Playlist à l'arrach'

Ma mémoire s'agite

Je ne pardonne pas

En somme, je ne serai quitte

Qu'à leur dernier souffle ici-bas

Les ogres de barback, Ma tête en mendiant

93. Harry Des rumeurs choisies et des responsabilités prises

L'annonce de Ginny ne nous fige pas longtemps. Même si personne ne s'attendait à une décision aussi rapide de la part du Magenmagot, on se lève tous pour gagner la cheminée du salon sans réellement chercher à en savoir plus. Des robes volent dans l'air et sont enfilées par dessus nos vêtements moldus. Je vois la Pensine de Grand-père sur la table basse de Ron et Hermione et je ne peux m'empêcher de soupirer – malgré tout l'intérêt qu'elle représente, la vision de Cyrus doit encore attendre.

« Je vais chercher Ada et Lucca », annonce Fiametta avant que j'aie le temps d'y penser, et je lui sais gré de cette attention.

« Dis-leur qu'on part sans eux s'ils ne sont pas prêts ! », s'agace Livia comme un écho aux pensées que je n'exprimerais jamais. Tiziano me fait un clin d'oeil tout en finissant de nouer la lavallière d'une impeccable robe gris perle. Peut-être qu'il n'est nul besoin de les exprimer.

« On t'appelle dès qu'on sait », promet Ginny à Hermione qui a l'air un peu dépitée de rester là. Évidemment, après avoir appelé le Département des Mystères en disant qu'elle était malade, elle peut difficilement se pointer avec nous au Ministère.

« Pas de chance, pour la première fois que tu faisais l'école buissonnière », je me moque gentiment en lui caressant la joue. « On t'appelle, promis. »

« Ne vous inquiétez pas pour moi – Ron y est sans doute aussi », elle soupire.

Cyrus s'arrête alors de boutonner sa robe pour regarder Hermione d'un air pensif. Sans une explication, il sort sa baguette, s'approche de la Pensine et y met lentement à gestes prudents et mesurés un souvenir assez long. La vision.

« Si tu n'as pas peur de douter de ma santé mentale... », il commente en regardant de nouveau Hermione. « T'es la plus rationnelle de nous tous ici, la plus analytique... Dis-nous ce que tu y vois. »

Hermione opine contente, je pense, de la proposition. Intimidée un peu aussi. Mais surtout intéressée. Lucca et Ada arrivent alors en cavalcade avec Fiametta. Ils évitent nos regards, et ça me donne singulièrement envie de rigoler. Je prendrais bien la liberté de montrer toute mon affection à Brunissande, mais Ginny nous pousse vers la cheminée.

Au Magenmagot, les employés de l'accueil nous informent que l'audience aura lieu dans une salle plus habituelle en raison du nombre des participants. C'est sûr que notre groupe, les Aurors, le XIC et leurs défenseurs ne seraient pas entrés dans le bureau d'Amélia Bones.

En arrivant dans la salle, je réalise que j'ai singulièrement sous-estimé le nombre de gens à réunir : la salle est quasiment remplie. Il y a plus que tous les Aurors qui ont témoigné ; il y a toute la Division sauf sans doute ceux qui ont une mission à remplir. Ron et Seamus nous font un signe de tête, un peu nerveux, un peu encourageant. Derrière eux, Dawlish nous dévisage comme s'il ne nous reconnaissait pas.

« Lui, il croit déjà qu'il y a une place à prendre », marmonne Cyrus avec animosité.

« Ne parle pas de malheur », je grince.

« Tu crois qu'il est là pour la soutenir, peut-être ? », ironise douloureusement mon petit frère aux yeux gris.

« Y'a aussi Kingsley », je décide de souligner. Le Chef des Aurors discute en effet aux vues de tous avec Carley, Dawn et Mãe. Dawlish a dû estimer qu'il devait venir.

« Tu crois que King sait qu'il peut montrer son soutien ? », espère Cyrus.

« En tout cas, il n'a pas trouvé un prétexte pour échapper à la débâcle », j'estime avec révérence.

Comme on ne peut pas en savoir plus, j'entraîne Cyrus vers Bill, Fleur et Sorenzo. Percy et une fille que je ne connais pas discutent avec eux. Avec un peu de chance, ils en sauront plus.

« Harry, Cyrus, je vous présente ma collègue, Amity Douglas », nous accueille Percy avec plus de naturel que souvent. Je me dis que c'est la présence de Bill – Bill n'a jamais été impressionné par son petit frère, et Percy semble même avoir renoncé à changer ce fait. Ou qu'il sait que Mãe ne va pas se faire saquer...

« Je me souviens de vous », signale Cyrus en serrant la main de la jeune femme. « Vous avez accompagné les Aurors lors de la première enquête... »

« Je... je suis contente de voir que même des mois après... tout ça, on va vous rendre justice », commente la jeune femme. « Enfin, j'ai cru comprendre que vous avez dû surmonter bien d'autres épreuves mais... »

« J'espère moi aussi que justice sera rendue », la coupe Cyrus avec son sourire le plus formel. J'imagine qu'elle ne s'en rend pas compte.

« La Coopération magique espère que le jugement sera équilibré », glisse Percy. Comme nous le regardons tous, il se sent obligé de développer : « Il faut mettre un terme aux actions terribles de ce groupe – la Grande-Bretagne ne veut pas d'un rappel international sur le respect du Secret par exemple », il chuchote en regardant autour de lui comme s'il craignait qu'on l'espionne. « Mais se fâcher avec la Suisse ou l'Espagne... »

« Même si ça fera plaisir au Brésil ou à l'Italie ? », feint de demander Cyrus.

« Tout ça est compliqué », admet Percy nerveusement.

« Sans compter les relations officielles avec Lo Paradiso », je ne peux m'empêcher de rajouter.

« Officielles? », souligne Percy malgré lui.

« Grand-père aura mangé deux fois avec les représentants de Lo Paradiso », je lui apprends sans trop de charité. J'adore tous les Weasley sauf Percy. Il m'a toujours donné l'impression d'avoir une revanche à prendre – comme si j'étais en partie responsable de l'injustice qui lui avait été faite. « C'est un signe, non ? »

« Ça ne peut qu'être bon pour l'équilibre des relations extérieures de notre communauté », estime Cyrus dans une si parfaite imitation du ton sentencieux de Percy que Fleur se détourne pour cacher son sourire. Bill et Sorenzo échangent un regard furtif, mais Amity ouvre la bouche en pesant les implications de nos révélations.

« C'est une prise de position très... importante », elle arrive à commenter.

« A priori soutenue par le ministre », je décide de rajouter, parce qu'au jeu des rumeurs, autant défendre celles qui nous plaisent. Cyrus me jette un bref regard aussi inquisiteur qu'amusé.

« Bien sûr », confirme Percy en essayant de revenir dans la discussion.

« Espérons ne pas être déçus », commente sagement Bill, et je me dis qu'il est plus raisonnable que moi. Percy n'a aucun pouvoir sur la décision qui importe, et notre petite attaque est juste puérile. Comme si nous pouvions nous payer le luxe d'être puérils !

L'arrivée d'Arthur que Ginny semble être allée chercher je ne sais où, nous évite de nous enliser dans cette discussion sans issue. Derrière eux, suivent Granny et Ted avec les jumeaux qui s'échappent de leur contrôle pour se jeter dans nos bras.

« Ne me regarde pas comme ça, Harry, je ne voulais pas les amener », commente amèrement Granny.

« Nymphadora veut qu'ils soient là », indique Ted, et Cyrus et moi nous tournons d'un seul geste vers notre mère adoptive qui est en train de parler dans son miroir et ne nous regarde pas.

« On n'a pas le droit d'aller la voir », regrette Iris.

« Après », je commente faute de meilleure idée. Il y a un « après » tellement désirable qu'il semble inaccessible.

« Elle en appelle aux juges – ne peuvent-ils rendre justice à des enfants », estime Percy.

« Nous ? », s'étonne Kane, les sourcils froncés.

« L'important est qu'on en ait vite fini », assène Cyrus sur un ton qui semble bien impressionner Percy.

« Nous sommes tous là pour vous soutenir », rappelle Arthur, et mon frère a la bonne grâce de lui sourire et de cesser de s'en prendre à son fils-le-soi-disant-diplomate.

« Mais qui sont tous ces gens ? Vous savez ? », je m'enquiers à voix basse en montrant la dizaine de personnes installées sur les deux premiers rangs.

Il y a des sorciers nerveux. Un couple assez jeune se serre l'un contre l'autre, tête basse. Il y a même des gens habillés en moldu – des vrais moldus en bref. Tout le monde hausse les épaules sauf Cyrus qui semble réaliser quelque chose

« J'aurais dû y penser ! Les témoins locaux – les gens qui connaissaient le XIC... voire travaillaient pour eux... le Moldu muet – Norman White ou un truc comme ça... et puis les flics... »

« Sans eux, pas d'affaire ici », commente Granny d'un air entendu.

« On pense trop à l'Italie et au Brésil, mais pour le Magenmagot, le XIC, c'est avant tout un trafic de potions et un enlèvement... Tu vois le gars et la fille là-bas ? En veste à carreaux ? Ce sont des policiers moldus – je me rappelle les avoir rencontré à l'époque... Christopher Connelly et

Angelique Bosh, si je me rappelle bien »

« Tu devrais aller les saluer », estime Granny. « Ces pauvres gens ne connaissent personne ! »

Cyrus protesterait bien mais Granny a l'air convaincue, et Kane souffle :

« Des vrais policiers ? »

« Tu viens avec moi ? », lui propose Cyrus.

J'en suis à me demander si j'ai raison de laisser mes deux petits frères partir en ambassade – oui, je sais, je suis possessif, quand une question sans rapport avec l'exotisme des policiers moldus me vient :

« Alors, Archi devrait être là ! Pourquoi il n'est pas là ? Tu l'as appelé, Cyrus ? »

L'aîné de mes petits frères se fige devant la question, marmonne une vague excuse polie en direction de Granny et Ted et sort à grands pas, abandonnant Kane sans une seule explication. Ginny fait le geste de le suivre mais il refuse d'un geste de la tête. Elle me regarde et je ne peux que hausser les épaules. Dans un de ces réflexes fraternels acquis il y a trop d'années, je couvre le départ de Cyrus en présentant Brunissande à ceux qui ne la connaissent pas – notamment mes grands-parents. Elle tient le choc de l'air ravie de Granny et du sourire en coin de Ted avec une relative bonne grâce. Percy tient à dire qu'il sait que la famille Desfées est importante en France. Fleur explique leurs liens familiaux à trois générations.

Le badinage poli pourrait continuer. Mais un silence étrange, comme une arrivée de Détraqueurs, envahit la salle quand les avocats du XIC entrent par une porte sur la gauche. Dawn Paulsen se redresse comme pour un combat. Mãe vient se placer à ses côtés avec une rigidité physique qui lui ressemble mal – l'ai-je déjà vue dans un prétoire ? Je me rends compte que non. Je ne peux m'empêcher de regarder le choix de Kingsley. Il croise les bras et se place derrière les deux représentantes de la Division. Il ne se désolidarise pas, et je l'aime pour cela. Deux rangs derrière lui, je vois le major Ingiusto et Corvoz, le commandant de la Division de Genève. Toutes les ramifications de cette histoire me font penser à un filet du diable : plus on essaie d'y échapper, plus on se sent étouffer.

Un greffier va fermer les portes dans la salle quand Cyrus revient, accompagné d'Archi. Ils ont l'air de gens qui veulent avoir l'air de n'avoir rien à cacher. OK, j'ai dû trop d'années déjouer leurs conneries mais je crois sincèrement que je suis dans le vrai. Ginny a l'air de penser comme moi, ce qui est presque une confirmation superflue.

Pendant que j'essaie d'imaginer seulement ce qu'ils peuvent avoir fait, le greffier annonce l'entrée des accusés : Kuno, Hermosa, Vassili, Jérémie, Traugott, dans cet ordre, encadrés par trois jeunes Aurors, dont Seamus Finnigan. Ils ont l'air singulièrement fatigués et penauds pour qui les a vus menacer, torturer ou jeter des maléfices. Contre toute raison et prudence, je veux voir dans leur expression un bon augure. Quand ils sont installés, sans entraves, et que le silence s'est fait plus pesant encore, presque menaçant, le greffier annonce la cour. Les trois juges entrent solennellement et prennent place sur l'estrade au centre de la pièce. Sans réellement attendre, comme pressée d'en finir, Amélia Bones lève sa baguette pour amplifier sa voix :

« Nous, juges du Magenmagot, réunis au nombre de trois, répondons à la requête qui nous a été déposée par la Division des Aurors. Nous considérons ici l'accusation pesant sur cinq sorciers de différentes nationalités, pour des faits constatés sur le territoire britannique. Tous les cinq sont accusés d'association illégale en vue de produire et de vendre à des fins d'enrichissement personnel des potions interdites. Ce commerce illégal est aggravé par la vente d'une partie de la production à des personnes moldues, menaçant le respect du Traité international sur le Secret », elle résume, et Percy à ma gauche souligne d'un geste appréciateur de la tête cette dernière précision.

« Selon l'accusation, ces activités se sont accompagnées d'actes d'intimidation et de corruption ainsi que de violences physiques allant jusqu'à l'enlèvement et le meurtre », rappelle Amélia Bones. « La Division nous a par ailleurs invités à considérer les accusations portées contre le même groupe de personnes dans d'autres pays avec lesquels notre pays entretient des relations cordiales et positives. Ces affaires devaient nous amener à mesurer la possibilité de réseaux internationaux. Nous, juges du Magenmagot avons pesé tout cela. »

J'évite de regarder Cyrus, je ne supporterais pas qu'il doute. Brunissande me prend la main, je la serre.

« Après avoir écouté tous les témoins réunis par la Division, après avoir donné un libre droit de contre-interrogatoire aux représentants des différents accusés, après avoir nous mêmes interrogé ces cinq personnes mises en examen, nous rendons notre avis », conclut Amélia Bones avec une pause dramatique. Elle tend la main vers un verre d'eau et boit une gorgée avant de reprendre la lecture d'un parchemin que lui a passé Tiberius Ogdden, d'une voix encore plus forte et solennelle.

« Le Magenmagot de Grande Bretagne retient en définitive les accusations suivantes : Kuno Teuffer, citoyen suisse étudiant en Grande-Bretagne, est accusé d'association illégale en vue de produire et de vendre à des fins d'enrichissement personnel des potions interdites sur le territoire britannique. Il nous est apparu comme ayant sans doute commandité et participé à différents actes d'intimidation, de corruption ou de coercition. Nous demandons à la Suisse de nous autoriser à le juger pour ces faits. »

L'avocat de Kuno est tenté de se lever mais il est retenu par son voisin. Amélia Bones fait comme si elle ne l'avait pas remarqué. Je regarde Mãe et Dawn, elles sont raides comme la justice qui devrait être rendue. Elles devaient compter sur cette accusation-là. Moi, je pense au vieux Teuffer, et je me demande si la Suisse va accepter.

« Hermosa Fioralquila McNair, citoyenne britannique et espagnole », reprend Amélia Bones, en insistant sur le 'et', « est accusée d'association illégale en vue de produire et de vendre à des fins d'enrichissement personnel des potions interdites sur le territoire britannique. Elle nous est apparue comme ayant sans doute commandité et participé à différents actes d'intimidation, de corruption ou de coercition sur le territoire britannique et en dehors. Nous demandons à l'Espagne de ne pas utiliser ses prérogatives et de nous laisser la juger pour ces faits. Nous recommandons également à la Division de la coopération magique et à la Division des Aurors de partager pleinement leurs informations avec les autorités brésiliennes qui l'ont arrêtées pour des activités au moins aussi graves sur leur territoire ».

Percy et Amity soupirent imperceptiblement de concert. Ils voient s'amonceler des complications diplomatiques mais moi, je ne peux que me réjouir : Hermosa était la mieux protégée de l'avis de tous. Elle est aussi celle qui a plongé Remus dans ce coma débilitant. Acceptera-t-elle maintenant de nous donner plus d'indications sur le sort qu'elle a utilisé ?

« Jérémie Lavendin, citoyen suisse, est accusé d'avoir participé à des actions d'intimidation, de corruption et de coercition sur le territoire britannique. Ces chefs d'inculpations pourraient être revus lors de l'instruction des deux précédents accusés si la preuve était faite de son implication dans d'autres facettes de cette affaire. Nous demandons à la Suisse de nous autoriser à le juger pour ces faits. Nous recommandons également à la Division de la coopération magique et à la Division des Aurors de partager pleinement leurs informations avec les autorités italiennes qui l'ont arrêté pour des activités a priori encore plus graves sur leur territoire. »

« Prends-ça », marmonne Cyrus avec venin.

« Vassili Garinov, citoyen bulgare, est accusé d'association illégale en vue de produire et de vendre à des fins d'enrichissement personnel des potions interdites sur le territoire britannique. En raison de la bonne volonté dont il a fait montre pendant son interrogatoire, nous retenons pour l'instant d'autres chefs d'accusation. Nous demandons à la Bulgarie de nous autoriser à le juger pour ces faits. Nous recommandons également à la Division de la coopération magique et à la Division des Aurors de partager pleinement leurs informations avec les autorités brésiliennes qui l'ont arrêtées pour des activités au moins aussi graves sur leur territoire », continue Amélia Bones presque plus gentiment, comme si elle demandait à tous de prendre en compte la coopération de Vassili Garinov.

Cyrus lâche un juron dépité mais je peux voir les épaules de Dawn Paulsen se détendre – visiblement, elle a ce qu'elle voulait. Reste Traugott, je réalise en jetant un coup d'oeil un peu nerveux à Sorenzo. Amélia Bones reprend une gorgée d'eau avant de statuer sur son sort :

« A la lumière des témoignages entendus, Traugott, citoyen suisse, ne peut être poursuivi pour les activités délictueuses constatées sur le sol britannique. Nous demandons instamment aux autorités suisses de bien vouloir coopérer avec les autorités italiennes qui nous l'ont remis après son arrestation pour des activités condamnables sur leur territoire. »

Sorenzo a un petit rire poli à côté de Bill, qui grimace, mais aucun des deux ne semblent surpris. Körbl, qui s'était tassé en entendant les accusations s'amonceler sur les épaules de ses comparses, se redresse comme s'il était un homme innocent. Je me retourne pour voir ce qu'en pense le Major Ingiusto mais je ne peux pas croiser son regard.

« La Cour remercie l'ensemble des témoins pour leur coopération », ajoute Bones avec emphase. « Elle leur demande de se tenir à la disposition de cette Cour pour la suite de l'instruction de ce procès. Même si nous ne pouvons vous imposer de garder le silence, nous vous remercions par avance de garder une saine prudence par rapport à toutes les déclarations que vous pourriez être amenés à faire, individuellement ou non, à la presse. N'oubliez pas que la justice a besoin de sérénité et non de sensation. Cette audience est levée. »

Les accusés sont les premiers à réagir. Kuno et Hermosa, surtout. Ils commencent à protester mais les trois Aurors en charge de leur surveillance les entraînent vers une porte au fond de la pièce. Seul Traugott Körbl est laissé libre – ses avocats se dépêchant de le récupérer. Les autres défenseurs ne semblent pas avoir le courage de prendre position ou d'aller réconforter leurs clients. La scène déclenche une réaction de la salle. Lentement, des gens se mettent à applaudir. Les Weasley à ma gauche se joignent à eux. Moi, je n'y arrive pas. Cyrus non plus. Archibald commence à prendre des notes sur un petit calepin noir jusqu'à ce que Cyrus le regarde. Tout ça va très vite. Kane tire sur ma manche et Iris demande :

« Qui a gagné ? Mãe a gagné ? Pourquoi vous n'applaudissez pas ? »

« Parce que la bataille ne fait que commencer d'une certaine façon », je me force à répondre – je devrais peut-être les rassurer mais on ne m'a pas éduqué dans le mensonge ou les faux espoirs. Je ne vais pas commencer avec mon petit frère et ma petite sœur.

« Il n'y a pas de raisons d'applaudir des juges qui n'ont fait que leur travail », rajoute Brunissande avec une pointe d'amertume. Je me dis que, comme moi, elle reste sans doute agacée par la non inculpation de Traugott. L'Italie sera-t-elle en mesure d'obtenir la coopération de la Suisse contre lui ?

« Maintenant on va se préparer pour aller au Brésil », annonce Ginny aux jumeaux sans doute pour les amener à penser à l'avenir, même si Granny a l'air furieuse de l'entendre.

« Papa a besoin de nous », commente gravement Kane – ça me fait presque frissonner la manière dont il dit ça. Je repense à la promesse qu'il nous a faite l'autre soir – devenir Médicomage pour nous soigner tous, à l'accusation qu'il m'avait adressée il y a quelques mois de ne pas en faire assez. Je ne sais pas trop quoi lui dire.

« A tout ce monde là, on ne peut pas échouer », sourit Brunissande. Je sens bien que comme Ginny, elle a voulu alléger les esprits mais Iris la regarde avec une nette méfiance.

« Tu vas venir ? », elle lui demande bien en face.

« Oui », je réponds à la place de mon amie et en espérant couper l'enquête de ma petite sœur dans l'œuf.

« C'est ta nouvelle amoureuse ? », elle vérifie après un regard à son jumeau.

« Oui, Brunissande est mon amoureuse », je confirme en serrant la main de ladite amoureuse. Je ne sais pas trop quel type de contact ou patience elle a habituellement avec les enfants.

« Plus Ada ? » Comme je secoue la tête, Iris soupire : « J'aimais bien Ada. »

« Personne t'empêche de continuer », je réponds en m'accroupissant pour qu'on soit à la même hauteur. Je suis obligé de lâcher la main de Brunissande pour le faire.

« Mais toi, tu ne l'aimes plus ? », interroge Kane, venant au secours de sa jumelle avec la fiabilité d'un scrutoscope du meilleur faiseur.

« Ce n'est ni le moment, ni l'endroit », nous gronde collectivement Granny à voix basse.

« Je ne l'aime plus comme amoureuse », j'essaie de répondre à l'interrogation de mes petits frères et sœurs. Y a-t-il vraiment des lieux et des instants meilleurs que d'autres pour le faire ?

« T'es pas resté longtemps avec elle », commente Iris en regardant Brunissande d'un œil critique, comme pour évaluer combien de temps, cette amoureuse-là restera dans ma vie. Je suis totalement mortifié de l'évolution de la conversation, comme Granny sans doute, qui veut de nouveau intervenir, mais je n'ai pas envie de me défiler.

« On s'est trompés tous les deux sur nos sentiments. On croyait qu'on était amoureux mais en fait on était juste amis », j'essaie d'expliquer.

« Avec Aurore et Myrna aussi tu t'es trompé ? », s'inquiète maintenant Kane

Cyrus a un rire nerveux dans mon dos avant de le soulever du sol pour venir à mon secours :

« Tu verras, microbe, que ça n'a rien à voir avec les tables de multiplication : c'est facile de se tromper, d'aller trop vite ou pas assez. Et avant que tu ne demandes, je ne suis pas meilleur que Harry parce que je suis avec Gin depuis longtemps. J'ai juste une énorme chance, plus grande qu'un dragon ! »

« Plus grande que le calamar géant de Poudlard ? », questionne Kane avec un sourire plus de son âge que lorsqu'il veut guérir le monde.

« Bien plus ! »

Je regarde Iris en essayant de voir si on a déminé l'affaire.

« T'es fâché ? », elle veut savoir, jugeant que les pressions de Granny et l'intervention de Cyrus indiquent sans doute qu'elle est allée trop loin.

« Tu as le droit de poser des questions », je réponds prudemment. « Tu ne choisis pas toujours super bien l'endroit, mais tu n'as pas eu beaucoup d'autres occasions... »

Les Aurors et policiers magiques qui essaient de vider la salle, en répétant que l'audience est terminée, arrivent jusqu'à nous, alors qu'on se sourit. Ils sont un peu moins pressants avec nous sans doute, mais leurs intentions restent claires. Je regarde Mãe en grande discussion, de nouveau, avec Kingsley, grand-père et le major Ingiusto qui a dû arriver quand je ne regardais pas. Ils sortent par une porte latérale sans se retourner. Dawn range méthodiquement ses dossiers. Carley vient vers nous :

« J'ai ordre de vous faire rejoindre la salle de réunion », il indique. « En comité aussi réduit que possible... »

« Nous allons rentrer », indique immédiatement Granny en posant les mains sur les épaules d'Iris qui se raidit. « Nymphadora viendra quand elle pourra... »

« Je veux voir Mãe », proteste Iris, et Kane opine son assentiment depuis les bras de Cyrus. Un grand classique.

« Elle viendra quand elle aura fini et elle sera toute à vous », leur glisse Cyrus. « Nous on va juste l'aider à venir plus vite, d'accord ? »

« D'ailleurs, moi aussi, je vais rentrer », annonce Ginny. « Allez-y tous les deux, vous nous direz ce qu'i savoir », elle commence et puis ses yeux tombent sur Brunissande et elle a un geste muet d'excuse. Elle l'avait oubliée.

« Je viens avec toi », accepte mon amie avec un sourire un peu forcé. « Je doute d'être très utile de toute façon. »

« Mais Archi reste là », affirme Cyrus, et ça semble plus un ordre pour son copain qu'autre chose. « Il a des choses à demander au lieutenant... »

Paulsen fronce les sourcils mais il nous laisse passer tous les trois. Je veux me retourner pour juger de comment Brunissande prend les derniers commentaires de ma pas si diplomatique famille, mais elle ne se retourne pas.

oo

« Je ne peux pas en faire une mission officielle, Tonks. Même s'il s'agissait d'une suite à l'enquête, je devrais envoyer Paulsen », plaide Kingsley Shacklebolt quand nous les rejoignons.

Il ne ressemble pas beaucoup à l'homme distant mais ferme qu'il jouait dans la salle d'audience. Il semble emporté par un mélange de désespoir et de colère, et je me demande même s'il s'est rendu compte de notre arrivée. Mãe n'a pas osé tourner la tête vers nous. Seul Grand-père nous a fait un imperceptible signe de tête qui semble dire de les laisser à leur discussion comme lui le fait. Les Aurors suisses et italiens ont disparu. J'imagine qu'ils seraient moins explicites sinon.

« Je sais, Kingsley, je demande juste une disponibilité », répond Mãe sur un ton épuisé.

« Maintenant, Dora ? Après tout ce que tu as mis en branle, tu prends des vacances ? Qui va faire le boulot ? Dawn ? », continue de rager Shacklebolt - je me rends compte que je ne l'ai jamais vu dans cet état.

« Je vais chercher Remus, Kingsley. Le procès n'aura pas lieu demain ! », plaide à son tour Mãe.

« Nul autre que toi ne peux... »

« Je ne pars pas en vacances : je vais voir si on peut ramener Remus sur ses deux pieds ou non. Au plus tard, je suis là le lendemain de la pleine lune... »

« Le lendemain... ? »

« Sans doute avant, Mãe », je me risque. « On a avancé et on pense que tout doit être réglé avant la pleine lune... », je rajoute.

« Au plus fort de la croissance lunaire », rajoute Cyrus avec une conviction nouvelle.

Kingsley se tourne vers nous presque avec surprise et secoue la tête en soupirant :

« Quelqu'un aurait-il l'amabilité de me traduire votre charabia ? »

« Commandant Shacklebolt », commence Grand-père, « tout dépend de ce que vous voulez savoir. Quand vous récupérez votre lieutenant ou ce qui va se passer au Brésil ? »

« Vais-je récupérer mon lieutenant ? », est l'étrange réponse de Kingsley.

« Tu vas me saquer maintenant ? », s'agace Mãe sans prendre aucun gant.

« Ma question, Dora, est "vas-tu revenir" ? Je veux dire, à quel point, vas-tu revenir. Remus est dans le coma, vous semblez vouloir essayer un soin lié au cycle lunaire, j'imagine que c'est en lien avec sa lycanthropie – et si, Monsieur le Directeur de la Coopération magique, je souhaite savoir si cela peut violer une quelconque règle magique, non parce que je m'inquiète pour ma carrière mais parce que je souhaite récupérer mon lieutenant », développe Kingsley en se tournant vers grand-père avec un emportement rare. « Quand je dis récupérer, il ne s'agit pas de sa présence dans les bureaux de la Division, il s'agit de son appui, sa capacité d'analyse et d'enquête, et non son efficacité à sauver la peau de ses fils qui devraient être assez grands pour éviter de tels pièges ! »

On ne prémédite rien, mais on pique du nez en même temps, Cyrus et moi. Archibald doit être ravi – la liberté d'information de la presse n'a jamais été autant respectée. Tout bien considéré, vu comme il se fait petit derrière Cyrus, je n'en suis pas si sûr.

« Ils sont grands mais les pièges étaient immenses », commente froidement Mãe sans nous regarder.

« Ce serait à refaire... »

« …. je recommencerais. »

« Tu n'as pas confiance en moi », s'agace Kingsley clairement touché. « Comment puis-je, moi, te faire confiance ? »

« Je prends mes responsabilités, King. Tu as une Division à diriger, tu ne dois rien à ma famille. Si tu veux prendre des... décisions disciplinaires, je peux le comprendre. J'ai toujours su quel était le risque – sauf que ce risque là n'était rien à côté de la vie ou la liberté de mes fils... »

« Dora... », soupire Kingsley, et même Grand-père a l'air de penser que trop de sincérité nuit sans doute à la conversation.

« Je sais très bien que je ne te rends pas la partie plus facile, mais je ne vais pas te mentir. Suspends-moi, rétrograde-moi... »

« Pour mettre qui à la place ? Kahn ? Dawlish ? », l'interrompt Kinsgley avec colère. « Sois sérieuse, deux secondes ! »

« Je... » , commence Mãe avant de reconnaître sa défaite. Il n'y a pas d'excuse, sans doute, qu'elle puisse présenter et Kingsley accepter. Comme je m'estime toujours bien plus que Cyrus responsable de cette situation, je ne peux m'empêcher de soupirer bruyamment mais personne ne me regarde.

« J'ai besoin de toi, Dora. J'ai presque envie de dire que j'ai malheureusement besoin de toi, à mes côtés et au maximum de tes capacités », dit très doucement Kingsley. « Paulsen ne peut pas te remplacer... »

« Je pourrais l'appuyer... un temps... »

« Ce ne serait pas un très grand service à lui rendre – il l'accepterait pour nous faire plaisir mais il ne le vivrait pas comme une promotion méritée... »

« Parce que je mérite... ? »

« Non, pas si tu ne réalises pas que tu aurais pu faire tout cela autrement ! », assène assez sèchement Kingsley. « Tu n'as pas joué franc jeu avec moi, Dora. »

« J'ai essayé », elle murmure.

Grand-père se racle alors doucement la gorge et tous, on le regarde.

« Je me permets de vous interrompre. J'ai l'impression que vous ne réussirez pas à aller plus loin aujourd'hui. Vous portez encore tous les deux trop de pression pour y arriver. Kingsley, laissez partir Dora au Brésil et reprenez cette discussion à son retour. Ne l'obligez pas à prendre maintenant des engagements qui ne peuvent que lui faire peur si vous ne voulez pas qu'elle démissionne par pure loyauté. Dora, n'obligez pas, Kingsley à choisir entre être votre ami et diriger les Aurors – vous savez combien ce choix est cruel. »

« Je veux de tes nouvelles », souffle Kingsley après quelques secondes d'un silence haletant.

Mãe opine, visiblement incapable de parler, et Kingsley lui serre brièvement l'épaule avant de se diriger vers la sortie.

« Commandant Shacklebolt », se lance alors Cyrus alors que personne ne s'y attend. Kingsley se retourne. « J'ai amené mon ami Archibald McLeish ici parce qu'il me semble que vous devriez donner votre avis sur un point relativement précis. Quelles peuvent être les suites médiatiques de tout ça ? Amélia Bones a demandé la réserve mais nous savons tous que l'absence de mon père... la décision prise aujourd'hui, avec ses ramifications internationales... »

« Il faut prendre les devants », approuve Grand-père d'un air entendu. Je revois Archi prenant des notes pendant l'audience et Cyrus essayant de le contenir. L'urgence est sans doute de taille.

« Vous avez quoi en tête ? », interroge Kingsley.

« Vous ne voulez pas que Archibald vous interviewe ? Sur la coopération entre les différentes enquêtes par exemple... Il y a une grande chance que les autres journalistes creusent le même angle », continue d'argumenter Cyrus.

Kingsley dévisage longuement mon frère avant de répondre.

« J'ai un peu l'impression de m'être fait piéger, jeune homme... »

« Commandant », reprend Cyrus restant formel. « Archibald peut sortir d'ici sans rien d'autre que sa propre histoire à raconter. Je vous laisse négocier avec lui qu'il la taise. Ça ne changera pas grand-chose parce que la décision du Magenmagot va être commentée dans la presse dans tous les cas. La presse va être d'autant plus excitée qu'elle a été tenue à l'écart des audiences et même de l'annonce de la décision finale. Si j'étais un des avocats du XIC, je serai déjà à la recherche d'un journaliste compréhensif et Sindri Rowle ne peut pas ne pas en connaître... C'est en parlant avec Archibald que j'ai compris l'ampleur du problème – honnêtement, ce n'est pas ma priorité. Prenez ça comme une forme d'excuses personnelles pour avoir entraîné votre lieutenant si loin des modi operandi de la Division », il termine.

Il y a un sourire fugace sur les lèvres de grand-père comme une confirmation de la qualité de l'argumentaire de mon petit-frère ; sacré Cyrus, capable de tant de choses différentes et contradictoires. Comme de transformer la grosse indiscrétion que son meilleur copain était en train de commettre en stratégie de communication...

« J'ai dix minutes à vous accorder », lâche Shacklebolt en se tournant vers Archibald.

« Maintenant ? », balbutie ce dernier, un poil intimidé par la situation, je le vois bien.

« Il me semble que nous ne devrions pas attendre que la Gazette ait bouclé son édition », commente Kingsley en ouvrant la porte.

Archibald le suit après une infime hésitation fermement réprimée. Il n'ose pas pavoiser mais il se prépare déjà à l'entretien quand la porte se referme.

« Tu aurais pu m'en parler », souffle Mãe, entre reproche et soulagement.

« Si je te disais à quel point tout cela est improvisé, tu aurais de nouveaux cheveux blancs », reconnaît Cyrus. Elle ferme les yeux.

« Tu m'en as parlé », elle admet finalement, au moment même où je pariais qu'elle allait exploser. « Tu m'as dit qu'il faudrait agir avant que quelqu'un comme Archi ait envie de parler... j'ai cru qu'on aurait le temps... »

« Je crois que la solution trouvée par Cyrus... », commence Grand-père, sur le ton de la médiation.

« Espérons que ça suffise, je détesterais partir en laissant Kingsley devant une tempête médiatique – car nous partons bientôt, n'est-ce pas ? », le coupe Mãe en se tournant vers moi comme si j'étais le seul à décider.

« Dès que tu peux », je réponds malgré toutes les incertitudes qui nous assaillent toujours.

« Je vais faire le point avec Dawn et Carley... sur ce qu'ils peuvent faire tout seul », décide Mãe avec une énergie nouvelle. « Kingsley a raison... je ne peux pas les planter là... Je vous rejoins dès que je sais que je suis vraiment libre... »

« Les jumeaux... sont retournés chez Granny et Ted et... », je glisse en revoyant leur air inquiet.

« J'irai les prendre. »

On se regarde tous, épuisés par les implications et les batailles passées et à venir.

« On t'attend alors », commente faiblement Cyrus.

Elle sourit faiblement. J'opine, me disant qu'on a fait le tour de ce qui était possible – que parler de la libération de Körbl ou de la limitation de l'inculpation de Garinov serait retourner le fer dans la plaie, quand une question me vient.

« Est-ce qu'on a pu demander à Hermosa quel sort, elle... »

« Tu veux que je te résume la position d'Hermosa, Harry ? », questionne Mãe très bas. « C'est une victime. Comme Bettany, elle a été entraînée là par Kuno et Jérémie, des jeunes gens de bonne famille en qui elle pensait pouvoir faire confiance. Elle a supplié Cyrus de l'emmener quand il s'est enfui avec Bettany, Aesthélia et les autres, mais il n'a visiblement pas osé le faire. Elle était sur les lieux de la bataille finale contre son gré et s'est battue avec Bettany uniquement parce que celle-ci a continué à la tenir pour complice de Vassili... Un terrible malentendu. »

« Elle fait quoi de ce que Paulsen a vu de ses yeux ? De ses menaces contre moi ? », s'insurge Cyrus.

« Elle fond en larmes et affirme qu'elle est victime d'une machination », soupire Mãe avec une philosophie nouvelle. « Bones n'y a pas tellement apporté de crédit, mais tu vois bien qu'elle ne reconnaîtra jamais avoir touché Remus – taire le sortilège est même sans doute sa seule vengeance actuelle... Si on arrive à la garder ici, elle perdra peut-être de son arrogance après quelques semaines de prison, mais nous n'avons pas le temps d'attendre. »

oooo

Notes

Norman White, moldu muet, employé de Babouchka Cleaning, geolier d'Archibald, membre du XIC.

Ian Waterman, moldu, directeur de Babouchka cleaning, mariée à Jenna Garinov, membre du XIC.

Jenna Waterman, née Garinov, sorcière bulgare, cousine de Vassili Garinov, attaché culturel de l'ambassade de Bulgarie, membre du XIC.

Sindri Rowles, sorcier britannique, avocat des familles au sang pur en général et de Kuno Teuffer en particulier.