Playlist
Tout ignorer de quelqu'un, y a rien de mieux pour le trouver sans défaut, sans lacune.
Pour imaginer que son ramage se rapporte à ses plumes.
Une jolie gueule un matin, ça donne envie de s'arrêter pour échanger trois mots
sans grand intérêt, puis se dire bon, les mots étaient de trop.
Ne pas poser de question,
ça vaut mieux pour garder sa première impression,
et que cette impression-là est belle et douce.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble aussi parfait qu'inconnu.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble parfait
Jeanne Cherhal
LI – Harry. D'excellentes questions
Les pigeons s'envolent brusquement – réagissant au passage d'un vieux moldu à vélo. Une plume tombe sur le balcon où Ada et moi buvons, collés l'un contre l'autre, du café amer en mangeant ces petits gâteaux en forme de lune qu'elle adore. La lumière est encore timide et douce sur les vieilles pierres de Venise. Elle nous tient lieu de conversation.
« Tu crois que... tu auras le temps quand de contacter ce Sirénéen dont tu m'as parlé ? », questionne doucement Ada.
« J'ai cette potion à finir, et il faut sans doute que je fasse part de mes résultats à Sorenzo Lorendan avant que mon stage soit considéré comme nul », je commence dans un soupir – j'y ai un peu réfléchi hier soir en m'endormant. « Mais surtout, je ne sais pas exactement comment le contacter... je l'ai rencontré deux fois mais plutôt par hasard qu'autre chose ! », j'explique avec sincérité.
« Mais tu as dit... », elle s'étonne.
« La dernière fois que je l'ai vu, il devait m'inviter à son mariage – donc il semblait savoir comment me contacter, lui », je réfléchis tout haut. « L'inverse n'est pas vrai, mais un Vénitien comme Tiziano saura peut-être comment on fait... ou son grand-père, ou un de mes profs à la Scuela... Au pire, je peux essayer de retrouver la résidence sur l'île de Poveglia... Mais je doute, malheureusement, qu'il ait un miroir », je conclus sur une note que je voudrais ironique.
« Je vais attendre pour en parler à Lucca », elle conclut clairement déçue mais relativement diplomate - comme elle l'a été chez Ron et Hermione hier soir. Un truc qu'elle fait pour moi, je décide de me le souligner mentalement en rouge. « Il serait tellement excité par une nouvelle piste de financement qu'il serait sur ton dos tout le temps... »
« Oui, attendons que je l'ai revu avant de créer trop d'attentes », j'approuve. « Tu vas partir pour Rome ? »
« Il faut que je contacte ma mère », elle soupire. Clairement, elle aurait préféré aller voir les Sirénéens, je comprends avec un élan de sympathie pour elle.
« Bref, on va devoir être patients », j'essaie une conclusion.
« Tu es meilleur que moi à ce jeu-là », elle affirme, et c'est sans doute un compliment sauf que rien n'est plus faux.
C'est comme une révolte qui vient de tellement profond que je me demande depuis quand elle attend de sortir. J'inspire profondément, je me répète qu'elle fait des efforts, jj'essaie de trouver une porte de sortie avant de cracher une vérité profonde :
« La flatterie ne te mènera jamais très loin avec moi. »
Elle se redresse, un peu saisie par ma réaction, plisse les yeux et répond avec cette innocence désarmante qu'elle peut avoir :
« Mais pourquoi ne cesses-tu de te rabaisser ? Tu devrais être fier de toi, de ce que tu es, de ce que tu as accompli ! »
« Mais je le suis », je crie presque – et moi qui avais toujours cru que personne ne pouvait m'agacer aussi vite et sûrement que Cyrus...
« Tu es généralement patient », elle insiste.
Un espèce de fou rire un peu désespéré me prend le ventre.
« J'avoue que tu peux te targuer de savoir me faire péter les plombs », je lui avoue en l'attirant vers moi, faute de meilleure idée.
Ses grands yeux bleu gris sont toujours étonnés mais le reste de son corps est plutôt souple et chaud
oo
J'arrive malgré tout assez tôt au laboratoire de la Scuela, pressé de déterminer comment finir au moins une première potion présentable, et je trouve Brunissande déjà penchée sur les chaudrons.
« Dis-moi que tu as fait autre chose de ton wek-end », je lui lance en rigolant plutôt, mais inquiet malgré moi, de la voir là.
Elle a un sourire furtif – mi modeste mi rayonnant – qui ne fait rien pour me rassurer.
« Depuis qu'Aliénor sort avec Soren Erdman, tu sais, je n'ai pas grand-monde avec qui passer mes soirées ici à Venise », elle glisse. « Tiziano n'est pas avec toi ? »
« A Trieste, j'imagine. Il a son propre stage ; mais, toi aussi, Brunissande », je rebondis avec force. « J'apprécie énormément ton aide, mais je ne pensais pas te retrouver là ce matin... »
« J'ai préparé six potions sur les dix », elle me coupe sans me regarder. « Ne me remercie pas : franchement, la théorie m'a trop intéressée, et je me suis réveillée la nuit avec des idées... Si ça avait ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, j'aurais fini ! »
« Six sur dix ? »
« Elles varient peu les unes des autres – en tout cas, toutes les féminines ; je me suis un peu concentrée sur elles, c'est passionnant... »
« Sans doute, Brunissande », j'essaie de tempérer, « mais ce n'était ni si urgent, ni à toi de les pré...
« Tu sais, j'ai passé un temps à les observer les statuettes, je comprends que tu veuilles garder tout cela pour toi, mais... », elle m'interrompt à son tour avec l'air d'être prête à s'excuser d'avoir bosser tout un week-end. On croit rêver !
« Non, non, je ne cherche pas d'honneurs ou à être celui qui a vaincu les statuettes », je m'agace, désolé de sa réaction. Je m'agace sans doute trop depuis ce matin. « Je suis juste inquiet de te voir passer autant de temps là-dessus... »
« Pourquoi ? », elle questionne froidement en me regardant droit dans les yeux.
Brunissande a de longs cheveux lisses châtains foncés, tenus par une barrette quand elle travaille. Son visage fin est totalement dégagé ; c'est une très jolie fille, il faut bien le dire, et c'est toujours étrange quand une très jolie fille vous engueule, non ? A moins que ça ne soit le français qui me fasse cet effet là.
« Parce que tu as mieux à faire que... », j'essaie de plaider.
« Mieux à faire ? Mieux à faire que de te rendre ton aide alors que j'ai fini mon stage uniquement grâce à ton frère ? Mieux à faire que de t'encombrer, c'est ça que tu veux dire ? », elle demande et sa voix a enflé à chaque phrase ; ses yeux sombres lancent maintenant des éclairs.
« M'encombrer ? », je répète, sidéré de l'ampleur du mal-entendu.
« Tu as ta vie, tes amis, et la cousine d'une copine d'enfance qui s'impose en permanence dans... », elle énumère avec une colère rentrée que je ne lui ai jamais vue.
« Brunissande, tu dis n'importe quoi ! », j'essaie un peu désespérément.
« Clairement », elle souffle avec tellement de colère que je ne sais que dire.
D'un même geste, elle enlève sa barrette, prend sa cape et sort du laboratoire me laissant seul face aux chaudrons qu'elle a mis sur le feu.
oo
Tiziano met des heures à répondre à mon appel à l'aide.
« Mon miroir déconne ou t'as appelé cinq fois depuis huit heures ce matin ?», il questionne en guise de bonjour quand il s'y décide.
« Tu es à Trieste ? », je questionne un peu au hasard et parce que ce que je vois derrière lui ressemble plutôt à sa chambre, en fait.
« Non, j'ai pris la journée », il me répond avec un grand sourire satisfait.
« Et tu as mis tout ce temps à me répondre ! », je ne peux m'empêcher de râler – ça fait la troisième personne que tu engueules aujourd'hui, je me mets en garde.
« Eh, maestro Harry, méchant Tizzi a oublié de préparer petit-déjeuner ! Méchant Tizzi va se jeter dans le canal avec une pierre attachée autour du cou ! »
« Imbécile », je pouffe malgré moi devant son imitation d'un elfe de maison. « Mais je suis dans la panade, moi, j'ai besoin de toi ! »
« Dis-moi », il répond tellement sobrement que ça me fait frissonner.
« Hum... eh bien, d'abord, je... d'abord je voudrais finir mes échantillons et, a priori, Brunissande en a fait six ce week-end toute seule », je lui révèle, totalement embarrassé une nouvelle fois par ce travail donné.
« Super », commente Tizzi en buvant une tasse de café. On dirait presque qu'il se lève, je me dis distraitement. Il est pourtant midi passé.
«Oui, ce qui est moins super c'est que je me suis... disputée avec elle ce matin en arrivant et que je ne sais pas ce qu'elle a fait... J'ai six chaudrons qui bouillonnent et même pas ses notes...», j'avoue humblement. Au secours Tiziano !
« Tu t'es disputé avec Brunissande ? », s'effare Tizzi.
Je suppose que je le mérite – quand on y pense, personne n'est plus compréhensif et patient avec les autres que Brunissande ; à part Ginny avec Cyrus, je dirais.
« Je lui ai dit qu'elle n'avait pas à passer ses week-ends à bosser pour moi, et elle m'a dit que visiblement elle me dérangeait et elle est partie », je résume les joues rouges.
« Tu lui as au moins dit merci avant ? », insiste Tiziano, l'air abattu.
« Je n'ai pas eu le temps, elle est partie en vrille toute seule », j'argumente.
« Quelle surprise », grince Tiz.
« Oui je sais, je n'ai pas été très galant sans doute, mais imagine MA surprise – pourquoi passe-t-elle son week-end sur ma potion d'abord ? »
« Excellente question », se marre bizarrement Tiziano.
« Tizzi... », je proteste.
« Harry, ouvre les yeux, réfléchis, et tu trouveras la réponse à ta question – t'as déjà résolu des énigmes plus compliquées dans ta vie, crois-moi », il me répond, et je vais demander des explications quand il reprend : « Je finis mon café et j'arrive pour voir si, à nous deux, on arrive à les analyser – sinon il te restera ton frère ou ton cousin... ou Fiametta, qui fait la modeste mais qui serait sans doute tout à fait capable de nous aider... Mais faisons un bilan tous les deux avant de l'amener au milieu... »
« Oui », j'accepte en me disant vaguement que je ne souhaite aucune complication féminine supplémentaire dans cette histoire. Et Fiametta racontant à Ada mes déboires avec Brunissande me paraît bien une complication inutile.
«Ton dernière message disait que tu avais trop de problèmes pour savoir par quoi commencer», me relance Tiziano, « on a fait le tour ? »
« Non, non... je... c'est moins urgent, encore que Ada ne pense qu'à ça... Je voudrais recontacter Oan-Ni, le Sirénéen que j'avais rencontré... tu sais comment on fait ? »
Tiziano écarquille les yeux.
« Et moi qui me disais que tu avais l'air d'aller mieux dans ta tête ! Tu veux aller faire la révolution chez les Sirénéens maintenant ? Garous et Sirénéens unis contre les sorciers ? », il m'engueule presque.
« Je veux juste lui poser une question », je me défends comme je peux.
« Ça a un rapport avec les statuettes ? », il enquête encore pas spécialement plus calme.
« Non, aucun, il s'agit de savoir si les Sirénéens prêteraient de l'argent à Lo Paradiso », je chuchote dans mon miroir.
« Merlino mio », souffle mon ami, « Rappelle-moi pour qui tu es censé travailler en ce moment?»
« Ça n'a rien à voir », je grommelle, agacé qu'il ait raison une fois de plus.
« Je t'amène l'anneau des Cimballi, on doit pouvoir faire un truc avec ça... », il reprend bizarrement calmé.
« L'anneau des Cimballi », je répète intimidé et pas sûr de comprendre.
« Tu seras sans doute étonné de savoir que nous avons un coffre aussi au fond de la lagune... une pièce d'or unique laissée pour ne pas attirer la colère des Sirénéens par mon ancêtre Engelberto », il développe, brillant et grand prince déchu comme il sait l'être.
« Engelberto ? », je répète de nouveau en me demandant s'il ne se fout pas de moi.
« Je savais que tu aimerais le prénom », il s'amuse. « Umbrie avait appelé une ses poupées comme ça, d'ailleurs... »
« Tu viens ? », je questionne d'une petite voix.
« J'arrive ».
oooo
Ça nous prend le reste de l'après-midi pour nous sortir, tout seuls, des chaudrons de Brunissande. En se basant essentiellement sur les notes de Cyrus, elle a développé des potions dérivées pour l'ensemble des statuettes féminines et pour le prêtre.
« Du bon boulot, faut les tester, mais c'est du bon boulot », remarque Tizzi.
« C'est sûr », j'admets du bout des lèvres ; j'ai eu beau y réfléchir, je n'ai pas trouvé de raison aussi évidente qu'annoncée par Tiziano pour l'implication de Brunissande. Mais je n'ai pas le courage de lui demander.
« On voit qu'elle a bossé avec ton frère, elle a compris vite ses indications », il continue et je n'ai pas la naïveté de ne pas voir qu'il essaie de remettre le sujet sur le tapis.
« Je suis le seul qui comprend lentement », je décide donc de répondre. Qu'il triomphe et m'explique et qu'on en finisse.
« Visiblement », il commente cryptiquement en passant au parchemin suivant qui détaille des ingrédients à tester pour adapter la potion de base aux statuettes de l'astrologue, du maire, du boucher et du maréchal-ferrant. « L'astrologue, finalement, faudrait juste augmenter la dose de mauve », il remarque.
« Tu t'en occupes, je prends le maire ? », je propose en lisant les indications symboliques de Cyrus. « Je me demande bien d'où les racines de topinambour correspondent au maire d'ailleurs ! »
« En Symbolique, le soleil et l'autorité sont souvent liés », commente Tizzi. « L'hélianthus tuberisus est l'autre nom des topinambours... »
« Ah oui », je me rappelle, agacé de mon manque de concentration. « Toi, tu as fait de la Symbolique ? »
Je suis toujours un peu perdu quant au parcours scolaire de Tizz, qui comme nombre de jeunes sorciers italiens, n'a fréquenté des cours collectifs qu'après ses quinze ans. Une vieille famille comme les Cimballi mettant bien sûr un point d'honneur à offrir des tuteurs aussi prestigieux que peu scolaires à ses enfants. Quand je l'avais rencontré, il m'avait surpris ainsi par ses connaissances extrêmement poussées dans certains domaines tenus comme accessoires à Poudlard, comme les runes ou l'arithmancie, et son incompétence notoire pour des choses fondamentales pour moi comme la Défense contre les forces du mal. « Ça ne m'a jamais intéressé, et mon grand-père avait laissé tombé », avait-il simplement expliqué en me demandant de l'aider à rattraper ce trou de son éducation après un duel particulièrement rapide et humiliant quand nous étions étudiants à Heidelberg.
« Oui... Mon tuteur d'Arithmancie était un féru de Symbolique... et un ami de Cosmo Taluti, d'ailleurs, Grand-père m'a rappelé ça l'autre jour, je voulais en parler à Ada et puis j'ai oublié », il me révèle tout en fouillant dans son sac. « Un Grec, évidemment - Onesimos Girasis - relativement barbant d'ailleurs pour le gosse de quinze ans que j'étais... mais je crois que lui-même a tenu le coup pour les conversations avec mon grand-père après les cours ! Enfin, j'ai eu l'examen d'entrée de la classe préparatoire de la Scuela du premier coup, je devrais lui en être reconnaissant ! »
« Girasis », je relève. « La directrice du Département d'Arithmancie de l'université de Londres s'appelle Girasis aussi... »
« Les Grecs sont de grands voyageurs », conclut Tizzi en se penchant sur ses ingrédients.
C'est l'appel d'Ada qui nous sort de nos chaudrons où se réduisent maintenant, et de manière apparemment satisfaisantes, les potions dédiées au Maréchal-ferrant (Potassium d'Arabie) et au Boucher (sang de boeuf).
« Alors, des nouvelles, des projets ? », elle lance.
« Bah, de bosser toute la nuit », je soupire. « Ou presque. »
« Des nouvelles de ton frère ? », elle questionne l'air peut-être un peu trop innocent – mais c'est quand même une bonne question. C'est vrai ça, est-ce que son silence est le signe qu'il s'est magistralement planté ?
« Non, mais je ne l'ai pas appelé », je suis contraint d'avouer.
« J'imagine qu'il en est de même pour ton ami Sirénéen ? », soupire Ada, et je comprends que demander des nouvelles de mon frère tenait d'une prise de la température.
« Tizz a une idée de comment le contacter », je brode allègrement plutôt que de lui rappeler une énième fois que j'ai moi aussi beaucoup de choses à faire.
« Oh, tu t'en es occupé ? », elle commente ouvertement ravie.
« Mais oui », je proteste faiblement peut-être parce que le regard plus que critique de Tiziano est fixé sur moi.
« Je vais apprendre la patience », elle souffle avec un sourire qui me fait plutôt fondre. « Vous êtes tous les deux ? La belle Brunissande est retournée en Suisse ? »
« Je ne sais pas où elle est », je réponds et, non, ce n'est pas un mensonge.
« Fiametta vous salue », glisse Ada. « Vous avez l'air pris tous les deux, on va aller manger toutes les deux seules, alors... »
« Je suis désolé, dès qu'on a fini, on vous rejoint », je m'empresse de répondre et j'ai la surprise rétrospective de voir Tiziano-le-critique confirmer d'un coup de menton relativement clair.
ooooo
On finit à plus de neuf heures et on range à toute vitesse pour ne pas se faire bannir du laboratoire pour retrouver les filles dans leur QG habituelle, la trattoria La Paloma. Elles ont évidemment fini de manger, mais elles ne sont pas seules – Vicco et Lucca sont là. Tous les deux se lèvent pour me serrer la main – Vicco prend des nouvelles de la Harley et semble sincèrement heureux qu'elle ait fonctionné à merveille. Lucca s'intéresse à Tizzi qui s'est assis entre lui et Fiametta.
« Un signore Cimballi à la même table que moi, c'est un honneur ! »
« Un ambassadeur, tout l'honneur est pour moi », répond Tiziano avec son affabilité polie apprise au berceau. Mais il est sur ses gardes sans que je ne sache réellement pourquoi. Je ne crois pas que se retrouver à une table de lycanthropes suffise à expliquer cela.
« Il paraît que vous bossez comme des malades », reprend Lucca m'incluant dans la conversation.
« Malheureusement », je réponds aussi légèrement que je peux. Je fais signe au patron de nous amener la carte. « Mais on ne devrait pas se plaindre, j'imagine que vous ne chômez pas non plus... »
« On se prépare », répond Lucca l'air déterminé.
« On part à Rome sans doute dans deux jours », glisse presque timidement Ada.
« Tu as eu ta mère ? », je réponds donc et j'ai l'impression que Lucca est surpris de ma question.
« C'est en négociation », elle me répond avec un furtif sourire comme une excuse.
« Elle doit comprendre que si elle refuse de nous aider, elle n'aura plus jamais rien à te dire », affirme alors Lucca assez vivement.
« Comme si j'avais besoin d'elle maintenant », objecte brusquement Ada en haussant les épaules.
« Je suis sûr qu'elle, elle a besoin de toi, de ton pardon », indique Lucca.
« Et tu me trouves cynique ! », soupire Ada en prenant ma main sous la table.
« Ma foi, elle ne mérite pas autre chose », insiste Lucca – puis il me jette un regard presque gêné et change totalement de sujet. « Vous n'avez pas soif ? Ugolino, on a soif ici et de quoi payer ! »
Le patron amène deux nouvelles bouteilles sur la table pendant qu'une serveuse dépose des assiettes de soupe minestrone devant moi et Tiziano – ce qu'il restait en cuisine. Mon estomac gronde de faim rien qu'en les voyant. Lucca remplit les verres et offre le premier à Ada.
« Tu devrais te méfier de ce type, Harry », me chuchote alors Tiziano en travers de la table et en japonais. « Il l'aime encore comme la rose aime la rosée »
« Tu parles quoi, là, chinois ? », s'intéresse Fiametta à ses côtés.
« Japonais », il répond. « Un poème... dont Harry ne se souvenait plus... ça m'est revenu brutalement. »
oooo
Retour des personnages non canon en nombre. Je vous passe Brunissande, Tiziano, Ada et
Fiametta...
Oan-Ni - Sirénéen qui pense devoir quelque chose à Harry.
Umbretta Cimballi dite Umbrie - jeune soeur cracmol de Tiziano, pianiste.
Aliénor Poussin-Desfées - briseuse de sorts française, de la même promo que Harry mais aussi amie "d'enfance" puisqu'ils s'étaient rencontrés lors du premier Tournoi des sorciers. C'est aussi la cousine de Brunissande.
Soren Erdman - briseur de sorts suédois de la même promo que Harry et Tiziano, amoureux de Aliénor.
Sorenzo Lorendan - briseur de sorts italien de la même promo que Bill Weasley. Directeur de stage de Brunissande et de Harry à Genève.
Onesimos Girasis - professeur de symbolique grec, évidemment de la même famille que Nikomaka Girasis, qui a fait une proposition à Cyrus dans le chapitre précédent. Ami de Cosmo Taluti.
Vicco - loup-garou, mécanicien, ombre de Lucca.
Lucca Astrelli - ambassadeur de Lo Paradiso. Lycanthrope romain ex-amoureux officiel de Ada
Retour aussi des statuettes des Wuelfern : un prêtre, un astrologue, un maire, une sage-femme, une bonne soeur, une mariée, un boucher, un maréchal-ferrant et la justice.
Botanique fantaisiste, mais quand même guidée par des principes de Symbolique définis au fur et à mesure... Je vais peut-être écrire un traité ;-) C'est ainsi qu'on peut amadouer l'autorité par des racines de topinambour...
Chapitre relu et commenté par Alixe, Clodina, Fée fléau et LaPaumée, comme d'hab.
La suite repart du bureau de Nikomaka Girasis et s'intitule Des petites trahisons et des fidélités stratégiques
