5ème Année : Le Changement

POV d'Harry :

Depuis le retour de Voldemort, je faisais des cauchemars toutes les nuits, ou j'y revoyais Cédric mourir de la main de ce sale rat de Pettigrew sur Son ordre. Cette horrible soirée ne cessait de se répéter dans ma tête. J'y voyais donc aussi Queudver me neutraliser en me plaquant contre la pierre tombale de Tom Jedusor Sénior et y prendre un os appartenant au défunt géniteur du Seigneur noir. Ensuite, il lâchait son maître dans un chaudron juste en face de moi, prêt à l'emploi. Puis, ce fou se coupait le poignet sans rechigner et mettait sa main inerte et l'os avec le Lord. Avant de finalement venir m'entailler l'avant-bras afin de récolter mon sang. Le dernier ingrédient versé avec les autres dans l'eau bouillonnante, il n'en fallait pas plus pour que le Seigneur des Ténèbres renaisse. Après quelques minutes je percevais, devant mes yeux, Voldemort en chair et en os. La réunion de ses « fidèles » serviteurs n'était là que pour prouver la supériorité de leur maître, afin de leur montrer que je n'étais pas une véritable menace. Je revivais notre combat épique, je ressentais encore le sortilège doloris me transpercer les membres, enfin le Piori Incantatem, cette curieuse connexion entre Jedusor et moi et le visage de mes parents m'encourageant. Irrémédiablement, comme toutes les nuits, je me réveillais en sueur hurlant le nom de Cédric. Le premier mort que l'on voit ne peut que nous marquer à vie…

Hormis ces cauchemars incessants, l'été n'était pas si différent des précédents avec les Dursley. Pourtant, un mois après mon retour chez mes moldus, je reçus une lettre de Pansy, pour le moins mystérieuse.

Cher Harry,

Comment vas-tu ? La question me paraît inutile mais bon, c'est l'usage. A la maison je n'ai jamais vu autant de mouvement, les amis de mes parents vont et viennent presque tous les jours. Tous plus ou moins paniqués… Le retour de Tu-sais-qui ne les réjouit pas autant que je l'aurais soupçonné... Pourtant, il lui reste fidèle tout en souhaitant qu'il ne soit jamais revenu… Des hypocrites, mes parents les premiers !

Bref, ce n'était pas pour cela que je t'écrivais mais pour te dire que j'ai entendu mes parents dire que Tu-sais-qui avait prévu quelques chose te concernant. Je ne sais pas quoi, ni quand, ni où mais je préfère que tu sois au courant et sur tes gardes. Par contre, il serait question du Département des Mystères… Je n'en sais malheureusement pas plus mais j'essayerai de laisser une ou deux oreilles trainer...

Fais bien attention à toi surtout et ne te mets pas dans une situation impossible.

Pour finir sur une note un peu plus joyeuse, je te souhaite un Bon Anniversaire !

Amicalement,

Pansy.

PS : Il sera de plus en plus difficile à l'avenir de nous écrire, le courrier sera surveillé alors il faudra coder nos messages pour que personne d'autre hormis nous ne puisse les lire.

Je me mis à réfléchir à toute vitesse, essayant d'assimiler les dires de mon amie. Sa fidélité envers moi me fit chaud au cœur. Moi qui n'avais reçu aucune lettre de mes meilleurs amis, j'étais heureux de constater qu'au moins une personne pensait à moi et s'inquiétait sincèrement… Le fait que ce soit la Serpentard était d'autant plus agréable et je rougissais comme une tomate mûrissait au soleil. Pansy, ce jour-là, avait été le soleil qui éclaira ma triste vie… Une chose m'ennuyait toutefois : elle risquait de se faire prendre si elle espionnait trop ses parents. Inquiet pour elle, je m'endormis néanmoins sur le souvenir du visage enjôleur de Pansy, me tenant la main à mon réveil à l'infirmerie après la fin du tournoi des trois sorciers. Et pour la première fois depuis mon retour à Privet drive, je ne fis aucun mauvais rêve.

Dès mon réveil le lendemain matin, je me décidai de lui répondre, j'attrapai du parchemin vierge, une plume et de l'encre et m'installai à mon bureau afin d'écrire cette missive.

Chère Pansy,

Comme tu t'en doutes, je ne vais pas très bien surtout après ce qui c'est passé au mois de juin dernier. Les journées sont excessivement longues et mes nuits sont ponctuées de cauchemars qui ont cessé la nuit dernière après avoir lu ta lettre. Je t'en remercie donc.

Et Merci de m'avoir fait part de ce que tu as entendu même si je me doutais bien qu'Il préparait quelque chose contre moi. Il n'a pas réussi à me tuer et veut mettre tout en œuvre pour ça… Je me demande si un jour je pourrai vivre sans une épée de Damoclès constamment au-dessus de la tête.

Ne t'inquiète pas, je ferai bien attention à moi comme je te l'avais promis avant notre départ. Quant à toi, promets-moi d'être prudente et ne prends pas trop de risques lorsque tu épies tes parents ! Je m'en voudrais que tu te fasses prendre alors ne te mets pas toi non plus dans une situation impossible ! Je dois être contagieux à ce niveau-là !

Merci d'avoir pensé à mon anniversaire, tu sembles être la seule dans ce cas…

Amicalement.

Harry

P.S. : Détruit ce courrier après l'avoir lu, et au cas où nous utiliserons un langage codé dans nos prochains.

J'attachai la lettre à la patte d'Hedwige puis la lança dans le ciel nocturne de Privet Drive en lui intimant de faire bien attention.

Les jours suivants me parurent horriblement longs… N'étant pas encore allé au Chemin de Traverse, je ne pouvais même pas me documenter sur le programme de cinquième année. Je révisai donc les sorts que j'avais appris l'année dernière grâce au Tournoi, mais n'ayant pas le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école, je ne pouvais me rendre compte de mes progrès qu'ils fussent réels ou non… Inutile de réviser les matières telles que l'Histoire de la Magie ou la Divination, qui ne me seraient jamais d'une grande aide. La botanique pouvait peut être m'aider comme ce fut le cas avec la branchiflore. Quant aux potions, qui étaient, je l'avoue, mon talon d'Achille, il était difficile d'apprendre à les préparer sans les ingrédients à mettre dans le chaudron… Ne pouvant pratiquer la métamorphose sans baguette, cette discipline restait donc proscrite. Il ne me restait plus qu'à lire pour passer le temps… C'était d'un ennui mortel, je me demandai comment faisait Hermione, dont je n'avais reçue toujours aucune nouvelle, ni d'elle, ni de Ron.

Pourtant, cet ennui n'allait pas tarder à me manquer terriblement… En effet, peu après mon anniversaire, un après-midi, à peine sorti de la maison, j'entendis un bang, confus, j'étais certain d'avoir déjà entendu un tel bruit auparavant. Perturbé, je partis tout de même me balader dans les quartiers aux alentours de Privet Drive en me persuadant que ce bruit était le fruit de mon imagination et de mon envie de retrouver le monde des sorciers qui me manquait tant. Je m'arrêtai dans un parc de jeu pour enfants moldus qui fut désert à cause d'une chaleur affreuse sévissant ces derniers temps. Je m'installai sur une balançoire et réfléchissait, jusqu'à ce que Dudley et sa bande viennent me provoquer. Les moqueries de Dudley sur mes cauchemars, sur mes réveils en sursauts criant le nom de Cédric, ne devraient pas me toucher mais le stress et la pression que je ressentais étaient tels que je ne pouvais me retenir. Je me jetais sur lui de colère sentant mon sang bouillir dans mes veines. Ayant ma baguette à la main, je lui plantai en dessous de son menton provoquant ainsi les ricanements de ses amis alors que je voyais mon cousin blêmir. Soudain, le ciel s'assombrit et les potes de Dudley préférèrent prendre la poudre d'escampette alors que lui et moi restions à nos places. Je regardais le ciel, puis sentant la température descendre, j'ordonnais à Big D de courir. J'avais déjà ressenti ça auparavant… On courrait jusqu'à Magnolia Crescent, mais, à bout de souffle, nous nous arrêtèrent un instant.

C'était une grossière erreur car je vis alors du givre recouvrir en quelques secondes les lumières, la température chutait d'avantage. Il fallait reprendre la course mais c'était trop tard. En effet, des détraqueurs nous barraient la route devant et derrière nous. Nous étions faits comme des rats… Je n'eus même pas le temps de brandir ma baguette qu'il me plaquait déjà contre le mur, absorbant mes souvenirs heureux. A deux doigts de me faire subir son baiser, j'arrivais pourtant à attraper ma baguette afin de me libérer de lui. Puis, je lui lançai le sortilège du patronus. Mon cerf argenté déferla sur eux tel une vague sur la plage. Aveuglés par sa puissance, les créatures maléfiques s'enfuirent sans demander leur reste. Je m'accroupis alors aux côtés de Dudley qui lui aussi avait subi l'attaque des détraqueurs sans pouvoir les voir comme me l'avait un jour dit le professeur Lupin. En reprenant conscience de ce qui c'était passé, je me demandai ce que pouvait bien faire les gardiens d'Azkaban dans un quartier moldu. La réponse semblait évidente, le mage noir devait être derrière tout ça mais les détraqueurs n'étaient-ils pas censés être sous les ordres du Ministères ?

Toutefois, il y avait plus important et, en quelques pas, je me retrouvai aux côtés d'un Big D tremblant, gémissant et recroquevillé sur lui-même. Je me penchai alors sur lui pour vérifier s'il était conscient mais il semblait que mon cousin n'avait pas bien supporté cette intrusion dans son esprit. Soudain, j'entendis quelqu'un approcher, instinctivement je sortis ma baguette et me prépara à me défendre. Cependant, je n'en eus pas besoin car quand l'inconnue passa dans la lumière j'eus la surprise d'apercevoir l'étrange voisine de ma « famille ». Je fis alors un geste afin de cacher ma baguette mais elle m'interrompit en m'intimant de ne pas la ranger car « d'autres » pourraient revenir. Maudissant ensuite un certain Mondingus Fletcher, elle m'expliqua que ce sorcier était chargé de me surveiller sur ordre de Dumbledore. Néanmoins, il était parti régler des affaires plus que douteuses et les Détraqueurs en avaient profité… Apparemment, son chat Pompom me surveillait également et l'avait prévenue de ce que qu'il se passait. Le choc était de taille ! Comment cette amoureuse des chats connaissait-elle l'existence des Détraqueurs ? Je lui posai donc la question qui me brûlait les lèvres depuis quelques minutes : Êtes-vous une sorcière ? Elle me répondit par la négative, ajouta qu'elle était en fait une Cracmol, et que ce Mondingus le savait parfaitement. Elle se désola de sa désertion et de m'avoir laissé sans aucune protection.

Dans mon esprit, tout se remit en place comme le fait que le bang entendu était surement un transplanage causé par Mondingus Fletcher. Mais l'heure n'était plus à la discussion, ils devaient se dépêcher. Donc, je soulevai mon cousin en mettant un bras par-dessus mes épaules tout en tenant ma baguette fermement dans l'autre main. Sur le trajet qui nous séparait de chez ma tante, elle s'excusa de n'avoir jamais pu me révéler qu'elle gardait un œil sur moi sur la demande de Dumbledore. Je l'entendis s'inquiéter de savoir comment elle allait l'annoncer au grand directeur de Poudlard. Une conversation s'en suivit sur les moyens du ministère pour détecter la magie mais je rétorquai que le ministère se poserait plus de questions sur le fait que des détraqueurs soient apparus dans une banlieue moldu aussi paisible que Little Whinging. Soudain, Mondingus apparut finalement. Une dispute s'en suivit entre lui et Mrs Figg dont je perdis rapidement le fil. Elle nous raccompagna ensuite jusqu'au 4, Privet Drive, me prévint que quelqu'un allait tenter de me contacter. Je la vis s'éloigner quand elle me vit appuyer sur la sonnette de la maison.

J'attendis quelques secondes qui m'ont semblé des minutes, avant que Tante Pétunia n'ouvre enfin. Je ne fus pas déçu de sa réaction, elle hurla en voyant l'état de son Dudleynouchet. Elle le fit entrer dans la maison en appelant Vernon à pleins poumons. Mais, alors que je m'apprêtai à monter les escaliers, j'entendis Pétunia demander à son fils qui lui avait fait « ça » et bien sûr, bien que je n'aie directement rien fait, il n'hésita pas à me dénoncer. Ainsi, j'eus monté deux marches lorsque Vernon m'ordonna d'aller m'asseoir à la table de la cuisine. À peine assis, un hibou pénétra bruyamment dans le salon, lâchant une nouvelle lettre devant moi. Fermée par le sceau du Ministère de la Magie, elle m'annonçait que j'avais usé abusivement de la magie devant un moldu, que j'étais donc renvoyé de Poudlard et qu'un membre du ministère viendrait en personne détruire ma baguette. A la lecture de cette missive, je blanchissais à vue d'oeil. Je résumais la situation à ce qui me restait de famille et, une fois n'est pas coutume, ils étaient heureux de ma sanction. Alors, afin de me défendre, je commençais à expliquer ce qui s'est passé. Le récit, qui était déjà incompréhensible pour eux avec les mots « détraqueurs », « aurors » et « cracmol », fut de nouveau interrompu par un nouvel hibou qui déposa un morceau de parchemin venant cette fois du père de Ron. Ce dernier m'informait que Dumbledore s'occupait de cette affaire, que je ne devais pas sortir de la maison et de ne surtout plus utiliser ma baguette. Dudley expliqua ensuite ce qui lui était arrivé, s'en suivit de multiples reproches à mon encontre. Puis, arriva alors un nouveau courrier m'annonçant que j'allais passer devant le tribunal du Magenmagot.

C'en était trop pour Vernon qui tenta de m'expulser. Pourtant contre toute attente, Pétunia reçut une beuglante lui ordonnant de me garder en « sécurité » chez elle. L'expéditeur de cette lettre incendiaire m'était inconnu, néanmoins la terrifiante voix que j'avais entendu me rappeler vaguement quelque chose… Je tentai de demander des explications à ma tante mais celle-ci m'envoya dans ma chambre en guise de réponse. Je montais donc finalement dans ma petite chambre. Une fois entré, j'eus alors la surprise de voir une dernière lettre déposée sur mon lit. Je la pris et reconnus l'écriture de Pansy. Mon visage s'illumina alors pour la première fois depuis le début de cette longue et épuisante soirée.

Cher Eclair de feu,

Ne t'en fais pas pour moi ! Mes parents sont loin de se douter que leur « idiote » de fille s'intéresse de près à ce qui se raconte chez eux. En parlant de ça, la Fouine Senior vient de nous rendre visite et paraissait plus enjoué qu'à l'ordinaire… Ne me dis surtout pas que tu as quelque chose à voir avec ça !?

Hormis cela, la rentrée approche et j'ai hâte qu'elle arrive car j'ai entendu mes parents aborder le sujet « Mariage » et je tiens plus que tout à y échapper… J'ai peur… Peur de ce qu'il pourrait arriver lorsque j'aurai atteint ma majorité… Ce n'est pour l'instant pas actuel mais je sens que l'heure de faire mon choix approche… Ne te méprend pas, j'ai choisi mon camp mais… La rupture sera inévitable et ce sera dure…

Bref, j'espère que tu restes bien tranquille chez toi !

Amicalement,

Vipère Verdoyante

Finalement, cette lettre ne me remonta pas le moral autant que je l'aurais espéré. La situation était difficile et compliquée pour moi comme pour elle. Car oui, elle avait choisi mes couleurs mais elle devait abandonner tout ce qu'elle avait toujours connu en contrepartie. Je ne perdis pas de temps pour lui répondre rapidement :

Chère Vipère Verdoyante,

Ici, la situation est grave. Des gardiens de prisons sont venus me rendre visite et ça a failli mal se finir… Je risque d'être renvoyer de l'école mais j'espère que le Grand Barbu me sortira de ce nouveau pétrin.

La visite de la Fouine Senior ne me surprend pas, les mauvaises nouvelles vont vites… N'essaye pas d'en savoir plus auprès de tes parents. Je t'expliquerai tout une fois que je serais certain d'être en sécurité.

Ne t'inquiète pas, je ne risque rien pour l'instant.

Je te recontacte très vite !

Eclair de feu.

POV Narrateur :

La suite fut des plus étranges et stressantes à la fois. Non seulement, Harry ne savait pas ce qu'il allait devenir si jamais il était renvoyé mais en plus ses amis ne répondaient à aucune de ses interrogations. Ca promettait, à ce rythme-là, il allait devenir complètement marteau ! Si ce n'était pas déjà fait…

Puis, un soir, les Dursley lui annoncèrent qu'ils sortaient et que lui resterait enfermé dans sa chambre jusqu'à son retour. Ce fut au beau milieu de la nuit qu'une garde rapprochée venue spécialement pour lui, arriva afin de l'emmener au quartier général de l'Ordre du Phénix, fondé par Dumbledore lors de la Première Guerre.

C'est donc accompagné des différents sorciers et sorcières, tels qu'Alastor Maugrey Fol-Œil, Remus Lupin, Nymphadora Tonks, ou Kingsley Shacklebolt, qu'Harry survola Londres sur son balai. Puis, ils atterrirent enfin, se cachant dans une ruelle sombre dans un quartier qui paraissait, à première vue, des plus ordinaires. C'est là que se trouvait le 12, Square Grimmaurd, le quartier général de l'Ordre du Phénix.

La maison en elle-même n'avait rien de reluisant. Crasseuse et poussiéreuse, on avait du mal à imaginer que la bâtisse avait jadis appartenu à la noble famille des Black. Harry y retrouva donc ses amis, la famille Weasley, Hermione et son parrain, Sirius Black. La soirée avait été longue mais lorsque vint l'heure de se coucher, le survivant savait qu'il devait faire une dernière chose avant de s'abandonner au sommeil : prévenir Pansy. Il attendit donc que Ron soit profondément endormi et commence à ronfler avant d'écrire sa lettre.

Chère Vipère Verdoyante,

Je ne suis plus chez ma tante mais chez mon parrain. J'y resterai jusqu'à la rentrée scolaire. Il vaut mieux que l'on arrête de s'écrire jusque-là car les autres risqueraient de me surprendre en train de t'écrire. Je suppose que tu sauras le résultat de l'audience dans les journaux… J'aimerai te dire de ne pas t'inquiéter mais je ne suis pas franchement serein moi-même…

Fais attention à toi et on se voit à la rentrée ! Ne me réponds pas, le risque serait trop gros. Pour toi, comme pour moi…

Eclair de feu.

Il descendit ensuite en bas, là où Hedwige se trouvait, somnolant dans sa cage. Il la réveilla provoquant ainsi la mauvaise humeur de l'oiseau. Il lui donna l'enveloppe et lui promit une belle récompense à son retour. La chouette hulula doucement et il la fit finalement sortir par la fenêtre de la salle à manger. Malheureusement, il ne se doutait pas qu'Hermione qui, ayant eu soif était descendue, et avait assisté à la scène. A qui pouvait-il bien écrire à l'insu de tous ? Voilà ce que se demandait Hermione alors que son meilleur ami remontait dans sa chambre, prendre un sommeil bien mérité.

Les mois avaient passé. Hermione n'avait jamais parlé à Harry de ce qu'elle l'avait vu faire au Square Grimmaurd l'été dernier. Néanmoins, elle le surveillait plus étroitement que d'habitude. Mais la mauvaise humeur du survivant et son exclusion n'arrangeaient rien. Pansy avait été la seule à pouvoir le calmer et après avoir parlé longuement avec elle, il comprit que ses amis étaient d'autant plus importants pour lui surtout par les temps qui courraient. De plus, la tyrannie de Dolores Ombrage étouffait les élèves à un tel point que le trio, principalement Hermione et Ron, avait décidé de former un groupe d'élèves qui pourraient se former à la défense. Les deux Gryffondors avaient obligé Harry à prendre le rôle des professeurs et ce qui ne devait être qu'un petit groupe était devenu une véritable association de jeunes sorciers et sorcières venant des quatre maisons. Oui des quatre maisons ! Grâce à un miracle, Harry avait convaincu Pansy de participer aux séances de l'A.D. Et même si, la plupart des élèves, dont ses amis, n'aimait pas franchement cette idée, Harry ne leur avait pas laissé le choix. Sans donner aucune explication, il leur avait à son tour imposé un ultimatum : soit Pansy était acceptée, soit il refusait de leur donner des cours. Ainsi, Pansy fut admise au sein de l'Armée de Dumbledore.

Les décrets instaurés par la « Grande » Inquisitrice s'amoncelaient de plus en plus. Néanmoins, la popularité d'Harry reprenait du poil de la bête. Les gens n'étaient pas idiots. Les récents évènements ne pouvaient que confirmer les dires d'Harry et la vérité était limpide : Lord Voldemort était de retour. Une garde inquisitoriale fut créée afin de traquer les activités illicites. Ainsi, les élèves de Serpentard espionnaient, furetaient, fouinaient dans le but de démasquer les « alliés » de ce balafré de Potter. Pansy faisait son possible pour rester discrète mais en étant une verte et argent, il était d'autant plus dur pour elle de paraître normale. Et ses absences répétées commençaient à mettre sérieusement la puce à l'oreille de Drago. Cependant, ce dernier attendait le moment propice pour agir… Le moment où il serait sûr de son intuition concernant sa condisciple et vieille amie.

Puis, il se produisit un drame juste avant les vacances de Noël. En effet, Arthur Weasley s'était fait attaqué par Naguini, le serpent fétiche du Seigneur des Ténèbres. Ainsi, les Weasley, Harry et Hermione rentrèrent prématurément au Square. Noël passa et la fin des vacances également. Ils rentrèrent donc à Poudlard et reprirent leur quotidien. Ombrage continuait son enquête sur les différents membres du corps enseignant. C'est ainsi que le professeur Trelawney se retrouva renvoyer de son poste. Bien sûr, c'était une décision légitime. Sybille Trelawney n'était vraiment pas une voyante crédible. Pourtant, les quelques vraies prédictions qu'elle avait faites sont d'une importance capitale. De plus, Ombrage était d'une cruauté effroyable et même le professeur McGonagal, qui n'appréciait pas particulièrement le professeur de divination, la soutint dans cette épreuve face au Dragon rose. C'était pour cela que Dumbledore était lui-même intervenu et avait permis à Sybille de rester dans le château. En parlant de lui, il restait incroyablement distant avec Harry depuis le début de l'année scolaire… La raison ? Un véritable mystère.

Pourtant un soir, le pire se produisit. L'A.D. s'était réunie et Harry leur apprenait le sortilège du Patronus. Ils travaillaient ce sort depuis quelques mois déjà. C'était particulièrement complexe et la finalité était d'obtenir un Patronus corporel. Hermione obtint une jolie loutre, Ron un chien farceur, Ginny un élégant cheval et Luna un adorable lapin. Ce fut ce soir-là que Pansy obtint son premier Patronus corporel. Elle avait cherché et cherché un souvenir assez heureux pour réussir. Néanmoins, ce n'était pas si simple. Les souvenirs heureux n'étaient certes pas si nombreux que cela mais ils n'étaient pas forcément puissants et suffisants pour créer un Patronus corporel. Pourtant, lorsqu'elle regarda Harry, un souvenir lui revint en mémoire : elle et lui au bal de Noël sur la rive du Lac noir. Ce n'était pas un moment particulièrement extraordinaire mais il l'avait touchée en plein cœur cette nuit-là.

Alors, Pansy prononça la formule et là elle réussit. Le nuage de fumée blanc prit forme et apparut en une gracieuse biche d'un blanc éclatant. Sautant élégamment à travers les élèves elle passa devant Harry avant de retourner vers Pansy. Harry, lui, regardait la biche tendre sa tête vers sa créatrice, réclamant une caresse. Ainsi, le survivant prononça la même formule : « Spero Patronum ». Un majestueux cerf naquit et se dirigea vers son homologue féminin. Pansy regarda alors Harry. Le sous-entendu était évident. Une biche et un cerf. Un joli petit couple. Néanmoins, ils ne laissèrent rien paraître et s'envoyèrent juste quelques regards à la dérobée. Ce qu'ils ne savaient pas c'est que leur petit manège ne trompait personne.

Après la séance, il était presque l'heure du couvre-feu, Pansy retourna donc dans les cachots, rejoindre son dortoir. Arrivée à la salle commune, qui semblait vide, elle s'apprêtait à passer devant la cheminée lorsqu'une voix s'éleva d'un des fauteuils.

« Où étais-tu ? demanda la voix trainante de Drago Malefoy.

_ Drago ! Tu m'as fait peur ! Comment ça où j'étais ?

_ Oui, où étais-tu ? Tu m'as dit que tu allais à la bibliothèque après manger mais j'y suis allé et pas de Pansy à l'horizon. Alors je te repose la question : où étais-tu ?

_ Si tu tiens tellement à le savoir, je suis allée voir Rogue pour lui demander un conseil pour mon devoir sur l'Amortencia. Voilà, tu es content maintenant ? »

Souhaitant retourner dans sa chambre le plus vite possible, elle reprit sa marche. Malheureusement en plein milieu du passage, Crabbe et Goyle lui barraient la route et n'avaient manifestement aucune intention de la laisser passer.

« Bon Drago, dis à tes deux gorilles de me laisser passer, ça devient vraiment ridicule ! s'énerva-t-elle en se redirigeant vers son ami d'enfance.

_ Pas avant que tu ne me dises la vérité ! rétorqua-t-il en se levant.

_ Mais je viens de te la dire !

_ Arrête de me prendre pour un imbécile ! Je sais parfaitement où tu étais ! s'emporta-t-il en arrivant près d'elle.

_ Mais qu'est-ce qui te prend à la fin ? T'as pété une durite ou quoi ?

_ Je sais que tu étais avec Potter et sa bande ! Je sais que tu fais partie de leur « groupe » !

_ C'est bien ce que je dis ! Tu dérailles mon pauvre Drago ! Vas te faire soigner ! répliqua-t-elle, tentant de ne rien laisser paraître de sa surprise et de sa terreur.

_ Alors tu serais prête à me jurer que tu ne fréquentes pas Potter !

_ Drago ! Pour l'amour du ciel, nous étions amis avant même que l'on sache marcher ! Tu veux vraiment te disputer avec moi ?

_ Je t'ai posé une question simple ! Je ne t'ai pas posé de question lorsqu'à la fin de notre troisième année je t'ai trouvé en larme dans une classe vide ! Je t'ai aidé, je t'ai réconforté et je ne t'ai rien demandé en échange ! Je pensai juste que ta loyauté n'était pas à prouver et que je l'avais acquise il y a longtemps…

_ Ce n'est pas une question de loyauté Drago. Je t'ai toujours fait confiance parce que je te connais mais je sais aussi que jamais au grand jamais tu ne te rebelleras contre tes parents. Moi, j'ai fait un choix différent, pas parce que je te suis déloyal, parce que je ne veux pas devenir mangemort. Je ne veux pas tuer, je ne veux pas torturer et je ne veux pas être sous Ses ordres ! Je ne veux pas devenir un assassin et je suis certaine que toi non plus !

C'était dit. Pansy avait révélé ce qu'elle avait sur le cœur mais elle allait en payer le prix. Elle avait raison, Drago n'était pas un assassin mais il n'était pas non plus prêt à la laisser changer de camp.

_ Crabbe, Goyle, notre dortoir est-il vide ?

Les deux concernés réfléchirent un instant et répondirent de leur voix molle.

_ Oui, Blaise et Théodore ne sont pas encore là.

_ Parfait…

Drago empoigna alors Pansy par le bras et la tira sans ménagement vers le dortoir des garçons de cinquième année.

_ Mais qu'est-ce qui te prend ? T'es devenu malade ! Lâche-moi, tu me fais mal ! criait-elle alors qu'il la faisait entrer.

_ Je veux savoir la vérité ! Potter t'a embrouillé l'esprit, ça c'est sûr mais je veux savoir ce qu'il a fait d'autre et je le saurai, que ce soit de ton plein gré ou par la force !

Pansy commençait à avoir peur du jeune homme. Elle ne l'avait jamais vu aussi en colère. Néanmoins, elle ne se laissa pas démonter et refusa une nouvelle fois de lui dire quoique ce soit.

_ Très bien … Tu ne me laisses pas le choix… Sonitus Protectione !

Pourquoi avait-il lancé le sortilège d'insonorisation ? Cela ne lui disait rien de bon… Elle avait raison…

_ Endoloris !

Une douleur fulgurante traversa le corps de la jeune fille qui tomba à terre sous le coup de la souffrance et de la surprise.

_ Endoloris !

Se tordant de douleur sur le sol, Pansy criait mais ne demandait pas à Drago d'arrêter. Elle savait ce qu'il voulait et était prête à endurer la souffrance. Elle ne pouvait pas les trahir. Elle ne pouvait pas le trahir. Ni maintenant, ni jamais. Alors, elle laissait Drago faire son œuvre.

_ Vas-tu me le dire ?

Il arrêta un instant afin d'avoir une réponse.

_ Non, Drago. Non seulement, tu ne tireras rien de moi mais en plus tu es en train de me perdre et de te perdre également et je…

_ Endoloris !

Souhaitant la faire taire, il recommença et cette fois un grand cri s'échappa de la bouche de Pansy. Elle n'essayait même plus de se retenir, de toute façon, personne ne pouvait l'entendre. Soudain, Drago en eut assez et stoppa le sortilège impardonnable. Elle aurait bien voulu prendre sa baguette mais ses forces l'abandonnaient, elle n'en pouvait plus tant physiquement que mentalement.

_ Bien, puisque tu ne veux rien me dire et que de toute évidence tu n'as plus assez de forces pour te défendre je vais en profiter !

Elle l'entendait mais ne comprenait pas le sens de ses paroles. Profiter de quoi ? Alors, il la souleva et l'allongea sur le lit.

_ Tu sais j'ai toujours voulu être plus qu'ami avec toi. Mais comme nous nous connaissons depuis trop longtemps je ne voulais pas te faire de mal ou te briser le cœur si jamais j'avais envie d'aller voir ailleurs. Et puis, l'année dernière j'ai cru que l'on avait progressé, mais tu t'es éloigné encore une fois. Je n'ai toujours rien dit, me disant que ça finirait par arriver et que c'était certainement ma faute puisque je ne suis pas le genre de mec à être fidèle. Mais je me rends compte que tu t'en fichais pas mal en fait… Tu n'as jamais voulu plus que de l'amitié entre nous… Ce soir tu es à ma merci…

Pendant qu'il parlait, il parcourait le corps de Pansy de ses mains. La nausée commença à la prendre. Il l'avait torturé jusqu'à l'épuisement et maintenant il voulait… Non, non elle ne pouvait pas accepter ça. Le peu de force qui lui restait se concentrait. Malheureusement il faudrait un miracle pour qu'elle arrive à se dégager maintenant qu'il était allongé sur elle et qu'il l'embrassait dans le cou. Puis, il passa sa main contre sa cuisse et remonta jusqu'à arriver sous sa jupe. Elle était perdue…

Soudain, la porte explosa. Là, dans l'embrasure de la porte se trouvait Blaise Zabini.

_ Bon sang, Drago ! Qu'est-ce que tu fabriques ?

Drago s'était relevé et regardait à présent son condisciple comme s'il était barge. Pansy en profita, c'était sa seule chance, son miracle. Elle lui envoya un coup de pied aussi puissant qu'elle le put dans l'entre-jambe et s'enfuit. Bousculant Blaise au passage, elle n'avait qu'une idée en tête sortir d'ici et se mettre à l'abri. Elle n'en avait rien à faire que Blaise l'appelle, et encore moins que Drago soit plié en deux par terre, les mains sur ses bijoux de famille. Elle se foutait que Crabbe et Goyle soient étendus au sol, stupéfixés. La seule et unique chose qu'elle aurait voulu c'est revenir en arrière et ne pas rentrer dans les cachots de Serpentard ce soir-là.

Elle ne savait pas où elle allait mais elle courrait. Montant les escaliers, elle voulait mettre le plus de distance entre elle et Drago. C'est en arrivant au deuxième étage qu'elle reprit ses esprits. Aller voir Mme Pomfresh était la meilleure solution. C'était dingue comme son instinct de survie lui avait redonné les forces qui lui manquaient. Après le doloris, elle n'était pas en mesure de riposter mais les intentions de Drago avaient déclenché en elle une peur telle qu'elle aurait été capable de courir un marathon. Elle arriva donc devant la porte de l'infirmerie et tambourina jusqu'à ce qu'on lui ouvre.

_ Mais qu'est-ce qui vous prend ? Pourquoi… Miss Parkinson ?

_ Je vous en prie Madame…

Prise de cours et surprise de l'état de l'élève, elle la laissa entrer et la conduisit jusqu'à un lit vide.

_ Que s'est-il passé Miss ? Qui vous a fait ça ?

_ Il… Il m'a torturé… et ensuite…. Ensuite, il a essayé de me… de me…

Elle éclata alors en sanglot, alors qu'elle revivait les évènements. Les mains de Drago sur elle, les doloris à répétition, sa bouche dans son cou, sa main sur sa cuisse… C'était insupportable, elle n'en pouvait plus. Secouée de sanglots, Mme Pomfresh l'a fit s'allonger et tenta tant bien que mal de l'ausculter. Mais apparemment, la jeune fille ne supportait pas qu'on la touche… L'infirmière se figea quelques secondes tandis qu'elle comprenait ce qu'avait dû subir la Serpentard. Elle n'avait pas le choix.

_ Incarcerem.

Des liens entourèrent Pansy et l'empêchèrent de bouger. Maintenant, Pompom passa sa baguette tout le long de son corps, tandis qu'elle pleurait toujours. Quelques cottes cassées, des bleus répartis sur l'ensemble des membres, un esprit choqué et brisé. Aucun doute possible, Pansy Parkinson avait subi le sortilège Doloris à plusieurs reprises et en plus on avait tenté de l'abuser sexuellement. Pompom fit le nécessaire pour soulager le corps et pour l'esprit, elle lui fit boire une potion de sommeil sans rêve. Une fois endormie, il fallait qu'elle fasse une dernière chose : prévenir le directeur.

Le lendemain, Harry et ses amis se rendirent dans la Grande salle pour leur petit-déjeuner. Un jour ordinaire. C'était ce qu'il semblait. Ils s'étaient donc installés et mangeaient tranquillement quand des cris s'élevèrent du hall et se dirigeaient vers la salle.

_ Franchement Malefoy, j'aurai jamais pensé que tu ferais un truc aussi ignoble ! Mais à quoi tu pensais ? criait Blaise Zabini alors qu'ils entraient à leur tour.

_ Vas-tu te calmer Zabini! Je te répète qu'elle l'avait cherché ! Elle nous a trahis, tu m'entends ? T-R- A-H-I-S ! répondit Malefoy

_ Alors ça, ça reste encore à prouver ! Et même si c'était le cas, si elle avait vraiment rejoint le groupe de Potter, il fallait le dire à Ombrage au lieu de la… lui faire… hurlait maintenant Blaise en plein milieu de la Grande Salle, avant de s'apercevoir que tout le monde les regardait.

Les membres de l'AD avaient compris qu'ils parlaient de Pansy et se demandaient ce qu'il avait bien pu se produire pour que Zabini soit si furieux. Ni tenant plus, Harry se leva et alla rejoindre les deux Serpentard.

_ De quoi vous parlez ? demanda le survivant en arrivant prêt d'eux.

_ Ne t'en mêle pas Potter ! rétorqua Zabini.

_ Oh, mais si au contraire ça le concerne ! S'il n'avait pas embobiné Pansy, rien de tout cela ne se serait passé !

_ Tu parles ! Ça faisait un moment que tu avais envie de poser tes sales pattes sur elle ! Potter n'est rien d'autre qu'un prétexte !

_ La ferme Zabini ! Tu ne sais pas de quoi tu parles !

« Poser tes salles pattes sur elle », ces mots tournèrent dans la tête d'Harry.

_ Malefoy… Que lui as-tu fait ?

_ Voilà ! La voilà ta foutue preuve Blaise ! Ce cher balafré s'inquiète pour cette chère Pansy !

Blaise s'arrêta alors de fixer le blond et se tourna vers le brun. Oui, l'inquiétude de Potter était manifeste. Pansy avait donc changé de camp. Bon c'était une chose regrettable mais la « punir » comme il l'avait fait c'était autre chose, c'était impardonnable !

_ Tu n'avais pas le droit…

_ Mais, enfin Blaise ! Une trahison se doit d'être…

_ Nous ne sommes pas nos parents ! Merde Drago ! Nous savons ce que ça fait alors pourquoi le faire subir à notre tour ! Et puis, si tu ne t'en es même pas contenté…

_ Mais bon sang, qu'est-ce que tu lui as fait Malefoy ? cria Harry, à son tour.

Soudain, la peur commença à s'insinuer dans l'esprit du blond. Potter en colère, il commençait à y être habituer mais que Blaise Zabini ait la même réaction, ça lui laissait une impression désagréable. C'est là que Blaise prit Harry par le bras et le sortit de la salle. Dans le hall, dans un murmure, il lui dit :

_ Il l'a torturée. Elle niait tout en bloc et ne voulait rien dire alors il l'a torturé dans le dortoir des garçons. Théodore et moi n'étions pas là et Crabbe et Goyle étaient dans la salle commune. Il a insonorisé la pièce et l'a torturé avec le sortilège Doloris à plusieurs reprises. Et après…

Harry aurait eu envie de faire taire Zabini, il ne supportait pas ses paroles mais d'un autre côté il devait savoir, il voulait savoir…

_ Et après comme elle ne voulait toujours rien dire et qu'elle était trop épuisée, il a essayé de la … de la violer…

Les derniers mots avaient été difficiles à prononcer pour Blaise, mais il savait que Potter devait les entendre. D'ailleurs, le visage de ce dernier se liquéfia, la nausée devait sans doute lui monter à la gorge…

_ Je vais le tuer… Je vais le tuer !

_ Non, attends Potter ! Il y a plus urgent ! Nous n'avons aucune nouvelle d'elle depuis hier soir ! Elle n'est pas rentrée de la nuit nous ne savons pas où elle est ! s'interposa Blaise, empêchant Harry de retourner dans la Grande Salle.

_ Je peux peut-être vous aider à ce sujet.

Rogue était arrivé discrètement en attendant l'instant propice. Au moins, maintenant il savait toute l'histoire et pourrait agir en conséquence.

_ Miss Parkinson se trouve à l'infirmerie depuis hier soir. Mme Pomfresh m'a prévenu tôt ce matin. Je ne m'attendais pas à cela Potter mais… Elle vous réclame.

Ni une, ni deux, Harry en oublia ses envies de meurtre et monta les escaliers quatre à quatre. Il n'était jamais arrivé à l'infirmerie aussi vite ! Il ouvrit sans ménagement la porte et la chercha. Elle était là, à quelques mètres de lui, assise dans son lit. Sans la lâcher des yeux, il se dirigea vers elle, alors qu'elle ouvrait déjà les bras pour qu'elle puisse se blottir dans les siens. Il la prit donc dans ses bras et s'assit à côté d'elle, n'ayant plus l'intention de la lâcher.

_ Je ne le laisserai plus s'approcher de toi… Jamais, murmura-t-il doucement à son oreille.

L'émotion submergea alors la jeune fille, pas parce qu'elle repensait aux évènements de la veille, mais parce que pour la première fois elle se sentait protégée, en sécurité. Et Harry la laissa pleurer et la serra d'autant plus fort dans ses bras.

La fin de l'année fut des plus chaotiques. Par miracle, Ombrage n'avait pas été informée de ce qui s'était passé entre Drago et Pansy et n'était pas au courant que la jeune fille s'était installée dans la Salle sur Demande, avec la permission du directeur. Malheureusement, la situation stable fut de courte durée.

En effet, à peine quelques jours plus tard, Ombrage découvrait la vérité sur la Salle sur Demande et sur l'A.D. grâce à une amie de Cho Chang, Marietta Edgecombe. Les membres de l'A.D. ont donc été sévèrement punis. Néanmoins, aucun Serpentard, membre de la Brigade Inquisitoriale n'ont informé Ombrage du fait que Pansy ne dorme plus dans les cachots. Blaise ayant fait le nécessaire en menaçant Drago si jamais il osait approcher la brune à moins de vingt mètres. Par la force des choses, Drago avait donc décidé qu'il valait mieux laisser les choses comme elles étaient. Et puis, Pansy était déjà assez punie comme cela par le vieux crapaud rose bonbon.

Puis, les épreuves de B.U.S.E. arrivèrent, mais c'est lors de l'épreuve théorique de Sortilège que les jumeaux Weasley frappèrent très fort. Leurs feux d'artifice, made in Weasley, étaient une pure merveille et un éclair de génie. Néanmoins, la situation s'envenima lorsqu'Harry eut la vision de Sirius torturé par Voldemort. Alors, ils avaient décidé de vérifier grâce à la cheminée d'Ombrage, seule non surveillée du château. Ron, Pansy, Luna et Ginny avait donc essayé de faire diversion pendant qu'Hermione et Harry se rendait dans le bureau. Malheureusement, ils furent tous pris sur le fait par Ombrage et la brigade inquisitoriale.

Ensuite, Harry et Hermione ont emmené Ombrage dans la forêt interdite afin de gagner du temps. Pendant ce temps les autres essayaient de se débarrasser de la brigade. Quand Malefoy s'approcha un peu trop prêt de Pansy, Ron sut que c'était le moment pour agir. Puis, ils rejoignirent les deux autres Gryffondors qui avaient laissé Ombrage avec les centaures. Ils partirent ensuite pour le Ministère et plus particulièrement le Département des Mystères, à dos de sombrals. La bataille avait fait rage mais les mangemorts étaient bien trop puissants et expérimentés pour eux. Bellatrix Lestrange et Lucius Malefoy ne les épargneraient pas. Mais lorsque Lucius vit que Pansy faisait partie du lot, il fut dessus. « Moi qui te réservait pour mon fils… », avait-il dit de sa voix trainante. Ca n'avait pas calmé Harry, loin de là…

Puis, Bellatrix avait assassiné Sirius Black, et la confrontation entre Voldemort et Dumbledore fut des plus intenses, sachant qu'Harry était aux premières loges. Enfin, Harry avait vaincu ses vieux démons en repoussant Voldemort de son esprit comme jamais. Le retour à Poudlard fut des plus silencieux et tendus… La prophétie concernant Harry et Voldemort était claire. « Aucun des deux ne peut vivre temps que l'autre survit ». Un jour ou l'autre Harry devra donc soit tuer ou soit être tué… Cette perspective était peu réjouissante.

Harry ne parlait plus à personne depuis cette nuit-là. Il se sentait coupable. Il avait découvert le miroir de Sirius au fond de sa valise et aurait donné n'importe quoi pour remonter le temps et s'en souvenir. Cela aurait solutionné bien des choses et Sirius serait toujours vivant. Il s'enfonça alors un peu plus dans son mal-être. Hermione et Ron ne savait plus quoi faire. Et voyant Harry ainsi, Pansy avait décidé de ne pas le déranger. Il devait faire son deuil. Pourtant, après les supplications de Ron et Hermione, elle avait accepté d'aller le voir. Seulement, fallait-il encore savoir où il était…

Hermione et Ron n'en savaient rien et lorsqu'ils avaient demandé, Harry leur avait juste dit « d'abandonner ». C'était un message pour elle. Pansy en était certaine… Harry avait besoin d'elle. Alors sans dire aux Gryffondors où elle allait, elle se mit à courir, courir vers leur salle. Leur salle abandonnée… Elle avait vu juste, il était bien là. Assis, sur un bureau, regardant au dehors, le front appuyé contre la fenêtre. Pansy s'approcha alors doucement. Elle s'arrêta juste devant lui sans qu'il ne fasse un seul geste. Au bout de quelques minutes, Pansy avait décidé d'ouvrir la bouche mais Harry la devança :

_ J'ai toujours su que j'étais lié à lui… D'une obscure manière… C'est pour cela que je m'arrangeai pour l'affronter seul, car sinon je savais qu'il allait encore faire du mal à ceux que j'aime. Le problème est qu'il sait comment je fonctionne aussi… Je n'ai jamais voulu que les gens meurent pour moi… Pourtant, la mort de Sirius m'aura appris une chose… La vie est bien trop courte et si aléatoire. Tu peux être vivant aujourd'hui et mourir le lendemain simplement par la force des choses…

_ Harry… Où veux-tu en venir ?

Son discours lui faisait un peu peur, elle ne l'avait jamais vu aussi triste, résigné et déterminé à la fois. Il se tourna donc finalement vers elle et la regarda dans les yeux. Son regard avait quelque chose d'hypnotisant. Pansy aurait pu regarder ces iris verts et ne jamais s'en lasser. Il semblait avoir grandi d'un seul coup et ça le rendait terriblement irrésistible à ses yeux.

_ Je sais que je dois retenir mes sentiments. Être moins impulsif, car ne pas réfléchir avant d'agir peut couter très cher, trop cher… Mais, je sais aussi que je devrais libérer les sentiments que je retiens depuis trop longtemps maintenant. Je me dis qu'il aurait mieux valu que je me concentre sur ça plutôt qu'essayer de canaliser ce lien avec Voldemort qui me ronge de l'intérieur…

_ De quoi tu parles ?

Pansy était perdu. Harry se parlait plus à lui-même qu'à elle et c'était déstabilisant pour la jeune fille. Pourtant, elle découvrit ensuite qu'elle ne l'était pas assez car une seconde après Harry s'était levé et avait capturé les lèvres de la jeune fille en un baiser timide et doux. Déstabiliser était le mot qui convenait. Toutefois, Pansy accepta vite cette nouvelle proximité qu'elle attendait depuis des mois, peut-être même des années, et prit entièrement part à ce baiser, ce premier baiser. Il symbolisait le changement qu'ils avaient tous les deux tant attendus et qui arrivait malheureusement un peu tard, car maintenant tout avait changé… Ils devront donc faire leur possible pour que ce changement soit bénéfique et permette d'avancer dans cette lutte qui commençait déjà à prendre des allures de guerre. La Seconde Guerre des Sorciers…

NDA : J'ai presque finis le chapitre 6, je pense le poster dans un jour voir 2 au grand maximum ! J'espère que ça vous a plu ! J'attends vos commentaires ! Et un grand merci à vous fidèles lecteurs !