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C'est sûr pour bien faire c'est trop court
n'avoir devant soi que vingt à trente mille jours

Françoiz Breut, Vingt à trente mille jours

87. Harry. Des vies publiques et d'autres complots secrets

Le cherry généreusement offert par Arthur a raison de nos dernières forces et tout le monde tombe peu à peu dans le silence - je crois même que les questions de l'audience ou de la santé de Papa s'éloignent dans les esprits, remplacées par le sommeil. Molly prend en charge la répartition des chambres avec son efficacité quasi-militaire - on aurait dû lui confier la Division, je me dis en jouant avec mon verre, les yeux perdus dans le vide. Ron se rapproche de moi :

"Tu viens chez nous, pour dormir ?"

"Il y a assez de place ?", je m'inquiète un peu tard - décidément, j'ai laissé l'intendance aux autres.

"Maman s'est occupée de tout : il y aura du monde partout dans les deux appartements, mais ça tient. Maman a mis Tiziano et Fiametta dans le bureau de Cyrus", il explique, "Tes amis de Lo Paradiso peuvent partager une seule chambre ?"

"Je pense que oui ; ils ont l'habitude de vivre ensemble", je réponds un peu étourdiment puis je comprends le fond de la question de mon vieux pote. "Aradia préfère la compagnie de Lucca."

"Aradia", souligne Ron d'un ton entendu.

Entre les regards de Cyrus toute la soirée et les allusions de mon meilleur ami, heureusement qu'on a un procès sur le feu, c'est moi qui vous le dis.

"C'est récent, encore un peu douloureux, mais relativement prévisible", je commente sobrement. Ron mérite au moins ma sincérité.

Fidèle à notre amitié, il a la grimace de rigueur avant de reprendre tout en sobriété :
"Maman les a mis dans la chambre d'amis de Cyrus et Ginny... Et Brunissande..?", il rajoute en rougissant de la pointe des oreilles.

"Oh", je réalise avec une bouffée de nervosité moi aussi. "Nous nous draguons officiellement. Mais de là à lui proposer de partager ma chambre..."

"Vous vous draguez officiellement ?", il pouffe.

"Un truc comme ça", je souris à mon tour.

"Avec Bettany alors ?"

"Malheureusement", je soupire. "Je vais quand même aller en discuter avec elle..."

"Je m'occupe de Lo Paradiso", propose très gentiment Ron.

"T'es un frère", je lui promets.

Brunissande est dans la cuisine à aider Fleur à finir de tout ranger. Elles babillent en français, visiblement contentes de se revoir. Je ne sais pas trop comment l'aborder mais Fleur me capte et annonce immédiatement qu'elle va aller voir si Molly n'a pas besoin d'aide ailleurs. C'est terriblement prévisible dans leur souci des autres, les filles, non ?

"Tu veux me parler ?", questionne Brunissande juste après.

"Ça va, les regards en biais et les questions pas innocentes ?", j'enquête plutôt en utilisant volontairement le français.

"Oh, ça ?! Une sorte de préparation à l'audience de demain", elle sourit.

"En plus amical quand même", j'espère à haute voix.

"On t'a questionné", elle comprend avec un étrange mélange de certitude et de timidité.

"Indirectement puis directement - Mais c'est de ma faute, en un sens, je... Et puis tout est allé assez vite...", je m'enferre.

"Il ne faut pas s'emballer", elle affirme en redressant fièrement la tête.

"Non ?", je souffle.

"Harry..."

"Parce que moi, Brunissande, je n'ai rien contre un peu d'emballement...", j'ose, le coeur un peu battant d'ailleurs - comme un prélude à l'emballement.

"Non ?", elle répond d'une voix un peu rauque.

"On peut aller ailleurs", je propose sur une impulsion. Je suis lancé là : rien à part une grande baffe ne va m'arrêter, je me rends compte.

"Ailleurs ?"

"Ron me proposait... nous proposait de dormir ici mais... c'est un peu... oppressant peut-être", je suggère.

Elle rit en détournant la tête.

"Quoi ?", je la presse.

"C'est... J'attends ça depuis un sacré moment, Harry", elle avoue en détournant, une seconde, pudiquement les yeux. "J'ai imaginé bien des scénarios mais... la réalité est à la fois plus folle et plus... prosaïque que tous mes scénarios !"

"Ça veut dire oui ?", j'enquête.

"Elle est où cette chambre ?", elle demande en me prenant le bras.

On est très près l'un de l'autre. Assez pour je sente son parfum - discret et fleuri.

"Je crois que c'est la chambre d'amis de Ron et d'Hermione", j'arrive à articuler alors que je crève de l'embrasser - Ne pas aller trop vite.

"Tu crois ?", elle s'esclaffe avec plus d'effroi que de moquerie. "Harry, si... Si on tombe sur..."

"Lo Paradiso est parqué dans l'autre maison", je veux la rassurer. La gêne menace de me submerger quand je réalise qu'elle peut prendre ma pitrerie au premier degré et me croire méprisant avec les garous.

"Ça m'a tout l'air d'un complot", elle remarque avec un air entendu qui ne semble pas s'inquiéter beaucoup de mon respect de la lycanthropie.

"Un truc avec des ramifications internationales", je badine faute de meilleure idée.

"Un truc qui te ressemble alors", elle répond en m'embrassant.

oo

C'est le bruit de meubles qu'on déplace sur un fond de voix qui s'interpellent qui me réveille. D'un coup. Immédiatement, je sais où je suis : Londres, et la responsabilité me tombe dessus comme la pluie du pays natal. En mettant mes lunettes sans lesquelles je suis une taupe, je me rends compte qu'il est plus de sept heures.

« Merde », je jure entre mes dents et en m'éjectant du lit.

« Harry ? », murmure Brunissande en se redressant à son tour. Elle est décoiffée, elle ouvre à peine les yeux, mais elle est magnifique. Tout mon corps le dit.

« Je dois y aller », je m'excuse, presque désemparé de devoir la laisser là comme si elle ne comptait pas plus qu'une conquête d'un soir.

« Évidemment », elle répond après un regard à la table de nuit. « On aurait dû mettre un réveil – à quelle heure est l'audience ? »

« Aucune idée – mais ils savent sans doute », je pronostique avec un geste pour le reste de la maisonnée. Je ne peux m'empêcher d'être profondément content que les enjeux soient plus ou moins les mêmes pour elle.

« Va vite », elle confirme en se laissant retomber sur les oreillers.

« Je... »

« Je sais pourquoi on est à Londres aujourd'hui Harry. Je sais que ta famille a besoin de toi, que tu dois t'occuper de... des ambassadeurs de Lo Paradiso... J'étais là, Harry », elle me rappelle.

« Ok », j'abdique parce que la remercier me paraît à la fois ridicule et trop long.

Pendant une trop longue seconde, je n'ose pas l'embrasser - comme si on avait remonté le temps - et elle n'ose pas respirer - enfin, je crois. Je finis par me rapprocher, presque honteux, et elle m'attire contre elle avec une fougue tout aussi maladroite.

"Je suis désolé", je murmure entre deux baisers. Elle rit doucement. "Vraiment !", je proteste, et elle me repousse doucement mais fermement jusqu'à la porte de la salle de bain. J'essaie un instant de l'entraîner avec moi et puis j'entends Kane crier dans l'escalier : "Il est où, Harry ?"

"Va", elle répète en se dégageant et je la laisse faire pour me jeter sous la douche en essayant de ne pas laisser mon esprit vagabonder. Plus la douche continue, plus la responsabilité me donne mauvaise conscience, et plus j'ai peur de ne pas savoir faire face malgré mon assurance de la veille.

Mon baiser à Brunissande est plus chaste quand je lui laisse la douche pour charger dans l'escalier. Il y a un buffet de petit déjeuner qui prend tout un mur du salon d'Hermione et Ron, et des gens qui vont et viennent armés de tasses et d'assiettes. Victoire court après Iris et Kane dans un grand éclat de rire. J'ai une nouvelle bouffée d'embarras à l'idée de tout ce que Molly aura fait pour nous dans cette histoire - alors que moi, comment dire, je tenais la main de Brunissande. J'espère que Cyrus a, une fois de plus, été plus présent que moi.

"Cyrus, tu ne vas pas aller au Magenmagot dans cette tenue", s'exclame d'ailleurs la mère de Ron.

Je ne vois pas mon frère d'où je suis. Peut-être a-t-il refusé de mettre une robe de sorcier... pas que ça le gêne d'habitude mais, peut-être, juste pour la faire enrager.

"C'est une audience, pas mon procès ou mon mariage", marmonne mon frère en réponse - à la grande joie de l'assemblée qui se retourne vers lui.

Je le vois maintenant, il porte une robe de velours marron, assez simple, un peu usée. Je l'ai déjà vu des tas de fois dedans, c'est un fait. Mais elle est propre.

"J'ose en effet espérer que pour ton mariage...", commence Molly de manière prévisible, et puis ça lui donne une idée. "Ginny, dis-lui donc de s'habiller correctement !"

"Bah, là, je crois que c'est une cause perdue, Maman", estime ladite Ginny en repartant dans la cuisine avec des pichets vides de jus de citrouille.

"Androméda", plaide Molly, cherchant de nouveaux alliés. Ça fait rire dans la salle, en particulier Arthur, et je me dis qu'on est loin de ce temps où les Weasley prenaient Cyrus pour un monstre contre nature.

"Cyrus, tu représentes aussi ta mère - un peu de tenue n'est pas un mauvais point ", estime l'interpelée avec loyauté et sans doute aussi une certaine satisfaction d'avoir trouvé une alliée.

"Parle-t-on de ma mère qui aime bien porter des cheveux roses ?", s'enquiert Cyrus à la grande joie de Ron. Je souris aussi en finissant de descendre.

"Regarde, Harry", lance alors Molly qui a perçu mon arrivée et s'est retournée pour voir comment je suis vêtu - tant qu'elle ne parle pas de mes cheveux... Tout le monde me regarde d'un coup. "Lui est bien habillé, au moins !"

Cyrus se tourne vers moi et je m'attends à un clin d'oeil complice, mais je rencontre des yeux gris assez distants voire hostiles :

"S'il a déjà mis son costume de bon élève, c'est qu'il n'a pas pris la peine d'allumer son miroir", il commente sans aucune camaraderie dans la voix. "Il saurait sinon qu'il n'est attendu qu'en fin ce matinée au Magenmagot et..."

"Dora a appelé ?", je comprends en finissant de descendre sous les regards de tout le monde.

"Les avocats du XIC ont obtenu une audience à huis clos - sans public et sans presse", intervient Ron en pacificateur qu'il sait être parfois.

"Les convocations sont à des heures précises", concourt Ginny. "Les uns après les autres."

"Et Cyrus est convoqué ce matin", rebondit Molly avec aplomb, "Il ne peut pas y aller comme cela!"

"Bah, Drago sera bien habillé pour deux", il lui rétorque avec plus de légèreté qu'il ne s'est adressé à moi.

"Elle a dit autre chose, Dora ?", je m'enquiers sans laisser cette légèreté factice se réinstaller.

Cyrus hausse les épaules, semblant mesurer le fiel dont il veut charger ses paroles, et le fait qu'il soit finalement assez raisonnable ne me rassure pas complètement. Je le préfère franchement méchant que désespéré.

"Bah, comme elle en savait plus que moi, elle ne s'est pas formalisée, t'inquiètes", il lâche assez bas.

"Il y a plein de choses que nous n'avons pas eu le temps de...", je commence en me fichant qu'on ait un public.

"Et puis là on a une audience, et parait-il, il faut que je me change", il me coupe en quittant brusquement la pièce.

"Il est fâché", commente Iris qui s'est arrêtée de courir pas très loin de moi.

"Je vais le voir", je rassure le public avec un soupir.

Je trouve Cyrus dans sa chambre, dubitatif devant un placard ouvert.

"Je suis désolé que tu aies dû revenir contre ton gré et te taper l'accueil de toute la smala...", je commence sans autre introduction. Il me semble qu'on en a soupé des préambules.

"Dis-moi, tu t'y retrouves ou tu fais ça à l'instinct, tous les soirs ?", il attaque sans me regarder.

"C'est plus simple que tu ne croies : Aradia préfère Lucca depuis la dernière pleine lune", je soupire - faut-il que je mette une annonce dans la Gazette des sorciers ?

"Et toi, tu découvres que Brunissande est jolie", il persifle en sortant une robe bleu nuit qui est sans doute trop habillée pour la circonstance.

"Ce n'est pas du dépit", je proteste. "Cyrus, je veux bien te raconter, mais est-ce la priorité ?"

"Excuse-moi, j'avais cru - tu m'as semblé avoir l'esprit très libre hier soir et ce matin !", il aboie en jetant la robe bleu nuit pour en sortir une vert olive qui est sans doute un meilleur choix.

"Tu crois sérieusement que je me fiche de Papa ? On plie cette audience et on y va", je lui promets. S'il croit que j'attends autre chose, il se trompe. J'ai sans doute plus confiance en les statuettes que lui, c'est tout. Et je n'ai pas vu Papa dans le coma. En fait, j'évite soigneusement de me représenter la scène, je saurai assez tôt.

Il finit de faire glisser la robe en velours marron de ses épaules et la jette au sol avec un soupir avant de répondre : "Plier ? Qui vient de plier ? Le XIC ou le Magenmagot ?"

"Dora est inquiète ?", je questionne.

"C'est impossible à dire : elle a juste précisé qu'il fallait éviter la presse, éviter de venir en groupe, éviter de se faire remarquer... à croire qu'on devrait avoir honte !", il raconte en enfilant la robe olive avec des gestes brusques qui malmènent les coutures. "D'après elle, c'est important que les juges aient l'impression qu'on joue le jeu du secret", il rajoute en ayant l'air de se forcer à présenter les arguments de manière neutre. "Elle a aussi ajouté que, si tu n'écoutais pas tes messages, il fallait veiller à ce que les ambassadeurs de Lo Paradiso gardent un profil bas jusqu'à leur audience - je lui ai dit que tu ne semblais plus au mieux avec l'un d'entre eux... Ça l'a fait sourire ! Juste après, elle a demandé si Brunissande tenait le coup... Bref, je suis le dernier informé !"

J'essaie de mesurer quelle peut être la stratégie médiatique de la Division dans cette histoire sans trouver - non, je ne prends pas très au sérieux la prétendue jalousie de mon petit frère.

"Je peux la rappeler", je propose.

"Je pense pas qu'elle ait le temps maintenant", marmonne Cyrus. "On devrait être partis d'ailleurs !", il rajoute en regardant sa montre.

"Cyrus ! Tu vas être en retard", confirme Ginny en arrivant en courant dans la chambre.

"Comme ça, finalement, ça sera de ma faute", il répond les dents serrées.

"Rien n'est de ta faute", j'essaie - au regard de Ginny, je touche sans doute au noeud du problème. Sauf que sa réaction me paraît toujours étonnamment disproportionnée. Il a eu suffisamment d'ennuis déjà, même avec la justice magique, pour prendre ça pour une péripétie, voire un juste retour des choses, non ?

"Je suis là parce que, s'ils ne sont pas collés en prison, quelque part, tout ce qu'on a vécu, la mort d'Amilcar, la prise d'otages, la blessure de Papa..." Sa voix se craque. "Tout ça n'aurait aucun sens - ce serait juste du gâchis... une injustice de plus."

"Le dossier n'est pas vide", je lui rappelle. "Ils ne peuvent pas s'en sortir."

"A quel prix ?", marmonne Cyrus.

"Merlin, Cyrus, si tu le vis comme ça, repars !", intervient Ginny, l'air excédée. "Remmène Bettany et attends nous là-bas..."

"Et ce sera de ma faute s'ils sortent libres de l'audience ?", il questionne douloureusement.

"J'ai du mal à croire qu'ils puissent", j'interviens. "J'étais aux audiences préliminaires en Italie et en Suisse ; même les jurys acquis à leur cause n'ont pas réussi à les exonérer de toute responsabilité... En partant de Genève, Mae pensait que ce serait difficile d'obtenir l'inculpation au niveau où elle le souhaitait - pas qu'ils pouvaient s'en tirer complètement. Laisse un peu tomber le mélodrame !"

"Laisse tomber les faux souvenirs, surtout", insiste Ginny, et je comprends soudain mieux la nature de l'angoisse de mon petit frère. Il vit plus ou moins par procuration l'inculpation de Sirius et nul ne sait trop comment ça se mélange, mais ça ne le rend pas optimiste.

"Je suis venu", il lui répond avec une hargne qu'il utilise rarement envers elle.

"Tu as fait ce qu'il fallait", je commence.

"Magnifique ! Après m'être fait enlevé, après...", il s'enflamme immédiatement.

"Cyrus, les coupables, ce sont eux, pas toi", je soupire. Au regard entendu de Ginny, je ne suis pas le premier à utiliser cet argument hautement original. "Notre seule faute, à toi comme à moi, c'est sans doute d'avoir manqué de prudence - d'ailleurs pas de prudence, d'avoir pêché par modestie plutôt : on a minoré ce qu'on découvrait et l'usage que d'autres pouvaient en faire. On a voulu être deux étudiants comme les autres alors qu'on avait soulevé un truc trop gros pour nous !"

"Pourtant tu veux continuer", il remarque plus calmement.

"Il y a un point où revenir en arrière est impossible et ne pas continuer est tout aussi impossible. Il y a un point où les distinctions entre ce que tu aimerais et ce que tu dois faire, ne sont plus tenables, non ?"

"Tu me l'as piquée, celle-là", il me rappelle avec son premier presque sourire.

"Je ne te pique que tes bonnes idées", je concours.

"Tu vas gérer la France et l'Italie ?", il demande en rajoutant une cape noire à sa tenue. Ce n'est plus une pique. Presque il s'inquiète.

"Tu vas leur dire qui c'est les méchants."

"Je ne sais pas qui a la partie la plus facile", il soupire en quittant la pièce, Ginny sur les talons. En me regardant dans la glace je me dis qu'il n'a pas tort, une fois de plus.

oo

Quand je redescends, il y a un peu moins de monde. Ron, Hermione, Arthur ont disparu, sans doute avec Gin et Cyrus. Fleur et Molly ont rendu à la pièce son apparence première. Brunissande parle avec Bettany - pourquoi Ginny voulait-elle que Cyrus reparte avec l'Américaine ? Voilà un mystère de plus. Lo Paradiso discute avec Bill, Tiziano et Fiametta. Je vais vers eux parce que je n'échapperai pas à mon rôle de médiateur - et le parallèle avec Remus me vient d'un coup. C'est un des multiples rôles qu'il s'est assigné. S'il était là, je pourrais me contenter d'approfondir ma relation toute neuve avec Brunissande. M'y dérober serait refuser une partie de son héritage.

"Vous avez bien dormi ?", je m'enquiers poliment, la gorge serrée par le constat que je ne veux pas qu'il soit question d'héritage.

"Très bien " me répond Livia avec un vrai sourire. Lucca est circonspect et Aradia, illisible - pas que ça me change beaucoup, finalement.

"Cyrus vous a expliqué l'organisation des témoignages ?", je continue en m'asseyant. Ils opinent tous les trois, et puis Aradia ose :

"C'est mauvais signe ? C'est pour ça qu'il est aussi énervé ?"

"Non, ce n'est pas pour ça", je simplifie. "Remus est dans le coma, et Cyrus enrage d'être là, de faire de la politique ou de la diplomatie.. Il a l'impression de perdre son temps..."

"On va y aller dès...", commence Fiametta.

"C'est ce que je lui ai répété", je la coupe. "Vous avez envie de faire quoi en attendant - sachant que le Chemin de Traverse ou tout lieu public magique est une mauvaise idée si on ne veut pas tomber sur des journalistes ?"

Il y a des regards de biais que je refuse d'interpréter, et c'est Lucca qui propose :

"Je ne sais pas si c'est le bon moment mais... j'aimerais... aller à la Fondation... rencontrer les enfants... Ada m'a dit", il commence avant de se dire que ce n'est sans doute pas une bonne idée de me rappeler dans quelles circonstances Aradia est allée à la Fondation.

"Ça nous rapprochera du Ministère", je décide en me relevant. "Brunissande peut venir avec nous ?"

Les autres regardent tous Aradia qui rougit brièvement

"Si elle le désire", elle finit par articuler - ce qui est la seule bonne réponse.

"Le temps que j'avale un truc", je conclus en filant à la cuisine voir ce qu'il peut rester à manger.

Moins d'une heure plus tard, Michael nous ouvre la porte.

"Harry, je ne t'attendais pas aujourd'hui !"

"Je t'amène les ambassadeurs de Lo Paradiso. Tu connais Aradia et voici Lucca et Livia Astrelli", je présente en me rendant compte que Michael allait sans doute être plus abrupt dans son jugement de ma vie amoureuse que quiconque." Tu connais aussi Tiziano et voici..."

"Je suis venue ici travailler avec Cyrus", me coupe Brunissande en serrant la main de Michael avec un grand sourire. Il rougit furtivement.

"Ils ont envie de voir les enfants", je continue, faute de meilleure idée.

"Thaddeus va vouloir les conduire", estime Michael en nous guidant vers le bureau du bras droit de mon père à la Fondation. "Thadd, Harry est ici avec ses amis de Lo paradiso..."

"Harry !", s'exclame l'interpelé en se levant et en venant à ma rencontre. "Je suis content de te voir - ne serait-ce que pour avoir des nouvelles... Drago nous en a donné quelques unes qu'il tenait d'Andromeda - je comprends que personne n'ait eu le temps..."

"Dora et moi sommes arrivés juste hier soir... Cyrus, c'est à peine mieux... et c'est une torture pour lui d'être là, d'avoir quitté le chevet de Remus", j'essaie de nous dédouaner tous collectivement - est-ce que Remus n'aurait pas trouvé le temps de faire mieux ?

"Cyrus, c'est un peu de sa faute, tout ça", estime sévèrement Michael.

"Pas vraiment, non !", je riposte - je sais qu'il vénère mon père mais je ne vais pas le laisser charger Cyrus d'une quelconque culpabilité. "Les coupables, ce sont une bande de malades qui n'ont aucun scrupule à détourner des magies, des savoirs traditionnels, pour s'enrichir ou contrôler les autres qu'ils soient Moldus, sorciers ou..."

"Créatures", complète tranquillement Thaddeus.

"C'est juste faux de croire qu'on aurait pu éviter de tomber tôt ou tard sur eux", je reprends à peine moins véhément.

"Ils ont attaqué Lo Paradiso", indique Aradia. "Ils nous ont fait croire qu'ils voulaient investir pour récupérer nos plantes et nos statuettes..."

" Harry a raison - tôt ou tard, des gens comme eux attaquent les plus faibles qu'eux", conclut Livia.

Je ne suis pas sûr qu'on convainque Michael mais moi ça me rassure qu'on soit sur une ligne aussi proche. Ils pourraient m'en vouloir. Je comprendrais.

"Livia et Fiametta vont nous accompagner pour essayer de... faire sortir Remus du coma", je décide de changer de sujet. "Elles vont justement utiliser un de ces savoirs qu'ils auraient aimé leur voler..."

Michael opine un peu timidemen,t et Thaddeus, en meilleur diplomate que moi, enchaîne en se tournant vers nos hôtes :

"Vous avez envie de rencontrer les enfants ? Ils vont être ravis de cette récréation inattendue !"

On ne sort de la Fondation que pour aller directement à notre audience. Les petits avec leurs questions et leur énergie ont charmé Livia et Lucca ou Fiametta. Ils ont été contents de revoir Aradia et ont demandé pourquoi je n'avais pas amené les jumeaux. Thaddeus, Livia et Aradia ont parlé de programmes de formation et de possibilité d'échanges. Je me suis tenu en retrait - n'osant pas réellement enlacer Brunissande comme j'en aurais eu envie. Tiziano ne se gênait pas avec Fiametta, lui. Lucca a préféré explorer la bibliothèque de mon père.

Au Magenmagot, Carley Paulsen nous attend avec Foote, Seamus et le major Ingiusto.

"Les juges ont presque fini avec Sorenzo Lorendan", explique le bras droit de ma mère."Ils doivent continuer avec le capitaine Corboz, puis c'est ton tour !"

"Ça se passe comment ?", je m'angoisse d'un seul coup.

"D'abord on a un bon jury ", estime Seamus avec une solidarité affichée qui n'est sans doute pas prudente politiquement mais me fait plaisir. "Amélia Bones, avec Tiberius Ogdden et Pius Thicknesse - une intègre, un pro-Lupin, un qui ira dans le sens du vent - on s'en tire bien !"

Le "on" me fait sourire. Ça n'échappe pas à Foote.

"Cyrus et Drago ont bien tenu le coup face aux avocats du XIC ce matin", continue Paulsen. "Ron aussi... même s'ils ont ressorti qu'il avait agi hors des cadres de la Division - ce qui n'est jamais très bon. Archibald a été détonnant dans sa narration de son enlèvement ! "

"Je suis sûr que ça lui inspirera un super épisode", commente Seamus avec un enthousiasme qui fait lever les yeux au ciel à son mentor.

"On peut voir Dora ?", je demande.

"Il serait malvenu qu'elle sorte", estime Paulsen avec un sourire désolé.

"Ils vont devoir attendre longtemps ?", je m'inquiète en montrant Livia, Lucca et Aradia.

"Le professeur Dumbledore a proposé qu'ils attendent dans son bureau", répond Paulsen.

"Il professore Dumbledore !", répète Livia impressionnée.

"C'est... il me fait l'honneur de me considérer comme son petit-fils", j'essaie d'expliquer maladroitement.

"Un très grand honneur", commente Lucca.

"Il... il a rendu possible la carrière de Remus", j'essaie autrement. "Vous pouvez lui faire confiance !"

"Bien sûr, Harry", promet Aradia avec une espèce de solennité. Nos yeux se retiennent mutuellement quelques secondes sans arriver à réellement se dire tout ce qui nous traversent.

"Foote et Finingan vont vous accompagner jusqu'à lui et ils resteront en contact avec moi pour vous dire l'avancement des choses", explique factuellement Paulsen. Quand ils se sont éloignés, il rajoute : "Mademoiselle Desfées, vous témoignerez avant Harry, Nymphadora pense que vous présentez les choses avec plus de doigté que ce jeune écervelé..."

"Tu peux l'appeler Brunissande, Carley", je souris sans me formaliser de sa présentation.

"Toi, il ne faut pas que tu te laisses embarquer dans la justification de tes actions ou de tes choix. Tu as prévenu les Aurors, tu as joué les guides, pas les héros, compris ?", continue le meilleur ami et bras droit de ma mère, sans se laisser amadouer par mon sourire.

"Ça va faire la troisième fois que je raconte la même chose", je lui rappelle.

"Mais les avocats vont sans doute essayer de te faire passer pour un affabulateur qui, parce qu'il est connecté, a fait injustement tomber les Aurors suisses puis italiens sur leurs pauvres clients... Faut pas te laisser agacer, dévier ou impressionner !"

"Un affabulateur ?", je m'insurge.

"Un gars qui a grandi avec l'idée qu'il avait été un héros à quinze mois, qui a sûrement un complexe de supériorité et l'habitude que son clan le sorte des problèmes", il assène.

"Moi ?", je m'offusque.

"Que je n'en pense pas un mot ne change rien à leur stratégie - celle qu'on sent venir... Ils semblent avoir décidé de se concentrer sur toi - Cyrus a quand même été attaqué, puis enlevé à Londres et son dernier enlèvement au Brésil implique suffisamment de témoins", explique encore le bras droit de ma mère. " Mais toi, t'as attaqué seul une résidence privée avec ta petite copine, tu fréquentes des loups-garous à tes heures perdues... Attends-toi au pire", il conclut.

ooo

L'audience a lieu dans le bureau d'Amelia Bones - c'est toujours mieux que la grande salle du Magenmagot avec ses chaises charmées pour attacher les prévenus, si vous voulez mon avis. Il y a là les trois juges, la Division représentée par Dawn Paulsen et ma mère, et une imposante lignée d'avocats. Je n'ai pas besoin du greffier pour reconnaître les trois hommes qui représentent Kuno et Jérémie (visiblement pas encore renié par son grand-père malgré ce que ce dernier avait fait miroiter auprès de son autre petit-fils). Un avocat espagnol et un anglais représentent Hermosa. Sindri Rowle est l'homme de loi de beaucoup d'anciennes familles mangemorts et sangs-purs - c'est sans doute le choix des McNair. Un homme et une femme déjà entrevus à Florence sont là pour défendre Traugott Körbl. Deux petits nouveaux doivent parler pour Monsieur Franz er Vassili Garinov.

Comme annoncé, la parole est d'abord à l'accusation et l'interview de Dawn est un peu sans surprise. Elle passe très vite sur mon recrutement par les Gobelins et l'incendie - sans doute déjà raconté par Lorendan - ou même sur l'infiltration de la maison Teuffer dont la narration a été confiée à Brunissande. Elle documente plutôt le fond de mes recherches et le fait que j'avais découvert du matériel peu connu d'une majorité de sorciers. Je comprends bien qu'elle veut faire le lien avec Körbl et avec les loups-garous, voire avec les savoirs traditionnels brésiliens. La rangée d'hommes de loi a subi cet exposé avec une patience très relative.

"On peut donc dire que Traugott Körbl avait non seulement connaissance de l'existence des statuettes et des potions qui permettent de les manipuler, mais aussi la recette de base de cette potion et les moyens de la reproduire"

"C'est ce que les Teuffer ont déduit - ils pensaient que c'était aussi une sorte de revanche par rapport à eux, la branche aînée", j'opine.

"Mais c'est un pure spéculation", explose un avocat à l'accent germanique et aux imposantes moustaches poivre et sel. Il représente Körbl.

"Une spéculation partagée par Kuno Teuffer et de sa famille", je riposte.

"Vous êtes le seul à l'affirmer", réplique l'homme.

"Votre honneur, est-ce que le représentant de M. Körbl pourrait attendre son tour pour poser des questions au témoin ?", plaide Dawn sans que je puisse savoir ce qu'elle pense de l'altercation. Je n'ose pas jeter un regard vers Dora pour sonder plus avant.

"Bien sûr", admet Amélia Bones. "Reprenez, lieutenant Paulsen"

"Vous avez retrouvé Traugott Körbl à Lo Paradiso", commence celle-ci.

Avant que j'ai répondu, les trois avocats Teuffer et les deux avocats Körbl sautent sur leurs pieds pour récuser ce mélange des lignes temporelles et des affaires. Le juge du bout des lèvres admet que les règles définies la veille leur donnent raison.

"S'il faut attendre encore pour établir les relations entre les trois affaires, ce sera tout votre honneur", décide Dawn après une demi-seconde d'hésitation qui me semble durer un siècle.

Les juges se tournent ensuite vers les avocats pour leur rappeler qu'il s'agit uniquement d'une audience contradictoire de témoins et non d'un procès. Un seul représentant par personne mise en cause sera autorisé à me poser des questions. Dans les faits, ça ne fait que deux personnes - une pour Kuno, une pour Traugott. J'essaie de me dire que ça ne sera plus long en jetant un regard en dessous à ma mère qui semblait attendre ce mouvement. Nos yeux se croisent et tout son langage corporel semble m'implorer au calme et à la patience. J'opine dans le vide. Un des avocats des Teuffer s'est levé et je tourne mon regard vers lui. Il grand, athlétique, porte des cheveux gris coupés très courts. Un ensemble initimidant

"Je suis Jean Borquin", il annonce. "L'avocat de Monsieur Lavendin". Comme j'opine poliment, il embraye d'un ton nonchalant, presque condescendant : "Ainsi Monsieur Potter... vous êtes briseur de sorts stagiaire à la Banque Gobelin de Genève... vous avez eu du mal à trouver ce stage ?"

"J'ai écrit à la Banque et... j'ai eu un entretien avec Crochpik, le responsable de la sécurité", je réponds sur mes gardes mais sans voir où va son attaque. Et tant pis pour mon nom de famille.

"Il vous a auditionné sur la recommandation de Monsieur Lorendan ", insiste l'homme..

"Il avait été intéressé par ma candidature", je reconnais.

"Monsieur Lorendan qui, en plus d'être vénitien - ville où vous avez vos entrées - est le parrain de la fille de la nièce de votre belle-soeur..."

"Je ne le connaissais pas avant cette date", je promets avec sincérité.

"Mais le réseau a fonctionné et vous a recommandé", assène l'avocat et je prends le temps de réfléchir à ma réponse.

"Pour autant que je sache, Sorenzo Lorendan a juste voulu savoir si j'étais travailleur... ma candidature les intéressait parce que j'étais... ouvert à la lycanthropie et donc potentiellement intéressé par des magies ayant été développées dans ce cadre", je rappelle - sans trop savoir si je donne la corde pour me faire pendre.

"Une autre affaire de famille, la lycanthropie", commente inutilement le défenseur de Lavendin. "Mais parlons d'autres familles : quels membres de la famille Teuffer connaissiez-vous avant de pénétrer sans y être invité dans leur manoir ?"

"Le grand-père était venu le matin même à la Banque faire pression sur Sorenzo Lorendan pour obtenir un échantillon de mes potions", je rappelle. "C'est tout."

"Vous lui aviez parlé ?"

"Non", je reconnais.

"Mais lui a parlé de vous à Sorenzo Lorendan sans savoir d'ailleurs que vous écoutiez aux portes", reprend l'homme de loi très content de lui.

"Il a... il a insinué que je pouvais avoir volé les statuettes pour les... donner à des lycanthropes", je réponds avec inquiétude.

"Une théorie comme une autre, une spéculation de la part du grand-père de mes clients", commente étonnament l'homme de loi. "Juste basée sur votre réputation..."

"Je ne crois pas avoir une réputation de voleur", je m'insurge beaucoup trop vite.

"Non ? Vous avez une réputation établie d'avoir affronté et vaincu le mage noir Voldemort quand vous n'aviez que quinze mois. Vous avez la réputation d'appartenir à un clan soudé et puissant et ouvert à la lycanthropie", il continue. "Vous avez, sur une impression, volé une moto moldue et pénétré par effraction magique dans la demeure d'un de mes clients.. et là c'est plus qu'il en faut pour construire une réputation, non?", il m'assène, et j'ai un peu l'impression de me faire remonter les bretelles par un prof à qui j'aurais rendu un travail bâclé.

"Si je n'avais pas eu l'impression que Sorenzo Lorendan était en danger...", je commence à me justifier.

"N'avez-vous pas dit lors de l'enquête menée à Genève par le Capitaine Corboz que vous étiez venu chez Sorenzo Lorendan pour le confronter parce que vous le soupçonniez d'en savoir peut-être plus qu'il voulait bien le reconnaître ?"

"J'avais besoin de lui parler et il m'avait dit que sa porte était ouverte", je biaise.

"Donc, vous vous faisiez à l'époque d'autres théories que celles que vous vous faites aujourd'hui', insiste l'avocat.

"Je n'avais pas encore tous les éléments", je commence à reconnaître.

"Vous n'aviez pas encore bouclé votre fable", il me coupe. "Celle bien défendue par tout votre clan..."

"L'enlèvement de Sorenzo Lorendan n'a rien d'une fable !", je m'insurge de nouveau.

"Qui avez-vous pour le prouver ? Une petite amie française, un responsable de stage lié à votre famille, une mère opportunément haut placée dans la Division des Aurors britanniques, un pauvre capitaine suisse soumis à des pressions diplomatiques totalement disproportionnées !"

C'est tellement n'importe quoi que je dois compter lentement dans ma tête pour ne pas exploser.

"Il me semble que l'audience de Genève a avancé un certain nombre de preuves des traitements infligés à Sorenzo Lorendan : imperium, tentative de noyade", je lui rappelle.

"Nous ne nions pas que Kuno Teuffer, un jeune homme énergique et habitué à voir la vie se plier à ses envies ne se soit pas légèrement emporté", me répond Borquin avec un regard vers ses deux collègues, sans doute mandatés par la famille de Kuno comme pour avoir leur assentiment quant à sa ligne de défense. "Kuno Teuffer voulait retrouver des statuettes qui avaient appartenu à sa famille ; il voulait comprendre ce qui se passait. Il est sans doute allé trop loin mais beaucoup de monde se faisait alors des théories basées sur des informations partielles... Vous même, aviez-vous avant de pénétrer dans sa maison sans y être invité déjà rencontré Kuno Teuffer ?"

"Non", je reconnais facilement.

"Aviez-vous entendu parler de lui ?", il insiste.

"J'avais entendu dire par mon frère et mon cousin qu'il fréquentait la même université qu'eux", je finis par répondre prudemment.

"Et oui, car nous avons déjà vu ce matin, votre frère, votre cousin, le beau-frère de votre frère... sans parler de votre maman... quelle grande famille !", persifle l'avocat.

"Venez en au fait Maître", intervient Ogden.

"Bien sûr, votre Honneur", promet le défenseur de Lavandin. "Je pense que mon point est clair : nous avons un faisceau d'exagérations, basées sur quelques faits regrettables et isolés, et transformées en complot international grâce à un faisceau de relations un peu trop haut placées et de témoins complaisants!"

"C'est votre théorie ?", vérifie Amélia Bones avec une certaine sévérité dans la voix que je ne peux que bénir.

"Je sais que nous ne sommes pas dans un procès", s'excuse presque l'avocat. "Mais peut-on réellement lancer une procédure sur la base de..."

"Maître, si vos clients sont ici c'est qu'à Florence, comme à Genève, la justice a estimé qu'on lui présentait davantage que des exagérations", lui rappelle Bones. "La décision de cette cour ne sera prononcée que demain, après qu'elle ait entendu tous les témoins et les personnes mises en cause. N'usez pas trop vite vos arguments. Monsieur Potter-Lupin, la cour vous remercie de votre témoignage. Elle pense qu'elle vous réentendra sûrement cet après-midi et elle vous remercie de votre disponibilité dans un moment difficile pour votre famille..."

ooo
Les avocats cités
Sindri Rowle, frère de Thorfinn le mangemort sans doute. Il défend Hermosa.

Jean Borquin - pas résisté à un nom de famille suisse voulant dire défenseur. Il défend spécifiquement Jérémie et fait partie de l'équipe d'avocats de tous les Teuffer.