Bonjour à tous et à toutes! Je n'ai pas encore pu répondre à vos précédents messages mais je le ferrais ce soir en rentrant de cours! En attendant voici le chapitre 17 (Partie 2). J'espère que vous apprécierais ce chapitre de MidoTaka, personnellement ça été un vrais plaisir de l'écrire et j'espère vraiment de tout coeur qu'il vous plaira!
Je voulais dédié ce chapitre à Erizu qui est ma superbe correctrice, une fan inconditionnelle du MidoTaka et qui m'as foutue une de ces pressions pour faire un chapitre "de MidoTaka parfait". Au final ça lui as plu donc j'espère que ça vous plaira tout autant et j'espère aussi que les fans du MidoTaka ne seront pas déçus d'une façon ou d'une autre! Sur ce, trêve de blablatage inutile et let's go!
Bonne lecture!
Chapitre 17 : À cause des astres.
PARTIE 2 : SAVOIR SURMONTER.
- Quoi ? S'exclama Kagami.
- C'est possible, ça ? Demanda Himuro.
Midorima ne jeta aucun regard à ses camarades même si il lui semblait ressentir leurs lourds regards sur lui.
- S'il vous plaît, monsieur… Demanda l'infirmière.
- Midorima.
- C'est urgent, ses médicaments doivent être pris rapidement mais il est nécessaire qu'il les avale avec un verre d'eau.
- J'arrive.
Sans rien ajouter d'autre, il se leva. Après un instant d'hésitation il se tourna vers son ancien capitaine.
- Vas-y Midorima. Prends soin de lui.
Le vert en eut le cœur serré lorsque ces paroles lui parvinrent aux oreilles. Entendre Akashi prononcer de telles recommandations sonnait comme un destin tragique. Seul ses yeux –tous deux d'un rouge éclatant- le rassurèrent et lui permirent de calmer le stress croissant en lui.
Il suivit l'infirmière qui avait déjà commencé à prendre de l'avance. Il la rejoignit en deux pas grâce à ses grandes enjambées. Ils se dirigèrent tous les deux vers l'ascenseur réservé au personnel. L'infirmière commença alors à lui donner de plus amples détails.
- Il est impératif qu'il prenne ses médicaments avec un verre d'eau. À cause de sa noyade il a ingurgité une eau très sale. De plus avec les coups qu'il a reçus au visage et plus particulièrement au niveau de son nez du sang lui a coulé le long de la trachée et de l'œsophage, sans compter les vomissements ayant irrité ses conduits. Les médicaments qu'il doit prendre sont extrêmement irritants, et si son œsophage continu à s'irriter ça pourrait créer d'autres maladies plus ou moins graves. Il faut absolument reposer ses tissus.
L'ascenseur arriva à leur étage et les portes s'ouvrirent laissant échapper deux médecins en grande discussion.
- Je comprends. Murmura Midorima malgré sa volonté à vouloir paraître sûr de lui.
- Il va aussi falloir lui faire prendre une douche dans deux heures, nous allons lui faire passer des radios et des examens pour surveiller l'état de ses poumons et vérifier qu'il ne possède pas d'autres problèmes.
Le vert hocha la tête. Le silence tomba lourdement au-dessus d'eux. Une question s'était installée dans sa tête sans qu'il ait le courage de demander une réponse. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et il sentit des sueurs froides le parcourir. Il avait besoin d'une réponse. Peu importe ce qu'il apprendrait.
Au moment où ils s'arrêtèrent devant la porte de la chambre il demanda alors dans un murmure :
- Est-ce qu'il y a des chances pour qu'il guérisse un jour ?
L'infirmière leva sa tête pour croiser son regard et bien que sa main fût sur la poignée elle n'ouvrit pas la porte.
- Les phobies sont en général des sentiments qui nous accompagnent durant toute notre vie. Cependant la phobie est une peur irrationnelle et particulièrement forte. Il arrive souvent que cette phobie se transforme en une simple peur plus facile à contrôler. Sa peur de l'eau sera sans doute toujours ancrée dans son esprit mais il sera capable de vivre avec et de ne plus éprouver cette peur violente et irrationnelle.
- D'accord.
- Pour ça on donne généralement cinq grands conseils aux patients.
- Lesquels ?
- Il faut inscrire des sensations positives en lien avec l'eau. Dans le cas de Takao, il a le souvenir de se noyer à chaque fois qu'il voit de l'eau, cette sensation revient à la surface et est excessivement présente. Il faudrait créer un sentiment positif plus fort que ce souvenir de noyade.
Midorima ne répondit rien, il n'avait aucune idée de comment parvenir à créer un tel sentiment chez Takao. Le vert n'avait jamais réellement remonté le moral à quelqu'un. C'était au contraire le brun le plus doué pour ce genre d'exercices.
- Il va falloir ensuite qu'il ait un contact régulier et durant une longue période dans le temps pour assimiler ces sensations positives à l'eau. Cela pourra prendre des semaines, des mois ou des années.
- Hum.
- Le troisième conseil est de s'entourer de personnes de confiance, la raison pour laquelle je vous ai demander de venir, donc. Les personnes de confiance sont très importantes car l'humain se sent protégé lorsqu'il est avec ses proches et à tendance à repousser ses limites et ses peurs grâce ou à cause d'eux.
Midorima ne répondit rien et se contenta d'attendre la suite.
- On conseille aux patients de s'habituer à leur phobie dans un cadre familier. Concernant Takao, prendre des douches longues ou des bains chez lui serait judicieux. À son rythme bien entendu. Mais plus il y restera longtemps et plus il répétera ses exercices, mieux ce sera pour vaincre sa phobie.
- Et la dernière recommandation ?
- Prendre un ou une psychologue.
- Très bien, répondit Midorima après un court silence. Très bien.
- Bon je vais vous laisser entrer, je reviendrai dans deux heures pour pouvoir l'emmener en salle d'examen. Si dans un quart d'heure vous ne lui avez pas fait prendre ses médicaments, appelez-moi, il va falloir lui faire prendre par intraveineuse. Cependant le docteur aimerait éviter.
- Très bien. Répéta le joueur de Shutoku.
- Bonne chance. Dit-elle en lui ouvrant la porte.
- Hum…
Midorima vit l'infirmière refermer la porte derrière lui. Le vert fit quelques pas le long du mini-couloir menant à la chambre centrale. Une fois arrivé à l'entrée de la pièce il consulta les lieux. Sur sa droite le lit de Takao entouré d'un bon nombre de machines. Sur le mur en face de lui, des fenêtres éclairaient parfaitement la scène et sur sa gauche, deux chaises pliantes.
Takao était allongé dans son lit dos à lui. Seuls ses cheveux noirs en batailles dépassaient de la couette et sans qu'il ne sache pourquoi, Midorima sentit son cœur se serrer à cette vision. Il semblait si faible et si fébrile dans cette position. Comme un enfant atteint d'une grosse fièvre. Aussitôt le vert s'en voulut d'avoir une telle pensée. Takao était loin d'être faible ! Et même s'il se comportait comme un enfant il n'avait rien de fébrile !
- Takao ?
Aussitôt le garçon se releva et se retourna vers lui.
Le cœur de Midorima se contracta en voyant l'état de son visage.
Il lui sembla que son dîner remontait dans sa gorge, le menaçant de le faire vomir.
La culpabilité l'envahit.
Takao avait ses cheveux encore trempés de sang et la douche se révélait par conséquent plus que nécessaire. Ses yeux, bien que pétillant de joie à la vue de son camarade, furent ce qui choqua le plus Midorima. Sur son œil gauche un gros bleu rougeâtre faisait peu à peu son apparition à moitié caché par le pansement apposé sur l'œil. Son œil droit quant à lui ne semblait avoir rien subi, trahissant simplement la fatigue de l'hospitalisé. Le nez de Takao avait été recouvert par des pansements médicaux prévus à cet effet, maintenant son nez cassé en place.
Midorima cacha ses émotions de rage qui le parcouraient des pieds à la tête et s'approcha de son camarade.
- Shin-chan ! Tu es venu me voir ! Je suis vraiment trop heureux, je savais que je te manquais !
Midorima s'approcha de son lit. Debout, il le surplombait de toute sa taille. Cet idiot souriait de toutes ses dents malgré la douleur que cela semblait lui procurer. Midorima devait se l'avouer, son sourire était vraiment beau. Il contrastait douloureusement avec le reste de son visage.
- Tu ne prends pas tes médicaments. Intervint Midorima en le fixant durement.
Aussitôt Takao brisa le contact visuel et se concentra sur la beauté soudaine de ses draps d'hôpital. Le vert le vit serrer des poings avant de commencer à trembler et sut tout de suite qu'il avait pris la mauvaise approche. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ?
- Tu as peur de l'eau, n'est-ce pas ? Lui demanda-t-il en tentant de recroiser son regard.
- Non ! S'énerva Takao en tournant son visage vers lui.
Le cœur de Midorima finit par se briser en mille morceaux. Les yeux bleus de Takao étaient remplis de larmes les faisant scintiller de mille feux. Les larmes semblaient ancrées et malgré toutes les lois physiques existantes elles ne coulèrent pas, restant plantées là où elles étaient. Les yeux du plus jeune semblaient chargés de reproche. Mais pas envers Midorima. Des reproches qu'il s'infligeait à lui-même. Émiettant les dernières parties du cœur de Midorima.
- Non, je n'ai pas peur de l'eau ! Répéta Takao en sentant sa voix se briser cette fois.
Midorima s'affola intérieurement. Comment devait-il réagir ? Que devait-il dire ?
« Il faudra créer un sentiment positif plus fort que ce souvenir de noyade. »
Midorima fixa le regard de Takao tout en réfléchissant à toute vitesse. Il devait lui faire ressentir un sentiment positif. Il se souvint de sa mère qui le serrait dans ses bras lorsque, enfant, il se blessait ou avait un gros chagrin.
Alors Midorima s'approcha un peu plus du lit de Takao et tandis que celui-ci fronçait des sourcils d'incompréhension, Midorima tapota le dessus de sa tête avec sa main droite. Relevant ses lunettes de sa main gauche il détourna le regard pour éviter que Takao ne voit le rouge lui montant aux joues.
- Shin-chan, tu essaies de me réconforter là ? Rigola Takao malgré les larmes lui perlant aux yeux.
Midorima retira sa main précipitamment et croisa les bras.
- N'importe quoi, nanodayo.
- Shin-chan a vraiment essayé de me réconforter ! S'écria Takao en gloussant.
- Mange tes médicaments, maintenant ! Ordonna Midorima pour détourner la conversation.
Sans qu'il n'ait le temps de faire un seul mouvement, Takao attrapa les deux comprimés bleutés et les mit dans sa bouche avant de les avaler en une seule fois.
- CRETIN ! Tu dois les prendre avec de l'eau ! Ça ne te suffit pas d'avoir subi une opération ?!
- Tu vas voir que je n'ai pas peur de l'eau ! S'exclama Takao avec un sourire de provocation, comme un enfant.
Sans prononcer un mot de plus le brun se leva du lit. Midorima interdit et en colère contre ce dernier l'observa dans sa robe d'hôpital, moulant son dos musclé et lui remontant au niveau des mi-cuisses. Le vert détourna vivement le regard.
Takao contourna le lit et se dirigea vers la salle de bain par laquelle on accédait par le petit couloir. Midorima secoua vivement la tête en signe de désespoir en se demandant pourquoi c'était lui l'ami d'un pareil idiot. Alors il se dirigea vers les chaises pliantes et s'assit sur l'une d'elles, les jambes croisées, il attendit.
L'eau s'était mise à couler dans la douche et Midorima ferma les yeux. Il devait reprendre le contrôle de ses émotions. Il était en colère certes, mais à chaque fois qu'il croisait le regard de Takao il se sentait particulièrement énervé. La haine qu'il ressentait dépassait l'entendement. Il se sentait trembler dès qu'il posait ses yeux sur le visage de Takao. Ce psychopathe lui avait pratiquement déformé le visage. Ses magnifiques yeux bleus ne brillaient plus de la même manière. Un voile de fatigue, de peur et de douleur s'était déposé sur ses pupilles, voilant son regard.
BAM !
Midorima rouvrit les yeux avant de se relever rapidement. Ses pieds se précipitèrent d'eux-mêmes jusqu'à la salle de bain. Sans même y réfléchir il ouvra la porte en grand. Ce qu'il découvrit le figea sur place.
L'eau de la douche coulait comme un bruit de fond, la faible lumière quant à elle projetait des ombres sinistres dans la petite pièce ambiguë. Le corps nu de Takao était recroquevillé contre le mur. L'eau provenant du jet situé en hauteur lui tombait directement dessus. Il avait ramené ses genoux près de son torse et avait enfoui sa tête dans ses bras. Ses pieds se croisèrent et se rapprochèrent le plus possible du corps principal lorsque l'as de Shutoku ouvrit la porte. Takao tremblait comme une feuille et malgré sa peur de l'eau il semblait incapable de faire un quelconque mouvement pour éteindre le jet. Comme si chaque gouttelettes lui tombant dessus était un violent poison paralysant. Comme un coup fortement porté sur le brun, l'obligeant à rester à terre.
Midorima sentit son corps se remettre à bouger de lui-même. Laissant sa raison en dehors de la pièce et n'agissant pour une fois qu'avec son cœur qui se serrait douloureusement face à cette scène. D'un mouvement rapide la main de Midorima éteignit la douche. Le jet d'eau avait eu le temps de le tremper de la tête aux pieds mais le vert ne s'en soucia guère. Ses pensées étaient entièrement portées sur Takao.
Il s'agenouilla face à ce dernier, le dos courbé. Il l'observa un long moment en silence. Son corps nu semblait pouvoir se briser à n'importe quel moment. Il semblait que Takao avait été victime de violence durant des années ainsi recroquevillé sur lui-même. Midorima se maudit du plus profond de son être. Tout ça c'était de sa faute. Si seulement il avait écouté Oha-Asa !
Sa main droite se posa sur la tête du brun et peigna ses cheveux de bas en haut éloignant ses mèches de cheveux de son front avec une attention particulière. Midorima saisit ensuite l'une des mèches de cheveux d'un noir profond pour la caresser avec délicatesse. La tenant entre son pouce et son index il la lissa, faisant écouler l'eau peu à peu.
- Takao. Murmura-t-il. Takao, regarde-moi.
L'interpellé à ces mots ramena ses jambes encore plus près de lui si c'était possible, enfouissant sa tête encore plus profondément dans ses bras. Un sanglot s'échappa de ses lèvres parvenant douloureusement aux oreilles du vert. Ce dernier s'irrita de ce comportement et avec brusquerie il saisit les poignets de Takao pour briser le rempart que ce dernier s'était construit. Le plus jeune n'eut pas d'autres choix que de lever son visage vers lui.
Il avait par ailleurs retiré son pansement au niveau de son œil dévoilant une longue marque rouge en pleine cicatrisation juste en dessous de son œil gauche. Les larmes inondaient son visage se mélangeant harmonieusement avec l'eau de la douche et les perles d'eau glissant de ses cheveux. La rage explosa en Midorima lui faisant perdre tous ses moyens et toute sa raison. Son poing s'écrasa sur le mur derrière Takao, dangereusement près de son visage. Le brun ne put retenir un petit cri de surprise et de peur et ferma un œil comme s'il s'était apprêté à recevoir le coup.
- Je vais tuer ce salopard. Grinça le vert en fixant les yeux bleutés de Takao. Je vais le tuer pour tout ce qu'il t'a fait.
Takao secoua la tête en signe de négation, ses larmes quittèrent ses joues pour décrire un mouvement parabolique et s'écraser lourdement sur le sol.
- Non… Non, Shin-chan…
Midorima ne répondit rien et se contenta de fixer le visage de Takao. Tentant de déchiffrer ses émotions le mieux possible. Le brun cessa de s'agiter tout en baissant les yeux pour ne tisser aucun lien visuel avec son camarade.
- C'est toi qui avais raison… Sanglota-t-il. Le docteur et l'infirmière aussi ! C'EST VOUS QUI AVIEZ RAISON ! L'eau… Je… C'est horrible !
Les larmes coulaient le long des joues du plus jeune, soulignant sa détresse et son désespoir. Ses mains se soulevèrent jusqu'à ses oreilles emprisonnant ses cheveux dans une poigne féroce.
- Le simple son de l'eau qui coule ! La simple sensation de l'eau sur ma peau ! C'est horrible Shin-chan ! Je n'arrive plus à respirer ! J'étouffe, j'étouffe Shin-chan ! Je t'en supplie, aide-moi ! Je …
Les sanglots qui sortaient de la bouche du brun rendirent Midorima totalement impuissant. Le corps de son camarade était parcouru de secousses dû aux pleurs et il pouvait distinguer les veines de ses mains tellement celles-ci étaient contractées.
- J'étouffe Shin-chan… Murmura Takao les paupières fermées avec force.
Alors Midorima retira sa poigne du mur et posa sa paume contre la joue du brun. Une partie de lui paniquait, tandis que l'autre semblait plongée dans un monde hors de porté. Cette dernière partie de lui avait pris le contrôle de son corps agissant par elle-même plutôt que guidé par l'esprit.
Ses deux mains étaient dorénavant sur les joues de Takao. Ce dernier ne parvenait pas à retenir ses larmes bien que ses tremblements furent arrêtés. Ses yeux se levèrent doucement vers les pupilles émeraudes. Les doigts du brun s'entrelacèrent avec ceux du vert comme le feraient ceux d'une jeune fille timide.
- Tu n'étoufferas plus Takao. Pas temps que je serais là.
Dans un mouvement de panique la main de Takao agrippa le t-shirt de Midorima avec force se rapprochant ainsi de lui. Leurs visages n'étaient plus séparés que par quelques petits centimètres. Cependant le brun avait de nouveau baissé les yeux au sol évitant tout contact visuel.
- Shin-chan… Reste avec moi… S'il te plaît. Prononça Takao dans un faible murmure.
Midorima plaça alors ses bras autour des épaules de Takao comprimant le visage de ce dernier contre son torse. Dans un mouvement doux et fluide Midorima fit tourner le corps de Takao pour l'allonger à terre. Discrètement, il retira ses lunettes pour les poser au sol plus loin d'eux. Son corps glissa de lui-même au-dessus du brun. Cette fois leurs regards se croisèrent et chacun d'eux surent qu'ils ne le rompraient pour rien au monde.
Midorima sentit le souffle chaud de Takao s'approcher délicieusement de son visage. Il laissa tomber sa tête avec douceur vers le plus jeune et il distingua correctement ses fines lèvres tremblantes. Ces dernières se rencontrèrent aux siennes, pour s'apposer l'une sur l'autre avec une douceur particulière. D'abord incertain, hésitant et bancal le baiser gagna en intensité au fil du temps.
Midorima passa ses mains dans les cheveux bruns de Takao se délectant de leur douceur. Le caressant avec légèreté, lui transmettant sa chaleur. Inconsciemment son corps bougea de lui-même se frottant avec lenteur contre le corps froid en dessous de lui.
Leurs lèvres se séparèrent un moment, replongeant leurs regards l'un dans l'autre, savourant les yeux de l'autre comme leurs dernier souvenir. Ils ne surent combien de temps ils restèrent là allongés au sol, ne faisant rien d'autre que de se fixer avec un amour profond et inavoué.
Takao caressa doucement la joue de Midorima soulignant la marque rouge que lui avait faite Aomine au visage. Alors qu'il ouvrait la bouche pour lui demander de plus amples explications il sentit le vert replonger vers lui pour l'embrasser fougueusement.
Les jambes de Takao remontèrent le long des jambes du shooter pour se croiser dans le bas de son dos. Le vert quant à lui saisit Takao par la taille et il se releva. Le brun plaça ses bras autour du cou de Midorima écrasant ses lèvres un peu plus contre celles de l'autre.
Une fois sur ses pieds Midorima bloqua Takao contre le mur. Il pouvait sentir l'intimité de Takao se durcir pour toucher ses abdos à travers son t-shirt. Le vert ouvrit légèrement la bouche invitant le brun à en faire de même. La petite langue de ce dernier sortit timidement de sa cavité pour s'entremêler à celle de son partenaire. Les mains fines de Takao appuyèrent sur l'arrière de la tête de Midorima l'emprisonnant dans cette étreinte passionnelle.
La partie encore consciente de Midorima fit diriger sa main vers le robinet pour actionner l'eau. D'un simple mouvement il ré-actionna le jet de douche. Il sentit immédiatement Takao se paralyser sous lui, sentant ses muscles se contracter sous le contact du liquide. Midorima détacha doucement ses lèvres de l'autre pour croiser son regard. Reflétant une détresse croissante, le vert sentit par la même occasion le souffle de son partenaire s'accélérer.
- Takao ? Demanda Midorima.
- Ne me laisse pas…. Murmura celui-ci en paniquant.
Le vert sentit les jambes de Takao glisser le long de son dos lui permettant ainsi de retrouver contact avec la terre ferme.
La prise de Takao autour de son cou se raffermit.
Ses deux bras l'encerclant lui bloquèrent soudainement la respiration. Takao en dessous de lui avait recommencé à pleurer et ses yeux cherchaient désespérément les pupilles de Midorima.
- Takao ? S'affola Midorima. S'il te plaît Takao… Lâche-moi !
- Non ! TU AVAIS PROMIS ! TU AS PROMIS SHIN-CHAN !
- Takao lâche-moi tu m'étouffes !
- ME LAISSE PAS ! JE T'EN SUPPLIE ME… Aaaah !
La pression des bras de Takao le quittèrent d'un seul coup. Takao venait de s'effondrer au sol et il se tenait la gorge à deux mains. Il toussait avec violence et à chaque fois qu'il tentait de parler des bruits étranglés sortaient de sa bouche. L'irritation de sa gorge avait visiblement atteint un stade particulièrement grave, couplé à la crise de panique dont il était actuellement victime additionné aux cris dont il avait fait preuve plus tôt sa gorge devait être en feu.
Alors Midorima sortit précipitamment de la salle de bain se dirigeant vers la sonnette d'alarme de la chambre et tira sur le fil rouge avec force. Puis sans attendre plus longtemps il retourna dans la salle de bain pour se précipiter aux cotés de Takao. Il tenta durant un moment de lui relever le visage mais ce dernier toussait tellement fort qu'il ne put rien faire d'autres qu'assister impuissant à la scène. Plus le temps s'écoulait plus Midorima avait l'impression que Takao cherchait désespérément de l'air, en vain.
Soudain dans l'encadrement de la porte arrivèrent un médecin et du personnel médical. Midorima se releva de lui-même laissant la place libre aux aides-soignants. C'est alors qu'il remarqua que l'eau de la douche était encore allumée. Il tourna le robinet pour faire cesser l'écoulement de l'eau.
- Œdème pulmonaire ! S'écria le médecin. Il faut l'emmener d'urgence en salle d'opération ! Crise d'hypoventilation ! Irritation des conduits œsophagiens et trachéens ! Vite, remettons-le sur son lit et on l'emmène !
Midorima comprenait chacun des mots prononcés par le médecin.
Œdème pulmonaire : présence d'eau dans les alvéoles pulmonaires suites à une infection ou à d'autres causes plus sombres. Dans le cas de Takao, dû à sa noyade. Les œdèmes pulmonaires provoquaient une insuffisance respiratoire, d'où la crise d'hypoventilation.
La suite des événements se passa à une allure bien trop rapide où Midorima n'était qu'un simple spectateur impuissant. Il vit le personnel médical mettre Takao sur le lit pour le sortir précipitamment de la chambre. L'une des infirmières plaça un masque à oxygène sur la bouche du brun tout en baragouinant des termes médicaux ne parvenant plus à s'infiltrer dans le cerveau du vert.
Ils sortirent ensuite de la chambre toujours dans la précipitation mais avec des mouvements coordonnés et précis.
Midorima resta en arrière, regardant le lit de Takao s'éloigner.
Il comprenait mieux les paroles d'Aomine dorénavant.
Aomine.
Kise.
Midorima.
Avec Takao, l'agresseur l'avait poignardé comme jamais. En s'attaquant à son ombre il s'attendait à le voir quitter la partie. Cependant il n'en ferait rien. Il allait trouver cet homme. Il allait le tuer. On ne s'en prenait pas à son Takao sans en subir les conséquences.
