dans sa présentation de cette jeune fille, mais il vaut sans doute mieux vous laisser découvrir sur place..."
Ma curiosité étant piquée, je déroule le parchemin et je tombe sur un truc étonnamment long, rédigé dans un portugais qui me rendrait fier de mon latin.
"Bonjour Cyrus Melanio Lupin,
Je suis Bettany Faithborne, l'étudiante américaine titulaire de la bourse "Avenir magique" de la Fondation Amériques Magiques. Je suis arrivée Brésil déjà et commencé à travailler avec l'illustre Professeur Marin Da Silva. Je pensais que toi commencerais en même temps mais tu as des examens. Quel dommage.
Je t'aiderai quand tu arriveras. J'ai déjà pris des contacts avec shamans de la zone et eux sont enthousiastes de travailler avec nous. Malheureusement je ne connais pas bien ton sujet pour leur en parler beaucoup. Tu peux envoyer à moi ton sujet dès maintenant et je parle de ça à eux. La professeur Marin dit tu peux faire ça avec oisels internationals - j'espère que tu connais. Je t'envoie sujet à moi pour te préparer.
A bientôt
BF
Ps : Je pris la plus grande chambre car je suis arrivée la première.
"Clémente Cerridwen", je murmure en laissant le parchemin s'enrouler. J'ai renoncé à regarder son sujet là maintenant ; j'espère seulement qu'elle l'a rédigé en anglais.
"A ce point ?", s'amuse Maninder.
"Pourquoi elle m'écrit en portugais ?", je m'agace tout seul. "Elle ne sait pas que l'anglais est la langue officielle de l'Angleterre ?"
"Elle veut pratiquer peut-être ?"
"Ça a l'air d'une sacrée...", je commence puis décide de m'arrêter. J'ai un voyage à Trieste à faire et pas le temps à perdre avec une fille qui va sans doute me pourrir les six mois qui viennent si je n'y prends pas garde - que Merlin l'empêche d'aller en mon nom parler à un quelconque chaman du coin ! "Vous la connaissez, vous, la Fondation qui finance son séjour ?"
"Pas réellement", soupire mon directeur de thèse. "On m'a dit qu'elle avait des liens avec une fondation américaine - c'est sans doute comme ça que cette jeune fille a eu sa bourse... Aesthelia m'a dit qu'elle travaillait sur les potions de soins ?"
"Je n'ai pas encore lu", j'avoue immédiatement. "Mais je vais le faire !"
"Vous en apprendrez sans doute beaucoup plus sur place que sur un projet de recherche écrit pour obtenir une bourse", juge Maninder avec sagesse.
"Sans doute", je reconnais avec un coup d'oeil pour l'immense clepsydre qui orne le hall de l'Université.
"Vous êtes attendu", comprend Maninder simplement.
"A Trieste", je lui avoue. "Je vais au musée..."
"A Trieste ! Notre estimée directrice ne pourra pas dire que vous ne mettez pas beaucoup de sérieux dans vos révisions !"
"Je vais travailler avec des apprentis briseurs de sorts sur les magies de lune..." je reconnais piteusement - je dois avoir un gène de masochisme, je sais.
"Les magies de lune ?" il s'étonne sincèrement - ça dépasse la badinerie. "Comme voilà un sujet peu... banal en Occident !"
"N'est-ce pas ?", je concours - il y a autour du sujet un silence qui finit par être assourdissant.
"Félicitations, Cyrus, je suis fier que vous soyez mon élève", il conclut relativement abruptement avant de partir arrêter une étudiante qui semble avoir cherché à lui échapper - vu sa tête. J'arrête mes hypothèses en l'air et je file au centre des portoloins internationaux.
ooooo
Grande réunion à Trieste dans le prochain chapitre. Harry raconte. Ça s'appelle De l'angle des choses
