Bonjour à tous et à toutes! Me revoilà! Ces dernières semaines j'ai eu pas mal de soucis de toute sortes qui m'ont complètement retardé ou stoppé dans l'écriture. Je m'en excuse. Je vous publie donc ce chapitre avec l'espoir qu'il vous plaise! Encore un chapitre AkaKuro, j'ai l'impression de n'avoir écrit que sur eux dernièrement, avec les deux chapitres successifs dans cette fic et un OS publié la semaine dernière x) L'histoire n'avance pas beaucoup mais j'ai pris la décision de faire les choses doucement, il n'y a rien de pire selon moi que quelque chose de bâclé.

Je ne vous l'ai pas dit la dernière fois mais merci à tous pour vos retours, ils sont motivants, encourageant, bref de vraie perles pour moi. On a dépassé la centaine de reviews et je trouve ça assez énorme donc merci beaucoup à vous! 3

Chapitre 21 : Jusqu'à quel point ?

Son mal de tête prenait de plus en plus place dans son esprit. Malgré tout il se forçait à n'en rien montrer au garçon face à lui. La raison de son mal de crâne était des plus simples. Il avait repris possession de son corps. Depuis la fin de la Winter Cup il n'avait cessé de se battre pour retrouver cette place qui était sienne. Revenir à la lumière et contrôler le monde comme il était censé le faire. Pas comme son Autre qui ne reflétait qu'une pâle figure de ce qu'il était réellement.

Et pourtant. Malgré son retour, malgré avoir été remit sur le devant de la scène il sentait encore l'Autre l'entraver. Il n'avait pas été réellement conscient lorsque quelques minutes auparavant il s'était installé dans ce lit d'hôpital aux côtés du bleuté. En ce moment même encore il n'avait qu'une envie, c'était d'en sortir. Cependant cette envie ne semblait être qu'une sourde voix face à l'envie de rester auprès de Tetsuya.

Il ne savait pas réellement comment ni pourquoi mais son Autre semblait avoir de l'emprise sur ce qu'il faisait, sur ce qu'il pensait et sur ce qu'il ressentait. Lui-même avait eu à quelques reprises des facilités à reprendre un semblant de contrôle lorsque c'était l'Autre à la surface. Notamment lors des jours précédents. Comme durant cet instant aux toilettes peu avant le coup de fil avec Haizaki.

Mais pourquoi parvenait-il si bien à ressentir les sentiments de son Autre et d'autant plus à un moment pareil ? Il avait bien d'autres choses à penser que ça.

La crainte, la pitié, l'amour, la haine.

Tous ces sentiments l'envahissaient et le contraignaient à froncer des sourcils, à faire des gestes dont il était à peine conscient, dont il avait à peine envie. C'était son corps et pourtant ce n'était pas lui. Son esprit était le maître et pourtant c'était la volonté de son Autre qui perçait.

La réponse à cette question devenue pratiquement vitale ne vint pas tout de suite. Cependant plus il se plongeait dans les pupilles bleues face à lui et plus il pouvait imaginer un semblant de réponse. Cette dernière semblait se construire brique par brique, pour former un semblant de discours logique. Une réponse qu'il avait irrésistiblement envie de nier. Car cela n'était pas censé être lui. Mais plus les secondes défilaient et plus cela lui semblait être une vérité juste. Quelque chose qu'il se devait d'accepter s'il avait envie de faire cesser ce mal de crâne atroce.

Ces sentiments : crainte, pitié, amour, haine. Il les partageait.

Il ressentait lui-même ces sentiments.

Ces sentiments qu'il ressentait dans son propre esprit et qui étaient ressentis par l'Autre semblaient former un pont entre leurs deux esprits.

Un pont liant leurs deux âmes en une seule. Permettant à l'un comme à l'autre de se comprendre mutuellement et d'influer sur son opposé.

Akashi serra un peu plus les doigts de Kuroko. Ils étaient glacés. Son pouce glissa de bas en haut cherchant machinalement à réchauffer cette peau douce qu'il avait toujours apprécié. Cette peau qu'un autre homme s'était permis de maltraiter et de salir. La haine ne cessait de croître en lui au fur et à mesure qu'il s'imagineait l'horreur qu'avait dû subir son Tetsuya. Il devait coûte que coûte retrouver cet homme et quoi qu'il advienne, il le lui ferait payer par mille et une souffrances.

Il ne priait pas. Il n'en avait pas besoin. Depuis la mort de sa mère le fait de prier lui avait toujours semblait comme une illusion, une pratique à s'esclaffer au plus haut point. Quelque chose auquel les gens désespérés se raccrochaient pour pouvoir s'offrir du réconfort. Comme un homme affamé rêvant d'un bout de pain pouvant le nourrir. Et encore aujourd'hui il ne demanderait l'aide de personne. Ni d'aucun Dieu ou de puissance supérieure. Ni de ses amis ou de son père. Seul l'argent, avec lequel il paierait ses hommes de mains ainsi que son intelligence lui permettraient de mettre la main sur cet homme.

Il sentit la main de Kuroko se contracter légèrement et Akashi reporta son attention sur le visage du violé. Ce dernier ne le regardait pas dans les yeux, comme si il avait peur de croiser son regard. Ce qui après tout ne semblait pas étonnant. Malgré ses belles paroles, Kuroko préférerait toujours son Autre. Malheureusement pour lui, il n'était pas assez compétent pour retrouver ce psychopathe. Lui était bien plus à même de le retrouver et Kuroko ne pourrait le nier.

- Je me suis réveillé sous les cris de Momoi-san… Murmura Kuroko.

Akashi ne répondit pas. Se contentant de le regarder dans les yeux tandis que ce dernier baissait légèrement le regard et raffermissait son emprise sur la main d'Akashi. Le rouge le laissa un long moment dans ses pensées, sans rien dire. Attendant. Patiemment. Il savait que Kuroko parlerait, il n'avait aucunement besoin de le presser. Kuroko semblait avoir comme des moments d'absences plus ou moins long. Parfois s'arrêtant au beau milieu d'une phrase ou alors oubliant les derniers mots prononcés par le rouge. Alors ce dernier attendait. Il attendrait toujours.

La douce voix du bleuté reprit dans un murmure à peine audible :

- J'ai ouvert les yeux et j'avais les mains attachées au-dessus de la tête. Il y avait comme un pieu dans le mur. Juste au-dessus de ma tête. C'est là qu'était rattachée la corde. Mes pieds, ils étaient menottés je crois… Non. J'en suis sûr. Ils étaient menottés. Au début je n'entendais que les cris de Momoi-san. Mais au fur et à mesure que je regagnais mes esprits je me rendais compte que la voix d'Ogiwara-kun aussi résonnait.

Akashi caressa le dos de la main de Kuroko avec son pouce. Transmettant sa chaleur corporelle au bleuté. Ce dernier fronçait des sourcils au fur et à mesure que les souvenirs refaisaient surface.

- Ogiwara-kun était à côté de moi. Lui aussi était accroché comme moi au mur mais il était réveillé depuis plus longtemps. J'avais beau me réveiller peu à peu, j'avais toujours cette sensation d'être endormis. Mon corps, je ne parvenais pas à le bouger. Je voulais prononcer un mot, émettre un son mais je ne parvenais à rien.

Un temps de silence durant lequel Kuroko se recroquevilla un peu plus sur lui-même.

- Il m'avait déjà drogué à ce moment-là.

Akashi sentit ses propres sourcils se froncer tandis que les mots sortaient avec difficulté de la bouche face à lui.

- Malgré tout j'ai réussi à relever suffisamment la tête pour voir ce qui se passait. Ogiwara-kun a vu que je venais de me réveiller et il a prononcé mon nom. Lorsque j'ai tourné mon regard vers lui j'ai compris qu'il savait. Il savait que j'avais été drogué. Il m'a dit de ne pas m'inquiéter. Il m'a dit que je devais bouger le moins possible. Il m'a demandé de tenter de me rendormir mais j'ai tourné les yeux vers le centre de la pièce. Il y avait Momoi-san et cet homme. Il la battait avec un manche à balais je crois… Et Momoi-san saignait déjà à plusieurs endroits. La bouche je crois, le bras et quelque part d'autre sur le visage. Il lui hurlait quelque chose mais je n'arrivais pas à entendre. Je voyais sa bouche remuer et j'entendais ses cris et ceux de Momoi-san et d'Ogiwara-kun aussi. Malgré tout je ne parvenais pas à distinguer tous ces mots. Lorsqu'ils parvenaient à mes oreilles, ils avaient perdu tout leur sens. Comme si en ces quelques mètres tout leur sens s'était évaporé. Comme s'ils n'étaient au final que des cris inhumains et incompréhensibles.

Akashi sentit les pieds froids de Kuroko frôler les siens avant que ce dernier ne les retire vivement. Ses joues rougirent faiblement à ce contact et le rouge ne put s'empêcher de le titiller. Il rapprocha ses propres pieds se trouvant sous le drap près de ceux du garçon de Seirin. Leurs doigts de pieds se touchèrent d'abord avec douceur et un brin d'inquiétude. Puis les pieds de Kuroko vinrent s'emmêler à ceux du rouge. Guettant la chaleur d'un corps qu'il aimait.

- Ogiwara-kun lui criait d'arrêter. J'entendais sa voix se briser tellement il criait fort. Puis cet homme s'est tourné vers lui et a lâché les cheveux de Momoi-san. Elle s'est écroulée sur le sol… Je crois qu'il a vu à ce moment que j'étais réveillé. Personnellement, j'étais à peine conscient de l'être. Mes paupières étaient lourdes et j'avais du mal à bouger ne serait-ce qu'une seule petite partie de mon corps. Il s'est approché de nous et il m'a saisi le visage. Il m'a forcé à croiser ses yeux. Et il m'a posé la question qu'il semblait avoir déjà posé à Momoi-san et à Ogiwara-kun.

- Que t'a-t-il demandé ? Questionna Akashi.

- Par quel moyen on pourrait te convaincre de lui donner de l'argent.

- De l'argent ? S'étonna Akashi. Combien ?

- Près de deux cent mille euros, Akashi-kun.

Le rouge resta de marbre malgré l'alerte. C'était une annonce étonnante, il pouvait en convenir. Cependant il était connu par ses pairs pour ne jamais montrer ce qu'il ressentait peu importe la situation. Un domaine qu'il avait développé notamment grâce au basket et qui lui avait valu un grand nombre de victoires. Deux cent mille euros c'était une somme. Il les possédait. Du moins son père les possédait sans aucun doute mais pourquoi un homme voudrait-il à ce point autant d'argent ?

Une seule réponse lui vint à l'esprit. Logique, concise.

La drogue.

Haizaki leur avait révélé qu'Akikuzu se droguait et qu'il avait un besoin urgent d'argent à l'époque. Si sa dette avait déjà commencé il y a quelques années de ça, elle n'avait dû cesser de croître si ce dernier n'avait pu trouver assez d'argent pour épuiser sa dette.

- Qu'est-ce que tu lui as répondu ? Demanda Akashi en caressant le dos de sa main.

- Rien. Répondit Kuroko après un long silence. Je n'arrivais pas à émettre le moindre son.

- Continue.

- Il s'est énervé et m'a détaché du mur. J'avais les pieds menottés et les mains encore liées alors je me suis tout simplement étalé par terre. Il m'a saisi par le col de mon tee-shirt et m'a traîné à travers la salle. Je… J'étais…

Ce fut à ce moment que le bleuté décida de relever ses prunelles bleues vers les prunelles hétérochromes face à lui. Le cœur d'Akashi se serra et une colère profonde résonna dans son esprit et son cœur. Son mal de tête toujours présent ne faisait que croître et le récit de Kuroko n'arrangeait en rien la situation. Malgré tout il voulait tout savoir. Il voulait connaître le calvaire qu'avait dû vivre Tetsuya et il voulait ressentir dans tout son corps, dans tout son esprit cette colère. Se rappeler pourquoi il haïssait cet homme, ce psychopathe, cet Akikuzu. Celui qui avait volé la vie de celui qu'il aimait.

Les yeux bleus lâchèrent des larmes qui roulèrent sur les joues laiteuses du garçon hospitalisé. Ses sourcils se tordaient sous un angle à fendre le cœur et ses yeux légèrement entrouverts ne laissaient voir qu'une seule chose. La peur.

Même dans cet hôpital, même si proche d'Akashi Seijuro, Kuroko avait encore peur. Une peur si profonde que le rouge sentit les pieds du bleuté se retirer de l'emprise qu'il avait eu sur eux avec ses propres membres. Il sentit sa froideur le quitter et il lui sembla sentir au ralentis ses doigts se retirer avec douceur de sa paume. Il sentit les phalanges du bleuté glisser sur les siennes, millimètre par millimètre. Son cerveau avait conscience que d'ici quelques millièmes de secondes sa main se retrouverait dépourvu de toute fraîcheur, de toute douceur. La main qu'il avait tant bien que mal tenté de réchauffer s'échappait aussi sûrement que de l'eau entre des doigts grands ouverts.

Sa main vola avec douceur jusqu'à la joue de Kuroko. Son pouce essuya le dessous de son œil droit avec un peu plus de raideur qu'il ne l'avait voulu. Son mouvement lui sembla presque brutal, à la limite de la violence. Il n'était décidément pas doué pour les contacts physiques. Il déplaça sa main jusqu'à l'arrière du cou de Kuroko à la frontière entre la naissance de ses cheveux bleus et de sa peau blanche. Par ce geste il imposait sa domination, rappelait à Kuroko sa force mais aussi autre chose. Un geste qu'il n'adoptait que pour ce dernier et qui pourtant signifiait tant pour eux. Il lui promettait par ce simple geste de le protéger. De rester à ses côtés et de ne plus laisser les ténèbres l'envahir de nouveau. Quoi que l'avenir leur réserve, son Tetsuya n'aurait plus à souffrir seul.

Car lui Akashi Seijuro serait là.

- Akashi-kun…

- Je veux que tu partages cette histoire avec moi.

- Aka…

- Je veux ressentir tout ce que tu as ressenti. Je veux savoir tout ce que tu as subi. Je ne veux pas que tu restes enfermé seul dans ces images Tetsuya. Je veux te comprendre lorsque tes larmes s'échapperont. Je veux te réconforter comme il le faut lorsque tu auras peur. Je veux être à tes cotés lorsque tu ressasseras tous ces souvenirs en d'affreux cauchemars. Je veux que ta main tremble dans la mienne. Je veux que ma chaleur te réconforte. Je veux que ta douleur soit partagé avec moi.

Kuroko le regarda un court moment en silence avant de fondre en larmes. Ses hoquets se répercutèrent dans la chambre et Akashi n'eut qu'une seule chose à faire.

Sa main positionnée derrière le cou de Kuroko apposa une force rapprochant ainsi les corps des deux garçons. La tête de Kuroko vint se blottir contre le torse d'Akashi. Ce dernier passa ses bras au-dessus des épaules du bleuté et enserra son cou avec force. Il posa son menton sur le dessus de la tête du garçon apeuré et ferma les yeux, se contentant de sentir son odeur. Kuroko quant à lui attrapa le bras d'Akashi au-dessus de sa tête et le serra avec force. Comme s'il le forçait à rester ainsi de peur que ce dernier ne retire les remparts au-dessus de sa tête. Ses larmes mouillèrent les draps et sans doute le tee-shirt d'Akashi mais aucun des deux jeunes hommes ne s'en souciaient le moins du monde.

Akashi pouvait encore entendre les sanglots de Kuroko mais ils semblaient plus lointain. Il avait la sensation que toute la douleur du bleuté parvenait finalement à pénétrer son cœur et à se creuser un trou dans lequel il resterait jusqu'à ce que l'éternité se finisse. Doucement et sachant que ses gestes n'étaient pas réellement de lui mais de son Autre il lui caressa les cheveux avec douceur. De haut en bas, une fois, deux fois, trois fois. Continuellement. Inlassablement. Presque machinalement et pourtant avec une touche d'unique à chaque caresse.

Leurs respirations, leur cœur, leurs pensées, tout semblait si coordonné, à l'unisson.

Akashi ne se souvenait pas avoir vécu une telle proximité, un tel entrelacement avec quelqu'un. Ni même avec sa défunte mère. Il sentit la jambe de Kuroko s'insinuer doucement entre ses deux cuisses, entrelaçant les deux garçons comme deux amants de longue date.

- Je t'aime Tetsuya. Murmura Akashi en ré-ouvrant très légèrement les yeux.

Le bleuté ne répondit rien et pourtant ses sanglots commencèrent à s'amoindrir à partir de ce moment. Il serra un peu plus fortement contre lui le rouge, ancien capitaine de Teiko, actuel capitaine de Rakuzan.

Le silence finit par s'installer peu à peu dans la pièce, ne séparant en rien les deux joueurs de basket. Après ces pleurs et cette histoire, il sembla au contraire venir comme un voile apaisant. Un drap recouvrant un corps transis par le froid. Il réchauffait et liait les deux corps dans ce lit d'hôpital.

Akashi ne sut combien de temps ils restèrent ainsi serrés l'un contre l'autre. Lui-même n'avait ouvert les yeux et relevé que très légèrement la tête pour observer la nuit à travers la fenêtre de la chambre. Dehors il n'y avait aucune étoile, les lumières étaient loin et la lune était à moitié cachée par les nuages gris. Ce fut la voix de Kuroko qui le tira de sa rêverie.

- Lors de mon premier viol, il m'a demandé quelque chose… Murmura faiblement Kuroko.

- Quoi donc ?

- Jusqu'à quel point j'étais important pour toi.