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JE REPETE EXTRA GAME EST ANIME EN UN FILLLLMMMM! 8D

Chapitre 17 : À cause des astres.

PARTIE 1 : SAVOIR ACCEPTER.

Midorima marchait à une vive allure. Derrière lui, Kagami et Himuro. Le premier ne cessait de râler pour comprendre enfin ce qu'il s'était passé avec Kuroko. Le vert lui avait cependant déjà fait un résumé précis et concis de la scène mais le rouge n'avait cessé de pousser des exclamations, couvrant ainsi le son de sa voix. Or, il n'allait sans doute pas se répéter. Himuro quant à lui ne parlait plus beaucoup, il répondait de temps en temps à Kagami lorsque ce dernier perdait son souffle. Midorima était plus irrité qu'autre chose de devoir supporter le rouge et admettait en son for intérieur qu'Himuro méritait tout son respect pour parvenir à garder ce faible sourire sur le visage.

Ils arrivèrent finalement devant l'hôpital en passant par le parking. C'est alors que le vert remarqua quatre voitures de polices distinctes, étroitement rangées, toutes proches du hall d'entrée. Un policier était sorti de l'une des voitures mais parlait dans un talkie-walkie, le joueur de Shutoku plissa des yeux mais ne put distinguer aucun autre policier dans les voitures. Il en déduisit qu'ils étaient donc sans aucun doute entrés dans l'hôpital, mais pour quelle raison ?

Lors de l'hospitalisation de Kuroko et Ogiwara quelques-uns étaient déjà venus leur rendre visite. Ils avaient alors expliqués qu'ils reviendraient pour parler avec les victimes lorsque ces dernières seraient aptes à répondre à leurs questions. Cependant quatre voitures de police ne semblaient pas convenir pour une simple série de questions.

La présence des policiers ici même était cependant le dernier de leur soucis. Pas besoin de se rajouter un stress supplémentaire en échafaudant des théories stupides et bancales. Ils étaient dans un hôpital après tout, les policiers devaient sans aucun doute se rendre régulièrement ici même en fonction des différents patients internés.

- Pourquoi y a autant de policer ? Demanda Kagami dans un murmure.

- Je ne sais pas… Répondit Himuro inquiet.

- Il se pourrait que quelque chose soit encore arrivé à Kuroko ? S'exclama Kagami.

- Impossible, répondit Midorima.

- Pourquoi ?

- Il est placé second aujourd'hui selon les astres et les prédictions d'Oha-Asa.

- Comme si ça allait changer quoi que ce soit… Grincha Kagami.

- Bien sûr que oui crétin, le coupa le vert en lui lançant un regard noir.

- Tu m'as traité de quoi ? Cria l'as de Seirin.

Le shooteur ne daigna pas répondre, il ne pourrait soigner la stupidité du rouge par des mots. Son irritation ressortie sous le mouvement machinal lui faisant remonter ses lunettes avec son index et son majeur.

Il gravit les marches par gestes rapides, précis et raides suivit par les deux amis d'enfance. Une fois franchis les portes du hall d'entrée, le regard de Midorima fut attiré par une paire de cheveux rouge et violet.

Sans hésitation il se dirigea vers son capitaine d'un pas assuré, tandis qu'Akashi était debout en face du géant assit sur un banc, ce dernier sembla particulièrement sombre aux yeux de Midorima. Quelque chose était visiblement arrivé. Il ne put retenir les sueurs froides perlant le long de sa colonne vertébrale. C'est alors que son ancien capitaine se retourna vers lui. Midorima se figea lorsqu'il croisa son regard.

Une œil rouge.

Un œil jaune.

Une hétérochromie parfaite.

Effrayante.

Une aura meurtrière.

Promesse de jours sombres.

Rappel de souvenirs enfouis.

Un battement de cils.

L'hétérochromie venait de disparaître. Tout aussi sûrement qu'un mirage.

Midorima resta figé tandis que Kagami et Himuro le dépassaient. Il fixa de longues secondes les prunelles face à lui. Aussi minutieusement que possible.

- Venez-vous asseoir. Ordonna le rouge.

- Muro-chin ! Râla Murasakibara. T'en as mis du temps ! Ne t'en va pas plus tout seul comme ça !

- Eh, il n'était pas tout seul j'étais avec lui ! S'interposa Kagami boudeur. Et en plus tu m'ignores !

- Haha, pourquoi ça Atsushi ? Demanda Himuro en penchant légèrement la tête sur le côté. J'ai un bon sens de l'orientation tu sais ? C'est pour Kagami qu'il faudrait s'inquiéter plutôt !

- Je me fiche de Kaga-chin. Bougonna Murasakibara en saisissant le poignet d'Himuro une fois assez près de lui pour le faire s'asseoir à ses côtés.

- Asseyez-vous, dépêchez-vous. Ordonna une nouvelle fois Akashi en fixant tour à tour Kagami et Midorima.

Le rouge fit la moue plus par principe que par réel ennuie et se plaça à côté de son ami d'enfance. Midorima fixa encore un long moment Akashi, inquiet. Il avait ressenti durant un court moment cette sensation aussi horrible que désagréable d'être mis à nu. De se voir exploré de l'intérieur. Mais cette sensation s'était dissipée aussi rapidement qu'un nuage de fumée. Rien n'avait changé. Akashi avait le même regard que celui qu'il possédait avant que Midorima ne le quitte. Malgré tout un doute subsistait.

Midorima se força à reprendre le contrôle sur ses émotions et son esprit, écartant toutes les questions lui passant par la tête. Sans autre sorte de résistance, il s'exécuta d'un mouvement machinal. Il se posa sur le banc à une distance raisonnable de Kagami et sortit son stylo porte bonheur de sa poche. Le tournant et retournant dans sa main.

- Comme vous le savez sans doute maintenant, commença Akashi en fixant Himuro et Kagami. Kuroko s'est réveillé peu après votre départ. Abruti par les médicaments et par ce qu'on lui a fait vivre durant son viol, il en est venu à agresser physiquement Aomine.

- MAIS COMMENT C'EST POSSIBLE ? Cria Kagami. Kuroko n'aurait jamais fait ça !

- Tais-toi.

Le vert se raidit à cet ordre. Akashi devenait de plus en plus dur dans ses paroles et le vert ne pouvait s'empêcher de fixer son œil gauche avec une certaine appréhension. Avait-il réellement perçu durant un court instant l'hétérochromie de son capitaine ? N'était-ce qu'une simple illusion d'optique ? Un mauvais jeu de lumière ? La fatigue jouait-elle avec son esprit ?

Alors qu'est-ce qui aurait pu provoquer cette sensation de se retrouver face à l'Autre ? Midorima était certain d'avoir quitté un Akashi énervé mais en pleine possession de ses moyens.

Je me trompe.

Il avait bien eu un doute durant un court instant. Lorsqu'il était sorti avec Akashi et Takao de la salle d'attente juste après l'agression de Kuroko. Tandis qu'Akashi leur demandait de retrouver Kagami et Himuro, il avait cru voir dans les yeux d'Akashi une anormalité. Il était devenu froid. Il l'avait toujours été mais cette fois, il avait franchi un palier supplémentaire. Son regard avait alors changé durant un court instant. Comme s'il n'avait plus été conscient de la réalité. Comme si au final il voyait par-delà sa simple existence. Il semblait l'observer de l'intérieur. Malheureusement ou heureusement l'instant avait été bien trop court et Midorima n'y avait pas prêté plus d'attention que ça. Jugeant qu'il valait mieux retrouver rapidement les deux japo-américains.

- … c'est à ce moment où Kise et Takao sont sortis pour partir à la recherche d'Aomine.

Akashi s'arrêta un court moment pour jeter un regard sombre à Midorima.

- Ils ont rencontré dans le parc l'agresseur de Kuroko.

- QUOI ?! S'exclama Kagami.

- Comment ? S'abasourdit Midorima.

- Lorsqu'ils sont revenus... Continua Akashi.

C'est alors que Midorima comprit. Il se redressa de toute sa hauteur surplombant son ancien capitaine.

- Où est Takao ?

- Ne m'interromps pas.

Midorima fixa longuement le rouge. Un froid anormal lui parcourait tout le long de la colonne vertébrale. Des frissons lui remontèrent des pieds à la tête le menaçant de le faire exploser de rage. Il était à peu près certain de ce qu'affirmerait dans peu de temps Akashi. Il était loin d'être idiot. Quatre voitures de polices dehors, le regard sombre d'Akashi et Murasakibara, l'absence d'Aomine, Kise et Takao, les présages d'Oha-Asa.

- Rassis-toi.

Malgré l'ordre de son capitaine il ne put s'empêcher de le fixer de toute sa hauteur le défiant du regard. Il voulait avoir une réponse immédiate et il savait que le rouge ne lui dirait pas en un simple mot l'état des choses. Il irait droit au but c'était une certitude mais il veillerait à tout raconter en détail pour bien faire comprendre à chacun ce qui s'était passé. Midorima voulait une réponse. Rapidement. Succincte.

- Rassis-toi. Répéta une seconde fois le rouge.

C'est alors qu'un frisson d'un tout autre genre le prit. Il ne l'admettrait jamais et pourtant c'était bien un frisson de peur qu'il ressentait.

Un frisson que l'on ne peut ressentir que lorsque sa vie semble subitement n'être maintenue que par un seul fil. Un fil si fin que le moindre faux geste vous précipiterait vers le néant. Midorima déglutit difficilement et se força à se rasseoir.

Akashi et lui s'échangèrent longuement un combat oculaire, que le vert finit par perdre.

L'aura meurtrière était toujours là et lorsque le joueur de Shutoku jeta un regard aux autres il comprit qu'il n'était pas le seul à la ressentir.

- D'après ce que nous a dit Aomine, leur agresseur aurait tout d'abord tabassé Takao avant de le pousser dans le lac. Kise a vraisemblablement plongé à son secours avant de recevoir une balle. Takao et Kise sont alors revenus tous les deux sur des brancards. Ils sont en ce moment même en salle d'opération. Takao a subit de violentes blessures au niveau du visage et d'après ce que j'ai pu entrevoir son nez est cassé. Kise a quant à lui reçu une balle au niveau de l'intestin.

Le silence s'installa au-dessus d'eux.

Midorima sentit une rage sourde monter rapidement en lui. Écrasant chaque parcelles, tentant de la contenir. Cette rage jaillit de son ventre, remonta jusqu'à sa gorge comme un feu ardent, tel du magma volcanique. Cependant sa rage se heurta à une porte. Elle s'abattit avec une violence inouïe sur cette dernière sans résultat. Sans que Midorima ne sache pourquoi, sa rage semblait restée coincer en travers de sa gorge incapable de s'exprimer, incapable de rejoindre l'air libre. Cette porte le forçait à maintenir une allure calme à peine énervé. Cette porte qu'il s'était lui-même construite au fil des années semblait devenir des chaînes à l'heure actuelle. Tandis que tout son esprit et son corps cherchait à extérioriser sa rage, cette porte maintenait son masque. Le forçant au calme.

Midorima retourna son stylo Bic dans sa main. C'était son objet chanceux du jour. Takao était allé le lui acheter le matin même alors que lui-même était trop inquiet par l'état de Kuroko pour se lever de son siège de la salle d'attente. Au final il n'avait prêté qu'une attention moyenne à Oha-Asa ce jour-là. Malgré la recommandation faite aux Scorpions.

« Les Scorpions ne doivent pas s'éloigner des Cancers aujourd'hui au risque de prendre une douche froide ! »

L'ironie. Une douce et percutante ironie du destin. Le seul jour où il aurait dû prêter le plus d'attention possible aux astres, il ne l'avait pas fait. On pouvait lui reprocher un certain nombre de choses, d'être paranoïaque tout autant que maniaque et superstitieux. Mais il était persuadé d'une chose. Tout aussi certain que la terre était ronde. Oha-Asa ne mentait pas. Jamais.

Les astres avaient en plus de cela fait en sorte que le comportement de Takao durant la journée soit moins joviale et énervant que les jours précédents. Midorima aurait dû prévoir qu'il lui arriverait quelque chose. Tous les éléments avaient été devant ses yeux et il les avait ignorés. Le comportement moins jovial de Takao, l'annonce d'Oha-Asa, le fait que son camarade s'était décidé à aller acheter lui-même son objet chanceux. C'était une invitation envoyée par les astres à rester à ses côtés. Et lui avait décidé de se séparer de son compagnon. Il l'avait abandonné.

Midorima sursauta légèrement –assez pour pouvoir cacher son sursaut en quelque chose de plus naturel- lorsque le son d'une voix lui parvint aux oreilles. En redressant la tête il remarqua qu'Aomine quittait un docteur et deux policiers pour se diriger vers eux. Son allure était lamentable. Ses vêtements étaient couverts de sang séché, son pantalon et ses chaussures étaient couverts de boue.

Finalement lorsque le basané arriva face à eux, il fixa sombrement Midorima. Dans son regard un mélange de colère, de tristesse, de haine et de douleur. Des sentiments que le vert n'avait jamais vus en une seule fois dans ses yeux bleutés. Il fut même étonné de voir un idiot pareil ressentir autant d'émotions à la fois.

- Ce mec… commença Aomine. Je me suis retrouvé à deux pas de ce mec.

Midorima se tut, attendant la suite, sentant sa colère intérieure gronder de plus en plus.

- J'étais tellement près que je pouvais sentir son haleine de clochard. Je m'apprêtais à lui sauter dessus pour le massacrer, lui déformer le visage et faire en sorte que mes coups deviennent des marques permanentes.

Aomine eut un gloussement sans joie, empli simplement de rancœur. Midorima se contenta de le fixer avec froideur.

- Il a su ce que j'allais lui faire. Il a dû le ressentir dans chaque parcelles de son corps. Il s'est senti pour la première fois en danger. Comme une proie. Il a sans doute dû comprendre ce qu'avait dû ressentir Tetsu face à lui. Avant que ce connard ne le baise jusqu'à plus soif. Au moment où il a pleinement réalisé ce qui allait lui arriver… Il a soulevé son arme et a pointé Kise.

Aomine mima le geste en plaçant son bras horizontalement au sol, le poing fermé avec seul le pouce et l'index de sortis. Midorima serra des poings, la porte qui retenait sa rage commençait à céder.

- Je ne sais pas comment il l'a su mais il savait qu'en lui tirant dessus, je me précipiterais vers Kise au lieu de lui sauter à la gorge. Alors il a tiré. C'était aussi simple que ça. J'ai croisé son regard et il a croisé le mien. Il ne regardait même pas Kise lorsqu'il a appuyé sur la gâchette.

Aomine prit une courte pause en faisant courir son regard sur chacun de ses camarades.

- Ce salop sait que dès que l'on tentera quelque chose sur lui, la seule chose qu'il aura à faire ça sera de détruire ceux que nous aimons le plus pour nous mettre hors d'état de nuire. Il a drogué Satsuki pour moi, il a violé Tetsu pour moi. J'ai alors cherché à les venger tandis que lui voulait simplement me voir quitter la partie. Mais lorsqu'on s'est retrouvé face à face il a compris que je n'étais pas encore suffisamment atteint. Il a flingué Kise pour moi. Alors vous savez quoi ? Je sors de ce putain de jeu. Je ne veux pas retrouver la prochaine fois l'un de mes deux darons mort dans ma chambre seulement parce que je suis allé à l'encontre de ses règles. Je vais prendre soin de ceux qui ont besoin de moi et arrêter de vouloir des choses que je ne peux pas avoir.

La porte céda.

Sa rage explosa en lui, le faisant bondir du banc. Il attrapa avec force le T-shirt d'Aomine, l'empêchant toute retraite.

- POUR TOI C'EST QU'UN JEU C'EST Ç A ?

- C'est ce que ce mec croit. On est des putains de pions qu'il veut éliminer un à un et j'en ai marre de voir des gens que j'aime atterrir à l'hosto. Je suis out.

La rage de Midorima franchit toutes les barrières qu'il s'était instauré à lui-même. Il se sentait exploser de l'intérieur. Un feu violent, ardent pouvant le consumer jusqu'à la moindre partie de ses cellules. Le coup qu'il envoya au basané partit tout seul. La force qu'il avait employée dans ce poing propulsa Aomine au sol avec un choc sourd.

- TAKAO N'ETAIT QU'UN PION, C'EST CE QUE TU SOUS-ENTENDS ?

Aomine bien que toujours à terre se retourna sur le dos et fusilla Midorima du regard.

- Takao n'était qu'un putain de bout de viande. J'étais de l'autre côté du lac lorsque je l'ai vu se faire tabasser. Même avec la distance qui nous séparait je pouvais entendre les coups qu'il recevait. Il avait tellement mal qu'il en criait à s'en déchirer la voix. Si tu avais été là au bon moment tu penserais comme moi !

- Va te faire voir Aomine ! S'exclama Midorima.

Il voulut donner un autre poing au bleuté mais ce dernier se releva avec souplesse et agilité évitant son coup avec précision. Midorima n'était pas au bout de sa colère cependant. Si bien que lorsqu'il vit un poing lui arriver directement au visage il esquiva d'un pas et envoya son genou dans le ventre du bleuté. Ce dernier le reçut de plein fouet mais parvint à l'encaisser avec facilité, il empoigna le poignet du vert lui permettant ainsi d'envoyer un second coup au visage du joueur de Shutoku sans être gêné. Midorima reçut le poing de plein fouet et ce fut sans surprise qu'il vit ses lunettes s'envoler de son visage pour tournoyer dans les airs et se fracasser lourdement au sol.

- Salaud… Cracha Midorima.

Puis comme deux fauves ils se sautèrent dessus. Chacun voulant faire mal à l'autre, tentant d'extérioriser toute leur rage. Alors que Midorima s'apprêtait à donner un violent coup de tête au joueur de Touou il sentit deux paires de bras le tirer vers l'arrière. Les policiers.

Cependant il faisait parti de la génération miracle. Tout autant qu'Aomine.

Les deux policiers sur lui-même et sur Aomine ne suffirent pas.

La génération miracle ne pouvait être arrêté que par la génération miracle.

Une évidence même.

Alors, Midorima tira violemment sur ses bras faisant lâcher prise aux policiers. Aomine et lui se retrouvèrent. Comme deux fauves, comme deux forces contraires, comme deux divinités en conflits depuis des millénaires ils s'entrechoquèrent une nouvelle fois. Midorima avait son nez qui saignait, Aomine quant à lui voyait de l'hémoglobine sortir de sa bouche.

C'est alors que Murasakibara se dirigea vers Aomine pour le saisir par les bras et le traîner en arrière avec une aisance déconcertante. Kagami et Himuro se dirigèrent vers Midorima pour l'éloigner aussi de son camarade. Ce ne fut qu'une fois plaqué à terre qu'il prit conscience de ce qu'il venait de faire.

La douleur à son nez se fit de plus en plus présente tandis que son souffle court et saccadé reprenait un rythme normal. Sa rage quant à elle avait disparu. Elle semblait s'être envolée, en même temps que son stress et sa peur.

Kagami et Himuro le lâchèrent sans un mot en percevant son regard. C'était ainsi entre les membres de la génération giracle et leurs ombres, chacun d'eux se comprenaient sans échanger un seul mot. Les policiers quant à eux furent un peu plus suspicieux à le laisser libre de ses mouvements.

Midorima se redressa sur ses fesses et récupéra la paire de lunettes que lui tendit Kagami. L'une de ses branches semblait avoir du mal à se refermer cependant aucun verre ne s'était cassé. La chance était de son côté. Il vérifia que son stylo Bic était toujours présent dans sa poche et surtout en bon état. Un objet chanceux du jour qui se casserait serait désastreux pour lui. Une fois l'inspection terminée il jeta un regard à Aomine. Ce dernier s'était relevé tout en se massant la mâchoire. Il aurait sans aucun doute un très vilain bleu.

Midorima ignora la main que lui tendait Kagami et se releva de lui-même.

- On peut savoir ce qui vous a pris les garçons ? S'insurgea un policier.

- Veuillez les pardonner, messieurs. Demanda Akashi sans accorder un regard à ses camarades. Ce sont nos deux amis qui se sont fait agressés aujourd'hui dans le parc. Nous étions à cran et la situation à vite dérapé lorsque nous avons tenté d'en discuter.

- Oui, enfin on est dans un hôpital là, pas dans une arène ! Si vous voulez vous battre ce sera dans la rue, jeunes hommes ! Les réprimanda l'homme de loi. Je ne vous mets pas de blâme pour l'instant mais sachez que la prochaine fois je ne serai pas aussi clément ! En attendant je vais vous demander à tous de me suivre. Nous allons vous poser certaines questions en vue des derniers événements. Même si cependant nous avons déjà questionné monsieur Aomine Daiki.

La bande au complet se tourna comme un seul homme vers Akashi, provoquant un étonnement non dissimulé des policiers. Leur capitaine hocha légèrement de la tête avec un petit sourire en coin. Ce fut alors que Midorima remarqua qu'il ne ressentait plus l'aura meurtrière de ce dernier. Que s'était-il passé ? Leur bagarre l'avait-il ramené de force à son rôle de capitaine ? Le fait de voir que tous s'étaient tournés vers lui, l'avait-il rassuré quant à sa position dans l'équipe ?

Toute la génération sortit du hall d'entrée sous les murmures des patients ayant assisté à la scène. Une fois dehors ils s'approchèrent des voitures de polices et attendirent que les policiers se préparent pour leur interrogation. Himuro s'approcha de Midorima pour lui proposer un mouchoir que le vert accepta avec politesse. Du coin de l'œil il vit Himuro reculer jusqu'à Murasakibara tandis que ce dernier le saisissait par le poignet le rapprochant de lui avec une certaine force mêlée à un sentiment de protection. Le vert coula un regard vers Aomine qui l'évitait du mieux possible.

- Bon, commençons. Annonça le policier. Avez-vous une idée de qui aurait pu agresser vos amis ?

Haizaki. C'était la réponse qui venait directement à Midorima. Et il savait que la plupart des personnes ici présentes devaient avoir pensé au même prénom. Cependant avant que quiconque ne puisse ouvrir la bouche, la réponse vint de leur capitaine.

- Non.

La réponse aussi courte que précise ne laissait passer aucun doute. C'était assez clair pour tous. Ils comprenaient qu'avec cette réponse Akashi attendait d'eux qu'ils ne dévoilent aucun nom. Ni celui d'Haizaki, ni un quelconque autre potentiel agresseur.

- Et vous ? Demanda le policier en fronçant des sourcils et regardant tour à tour les adolescent réunis face à lui.

Tous secouèrent de la tête, ne prononçant aucun mot.

- Vous est-il déjà arrivé une affaire semblable par le passé ? L'un de vous ou l'un de vos amis s'est-il déjà fait agresser de la sorte ?

- Non. Répondit une nouvelle fois Akashi.

Le policier voyant que les autres ne répondaient pas, se contentant de le regarder fixement, sentit une vague d'irritation le parcourir.

- Quel est votre nom jeune homme ?

- Akashi Seijuro.

L'homme eut un temps d'arrêt où il fixa Akashi avec une surprise non dissimulée. Sa bouche s'ouvrait et se refermait d'elle-même sans qu'il ne prononce aucun autre mot. Un autre policier vint alors à son secours pour poser une autre question.

- Connaîtriez-vous quelqu'un en voulant particulièrement à l'un de vos deux amis ?

- Non. Répondit une troisième fois Akashi.

- Nous aimerions avoir des réponses de vos camarades jeune homme. Le prévint le second policier.

Le capitaine de Rakuzan ne répondit rien et fit un simple geste de la main désignant l'ensemble du groupe. L'invitant à les questionner si l'envie leur en prenait.

- Alors, vous autres ?

- Nan et j'ai faim. Répondit Murasakibara.

- Non. Répondit Midorima en rehaussant ses lunettes.

- Ouais, nan, ce n'était pas des gens à qui on pouvait en vouloir. Répondit Kagami.

- Et vous Aomine ?

- Vous m'emmerdez avec vos questions ! Vous me l'avez déjà demandé tout à l'heure et je vous le dit encore une fois non ! Je n'en sais rien ! Si je l'avais su sachez que j'aurais fait en sorte d'appeler toute l'armée mondiale pour détruire ce mec !

Midorima secoua la tête devant la stupidité de son camarade. Une armée mondiale n'existait pas et ne se déplacerait jamais pour une telle affaire. Du moins si la demande venait d'Aomine, si ça avait était suite à une demande d'Akashi peut-être que…

Midorima vit du coin de l'œil Kagami se retourner, comme cherchant quelqu'un. La présence de Kuroko à ses côtés semblait avoir été inscrite profondément en lui. Il semblait sans doute s'attendre à entendre : «C'est un peu exagéré Aomine-kun». Le vert ferma les paupières secouant légèrement la tête. C'était exaspérant d'avoir une mémoire si courte, Kuroko était dans une chambre d'hôpital. Comment Kagami pouvait encore avoir ce genre de réflexes ?

Malgré tout lui-même se sentait un peu décontenancé d'ouvrir les yeux et de ne pas voir Takao à ses côtés. Il lui semblait avoir subitement un vide inconfortable à côté de lui. Comme s'il se tenait au bord d'une falaise il avait la sensation de pouvoir tomber à n'importe quel moment. C'était idiot. Takao n'avait jamais été si indispensable. Au contraire il avait toujours été soulagé lorsque après les cours Takao se proposait de faire une partie de la route avec lui puis, qu'ils se séparaient. Lui-même avait toujours béni le moment où finalement Takao annonçait jovialement qu'il le laisserait là pour la journée.

Malgré tout il ne pouvait se le cacher. Takao était un pilier. Il l'avait été depuis que toute cette histoire avait commencée. Intentionnellement ou non sa présence avait fait beaucoup de bien à Midorima. Une source de soutien dans un moment difficile et comblé de stress. Il avait dû faire beaucoup d'effort pour ne pas laisser transparaître ses émotions. Et Takao l'avait énormément aidé pour cela, inconsciemment ça allait de soi, mais tout de même.

- Vous voulez nous dire quelque chose mon garçon ? Demanda un policier.

Midorima releva la tête et comprit qu'il était resté planté devant les policiers comme un piquet -ou un parfait idiot. Le reste de ses camarades avaient commencé à rejoindre l'hôpital, seul Akashi était resté en retrait pour l'attendre.

- Non, veuillez m'excuser. Demanda-t-il en s'inclinant légèrement.

Le vert rejoignit son capitaine d'une marche calculée et droite. Ils n'échangèrent aucun mot et rejoignirent les autres dans le hall d'entrée. La petite troupe s'installa autour d'une table tandis que Murasakibara s'était dirigé vers le distributeur à boissons.

Une infirmière se dirigea alors précipitamment vers eux et s'excusa de les interrompre ainsi malgré le silence de mort régnant au-dessus de la table.

- Nous voulions vous prévenir que monsieur Takao Kazunari et Kise Ryouta ont été ramenés à leur chambre. Les visites ne seront autorisées qu'à partir de demain matin. Malgré tout je risque d'avoir besoin de votre aide. Du moins de l'aide de l'un d'entre vous. Si possible l'ami le plus proche de monsieur Takao Kazunari.

Tous les regards se tournèrent vers Midorima et sans qu'il ait besoin d'affirmer quoi que ce soit, le regard de l'infirmière se tourna aussi vers lui.

- Son opération s'est finie il y a une vingtaine de minutes, puis il y a dix minutes environ il s'est réveillé et nous peinons à lui faire prendre ses médicaments depuis.

- Pourquoi ? Demanda Midorima en fronçant des sourcils.

L'infirmière baissa légèrement ses yeux, prenant un air désolé.

- Il semble avoir développé une phobie à l'eau.