Playlist (totalement décalée)
[Jacques]
Mais cet enfant, où l'as-tu mis
Tu ne fais attention à rien
Te souviens-tu ?
Il ne fait pas chaud aujourd'hui
L'enfant doit avoir froid ou faim
Te souviens-tu ?
[Brigitte]
Vous êtes tout à fait mon type
Vous devez être très ardent
Que disiez-vous ?
Je crois que je n'ai plus la grippe
Voulez-vous monter un moment
Que disiez-vous ?
Brigitte Fontaine et Jacques Higelin Cet enfant que je t'avais fait
XXXXVIII. Cyrus. Des jeux d'enfants
Quand Hermione et Ron se résolvent à rentrer chez eux après avoir fait jurer à Harry de ne pas repartir sans les revoir, il reste que mon frère et sa bande d'Italiens, qui dansent deux par deux, alors qu'il n'y a plus de musique... décalés dans le temps, sans doute... Songeant elle sans doute uniquement à aller se coucher, ma Ginny se demande où ils vont dormir et, comme je ne suis pas super proactif sur la question, affalé dans le canapé, elle va leur demander :
"Vous voulez rester ici ?", elle propose.
"On tiendra bien tous à l'appart' pour une nuit", affirme Harry après un regard circulaire sur les murs nus et les tas de sac de plâtre dans les coins - faudrait une nouvelle dose de magie pour rendre ça accueillant. "Autant rester tous ensemble... Entre la chambre des jumeaux et le salon, on va bien se débrouiller !"
Personne n'ayant tellement le courage de réfléchir à d'autres solutions, surtout magiques, on rentre donc tous ensemble à l'appartement où, après quelques fous-rires et regards gênés, Tiz et Fiametta se répartissent les lits des jumeaux pendant que Harry et Ada s'installent sur le canapé du salon. J'entends pleins de murmures italiens en m'endormant, et c'est plutôt sympathique.
Je suis en train de rêver que Gin et moi pistons, main dans la main, des dragons nains d'Amazonie parlant un portugais à la Bettany Faithborne, quand j'entends une voix de petite fille annoncer en anglais :
"Oh Mae! Regarde, Harry ! Tu nous as amené des cadeaux, cette fois ?"
Les rêves, c'est comme ça, ça change tout le temps.
"Pardon, Harry", commente Mae, avec une certaine tension dans la voix. "On va se replier dans la cuisine..."
OK, ça ne ressemble plus réellement à un rêve tout ça. J'ouvre les yeux.
"Je veux mes jouets", proteste Iris en s'éloignant pourtant.
"Il y a du monde dans votre chambre", lui lance Harry. "Tiziano et une amie de Ada, il vaudrait mieux attendre qu'ils se réveillent... J'aurais dû prévenir..."
"Ils se font des bisous ?", veut savoir Kane.
"Ça personne ne le sait", répond Harry en riant. "Vous faites quoi ici ?"
"C'est l'anniversaire de Paul !", clament les jumeaux en coeur.
Paul. Le petit voisin moldu, complète mon cerveau, complètement tiré des brumes du sommeil maintenant.
"Laissez-les donc se réveiller", coupe Mae avec autorité. "On est dans la cuisine."
"J'arrive", annonce Harry.
"Je vous fais du café", répond Mae.
Il y a un murmure italien que je ne peux saisir - mon Italien est une blague, c'est un fait, mais là, il aurait fallu jeter un sort d'amplification pour entendre.
"Lasciami cinque minuti con essi", j'entends Harry répondre plus fort. Au son, je dirais qu'il s'habille en parlant.
"Certo, prenditi tutto il tempo che serve", admet Ada plus fort, a priori avec une voix plutôt détendue pour une fille qui vient de se faire réveiller par surprise par sa belle-mère potentielle. Je décide de trouver ça sympathique.
"Et toi, tu lui laisses aussi 'cinque minuti' ?", questionne Ginny, réveillée à côté de moi. Elle manque de me faire sursauter.
"T'en penses quoi ?"
"Qu'il appréciera", estime Gin avec un grand bâillement. "Tu peux m'embrasser en attendant..."
Quand on arrive dans la cuisine, peu de temps après ou presque, Harry a Kane et Iris sur les genoux et Ada souffle sur son café. Gin s'assoit à côté d'elle et, moi, je sors de nouvelles tasses du placard.
"Alors vous allez à l'anniversaire de Paul Thomson?", questionne notre grand frère à tous. Peut-être se souvient-il du temps où Aurore les baby-sittait et où il traînait au parc avec les jumeaux plus que son âge, son sens de la famille ou les ordres parentaux ne l'imposaient. A moins qu'avec Ada, il l'ait réellement oubliée ? J'aimerais bien savoir, en fait.
"Paul nous a invités !", se réjouit Iris qui se lève et pivote sur elle-même pour essayer l'effet de sa jupe moldue ornée d'un gros nœud. "Mãe nous a acheté des habits spéciales !"
"Ils ont l'air de quoi ?" - questionne diplomatiquement Mãe en nous regardant - tant pis pour la grammaire, visiblement.
"D'enfants", je réponds et Ginny confirme de la tête.
"J'espère que ça va bien se passer", marmonne Mãe, et je sens que c'est une prière.
"Tu nous envoyais bien à des soirées moldues, Harry et moi", je lui rappelle un peu étonné de sa réaction : Kane et Iris jouent avec les enfants Thomson depuis des années !
"Vous étiez bien plus grands et en contrôle de vos pouvoirs", répond Mãe avec agacement. "Hier, Kane a décidé qu'il ne mangerait pas ses haricots et les a échangés avec le dessert d'une pauvre fille de Serdaigle en pleine Grande salle et, la semaine dernière, Iris a eu peur de Sabre, le nouveau chien de Hagrid, et l'a transformé en peluche géante..."
"En peluche !", s'amuse Ada qui semble avoir opté de nouveau pour un sortilège de traduction. Sa réaction souriante plaît aux jumeaux pas la peine de le dire.
"Papa en pense quoi ?", je finis par demander - je n'aurais pas de BUSE de diplomatie ce matin, je sais. Mais comme la plupart des sorciers, je trouve naturel que les mômes fassent de la magie. C'est le contraire qui m'inquiéterait.
"Qu'ils s'en tireront très bien", semble se désoler Mãe.
"C'est quand qu'on y va !", pleurniche alors Iris.
"Ils ont dit à partir de deux heures", soupire Mãe.
"Dans un quart d'heure", précise donc Kane qui n'a pas l'air moins impatient que sa jumelle.
"Et vous avez un cadeau ?", demande Ginny sans doute pour leur faire penser à autre chose.
"On vient d'un magasin de jouets", nous apprend Iris. "Un grand !"
"Mais le mieux, c'est qu'on va jouer aux Végétalimagus !", ajoute Kane avec une si visible jubilation que je n'ose poser de questions.
"Aux quoi ?" questionne très doucement Ada qui semble se demander si son sortilège de traduction fonctionne bien.
"Aux Végétalimagus", explique Iris. "Quand tu as besoin, tu deviens un arbre, une fleur..."
"Comme les Animagus et les Métamorph... enfin comme toi", complète Kane, en se tournant souriant vers Mãe.
"Clémente Cerridwen", soupire celle-ci en fermant les yeux.
"Il me semblait qu'on avait parlé de...la magie, ici", je remarque pour ma petite sœur qui a l'air pour l'instant interdite par la réaction maternelle.
"Mais c'est un jeu, Cyrus, c'est pas de la magie", elle répond avec des yeux ronds et un air sincère qui indiquent soit qu'elle a fait des progrès ahurissants en mensonge, soit qu'elle est réellement étonnée de nos suppositions.
"Paul ne fait pas de magie", souligne Kane avec un air supérieur et désolé, comme s'il était affligé de notre niveau d'information.
"Et vous ?", questionne peu innocemment Harry.
"Nous, on joue... on devient des arbres quand les méchants arrivent... C'est mieux que leurs... In... indiens", argumente Kane.
"Vous devenez des arbres ?", insiste Harry.
"On dit : végétalimagus, je deviens un arbre", explique Iris en mimant. "Et plus personne ne peut t'attraper - c'est le jeu, Harry !"
On se regarde tous avec l'air de penser la même chose : c'est un jeu très moldu, juste inspiré par la magie.
"Et moi qui avais prévu de passer au bureau pendant leur fête", soupire Mãe. "Je me demande si je peux réellement le faire..."
"Et Papa, il est fait quoi ?", veut savoir Harry.
"Que fait Remus Lupin un week-end ?", ironise Mãe avec un sourire un peu forcé.
"Il est à la Fondation ?", vérifie mon frère, et Ada semble clairement s'intéresser à ce nouveau développement.
"OK, j'amende : quand il n'est ni avec sa famille, ni à la Fondation ?", reprend Mãe l'air toujours de se demander si elle peut s'éloigner du parc cet après-midi. Va s'en doute falloir que je m'y colle, je songe en regardant les jumeaux. Ils n'ont pas l'air de mesurer son inquiétude, occupés qu'ils sont à retourner leur cadeau pour Paul dans tous les sens. Le papier en souffre un peu.
"Il est à Poudlard", comprend Harry qui malgré ses engagements de Trieste reste à ses propres priorités, visiblement.
"Jamais il ne laisserait l'école à quelqu'un d'autre que Severus", soupire Mãe avec l'air de penser qu'il faudrait que ça change mais qu'elle a cessé de l'espérer.
"Et Severus s'occupe de sa famille, lui", je crois bon d'ajouter, pour lui dire que j'entends sa fatigue.
"Surtout que Susan a accouché cette nuit - mais bien sûr, vous ne savez pas !", commente Mãe avec un sourire revenu.
"C'est un garçon", se réjouit Kane comme si ça manquait de garçons autour de lui.
C'est bizarre l'émotion qui me saisit. Une boule énorme.
"C'est vrai qu'il t'a demandé d'être son parrain ?", me questionne alors Mãe avec un sourire encore plus large.
"Tu ne m'as rien dit !", s'exclame Gin alors que j'acquiesce. Harry ouvre de grands yeux verts derrière ses lunettes.
"Oublié", je marmonne - c'était fou tout ce qui nous était tombé dessus ces derniers temps.
"Ils t'attendent plus ou moins", indique Mãe.
Je regarde Ginny et Harry, et la première annonce immédiatement : "Merci, mais je n'arriverai sans doute jamais totalement à faire l'impasse sur toutes les fois où il m'a terrorisée !"
"B'en justement, ce serait le moyen", estime Harry avec un sourire en coin.
"Tu viens ?", je vérifie en espérant qu'il n'est pas jaloux que Severus ne lui ait pas demandé à lui, qu'il n'a pas mieux à faire, qu'il ne va pas me laisser tomber maintenant... tout ça.
Harry regarde furtivement Ada qui hausse aussi discrètement les épaules.
"Je peux faire guide touristique et réparatrice de magie spontanée éventuelle pendant ce temps", indique Ginny en se resservant du café.
ooo
"Lupin, Harry et Cyrus", indique mon grand frère à l'infirmière qui protège la chambre de Susan Smiley-Rogue des journalistes.
"La famille Lupin est sur ma liste", indique la jeune femme avec un petit regard de curiosité pour nous deux. "Chambre 26, au fond du couloir."
Nous avons parcouru la moitié du couloir quand une voix retentit :
"Harry !", appelle alors une jeune médicomage, et je reconnais Lisa Turpin qui était de sa promotion - mais je ne sais plus sa maison. "Que nous vaut l'honneur ? Mais, bien sûr, la naissance d'un nouveau maître de potions !"
"Il pourrait choisir d'être médicomage ou de vendre des glaces", répond Harry en lui serrant la main. "Tu vas bien ?"
"Pas mal, merci", répond Lisa. Elle n'ose pas me serrer la main, je le vois, alors je la lui tends.
"Tu te rappelles de mon petit frère, Cyrus", commente Harry. "Félicite-le, c'est le parrain !"
"Ah c'est pour ça !", estime étrangement Lisa. Comme on a l'air stupides, elle explique. "Siorus Albus Smiley-Rogue... Tout le monde se demandait d'où sortait le Siorus..."
Tout le monde... je pense que ça fait le même effet à Harry qu'à moi. Comme si Radio Poudlard nous poursuivait jusque dans les couloirs de Sainte-Mangouste.
"Eh bien, allons voir l'héritier", décide Harry, choisissant de ne pas commenter. "Heureux de t'avoir revue, Lisa".
On frappe doucement à la porte et la voix de Severus demande d'entrer. Ça me rappelle tellement les fois où j'ai été en retenue avec lui que je pousse Harry devant moi. Il se laisse faire avec un regard goguenard qui dit bien combien mes intentions sont transparentes.
"Harry !", s'étonne Severus en voyant mon frère.
"J'étais là", explique Harry en souriant. "Fallait en profiter!"
Pendant qu'ils s'étreignent, je regarde Susan qui tient un bébé dans les bras, évidemment. Elle me sourit. Je trouve ça totalement intimidant. D'abord parce que je la connais assez peu finalement. Et puis remontent de la mémoire de Sirius, Lily souriant et fatiguée avec Harry dans les bras. Le parallèle est troublant.
"Il s'appelle Siorus ?" est la seule chose que j'arrive à dire. Ont-ils choisi ce prénom là pour moi comme le suppose Lisa Turpin ? J'ai du mal à croire que Severus ferait ça... sans pouvoir totalement l'écarter.
"Comme mon grand-père", m'annonce Susan toute souriante. "Mon grand-père maternel, un écossais pur malt ! Parfait pour un futur élève de Poudlard, non ?"
"Tu as cru que c'était une mauvaise blague ?", demande Severus derrière moi. "Je suis désolé"
Le ton. La forme. Tout est si inhabituel que je manque de me pincer pour vérifier que je ne rêve pas.
"Ce n'est pas ton genre, les blagues", j'arrive à répondre, en ayant l'impression de rompre un sortilège très puissant.
"Tu lui apprendras à rire, n'est-ce pas, Cyrus ?", demande Susan, et le bébé s'étire dans ses bras comme pour marquer son accord. Il semble tellement petit, fragile... mon filleul tout neuf. Celui de Cyrus, insiste Sirius avec beaucoup de bienveillance, quelque part en moi.
"Des blagues, une langue acérée et une grande précision... méfiez-vous que les dons que vous jetez sur ce pauvre môme ne sonne pas la fin de Poudlard... les profs prenant la fuite !", s'amuse Harry en s'approchant à son tour.
"Je peux le prendre ?", je questionne très timidement, et Susan me le tend avec précaution. "Siorus, n'écoute pas tonton Harry", je murmure quand je l'ai à peu près calé dans mes bras. "Les fées sur ton berceau, elles te souhaitent la plus belle vie possible, des gens qui t'aiment, des défis à ta mesure et de toujours avoir le choix... Crois-moi, avoir le choix, c'est le plus important..."
oooo
"Alors, comme ça, tu te sens prêt pour le grand saut ?", me lance Harry quand nous sortons de Sainte Mangouste. Il a un air goguenard et il pleut.
"Le Brésil ?", je demande en relevant le col de mon blouson.
"Le voyage de neuf mois qui te ferait père", il répond, me coupant dans mon élan. On se regarde sous la pluie quelques instants avant de repartir.
"Je te l'ai déjà dit", je réponds lentement. "Ne t'attends pas obligatoirement à être tonton dans neuf mois, mais la question est sur la table... On a travaillé son Animagus avec Ginny et j'ai pu voir l'ampleur de son envie", je décide de lui confier. "Dans une autre vie, Sirius a dit non à tout ça... Je ne me vois pas faire pareil..."
"Tu le fais pour toi ou pour Sirius ?", il demande avec cette très légère hésitation qu'il a toujours en évoquant ce quasi-double adulte qui m'a donné sa vie.
"D'abord je n'ai encore rien fait, et si jamais je le fais pour quelqu'un, comme tu dis, c'est pour Ginny avant tout...", je réponds avec plus de facilité maintenant que le sujet est lancé.
"Pas pour toi ?", il insiste.
"Ce que je fais pour Ginny, je le fais pour moi, non ? Je ne serai pas grand-chose sans elle dans ma vie", je lui livre - ça fait un paquet de temps que je n'en ai pas dit autant à quelqu'un d'autre qu'à Ginevra en un sens. "Elle fait des tas de sacrifices pour moi, des tas de choix importants en fonction de moi. Puis-je faire autre chose que de lui rendre la pareille ?"
Il sourit comme s'il approuvait mais ne commente pas.
"Tu nous trouves trop jeunes ?", je finis par demander un peu nerveusement.
"Je n'en sais rien", il répond avec un haussement d'épaules. "Il y a toi et Ginny, il y a Ron et Hermione, vous avez l'air si sûrs... j'enquête..."
"Harry, il faut un certain temps pour... pour qu'une envie comme celle-là naisse... Ce n'est pas seulement une question d'âge", je commente en comprenant qu'il fait des comparaisons avec sa propre situation. Ça ne marche jamais totalement les comparaisons.
"Et je ne suis avec Ada que depuis deux mois", il me coupe en riant avec facilité. "Mais tu vois, je crois que tu te trompes : je ne suis pas sûr que le temps explique tout... Il y a les gens, les projets, les dynamiques, les synergies... Pour l'instant, notre couple à Ada et moi... c'est une balle lancée dans le vide... le sol s'approche, va falloir qu'on rebondisse.. et ça sera le test..."
Je me fais le film de son image, plan par plan, pour bien comprendre. Ça ne me semble pas super optimiste.
"Harry... je ne sais pas trop quoi te dire... Tu as l'air d'attendre une révélation quand un couple... c'est plutôt comme ces jeux de cubes moldus : tu empiles, tu empiles, ça tangue.. tu équilibres... jusqu'à la prochaine fois !", j'essaie de répondre.
"Joli", il sourit.
On a atteint un kiosque à musique au milieu d'un parc quand il reprend.
"Je la regarde vivre en un sens... Elle a tellement de projets, de secrets, de... vies parallèles... Je n'ai pas l'impression de vivre avec elle, mais plutôt de la croiser... parfois ça se passe bien, parfois, on se fait plutôt du mal... On a des attentes énormes l'un envers l'autre - depuis le début... ça m'a plu d'ailleurs... ça me plaît toujours... mais... je ne sais pas si on empile grand chose, Cyrus... Toujours cette impression qu'on est lancés en l'air - pas qu'on vole, non - qu'on a été projetés ensemble dans le ciel et qu'on tombe en se tenant la main... un truc comme ça..."
"Achetez-vous des balais", j'essaie, totalement intimidé par sa sincérité soudaine.
"Je lui ai offert un miroir, pour qu'on puisse se joindre plus souvent... c'est déjà un début", il me révèle en sortant le sien de sa poche. "Ada", il murmure. "Eh, bella !", il sourit quand elle apparaît.
"Vous avez fini avec le bébé ?", elle demande en anglais. "Il était comment ?"
"Minuscule", commente Harry l'air pris au dépourvu par la question. "Vous êtes où ?"
"A la Tour de Londres, Ginny nous a expliqué comment y aller...Tu nous rejoins ?"
"Je voulais faire un tour à Poudlard"; il annonce. Comme elle ne dit rien, il ajoute inutilement : "Voir mon père."
"Bien sûr", elle commente cryptiquement.
"Il sera intéressé que tu lui racontes", il ajoute avant de répéter en italien : "Sei tu che devi raccontargli." Il a insisté sur le "tu", ça m'évite d'avoir besoin d'une traduction.
"Ti ha chiesto ?", elle s'enquiert et, moi, je ne la vois pas mais je crois que j'imagine son visage. Le même qu'hier quand elle m'a demandé "C'est... une position officielle ?" en espérant que je sois le porte-parole de mon père.
"C'est mon père", soupire Harry, pas loin de s'agacer - je le sens clairement - mais se retenant avec ce contrôle de ses impulsions que je lui ai toujours envié. Comme elle ne répond rien, il ajoute. "Je ne compte pas y rester longtemps de toute façon, j'ai aussi promis à Ron et Hermione de repasser les voir, et on est déjà au milieu de l'après-midi."
"Je peux rentrer avec Tizzi et Fia", elle annonce d'une voix égale. Et je comprends mieux ce qu'il a voulu dire tout à l'heure. Elle peut disparaître d'une seconde à l'autre, cette fille, c'est clair.
"Ne fais pas ça, Ada", murmure Harry sans sembler gêné de ma présence. "Non fare ciò, per favore...Vieni !"
"Non capisco davvero perché tu...", elle commence en italien, sa voix a perdu son tranchant impersonnel, avant de repasser à l'anglais pour dire : "Je ne sais pas si je suis prête, Harry.."
"Prête pour quoi, Ada ? Ce n'est pas un examen... justement... Vieni", il insiste très doucement. Je suis jaloux des efforts qu'il fait pour elle ; moi, il me tordrait le bras sans trop de pitié pour moins que ça.
"Je ne sais pas si je saurais transplaner si loin... ici", elle répond maintenant - l'hésitation domine dans sa voix.
"Je viens te chercher", conclut mon frère en terminant l'appel.
Il me regarde après, droit dans les yeux, avec cette expression sans détour qu'il a quand il attend le jugement des autres et l'accepte par avance. Un truc qui lui appartient.
"Tu crois que ça passe par là ?", je formule maladroitement.
"Je ne sais pas si c'est là qu'on rebondit ou qu'on s'écrase mais oui, je crois que... pour apprendre à voler, faudrait... qu'on apprivoise le loup.."
ooo
Bon, un grand pas en avant non ?
La suite est évidemment à Harry sous le titre De fausses relations de symétrie
Vous l'imaginez comment la discussion à Poudlard ?
Sinon, comme promis, deux bonus pour Noël et la nouvelle année et tous les anniversaires qui pourraient traîner dans les parages...
- La mise à jour du chapitre 31 de Entre Lune et Etoile avec une deuxième scène entièrement nouvelle !
- Mais surtout, maintenant que Siorus Smiley-Rogue est né, voici Le pouvoir de Radio Poudlard ? un OS réponse au défi de Lady Shadow Cassandra (mais tout le monde à la droit de le lire !)
Un peu de courrier pour fêter ça ? De nouveaux défis pour 2012 ?
