Playlist à l'arrach'

Aux sombres héros de l´amer
Qui ont su traverser les océans du vide
A la mémoire de nos frères
Dont les sanglots si longs faisaient couler l´acide

Noir Désir, Aux sombres héros de l'amer

85. Harry Des formes d'héroïsme

A la suite de Zeno, Foote et moi traversont le village étrangement vide sous la clarté de la lune qui se lève. Massimo avait raison de dire que ce môme connaissait le moyen d'aller n'importe où sans se faire repérer - nous ne projetons même pas d'ombres. Le patronus de Seamus nous trouve néanmoins au pied du bâtiment le plus proche de l'Atelier – une quinzaine de mètres – pour nous apprendre que la jonction avec les Aurors en renfort est imminente et qu'ils arrivent.

« Ils ont amené des balais – on va être là très vite », précise même le patronus.

« Des balais ! », je souligne, agacé de ne même pas y avoir songé.

« On aurait pu essayer », acquiesce sombrement Russel.

« On les attend ? », je propose avec fatalisme – autant laisser la main aux professionnels.

« Montons sur le toit, essayons de voir ce qui se passe... Plus on en saura, mieux on préparera l'intervention », décide Foote.

Dire que Zeno est excité à l'idée d'une intervention est peu dire. Je dois lui intimer de se taire et de se rappeler qu'il n'est pas le seul loup-garou doué d'une bonne audition par ici et qu'il n'y aurait pas d'intervention sans danger immédiat.
« Ce sont des tueurs, Zeno », je lui rappelle. « Ne leur donne pas une raison de tirer dans le tas parce que quelqu'un réagirait bizarrement en t'entendant ! »

Quelques minutes plus tard, allongés sur les tuiles qui ont tendance à bouger, on découvre l'ampleur du problème. Dans le bâtiment en face de nous, derrière la grande verrière de l'atelier, il y a bien une vingtaine de garous : des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux. Ce n'est ni une question d'âge ou de sexe ; certains ont l'air furieux et d'autres terrifiés. Ils ont tous de bonnes raisons de l'être, je me dis, tout en cherchant avec un mélange d'impatience et de crainte des visages connus : Aradia, Lucca et Livia pour commencer. Un sorcier un peu corpulent nous tourne le dos. Il les regarde crânement – même d'aussi loin je sens son mépris et sa satisfaction.

« Körbl », je le reconnais. « Le spécialiste en potions qui aurait mis le feu à la Banque », je précise pour Foote, voire pour Zeno.

« Il sont cinq », m'annonce l'Auror en guise de réponse. « Il y a un gars à chaque angle de la pièce... et ce grand blond à part... six... »

« Ils veulent quoi ? », questionne Zeno de sa voix qui a perdu son excitation pour une saine angoisse devant le danger qui menace ses amis.

« Les statuettes », je résume sombrement – quelque part, j'ai l'impression que le XIC est aujourd'hui ici à cause de moi : j'ai mêlé trop de monde à cette histoire, trop de monde entre eux ; je n'ai pas vu venir les connexions que certains pouvaient en faire : au départ, le XIC, c'était une énième bêtise de Cyrus, et maintenant, c'est une menace sur Lo Paradiso... Le seul lien passe par moi.

« Mais pourquoi ? Ce ne sont pas des sorciers ? », enquête Zeno – il aimerait tellement être un sorcier et s'affranchir de certaines limites... Me croira-t-il si je lui révèle que les statuettes sont sans doute plus puissantes que les baguettes à leur façon ?

« Tu sais bien que les sorciers veulent toujours plus de pouvoir », je soupire. Foote éternue.

« Le gars à part, ça pourrait être le chef, celui que personne ne connaît trop bien – le Lavendin », il estime, préférant ne pas commenter ma sortie.

« Tu crois ? », je ne peux m'empêcher de questionner avec une pulsion violente dans les tripes. Lavendin a enlevé Archibald et deux fois mon frère ! Le tenir au bout de ma baguette me paraît une priorité. Juste après, je réfléchirai sérieusement à ce qu'il faut penser des magies de lune – je suis déjà certain qu'une partie de mes distinctions antérieures ne tiendront pas cet examen.

« Les autres ont l'air de gardes », continue Foote, tout à son analyse de la situation. « Je dirais que leur chef, c'est le gars au fond à gauche.. Les autres le regardent de temps en temps comme pour voir ce qu'ils doivent faire... ça sent pas bon – pas sûr qu'on ait le temps d'attendre la cavalerie... »

Lavendin rejoint alors Korbl au centre de la pièce. Ils s'approchent d'une jeune femme brune au premier rang mais entourée par les autres.

« Asfodelo », confirme Zeno dans un souffle tendu.

« Un autre membre du conseil restreint », j'ajoute en sous-titre pour Foote, tout en cherchant automatiquement des yeux, son père, Furio. Je ne l'imagine pas laisser quiconque brutaliser ou intimider sa fille.

Zeno va dire quelque chose quand une femme aux cheveux blonds presque blancs s'avance – Livia, la mère de Lucca. Il n'est pas besoin d'avoir une audition de lycanthrope pour comprendre qu'elle s'oppose à ce qui vient d'être dit. Asfodelo l'approuve verbalement mais, de notre perchoir de l'autre côté de la rue, nous, on ne comprend que son geste de la tête.

Lavendin attrape brusquement et violemment cette dernière par les cheveux et la force à s'agenouiller. Il la menace de sa baguette. Immédiatement, Livia réagit et veut intervenir mais elle est écartée par Furio, qui apostrophe assez violemment Lavendin. Les mécontents l'approuvent. C'est assez étrange de suivre cette scène sans comprendre les paroles - comme si on était subitement sourd.

Je n'ai pas l'audition d'un lycanthrope mais je dirais que Lavendin rigole de son invective. Zeno en serre les poings de frustrations. Furio fait un nouveau pas en avant, sans doute pour libérer sa fille. Lavendin pointe négligemment sa baguette et lui lance un crucio assez court mais suffisamment impressionnant pour faire reculer la masse. Seuls deux hommes, un garde vu ses vêtements et Lucca, n'ont pas bougé. Asfodelo est toujours maintenue à genoux par Lavendin. Il me semble qu'elle pleure.

«Il lui a fait quoi ? », gémit Zeno les yeux exorbités. «Je n'ai jamais vu Furio demander grâce !»

« Tu entends vraiment tout ce qui ce dit à cette distance ? », commente inutilement Foote.

Mon coeur fait un bond parce que Livia rejoint de nouveau son fils, sans doute pour plaider la grâce de Furio et Asfodelo. Sur ses talons, il y a Aradia, droite et fière comme elle sait l'être. La baguette de Lavendin lâche Furio pour se pointer vers eux. Ils s'arrêtent.

« Que disent-ils ? », je presse Zeno.

« Qu'ils veulent les statuettes – toutes les statuettes ! Et des plantes, de l'achémille surtout, c'est le gros qui a rajouté ça », rapporte le jeune garçon d'une voix émue. «Autant tous nous tuer, dit Livia! »

« Stupides héros », marmonne Foote en commençant à se ramasser comme s'il envisageait de bondir et de sauter les quinze mètres qui nous séparent de la scène.

« Asfodelo... Asfodelo dit qu'elle va les conduire... d'arrêter de faire du mal à son père... », reprend Zeno, blême.

« Les conduire où ? »

« J'ai pas bien compris, Harry... aux statuettes ? », postule Zeno.

Derrière la grande verrière, nous voyons Lucca crier son refus. Livia se place automatiquement devant lui comme pour le protéger d'un sortilège. Leurs mouvements repoussent Aradia contre la foule. Lavendin fait un geste de la main, et un des gardes intervient physiquement et se saisit de Livia malgré les efforts de Lucca pour lui venir en aide. Le garde l'étale au sol d'un crochet du gauche qui témoigne d'une pratique établie.

« Le blond... il dit qu'ils les tueront toutes les deux si quelqu'un bouge... », continue de nous informer Zeno, avec pas mal de courage si vous voulez mon avis.

Furio est toujours à terre. Lucca s'est relevé mais semble désemparé. Les gardes se regroupent autour de Körbl, Lavendin et des deux femmes à genoux.

« Monsieur Franz », je reconnais le chef des gardes avec une vague de colère.

C'est alors que le ciel au dessus du village se remplit de balais. Il serait difficile de les voir si on n'entendait pas leur sifflement dans l'air et qu'on ne ressentait pas la magie qui les accompagne. Alors qu'ils passent devant la lune, je dénombre une dizaine de balais, avec deux personnes à chaque fois. On entend aussi les chiens des bergers qui courent au sol – sans doute après leurs maîtres... Ça ne passe pas inaperçu à l'intérieur. Il y a des mouvements de foule, des sorts, des cris.

« Faut qu'on y aille », juge Foote.

« On ne les attend pas ? », je m'étonne sincèrement.

« Un peu tard, non ? », il m'oppose en levant les yeux au ciel.

« Ils ont des balais, nous, on peut faire quoi ? »

« Transplaner. »

« On ne peut pas transplaner, Foote », je m'agace.

«A si courte distance ? Je ne connais aucune barrière suffisante pour empêcher des sorciers adultes...», il commence.

«A Poudlard, c'est impossible de transplaner même à courte distance », je lui rappelle parce que je ne voudrais pas qu'il se désartibule sous mes yeux.

«J'ai dit adulte, Harry – quand as-tu essayé pour la dernière fois ? »

« Jamais », je reconnais à contrecœur.

Alors que les balais s'approchent, la porte de l'Atelier s'ouvre en bas avec fracas. Les six hommes du XIC sortent, Lavendin à leur tête qui pile en voyant le nuage de balais, les quatre hommes de main entraînant Asfodelo et Livia qui semblent trop terrorisées pour se débattre. Elles devraient les mordre, je me dis, ça les ferait lâcher par crainte d'une infection ! Körbl ferme la marche. Il se retourne et jette un sort sur les portes qu'il vient de refermer. Il nous faut moins d'une minute pour comprendre – en même temps que les personnes coincées à l'intérieur d'ailleurs.

« Un feudeymon », gronde Foote.

« Faut les sauver de là », je réponds en m'apprêtant à transplaner au mépris de ce qui m'a été seriné toute mon enfance.

« Tu sais stopper un feudeymon ? », il vérifie en posant une main sur mon bras.

« L'eau ne sert à rien. Faut l'étouffer si possible après l'avoir forcé à se diviser », j'indique patiemment.

Les cris dans l'atelier en flamme gagnent en intensité – il suffit de penser à Ada et Lucca poursuivis par un dragon ou une chimère de feu pour avoir envie de faire autre chose que de réciter mes cours de 1ère année de briseur de sorts.

« On fait quoi de lui ? », questionne encore Foote en désignant Zeno.

Körbl décide pour nous en lançant un feudeymon contre notre bâtiment – en fait contre l'ensemble des bâtiments qu'il peut atteindre.

« Il va brûler tout le village ! », je me rends compte avec rage et impuissance.

« Viens petit », souffle Foote en tendant la main à Zeno. « Occupons nous des autres en face, la pierre et le bois attendront ! »

Ils sont partis dans la seconde et je les suis. On arrive sur le toit enfumé de l'Atelier. Les vitres ont explosé sous l'effet de la chaleur croissante et les hurlements sont désespérés. Je mets un sortilège anti-feu sur nous sans demander l'avis de Russel qui en train de soulever des tuiles pour nous offrir un passage. Même si c'est sans doute insuffisant pour bloquer réellement les flammes, il les réduit en sable et les fait tomber dans l'ouverture. Une belle chose, l'entraînement.

« Si tu sens que tu tousses trop, allonge toi au sol », j'indique à Zeno que je fais passer entre nous.

Les solives sont encore solides et nous atteignons une échelle qui sert à mettre des herbes à sécher en hauteur. Je me laisse glisser plutôt que je ne descends dans l'antre du dragon. Le groupe est divisé par les flammes qui croissent à chaque seconde, et Russel et moi faisons pareil. Zeno reste avec moi sans que nous l'ayons décidé. Je fais apparaître une pluie de sable – ce ne sont pas les pierres à transformer qui manque - sur le feudeymon qui recule en grondant et en relançant de petites chimères sur les côtés de la pluie. Je continue – tant pis pour le bâtiment. Russel fait de même de son côté. Une double attaque est sans doute aussi efficace qu'une division.

Notre utilisation des pierres finit par faire tomber des poutres, privées de support, mais une partie suffisante de la pièce reste sûre pour les garous maintenant regroupés et sidérés. J'envoie Zeno les rejoindre et leur dire que du renfort arrive – ils ne seront jamais assez préparés au débarquement d'Aurors dans leur sanctuaire.

« Ne cherchez pas à percer un mur, le feudeymon vous suivrait ! »

Le combat continue pendant plusieurs minutes, mais le feudeymon, assiégé de toutes parts sans possibilité de fuite, finit par mourir dans un grand hurlement de regret.

« Harry ! », crie alors Ada dans l'étrange silence qui suit.

Je me retourne incapable de répondre verbalement. Elle aussi paraît figée, incertaine sur la marche à tenir. Je dois me faire violence pour expliquer :
« Dès que j'ai découvert qui... qui étaient les investisseurs... j'ai essayé de te prévenir, j'ai demandé à Fiametta de le faire aussi... mais c'était trop tard... désolé », j'explique sans oser parler des Aurors.

« C'est de ta faute tout ça », gronde alors Lucca s'extirpant de la foule. Je pense qu'il s'adresse à moi mais je me rends compte que c'est Aradia qu'il invective. « Tu les as crus, tu n'as rien voulu entendre ! Tu as tellement voulu savoir ! »

Il est à côté d'elle quand sa main se lève en même temps qu'il parle. Ada recule, Zeno crie : «Lucca, no!»
J'agis avant de réfléchir et avant que sa main retombe. Je pousse Lucca contre le mur de pierres le plus proche – ou ce qu'il en reste, sa tête fait un son un peu sourd.

« Ecoute-moi bien, Lucca », je gronde. « Personne ne menacera Ada devant moi sans que j'intervienne. Jamais. » Il me lance un regard où la honte le dispute à la crainte. Pas le Lucca que je connais. « Tu l'admires, je le sais, tu sais sa force et son intelligence, je veux croire que tu l'aimes... comment peux-tu la rendre responsable d'une décision que tu as prise avec elle ? »

« Je... je ne voulais pas », il articule quand il comprend que la question n'est pas rhétorique.

« C'est pour cela qu'elle est partie », je comprends soudain. « Pas à cause des limitations sur les couples et les enfants – pas son genre de s'arrêter à ça. Mais à cause de ta violence... »

Il opine imperceptiblement. Comme je ne le lâche pas, il se lance :
« Une... une seule fois.. »

« Quand Furio a ironisé qu'il suffisait de voir comment tu tenais bien ta femme pour être contre l'implantation de familles », commente Zeno avec colère.

« Je regrette – je ne... jamais ... je l'aime, Harry... mais parfois.. quand je suis épuisé... je... je ne sais pas... J'essaie, mais je n'arrive pas... Je suis un loup, Harry... »

J'augmente ma pression.
« C'est toute ton excuse, Lucca ? Tu n'as pas assez de boulot, assez de place ici, pour passer ta rage ou ta frustration sur autre chose que la femme que tu dis aimer ? »

« J'essaie, Harry... je te promets que... Reprends-là, si tu veux... »

« N'importe quoi », je scande en le tirant à moi pour mieux cogner contre le mur. « Ada est une femme libre, pas une prise de guerre ! »

« Mais je.. si je lui fais du mal ? », il souffle honteusement.

« Tu me trouveras sur ton chemin », je promets.

« Ok », il répond l'air presque soulagé de ma menace.

Quand je le relâche, je réalise l'intensité du silence qui règne autour de moi. Ada me regarde avec ses immenses yeux bleus écarquillés, mais totalement immobile. Je ne saurais dire si elle désapprouve ou le contraire... Dans quoi me suis-je encore stupidement lancé ? Que va-t-elle croire ? Derrière elle, les garous me regardent gravement. Certains paraissent perplexes mais personne hostile – pour autant que je puisse en juger. Ce n'est pas beaucoup plus compréhensible pour moi, cette réaction collective de passivité.

Puis j'ai l'impression qu'ils regardent derrière moi et comme une confirmation Fiametta, visiblement arrivée, s'avance vers Aradia et lui murmure je ne sais quoi à l'oreille. Elle l'entraîne avec elle à l'écart. En les suivant des yeux, je réalise que toute la cavalerie est arrivée – mais pourquoi ne sont-ils pas partis à la poursuite de Lavendin, Körbl et sa clique ? Je me tourne complètement, et je vois Massimo à la tête de nombreux bergers cette fois et de chiens. Ils sont mâchurés de fumée – certains ont pris des femmes dans leurs bras, je réalise. Et c'est un tabou de plus de brisé.

Il y a aussi Brunissande, un peu seule et intimidée, je dirais. Derrière elle, Mãe est appuyée à ce qui reste de porte à l'atelier, encadrée de Foote et Finnigan. Ça fait un sacré jury pour ma dernière intervention. Dans le silence un peu irréel qui pèse toujours sur la pièce, je décide d'affronter mon destin et je vais vers elles. Brunissande se dérobe. En me voyant approcher, elle baisse les yeux et se détourne presque. Je me maudis une nouvelle fois d'être intervenu – que va-t-elle croire ? Insister alors que la salle entière me regarde est sans doute impossible – un peu comme à Poudard quand je devais jouer l'élève devant mon père et non le fils. Je continue donc jusqu'au lieutenant qui m'a adopté par amour pour un loup-garou sans trop savoir comment elle peut réagir à tout ça :

« Remus serait fier de toi », elle souffle quand je suis assez près pour l'entendre.

« Tu crois ? », je quémande doucement – conscient que tous l'entendent et conscient qu'elle ne peut l'ignorer.

« La femme plutôt que la louve », elle souligne fermement.

« Évidemment », je réplique avec un haussement d'épaules gêné finalement.

« Le reste ne te concerne pas », elle ajoute plus doucement.

« Et le XIC ?», je relance n'ayant pas trop envie qu'on reste sur ce sujet.

« Pendant qu'on arrêtait les feudeymons, un petit groupe d'Aurors italiens les a suivis mais ils les ont perdus avant tout parce qu'ils connaissent mal la région », elle explique rapidement. « Il nous faut du monde, des gens qui connaissent le terrain pour faire équipe avec les Aurors et reprendre les recherches pendant que la piste est encore chaude... »

« Et on dit que je ne doute de rien ! », je commente – ça fait furtivement sourire Foote – mais j'ai déjà fait demi-tour pour me retourner vers les anciens otages.

Lucca n'a pas bougé – il est appuyé contre le mur, la tête basse. Tous les autres sont à distance de lui, et je me demande de nouveau – et malgré les assurances de Mãe - si je n'ai pas agi dans la précipitation. Est-ce que Lo Paradiso n'a pas besoin de chefs capables de faire face – fusse violemment – plutôt que de gens atterrés et sans point de repère ? N'aurais-je pas dû mesurer son angoisse – sa mère vient d'être enlevée – avant d'intervenir ? Furio, prostré au milieu de ses hommes découragés, ne me paraît pas valoir mieux. Sans doute est-il lui aussi ravagé par la disparition de sa fille. Les autres font masse. Une masse dépassée par sa peur collective et l'effondrement de son sanctuaire.

Je n'ai pas d'autre choix que de chercher le regard d'Ada. Elle a l'air sceptique mais triste et je ne sais pas si cette tristesse et ce doute s'appliquent à Lo Paradiso ou à son ancien-nouveau petit ami. Elle soutient mon regard comme si elle me découvrait dans la pièce mais ne fait pas un geste. Encore une fois, je ne sais pas quoi faire de sa réaction. Je regarde donc Fiametta à côté d'elle et elle comprend :
« Tu as quelque chose à nous dire, Harry ? », elle lance.

« On sait où ils sont », je commence donc. Pas mal de têtes se redressent. « Faut qu'on les empêche de sortir de la zone anti-transplanage, hors de vos protections magiques . On veut des pisteurs, des bergers, des gardes, des gens – hommes ou femmes – qui connaissent le terrain. Les Aurors les protégeront... »

Furio et ses hommes font le même geste. D'autres s'avancent. Fia et Ada les rejoignent.
« Lucca ? », je questionne. Il me lance un regard brillant mais décidé. « T'as vingt pisteurs, Mae », je conclus en lui faisant un signe de la tête pour l'inviter à rejoindre les autres.

Ooo

Il y a les chiens au sol, rapides et plutôt silencieux malgré l'excitation de la traque. Il y a les pisteurs à pied derrière – ils courent vite et sans fatigue apparente dans le terrain varié. Les bergers vont devant. Lucca est parmi eux. Les hommes de Furio viennent juste un pas après, serrés autour de leur chef. Les femmes qui ont voulu venir ne sont pas loin - même les citadines comme Fiametta ou Aradia. Les sorciers sont à balai et sinon ils ne sauraient pas les suivre, je le sais.

Il y a cinq Aurors italiens menée par un certain Major Ingiusto. Il y a Mãe, Foote et Finnigan. Il y a moi avec Brunissande. Dix balais.

Progressivement, des pistes sont éliminées et on se rapproche de la vire Agnelli – c'est ce que je souffle à Brunissande qui est collée contre moi. Quand je lui ai proposé de m'accompagner, elle a simplement acquiescé et depuis elle n'a pas dit un mot. Moi non plus.
« C'est quoi la vire Agnelli ? », elle questionne néanmoins

« C'est le chemin d'accès le plus vertigineux, là où les agneaux tombent parfois », je réponds avec une pensée émue pour mon expérience de la voie. Et il faisait jour, je rajoute mentalement.

« Pourquoi ils iraient par là ? »

« Ils cherchent la fin de la barrière anti-transplanage », je suppose. « La vire Agnelli est une barrière naturelle généralement suffisante en elle même... »

« Pourvu qu'on les coince avant ! »

« Je crois en eux », je réponds en montrant les pisteurs.

« Surtout qu'ils cherchent deux des leurs », elle rajoute. « Tu crois qu'ils les sentent ? »

« Tout dépend de la distance. »

Pour me parler, elle s'est serrée contre moi, un peu comme sur la moto l'autre soir. J'en suis infiniment heureux malgré le stress du moment. Je voudrais trouver comment lui dire – si seulement j'étais un beau parleur comme Cyrus !

« Tu sais, Harry... tu...Aradia... Lucca, il...il l'aime – Fiametta n'a pas arrêté de me parler d'eux du moment que tu as été parti... Elle m'a parlé de ses explosions et de sa patience à elle face à ça... Pas que je veuille dire que tu... doives la laisser partir si tu... n'en as pas envie... », elle rajoute précipitamment.

Comme je cherche encore ce que je pourrais répondre à cette sortie, elle se désole :« Oublie que je t'en ai parlé ! Ce n'est pas à moi de... »

« Brunissande », je souffle. « Ça n'a jamais été facile entre Aradia et moi. Et je n'ai pas envie de souffrir de nouveau comme j'ai souffert devant ses.. hésitations et ses secrets... comme je l'ai faite souffrir avec mon assurance et mon impatience... On a essayé et ça ne nous a menés nulle part », je conclus. « Ça ne veut pas dire que je vais laisser quiconque – même un gars brillant comme Lucca – lui faire du mal... »
« Évidemment », elle répond pas plus haut que moi. On dirait que c'est le vent qui parle.

« Brunissande », je reprends le cœur battant.

« Oui ? », elle souffle quand elle se rend compte que j'attends une réponse pour continuer.

« Je... je crois que je suis amoureux de toi », j'articule. C'est son tour de ne rien trouver à répondre. « Je ne compte pas te demander d'oublier ce que j'ai dit », j'insiste en mettant le maximum de sourire dans ma voix mais en m'affolant à l'idée qu'elle refuse.

«C'est la situation qui... te donne envie de me protéger – t'aime bien venir au secours des autres, non?», elle raisonne avec pas mal d'angoisse dans la voix. Elle est très aiguë et l'accent français n'a jamais été aussi fort.

« Tu te rends compte que tu dis ça à un type qui t'a fait voler une moto, entrer par effraction dans une maison pleine de malades, avant de te faire t'échapper à la protection des Aurors de Genève pour plonger dans une réserve de loups-garou ? », j'énumère avec incrédulité.

Elle glousse contre mon dos.
« Si tu me jures de ne jamais raconter à mes parents les circonstances exactes de nos dernières aventures... », elle commence et sa voix meurt dans le vent.

« Oui ? », je la presse, content qu'elle envisage même à mots couverts que je rencontre un jour ses parents.

« Je promet de ne pas oublier ce que tu as dit... »

J'aurais bien envie de l'embrasser, là tout de suite, fougueusement, mais les balais ne sont pas mieux conçus que les motos pour ce genre d'entreprise. Je suis tellement loin de la réalité que je manque de réaliser que les bergers, l'avant-garde des pisteurs, se sont arrêtés. Mãe me fait signe de l'accompagner – elle et lo major Ingiusto – et je pivote pour voler à ses côtés. Furio a rejoint Lucca et Massimo – Aradia et Fia s'approchent elles-aussi.

« Ils sont partis par là », indique Massimo en montrant une sente que j'ai pratiqué dans l'autre sens.

« La zone anti-transplanage se termine où ? », veut savoir ma mère.

Aucun garous ne sait répondre et ils regardent Aradia comme si elle devait parler à leur place.
« La zone... c'est mon père... et une amie à lui... - dont personne ne se rappelle le nom -... qui l'ont placée... Ils ont laissé des instructions... pour le cas où ils... ils ne pourraient l'enseigner... et... nous faisons ce qu'ils nous ont dit, tous les six mois... »

« Avec des statuettes... ? », je ne peux m'empêcher de demander et ça me vaut un regard de reproche – bref et mesuré – d'Aradia.

« Évidemment, Harry », soupire Fiametta, l'air excédée. « Très peu d'entre nous ont et maîtrisent suffisamment une baguette pour faire autrement, et les statuettes sont nos alliées... »

Il y a un assentiment de pas mal de garous autour de nous à cette affirmation. Comme une vague. Moi, je me dis que Cosmo Taluti a offert aux garous une arme dont peu mesurent la portée, même le XIC.
« Mais la zone termine où ? », insiste le major Ingiusto.

« Quelque part par là », finit par indiquer Furio du bout des lèvres avec un geste vague de la main vers la vire.

« Personne ne transplane ici », intervient Lucca d'un ton définitif. « Comment on saurait !? »

« Bien », conclut Mãe, « ils ont sans doute pris la sente un moment et... »
« Ça finit dans une falaise », j'indique et il y a un sourire furtif sur les lèvres d'Aradia, des lèvres que j'ai embrassées quand son parfum de jasmin me transportait... Ça m'agace moins que ça ne pourrait, ce sourire. « Il fait nuit, ils ne vont pas aller très loin, crois moi »

« Nous, les bergers, on le connait le sentier », propose Massimo. « C'est sûr que ce n'est pas la peine d'y aller à vingt mais... »

« Il est hors de question que je reste... », s'agace Furio.

Un cri – un cri masculin – déchire alors la nuit. Il est long ; Comme une chute. Je crois que tout le monde comprend comme moi.

« Allons-y », décide Mãe en empoignant son balai.

Malgré l'obscurité, trois bergers, dont Massimo, Furio et un de ses hommes s'engagent sur la sente avec deux chiens et sans aucune lumière. Lucca et Aradia hésitent et puis les suivent d'un même geste. J'ai la fugace impulsion de les arrêter – Brunissande le voit. Je lui souris et elle fait de même. Je ne sais pas pourquoi on a souri tous les deux, je me dis en reprenant mon balai. Mais pourtant j'ai l'impression que c'est important.

On décolle tous les dix. Bientôt, on ne voit plus les humains ou les chiens – à peine leurs yeux qui brillent. On distinguent les grandes masses de roche quand elles sont claires. Personne n'allume sa baguette. On vole doucement et groupés. Brunissande se serre plus étroitement contre moi et je me dis que j'ai de la chance.

« Là ! », annonce un des Italiens, objectivement plus concentré que moi. « Des silhouettes ! »

« Lumière maximale, d'un coup ! », demande ma mère. « A trois : un, deux, trois ! »

La scène apparaît d'une coup. Il y a Körbl, crispé à un rocher un peu plus haut que les autres. On pourrait se moquer de sa peur si les fameux autres ne s'étaient pas fourvoyés dans une voie sans issue. Il y a un garde en dessous de lui qui a l'air paniqué dans la lumière blafarde des baguettes pointées. Asfodelo et Livia viennent après, on dirait des belettes perchées sur leurs rochers dans la pente abrupte. Je ne peux que me demander si elles ont fait exprès de les conduire là – c'est la faute d'Aradia si je ne peux croire qu'elles aient ignoré les risques qu'elles prenaient. Lavendin, Monsieur Franz et deux autres se retiennent comme ils peuvent, pris de vertige devant le vide qui s'est ouvert sous leurs pieds et qui a sans doute englouti le dernier garde. Aveuglés par nos baguettes, ils ne cachent pas leur angoisse en entendant les chiens qui arrivent par le haut. Personne n'a de baguettes sorties – Mãe et le Major Ingiusto s'en rendent compte avant moi et finissent de les désarmer d'un geste coordonné.

Oooo

Il ne faut que quelques minutes pour ramener victimes et kidnappeurs sur le plateau une fois que ces derniers se sont rendus contre leur gré. Furio tient Asfodelo comme le trésor qu'elle est pour lui entre ses bras. Lucca et Livia se sont longuement serrés, rassurés de se retrouver avant de reprendre leur rôle de conscience de leur communauté. C'est eux qui ont entrepris de remercier Ingiusto de son aide par exemple. Aradia et Fiametta se sont tenues en retrait avant de serrer les rescapées dans leurs bras.

« Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant Harry ? », veut savoir la fiancée de mon pote Tizzi.

« Les Aurors vont les arrêter », j'espère à haute voix.

Tous les garous qui m'entourent sont d'abord ouvertement dubitatifs – et je dois me retenir de leur demander comment ils imagineraient les choses évoluer. Lavendin et Körbl qui refusent l'un comme l'autre de prononcer un mot ne font rien pour les faire changer d'avis.

« Les riches ça s'en sort toujours », explique Massimo à Zeno.

Mais ils doivent bientôt noter que ni Mãe ni le major Ingiusto ne lâchent l'affaire. Tout en leur annonçant qu'ils vont être transférés à Florence, ils leur répètent que plus tôt ils parleront plus les juges seront cléments à leur égard. Ça semble suffire à convaincre Monsieur Franz qui a blêmi une nouvelle fois quand il m'a reconnu. Il admet par exemple assez facilement être celui qui a mis Lavendin au courant de l'arrestation de Kuno à son arrivée en Europe et avoir fait le lien avec Körbl. Il balance même que c'est ce dernier qui leur a mis en tête d'aller chercher ce dont ils avaient besoin à Lo Paradiso.

« Ce dont ils avaient besoin pour faire quoi ? », insiste le major Ingiusto – et Monsieur Franz préfère grimacer et se taire.

Les autres hommes de main répètent en boucle avoir été payés par Monsieur Franz ; ils essaient de faire valoir leur nationalité suisse pour échapper aux accusations du Major Ingiusto. Je suis assez content de dire que ça ne marche pas.

« Vous n'avez toujours rien à dire Monsieur Lavendin, Monsieur Körbl ? », essaie une nouvelle fois Ingiusto.

Lavendin a une flamme mauvaise dans les yeux mais se contente de secouer la tête. Je ne sais pas ce qu'il peut encore espérer. Il sait sans doute qu'il ne peut compter sur son grand-père Teuffer. Alors quoi ?
Körbl, lui, est plus indécis. Il est en colère, bien sûr – lui aussi m'a reconnu, je l'ai lu dans ses yeux et il m'a maudit, pas besoin d'être legilimens pour s'en convaincre. Mais il voit aussi l'ampleur des charges. Et il a ses regrets – pas ceux qu'on attendrait, mais les siens.

« Tout aurait été tellement plus simple si vous aviez coopéré », il finit par reprocher à haute voix. « Vous aviez tant à y gagner ! », il ajoute en regardant Asfodelo et Livia.

« Les statuettes ne sont pas des outils », marmonne la première. « Ce sont nos alliées ! »

« Nos seuls alliés », confirment un grand nombre de personnes autour de nous.

Mãe regarde Ingiusto qui semble entendre sa suggestion :
« J'espère que vous n'oublierez pas que des Aurors de Florence sont venus vous aider, comme des compatriotes. Nous ne demandons rien en échange, si ce n'est de meilleures relations », il essaie.

Il y a un silence dubitatif mais respectueux en réponse à sa sortie. Je supplie Fiametta puis Aradia du regard. Il y a un coup politique à jouer maintenant, un coup qui peut être plus rentable que tout prêt des Sirénéens...

« C'est Harry qui vous a amenés », lance alors Zeno avec son inimitable mélange de gentillesse et de droiture.

Ingiusto a un moment de trouble, sans doute ne se rappelle-t-il pas de mon prénom ; mais Aradia prend la suite :
« Harry est un ami de Lo Paradiso, il l'a prouvé une nouvelle fois et il a su nous amener de l'aide – c'est un fait. Maintenant, major Ingiusto, je pense dire tout haut ce que beaucoup pensent en leur coeur : qu'entendez vous par de meilleures relations ? Saurez vous respecter les limites de la réserve même en sachant comment les contourner ? Serez-vous moins prompt à chasser ceux des nôtres qui osent aller au marché de Florence ? »

« S'ils portent un sauve-conduit de Lo Paradiso, pourquoi pas », répond lentement Ingiusto. « Ce que j'ai vu ce soir me montre qu'il existe une autorité lycanthrope en laquelle nous pourrions avoir confiance. Et Lo Paradiso aura sans doute besoin de bien des choses pour être reconstruite »

« Lo Paradiso s'est toujours construite toute seule », gronde Furio. « Elle n'a pas besoin de votre charité parce qu'une bande de malades est venue tenter de la détruire ! »

« Selon mes informations, des sorciers suisses – voire français – sont entrés en Italie pour vous dérober des objets magiques de valeur », réplique Ingiusto, superbe. « C'est la mission des Aurors d'intervenir pour protéger les sorciers italiens... »

« Sorciers ?! », éternue Furio mais d'autres ont répété avec un mélange de terreur et d'envie.

« … Vous faites partie du peuple magique italien », reformule Ingiusto. « La réserve est une enclave pas un autre pays, que nous devrions abandonner quand il est en péril ! »

« Vous ne faites que cela depuis des siècles, nous abandonner ! », juge Furio égal à lui même.

« Papa... ils sont venus », tente Asfodelo. « Reconnais que, sans eux, le village aurait totalement brûlé et que je serai morte ! »

« Et si nous étions mieux formés, nous ne nous serions pas laissés aussi facilement maîtriser ! », rajoute Aradia.

« Et nous le pourrons si nous pouvons aller et commercer plus librement avec Florence », plaide Lucca. « Accepteriez-vous ne nous recommander auprès du Conseil des Guildes, major Ingiusto ? »

« Je peux témoigner de ce que j'ai vu », accepte Ingiusto, et tous peuvent voir qu'aucun de ses hommes ne protestent.

Je me demande si Mãe a des explications complémentaires sur ce revirement – après tout, elle les a amenés, elle sait ce qu'ils veulent, et je la cherche des yeux. Elle s'est éloignée pour prendre un appel et j'espère sincèrement que ce n'est pas Shacklebolt qui vient lui prendre la tête avec des règles non respectées pour des raisons familiales – c'est à dire, moi – ou des questions diplomatiques. Dans les faits, elle semble peu parler, mais écouter et ne pas aimer ce qu'elle entend. Soudain, elle s'assoit sur un talus comme pour éviter de s'effondrer.
« Ta mère », me souffle Brunissande en me prenant l'épaule, comme une confirmation inutile.

Je jette un dernier regard sur les garous – Lucca, Aradia, Asfodelo et le Major Ingiusto continuent leur discussion sur ce que pourraient être de meilleures relations entre Lo Paradiso et Florence. Les détenus semblent estimer avec raison que ce n'est pas très bon pour eux mais l'équipe d'Ingiusto les tient en respect.

Comme le ton est paisible, je me retourne vers ma mère. Son appel est terminé. Elle reste quasi prostrée sur le sol, étonnamment immobile alors qu'elle devrait prendre en main la finalisation de l'arrestation. Comme une confirmation inutile, Foote me fait un signe de la tête, l'air de me dire d'aller la voir.

« Mãe ? », je souffle quand je m'accroupis à côté d'elle.

Elle me regarde – ses yeux gris, quand elle ne prend pas la peine de les changer, sont vides comme morts. Il me semble un bref instant qu'elle va exploser en larmes puis un masque officiel tombe sur se traits : elle ne pleurera pas. Et cette affirmation silencieuse est pire que si elle se mettait à sangloter entre mes bras. Je n'ose pas de questions – j'ai trop peur des réponses.

« Tiens », elle souffle en me mettant son miroir entre les mains. « Je vais soutenir Ingiusto – ça dépasse les compétences de Foote », elle ajoute inutilement en se levant.

Je regarde le miroir. On y voit le visage grave de Severus – mais le voir hilare serait plutôt étonnant, je me dis, histoire d'avoir le courage de continuer. Je souffle l'ordre et le message enregistré commence :
« Nymphadora, je préférerais ne pas être celui qui doit te délivrer ce message...Non, je préférerais ne pas avoir à te délivrer ce message. Tu sais sans doute que ton équipe brésilienne est arrivée à localiser Cyrus et ses amis et à leur venir en aide... L'opération a atteint son but : Hermosa McNair et Vassili Garinov ont été arrêtés avec leurs complices ; Cyrus, Aesthélia et leurs amis sont libérés... Remus a été touché par un sort non identifié, il est... il est dans le coma... »

ooo

Personnages non canons (une flopée)

Major Ingiusto - sorcier italien, délégué par la Division des Aurors de Turin. j'ai muni l'Italie d'autorités magiques très décentralisées, vous l'aurez remarqué.

Quelques garous italiens dont :

Livia et Lucca Astrelli - la mère et le fils

Aradia Taluti - faut il la présenter ?

Fiametta Rossi - amie d'Aradia, petite-amie de Tiziano Cimballi.

Asfodelo et Furio - la fille et le père.

Massimo - chef des bergers

Zeno - jeune berger né moldu.

Des XICquiens et leurs cousins

Jérémie Lavendin - sorcier franco-suisse, cousin de Kuno Teuffer, chef du XIC.

Monsieur Franz - ex bras droit de Kuno Teuffer, secondant Lavendin dans cette malheureusement expédition italienne.

Traugott Körbl - sorcier suisse, descendant des Wülfern, cousin éloigné de Jérémie Lavendin, spécialiste en potions et plein d'envies de revanche

Note d'étape. On boucle, on boucle...

J'en suis à écrire un chapitre 90, qui n'est toujours pas la fin. - Je n'annonce plus la fin, j'essaie patiemment de l'écrire et vous verrez bien (moi aussi) quand elle s'imposera d'elle-même.

On retourne encore au Brésil dans le prochain. Ca s'appelle Des culpabilités enfouies et des presque quotidiens

Mais Londres appelle les Lupin...