Bonjour les gens

Voilà le chapitre 6, j'espère qu'il vous plaira.

Bonne lecture


Kidou se réveilla, courbaturé, vide de toute énergie mais avant tout serein, comme après une bonne séance de sport ou une victoire finale qui marque la fin d'un stress permanent. À côté de lui dormait un bel homme avec des cheveux en bataille. Shuuya avait dormi dans son lit, contre lui et ils avaient apprécié ça. Pourtant Kidou sentait que Shuuya allait mal, que tout n'était pas dit mais il avait servi d'éponge hier. Il avait toujours fait ça, que ce soit pour Akio, pour Shuuya, pour sa sœur. Il avait les épaules larges, un mental d'acier et une bonne capacité d 'écoute. Ça contre-balançait avec le fait qu'il n'ait jamais les bons mots aux bon moment.

Le blond bougea un peu et replaça ses cheveux pour dégager son visage. Il posa ses yeux marrons sur le torse pâle de son ami. Ce dernier passa une main calme les cheveux pour les démêler. Un geste calme et rassurant pour l'autre, jamais on n'avait ça pour lui, il n'avait jamais eu personne qui tenait sérieusement à lui dans sa vie. Même s'il n'y avait pas d'amour entre eux, il y avait de la tendresse et c'est tout ce qu'il recherchait.

-T'as faim ?

-Mouais vite fait, grogna le blond.

Kidou sourit et rabattu la couette sur l'homme à côté de lui avant de se lever pour préparer son petit déjeuner. Cafés, milkshakes protéinés et tartines, il espérait que ça irait au blond. Lorsqu'il revint il trouva son ami profondément endormi. Il était adorable endormi, on ne pouvait pas avoir envie de le réveiller alors il grignota vite fait et partit faire son jogging tant qu'il en avait le temps.

Il rentra encore plus lessivé qu'en partant mais au moins il avait fait une partie de son programme de la journée. Il trouva Shuuya devant les infos en train de faire la vaisselle.

-Bien dormi ?

-Oui. Merci pour le petit déjeuner et pour hier soir. Pour tout en faite.

Il avait un air las mais la gratitude se lisait dans ses yeux et son sourire.

-Je vais te laisser t'en fais pas.

-Comme tu veux.

Shuuya baissa les yeux et finit d'essuyer le bol avant d'aller prendre sa veste. Kido se rendit compte qu'une fois de plus il n'avait pas eut les bons mots, et qu'il avait blessé l'autre. Alors il lui sourit.

-Je suppose que tu veux aller voir ta sœur ? Tenta t'il. Mais dès que t'as envie tu reviens y'a pas de souci.

-J'ai pas mal de boulot en ce moment, être empereur sacré c'est pas de tout repos, plaisanta le blond.

Il partit rapidement, sans se retourner mais en remerciant une dernière fois son ami de l'avoir hébergé et soutenu. Il appela Ysia pour qu'elle vienne le chercher, ce qu'elle fit sans rechigner. La veille avait été dure pour elle aussi, elle avait angoissé de longues heures sur ce que son patron pouvait bien faire. Alors quand elle sût qu'elle devait aller le chercher chez l'autre homme, un pique de stress monta en elle. Qu'avait il foutu pour se retrouver là ? Il ouvrit la portière et se glissa maladroitement sur le siège.

-Pourquoi tu n'es plus chez Endou ?

-Ta gueule.

C'était tranché et elle l'avait mal pris. Alors elle ne dit rien sur le retour, pas même ce qu'elle avait appris la veille, alors même que ça aurait pu intéresser et le mettre de bonne humeur. À l'appartement Yuuka lui sourit et se moqua.

-Tu as une tête de zombie frais. Qu'est ce que tu as foutu hier ?

-Ça ne te regarde pas.

-Elle tu ne lui dis pas « ta gueule », cracha Ysia. Pourtant c'est moi qui suis venue te chercher ce matin et qui t'aide tout le temps.

-Oui mais tu es sous mes ordres, je te payes pour ça ! Yuuka est ma petite sœur sur laquelle je dois veiller. Voilà pourquoi elle n'a pas de « ta gueule », expliqua Shuya, las.

Ysia le fixa, l'œil mauvais. Une partie de ses illusions venaient de se faire abattre de sang froid. Elle se sentait conne et trahit.

-Puisque c'est comme ça, je pose ma journée j'ai mieux à faire que de m'occuper d'un éclopé.

Elle prit son portable et sortit d'un pas rageur. Un certain blanc de malaise resta mais le frère et la sœur ne lui coururent pas après. Ils voulaient un peu profiter l'un de l'autre, mais surtout la sœur voulait savoir ce qui c'était passé la veille.

-Je sais que c'est pas mes affaires mais … Y'a eu quoi hier soir ?

-Je me suis pris un vent par l'autre et j'ai dormi avec Kido, résuma Shuuya las.

Il ne le sentait pas, vraiment pas. Et il en avait marre, beaucoup. De tout, de la vie, de ces paparazzis à la con. Il y a trois jours un article était paru dans un magazine sportif. « Lorsque deux champions sont plus qu'ami » Une photo de lui et Shuuya, bras dessus bras dessous lors de leur dernière victoire dans l'équipe de leur lycée, et tout un tas de rumeurs était parti.

-Je ne savais pas toi et Shuuya étiez en couple, ria Haruna assise sur un tabouret.

-Moi non plus je te rassure, soupira Kidou.

Lorsque la semaine dernière la nouvelle de l'homosexualité de Shuuya s'était ébruité ça avait fait beaucoup de bruit. Mais lorsque la veille on lui avait prêté une relation plus qu'amical avec le blond ça avait fait implosé sa vie.

-Les gens n'ont vraiment que ça à faire de s'occuper de vos vies ? Questionna Haruna.

-Faut croire que oui. Mais ce qui m'énerve c'est que c'est totalement faux. D'accord je suis allé le voir après l'article pour savoir si c'était voulu et s'il le vivait bien mais ça ne fait pas de moi son amant. Puis « une source proche des deux joueurs » ? Sérieusement à part Endou qui nous a vu partir ensemble après sa soirée raté je ne vois pas qui...

Il y eut un blanc, Kidou ne savait pas s'ils faisaient des conclusions hâtives, mais il ne voyait pas qui d'autre aurait pus savoir ou du moins croire savoir de telles bêtises. Haruna elle en était persuadée et était furieuse après le capitaine. Pour qui il se prenait à se mêler de la vie privée de ses amis et surtout d'en faire part dans la presse ? Ça lui paraissait ridicule et presque mesquin si ça n'avait pas été Endou. Voyant sa femme commençait à s'énerver toute seule, Jirou lui retira le journal des mains et fit semblant de le lire.

-Faut laisser couler et pas réagir. Ça va se tasser et le prochain scandale fera oublier ses conneries. En espérant qu'il se dépêche à se produire, rit il.

-J'espère aussi mais bref parlons d'autre chose ! Vous avez choisit les prénoms ?

-Toujours pas, môsieur n'aime pas mes propositions, râla Haruna.

-Nous n'appellerons pas notre gosse Pierre-Antonie et encore moins Marie-Madeleine.

Kidou ne passa pas loin du fou rire. Sa sœur avait vraiment des goûts ignobles en matière de prénom.

-Hommage à Sabaca le poisson rouge, rigola Kidou. Haruna, tu es une femme formidable, bourrée de qualité et je t'adore. Mais, pitié pour mon neveu, laisse Jirou choisir son prénom.

Il la ménageait, autant qu'il pouvait, mais là il y avait cas de force majeur. En plus d'être imprononçable dans ce pays, les deux prénoms incriminés sonnaient de manière étrange. Haruna se renfrogna et lança deux regards énervés autour d'elle.

-Je veux qu'il ou elle ait un prénom européen ! Exigea la femme.

-Tu as trouvé quoi ? Demanda la futur parrain.

-Elsa ou Elser, je trouve ça correct, européen et prononçable.

Il appuya sur le dernier mot en coulant un regard à sa femme qui lui tira la langue. Kidou sourit devant cette relation imparfaite mais complète. Jirou regarda son beau-frère à la recherche d'un soutien de taille mais il n'en trouva pas. Kidou venait de recevoir un e-mail lui annonçant qu'il ne jouerai pas avec son nouveau club. Le motif était apparemment un problème de santé. Il serra les dents, fort, à s'en faire mal.

-ça va pas vieux ?

-Je ne jouerais plus au foot en tant que professionnel.

Les deux époux se regardèrent sans comprendre, mais Haruna se leva et le prit dans ses bras, maternellement. Elle le berça malgré qu'il soit plus grand qu'elle et qu'il ne pleure pas. Il ne savait pas comment réagir, il avait envie de hurler, de pleurer mais aussi de rire. C'était tellement mal fait et stupide. Le staff de l'équipe le prenaient réellement pour un débile, c'était du moins l'impression que ça donnait. Le virer pour des problèmes de santé alors qu'une polémique tournait sur lui depuis la veille ? Si ça n'était pas un mensonges c'était un très heureux hasard un peu poussé.

-Tu vas faire quoi ? Questionna son ami.

-Aucune idée, aller les voir pour savoir ce que je suis sensé avoir et je verrais selon ce qu'on me répond.

David échangea un sourire gêné avec sa femme, ils ne pouvaient plus changer de sujet c'était devenu bien trop grave. L'homme aux cheveux cyans se sentait vraiment mal pour son ami, l'injustice le révoltait mais il avait vraiment peur que son ami ai un problème de santé qui serait bien plus problématique.

-On va te laisser, merci pour le repas et appelles nous ce soir pour nous tenir au courant, annonça Haruna. Bonne chance et si tu as besoin de quelqu'un pour leur expliquer la vie tu m'appelles je me ferai une joie de leur expliquer la vie et à quel point ils sont cons de te virer comme ça !

Elle prit son sac et serra son frère contre elle avant de se dirigeait vers la porte.

-Pour notre bien à tous, n'énerve pas ta sœur. Les hormones la font ressembler à Cruella d'enfer lorsqu'elle s'énerve.

Kido esquissa un sourire et tapa nonchalamment sur l'épaule de son beau frère en préparant ses affaires. Il partit en même temps qu'eux pour rejoindre le bureau de la direction du club. La porte était ouverte, il se permit donc d'entrée en toquant quand même. Le propriétaire et deux hommes en costume cravate l'attendaient de pied ferme en s'occupant de la paperasse. Les trois hommes se tournèrent vers lui d'un seul geste, le regard accusateur. Il ne se sentit pas à sa place, comme s'il était coupable d'un crime grave, pourtant il s'assit.

-Bonjour.

-Bonjour, répondit le joueur.

-Au vue de vos résultats d'examen nous ne pouvons pas vous garder. Nous sommes désolés, dit faussement le gestionnaire.

Deux feuilles lui furent tendu par ce qui devait être un avocat, il les parcourut rapidement. La première était une feuille d'analyse grossièrement falsifiée, la seconde un accord de rupture de contrat. Il était hors de question qu'il se laisse faire de cette façon. Après tout, il avait un avocat qui servait à ça non ? Il se leva et prit les documents qu'il rangea dans sa poche.

-Je vais montrer ça à mon avocat avant de signer. Histoire de pas trop me faire avoir.

Les trois hommes le regardèrent méchamment lors de son départ mais il s'en fichait, il était conscient qu'il ne jouerai finalement jamais avec ce club. Ce dernier préférait vraiment perdre de l'argent, beaucoup d'argent, plutôt que d'assumer ça. Il rentra chez lui directement, ça lui avait prit à peine dix minutes mais ça perturbait toute sa vision de son futur. Une scène face aux gestionnaires n'était pas envisageable, il avait sa fierté. Alors il n'avait rien dit, il s'était donc tut et avait écouté, comme son mentor le lui avait appris il y a des années.

Une rage sourde montait en lui, prête à tout détruire sur son passage comme un ouragan. Il tapa dans un mur, fort. Si fort que sa peau explosa, que ses phalanges saignèrent. Ça ne lui fit pas de bien, mais pas de mal. Il rentra chez lui, vide. Il voulait juste aller se coucher, même si il n'était que trois heure de l'après midi. Alors il envoya un e-mail à son avocat et y alla.

Shuuya lui venait juste de se lever. La saison des galas de charité était finie mais il avait travaillé tard sur le dossier qu'on lui avait confié. Il avait lu des dizaines de dossiers d'entraîneur divers et variés mais aucun ne convenait à la Royal Académie. Malgré une dizaine d'années sans grande victoire, avec cinquante année de victoire ininterrompue cette équipe restait une vitrine du football japonnais junior.

-Shuuya ?

Sa sœur avait vu la lumière s'allumer, elle était donc rentrée pour lui montrer les journaux. La semaine avait été longue avec toutes ses rumeurs, sa hiérarchie n'avait rien dit mais ça le gênait. Son père l'avait appelé pour lui crier dessus, ses clients lui faisaient des propositions déplacés et son autorité sur ses filles en avait pâti au point où il avait dû serrer la vis et hausser la voix. Il n'avait pas envie de se lever mais il n'avait pas le choix.

-Quoi ?

-Viens voir y'a des rumeurs, j'ai un doute si elles sont vraies.

-TOUT CE QUI EST DIT DANS SES TORCHONS EST FAUX !

Il était excédé que sa sœur puisse croire que quoi que ce soit la dedans soit vrai. Il se leva vite et enfila un tshirt avant de rejoindre sa sœur qui regardait son thé un peu dépitée. Un journal people était posé à côté d'elle, en gros titre, l'annonce de la relation entre les deux ex joueurs. Shuuya la vit et parut avoir une absence de plusieurs secondes. Comme si il se posait la question sur la véracité de cette information. Il prit le journal et lu l'article incriminé.

-Désolé d'avoir crié, s'excusa t'il après avoir poser le journal.

-Comme.. Enfin comme vous avez été proche et que tu as dormi chez lui ba...

-Je comprends...

Il s'en voulut de ne pas avoir été assez discret, forcément ça devait venir de lu. Kidou était trop malin pour se faire avoir, puis s'il avait pu ne pas se faire avoir en Russie, ça ne pouvait donc pas être lui. Il pensa à appeler son ami, pour avoir des nouvelles et savoir ce qu'il en pensait mais il se douter aussi un peu qu'il ne devait pas avoir très envie de lui parler pour le moment. Alors il alluma son pc et se remit à travailler sur son dossier en déjeunant. Mais son ami trottait toujours dans sa tête.

Il chercha encore une semaine ce fameux coach, il ne lui restait presque pas de temps avant le premier match et il ne trouvait toujours pas ce qu'il voulait. C'était le dernier qui lui manquait et ça l'énervait de plus en plus. Ysia ne l'aidait pas non plus en lui apportant les dossiers d'entraîneurs de moins en moins compétant. D'ailleurs depuis un moment elle se montrait de plus en plus présente et de plus en plus efficace pour certaines tâches, et beaucoup moins pour d'autres. Cependant il ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas s'y connaître en foot, c'était un monde spécial dans lequel elle n'avait pas grandi.

-Pourquoi tu ne demandes pas à Jude d'entraîner la Royal ? Soupira Yuuka.

-Il ne peut pas gérer sa carrière, une partie des entreprises de son père et une équipe de foot.

-Il ne joue plus, j'avais dit à Ysia de te le dire, s'indigna Yuuka. À cause des rumeurs son club à voulut le virer, ça a été prouvé mais son avocat a merdé et il a perdu sa carrière.

Le blond coula un regard énervé à sa « secrétaire » qui haussa les épaules d'un air désolé parfaitement simulé.

-Franchement propose lui, il connaît parfaitement la maison et il te foutra la paix et s'occupera bien des joueurs.

-Oui je vais aller lui proposer cet après midi.

Ysia se redressa et tendit l'oreille en continuant à cuisiner. Elle réfléchit vite. Il ne fallait pas que son patron aille là bas.

-Tu n'as pas rendez vous chez le médecin ? Je peux y aller à ta place si tu veux, proposa Ysia. Je te dépose à l'hôpital, je vais le voir, je le convint de se rallier à nous comme j'en ai le secret et je reviens te chercher pour annoncer la nouvelle au grand patron.

-Marché conclu !

Le temps était venue, elle avait déposé Shuuya et était maintenant en face de la porte de l'homme à abattre. Il ouvrit, l'air maussade et surpris. Il la fit entrer et lui servit un verre. Sa brettelle tombait le long de son épaule, le maquillage était voyant et le décolté trop profond pour être honnête. Kido voyait bien tout ça.

-Pourquoi tu es là ?

-Te proposer un job. Entraîneur de la Royal Académie, ajouta t'elle enjôleuse. Nous sommes sûrs que tu es parfait pour cela. Tout ce qu'il faut c'est un peu de discrétion.

Elle s'était dangereusement rapprochée, mettant mal à l'aise l'homme. Il n'aimait pas ce genre de femme, trop cavalière. Elle venait de poser ses lèvres sur les siennes, féline et câline. Il la repoussa gentiment, interdit devant tant d'audace.

-En quel honneur ?

-C'est comme ça que tout ce passe, et plus tu seras gentil plus je le serais.

Le cerveau de Kido tourna à toute allure, il se souvint d'une discussion qu'il avait eu dans la semaine avec Shiro. Ce dernier accusait le cinquième secteur d'être louche et d'avoir des choses à cacher. Il n'y avait pas cru, pensant que c'était la maladie mentale qui parlait plutôt que la raison. Mais cet événement remettait tout en doute. Il ne voulait pas retourner à la royal, mais il ne sut pas pourquoi il accepta sans rechigner et sans accepter les faveurs de la jeune femme.


Alors est ce que ça vous a plus et n'hésitez pas à me dire vos avis en commentaire.

A la semaine prochaine