Bonjour à tous et à toutes! Mon dieu cette semaine à été horrible niveau exams! Le week end est passé super rapidement en plus! Un chapitre AkaKuro! D'ailleurs c'est le 20ème chapitre! Soit dix chapitres après le premier réveil de Kuroko (eheh tout était prévus! 8D). Ce chapitre clot le second arc et le prochain chapitre entame le dernier arc! On touche bientôt à la fin quoi! J'espère que ce chapitre vous plaira!
Chapitre 20 : Une touche d'orangée entre deux yeux hétérochromes
Kuroko était assis sur son lit d'hôpital. Ses genoux rapprochés près de lui, sa tête posée dessus, ses bras les entourant. Il avait terriblement mal. D'après le docteur, c'était une douleur purement psychologique. La violence de ses viols à répétition avait été durement inscrite au fer rouge dans son esprit, il n'y avait que le temps pour arranger cette douleur. Selon le soignant, c'était semblable aux poux que l'on pouvait retrouver dans les cheveux des enfants. Même sans les avoir, leur simple mention pouvait forcer certaines personnes à se gratter la tête. C'était purement et simplement psychique. Une nouvelle vague de douleur le parcourut et il se blottit d'autant plus sur lui-même.
Il sentit soudainement un frôlement dans son dos et il redressa son visage avec rapidité pour regarder derrière lui.
Rien.
Du moins, rien mis à part la tête de son lit et les différentes machines bipant sous un rythme infernal. Durant une courte minute, il ne put retenir les tremblements qui le parcouraient. Il était complètement idiot. Complètement débile. Rien ne l'avait touché. Il était seul dans cette pièce. Personne ne pouvait le toucher. Ce frottement avait été causé par sa robe de chambre d'hôpital, c'était tout.
Il attrapa le drap blanc recouvrant le bout de ses pieds pour se le monter jusqu'aux épaules. Ses yeux fixèrent la petite bosse formée par ses pieds sous le tissu, droit devant lui, fixant un point immaculé. Blanc. Propre. Pure.
Contrairement à lui.
L'impression de salir tout ce qu'il touchait était même parvenue jusqu'à ses rêves les plus profonds. Il se souvenait avoir beaucoup rêvé durant son sommeil artificiel. Des rêves ayant été pollué par les images et scènes de viol, par les voix d'Ogiwara et Momoi. Par la voix de cet homme.
Il n'avait envie de penser à rien. Il n'avait pas envie de salir ce qui lui restait de plus précieux. Les souvenirs datant d'avant. Parfois, même l'air autour de lui semblait sale. Parfois, il lui semblait sentir l'odeur de cet autre homme. Cet homme dont il ne connaissait ni le nom, ni l'âge. Cet homme qui l'avait blessé comme jamais personne n'aurait pu le faire. Et lorsqu'il sentait une odeur semblable à celle de son agresseur il se planquait illico presto sous ses draps.
Il se rendit alors compte que sans s'en apercevoir, il avait placé le tissu blanc par-dessus sa tête. Se créant un petit cocon dont il ne voulait pas sortir. Le cachant à la vue de tous. La simple pensée de cette odeur le ramenait droit en arrière. Durant ces trois jours d'enfer. Cette chambre d'hôpital devait être bien plus propre que n'importe quel autre endroit. Elle devait sans doute être désinfectée de nombreuses fois par semaines. Et pourtant il lui semblait sentir cette odeur si horrible.
Était-ce encore son esprit qui lui ramenait, en guise de souvenir, une telle odeur ? Tout comme ses douleurs de dos ? Comme l'envie de se gratter la tête à la simple mention des poux ?
Il avait répété inlassablement durant la consultation de son médecin qu'il voulait voir Akashi. Cependant, cela ne lui semblait plus une si bonne idée. Il n'avait plus vraiment envie de le voir. La simple pensée qu'Akashi puisse le voir dans cet état le tétanisait. Il avait peur de voir dans ses yeux rouges du dégoût, de la tristesse, de la pitié. Il avait peur qu'Akashi ne lui dise qu'il était désolé pour ce qui lui était arrivé. Il avait peur qu'Akashi ne le voit plus de la même façon et ne puisse plus prononcer son nom. Il avait peur qu'Akashi ne puisse plus s'approcher de lui sans avoir peur de se salir. Il avait peur de sentir sur Akashi l'odeur de cet homme. Il avait peur. Il était tétanisé.
- J'ai changé d'avis, je ne veux plus voir Akashi-kun. Murmura le bleuté.
L'air sous le drap commença à se faire plus dense. Plus chaud. Cet air lui rappela dans un flash de souvenirs son agression. Il était arrivé de nombreuse fois que son agresseur se trouve au-dessus de lui et lui coupe la respiration par son poids. Expulsant tout l'air des poumons du bleuté et l'empêchant de les remplir de nouveau. Lors de ces moments Kuroko avait l'impression d'être machiavéliquement maintenu en vie alors que son esprit mourrait peu à peu. Dans ces moments-là, son esprit semblait avoir été à des années lumières de son corps qui n'était qu'un amas de douleur et de souffrance.
Il étouffait sous ce drap. La chaleur semblait l'empêcher de respirer aussi sûrement que s'il faisait une cinquantaine de degrés.
Il retira le drap de sa tête et un frisson le parcourut. Il avait froid.
La faiblesse dont il avait fait preuve durant son agression le dégoûtait. Il avait envie de partir de son propre corps, d'aller migrer dans un autre et de regarder sa sale carcasse pour prononcer des mots comme « le pauvre » ou bien encore « c'est horrible ce qu'on lui a fait ». La mort pouvait sûrement être tout aussi libératrice mais le moindre geste lui aurait coûté tant d'énergie. Il n'avait tout simplement pas la force de faire quoi que ce soit. Même pas pour se donner la mort, c'était réellement pitoyable.
Soudain, quelqu'un toqua à la porte.
Kuroko redressa les yeux pour fixer avec horreur la porte le séparant du couloir plongé dans la lumière. Il agrippa son drap des deux mains pour le serrer dans ses poings. Que devait-il faire, il n'avait aucunement envie de voir qui que ce soit. Ni médecin, ni infirmière, ni policier ou psychologue. Qui est-ce qui pouvait venir le déranger à une heure pareille ? Pourquoi viendrait-on le voir lui ?
Trois nouveaux coups plus impatients cette fois se firent entendre.
Kuroko s'allongea immédiatement dans son lit. De manière si violente qu'il se cogna le haut de la tête contre le haut de son lit. Il geignit sous la douleur et lorsqu'il se fut masser légèrement la tête, il remonta le drap jusqu'à la base de son cou. Il ferma les yeux si fortement que des larmes commencèrent à se former en dessous de ses paupières. Cependant ce coup lui fit se souvenir qu'il avait demandé à voir Akashi.
- Tu peux entrer…
Un silence pesant s'imposa dans la pièce. Kuroko se rendit compte qu'il avait murmuré si bas que même ses propres oreilles ne semblaient pas l'avoir entendu.
- Entre Akashi-kun… Cria cette fois-ci le bleuté.
Bien que ce cri ne soit en réalité qu'un ton de voix plutôt normal, Kuroko sentit aussitôt sa gorge devenir sèche et irritée. Il n'avait pas envie de voir Akashi. Il n'avait pas envie qu'Akashi le voit ainsi. Il ne voulait pas qu'Akashi pose ses magnifiques yeux rouges sur ce qu'il était devenu.
Il entendit la porte de la chambre s'ouvrir et la lumière du couloir illumina une partie de sa chambre d'hôpital. Kuroko desserra légèrement ses paupières tout en gardant bien fermement dans ses poings son drap.
- Bonjour Tetsuya. Tu voulais me parler ? Demanda le rouge.
Kuroko fixait un point du mur face à lui. Les grains du mur illuminés par la lumière du couloir lui donnait une teinte orangée tout à fait plaisante. Ce mur avait sans aucun doute était repeint récemment malgré le fait qu'il ne sente pas l'odeur de peinture récente dans la pièce.
- Tetsuya, je perds patience.
Ces paroles atteignirent distraitement les oreilles du bleuté. Malgré tout Kuroko se força à ouvrir la bouche pour répondre dans un murmure.
- Akashi-kun… Il ne faut pas que tu laisses Kise-kun sortir dehors…
La couleur orangée du mur avait été dérangé durant un court moment pendant qu'une ombre derrière Kuroko se déplaçait.
- Pourquoi ? Demanda le capitaine de Rakuzan.
Kuroko sentit alors son corps se tendre comme s'il n'était qu'un seul et même muscle. Il n'en était pas sûr. Cependant il avait la sensation de ressentir comme une aura d'extrême puissance s'exerçant sur lui. Comme si par un sort d'enchantement on l'avait maintenant contraint à l'immobilisation. Seuls ses yeux s'étaient ouvert peu à peu de stupeur.
- Si tu parles de la possibilité que Ryota se fasse agresser, tu arrives un peu tardivement. Il est en ce moment même hospitalisé.
Ce fut à ces mots que Kuroko s'en rendit compte. Akashi s'était adressé à lui par son prénom. Or aussi loin qu'il se souvenait il l'avait toujours appelé par son nom de famille. Si l'on oubliait délibérément l'émergence de sa seconde personnalité lors de la seconde année à Teiko. Ce fut aussi à ce moment même qu'il analysa la voix du rouge et qu'il lui sembla entendre une différence par rapport à celle dont il avait conservé le souvenir. Elle semblait plus poignante, plus glaciale, plus affûtée, plus stricte.
Kuroko aurait voulu rester allonger sur son lit et fermer les yeux en priant pour que tout cela ne soit qu'un effet de son imagination, un simple rêve. Mais il fallait se rendre à l'évidence. Le bleuté se redressa si rapidement que le cathéter placé dans son bras semblait s'être douloureusement déplacé.
Ses inquiétudes avaient été naïves.
Akashi ne le regardait ni avec pitié, ni avec dégoût, ni avec horreur. Il ne le regardait même pas avec amour. Son regard le surplombait de toute sa taille. Il semblait le juger et Kuroko se sentit atrocement petit face à lui. Atrocement fragile. Atrocement faible.
Une paire d'yeux hétérochromes. Rouge et jaune. Deux couleurs qui mélangées auraient pu être aussi belles que la couleur du mur derrière lui dorénavant cachée par l'ombre du bleuté.
Kuroko écarquilla des yeux et eut un mouvement de recul face au garçon aux cheveux rouges. Comme s'il s'attendait à être frappé.
- Akashi-kun…
Le rouge ne répondit pas et se contenta de le fixer.
De longues minutes passèrent en silence, tandis que les deux garçons se fixaient en silence. L'un stoïque et l'autre pétrifié. Ce fut durant ces longues minutes que les informations entrèrent peu à peu dans l'esprit de Kuroko.
- Akashi-kun… Tu as dit que Kise-kun avait été attaqué ?
- Il est en ce moment même hospitalisé au même étage que toi.
- Qu'est-ce que…
- Takao a aussi été attaqué.
Kuroko fut une seconde fois totalement pétrifié, incapable de bouger une seule partie de son corps.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire Tetsuya ?
- Je…
- Où t'es-tu fais violer ?
Cette si simple question poignarda Kuroko bien plus douloureusement que n'importe quelle autre interrogation qu'il ait pu entendre dans sa vie. Elle lui rappelait douloureusement la distance vertigineuse le séparant d'Akashi mais aussi tout ce qui avait pu se passer durant son absence. Cette question lui rappelait des images, des sensations et des odeurs qu'il tentait de tout cœur d'oublier. Cette question avait été posé sans une once de compassion. Le ton sur laquelle elle avait été posé semblait indiquer à Kuroko qu'Akashi n'avait aucunement envie de savoir comment il se sentait.
Le mal qu'il avait oublié dans le bas de son dos revint de plus belle, accompagné cette fois-ci d'un atroce mal de tête. La lumière du couloir illuminant la pièce ne semblait plus aussi réconfortante dorénavant et elle lui rappelait la torche dont se munissait son agresseur lorsqu'il faisait nuit et qu'il tentait d'éclairer la pièce où il avait enfermé Momoi, Ogiwara et Kuroko. Le bleuté se sentait atrocement vide, les couleurs même chaudes semblaient fades. La lumière artificielle semblait être un feu effrayant, se dirigeant lentement vers lui pour le tuer petit à petit.
Il eut l'impression de sentir dans son cou le souffle chaud d'un homme. De cet homme. Mais lorsqu'il jeta un regard derrière lui il ne vit rien d'autre que le vide. Sur le mur derrière son dos, se trouvait une grande fenêtre donnant sur l'extérieur. Il faisait nuit dorénavant. Les lumières de la ville au loin étaient allumées et cela ne faisait que renforcer le sentiment d'enfermement qui le prenait peu à peu. La nuit semblait si noire. Aucune n'étoile ne brillait et même la lune semblait être opaque comme si elle disparaissait peu à peu.
Que se passerait-il si la lune disparaissait ? Est-ce qu'ils mouraient tous ? Est-ce qu'il ferait jour ? Est-ce que cela lui permettrait d'avoir moins froid ? De moins avoir la sensation d'être enfermé ? Est-ce que l'odeur serait différente ? Est-ce que toutes les ombres de la pièce disparaîtraient pour lui permettre ainsi d'être rassuré ?
C'est alors que ses grands yeux bleus croisèrent le regard hétérochrome se reflétant dans la fenêtre. Kuroko retourna rapidement la tête vers son interlocuteur. Selon le docteur il possédait de longs moments d'absence où son esprit tentait de penser à tout autre chose que les conversations dont il faisait parti sur l'instant présent. D'après ce dernier, durant ces moment-là, c'était là où son esprit se reposait le plus, il tentait de se mettre en veille.
Il se rendit alors compte qu'il avait oublié la question d'Akashi.
- Alors ? Demanda impatiemment le rouge.
- Je… J'ai oublié ta question Akashi-kun.
Le rouge ferma les paupières de mécontentement et expira un bon coup.
- J'ai l'impression de perdre mon temps.
Kuroko rentra un peu plus sa tête dans les épaules lorsqu'il entendit cette réponse. Or le fait était tel qu'il avait réellement oublié sa question de départ.
- Tu ne sembles pas encore en mesures d'aligner des pensées cohérentes. Je m'en vais.
Kuroko vit Akashi se retourner et se diriger vers la porte de sortie. Rejoindre la lumière. Il n'avait pas envie. Maintenant qu'il était là, il voulait qu'il reste. Il n'avait plus aucune envie de rester seul. Il voulait absolument qu'Akashi reste à ses côtés.
- AKASHI-KUN ATTENDS !
Le rouge sembla se tourner vers lui au ralenti, testant sa patience à fleur de peau.
- Oui, Tetsuya ?
Il devait se taire. Il devait se taire. Il devait se taire.
- Est-ce que tu peux rester un peu à côté de moi… S'il-te-plaît ? Demanda-t-il dans un murmure.
Il l'avait prononcé si doucement qu'il était persuadé que le rouge ne l'avait pas entendu. Cependant le regard surpris qu'afficha Akashi lui apprit qu'il l'avait bel et bien entendu. Kuroko baissa ses yeux vers ses mains. Il lui semblait si idiot d'avoir posé une telle question qu'il s'en voulut sur le champ.
- Arrête de raconter n'importe quoi, sais-tu qui je suis ?
Kuroko avala difficilement sa salive et prépara mentalement sa phrase avant de la dire à voix haute.
- Tu es Akashi Seijuro.
- Je suis cet Akashi Seijuro.
- Ça n'a aucune importance, Akashi-kun est Akashi-kun quoi qu'il arrive.
Un silence s'abattit sur la pièce. Pesant et pourtant si frais. Kuroko releva doucement le regard. Akashi le fixait intensément, fixement. Il lui sembla que le rouge sonda toute son âme pour trouver un semblant de mensonge dans ses propos. Une lacune dans ses mots si duveteux.
- S'il-te-plaît ? Lui demanda Kuroko toujours dans un murmure.
À sa plus grande surprise Akashi s'approcha doucement de lui. Tandis que la lumière automatique du couloir s'éteignait. Kuroko recula jusqu'au bord de son lit lorsqu'il vit le rouge retirer ses chaussures pour soulever ensuite ses draps d'hôpital et se glisser à l'intérieur. Le rouge remonta les barrières sur les côtés et posa sa tête sur l'énorme coussin de Kuroko. Allongé sur le côté Kuroko pouvait voir ses yeux hétérochromes. Il n'en était pas sûr mais il lui sembla que son œil gauche devenait parfois rouge selon l'angle de vue. Cependant cette sensation fut si brève qu'il ne tarda pas à l'oublier.
Doucement il se rallongea en gardant malgré tout une certaine distance entre lui et Akashi. Il ne se sentait pas encore suffisamment à l'aise pour pouvoir se lover contre le corps d'un autre homme. Même si c'était contre le corps de son propre amant. Ses yeux bleus s'incrustèrent dans les prunelles du capitaine de Rakuzan.
Il s'immobilisa complètement lorsqu'il sentit la main d'Akashi saisir la sienne et la poser entre eux deux.
- Je t'aime, Kuroko. Murmura-t-il.
Le bleuté sentit les larmes lui monter aux yeux sans pour autant qu'elles n'en sortent.
Lui aussi, il l'aimait…
