4ème Année : La Jalousie - Partie 2
POV d'Harry :
C'était le 31 octobre, cela faisait deux mois que l'école avait rouvert pour notre quatrième année. Depuis que je l'avais vue dans les bras de Malefoy, je n'avais pas tenté de parler à Pansy. Comme si tout mon courage s'était envolé lorsqu'il s'agissait de la Serpentard. Pour ne rien arranger, les vacances ont été placées sous le signe de l'horreur avec l'attaque de personnes appelées Mangemorts, où partisans du Seigneur des Ténèbres, lors de la Coupe du Monde de Quidditch. De plus, je faisais continuellement ces rêves étranges mettant en scène des personnes regardant un fauteuil dans une vieille maison en ruine, il y avait ce rat de Pettigrew, une voix faible limite mourante donnant des ordres et provenant du siège et enfin, un homme dont je ne connaissais rien. Heureusement, après cette horrible nuit où la marque des ténèbres était apparue dans le ciel, la rentrée du premier septembre arriva vite.
Curieusement, ces rêves étranges semblaient agir sur ma cicatrice qui me brûlait quasi-quotidiennement depuis quelques mois surtout depuis la finale de la Coupe du monde de Quidditch. De retour à Poudlard, Dumbledore nous annonça un évènement exceptionnel. En effet, Poudlard accueillait cette année le célèbre Tournoi des trois sorciers, un vieux concours destiné à unifier les nations, renforcer la cohésion magique internationale et aussi tester les trois élus des trois écoles respectives par l'intermédiaire de trois tâches différentes. Ainsi, pour cette édition du tournoi des Trois sorciers, les délégations des deux autres écoles de sorcellerie sont celles de Beauxbâtons, une école française dirigée par Olympe Maxime, et de Dumstrang, dont le directeur est, selon Sirius, un ancien mangemort portant le nom d'Igor Karkaroff.
Après leur arrivée, les occupants de Poudlard ont dû s'habituer à ces intrus qui participaient à la vie de leur château. Le élèves féminines de Beauxbâtons reflétaient tout le charme des femmes françaises et ainsi avaient énormément de succès auprès de la gente masculine de Poudlard, notamment une dénommée Fleur Delacour, une Vélane… Concernant, les garçons de Dumstrang, ils étaient fiers, hautains et impassibles tout comme leur directeur mais également comme, au grand désespoir des Gryffondor, les Serpentard. Un élève en particulier était apprécié. Il s'agissait bien sûr du célèbre attrapeur de l'équipe officielle de Quidditch de Bulgarie, qui avait brillé durant la finale de l'été dernier, Victor Krum. Ainsi, durant ces deux derniers mois, les élèves en âge de participer au tournoi avaient déposé à tour de rôle leurs noms dans la coupe de feu. Même Fred et Georges avaient essayé de s'inscrire mais c'était sans compter sur l'intelligence de Dumbledore qui avait tout prévu et leur avait laissé un souvenir des plus cuisants…
Donc ce soir du 31 Octobre marquait la fin des candidatures et la décision de la Coupe de feu. Cette dernière cracha donc tout d'abord trois noms : Fleur Delacour pour Beauxbâtons, Victor Krum pour Dumstrang et Cédric Diggory pour Poudlard. Néanmoins, alors que les noms des trois champions étaient donnés, la coupe de feu s'anima de nouveau et un autre nom était sorti, c'était le mien… Les réactions ont alors été immédiates. L'incompréhension, la révolte, la jalousie ont fusé alors que je me dirigeais vers le directeur. Je n'avais rien fait pour ça et me voilà de nouveau sous les feux des projecteurs… Non seulement, j'allais risquer ma vie dans un tournoi pour lequel je n'étais absolument pas prêt mais en plus presque personne ne semblait me croire lorsque je disais que je n'avais pas soumis ma candidature à la Coupe de feu ! Je n'avais pas l'âge requis alors comment aurai-je pu passer outre les défenses de Dumbledore sans avoir de représailles ? Et encore, ce n'était pas terminé car lorsque je retournai dans mon dortoir, mon meilleur ami ne me crut pas mon plus…
Suite à cette révélation, je me sentais plus que jamais seul, je me rendis donc à grande vitesse jusqu'à la salle abandonnée pour aller réfléchir posément sans risquer d'être interrompu… Je n'avais rien fait, rien fait pour mériter tout ça… je m'installai donc de nouveau à cette fenêtre et observai le parc illuminé par la lune. Les problèmes n'allaient-ils jamais arrêter de me courir après ? En prime, je perdais petit à petit les personnes auxquelles je tenais le plus, d'abord Pansy, maintenant Ron… Etais-je destiné à me retrouver seul ? C'est alors que la jolie Serpentard me revint en mémoire. Elle qui avait été si gentille et distrayante jusqu'à l'année dernière. Elle avait toujours vu le bon côté des choses et même si elle tentait de ne pas le montrer, je savais qu'elle tenait à moi, à notre amitié… Je revis alors l'endroit exact où elle s'était tenue la dernière fois que je l'avais vu dans cette pièce, dans les bras de Malefoy. J'avais souvent repensé depuis aux sentiments qui m'avaient broyé les entrailles à ce moment-là. Pourtant, je n'avais jamais ressenti ça auparavant et je n'arrivais pas à mettre un nom dessus. Puis lorsque la rentrée arriva et que je revis Pansy près de Malefoy, le même sentiment d'angoisse revint à la surface. Elle riait avec lui, mangeait avec lui et parlait avec lui… Une boule se forma de nouveau dans ma gorge en y repensant… J'avais beau essayé de passer outre, dès que je les voyais ensemble ça recommençait… J'espérai sincèrement me rendre compte un jour de ce que je ressentais mais pour l'instant je n'avais pas idée à quel points ces sentiments que je portais à la verte et argent seraient déterminants un jour ou l'autre…
Rapidement arriva la 1ère tache et grâce à ce cher Hagrid, je découvrais qu'il s'agirait d'affronter des dragons. Plus précisément, cette première tâche consiste à s'emparer d'un œuf d'or, couvé par un dragon parmi ses vrais œufs. Pour cela, le champion doit détourner l'attention du dragon puis s'emparer de cet œuf. Malheureusement, je suis tombé sur un magyar à pointe qui est le dragon le plus dangereux parmi les dragons de l'épreuve… Quant aux autres champions, Fleur Delacour se retrouvera face à un Vert Gallois, Victor Krum à un Boutefeu Chinois et Cédric Diggory à un Suédois à museau court. Je me demande encore pourquoi il m'arrive de me retrouver coincer dans ce genre de péripéties aussi dangereuses. Pourtant, malgré le doute de mes camarades sur mes capacités et le fait que je sois le plus jeune champion de ce tournoi, je réussis à récupéré l'œuf d'or qu'il gardait et surtout grâce à mon agilité sur un balai et mes talents de joueur de Quidditch, qui ont même impressionnés Victor Krum. Même si j'ai comme qui dirait failli prendre feu… Après la fin de la tâche une petite fête fut organisée par Dean et Seamus pour fêter ma victoire. La fête battait son plein dans la tour de Gryffondor alors que mes camarades me portaient en triomphe et me congratulaient allègrement. Je dois dire que mon égo fut d'un coup regonflé à bloc, lui qui essayait pourtant de se faire tout petit depuis le début du tournoi… Alors, j'ouvris l'œuf devant m'offrir l'intitulé de la seconde tâche sous le silence impatient de mes camarades. C'est alors qu'un cri strident nous transperça les tympans. L'œuf d'or nous assourdissait tant que je le refermai bien vite en me disant que finalement il n'y avait pas de quoi pavoiser et que la suite risquait d'être pire… Puis, la foule se dispersa et Ron apparut finalement. Timidement, presque honteusement, il s'approcha de moi.
_ Je pense qu'il faut être totalement timbré pour vouloir s'inscrire à ce tournoi… lâcha alors Ron, tandis que je n'étais pas décidé à lui faciliter la tâche.
_ Tu as enfin compris ! Il était temps !
_ Je sais… La Jalousie m'a aveuglé… Je suis désolé… m'avoua-t-il alors sincèrement empli de remords.
Je le vis et pensai qu'il était l'heure de passer outre et de pardonner alors que moi-même avais besoin du soutien de son meilleur ami. Et c'est sous un « Ah les garçons ! » poussé par Hermione, que je pris cet idiot de rouquin dans mes bras et qu'il me rendit cette étreinte, soulagé d'être pardonné. Néanmoins, même après avoir retrouvé mon meilleur ami, tout restait encore à faire. Non seulement la suite du tournoi risquait d'être encore plus dangereuse, mais le professeur McGonagall nous annonça la tenue d'un bal de Noël, tradition du tournoi… Non, décidément, quelqu'un devait diablement m'en vouloir là-haut…
Comme prévu je venais de descendre avec Ron pour attendre nos cavalières Parvati et Padma Patil, les jumelles dont l'une était à Gryffondor et l'autre à Serdaigle. Elles étaient toutes les deux très jolies dans leurs robes typiquement indiennes. Parvati semblait ravie et accueillit Harry avec un sourire éclatant, tandis que Padma regardait Ron des pieds à la tête en s'attardant sur son col et ses manches en dentelles… Dans le hall, les gens commençaient à s'entasser alors que j'attendais, tendu, le début des festivités. D'un coup, un sifflement attira mon oreille et j'entendis des élèves de la gente masculines s'exclamer : « Waouh, une vipère peut être jolie !». Alors, je me retournai et vis Pansy dans une superbe robe verte émeraude parfaitement en accord avec son teint pâle et ses beaux cheveux noirs, relevés en chignon pour l'occasion. Il s'agissait d'une coiffure faite de tresses laissant échapper quelques mèches couleur argent. Sa robe, extrêmement élégante, se composait de voiles vaporeux recouvrant un tissus de soie brillant, tous dans les tons vert des Serpentard. De plus, elle était légèrement décolletée et laissait apercevoir une poitrine déjà bien jolie ce qui ne gâchait rien et c'était même ce qui attirait les regards appréciateurs des autres garçons, dont je faisais partie. J'en avais les lèvres qui s'entrouvraient inconsciemment tellement elle était magnifique. Néanmoins, une ombre planait sur le merveilleux tableau que j'admirai. En effet, Malfoy se trouvait juste à côté d'elle et tenait fièrement le bras de la brune enroulé autour du sien. Son regard hautain transpirait dans tous ses geste et l'on pouvait clairement y lire : « Vous pouvez regarder les mecs mais elle est toute à moi ! ». Quelques minutes plus tard, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent pour laisser entrer les convives, hormis les quatre champions qui devaient faire une entrée remarquée. Je vis alors entrer le couple ayant attiré précédemment mes pensées dans la grande salle et je suis un instant Pansy du regard tristement.
Lorsque tout le monde fut installé dans la Grande Salle, le professeur McGonagall demanda aux champions de se mettre en rangs par couples et de la suivre. Ce fut à cet instant que je remarquai l'identité de la cavalière de Victor Krum, qui n'était nul autre qu'Hermione Granger. Elle était juste resplendissante dans son élégante robe bleue, elle m'accorda un sourire resplendissant avant de se tourner vers la grande porte juste derrière Fleur Delacour et Roger Davies, et devant Cédric Diggory et Cho Chang. Avec Parvati, nous fermions donc la marche. Tout le monde applaudit notre entrée et nous nous dirigeâmes vers une grande table ronde au bout de la salle, à laquelle les juges étaient déjà assis.
Les murs de la Grande Salle avaient été recouverts d'un givre argenté étincelant, et des centaines de guirlandes de gui et de lierre s'entrecroisaient sous le plafond parsemé d'étoiles. Les tables des différentes maisons avaient disparu, remplacées par une centaine de tables plus petites, éclairées par des lanternes, autour desquelles pouvait s'asseoir une douzaine de convives.
Je me concentrai pour ne pas trébucher. Parvati avait l'air de bien s'amuser. Elle adressait à tout le monde des sourires rayonnants et me menait avec une telle poigne que j'avais l'impression d'être un chien savant à qui on faisait faire un numéro. En approchant de la table ronde, j'aperçus Ron et Padma. Ron regardait passer Hermione en plissant les yeux et Padma semblait boudeuse.
Lorsque tout le monde eut fini de dîner, Dumbledore se leva et demanda aux élèves d'en faire autant. Puis, répondant à un geste de sa main, les tables allèrent d'elles-mêmes s'aligner le long des murs, dégageant un vaste espace au milieu de la salle. Dumbledore fit alors apparaître contre le mur de droite une estrade sur laquelle étaient disposés une batterie, plusieurs guitares, un luth, un violoncelle et quelques cornemuses.
Les Bizarr'Sisters se précipitèrent sur la scène, accueillies par une salve d'applaudissements frénétiques. Elles prirent leurs instruments et j'étais si occupé à les observer que j'en avais presque oublié le bal, et m'aperçut soudain que les lanternes s'étaient éteintes et que les autres champions, accompagnés de leur partenaires, s'étaient levés.
_ Viens ! murmura Parvati. Il faut danser maintenant !
Lorsque je me levai à mon tour, je me pris les pieds dans ma robe. Les Bizarr'Sisters commencèrent à jouer un air très lent et mélancolique et je m'avançai vers la piste de danse brillamment éclairée, évitant soigneusement de croiser les regards des autres élèves. Soudain, Parvati me prit les mains, en glissa une autour de sa taille et serra l'autre fermement entre ses doigts.
Ce n'était pas aussi terrible que je l'avais redouté, songeai-je, en tournoyant lentement sur place. Je continuai de regarder au-dessus des têtes pour essayer de ne voir personne mais, bientôt, d'autres élèves vinrent nous rejoindre sur la piste de danse et les champions cessèrent d'être le centre de l'attention générale.
Plus tard dans la soirée, la fête battait son plein et la musique avait bien changé afin d'entrainer les jeunes sorciers jusqu'au bout de la nuit. Parvati et Padma ne voyant plus l'intérêt de rester avec nous s'en étaient allé avec deux beaux bulgares. Quant à Ron et moi, nous restions à l'écart, observant de loin les deux couples que l'on enviait le plus, soit Hermione et Viktor pour Ron et Pansy et Malfoy pour moi… L'objet des pensées de Ron vint nous rejoindre quelques instants plus tard, elle semblait heureuse et épanouie comme jamais auparavant et s'assit prêt de nous. Grossière erreur, car Ron, envahi par la jalousie, lui fit aisément comprendre que son cavalier n'était selon lui pas le bienvenu. Je préférai ne pas me mêler de leur querelle et restai silencieux. C'est alors que, pendant qu'ils se disputaient toujours sur le cas Krum, Pansy passa près de nous, sans me regarder. Elle se dirigeait vers la sortie tandis que Drago était visiblement trop occupé à danser avec une petite française pour se soucier d'elle. Personne ne me regardait et mes amis étant trop absorbés dans leur dispute, j'en profitai pour la suivre à l'extérieur. Arrivé dehors, je m'émerveillai devant ce spectacle de décoration. Le Parc est recouvert d'un beau manteau blanc et des enchantements ont été installés pour maintenir la température au-dessus de quinze degrés Celsius. Ainsi, plusieurs couples se baladaient à travers les buissons cachant plusieurs bancs et fontaines agrémentant le romantisme des lieux. Pour ne rien gâcher, de petits lutins et fées des neiges se promenaient tout en éclairant les chemins de leur poussière magique. Tout en avançant, je cherchais autour de moi et vis finalement Pansy assise sur un banc regardant le lac noir éclairé par le clair de lune. Je décidai de m'approcher discrètement puis de m'installer à coté d'elle. Je regardai également devant moi ne sachant pas vraiment quoi dire.
_ Bonsoir, lui dis-je ensuite d'une voix peu assurée.
_ Que fais-tu là Potter ? me demanda-t-elle sèchement, sans pour autant tourner la tête du paysage.
_ Tu es magnifique ce soir, ajoutai-je, ne me formalisant pas de son ton désagréable.
Elle ferma doucement les yeux pour finalement tourner à contre cœur son visage vers moi.
_ Que me veux-tu ?
Je la scrutai totalement ébahi par sa beauté et plongeai mon regard dans le sien.
_ Juste te parler… répondis-je après quelques secondes de contemplation.
_ Je crois que l'on s'est tout dit la dernière fois, non ?
_ Tu avais raison…
_ A quel propos ? questionna-t-elle en fronçant les sourcils.
_ Je n'ai absolument rien compris… Je pensai que l'on se disputait parce que le secret de notre amitié te pesait mais quand tu es partie après ma dernière réplique, j'ai su que ce n'était pas le cas…
Pansy ne répondit pas et regarda de nouveau le ciel étoilé de cette belle nuit d'hiver. Oui, ce qu'il disait était vrai mais ça ne suffisait pas…
_ Je voulais m'expliquer avec toi plus tôt mais, à la fin de l'année dernière je t'ai trouvé dans notre salle de classe dans les bras de Malefoy, alors je me suis dit que ce n'était pas la peine…
_ Tu es jaloux ? me demanda-t-elle, les yeux écarquillés de surprise.
_ Non ! Enfin… Quand je t'ai vu tout à l'heure à son bras et quelques mois plutôt pleurant contre lui… Vous étiez si proches… J'avoue seulement que ça m'a fait quelque chose et que… Tu me manques… lui dis-je en baissant les yeux.
Un petit sourire naquit alors sur les lèvres de Pansy, ses yeux bleus s'éclairèrent et elle me regardait d'une drôle de façon.
_ Si j'étais si contrariée le jour où l'on s'est disputé, c'était parce que lorsque je suis allée te voir à l'infirmerie pour prendre de tes nouvelles, Granger était assise prêt de toi et te tenait la main… J'avoue avoir été envieuse… Et j'aurai aimé être à sa place à ce moment-là… Je n'ai jamais demandé l'exclusivité Harry, mais la complicité que tu as avec Hermione je pensai qu'elle m'était réservée et j'ai été déçue et triste quand j'ai constaté que ce n'était pas le cas… Je n'ai jamais voulu arrêter notre amitié, mais au moment où tu l'as suggéré, j'ai pensé que finalement ça ne valait peut-être pas le coup de continuer à se voir en cachette…
Son discours me faisait l'effet d'une bombe. J'étais dévasté. Mais quel idiot j'avais pu être ! Pendant tous ses mois j'avais juste cru être le seul triste de nous deux alors qu'en fait Pansy souffrait depuis beaucoup plus longtemps. Je ne m'étais rendu compte de rien…
_ Je suis désolé… murmurai-je doucement.
_ Moi aussi. Je pensai que tu en avais assez de nos rendez-vous alors je n'ai pas cherché à te pardonner ou même à te parler…
_ Non c'est moi ! J'aurai dû venir te voir depuis longtemps ! Hermione et Ron sont mes amis mais entre les cachoteries d'Hermione à propos de Krum et ma dispute avec Ron, j'ai eu le temps de m'apercevoir que j'aurai dû essayer de te parler il y a longtemps maintenant… Et puis, tu étais tout le temps avec Malefoy…
_ Drago n'est pas si mal et il m'a été d'une grande aide lorsque nous nous sommes fâchés ! Il a été là quand toi tu ne l'étais pas… Mais je pensai vraiment que tu irais au bal avec Granger… Je ne me doutais pas qu'elle serait la cavalière de Krum ! Ca pour une surprise…
J'acquiesçai doucement, arborant un large sourire. La tension était retombée et nous discutions comme si nous nous étions quittés la veille. Aucun autre mot d'excuse n'était nécessaire. L'ambiance et le décor étaient parfaits pour une réconciliation. Soudain, de petites fées s'approchèrent et telles des boules lumineuses tournant autour de nous, elles nous éclairèrent de leur douce lumière. Cette nuit était parfaite et je pensai que la jeune femme devant moi ne m'avait jamais paru aussi merveilleusement belle…
Suite à ces retrouvailles avec Pansy, nous nous voyions comme avant dans notre salle de cours secrète. On rattrapait le temps perdu en discutant de tout et de rien notamment de Maugrey, et bien sûr du tournoi. Très rapidement, la seconde tache arriva, et c'est grâce à Cédric, que j'ai pu trouver le moyen de savoir ce que l'œuf contenait. C'était en fait une énigme sous forme de mélodie chantée par une sirène :
« Descends nous visiter et entends nos paroles,
Nous devons pour chanter être au dessous du sol,
A présent, réfléchis, exerce ton esprit,
Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi,
Pendant une heure entière il te faudra chercher
Si tu veux retrouver ce qu'on t'a arraché
Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir
Tes efforts seront vains car il sera trop tard. »
Après quelques minutes de réflexion dans la salle de bain des préfets, j'en arrivai à la conclusion que dans le lac noir se trouvaient des sirènes et qu'elles m'ont dérobé quelque chose d'important pour moi, que je devrais retrouver par moi-même.
Néanmoins, j'eus quelques problèmes pour savoir comment respirer pendant une heure sous l'eau ainsi que connaître ce qui pourrait être utilisé comme « trésor ». A ce propos, je fus tellement angoissé que j'ai rêvé que l'on me prenait mon Éclair de Feu…
La veille de l'épreuve, Fred et Georges vinrent chercher Ron et Hermione car McGonagall les avaient convoqués. Suite à leurs départs, je suis monté me coucher sans pour autant avoir trouvé de solutions à mes interrogations. Le jour de la seconde tache Dobby me sauva la vie ! En effet, ce dernier s'était procuré de la branchiflore et me l'avait apportée juste avant le début de l'épreuve. Je me donc suis présenté au bord de la plate-forme et après un discours de Dumbledore, je finis par plonger dans l'eau glacée du lac après avoir avalé cette fameuse branchiflore. Je me suis senti me métamorphoser dans l'eau, et devenir mi-homme mi-poisson. Je commençai à nager à travers les algues et très rapidement, je retrouvai le repère des sirènes. Là se trouvaient les fameux trésors des quatre champions : Hermione pour Krum, Cho pour Cédric, Gabrielle pour Fleur et enfin Ron pour moi. Quelques instants plus tard, je vis Cédric venant dans ma direction qui se précipitait vers Cho, alors que j'étais moi-même déjà en face de Ron. Soudain, je sentis les sirènes s'agiter et se disperser alors que Krum, à moitié métamorphosé en requin, nageait à vive allure afin de récupérer Hermione. Une fois Cédric et Viktor repartis vers la surface, je me suis employé à délivrer Ron puis Gabrielle, la jeune sœur de Fleur Delacour. Après les avoir délivrés, des Strangulots m'ont attaqué et entrainé vers le fond. Je poussai vigoureusement Ron et Gabrielle afin qu'ils flottent vers la lumière alors que je me sentais descendre dans les profondeurs du lac noir. Tandis que les strangulots m'avaient considérablement affaibli, j'utilisai avec mes dernières forces le sortilège Ascencio afin de m'élancer vers le ciel. Suite à une concertation rapide des juges, ils désignèrent Cédric et moi comme vainqueurs de cette épreuve. Moi, parce que j'avais délivrés Ron et la sœur de Fleur alors que rien ne m'y obligeait et également parce que j'étais arrivé en premier chez les sirènes. Et Cédric car il était arrivé en premier hors de l'eau. C'est ainsi que se conclut la seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers.
Suite à cette épreuve, la vie reprit son cours à peu près normal. Mais, le tournoi comptait encore une dernière besogne. Nous avons donc été convoqués dans le bureau de Dumbledore quelques jours après le second test. Là, il nous annonça que la dernière tâche se passerait juste avant la fin de l'année et qu'elle se déroulerait dans un labyrinthe, construit à la place du terrain de Quidditch. Arrivé le jour de l'ultime tâche, je revoyais tous les sortilèges qui pourront m'être utile dans le labyrinthe et que j'avais appris depuis l'annonce de cette troisième épreuve. A la tombé du jour, nous nous sommes présentés sur la pelouse désormais méconnaissable du terrain de Quidditch. Et après les derniers conseils de Dumbledore sur ce que l'on pourrait trouver à l'intérieur, et au coup de canon, je m'engageais baguette à la main vers ma destinée.
Après y avoir affronté toute sorte de créatures, avoir répondu à l'énigme du Sphinx et affronté une acromentule, je me retrouvais finalement avec Cédric devant le Trophée des Trois Sorciers. Nous décidâmes, après une petite dispute, de le toucher en même temps et ainsi gagner ensemble ce tournoi pour Poudlard.
Malheureusement, nous avons été transportés dans le cimetière de Little Hangleton que je voyais en rêve depuis des mois maintenant. Puis nous vîmes, Queudver avec une chose mi- humaine dans les bras lui ordonnant de tuer mon condisciple. Cédric était tombé de la baguette de Lord Voldemort. Pettigrew me plaqua alors contre la tombe de Tom Jedusor Senior, et prépara ensuite une potion de magie noire afin de redonner à Voldemort une enveloppe charnelle. Il fallait l'os du père pris en toute ignorance, la chaire du serviteur volontairement sacrifiée et enfin, le sang de l'ennemi pris par la force et ainsi le Seigneur de Ténèbres renaquit de ses cendres.
Suite à cela, le Lord, fraichement guéri, convoqua ses « fidèles » mangemorts pour leur annoncer sa résurrection. Puis, Il s'approcha de moi afin de prouver sa nouvelle supériorité en me touchant puisqu'il détenait à présent la protection de ma mère grâce à mon sang. Aussi, il me provoqua en duel afin d'exercer sur moi sa toute-puissance retrouvée. Tout d'abord il me tortura avec le sortilège Doloris, et je sentis comme des milliers de poignards me traverser le corps. J'en hurlais de douleurs. Lorsqu'il relâcha le sortilège je tentai de le désarmer mais sans succès. Je me suis relevé pour me cacher derrière une pierre tombale, qui me protégea d'un sortilège de la mort. Enfin, avec mes dernières forces et le courage qu'il me restait, je pris une décision et fit face au meurtrier de mes parents. Il me lança l'Avada Kedavra que je criai Expelliarmus et il se produisit un phénomène exceptionnel : un Priori Incantatem. Nos baguettes furent reliées entre elles et un dôme magique se forma autour de nous. Des silhouettes sortirent de la baguette de Voldemort. Tout d'abord Cédric, puis un mystéreux vieil homme, Bertha Jorkins et enfin mes parents. Ils m'ont tous encouragé et dis qu'ils allaient retenir le Seigneur des Ténèbres, afin que je m'enfuisse avec le corps de Cédric et la Coupe de feu transformée en Portoloin.
J'arrivais dans le stade refusant de lâcher Cédric et hurlant que Voldemort était revenu. Tout en entendant certaines personnes hurler, je ne pouvais retenir les larmes qui me brouillaient la vue. Tandis que Dumbledore tentait de calmer Amos Diggory pleurant sur le corps de son fils, Maugrey m'agrippa fortement et m'éloigna de la scène. Ce dernier m'a alors emmené dans son bureau et me fit m'asseoir. Il me posa ensuite toutes sortes de questions sur la succession des évènements. Il devenait de plus en plus étrange alors que je racontais les moments les plus difficiles de ma jeune vie. Tandis qu'il m'interrogeait toujours, il cherchait quelque chose. Et d'un coup, il me posa une question qui me fit réagir, c'est alors que je compris… Il avait mis mon nom dans la coupe de feu, m'avait aidé dans la réussite de mes épreuves, avait demandé à Hagrid de m'informer pour les dragons, avait fourni la branchiflore à Dobby, avait ensorcelé Viktor pour qu'il neutralise les autres champions, et enfin avait ensorcelé la Coupe de feu pour que celle-ci devienne un Portoloin. Au moment où il allait m'achever, Dumbledore, McGonagall et Rogue arrivèrent. La vérité éclata alors au grand jour. Alastor Maugrey Fol-Œil était en fait Barty Croupton Junior ayant utilisé du Polynectar. Après tout fut flou dans ma tête et je préférai m'abandonner aux ténèbres au moins pour une nuit…
La cérémonie en l'honneur de Cédric fut tragiquement triste. Les drapeaux ordinairement aux couleurs des maisons de Poudlard, étaient d'un noir profond marquant le deuil dans lequel se trouvait à présent le château. Cho Chang semblait inconsolable. Les Poufsouffle essayaient de faire bonne figure et de se montrer digne du courage de leur regretté condisciple mais la douleur dans leur yeux trahissait leur légitime abattement. Dumbledore parla ensuite des circonstances de sa mort et n'alla pas par quatre chemins. Selon lui, les élèves méritaient de savoir. Il leur révéla donc le retour de Lord Voldemort ainsi que sa responsabilité dans l'assassinat de leur camarade. Un froid intense s'installa dans la salle. Personne n'osait y croire et pourtant le directeur était on ne peut plus sérieux.
Après la cérémonie, je préférai m'isoler. Prétextant l'envie d'être seul un moment, je me dirigeai de nouveau vers l'endroit où j'allais me réfugier d'habitude : la salle abandonnée. Comme toujours, je m'installai prêt de la fenêtre sur une table en bois, remontai mes genou contre mon menton et attendit. Je savais qu'elle viendrait… Je savais qu'elle avait vu ma détresse… Quelques secondes plus tard, comme prévu, Pansy passa la porte et se dirigea vers moi. Son visage transcrivait une inquiétude manifeste. Je n'osai la regarder en face. C'était trop dur de le dire encore une fois, de confirmer les paroles de Dumbledore. Néanmoins, Pansy n'avait pas besoin de confirmation, elle savait que nous ne pouvions plaisanter sur un sujet aussi grave. Aucun mot n'était nécessaire. Mes yeux commençaient à s'embrumer. Alors je sentis deux bras m'encercler doucement et une joue se déposer contre la mienne. Je relâchai donc mes genoux, préférant le réconfort du corps frêle de ma jeune amie. Je laissai alors couler mes larmes et abandonnai la pression qui me comprimait la poitrine. Je n'avais besoin de rien d'autre. Sentir Pansy contre moi me murmurer des mots réconfortant et laisser aller mes larmes me suffisaient amplement… Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'à présent le pire était encore à venir… Malgré tout, et même si elle-même ne le pensait pas tout à fait, elle chuchota légèrement à mon oreille :
_ Tout ira bien… Je suis là.
L'espoir qu'elle m'insufflait était infime mais suffisant pour me reprendre. Je n'avais besoin de rien d'autre car pour l'instant l'espoir était la seule chose à laquelle nous pouvions nous raccrocher…
