Playlist totalement décallée encore
Dans une vie antérieure, j'effleurai les zones franches
Aujourd'hui à cette heure, je trime, je bosse, j'astique
Général Alcazar
L. Cyrus Des souffles retenus
Quand Harry transplane pour retrouver sa mystérieuse Ada, je me retrouve seul sous la pluie fine de printemps dans ce parc pas trop loin de Sainte-Mangouste. Il me faut plusieurs minutes pour secouer l'impression douce amère que m'a laissé ma discussion avec Harry et sortir mon propre miroir pour enquêter sur l'état d'esprit de ma propre petite amie.
« Alors, une explosion de magie ? », je lui demande en guise d'introduction – et sans doute parce que je n'y crois pas une minute.
« Non, non. La maman de Paul est un peu étonnée que je veuille absolument l'aider, mais sinon tout va bien ici... Je crois que ta mère a réellement besoin de vacances et de légèreté... », confirme Ginny dans un chuchotement.
« Tu t'embêtes ? »
« Non, pas réellement le temps », elle répond avec un petit gloussement d'auto-dérision. «Alors, ce bébé ? »
« Je lui ai souhaité d'avoir toujours le choix », je réponds.
« Un vrai parrain », elle approuve après un instant de réflexion et avec un sourire dans la voix.
« J'espère », je réponds avec sincérité et un poil d'angoisse remontant de très profond et de très loin dans le temps.
« Ne doute pas de toi », elle glisse doucement.
« D'autres ont failli », je lui rappelle avec une émotion dans la gorge qui sans m'appartenir totalement n'est pas moins irrépressible.
« Tu as l'inestimable avantage de le savoir – tes erreurs n'appartiendront qu'à toi », elle estime.
Toujours accoudé à la rambarde du kiosque à musique, je ne sais pas quoi répondre à tant de bon sens et d'affection pour moi.
« Tu es toujours avec Harry ? », questionne Ginny réalisant sans doute ma difficulté à reprendre la conversation après une telle sortie.
« Non, il est parti à Poudlard avec Ada », je lui apprends en me disant que la portée de l'évènement reste difficile à mesurer.
« Oh, oh, oh », commente Gin avec un air entendu. « Bien qu'elle en crève visiblement d'envie, je n'aurais pas cru qu'elle allait oser ! »
« Je crois que Harry ne lui a pas laissé le choix », je réponds en repassant la conversation dans ma tête. Il y avait eu des efforts de la part de mon frère mais aussi une forme d'ultimatum. Malgré toute la patience dont il a fait preuve, si elle lui avait dit non, je ne crois pas qu'il lui aurait pardonné facilement...
« Bien », se réjouit ouvertement Gin. « Ça ressemble plus à notre Harry ! »
« Il est très amoureux d'elle quand même, est-ce qu'il se remettra facilement d'une rupture ? »
« Tu es pire que moi en prévoyant qu'ils rompent d'être allés voir ensemble ton père », elle remarque.
Ça me laisse une deuxième fois sans voix. Si un truc a toujours fait flippé mon Papa, c'est d'être mêlé de près ou de loin à nos relations sentimentales... une vraie plaie de lui arracher un demi conseil et, là, Harry allait lui amener une fille qui avait besoin qu'il l'autorise à fréquenter son fils... Il allait adorer !
« On verra bien », je commente pour moi-même essentiellement. « Tu veux que je vienne ? »
« À mon avis, Madame Thomson va réellement se poser des questions si on débarque tous chez elle... Attend-nous à la maison, je ne crois pas que ça dure encore très longtemps... »
« Ok », j'accepte en décidant de rentrer lentement par un bus moldu qui me montre la capitale britannique engourdie par le rythme du dimanche.
J'en suis à vaguement trier mes livres de révision en attendant Ginny quand Mae revient.
« Tu es tout seul ? »
« A priori, ils ne devraient pas tarder, et tout se passe bien », je préviens immédiatement.
« Sans doute mieux qu'à la Division », répond Mae avec un sourire suivi d'un soupir.
« La guerre des chefs a repris ? », j'ose formuler.
« Savage et Saltegg ont rien trouvé de mieux qu'abattre un petit voleur de potions surpris sur le fait », elle explique avec une grande lassitude. « J'ai dû faire venir Shacklebolt un dimanche pour que la Division ait une position avant la Gazette... »
« Mais le gars, il est... mort ? », je questionne terrifié de la réponse.
« D'après Sainte-Mangouste, ses jours ne sont pas en danger mais il est bien secoué... on attend de voir s'il va porter plainte... le communiqué dit qu'il a été blessé dans des circonstances prêtant à confusion et le nom des Aurors n'est pas donné »
« Pourquoi se priverait-il de porter plainte ? », je remarque sans oser demander si je peux le connaître.
« Parce qu'il est Roumain, d'abord... et qu'il peut préférer monnayer sa liberté contre son silence», avoue très directement Mae.
« Magnifique », je ne peux m'empêcher de remarquer. Je sais qu'elle ne cautionne pas mais ça reste au-dessus de mes forces de trouver ça normal ou réaliste.
« Savage essaie de nous le vendre comme un membre du XIC qui va nous mener à toute la bande », elle ajoute avec découragement.
« Rien que ça ! »
« Nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer la possibilité que le gars ait bossé pour eux et nous apprenne quelque chose », elle me répond – je dirais qu'elle répète un truc dont on lui a bassiné les oreilles.
« Quand Saltegg était à Poudlard, il était excessivement fort pour apparaître comme une victime quand il avait tout fait pour se faire casser la gueule », je commente froidement, furieux qu'elle se retrouve à couvrir des pratiques de cow-boys.
« Kingsley n'est pas dupe, Cyrus, mais pour l'instant, on ne peut qu'attendre et vérifier toutes les éventualités », elle m'explique avec une patience qui en dit long sur la profondeur de son agacement. « Pour plus de transparence, l'enquête est transférée à Robbard. »
« Harry ne va pas pouvoir voir Ron ce soir, alors », je comprends, faute de savoir comment lui dire que je n'aimerais pas être à sa place, même si elle l'a choisie.
« Harry est encore là ? », elle s'intéresse, peut-être a-t-elle envie de changer de sujet.
« A Poudlard avec Ada », je réponds sans tergiverser.
« Avec Ada », elle mesure lentement la situation. Il y a de l'approbation dans sa voix comme il y en avait eu dans celle de Ginny sans que je sache si c'est pour les mêmes raisons.
« D'après Harry, Ada se fait une montagne de l'opinion de Papa sur elle... », je développe maladroitement. Sur le coup, les images qu'avait utilisées Harry sonnaient justes et claires, mais elles lui appartenaient définitivement...
« C'est aussi ce que pense Remus », me répond Mae sans fioriture. Elle lit ma curiosité dans mon regard, sourit vaguement et soupire même avant de reprendre : « Il dit même qu'elle lui montre qu'il n'avait pas fait encore le tour de tout ce que son nom et sa lycanthropie peuvent vous faire subir... »
« N'importe quoi ! », je grommelle en ayant l'impression fugace que la voix de Sirius se mêle à la mienne.
« Tu le connais », elle sourit de nouveau. « Plus sérieusement, ce qui s'est passé à Lo Paradiso divise les garous partout en Europe, Cyrus. Et la présence d'Harry est avidement commentée et déformée : la Fondation chercherait-elle à se mêler de toutes les expériences lycanthropiques, se croit-elle détenir la seule façon de faire cohabiter magie et lycanthropie - pour beaucoup visiblement Lo Paradiso était une réponse plus que souhaitable et son évolution agace... Bref, on peut comprendre que Ada s'inquiéte ou de se fasse ses propres films sur l'opinion de Remus – c'est ce que je lui réponds... »
« Harry m'a parlé de ce qu'ils ont lancé là-bas, rien que Papa ne peut défendre ! », je lui oppose en me disant que Harry n'avait pas parlé d'une polémique d'une telle ampleur. La mesurait-il lui-même ? Est-ce que Mae exagérait ?
« Tu ne comprends pas», elle soupire. « Il y a ton Papa et il y a la Fondation... Thaddeus a été très choqué d'apprendre que Harry ait été là-bas à ce moment-là, après l'accueil qu'ils avaient eu l'année dernière... Pour Thaddeus, Harry se fait manipuler par Ada et Remus est trop gentil pour s'en rendre compte... Même Thaddeus, Cyrus ! », elle souligne.
« Et tu crois que ça va lever toutes les ambiguïtés qu'ils se voient ? »
Elle hausse les épaules d'un air rêveur.
« Remus, Harry et Ada aussi sans doute sauront mieux faire face au politique si leurs positions affectives sont plus claires... »
Je vais lui répondre que ça vaut aussi sans doute pour la Division quand la porte de l'appartement s'ouvre sur les jumeaux et Ginny. C'est comme si le vent s'engouffrait dans l'appartement : les jumeaux sautent, crient de joie en voyant Mae et se coupent la parole pour raconter. Ginny a l'air épuisée.
« Un peu dur, tout ça, finalement ? », je lui demande en l'embrassant.
« Comment ma mère a-t-elle pu avoir sept enfants ? », est sa réponse.
« Tu es mieux placée que moi pour répondre à ça ! »
« … et nous organiser autant d'anniversaires, vous inviter presque toutes les semaines », continue Ginny sans m'écouter. « Je me demande si je ne me surestime pas ! »
« Personne n'a dit que tu devras faire ça seule », je lui rappelle.
Ses grands yeux noisette brillent d'étonnement ravi bien après que ma mère adoptive ait réussi à rembarquer les jumeaux vers Poudlard. Ils brillent suffisamment pour que je décide de ne pas enquêter sur ce que fait Harry de la fin de sa soirée ou de l'issue de la rencontre au sommet entre le père et la fiancée garou.
oo
L'odeur de café est forte. Elle vient même d'une tasse placée devant mon nez par une main fine. Ok, Gin n'est pas dupe de mon prétendu sommeil. Mais la petite sœur des Sorciers facétieux ne peut pas être dupe de grand-chose, si vous voulez mon avis.
« Il est plus de dix heures, Cyrus », elle commente en souriant.
« Comme si j'avais des trucs urgents », je marmonne sans faire un mouvement.
« Tes résultats, ce n'est pas ce matin ? »
« Pas urgent », je répète.
« Cyrus, si je ne te connaissais pas depuis qu'on a neuf ans, je dirais que tu meurs de trouille ! »
« Merci, Gin », je grince.
« On part quoi qu'il arrive, rappelle-toi ! », elle sourit.
Mais je n'ai aucune envie de me retrouver devant la liste des examens à repasser à mon retour, au milieu du grand hall de l'Université... je reconnais intérieurement en me redressant dans le lit et en acceptant la tasse. Ouais, pas très loin de la trouille, j'ajoute mentalement en croisant le regard beaucoup trop compréhensif de Gin. Je n'ai donc jamais été aussi ravi d'entendre sonner mon miroir. Je rends la tasse à Gin et je me lève pour le sortir de mon pantalon. Je vois Drago dans le miroir.
« Je ne te croyais pas du genre à célébrer tes victoires en cachette », me lance mon cousin avec son inimitable accent traînant mais un large sourire.
« Tu es à l'Université », je reconnais le grand hall derrière lui.
« Oui, et tout le monde se demande où est la vedette du jour – qui est mon cousin », se réjouit ouvertement Drago. Je n'ose pas commenter et il reprend : « Voyons major en Potions et plantes, , second en Pharmacopée magique traditionnelle et, mieux encore, major en Symbolique »
« Major en symbolique ? », je m'étrangle – et je rougis aussi. Ginny laisse échapper un petit cri de surprise ravie.
« Le bruit court que Girasis en personne veut te féliciter », confirme Drago à sa façon.
« Et toi ? », je questionne avec toute ma légendaire délicatesse. Faut dire qu'affronter les félicitations de Girasis n'est pas totalement excitant comme perspective.
« Cinquième en symbolique, je vais pouvoir me concentrer sur mes dernières épreuves de potions sans plus jamais ouvrir un bouquin de Girasis - merci cousin », il répond avec une simplicité qui en dit tellement long sur l'évolution de nos relations que je manque de m'en asseoir.
« De rien », je souffle faute de meilleure répartie.
« Je serais toi, je travaillerais maintenant ma présentation orale pour qu'elle soit au niveau de mes résultats écrits », il se moque ouvertement. « Maninder allait t'appeler et je lui ai dit que je le faisais – je crois que j'ai bien fait ! »
« Merci », je reconnais, heureux de le sentir libéré par la fin des examens et visiblement fier de ma propre réussite.
J'arrive vingt minutes plus tard à l'Université et je me fais frapper dans le dos par des gens qui étaient les premiers à me croire coupable d'avoir empoisonné Ackerley quelques mois auparavant. Je laisse faire et Maninder coupe court à tout ça assez vite en me traînant avec excitation vers la direction de l'Université.
« Mon premier élève à obtenir un tel résultat ! », il me félicite sans sembler se formaliser que je ne sois pas aussi enthousiaste que lui. "J'ai toujours su que vous seriez une bonne recrue, Cyrus, mais là vous dépassez mes plus folles espérances !"
Je me contente de sourire jusqu'au bureau directorial de l'Université qui ne cède en rien en objets magiques et en portraits poussiéreux à Poudlard. Ça devrait me rassurer, j'imagine, mais ce n'est pas Remus derrière le bureau. C'est une femme qui n'a jamais professé un grand amour pour la famille Lupin.
« Cyrus Lupin », m'accueille Girasis avec un regard pénétrant et presque étonné, comme si elle me voyait pour la première fois. « Merci de vous être déplacé. Je tenais à vous féliciter personnellement. »
« C'est trop d'honneur », je marmonne avec prudence en serrant sa main tendue.
J'ai imaginé sous la douche qu'elle m'interrogeait sur ce que j'avais pu retenir de ses livres, et la piètre performance de ma part que ça serait. Mais ai-je bien imaginé le pire ?
« C'est un devoir inhabituel que le vôtre, Monsieur Lupin », elle commence en attirant à elle un parchemin qui doit être ma composition. Je voudrais m'enfoncer dans le fauteuil et disparaître. Maninder a l'air follement plus content que moi d'être là. « Je ne m'attendais pas réellement à ça de vous. Vous m'aviez l'air plus sceptique et pratique durant mes cours, moins enclin à embrasser une vision globale des processus... plus le fils de votre père, en un mot.»
Le fils de mon père... On y était sans doute : les félicitations allaient se charger de nouveaux messages politiques dont je ne serais que le porteur et non la cible. Un peu comme Harry, je me retrouvais en ambassadeur sur des terres que j'aurais aimé parcourir incognito. Je me suis enjoint au silence, Maninder s'est raclé la gorge comme s'il s'interrogeait sur la nécessité de prendre ma défense, voire celle de mon père.
« Mais votre travail sort de l'ordinaire, je dois l'admettre», reprend Nikomaka Girasis en lâchant le parchemin. « Pas par les références que vous vous sentez tous obligés de faire à mes travaux ou la sempiternelle utilisation du chemin de vérité de Aibon – pas que je minimise sa méthode mais je me méfie de tout ce qui devient automatique », elle continue, et j'avoue que je suis tellement sidéré par ce nouveau développement que j'en oublie de me sentir directement menacé. « Votre maîtrise du contexte indien est bien sûr à mettre au crédit de votre directeur de recherche », elle développe avec un petit signe de tête pour Maninder qui se rengorge, « mais ce qui m'a réellement intéressée est ailleurs... »
Elle me regarde comme si elle espérait que je devine ce qui a pu tant lui plaire dans mon devoir. Mon incompétence doit être visible, parce qu'elle sourit avec un air un peu supérieur qui lui ressemble plus.
« Même si vous n'avez pas réellement développé cet aspect, et je dirais même parce que vous n'y avez fait que quelques allusions, je ne m'attendais pas à ce que vous connaissiez si bien les magies de Lune », elle finit par lâcher.
Mon coeur accélère et je suis de nouveau sur mes gardes.
« Je ne crois pas que ce soit une magie qui ait intéressée votre... père ou votre grand-père jusqu'à présent – à moins que je les ai eux-aussi mal jugés », elle insiste.
Je prends le temps de composer ma réponse, m'obligeant à mépriser le silence qui s'est installé comme une pression supplémentaire.
« J'ai été initié à l'existence de ces magies, il y a peu », je finis par répondre – impossible de tenir que je ne sais pas de quoi elle parle. « Par des amis italiens » Je laisse délibérément de côté toutes références à ma famille.
« Italiens ? », elle relève avec un air entendu un peu étrange.
J'acquiesce sobrement. Le silence est l'arme des Lupin.
« C'est amusant », elle commente du bout des lèvres.
Elle s'arrête là ; je ne mords pas à l'hameçon. On se regarde sans rien dire ensuite tous les deux, et c'est Maninder qui se trémousse sur son siège.
« En Inde, ces magies étaient très importantes avant la colonisation moldue et l'influence britannique sorcière qui a suivi », il glisse.
« J'ai moi aussi découvert ces magies en Italie », reprend alors Girasis comme si Maninder n'avait jamais parlé. « J'avais à peu près votre âge, Cyrus... »
Je retiens de lui demander si elle est tombée sur des statuettes. Je retiens de lui demander où et comment. Je retiens presque mon souffle pour tout dire, et ça la fait sourire. De nouveau.
« Vous ne me ferez pas le cadeau de votre curiosité, jeune homme, n'est-ce pas ?", elle remarque et je me demande comment je dois le prendre quand elle reprend "Je ne m'en formaliserai pas, au contraire – j'ai même tendance à penser que ça vous rend d'autant plus digne de cette conversation », elle développe en se penchant légèrement en avant. C'est une Girasis totalement inconnue que j'ai en face de moi. « Je connaissais alors un jeune sorcier extrêmement brillant et ambitieux qui rêvait de jeter des ponts entre toutes les créatures vivantes, magiques ou non, grâce aux magies de Lune... peut-être voyez vous de qui je veux parler ? »
Il y a des mathématiques simples et des coïncidences qui dépassent tout ce qu'on peut dire de la liberté individuelle.
« Cosmo Taluti », je propose donc, le cœur battant assez furieusement.
« Vous avez découvert une perle rare, Avinesh », elle commente en acquiesçant. « Peut-être est-ce une justice toute symbolique que ce soit le fils de cet instinctif de Lupin qui m'offre cette conversation... Cosmo aurait aimé l'homme d'action qu'est votre père, et ce dernier aurait mesuré ses ambitions à leur juste valeur... mieux que moi sans doute... Sauf que c'est moi qui ai jusqu'ici porté en secret cet héritage sans savoir comment le valoriser... tant d'années que j'attends un étudiant qui pourrait porter cela avec moi ! », elle s'emballe à la fin dans un style qui lui ressemble plus.
« Vous... vous allez vite en besogne, professeur », je me récrie immédiatement. « Je ne sais
presque rien des magies de lune à part qu'elles animent certaines magies traditionnelles italiennes, en particulier des statuettes utilisées par les moldues et les... lycanthropes » Je me mors presque la langue quand j'ai révélé ça.
« ...et vous avez fait le parallèle entre le chant des statuettes et celui du bijou », m'encourage Girasis. « J'imagine que ce sont en effet vos réseaux lycanthropes qui vous ont amené aux statuettes et à Taluti... le lien était là et je n'ai pas voulu le voir... »
« Professeur, je pars au Brésil pour m'occuper de tout autre chose », je me risque à glisser. Est-ce que je vais devoir abandonner tous mes projets comme cela, pour un devoir trop réussi ?
« J'ai cinq années de correspondance avec Cosmo Taluti à transformer en livre », elle m'oppose en me regardant droit dans les yeux. C'est Maninder maintenant qui retient son souffle.
On pourrait en rester là. Je pourrais prudemment trouver une porte de sortie, passer trois ou cinq appels avant de m'engager plus. Je pourrais rester sur ma première idée que seul le silence est mon allié dans cette pièce – Maninder n'a pas fait le poids dans cette discussion. Sauf que je ne me refais pas.
« J'ai un jeune briseur de sorts – voire trois - fascinés par le sujet à vous présenter », je lui propose en retour.
oooo
Note :
Les évènements de la Division rappelleront sans doute à certains ceux qui agitent la Division dirigée par Harry Potter dans l'excellente fic d'Alixe, Les Sorciers... Pour ceux qui ne savent pas qu'on est complices depuis longtemps dans nos écritures.
Les perso non canon
La famille Thomson - voisins moldus des Lupin à Londres. Le fils Paul est ami avec les jumeaux.
Nikomaka Girasis
Sorcière grecque, directrice du Département d'Arithmancie de l'Université de Londres, professeure de Symbolique.
Avinesh Maninder
Sorcier indien, spécialiste en ethnomagie, directeur de recherches de Cyrus.
Cosmo Taluti
Sorcier italien, fondateur de Lo Paradiso, héritier des travaux de son ancêtre Maddalena Taluti, père de Aradia, petite-amie de Harry.
