Bonjour à tous et à toutes! Les vacances sont enfin là et ça se ressent! :D J'espère pouvoir durant ces jours de vacances prendre de l'avance dans l'écriture de mes chapitres, parce que ce rythme de publication d'un fois tout les 41 du mois ça m'énerve. J'aimerais vous offrir un rythme de publication régulier, donc je vais tenter d'écrire un maximum! :) On reprend donc l'histoire avec un long chapitre! Je vous souhaite à tous un joyeux Noël si vous le fêtez et sinon alors de très bonne vacances! :D
Kara : Pas de problème tu laisses une review quand tu veux! ^o^ Je suis heureuse de voir que la suite te plaise et j'espère que les prochains chapitres te plairont tout autant! :3 Oui en effet c'est un Akakuro, MidoTaka, AoKise, MuraHimu et un couple mystère xD. Merci pour ta review! :D
Chapitre 22 : Perles salées et plaies éternelles
Le rouge s'étira le bras droit avec sa main gauche tout en regardant Midorima parlementer avec Aomine. Ce dernier était revenu sous la demande du vert et il semblait que par ailleurs le basané s'était calmé. Il ne prononçait pas un mot, mais sa colère semblait s'être atténuée. Haizaki et lui-même s'évitaient malgré tout du regard et lorsque ces derniers se croisaient, des menaces de mort étaient ressenties dans toute la pièce sans pour autant qu'un seul d'entre eux prononce un seul mot.
Kagami souffla. Il avait froid et il était fatigué. Sans oublier qu'Akashi était dans la même pièce que Kuroko. Il était sensiblement énervé de savoir que pratiquement aucun d'eux n'avait encore eu la chance de parler à Kuroko et que le rouge s'était approprié cette place sans même prendre en compte le fait qu'il n'était pas le seul à souhaiter voir Kuroko. D'ailleurs le joueur de Seirin ne comprenait pas pourquoi Kuroko avait demandé à voir Akashi, avant même de demander à le voir lui. N'étaient-ils pas coéquipiers ? N'avait-il jamais rendu Kuroko heureux ? Contrairement à Akashi, il ne l'avait jamais rabaissé, jamais blessé. Alors pourquoi ?
- Je préfère rester ici… Marmonna Aomine.
- Tu as besoin de dormir, tout autant que nous. Répliqua Midorima. Tu n'es pas le seul à avoir des coéquipiers dans une de ces chambres je te rappelle. Mais si nous voulons être efficace il faut savoir prendre du recul par rapport à tout ça. Dormir à l'hôtel ne pourra nous faire que le plus grand bien. À toi, tout comme à moi.
- Akashi ne va pas venir.
- Akashi nous rejoindra, je lui ai laissé un message téléphonique. De toute manière c'est lui qui avait prévu de nous faire dormir à l'hôtel cette nuit. Il a déjà tout réservé et tout payé. Nous devons y aller.
- Je veux rester ici, Midorima. J'aimerai rester aux cotés de Kise.
- Aomine, répliqua le vert en posant une main sur son épaule. Crois-moi Kise aura besoin de toi, mais il aura besoin de te voir en forme et en bonne santé. Rester à ses côtés sans dormir pour au final devenir violent et capricieux ne lui fera aucun bien.
Aomine ne répondit rien et ses yeux qui jusque-là étaient plongés dans le regard du vert vinrent fixer le sol. Kagami le vit hocher de la tête doucement et son cœur se serra. Aomine et Kise avaient été sensiblement proches ces derniers temps et lui-même ressentait un violent sentiment d'exclusion. Midorima et Takao, Aomine et Kise, Murasakibara et Himuro, Akashi et… Kuroko.
Il semblait être l'inconnu dans l'équation, la petite valeur que l'on raccrochait désespérément à son calcul avant de s'avouer vaincu. Il avait envie d'aider, mais comment aider lorsque l'on était autant mis à l'écart ? Il avait irrésistiblement envie de voir Kuroko, il avait envie d'aider quelqu'un, n'importe qui. Cette situation d'impuissance et de simple spectateur lui ouvrait les entrailles en deux. C'était comme un être sur le banc un jour de match, lors d'une rencontre face à un adversaire particulièrement puissant. Voir ses coéquipiers soudés comme un roc tandis que l'un d'eux était blessé et que lui-même n'avait ni le droit de se lever du banc, ni de prononcer aucun mot.
Il avait avant que cette histoire ne se produise un profond lien avec Kuroko. Un lien qui semblait s'effriter au fur et à mesure du temps. La sensation désagréable d'avoir été remplacé par quelqu'un. Sentiment horrible et pourtant, c'était loin d'être la première chose à laquelle penser en de telles circonstances. Kuroko avait été violé, il ne devait ressentir aucun sentiment de possession envers lui, c'était quelque chose d'absolument dégoûtant rien que d'y penser. Kuroko ne lui appartenait pas. Loin de là. Et pourtant, il avait toujours cru dans un coin de son esprit que Kuroko agissait avec lui d'une manière totalement différente qu'avec ses coéquipiers de la génération miracle... Qu'avec Akashi.
Puis il y avait Himuro. Son meilleur ami d'enfance. Malgré le fait qu'ils se trouvent dans la même pièce et qu'ils se soient dirigés vers la gare plus tôt dans la journée, ils n'avaient pas autant parlé qu'ils ne l'auraient dû. Pourquoi ? Réponse mystérieuse et agaçante. Kagami semblait deviner cependant un semblant de réponse. Un mot. Un prénom. Murasakibara. Le violet et le rouge ne s'étaient jamais réellement appréciés, et pourtant ils partageaient tous deux un homme en commun. Himuro Tatsuya. Kagami ne pouvait s'empêcher de grincer des dents en remarquant de petits détails trahissant la relation entre le violet et son meilleur ami. La sensation horrible que tout lui avait été volé le prenait à la gorge et l'empêchait de ressentir un quelconque soulagement.
Et finalement Aomine. La troisième personne de ce groupe dont il se sentait le plus proche. Ils se disputaient souvent, c'était indéniable. Cependant ils avaient un lien profond. Remontant à leur première rencontre, à leur premier match, à la première défaite du bleu, à sa première percé dans la zone. Malgré ce lien, il lui semblait qu'Aomine agissait tel un parfait inconnu envers lui. Comme si un ami proche venait d'une heure à l'autre de ne plus lui adresser une parole, un mot. D'ailleurs Aomine ne semblait plus vraiment Aomine. À le regarder on avait l'impression qu'il avait mûri bien plus qu'il ne l'aurait dû. C'était un sentiment dérangeant et effrayant. Leurs groupe semblait se dissoudre petit à petit et lui ne pouvait rien faire. Ni par les mots, ni par les gestes.
- D'accord. Je vais venir. Marmonna Aomine en fixant un point derrière la fenêtre.
- Très bien, hocha Midorima. Bon, ce sont des chambres de deux, étant donné que Akashi n'a pas eu le temps nécessaire pour réserver les chambres d'hôtel à l'avance. Alors nous allons constituer les duos tout de suite.
- Je suis avec Muro-chin. S'exprima Murasakibara.
- Très bien. Aomine et Kagami ?
Le rouge hocha des épaules en jetant un regard au bleu. Ce dernier ne réagit pas, fixant toujours la nuit noire faiblement éclairée par les lumières de la ville.
- Bon je suppose que ça veut dire oui.
- Haizaki tu viendras avec moi.
- Sérieusement ? Demanda ce dernier. Punaiiiiissseeee… J'y crois pas je vais devoir passer la nuit avec l'intello du groupe.
- Ça va sûrement bousculer tes deux neurones qui se battent en duel mais tu en sortiras vivant. Répliqua le vert en le dépassant pour se diriger vers la porte de sortie. Allez, on y va.
Au moment même où Midorima ouvrit la porte de la salle d'entrée, une infirmière se faufila par l'ouverture. Kagami la reconnut instantanément elle avait été là lorsque Kuroko avait fait sa crise après son premier réveil. Tous les regards se braquèrent sur elle et la jeune femme brune au haut chignon ne tarda pas à les saluer.
- Bonjour messieurs. Je tenais à vous prévenir des dernières nouvelles. Ogiwara Shigehiro vient de terminer son opération. Ses plaies au niveau de sa hanche, de son flanc et de son épaule ont été recousues avec succès. Il est encore éveillé et en attendant que la morphine fasse effet sur lui une rapide rencontre avec l'un d'entre vous est possible.
Les yeux multicolores de toutes les personnes présentes dans la salle se tournèrent vers Kagami. Le joueur de Seirin sentit le rouge lui monter aux joues devant tant d'attention inattendue.
- Quoi ? Demanda-t-il sur la défensive.
- Tu devrais y aller. Lui répondit Himuro. Tu es le plus qualifié pour ça d'entre nous tous.
- Pourquoi ? S'exclama le rouge.
- Aucun membre de la génération miracle ne pourrait se permettre dans une telle situation de s'en aller à son chevet Kagami. Réfléchis, nanodayo. Trancha le vert. Et Himuro serait un parfait inconnu pour lui.
- Et s'il voit mon visage, soutint Haizaki, il risque de faire un aller direct et sans retour dans le coma.
-On t'attendra. Ajouta Midorima d'une voix dure.
Kagami posa ses yeux flamboyants sur chacune des personnes dans la pièce. Tout en finissant sur son frère. Himuro lui sourit faiblement et hocha de la tête.
- Ouais. Okay... Okay, je vais aller le voir.
Tandis que le rouge s'apprêtait à quitter la salle, il arrêta son mouvement en entendant l'infirmière continuer.
- Mademoiselle Momoi Satsuki s'est aussi réveillée récemment. Il sera possible de la visiter dès demain matin.
- Comment va-t-elle ? S'exclama Aomine.
- Elle n'a pas encore prononcé un seul mot, mais cela ne semble pas inquiéter son médecin traitant. Les drogues qu'elle a ingurgitées partent peu à peu de son organisme. Malheureusement nous ne connaissons pas encore très bien les effets secondaires.
- Avez-vous des nouvelles de Takao Kazunari ? Demanda Midorima.
- Son opération devrait se finir dans moins d'une demi heure. Les visites seront possibles dès demain matin. Il sera placé dans la même chambre que monsieur Shigehiro.
- Vous avez des nouvelles de Kise ? S'enquit Aomine.
- Vous voulez dire monsieur Kise Ryouta ? Demanda l'infirmière en fouillant dans les feuilles de son calepin. En effet nous avons quelques nouvelles à vous transmettre sur sa personne. Monsieur Ryouta est entré en hypoxie lors de son opération consistant à lui enlever la balle l'ayant touchée à l'intestin.
- Ça veut dire quoi ? Demanda le basané les yeux écarquillés.
À la surprise de tous ce fut Haizaki qui répondit.
- L'hypoxie, idiot, c'est lorsqu'une personne tombe dans un coma qui dure quelques jours. C'est dû à un manque chronique d'oxygène durant une période donnée.
- Quoi ? Paniqua le basané.
- C'est exact. Confirma l'infirmière. Monsieur Kise Ryouta a réalisé un parcours en apnée durant ce qui semble être un long laps de temps, puis il a subit une blessure grave au flanc qui l'a empêché de respirer correctement. Tout cela a déréglé son système respiratoire.
- Et c'est grave ? Demanda Kagami devançant le bleuté.
- Il aura une perte de conscience plus ou moins longue, allant de quelques heures jusqu'à quelques jours. Cependant au vu de comment s'est passé son opération, il ne semble pas y avoir de soucis à se faire.
- Je peux le voir ? Demanda Aomine.
- Non, malheureusement. Jusqu'à son réveil, personne n'est autorisé à le voir. Sur ce, veuillez m'excuser messieurs.
L'infirmière s'inclina doucement avant de reprendre la porte par laquelle elle était entrée.
Midorima tourna son regard vers Kagami et se contenta de le fixer. Le rouge comprit tout de suite ce qu'il voulait. Alors il se dirigea vers la sortie tandis qu'il entendit des voix s'élever derrière lui, commentant les dernières nouvelles.
Kise semblait donc être dans un coma court bien que sa vie ne soit pas en danger. Takao était en pleine opération au moment même. Kuroko venait tout juste de se réveiller et avait demandé à les revoir. Momoi s'était elle aussi réveillée. Ces nouvelles le soulagèrent plus qu'il ne se permit de le montrer. C'était un réel soulagement et il avait la sensation que tout irait pour le mieux dorénavant. L'agresseur était loin d'être repéré mais il avait son intuition qui lui promettait que ça ne saurait tarder. Cet homme serait bientôt repéré. Or il avait une confiance absolue en son intuition. Elle l'avait toujours mené vers le meilleur, et sans elle il aurait sans doute perdu plus de matchs de basket qu'on ne pouvait penser.
Tous dorénavant connaissaient le nom de l'agresseur. Akikuzu. C'était indéniablement un malade mental. Le fait qu'il soit relié à Haizaki aurait déjà dû le mettre sur la voie cependant. Mais penser qu'il serait aller si loin par pure vengeance ? Juste parce qu'Haizaki lui avait refusé son aide ? Juste parce que Haizaki avait préféré se consacrer à sa passion endormie du basket et se retirer d'affaires louches ? Il devait être réellement timbré pour avoir violé Kuroko, empoisonné Momoi et pratiquement tué successivement Ogiwara, Takao et Kise.
Kagami finit par arriver face à la chambre du meilleur ami de Kuroko. Il se sentait mal à l'aise face à cette dernière. Il avait déjà échangé quelques mots de politesse avec Ogiwara mais la dernière fois qu'ils s'étaient vus Ogiwara lui avait recommandé de ne pas s'approcher de Kuroko. Le brun savait des choses. Voilà pourquoi Kagami se trouvait face à cette porte. Ogiwara était la seule personne physiquement et psychiquement capable de leur fournir quelques indices sur leur agresseur et leur séquestration.
Il mena sa large main à la poignée et après un court moment d'hésitation et oubliant de frapper il entra.
La chambre était grande. Au plus près de la porte se trouvait le lit d'Ogiwara tandis qu'un grand espace vide avait été libéré près de la fenêtre. Kagami en déduisit après mure réflexion que c'était sans aucun doute l'endroit où ils mettraient le lit de Takao. La chambre était plongée dans une douce et faible lumière émanant de la lampe de chevet du seul lit présent dans la pièce.
L'hospitalisé leva ses yeux chocolat vers le rouge alors qu'il se grattait avec force le haut de son bras gauche. Ses yeux étaient rouges et des cernes démontraient sa fatigue importante. Cependant le brun lui sourit faiblement l'invitant à entrer et à s'asseoir à côté de lui. Le rouge saisit une chaise et s'assit près de lui. Il se frotta les deux mains l'une contre l'autre, gêné. Après tout ils ne se connaissaient qu'à peine et le rouge se sentait terriblement coupable. Il se trouvait immonde de vouloir veiller sur Kuroko au lieu d'être ici près de son meilleur ami. Alors que ce dernier n'avait encore eu personne pour lui rendre visite, personne ne l'attendant réellement dans la salle d'attente.
- Kagami, c'est ça ? Demanda-t-il doucement.
- Oui, c'est moi. Répondit Kagami en fixant toujours ses mains. J'aurais quelques questions à te poser.
- Je m'en doute. Répondit faiblement Ogiwara après un court silence.
- Tout ce que tu pourras me dire sera tiré à notre avantage pour retrouver celui qui vous a fait ça. Affirma Kagami évitant toujours de porter ses yeux sur le visage d'Ogiwara.
- Merci…
Le silence reprit peu à peu place comme une suite logique de leur discussion. Le rouge n'entendait que les doigts du brun gratter son bras, rompant le calme oppressant s'étant installé dans la chambre. Kagami ne parvenait pas à faire le tri parmi toutes les questions lui traversant l'esprit. Elles se mélangeaient les unes aux autres, pour disparaître et revenir. L'assaillir et le rendre d'autant plus confus et à cran qu'il ne l'était déjà.
De plus ses pensées se tournaient tout naturellement vers Kuroko. Il était réveillé. Il était sorti de cette nuit médicamenteuse et la première personne qu'il voulait voir n'était pas lui-même. Ça avait été Akashi, capitaine de la génération miracle et actuellement capitaine du lycée de Rakuzan. Celui qu'il avait combattu lors de la dernière Winter Cup et qui l'avait pratiquement traîné dans la boue avant de le briser. Akashi avait même tenté de le remplacer par un autre joueur fantôme. Comme est-ce que Kuroko aurait-il pu passer au-dessus de ça alors que lui-même, Kagami l'avait aidé après cette horrible période de Teiko ? Pourquoi Akashi et pourquoi pas lui ?
- J'ai été le premier à me réveiller. Commença Ogiwara.
Kagami sortit de ses pensées bien trop déconnecté de l'actuelle réalité et reporta son attention sur la voix du brun. Il évita toujours autant son regard et se contenta de fixer les fenêtres donnant sur la nuit sombre, face à lui.
- Lorsque j'ai ouvert les yeux, le soleil était tout juste en train de se coucher. L'appartement dans lequel on était, était plongé dans un océan de couleurs allant de l'oranger au rose pâle. Aussi loin que je me souvienne c'était la première fois pour moi que ces couleurs m'avaient envahi d'une peur incontrôlable. J'étais donc allongé par terre et lorsque je me suis réveillé à côté de moi il y avait Momoi encore un peu endormie. J'avais la sensation que mon corps ne bougeait plus de la même façon. C'était tout à fait désagréable, je mettais un temps fou à bouger un pied, une main, un genou. Lorsque je l'ai pu je me suis retourné et je me suis allongé sur le ventre. À ce moment-là, j'ai remarqué que nous étions dans un vieil immeuble tout délabré. Tout semblait défoncé et décrépi. Nous étions dans ce qui semblait être autrefois le salon de l'appartement. Les fenêtres étaient toutes cassées, et les murs puaient le moisi. Parfois on pouvait même voir des cafards et d'autres insectes parcourir les murs et le plafond.
Ogiwara s'arrêta un instant. Kagami leva légèrement son regard vers lui pour voir ce dernier se gratter avec toujours autant de vigueur une petite blessure sur son bras gauche. La zone était devenue toute rouge à force des frottements ininterrompus du garçon.
- Bref, je me suis mis sur le ventre et même si j'avais encore du mal à réfléchir correctement ou du moins aussi rapidement que je le voulais. J'ai pu voir notre agresseur traîner Kuroko jusqu'à un mur puis il lui a mis des menottes aux mains et il l'a soulevé pour l'accrocher à une espèce de pieu en fer, ancré dans le mur. Puis il a mis des menottes sur ses chevilles avant de se tourner vers moi et Momoi. C'est à ce moment qu'elle a commencé à se réveiller. Lorsqu'il est revenu vers nous, j'ai clairement senti l'odeur de l'alcool et on pouvait voir dans ses yeux qu'il avait dû beaucoup boire. Dans tous les cas, comme Momoi commençait à se réveiller il s'est juste contenté au départ de lui donner un coup de pied dans le bras. Il a vu que j'émergeais peu à peu et donc il n'a pas perdu de temps. Il m'a tiré par les cheveux et m'a mené aux côtés de Kuroko. Ce malade a répété la même opération qu'avec lui. Menottes aux mains et aux pieds puis le tout relevé au-dessus de ma tête. Il a ensuite emmené Momoi au milieu du salon et il a saisi comme… Un manche à balai, je crois bien.
Kagami ferma les yeux. La description lente et précise d'Ogiwara lui faisait battre le cœur à mille à l'heure. Il n'avait plus réellement envie de connaître la suite. Il aurait voulu que le brun cesse son histoire sur-le-champ. Malheureusement ce n'était pas possible, car cette histoire n'avait rien d'un conte. Ce n'était pas un livre imaginaire que l'on pouvait reposer sur le coin de la table lorsque l'on sentait l'horrible fin approcher.
Tout cela était atrocement réel. Et il ne pouvait rien faire d'autre que d'acquiescer et attendre patiemment la suite.
- Il a attendu qu'elle se réveille complètement. Lorsqu'elle a eu assez de force pour tenter de s'enfuir il l'a attrapé par les cheveux et lui a posé toute une série de questions.
- Lesquelles ? Demanda Kagami les yeux toujours fermés.
- Les plus récurrentes étaient des questions précises sur vos liens d'amitiés. Il a notamment demandé si Midorima et Takao jouaient dans la même équipe je crois et s'ils traînaient toujours ensemble. Il a demandé à Momoi si son meilleur ami était bien Aomine. Il lui a aussi demandé des informations sur toi. Sur Akashi, sur Murasakibara…
- Moi ? S'étonna le rouge en ré-ouvrant les yeux et en fixant la main d'Ogiwara reposant sur les draps blancs.
- Oui. Il a demandé qui tu étais. Si tu étais l'ami de la génération miracle. Le lien que tu avais avec eux.
- Et Momoi ? Elle a répondu à toutes ces questions ?
- Au départ non, elle ne disait rien. Mais après une dizaine de minutes à se prendre des coups elle a commencé à saigner gravement de la tempe je crois. Elle était en pleurs et ça se voyait, elle était totalement confuse. Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle faisait. Et puis les coups qu'elle recevait étaient violents.
La voix du brun se brisa lentement.
- Ce n'est pas de sa faute si… Enfin, elle ne pensait pas… On ne pensait pas que ça prendrait de telles proportions… On ne savait pas quoi faire sur le moment… Chacun d'entre nous a répondu aux questions qu'il nous posait… Maintenant que j'y pense c'est évident que c'était pour bien mener ses plans à termes… C'est évident qu'il nous a posé tant de questions pour pouvoir s'attaquer à nous par la suite… Il lui manquait tant d'informations sans lesquelles il n'aurait rien pu faire et nous… Nous lui avons tout donné sur un plateau d'argent.
- Ce n'est pas de votre faute ! Soutint Kagami en regardant cette fois directement les pupilles brunes d'Ogiwara.
Ogiwara continua à verser des larmes tout en se grattant le bras. Le garçon finit par ré-ouvrir une blessure. Il couina doucement sous la douleur sans cesser de se gratter ardemment. Des gouttelettes de sang vinrent couler le long de son bras et tacher le bout de ses phalanges avant de s'écraser sur son drap blanc. Kagami se leva avec rapidité lorsqu'il le remarqua et ouvrit tous les tiroirs se présentant à lui. Dans l'un d'eux, il trouva plusieurs compresses dont il se dépêcha de les faire sortir de leurs paquets. Ogiwara tenta vainement d'essuyer ses larmes coulant toujours abondamment de ses yeux.
- Désolé… Marmonna-t-il tandis que Kagami lui saisissait le bras.
- Tu n'as en rien besoin de t'excuser.
Les reniflements du brun furent les seules distractions brisant le silence de la pièce. Le joueur de Seirin tenta avec des mouvements lents, précis et doux d'apposer une compresse sur la récente blessure du jeune homme. Une fois fait il entoura la compresse d'un sparadrap pour la maintenir en place. Choisissant de faire plusieurs fois le tour du triceps pour être sûr que son pansement ne tombe pas durant la nuit.
- Je ne pense pas pouvoir beaucoup vous aider… Murmura Ogiwara.
Kagami garda ses yeux fixés sur ses mouvements répétitifs visant à bander le brun. Il ne répondit pas tout de suite. Sûrement car deux sentiments excessivement contraires s'opposaient l'un à l'autre. L'un l'accusant, le second l'attristant. Il en voulait un peu à Ogiwara de ne pas pouvoir l'aider. Ce n'était pas ainsi qu'ils parviendraient à retrouver quoi que ce soit d'Akikuzu. Si Ogiwara n'avait aucun indice à leur fournir alors qui le pourrait ?
Un reniflement.
Une fine goutte de sang sur ses grandes mains.
Comment pouvait il ne serait-ce qu'un seul instant en vouloir à Ogiwara ? Il avait été séquestré pendant des jours, battu au point d'ouvrir des plaies profondes et indélébiles. Il avait sans aucun doute connu une fatigue extrême, une quasi-famine et une peur oppressante. Le genre de peur à vous couper tout envie d'espérer quoi que ce soit. Quel droit avait-il pour lui en vouloir ?
- Ça n'a aucune importance. Murmura Kagami.
- Si… Ça a toute son importance… Répondit Ogiwara avant de fondre en larmes en silence.
Kagami qui venait de finir son bandage retira ses mains du corps du jeune homme. Ce dernier mena ses mains à son visage qui se contentait de libérer ces perles salées. Kagami se retira légèrement du lit et se dirigea vers la salle de bain. Là-bas il y trouva un gant de toilette qu'il mouilla avec de l'eau chaude avant de revenir près du jeune lycéen. Il s'assit sur sa chaise et attrapa docilement le bras du meilleur ami de Kuroko. Ce dernier retira même ses mains de ses yeux pour regarder Kagami lui laver le bras en sang. Des larmes emplissaient encore ses yeux, les faisant scintiller comme la plus triste des mélodies.
Le contact du gant chaud sur le bras du brun sembla l'apaiser quelque peu. Bientôt des pleurs d'Ogiwara, on n'entendit plus que de faibles reniflements. Le garçon ramenait parfois le dos de sa main droite à ses yeux pour les essuyer avant de la faire retomber mollement sur ses cuisses couvertes par son drap blanc d'hôpital.
- À un moment il a reçu un appel. Se rappela Ogiwara. Il semblait énervé mais à tout de même acquiescé à ce qu'on lui disait.
- Tu as entendu ce qu'il disait ? Demanda Kagami intéressé.
- Je ne suis pas sûr…
- Dis-moi quand même. Insista Kagami en cessant de laver son bras.
- Il a répété à la fin de sa conversation téléphonique : « Oui, Arita… Oui, le parc d'Arita ». Je n'en suis vraiment pas sûr cependant. Même si j'étais à côté de lui à ce moment-là, il avait déjà commencé à me couper avec son…
- Ne t'inquiète pas, je comprends tout à fait. Le rassura Kagami. Merci. Je ne sais pas si ça va nous aider à quoi que ce soit mais je suppose que c'est déjà un début.
- Je ne sais pas non plus si je dois te le dire mais je crois qu'il avait un rendez-vous là-bas.
- Qu'est ce qui te fait croire ça ? Demanda le rouge tout de suite piqué de curiosité.
- Encore une fois rien n'est sûr, mais je crois qu'il a dit deux ou trois fois le jour jeudi.
- Est-ce que tu penses que… Ils pourraient avoir un rendez-vous jeudi prochain ?
- Peut-être que c'était le jeudi de la semaine passée ou celui dans deux semaines. S'opposa faiblement le brun. Mais s'il-te-plaît, ne faites rien d'inconsidéré.
Kagami ne répondit pas, se contentant de chercher dans sa mémoire un emplacement répondant sous le nom d'Arita. Sans parvenir à quoi que ce soit.
