Les pupilles de sang

Résumé : Kurapika a disparu du manga quand il est allé chercher les pupilles de sang. Il en a récupéré quelques-unes mais pas toutes. Cette fois-ci il en a repéré un bon paquet dans le manoir enchanté d'un vieux déjanté... Kurapika part pour l'aventure, suivit à contrecœur de ses amis collants Gon, Kirua et Léolio!

Petit mot: merci pour votre lecture et excusez mes publications hasardeuses… je passe déjà trop de temps devant l'ordinateur !


Chapitre 3 : Une rencontre tellement espérée

Blanc et douillet. Comme être dans un nuage et protégé par eux. La sensation moelleuse de se sentir entouré par quelque chose d'agréable et de réconfortant. Nôkô se réveilla avec cette idée à l'esprit lorsqu'elle reprit conscience dans un petit hôtel en bord de plage. Elle se redressa rapidement sans savoir où elle était. Elle put apercevoir que le soleil rentrait par la fenêtre et dans un coin...

- Gon!

La personne interpellée se retourna.

- Oh Gon! Je suis tellement désolée de te causer autant d'ennuis! C'est... ces types m'ont capturée et puis ce...

- Ne t'inquiètes pas, la rassura calmement Gon. J'ai un ami qui est allé travailler au château du collectionneur, je peux lui demander de faire quelque chose.

- J'ai eu si peur Gon!

- Tout va bien se passer...

Kirua rentra soudainement avec un paquet de friandises et quelques tablettes de chocolats.

- Petit déjeuner! s'exclama celui-ci les yeux gourmands.

Nôkô observa tout cet arrivage de marchandise avec stupéfaction. Ce n'était vraisemblablement pas les petits déjeuners qu'elle avait l'habitude de prendre.

- Qu'est-ce qui va m'arriver? demanda-t-elle encore inquiète.

- Il faut que tu retournes à l'île de la Baleine, fit Gon. Tes parents...

- Non! s'écria Nôkô effrayée. Ils me traqueront!

Gon regarda Nôkô avec compassion.

- Il faudrait contacter Léolio non? proposa Kirua.

Gon resta pensif, Hisoka suggérait d'aller affronter l'organisateur de tout cela. Mais c'était du suicide, surtout depuis que leur ami travaillait là-bas. Hisoka était-il au courant de cela? S'amusait-il à voir des amis se mettre des obstacles? Si Gon allait effectivement arrêtait le collectionneur, Léolio n'aurait plus de travail. Mais Léolio avait sans doute une bonne raison d'être allé travailler là-bas. Etait-ce en lien avec Kurapika? Non, pas à ce qu'il sache. Et de toute façon Léolio ne savait rien de ce dernier non plus.

SHUUUUUUUU!

De la fumée sortait des oreilles de Gon. Kirua lui donna un coup sur la tête pour le ramener à la réalité.

- Aïe!

- Arrête de te prendre la tête, on verra en temps voulu!

Gon acquiesça.


L'hôtel "Au bout des rêves" était un hôtel luxueux qui se présentait sous une forme de montagne entourée par des nuages artificiels. Kurapika entra et se rendit à la chambre qui était inscrite sur la carte de visite de l'hôtel. Il sonna à la porte, on lui ouvrit. C'était une femme aux cheveux châtains clair, les cheveux tirés en chignon strict, des lunettes rectangulaires et elle était vêtue d'un tailleur. Ses yeux s'illuminèrent quand elle vit Kurapika sur le seuil.

- Oh ! Rentrez! s'exclama-t-elle ravie.

Kurapika ne souriait pas du tout, mais il rentra quand même.

- Je suis tellement surprise d'être en votre présence, fit-elle presque émue.

Kurapika serra les dents.

- Vous boirez bien quelque chose? demanda la femme au chignon.

- Non merci, souffla Kurapika tendu.

- Allez! Du champagne! Ce n'est pas tous les jours que je reçois un membre du clan Kuruta comme ça!

Il commençait à reperdre patience. Ça ne l'amusait pas de tout de voir une personne qui le considérait comme un être exceptionnel seulement parce qu'il venait d'un clan en extinction et qu'il en était le seul représentant.

- Quand je lui en ai parlé, il a bien sûr été ravi! raconta la femme tout en se servant du champagne. Rien de tel ne lui ferait plus plaisir! Et à moi aussi!

Kurapika fronça les sourcils.

- Je suis ethnologue! En fait j'ai fait ces études-là avant de me dédier aux affaires! Et là j'ai en quelque sorte décrochée l'affaire du siècle!

La femme gloussa, il semblait qu'elle était déjà éméchée.

Kurapika serra ses poings, il devait garder son sang-froid et ne pas passer sa colère sur cette femme stupide, qui le considérait plus comme un trophée que comme un humain. Il avait toujours su garder son calme, sauf quand il s'agissait de l'araignée. Cependant depuis quelque temps, il perdait souvent son calme et était impatient. La recherche des pupilles écarlates n'avançait pas aussi facilement et il n'avait pas la patience d'être altruiste, surtout avec des personnes qu'il considérait comme des déchets. Il respira un grand coup et posa enfin une question.

- Quand me conduirez-vous à ce type?

La femme le regarda surpris.

- Vous êtes si pressé que ça! Enfin c'est normal d'avoir hâte! C'est un endroit merveilleux! Comme un paradis! Vous pourrez faire tout ce que vous voulez! Manger, boire, dormir, vous balader dans les grands champs, regarder la télé, jouer à la console, chanter, danser! Le luxe est offert! Tout ce que tout le monde rêve de faire!

- Tout ça en échange de la liberté... commenta Kurapika à voix basse.

- Qu'est-ce que vous avez dit? demanda la femme aux lunettes distraite.

- Non rien, affirma Kurapika.

- Bien! Il y a des bains privés et des servants attitrés. Je comprends que vous ayez hâte, ce sont comme de grandes vacances! Sauf qu'elles sont à vie!

Elle rigola.

- Si j'en avais la carrure, moi aussi je m'y jetterais les yeux fermés!

- Dites-moi un peu, est-ce qu'il saura tenir sa langue? demanda Kurapika avec presque un ton menaçant.

- Oh! Oui! Ce n'est pas un grand vantard! C'est un peu un gamin! Oui, oui!

- Parce que s'il lâche quoique ce soit, je me chargerais moi-même de le tuer! souffla Kurapika avec mépris.

Le sourire de la femme s'effaça.

- Je ne crois pas qu'il dira quoique ce soit... de toutes façon il possède trop de gardes du corps, vous ne pourrez pas le tuer! fit remarquer la femme.

Kurapika ne répondit rien. Il savait que ça ne serait pas un problème pour lui affronter quelques gardes du corps, mais il repensa à ce que lui avait dit la chamane et elle avait clairement expliqué qu'il ne fallait pas le tuer car il le mènerait aux prochaines pupilles écarlates. Il ne comprenait pas cependant pourquoi il devait dévoiler le clan auquel il appartenait, mais c'était apparemment ce qu'il avait compris de la chamane et la seule façon qu'il avait trouvé "d'y" accéder.

- Bon on commence par vous habiller?

- Je le ferais seul! s'exclama Kurapika furieux.


Le plus grand aéroport de la république de Padokia était un vrai labyrinthe. Trouver le chemin qui menait à la sortie révélait du véritable exploit. Léolio traîna sa valise d'un air moribond. Il cherchait le couloir 12, mais il se retrouvait coincé entre le 11 et le 13.

- Mais bon sang! Où est ce fichu couloir! hurla-t-il enragé.

Certains passants le regardèrent d'un air effrayé.

Il demanda à quelques personnes qui ne savaient même pas parler sa langue, et puis une hôtesse lui indiqua que le couloir 12 était 500 mètres plus loin.

- À quoi ça sert de mettre des numéros s'ils ne sont même pas à côtés! pesta Léolio.

Il réussit enfin à sortir de l'aéroport, non sans avoir bataillé, et pu enfin prendre un taxi qui allait le conduire à sa première mission. Escorter une jeune fille!

Léolio se lécha les babines à cette pensée, mais il se rappela soudain qu'elle n'était pas destinée à lui mais à son vieux cinglé de patron. Il devait récupérer cette fille de la mafia de Padokia, ce n'était pas un travail aisé puisqu'il devait le faire en toute discrétion. La mafia l'avait sans doute vendue à prix fort, mais était-elle pour autant consentante ? Quelque chose lui dit que non. Et éthiquement cela allait quand même lui poser un problème, mais il se dit que pour faire "la chose" qu'il voulait, il devait faire profil bas. Ce qui n'était pas son fort!

Un taxi noir arriva, un type descendit et fit signe à Léolio de monter. Il s'exécuta sans broncher. Ce devait être la mafia.

En montant dans la voiture, il se rendit compte qu'il n'avait pas tort. Un type gras l'attendait dedans avec des bracelets et bagues en or. Quand le type le salua, il put également s'apercevoir qu'il avait des dents du même métal.

- La fille attends bien sagement dans une autre voiture, maintenant parlons affaire ! annonça le personnage en faisant grelotter ses bijoux.

Léolio sourit intérieurement, s'il y avait bien une chose pour laquelle il excellait, c'était bien les affaires !

Quand ce dernier sortit enfin de la voiture, après les négociations, il fut satisfait d'avoir tiré un aussi bon prix, mais il se ravisa soudain rapidement quant à sa félicité car l'action qu'il venait de faire était éthiquement discutable. Il n'ignorait pas que la vie de ces pauvres jeunes filles allait être sans doute une misère et lui allait simplement y contribuer.

Bon sang ! Qu'est-ce que je fais là ! commenta Léolio à voix basse.

En face de lui était garée une voiture blanche très moderne dont le prix semblait inestimable. Cela ne le surprenait pas de la part de mafieux qui voulaient à tout prix mettre en avant leur richesse et soupira à cette pensée. Il avança tout de même légèrement excité par la future rencontre qu'il allait faire. Son côté séducteur était en manque de présence féminine et son côté moralisateur tremblait à l'idée du sort inhumain réservé à la jeune fille. Chaque pas lui semblait durer une éternité et enfin il arriva au niveau de la voiture et la portière s'ouvrit avec le chauffeur l'invitant à entrer. Il s'assit donc à l'avant déçu de ne pas avoir pu observer la beauté.

La jeun' fille est à l'arrière, commenta simplement le chauffeur avant de démarrer la voiture.

Léolio tenta un coup d'œil en arrière mais ne put rien voir à cause de la vitre intérieure teintée qui séparait le compartiment avant de l'arrière.

Vous l'avez vue ? demanda Léolio légèrement déçu.

Ah oui ! C'est bien la plus belle fille du monde ! s'exclama le chauffeur admiratif. Elle a des yeux magnifiques avec un brin de colère qui la ferait presque voir rouge !

Le jeune hunter médecin fit semblant de rire au commentaire du chauffeur, mais le cœur n'y était pas, il avait presque envie d'aider la fille à s'échapper. Il se reprit cependant assez vite en se rappelant que c'était peut-être la seule façon de gagner assez d'argent pour soigner des personnes gratuitement et pour un autre chose qu'il ne voulait pas s'avouer.

Le reste du chemin se passa cependant plus ou moins dans un silence entrecoupé par des commentaires par-ci, par-là. Quand ils arrivèrent à l'aéroport un dirigeable les attendait avec l'espèce de vieux déjanté déguisé en magicien et toute une escorte de gardes du corps, de serviteurs et même des animaux de compagnie que Léolio n'avait jamais vu. Il était enfin temps d'observer le doux visage de la jeune fille !

Après être descendu de la voiture, il entreprit d'ouvrir la portière de la voiture et soudain ce fut comme si le soleil apparaissant soudainement après le passage de lourds nuages grisonnants. Ce fut en effet ce qui se passa littéralement car il y avait une éclaircie dans le ciel, mais cela rendit les cheveux de la jeune fille plus brillants que ce qu'ils devaient être en temps normal. Les cheveux dorés dans le vent épousaient les formes de sa robe blanche et ses mains fines d'un teint pâle comme une poupée de cire remettait ses longs cheveux en place. Un léger maquillage soulignait ses traits, ses pommettes et lèvres roses coquillage. Ses yeux d'un bleu carmin étaient l'élément le plus coloré de tout ce visage harmonieux, ils se fixèrent l'espace d'un instant sur ceux de Léolio. Ce dernier tellement absorbé par la contemplation de l'esthétique de la jeune fille se rendit à peine compte du regard si surpris de la fille qu'il frôlait l'incrédulité.

Euh, allez-vous… commença le futur médecin, mais il fut interrompu par une tornade violette.

C'était le collectionneur de jeunes filles.

Quelle créature si époustouflante ! s'écria le vieux bonhomme coloré. Aussi belle que je me l'étais imaginé et quels yeux ! Ils seront plus magnifiques avec un peu plus d'émotion bien entendu…

Et il ricana. Puis, pris les mains de la jeune fille blonde et l'entraina en avant entouré de ses autres filles de sa collection. Léolio les suivit dans le dirigeable et un instant avant de monter il jura que la belle aux cheveux dorés s'était retournée pour lui jeter un dernier coup d'œil. Comme il était un peu dans de drôles de nuages (étaient-ils doux ou orageux ?), il ne savait pas bien ce qu'il avait vu. C'était à se demander si cette pauvre enfant, qui était aux yeux du médecin une exquise femme, l'avait-elle haïe au premier coup d'œil pour l'avoir ainsi achetée ou bien lui avait-on rempli la tête de contes et de merveilles ? Léolio n'était pourtant pas dupe, elle serait enfermée dans sa cage dorée, sans plus jamais sortir, et lui était un des gardiens de cette prison.

Le bonhomme trapu emmena ses trophées dans une pièce à part et Léolio resta dans la pièce principale à remuer ses pensées entre excitation et culpabilité. Des filles, il en avait toujours connu et il avait toujours été un séducteur invertébré, mais il avait rarement eu une sensation aussi bizarre. C'était vrai la jeune fille était belle, mais plus que cela elle possédait quelque chose qu'il n'arrivait pas à déterminer qui l'avait complètement attendri et ce n'était pas forcément une question d'esthétique. Il y avait autre chose, une triste résignation.

N'est-elle pas merveilleuse ?

Le jeune hunter fut tiré de ses pensées.

Oui, sans aucun doute… commenta-t-il vaguement.

Elle a quelque chose de spécial ! annonça le vieux type en arrangeant son chapeau argenté. Tu verras, c'est une surprise !

Léolio leva la tête et aperçu la jeune fille qui observait le paysage par la fenêtre. Il n'y avait pas pensé, mais elle lui semblait assez familière, comme un vieil amour de jeunesse perdu. Un amour auquel il n'avait pas eu accès. Elle ne regarda pas dans sa direction mais semblait assez furieuse et par moments elle se calmait et abordait cet air curieusement résigné.

« Drôle de personnage », pensa Léolio.

Il faudra que je te recommande d'autres « bijoux » à attraper ! avertit le collectionneur. J'aimerai obtenir une amazone léopard, mais nous en parlerons une fois arrivé au manoir !

Le type vêtu de violet alla voir sa nouvelle trouvaille et la mena dans la salle réservée aux jeunes filles, cette fois-ci Léolio put se rendre compte du regard que lui jeta la belle à la chevelure dorée et c'était un regard noir. Elle devait le détester !

Léolio soupira et s'en fut morose jusqu'à son arrivée au manoir et il put éviter tout regard méprisant jusqu'à la porte de la grande maison. A ce moment-là, il put recevoir une réflexion soufflée très brièvement :

A quoi tu joues ?! murmura la jeune fille en passant à côté de lui sans lui dénier un regard.

Le jeune médecin en eut le cœur plus accablé. Le collectionneur par contre semblait aux anges, il n'arrêtait pas de parler et de décrire le manoir, les alentours et les diversions qui s'y faisaient. Il utilisait beaucoup de vocabulaire poétique et ponctuait ses discours de mots exubérants.

Vous êtes une de mes plus précieuses, ô princesse de Padokia ! roucoula le bonhomme bruyant. Douce comme une fleur, délicate comme du coton et bleue comme un océan !

Un des serviteurs apportant le thé ricana devant le ridicule de la phrase, mais cela mis le vieux collectionneur dans une colère noire. Et il chargea Léolio de le mettre personnellement à la porte, ce que ce dernier fit sans grand enthousiasme. Une fois qu'il fut revenu dans la salle il trouva la jeune fille seule en pleine contemplation des nombreuses babioles du manoir.

Vous vous plaisez ici ? tenta Léolio d'une manière assez maladroite.

La blonde lui jeta un regard incrédule. Léolio se tut.

Mais qu'est-ce que tu fiches ici ? demanda la jeune fille sévère.

Je… hésita le futur médecin ne sachant pas où elle voulait en venir. J'ai…

Tu sais pertinemment que c'est un travail dangereux ! Tu n'es jamais à l'abri du danger ! En plus, il faut être un utilisateur de nen avertit ! Est-ce que tu sais au moins utiliser le nen ?

Les yeux de la belle lançaient des éclairs menaçants.

Je… oui ! répondit Léolio abasourdit par toutes ses remarques. Mais ne vous inquiétez pas je saurais vous protéger, même si…

Toi me protéger ? Tu es vraiment un idiot ! Tu ne changeras donc jamais…

La jeune blonde ricana.

Non, tu ne sais pas qui je suis, n'est pas ?

Léolio resta interdit. Il essaya de se rappeler s'il avait connu une fillette blonde dans son enfance. Il observa à nouveau la jeune femme, ses cheveux blonds, ses yeux azurs, son rictus et ses sourcils froncés qu'il avait déjà vu avant mais… le ton de sa voix… il faillit s'étrangler sous la surprise.

Kulerpika !

L'interlocutrice eut l'air désespérée.

T'en a mis du temps imbécile !

Wah ! C'est que… t-t'es vachement différent dans cet accoutrement ! lança Léolio en pointant un doigt accusateur.

L'autre rougit.

Je t'avais vraiment pas reconnu ! ça alors ! ça te va vachement bien ces habits de fille ! Qu'est-ce que tu fais comme ça ?

Léolio rougit en se rappelant tout ce qu'il avait pu penser sur la jeune fille, sur « lui ».

Je t'expliquerais plus tard… lâcha l'autre.

Et juste à ce moment-là, le vieux collectionneur choisi pour apparaitre en sifflotant.

C'est qui qui va pouvoir voir ses yeux écarlates ? lança le vieil homme pour lui-même.

Les deux autres se jetèrent un regard consterné. Les explications allaient être pour plus tard !

à suivre...