Bonjour à tous et à toutes! :D Voici donc le chapitre tant attendu xD! Je voulais tous vous remercier pour vos commentaires vous m'avez bien fait rire tous autant que vous êtes, je vous adorent sans doute pour cette raison :'D Dans tous les cas voici le chapitre, certaines de vos théories sont plus ou moins juste d'autre en plein dans le milles ou à coté de la plaque (ou pleine d'espoir). Bref j'arrête ce monologue et je vous souhaite bonne lecture!
N'hésitez pas à laisser une review pour me faire part de vos impressions sur le chapitre!
Chapitre 15 : Regrets.
Kise observait son agresseur avec un regard blanc. La fatigue l'enveloppait et menaçait d'un moment à l'autre de le faire sombrer dans l'inconscience. La douleur à sa cheville le maintenait éveillé, c'était tout. Malgré l'arme sur son front le blond ne put se retenir de tousser recrachant par la même occasion une partie de l'eau sale qu'il avait avalée.
L'homme le soutenait toujours par les cheveux, l'arme toujours pointée sur le mannequin. Il s'accroupit face à ce dernier, le regardant droit dans les yeux. Kise ne voyait pas ses lèvres mais il était persuadé que l'homme était en train de sourire.
- Moi aussi tu vas me violer ? Cracha Kise d'un air qu'il avait voulu menaçant mais ne fut au final qu'un simple murmure.
- Tu sais, je n'ai jamais été intéressé par les hommes. Mais après m'être fait ton pote Tetsu…
- Ne l'appelle pas comme ça ! S'énerva Kise avec toute la force qu'il fut capable de rassembler.
- T'es sûrement pas en position de me dicter quoi que ce soit Ryouta. Lui répondit l'homme en appuyant son arme plus fortement sur le front de Kise. Comme je te disais, après avoir empalé ton pote Tetsu, j'ai découvert un nouvel horizon des plaisirs sexuels. Vois-tu, il a été particulièrement convaincant dans son rôle de petite pute ton Tetsu, et retenter l'expérience ne me déplairait pas le moins du monde. J'adore ce sentiment de puissance lorsque tu baises et que le soumis en dessous de toi comprend qu'il n'est rien d'autre qu'une pauvre petite merde…
C'en été trop pour Kise. On ne pouvait pas parler de Kurokocchi ainsi. Pas alors que ce dernier possédait une volonté de fer, un esprit implacable et bienveillant. Pas après qu'il ait été brisé comme il l'avait été. Pire que tout, cet homme n'avait aucun droit de l'appeler Tetsu.
Le blond envoya un coup de poing fragile à son agresseur, que ce dernier bloqua aisément. Il saisit le poignet de Kise avec force et le tordit selon un angle particulièrement malsain. L'as de Kaijo sentit son corps se tordre de lui-même, et il ne put se retenir de gémir sous la douleur. Son agresseur le plaqua dos au sol, réaffirmant une fois de plus sa supériorité. Il le sentit placer son genou sur son bras droit et agripper son second bras avec sa main libre, l'immobilisant totalement. Avec sa main droite il plaça son arme sur la tempe du blond, doigt sur la détente.
- Sérieusement, je n'avais pas prévu ça au départ pour toi. Mais tu me tentes trop, tu me chauffes et tu en demandes… Ne t'inquiète pas, je te baiserai si fort que la douleur de ton petit cul ne sera rien comparé à l'humiliation que tu vas subir. Ce serait dommage de ne pas te prendre en vidéo pendant que tu cries à t'en déchirer les poumons… Baiser le fameux mannequin Kise Ryouta, c'est une perspective qui me plaît beaucoup…
Kise sentit des larmes lui perler aux yeux. Il avait beau tenter de les retenir, c'était plus fort que lui. Il commençait à peine à comprendre la peur que Kuroko avait dû ressentir, les mots qu'il avait dû entendre, ce sentiment de faiblesse. Il regrettait du plus profond de son être que ça soit Kuroko, d'entre eux tous, qui ait dû subir cette horreur. L'ombre de Teiko avait dû rester trois jours entiers avec ce psychopathe sans que personne ne puisse rien faire pour l'aider.
D'ailleurs personne n'était là non plus cette fois-ci, songea Kise. Cet homme allait sans doute le transporter jusqu'à sa camionnette répugnante et remplacer la parole par les actes. Il pouvait déjà sentir ses mains gantées parcourir son corps. Il se voyait déjà surplombé par cet homme en train de le pénétrer férocement, cherchant à tout prix à le briser comme il était parvenu à le faire avec Kuroko.
Sa larme glissa de son œil droit pour longer sa tempe et disparaître dans ses cheveux blonds.
Il n'avait pas pu aider Kurokocchi. Ni Momoicchi. Ni Ogiwara-kun. Ni Aominecchi. Ni Takaocchi.
Il était si faible, ça lui donnait envie de vomir.
En cet instant, il se détesta.
Faible.
- T'AVISE MEME PAS DE LE TOUCHER CONNARD !
L'arme se retira du front du blond. Ce dernier expira. Sans qu'il ne le remarque il avait tout simplement retenu son souffle depuis que l'arme avait été placée sur son front. Comme si par cette simple expiration, le monde semblait tout de suite plus clair, il sentit sa fatigue diminuer d'un seul coup. La sensation d'évanouissement, de vomissement et de détachement qu'il avait eu face à la situation se dissipa petit à petit.
Doucement il tenta de se remettre à quatre pattes, essayant de réorganiser ses pensées. Qui était la personne s'étant interposée entre lui et l'agresseur ?
- Aominecchi…
Le joueur de Touou avait fait voler l'agresseur à travers l'étendue d'herbe. Ce dernier s'était visiblement cogné férocement la tête contre le sol car Kise pouvait le voir saigner de là où il se trouvait. Cependant il se redressa rapidement bien qu'avec confusion. Il recula de quelques pas en voyant Aomine s'approcher de lui avec une rage froide.
Kise se redressa tout en s'appuyant sur sa jambe valide. Le sang qui s'était accumulé sur ses cheveux avait peu à peu coulé sur son visage, l'obligeant à assister à la scène avec un œil fermé.
- Ne t'approche pas ! T'approche pas ou je te flingue ! Beugla l'homme ganté.
Mais le basané ne s'arrêta pas. De plus Kise commença lui aussi à avancer vers l'homme en face de lui. On aurait pu les trouver inconscients. Mais aucun des deux jeunes hommes ne pensaient en cet instant aux conséquences. La seule chose dont ils étaient réellement conscients c'était que l'agresseur de leurs amis était là. Face à eux.
Kise sentait sa rage croître à mesure qu'il le regardait. Il n'avait jamais cru contenir autant de haine en lui. À chaque fois qu'il pensait avoir atteint le dernier seuil de rage la minute suivante le détrompait.
Combien de fois avait-il pensé à une telle situation ? Où l'agresseur se retrouverait face à eux et qu'ils ne leur suffiraient plus qu'à le tabasser jusqu'à ce qu'il en meurt ? De plus, dorénavant qu'il n'était plus couché, Kise le trouva tout de suite moins imposant. Son mètre soixante-quinze ne faisait pas le poids face à son mètre quatre-vingt-neuf.
C'est alors que l'agresseur pointa l'arme en direction du visage d'Aomine, le doigt sur la détente, la main tremblante. La peur dans les yeux de l'agresseur donnait envie au blond d'exploser de rire. Un rire sans joie, simplement rempli de haine. Après tout n'était-ce pas lui qui lui affirmait quelques instants plus tôt qu'il allait le violer ?
Aomine continuait à avancer, suivit de près par Kise. L'agresseur reculait de plus en plus vite et soudain, il lui sembla avoir une idée.
Il pointa l'arme sur Kise.
Aomine s'arrêta instantanément. Le blond quant à lui continua. Il ne devait pas avoir l'air très imposant avec sa posture, sa jambe le lançant à chaque enjambées, le sang de Takao lui dégoulinant sur le visage. Mais il avança tout de même. Lui aussi avait envie de tuer cet homme.
- Si tu bouges encore, je lui tire dessus ! S'écria l'homme en fixant Aomine d'un regard mauvais.
Les insultes que lui lança Aomine ne parvinrent pas jusqu'aux oreilles du blond. Ce dernier ne se concentrait que sur sa marche. Un pas après l'autre. Un pied devant l'autre. Le dos d'Aomine grossissait de plus en plus face à lui. C'était son point de repère. Son objectif. Il devait ignorer la douleur à sa cheville. Il devait oublier sa fatigue. Il devait simplement prendre en lui toute la rage qu'il avait et marcher. Jusqu'au bout.
- ARRÊTE-TOI ! Beugla l'homme en visant le blond de son arme. ARRÊTE-TOI OU JE TE TIRE DESSUS !
Kise lui jeta le regard le plus noir dont il fut capable sur le moment. Mais il continua sa marche, il n'allait sûrement pas s'arrêter si près du but. Qu'il lui tire dessus, il s'en fichait. Même avec vingt balles dans le corps, il ferait en sorte de se relever.
- Kise arrête ! Arrête, je vais m'en occuper ! Arrête-toi ! S'écria cette fois-ci Aomine.
Le blond s'arrêta un court instant en croisant les yeux d'un bleu profond. Il aurait voulu comprendre ce qu'il voyait dans ses prunelles mais son esprit ne semblait pas fonctionner correctement. Il avait la sensation oppressante que leur rencontre n'aurait jamais dû se passer ainsi. Cependant il s'était promis de lui dire. De lui apprendre qu'il était désolé.
- Aominecchi… Pardonne-moi… Tout à l'heure, je… J'ai…
- Non…
Le basané secoua si fort la tête que l'on aurait dit qu'elle allait se décrocher de son cou.
- Non, c'est moi ! Je t'ai dit n'importe quoi, j'ai été le pire des connards ! Je suis déso…
Coup de tonnerre.
Kise fixa avec horreur Aomine. Il n'y avait plus qu'un seul lien. Unissant leurs regards tandis que chacun d'eux prenaient lentement conscience de la situation. Doucement, des larmes lui montèrent aux yeux. Le monde autour de lui semblait avoir connu une violente expansion avant de se resserrer tout aussi rapidement autour d'eux.
Kise baissa les yeux vers son ventre. Juste au-dessus de son os iliaque, au niveau de son intestin. Il y amena sa main et la première chose qu'il sentit fut le sang moite dans sa paume. Il entendit quelqu'un crier son nom. Il l'entendait mais ne parvenait ni à mettre de nom sur cette voix ni à comprendre ce qu'elle lui voulait.
Il avait terriblement mal. L'impression de brûlure qu'il ressentait éclipsait tout le reste. Il eut la vague impression de tomber en avant. Il était persuadé dans un coin de son esprit qu'il aurait dû ressentir quelque chose, comme un choc puissant au niveau de la tête. Mais il ne sentit rien. Rien d'autre que cette sensation d'atroce déchirement dans son bas ventre.
La brûlure s'intensifia de plus en plus et se propagea. Elle remonta le long de sa colonne vertébrale, dans ses poumons, autour de son cœur. L'hémoglobine aussi semblait s'échapper par tous les pores de sa peau, il lui semblait se vider de l'intérieur. Cet écoulement lui provoquait une sensation de froid qui contrastait étrangement avec sa brûlure. Des frissons le prirent sans qu'il ne puisse rien y faire.
Le sang qu'il sentait s'écouler le long de son ventre, sur ses jambes, sembla remonter lui aussi. Suivant la sensation de brûlure de près. Cependant, il remonta bien plus haut que cette dernière. Il se sentit étouffé durant un moment. Il avait besoin d'air mais son corps tentait de rejeter au contraire tout le sang étant remonté jusque dans sa gorge.
Il suffoqua un moment avant de recracher du sang et d'inspirer.
Cette inspiration sembla lui faire reprendre conscience avec la réalité.
Il était allongé à terre.
Le ciel au-dessus de lui était magnifique. La journée se finissait et le ciel commençait à se teindre en des couleurs vives. Tirant sur le orange. Le soleil aussi possédait une fascinante couleur orangée. Il avait toujours apprécié le soleil. Les jours où l'astre était là-haut à briller de mille feux, il avait l'impression de vivre. Pas seulement d'être en vie mais de vivre de tout son soûl. Le sourire lui venait naturellement ces jours-là, il n'avait pas besoin de se forcer. Il lui semblait que tous les problèmes au monde pouvaient être résolus dans la joie et la bonne humeur.
Peu à peu se superposa au ciel un visage.
C'était le plus beau visage qu'il n'avait jamais vu. Les traits de son visage, bien que durs, pouvaient devenir d'une douceur envoûtante lorsqu'un sourire parcourait ses lèvres. Il ne parvenait à voir aucun défaut sur ce visage. En tant que mannequin, il avait vu de très nombreux beaux hommes mais aucun ne rivalisaient avec lui. Aucun n'avaient son regard.
Ses yeux bleus pouvaient refléter milles émotions à la fois. Et il aimait chacune d'elles. Il se délecta de cette nouvelle expression dans son regard. Il pétillait, mais ni de malice ni de joie. Il pétillait comme si des larmes les recouvraient, dotant ses yeux d'étranges reflets. Ses pupilles bougeaient légèrement d'une direction à l'autre. Il semblait se fixer sur sa blessure, puis sur ses yeux avant de retourner de nouveau sur sa blessure. Ses iris étaient si petites que le bleu de ses pupilles semblait envahir tout l'espace. Il adorait ses yeux.
Il prit alors conscience des autres sensations qu'il éprouvait. La douleur de sa blessure avait monopolisé son esprit et son corps, bannissant toutes ses autres facultés. Il retrouva la douleur à sa cheville qui sembla dérisoire par rapport à la brûlure de son ventre. Il sentait son corps frissonner, lui provoquant de violentes contractions au niveau de sa jambe valide. Il détestait cette sensation ininterrompue de froid et de chaud qui le parcourait. Il sentit une goutte de sueur lui parcourir la joue et une goutte de sang redessiner le contour de son nez, séparant la larme qui venait de sortir de son œil droit pour se perdre dans ses cheveux.
Malgré le froid qu'il ressentait en lui, le côté droit de son corps semblait particulièrement décontracté. Il comprit alors que des bras le retenaient, l'enlaçaient, lui intimaient de s'accrocher. Le blond tourna sa tête vers le torse de l'homme qui le tenait dans ses bras, se réchauffant le bout du nez. Il pouvait sentir son odeur. Une odeur particulière. Une odeur qu'il avait apprit à reconnaître et à savourer tout comme les rayons du soleil.
Le temps semblait s'être anormalement allongé.
Après les sensations de la vue, du touché et de l'odorat, il récupéra ses facultés auditives. Cependant il y avait plusieurs voix qu'il entendait s'élever autour de lui et il ne pouvait en comprendre aucune. Elles s'entremêlaient, se nouaient entre elles, pour ne créer qu'un brouhaha indistinct et pénible.
- J'ai appelé les secours jeune homme ! Ils arriveront d'ici peu !
- Kise… Kise ouvre les yeux, je t'en supplie.
- Il faut lui poser un tissu sur sa blessure pour éviter qu'il ne se vide de son sang…
- Vous connaissiez cet homme ?
- C'est horrible… Horrible… Les pauvres enfants…
- Il aurait pu vous tuer…
- Je vais lui mettre ma chemise sur sa blessure…
- NE LE TOUCHEZ PAS !
Kise se sentit de nouveau étouffer. Sa respiration qu'il cherchait à maîtriser de son mieux ne parvenait à s'organiser avec la volonté primaire de son corps : celle d'extérioriser son sang se trouvant dans sa gorge. Le blond semblait étouffer, il avait beau cracher du sang, il ne parvenait plus à tirer une seule poche d'oxygène autour de lui.
- Jeune homme, lâchez-le ! Il faut lui laisser de l'air !
- Ne le touchez pas ! Je ne le lâcherais pas alors écartez-vous !
- Il faut arrêter son hémorragie, reculez !
- FERMEZ-LA ! LÂCHEZ-MOI, JE VOUS DIS! Kise… Kise…
Le blond cracha de nouveau une gerbe de sang. Il se sentit paniquer, les bras et le torse qui l'avaient rassuré jusque-là semblaient se resserrer autour de lui. Lui provoquant deux sentiments contradictoires. La première chose qu'il pensa fut qu'il était heureux d'être là. Serré contre les forts et chauds bras d'Aomine. Il ne pensait pas trouver de meilleures places au monde. Il était protégé, ici. La douleur finirait par disparaître, il en était sûr. Son second sentiment plus primitif le fit s'écarter du mieux qu'il le pouvait de ce torse qui lui bloquait l'air. L'empêchant d'inspirer correctement. L'obligeant à augmenter sa vitesse respiratoire. Cherchant désespérément de l'oxygène. À tout prix.
- LÂCHEZ-LE JEUNE HOMME, IL A BESOIN D'AIR !
- LAISSEZ-MOI ! JE NE LE LÂCHERAIS PAS ! KISE RESTE AVEC MOI ! LÂCHEZ-MOI, MERDE !
Aussitôt le blond eut l'impression qu'un grand vent froid lui cingla le visage. Il bougea légèrement la tête pour rechercher ce torse qui le réchauffait jusque-là mais il ne rencontra que le vide. L'air lui rentra de nouveau dans les poumons et il sentit sa blessure le brûler de mille feux tandis que l'on apposait enfin une compresse sur sa blessure.
Toujours en train de voyager dans une étendue étrangement blanche, intercalée par de brefs pans de la réalité, Kise se sentit bizarrement seul. C'était à peine s'il parvenait à se souvenir de son propre prénom. La seule chose qu'il comprenait et savait réellement c'était l'affreuse douleur lui tenaillant le ventre.
Il était fatigué.
- Les ambulances sont arrivées !
- Il faut leur expliquer la condition du garçon aux cheveux noirs !
- Poussez-vous ! Laissez-nous faire notre travail.
Kise sentit la pression sur sa blessure se retirer légèrement, provoquant aussitôt une sensation de brûlure accrue. De nouveau des bras l'entourèrent. Mais ce n'était pas des bras auxquels il parvenait à identifier une odeur. Leurs gestes semblaient mécaniques, tendus, dépourvus de toute chaleur et de sensation humaine.
- Il va falloir envoyer les deux patients directement aux urgences, ils ont tous deux besoin de soins de toute urgence.
- Le noyé se nomme Takao Kazunari. Il semble avoir évacué l'eau par lui-même bien qu'il n'ait sans doute pas tout recraché, lui causant des problèmes respiratoires. Il a aussi reçu de mauvais coups à la tête et il faut vite replacer son nez cassé.
- Pour le vôtre, c'est Kise Ryouta, faites-moi votre rapport.
- Une cheville cassée, une balle dans l'intestin, un début d'hémorragie inquiétant et il semble avoir avalé une quantité d'eau qu'il recrache difficilement ce qui lui donne des problèmes respiratoires.
- Allez, on se dépêche ! On y va !
- ATTENDEZ ! LAISSEZ-MOI MONTER AVEC VOUS !
Aominecchi…
- Qui êtes-vous ?
- Il a assisté à la scène, c'est un ami des deux patients.
- Laissez-moi rentrer dans votre voiture !
- C'est une ambulance, gamin, pas une voiture… Mais monte et dépêche-toi ! Allez, on a déjà perdu trop de temps !
Kise vit une vive lumière au-dessus de lui, contrastant étrangement avec la lumière décroissante du ciel. Le brancard sur lequel on l'avait allongé fut glissé avec expertise dans l'ambulance. Il ne pouvait les voir mais il sentit un médecin s'asseoir sur sa gauche et il était pratiquement persuadé qu'Aomine s'était placé à l'opposé.
L'ambulance démarra et le son des sirènes emplit l'esprit de Kise.
Ce qui lui arrivait semblait complètement irréaliste.
Combien de fois avait-il vu passer des ambulances dans les rues ? Combien de fois avait-il entendu ces sirènes ? Un nombre incalculable de fois. Mais à chaque fois la sirène se dissipait avec le temps et la distance. Puis il ignorait son intervention, comme habitué par une telle procédure. Seulement cette fois, la sirène était constante, lui rappelant à quel point il avait été faible et inutile. Lui rappelant que ce n'était pas simplement en se détournant du bruit que la sirène partirait.
Car cette fois, c'était lui l'homme à l'intérieur.
Il avait peur, il avait froid, cette sirène lui mettait les nerfs à vifs, la douleur semblait s'être atténuée après que le médecin lui ait injecté une dose de morphine. Cependant, maintenant plongé dans un monde encore plus lent que dans lequel il était précédemment, il lui sembla mourir.
Kise était habitué à tout faire rapidement, à ne jamais rester statique, autant lorsqu'il parlait que lorsqu'il bougeait. La drogue lui entrant dans les veines le condamnait à l'immobilisation. S'il avait pu bouger un doigt il l'aurait fait, juste pour se prouver qu'il possédait encore une force de vie.
C'est alors qu'il sentit une main lui caresser les cheveux. Il ne pouvait ni voir le visage ni la main de l'homme qui lui faisait ça, mais il n'en avait pas besoin. C'était Aomine. Ce geste le rassura. Il eut la sensation que tout de suite ses problèmes étaient apaisés, atténués par ce simple geste. La main continua inlassablement, coiffant et décoiffant ses cheveux, massant doucement son crâne, rassurant son esprit.
La sensation suivante fut des plus inattendues. Si inattendue qu'il ne savait si c'était un fait de son imagination dû à la drogue. Il sentit des lèvres chaudes se presser contre les siennes. À ce contact, le bruit de la sirène de l'ambulance s'estompa d'un seul coup.
Ce contact si simple, si désiré sembla durer une douce éternité. Un goût sucré. Une joie profonde. Et il ne parvenait pas à se manifester. Lorsqu'elles se retirèrent, il lui parut que cette même éternité venait d'être compressée en un millième de seconde.
Son court moment de bonheur ne dura pas. Il entendit des sanglots provenant de sa droite et une main saisit la sienne, la lui serrant bien douloureusement. Les sanglots semblaient vouloir être retenus, mais s'échappaient tout de même du basané. Le son de ses pleurs poignarda Kise aussi sûrement que la balle qu'il s'était prise. La vision d'un Aomine en larme le tétanisait. Son plus grand désir était de se redresser et de serrer l'homme dans ses bras, mais il en était incapable. Son esprit semblait à des milliers d'années de son corps et à des centaines de galaxies plus loin que la réalité.
L'entrelacement de la sirène d'ambulance et des sanglots d'Aomine eurent raison de Kise. Son esprit tout entier sombra dans l'inconscience. Plongeant dans les eaux sombres de son esprit. Recherchant un repos mérité et sans douleur.
Les dernières paroles qu'il entendit furent celles d'Aomine.
Mais malgré sa volonté à lui répondre, il se laissa emporter par les bras rassurant de la morphine.
« Je suis désolé, Kise…
Je suis désolé…
Je suis désolé…
Je t'aime…
Je t'aime aussi, Kise…
Je suis le pire des crétins…
Pardon…
Pardon… »
