Bonjour, je sais que ça fait une éternité que je n'aies rien posté et je m'en excuse mais je reviens avec le dernier chapitre de Accident avant l'épilogue et ensuite cette fiction sera ( enfin) bouclé et je pourrais passer à autre chose.
Je vous laisse donc avec ce chapitre qui doit avoir pas moins de un mois de retard, je tiens aussi à prévenir qu'il est peut être un peu à prendre avec des pincettes pour les âmes sensibles sur la fin. Bonne lecture !
Shuuya se leva une fois de plus, la boule au ventre. Son chef le questionnait sans cesse depuis deux jours, lui posant des questions aussi étranges que pointues. Ça allait du simple « avec qui étiez vous hier soir ? » à « Que pensez de la politique de l'Allemagne à propos de la nationalité ? » . Le plus souvent elles étaient sorties de nul part, au milieu d'une discussion sur la bourse. Le plus souvent c'était son assistant qui lui permettait de s'en sortir sans trop de soucis, en changeant de sujet ou plus simplement en répondant à sa place d'un air enjoué qui semblait agacer au plus au point le grand chef, Ysia tentait de l'aider aussi. Même si la plus souvent elle était quelque peu inutile. Sa vie lui faisait perdre pied de plus en plus souvent, heureusement que Kidou était le plus souvent derrière lui pour y remettre de l'ordre. Il le faisait d'ailleurs avec un certain génie, calmant ses angoisses la nuit et lui donnant des repères la journée, alors que lui même s'organisait de moins en moins bien. Leur seule constante à présent était une nuit qu'ils partageaient tout les trois jours soit chez l'un soit chez l'autre.
Kidou était installé chez lui depuis peu de temps, pourtant il pensait déjà à repartir. Des lettres anonymes arrivaient chaque jour, que ce soit sous sa porte, dans sa boite aux lettres ou dans sa boite mail. Ils étaient tous différents mais avec une même base. Le message principale restait dans cette phrase récurrente « je te hais ». Il se sentait obligé de vérifier chaque porte plusieurs fois le soir, ainsi que les fenêtres. Mais malgré tout il restait une boule de stress dans son ventre et ses nuits se faisaient de plus en plus agité. Mais il n'en avait parlé à personne, sa sœur avait mieux à faire et Shuuya semblait de plus en plus absorbé par ses problèmes. Alors il gardait pour lui et faisait semblant de passer outre. Pourtant ce matin il voulait juste disparaître et mourir là où personne ne retrouverai son corps.
Un long article était paru dans un célèbre magazine people. Première page et trois pages, largement de quoi déblatérer les pires conneries pour ses journalistes. Il ne comprenait pas, la vague s'était pourtant calmé il y a un moment, atténuée par le manque de matière que les deux principaux acteurs y apportaient. Pourquoi un renouveau aussi brusque ? Puis il comprit.
« Exclus de leur sport de prédilection, ils décident de se venger »
L'ensemble de l'article dévoilait l'intégralité du complot du cinquième secteur, du dopage des jeunes pour lequel il était fortement accusé, aux pots de vins et au trafic d'influences sur la bourse et les grandes sociétés où il était également présenté comme un protagoniste éminent. Shuuya était plus présenté comme un psychotique obsédé par le football et sa destruction, l'article faisait comprendre aux parents qu'ils laissaient leurs progénitures aux mains d'un drogué alcoolique très instable. Le tout saupoudré par une histoire d'amour entre eux. Il s'attendait presque à ce que la police vienne frapper à sa porte d'une minute à l'autre, à moins que ce soit le chauffeur aux allures de tueur à gage du cinquième secteur qui viennent faire la seconde partie de son travail. Il pleura, incapable d'évacuer la peur et la frustration autrement, il se sentait prisonnier d'un cercle vicieux dont aucune sortie n'était visible. Il était à bout de souffle, au sens figuré et presque au sens propre maintenant qu'il sentait monter la crise d'angoisse. Il se passa de l'eau sur le visage et tourna une vingtaine de minutes en rond dans son salon tel un chien fou. Il devait appeler son avocat, son père, Shuuya et sa sœur. Aucune idée de l'autre dans lequel il devait le faire, son cerveau tournait au ralenti, son téléphone sonnait toutes les trois minutes sans qu'il songe pourtant le chercher. Il se s'assit et se leva d'un geste brusque en renversant sa table basse. Il s'en voulut aussitôt.
Il commença à ramasser et à nettoyer, ce qui bizarrement lui faisait du bien. La présence soudaine d'une occupation permettait à son cerveau un certain calme : celui ci s'évapora totalement lorsqu'on toqua à la porte.
Black out.
Deux choix, fuir par la fenêtre ou ouvrir. Avec la première il avait une chance sur deux de mourir d'une chute, avec la seconde il pouvait soit tomber sur des policiers soit sur des tueurs à gage. Au final il avait une chance sur deux de mourir et le nouvel arrivant continuait à tambouriner à la porte sans annoncer qui il était. Signe qu'il ne s'agissait donc pas de la police. Il se précipita vers la fenêtre et apprécia la hauteur. Il ne pouvait finalement pas fuir par là. Résigné il ouvrit la porte, les yeux fermés, il ne voulait pas voir la mort en face.
La mort ne vint pas, il ouvrit prudemment un œil et tomba dé-nu. C'était Ysia et un garçon dont il se rappelait vaguement sans pour autant être capable de dire de qui il s'agissait.
-Tu nous laisses pas entrer ? Demanda arrogamment la femme.
-C'est Goenji qui vous envois ou le cinquième secteur ?
-Je viens de moi même. Je suis une femme libre et indépendante qui fait ses propres choix dans la vie. Je n'obéis pas forcément aux ordres de quelqu'un.
Elle entra avec une assurance à toute épreuve, l'homme le suivit doucement sans s'imposer. Il s'adossa au meuble où Kidou posait ses clefs. Un objet conséquent empêchait cependant que la position soit confortable pour lui. Ysia s'assit quant à elle sur la table alors que Kidou refermait la porte, perplexe. Qu'est ce qu'ils venaient faire là ? Et pourquoi le garçon avait l'air aussi stressé, il était presque sûr de paraître moins angoissé que lui.
-Tu sais Kidou je ne t'ai jamais apprécié, tout au plus je t'ai supporté. Mais tu as été trop loin, beaucoup trop loin. Tu vois, j'ai tendance à m'approprier les gens, depuis toujours et il se trouve que Shuuya est à moi. Enfin était. Car tu me l'as volé, et ça ne me plaît pas.
-Mais de quoi tu parles ? Oui je sors avec Shuuya mais j'ai pas pu te le voler, il est gay.
-Il aurait changer pour moi, je le sais.
Elle répétât cette phrase en boucle, de plus en plus vite et de plus en plus fort, finissant par hurler ses paroles comme pour se persuader elle même. Le garçon la regardait avec une fascination non dissimulés, comme si chacun de ses gestes était surnaturels. Kidou se voyait en lui, quant il regardait Shuuya sous la douche laver ses cheveux. Pourtant quelque chose lui échappait, pourquoi semblait il heureux alors que l'objet de sa fascination hurlait son amour à un autre. Ysia avait cessé de hurler et avait repris un froid habituel et doux. Un léger sourire sans expression se greffa sur son visage alors qu'elle contourna l'hôte pour rejoindre l'autre homme et passer sa main dans la poche arrière de son jean.
-Tu dois en avoir marre de tous ses scandales autour de toi non ? Un gars calme comme toi ça ne dois pas être tout à fait à ton goût.
-Pas vraiment mais je ne choisis pas les sujets de prédilection des journalistes alors j'ai pas trop le choix, comme toujours il faut juste baisser la tête, sortir le moins possible et ça se tassera de soi même. Tu pourrais dire à Shuuya de faire de même.
-On ne tient pas vraiment à ce que ça se calme.
C'était le garçon qui avait parlé, sa voix était en parfait accord avec son physique. C'était une voix d'homme fluet, elle était douce mais un tremolo laissait présager une certaine folie, quelque chose de dangereux et d'imprévisible. Ysia sortit la main de derrière l'autre homme et agita un pistolet sous le regard horrifié de Kidou.
-Ysia pose ça ! Range le ! Je sais pas moi mais arrête de jouer avec, c'est dangereux, paniqua l'ex-footballeur.
-Arrête de me parler comme à une enfant, je n'ai pas besoin qu'on me guide ou qu'on me donne des ordres ! Je te l'ai déjà dit il y a cinq minutes. Tu n'aies pas très intelligent pour un stratège aussi renommé. Tu t'en rends compte ?
-Désolé d'être un peu stressé en ce moment, je sais pas si tu as remarqué mais ma vie part dans tout les sens et avec la chance que j'ai si un coup part je suis mort.
-À ton avis le pistolet est là pour quoi faire?
Un blanc passa entre eux. Kidou commença à paniquer, totalement. Il pria tout les dieux qu'il connaissait que quelqu'un arrive, même un tueur à gage du cinquième secteur, même le concierge. La vision de l'arme se balançant au bout des doigts d'Ysia lui inspirait une peur grandissante. Il n'avait jamais vraiment apprécié la fille mais il ne la pensait pas folle, pas à ce point en tout cas. Il était fatigué, mort de trouille et la fin de sa vie approchait à grand pas.
-À quoi ça t'avance de me tuer ? Je suis déjà mort médiatiquement, et mentalement je suis à bout. Financièrement c'est la merde. Si tu veux me voir souffrir pour te venger ou je ne sais quoi c'est bon assis toi et prend du pop corn mais range cette merde.
-Notre plan est fait depuis des mois il est hors de question qu'on le change. Déjà que ça à été bien difficile à mettre en place moi j'en ai marre des contre temps, et elle aussi. Donc tu vas gentiment prendre ce truc, te le coller sur la tempe, sous le menton ou même dans la bouche si ça te fait plaisir et tu te « suicide », déclara l'homme en ajoutant des guillemets sur le mot suicide avec ses doigts.
-Un plan pourquoi faire ? Vous voulez quoi au juste ?
-Tu te crois dans un film ? C'est pas parce que tu demandes que moi le soi-disant méchant je t'explique mon plan que je dois perdre mon temps à le faire. Tu ne crois pas que ça serai stupide ?
Il sembla réfléchir un moment quant même et braqua le pistolet sur la tempe de Kido.
-ça doit être un suicide ! Rappela Ysia d'une voix boudeuse.
-Je sais mais il va nous écrire une jolie petite lettre de suicide pour plus de réalisme. Tu m'as entendu ? Prend un stylo et du papier et au travail. Tu veux que je te la dictes comme Goenji le fait avec moi où je ne te fais pas cette affront ? REPOND !
Kidou bredouilla une réponse et se leva pour obéir, pas tout à fait certain de ce qu'il voulait ou devait faire. Alors en attendant de pouvoir réfléchir, il obéit calmement, la mort dans l'âme et pas seulement aux vues des circonstances. Il ne savait pas quoi écrire mais de toute façon sa main tremblait trop pour qu'il puisse la faire obéir comme il le faisait aux ordres de l'inconnu. Ce dernier perdait d'ailleurs patience, c'était comme si son self contrôle partait avec celui de son adversaire.
-Écrit juste pardon et me prend pas la tête ! Et grouille on a pas toute la nuit !
-Non.
-Quoi non ? Tu crois avoir le choix ? Tu veux mourir en martyr ? Il n'y a personne pour te voir faire le héros ici, et avec toutes les emmerdes que tu as personne ne cherchera plus loin que le suicide de façade. Et oui réfléchis deux secondes, tu es sous des montagnes d 'ennuis divers et variés, il n'est pas insensé que tu ailles aussi loin, rétorqua le jeune homme.
-Ce qui est insensé c'est que quelqu'un que je ne connais même pas veuille ma mort à ce point pour les yeux d'une pute !
D'un mouvement de colère l'agresseur se leva et brandit l'arme avant de l'abattre sur le crâne de sa victime. Heureusement pour ce dernier la femme le retint à la dernière seconde. Ils avaient tout les deux un bras levé et une main sur l'arme, pourtant Kidou sentait qu'il était toujours en position de faiblesse. Un grincement de dent surhumain sortit de la bouche de l'homme et il prit un touffe de cheveux de Kidou pour le forcer à le regarder droit dans les yeux.
-Cette femme est une merveille de la nature que les hommes n'ont pas eut la décence de traiter normalement. Regarde la bien, tu as déjà vu plus parfait ? Ah... Oui j'avais oublié tes préférences bizarres et contre-natures. Laisse moi te dire ce que tu loupes...
Il marqua une pause et tourna les têtes vers la fille qui le regardait avec des étoiles dans les yeux, sûrement peu habitué à valoir autant dans les yeux d'un homme. Elle se sentait valorisée, comme lorsqu'elle était petite et que son père lui rapportait de très jolies robes et les lui faisait essayer en lui disant à quelle point elle était belle. Puis il est tombé pour trafic de drogue, et la vie est devenue dure, et sa virginité est parti lorsque les jolies robes étaient revenues. Maintenant tout ça s'était fini, Pakkun lui avait promit de faire d'elle une femme honnête, de lui donner une famille et des jolies robes, tout ce dont elle rêvait. Alors elle lui obéissait les yeux fermés depuis qu'elle avait compris que ça ne serai pas Shuuya son sauveur.
-Tu loupes la perfection, acheva Pakkun. Et maintenant tire toi cette balle et laisse moi vivre ma vie parfaite loin de tout ça.
Il plaça l'arme sous le menton de sa victime et lui mit un doigt sur la gâchette. Il referma le reste des doigts de l'homme sur la crosse sans pour autant la lâcher.
Ils pressèrent la détente.
Ysia laissa échapper un cri et se couvrit les yeux, incapable de soutenir ce morbide spectacle. L'assassin se leva et laissa l'arme dans la main du mort, en reculant il vérifia si l'ensemble ressemblait bien à un suicide, il décréta que oui alors il mit un bras autour de la taille de sa future femme avant de fuir l'appartement en prenant bien soin de refermer la porte.
Quelques heures plus tard les sirènes résonnaient dans la rue, les policiers tournaient autour du corps et en arrivaient aux conclusions escomptées par l'assassin. Haruna était en pleurs, Macha dans les bras avec son hibou. Jirou était en route pour la soutenir mais la téléportation n'existant pas elle devait se passer de lui pour gérer cette horrible nouvelle et sa fille.
-Je vous répète que Kidou ne se serai jamais suicidé, répétait Haruna dans ses sanglots.
L'agent hocha la tête sans vraiment y croire. Après tout, avec toutes les emmerdes qu'il avait à ce moment précis, n'importe qui aurait eu envie d'en finir, tout ressemblait à un suicide. Surtout l'incapacité à laisser un mot d'excuse que supposaient le stylos et le papier vierge abandonnés sur la table basse.
Voila, j'espère que ça vous aura plus et n'hésitez pas à me laisser vos avis!
Bonne semaine à tous
