Bonjour à tous et à toutes! Voici le chapitre de la semaine! J'espère que vous allez bien malgré cette chaleur! J'espère aussi que vous aimerez autant ce chapitre que moi, c'est mon chapitre préféré pour l'instant. Celui que j'ai adoré écrire et celui que j'aime relire!

Chapitre 5 : Kise-kun.

Kise courait aussi vite qu'il le pouvait, si bien qu'il était parvenu à dépasser Kagami et Murasakibara. Cependant Aomine était très en avance par rapport à eux. La pluie drue formait une brume dense devant ses yeux dorés. La silhouette sombre de l'as de Teiko disparaissait de plus en plus à mesure qu'il augmentait le rythme de sa course.

Les sandwichs qu'il avait préalablement mangés lui donnaient envie de vomir. Sa respiration se faisait de plus en plus difficile, cela n'arrangeait rien. La peur de retrouver un Kurokocchi mort lui faisait tourner la tête et il ne parvenait plus à respirer normalement. Expiration, expiration, inspiration, expiration, expiration. Un point de côté se forma au niveau de son flan. Comment respirait-on habituellement ? Comment ? Pourquoi un geste si naturel lui échappait petit à petit ? Le mannequin passa sa main sur le devant de son front pour retirer les mèches trempées lui collant au visage.

Son état devait sans doute être pitoyable à en mourir. Kise répéta son mouvement visant à écarter les cheveux blonds voilant son chant de vision. Où était Aominecchi ?

Kise avait les larmes aux yeux. Il s'abstenait malgré tout de pleurer, tout le monde avait autre chose à faire que de s'occuper de ses états d'âme et lui-même avait envie de revoir Kurokocchi, Momocchi et Ogiwara-kun. Pas de s'écrouler en pleurs sur ce chemin boueux. Il papillonna des paupières pour empêcher les larmes de couler. Il ne devait pas pleurer. Il ne voulait pas pleurer. Il s'interdisait de pleurer.

Kise retira une mèche de cheveux de son front.

Sa course finit par le mener jusqu'à Midorima et Akashi. La pluie s'était transformée en un torrent qui aurait pu les tuer à tout instant. Mais aucune personne présente n'y fit attention. Il y a avait bien plus grave. Midorima était accroupi sur le sol, le pantalon sali par la boue. Dans ses bras, il soutenait Ogiwara. Tous deux semblaient en pleine conversation. Kise n'arrivait pas à entendre ce qu'ils disaient. D'ailleurs il s'en fichait.

TouT ce qu'il voyait été un Kurokocchi inconscient sur le sol couvert de bleus et de traces en tout genre. Une Momocchi endormie dont le corps était parcouru de frissons, de tremblements et parfois même de convulsions ou de contractions. Ogiwara était couvert de sang et sa bouche remuait lentement, il semblait parfois s'étrangler avec sa propre hémoglobine recherchant désespérément de l'air. Midorima lui avait posé la tête sur ses genoux et l'aidait autant qu'il le pouvait.

La brume semblait instaurée une distance irréelle entre chaque membre de la Génération Miracle. Les séparant une nouvelle fois. Laissant un Kuroko de nouveau blessé. Kise écarta une mèche de son visage. La pluie qui crépitait contre les feuilles au-dessus de sa tête, sur les pavés en dessous de ses pieds, sur son visage, semblait écarter son esprit de tout bruit parasite. Comme si le son de cette averse n'était plus que la seule chose qu'il puisse entendre.

Une ambulance finit par arrivée, suivit de deux voitures de police et d'un camion de pompier. Leurs sirènes devaient sans doute faire un vacarme assourdissant accompagné par le crépitement de la pluie. Mais Kise semblait se retrouver soudainement dans une bulle. L'air lui manquait réellement maintenant. De plus tous semblait se passait au ralenti ou bien trop vite autour de lui. Le visage de Kagamicchi était déformé par la rage et il devait sans doute crier sur les pompiers, les policiers, les ambulanciers. Sur tout le monde. Rien de plus que de la colère causée par la frustration et l'impuissance. Mais Kise ne l'entendait pas. Même le son de propre respiration irrégulière ne semblait plus lui parvenir. Inspirer. Inspirer. Inspirer.

Mais quand diable devait-il donc expirer ? Son cœur lui faisait mal. Ses poumons étaient en feu. Akashi quant à lui avait quitté le chevet de Kuroko pour suivre les policiers. Murasakibara et Midorima étaient trempés jusqu'aux os. Tandis que le vert tentait de calmer le violet alors que ce dernier voulait se mettre à poursuivre l'agresseur. Mais pour aller où ?

La voix de Kagami brisa le silence qui s'était installé dans la tête du blond, un silence irréel au vu de tout ce qui semblait se produire autour de lui. Il n'entendit qu'une seule chose de l'as de Seirin.

- EST-CE QU'ILS VONT MOURIR ?

Ces mots clôturèrent définitivement son esprit. Il n'entendit même pas la réponse. Mais cette fois il parvenait très distinctement à entendre sa respiration. Elle n'était pas régulière, elle n'était pas normale. Comment respirait-on déjà?

Ils vont mourir ? Il n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse. Mais la réalité le frappa de plein fouet. Kurokocchi était très pâle. Trop pâle. Et ce masque sur sa bouche qui lui fournissait de l'air n'arrangeait en rien la vision qu'en avait le blond. Il semblait mort. Les deux autres avaient déjà disparus avec les pompiers. Mais pourquoi ne les avaient-ils pas vus partir ?

Ils allaient vraiment mourir n'est-ce pas ? Kurokocchi va mourir…

Je serais ton mentor à partir d'aujourd'hui Kise-kun.

Kurokocchi va mourir ?

L'important Kise-kun c'est ce que tu peux apporter en tant que joueur à une équipe.

Il se sentit à peine tomber à genou.

Kise-kun lâche-moi s'il te plait.

Ces cheveux lui collaient dorénavant bel et bien au visage c'était irritant.

Kise-kun ne vient plus aux entraînements en quoi les séances de mannequinat sont plus importantes ?

La pluie ruisselait sur son visage. Se confondant avec ses larmes, s'entremêlant comme deux danseuses exerçant de leur dernier ballet.

Kise-kun pourquoi avez-vous fait ça à Ogiwara ?

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Il lui semblait entendre une voix, une voix lointaine lui demandant de se relever.

Je compte bien te battre Kise-kun.

Le blond sentit qu'on l'avait attrapé par les épaules et que l'on le secouait.

Kise-kun je ne peux pas dire qui de toi ou d'Aomine-kun gagnera. Rien n'est perdu, le temps que l'on n'abandonne pas.

Aomine avait placé ses deux mains sur les oreilles du blond l'obligeant à croiser son regard.

Pourquoi ?

Pourquoi ?

- Ils vont mourir… Kurokocchi et Momoicchi vont mourir… Sanglota Kise.

- Non… Non… Murmura Aomine en rapprochant le visage de Kise près du sien gêné par la densité du rideau de pluie. On va les sauvés, on va les sauvés… Je te le jure.

Même ta voix tremble, Aominecchi. Tes yeux mentent et tes mains grelottent de peur…

- Ils vont mourir. Répéta Kise en fermant les yeux se sentant écrasé par cet assaut de douleur.

Il sentit alors les bras d'Aomine l'enserrer. Le mannequin avait beaucoup de mal à respirer correctement. Sa tête semblait bien plus lourde et il la posa sans réellement sans rendre compte sur l'épaule du basané. Ce dernier sembla mal à l'aise dans cette position mais Kise se sentit rassuré malgré lui. Il sentit une main lui caressait maladroitement les cheveux comme on le ferait à un enfant. D'un geste léger Kise serra dans son poing le T-shirt d'Aomine s'accrochant à lui comme étant son dernier repère dans ce monde si brumeux et incroyablement calme. Incroyablement blanc. Seule la voix d'Aomine lui parvenait. Des mots rassurants.

Kise- kun tu es vraiment le meilleur joueur que j'ai eu l'occasion de rencontrer.

La main d'Aomine lui repoussa une mèche blonde du visage.

Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer