3ème Année : La Jalousie – Partie 1

POV d'Harry

C'était le premier match de l'année pour notre équipe de Gryffondor et à cause de ce crétin de Malefoy et de sa comédie après que Buck l'ait agressé, Serpentard fut dispensé de faire le traditionnel premier match de l'année opposant d'ordinaire les lions aux serpents. Au lieu de ça, le match opposait Gryffondor à Poufsouffle. La météo de la semaine n'était déjà pas très engageante et plus on approchait de la date du match, plus l'eau semblait tomber drue. On se serait cru perdu dans la barbe de Merlin tant les goutes étaient nombreuses et puissantes. C'était donc par ce temps exécrable que les adeptes de Quidditch, soit l'école entière, se dirigeaient vers le terrain pour soutenir leur équipe favorite. Bien sûr, pour l'occasion les Serpentard supportaient l'équipe jaune et noir tandis que les Serdaigle soutenaient les rouge et or. Nous autres Gryffondor, et tout particulièrement Olivier Dubois, attendions beaucoup de cette saison car notre maison n'avait pas remporté la coupe depuis l'époque de Charlie Weasley, au grand désespoir du professeur McGonagall qui devait supporter les railleries de ce cher Rogue à ce sujet.

Ce match contre les Poufsouffle est aussi le match entre les deux meilleurs attrapeurs que Poudlard ait connus depuis James Potter et Amos Diggory. En effet, les spectateurs attendaient impatiemment le duel entre leurs deux fils respectifs, soient Harry Potter et Cédric Diggory. Le stade est aussi plein qu'un œuf de Magyar à pointe avec autant de supporters pour les deux équipes. Le match débute sur les chapeaux de roue et aucune des deux équipes n'a l'intention de se laisser distancer. Malheureusement, les conditions étaient extrêmes et c'est à peine si je voyais à deux centimètres devant moi. Néanmoins, en plein milieu de la rencontre, lors d'une pose, Hermione vint nous voir et nous sauva. En effet, elle avait utilisé le sortilège Impervius qui permettait à mes lunettes de repousser l'eau. Je pense même que si Olivier avait pu l'embrasser, il l'aurait fait. L'orage ne semblait pas vouloir se calmer mais au moins maintenant j'y voyais assez pour pouvoir chercher le Vif d'or.

Il y eut un nouveau coup de tonnerre accompagné d'un éclair fourchu. Voler dans ces conditions devenait de plus en plus dangereux, il fallait se dépêcher d'attraper le Vif d'or. Je pris un virage serré avec l'intention de revenir vers le milieu du terrain, mais quelque chose d'étrange se produisait. Un silence inquiétant s'était soudain abattu sur le stade. Bien qu'il fût toujours aussi violent, le vent avait cessé de mugir. C'était comme si quelqu'un avait coupé le son, comme si, tout à coup, j'étais devenu sourd.

Je sentis alors une vague de froid m'envahir. Un froid qui me pénétra jusqu'au fond de moi-même. Un froid terriblement familier. Puis j'eus conscience que quelque chose bougeait sur le terrain…

Je détachai les yeux du Vif d'or et regardai en bas.

Une centaine de détraqueurs au moins, leurs faces encagoulées levées vers lui, se tenaient sur le terrain. J'eus l'impression qu'une eau glacée se déversait dans ma poitrine et me déchirait les entrailles. Alors, j'entendis à nouveau… la voix de quelqu'un qui criait, criait à l'intérieur de ma tête… la voix d'une femme… Je sentais mon cerveau engourdi par une espèce de brouillard blanchâtre qui tourbillonnait dans ma tête… Je tombais, tombais à travers le brouillard glacé. Une voix suraiguë se mit à rire, la femme hurla, et je n'entendis plus rien du tout.

Lorsque j'émergeai enfin de mon sommeil, mon cerveau était encore tout engourdi. J'entendais plusieurs voix murmurer autour de moi. Au début, je ne comprenais pas bien ce qu'elles disaient, puis j'arrivai à reconnaître très nettement les jumeaux, Ron, Angelina, Katie et Alicia. Aussi, je sentais à présent une main tenir la mienne. Finalement, j'ouvris les yeux. Mes coéquipiers et mes amis sourirent tous en me voyant sortir de ma torpeur.

_ Comment tu te sens ? me demanda alors Hermione qui me tenait toujours la main.

_ Génial… ironisai-je sans grand entrain.

_ On peut dire que tu nous as fait une belle peur mon vieux ! s'exclama Fred.

_ C'est vrai ? Et le match qui a gagné ?

Un froid s'installa alors dans le petit groupe et personne n'osait vraiment me regarder dans les yeux.

_ Personne ne t'en veut, Harry ! Les détraqueurs n'étaient pas censés pénétrer à l'intérieur de l'école ! Dumbledore était vraiment furieux ! Juste après t'avoir sauvé, il les a chassés, me conta Hermione alors que je comprenais que Diggory avait dû attraper le Vif avant de se rendre compte que j'étais à terre.

_ Il y a une autre chose que tu dois savoir… Quand tu es tombé de ton balai, il a fini sa trajectoire dans le Saule Cogneur et… Voilà… tenta de m'expliquer Ron, en me montrant mon Nimbus 2000 cassé en mille morceaux.

Un profond désarroi s'installa alors en moi en voyant mon balai réduit en miette. L'arbre magique n'y était décidément pas allé de branches mortes… Hermione me serra alors un peu plus la main, consciente de ce que cette perte signifiait pour moi. Je relevai alors la tête et aperçut quelqu'un à l'entrée de l'infirmerie, mais très vite cette personne fila comme le vent. J'eus juste le temps d'apercevoir ses cheveux bruns, sa robe noire et sa cravate verte et argent…

Madame Pomfresh ne me laissa sortir que le lendemain, malgré le fait que je me sentais déjà beaucoup mieux. J'avais attendu que Pansy revienne me voir mais à ma grande déception elle n'en avait rien fait. J'aurai pourtant cru qu'en voyant mes amis partis, elle serait revenue pour vérifier elle-même si j'allais bien et pour me sermonner comme elle avait l'habitude de faire, mais non… Pas de jolie petite brune à l'horizon.

Finalement, comme l'infirmière m'avait donné l'autorisation de sortir mais que Ron et Hermione n'étaient pas là, je profitai de leur absence pour me diriger directement vers mon point de rendez-vous avec Pansy, voir si elle y était. La chance était avec moi car lorsque j'entrai dans la sombre pièce je vis la jeune fille regardant distraitement par la fenêtre.

_ Hey ! dis-je en m'approchant d'elle.

_ Salut, me répondit-elle sans pour autant détourner son regard du paysage.

_ J'étais surpris de ne pas te voir me rendre visite, commençai-je afin de briser la glace qui semblait s'être installée pour je ne sais qu'elle raison entre nous.

_ Je suis venue, mais Granger avait l'air de tellement bien s'occuper de toi que je me suis dit que je ne serai d'aucune utilité… me répliqua-t-elle calmement toujours sans me regarder.

_ Qu'est-ce qui se passe ? Quelque chose ne va pas ?

_ Tout va bien. C'est juste que j'avais l'impression d'être de trop…

_ Comment ça de trop ? C'est toi qui as tenu à ce qu'on se voit sans mes amis ! Alors pourquoi tu me dis ça ! Tu sais très bien que tu comptes aussi pour moi !

_ Eh bien non Harry je ne le sais pas ! D'ailleurs, ne me dis pas que toi tu voulais que l'on se voit avec mes amis !

_ Tes amis me détestent ! ricanai-je alors qu'elle se tournait finalement vers moi.

_ Et tu ne leur rends pas la pareil peut-être ?

_ C'est Malefoy qui a commencé ! m'exclamai-je sentant la colère monter.

_ Non mais tu as quel âge Harry ? Et je n'ai jamais parlé de Drago, j'ai d'autres amis que lui à Serpentard et ce n'est pas comme si tu avais envie de les fréquenter alors que tu ne les connais même pas !

_ Non mais attends, ils se moquent de moi dès que Malefoy leur en donne l'occasion !

_ Parce que Ron est agréable avec moi bien sûr ? C'est simple il ne m'a plus adressé la parole à partir du moment où j'ai été répartie à Serpentard !

_ En même temps, il faut dire que Malefoy a toujours été insupportable avec lui !

_ Et alors, je ne lui ai jamais rien fait moi ! Vos histoires avec Drago ne me regardent pas et je ne m'en suis jamais mêlé !

_ Et alors ? Hermione non plus !

_ Mais Granger est très intelligence ! Seulement, sortie de ses bouquins elle ne remarque pas grand-chose sinon elle aurait compris depuis longtemps que l'on se voyait en cachette !

_ Tu n'as pas le droit de la traiter comme ça ! Elle ne t'a rien fait que je sache !

_ Ah d'accord, toi tu as le droit de traiter Drago de tous les noms d'oiseau possible, alors que tu ne le connais pas très bien contrairement à moi qui le connait depuis toujours ! Et tu remarqueras que je n'ai jamais manqué de respect à Granger, je me permets juste de te dire ce que je pense alors que toi tu ne te gênes pas pour les insulter ouvertement !

Nous étions allés trop loin, nous le savions tous les deux. Au fur et à mesure que nos voix montaient dans les aiguës, nous nous étions levés et nous faisions à présent face en serrant nos poings. Fronçant les sourcils et sans nous lâcher du regard, ce serait à celui qui craquerait en premier. Je ne pensai pas voir un jour Pansy aussi en colère et surtout je ne me doutais pas que je serai un jour aussi furieux contre elle. Je ne lui avais rien fait et elle s'était tout de suite montrée agressive envers moi alors que je m'inquiétais pour elle. Finalement, être ami avec une Serpentard n'était peut-être pas une si bonne idée… Je la croyais juste différente…

_ Si c'est si difficile de supporter nos amis respectifs, on ferait peut-être mieux de ne se consacrer qu'à eux, dis-je au bout de quelques minutes de silence oppressant.

C'est là que je ne compris pas… Elle avait ouvert grand les yeux et ils commençaient à se remplir de larmes. J'étais totalement déstabilisé, je ne m'attendais pas du tout à cette réaction et je me sentis soudain mal.

_ Tu n'as décidément rien compris Potter, cracha Pansy alors qu'une goutte coulait sur sa joue et qu'elle passait à côté de moi en courant vers la porte.

J'étais pétrifié, incapable de faire un seul geste. Ce n'avait pas été dans mes intentions de la faire pleurer et pourtant elle ne m'avait jamais semblée aussi vulnérable et fragile… Peut-être avait-elle raison… peut-être était-ce moi qui n'avais rien compris…

Le mois de Juin était presque fini et avec lui ma troisième année à Poudlard aussi. Le temps était redevenu ensoleillé et la journée semblait idyllique pour une partie de Quidditch. Je pense l'avoir bien méritée car finalement après ma grosse dispute avec Pansy, je n'étais vraiment pas au bout de mes surprises. D'accord je ne parlai plus à une fille que j'adorai et ça m'avait fichu un coup, mais le retour de Sirius Black, accessoirement mon parrain, la transformation de Croutard, le rat de Ron, en Peter Pettigrew, le véritable traitre qui avait livré mes parents au mage noir, la révélation du professeur Lupin et tout le reste m'avaient fait comprendre que la vie était décidément bien trop courte… Pour cela, Sirius m'avait beaucoup aidé et ouvert les yeux. Ma dispute avec Pansy avait vraiment été stupide et en fait, peu importe à quel point je me creuse la tête pour essayer de la comprendre, j'avais besoin que l'on se parle et qu'elle m'explique.

Ainsi, j'arrivai dans le hall d'entrée et me dirigeai vers la Grande Salle, quand je discernai déjà des hurlements hystériques. Que pouvait-il bien se passer encore ? C'est là que j'entendis la voix de Ron.

_ Vous allez vous calmer oui ! Si vous ne vous calmer pas je le monte dans le dortoir !

_ Harry ! Où est-ce que tu l'a eu ! me hurla Neville en courant vers moi à mon arrivée.

_ Je pourrai l'essayer ? Après toi bien sûr, me demanda à son tour Seamus.

_ De quoi vous parlez ?

_ Oh tais-toi, laisse le tranquille ! Je… Je voulais pas l'ouvrir… et il était mal emballé… ce sont eux qui m'ont obligé à l'ouvrir ! dit alors Ron en désignant tour à tour Fred et George.

_ C'est pas vrai ! rétorquèrent les jumeaux en même temps.

Et là au beau milieu de la table, déballé et encore sur son papier d'emballage, se trouvait un balai. Mais pas n'importe lequel ! C'était un éclair de feu, le balai le plus rapide au monde ! Je n'en croyais pas mes propres yeux, une telle merveille ne pouvait pas m'appartenir !

_ Pour moi ? Mais qui me l'a envoyé ? demandai-je avidement.

_ Personne ne le sait, me répondit mon meilleur ami.

_ Mais c'était avec… ajouta alors Hermione en me montrant une longue plume tachée de différentes teintes de marron et de gris, aucun doute possible, cette plume appartenait à Buck.

Je regardai Hermione et souris de toutes mes dents alors que ma meilleure amie me renvoyait un sourire complice. Donc cela signifiait que mon parrain m'avait offert un magnifique cadeau pour clore cette année. Je relevai alors la tête et m'attardai quelques instants sur la table des verts et argents. Drago Malefoy semblait d'une colère noire en voyant mon nouveau balai et à quelques mètres du blond, je vis une personne se lever et se diriger vers la sortie. Des cheveux noirs volaient au vent, pendant que la jeune fille en question courrait vers le hall. Je reconnus Pansy. Mon sourire s'effaça alors et j'amorçai un pas pour aller à sa poursuite, au détriment de ce que tout le monde allait penser. Néanmoins, je m'arrêtai bien vite lorsque je vis que Malefoy partait déjà la rejoindre. Je remis donc mon envie de lui parler à plus tard et m'en alla essayer mon nouveau balai sous les regards émerveillés de mes condisciples.

Le vol avait été génial ! Je crois n'avoir jamais été aussi à l'aise sur un balai, pas même sur mon Nimbus 2000. Il fallait dire que l'éclair de feu, c'était du haut standing ! Ne souhaitant pas faire attendre Pansy, je confiai mon balai à Ron et Hermione et m'en allai rechercher la Serpentard. Pour aller plus vite, je sortis discrètement la carte du Maraudeur que Lupin m'avait rendu avant de partir. Je jurai donc solennellement que mes intentions étaient mauvaises et actionnai donc la carte. Je cherchai alors Pansy parmi tous les petits points se promenant dans Poudlard. Elle était dans notre salle abandonnée et Malefoy s'approchait dangereusement d'elle. Je repris donc mon chemin avec appréhension, ne souhaitant pas déclencher une autre querelle. Arrivée devant la salle, la porte était restée entre-ouverte et j'entendais des chuchotements venant de l'intérieur. Doucement, je m'approchai de la porte et regarda par l'entrebâillement. Ce que je vis me fit l'effet d'une douche froide. Pansy pleurait à ne plus s'arrêter… Mais quelqu'un était déjà là pour la consoler car elle sanglotait dans les bras de Drago Malefoy. Ce dernier la serrait doucement dans ses bras et devait lui chuchoter des paroles réconfortantes.

Je me reculai alors de la porte. J'arrivai trop tard, la place était déjà prise. Si je n'avais pas tenu à essayer mon balai avant d'aller lui parler, ça aurait été moi à la place de Malefoy. Au lieu de ça, je l'avais bêtement laissée seule alors que je savais qu'elle allait mal et qu'elle aurait certainement eu besoin de moi… Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même… Finalement, peut-être était-ce cela qu'elle me reprochait… Je ne faisais peut-être pas assez attention à elle et à ses sentiments. Sur ce, je repartis vers la salle commune de Gryffondor, bien décidé à ne parler à personne de mon mal-être. En revanche, je me promis qu'un jour, malgré ce que je venais de voir, j'aurai cette conversation avec Pansy. En attendant, je devais déjà digérer cette scène qui, pour je ne sais quelle raison obscure, me retournait l'estomac.

NDA : Bonjour à tous ! Et merci pour votre fidélité ! Je suis ravie que cette fanfiction vous plaise ! N'hésitez pas à me donner vos impressions ! à bientôt