Bonjour à tous et à toutes ! Que dire… Je suis assez énervée avec moi-même de ne pas avoir pu posté plutôt je poste une fois par mois et je déteste ça. Moi en tout cas en tout cas en tant que lecteur je n'apprécierais pas, alors sachez que je vais faire de mon mieux pour poster un chapitre par semaine maintenant !

Ce chapitre commence donc le nouvel arc et oh mon dieu comme j'ai aimé l'écrire ! L'action revient pour mettre en place les dernières questions de la fic, on est sur une ligne droite maintenant ! Raison de plus pour moi de ne pas vous coupez l'action à coup de « je poste une fois tous les 41 du mois ». J'attends avec impatience vos réactions sur ce chapitre et sur ce, bonne lecture ! : )

Titi petit : Oui, le couple MidoTaka est vraiment super ! :3

Angela : Merci ! Oui c'est exactement ça ils forment tous, une immense famille et nous en tant que lecteur on les adore tous ! Avec leurs qualités et leurs défauts ! Voici donc le chapitre ! ^o^

Fan de midotaka : Contente que le chapitre 24 t'es plus ! Oui en effet l'amour de Midorima et Takao va surmonter cette dure épreuve ! Pour le nombre de chapitre je dirais qu'il en reste moins de dix. En comptant celui-ci !

Chapitre 25 : Accélération

Himuro se blottit contre le torse nu de Murasakibara tandis que ce dernier remontait les couvertures blanches sur eux deux. Le brun posa son oreille sur le cœur du violet et serra son amant d'un bras. Le souffle calme de l'aîné se coupla au souffle lent du joueur de la génération miracle. Leur journée avait été longue et fatigante, ce fût pour cette raison qu'il ne s'étonna pas à sentir le violet s'endormir sous lui. Lui-même était fatigué sans pour autant parvenir à s'endormir. Ses paupières restaient inévitablement ouvertes ne démontrant rien de sa fatigue intérieure. Parfois la paupière de son œil sous sa mèche clignotait, s'ouvrant et se refermant.

Le brun se repassait cycliquement chaque action de la journée. Tout d'abord le matin même ils étaient tous partis à l'hôpital. Midorima et Aomine y étaient restés toute la journée et devaient sans aucun doute y être encore à cette heure-ci. Akashi était simplement passé dire bonjour à Kuroko. Puis après s'être assuré que ce dernier n'y voyait pas d'inconvénient il avait invité les autres à entrer dans sa chambre d'hôpital. Kuroko avait semblé reprendre des couleurs et les marques qu'il possédait sur son visage devenaient de moins en moins présentes. Simplement un gros bleu au niveau de son bras était encore clairement visible. Son changement ne résidait pas tellement dans son physique après tout, mis à part les bleus et ses paupières fatiguées, mais particulièrement dans sa personnalité.

On ne pouvait pas dire que Kuroko était naturellement quelqu'un de particulièrement bavard, cependant Himuro ne s'était pas attendu à le voir prononcer encore moins de mots qu'à l'accoutumé. D'autant plus qu'il avait baissé les yeux sur ses couvertures blanches durant tout le temps de leur passage dans la chambre. Pas une seule fois leurs regards ne s'étaient croisés. Le bleuté n'avait pratiquement pas parlé se contentant de remuer de la tête lorsqu'une question lui était posée. Malgré tout c'était dans sa chambre que Akashi avait décidé de leur fournir le planning qui les attendrait durant cette journée. Tout le monde l'avait écouté attentivement et personne ne l'avait interrompu si bien qu'à aucun moment sa voix n'avait changé de ton. Monotone, elle les avait cependant tout de suite mis sur leurs gardes alors qu'il n'était pas encore neuf heures du matin.

Le programme était loin d'être simple. Chargé, chacun aurait un rôle à jouer et mis à part Aomine tous ceux pouvant encore tenir debout avait été tenu à participer à ce qui c'était apparenté à une véritable mission commando.

Akashi devait recevoir en début d'après-midi la localisation de l'appartement d'Akikuzu avec les capacités de recherches de ses hommes de mains. Ainsi il passerait toute la journée à leur côté pour veiller au bon fonctionnement et aux dernières recherches pouvant leur permettre de retrouver l'agresseur. Midorima quant à lui devait avec Kagami se rendre au parc d'Akita pour faire de multiples recherches sur Akikuzu. Questionnant des habitués du parc pour savoir s'ils connaissaient ce dernier ou bien tout simplement demander à des gens de passage s'ils l'avaient vu. Leur départ pour le parc n'avait été autorisé par le vert qu'après que ce dernier ait pu voir Takao réveillé. Une fois fait il était sorti de la chambre du malade suivi du rouge qui était à ce moment-là avec Ogiwara, puis tous les deux s'étaient rendus sur les lieux voulus, y passant toute leur journée. À surveiller les passants et à guetter leur cible. Himuro et Murasakibara quant à eux avaient dû marcher à pied jusque chez Haizaki pour le retrouver et le forcer à revenir à l'hôpital.

Himuro se savait de quelqu'un naturellement patient cependant il devait avouer que la tâche avait été particulièrement difficile avec le joueur de Fukuda. Sans doute que cela s'expliquait par le fait qu'en premier lieu leur rencontre ne pouvait être qualifié de plaisante, bien que mémorable. Cependant il avait refoulé cette malencontreuse aventure dans un coin de son esprit pour pouvoir trouver les mots et convaincre Haizaki de les suivre jusqu'à la fin de cette aventure. Sans grand étonnement il avait aussi rapidement refusé que Murasakibara ait mis de temps pour s'énerver. Leurs piques dirigés l'un vers l'autre avaient peu à peu pris de l'ampleur couvrant ainsi la voix douce et calme d'Himuro.

Le brun avait donc imposé sa présence en se plaçant entre les deux garçons. Il avait tout simplement regardé Haizaki avec un regard meurtrier et lui avait déclaré avec calme que les suivre était loin d'être un choix qu'on lui offrait et bien plus une obligation à laquelle il n'aurait aucun bénéfice à se soustraire. Puis il s'était tourné vers Murasakibara en fermant son unique œil visible et en affichant un grand sourire tout en lui demandant de se calmer, sans quoi il se contenterait de donner tout son sac plastique de bonbons à un mendiant dans la rue.

Chacun des deux l'avait d'abord regardé avec surprise, suspendant leur bouche entrouvertes. Puis le brun s'était tout simplement écarté des deux géants pour commencer à marcher vers la direction de l'hôpital. Murasakibara avait fait la moue sur la moitié du trajet, Haizaki avait affiché un faux sourire indifférent et les avait suivi.

La journée était passée et rien ne semblait s'être produit. Il était vingt-et-une heure lorsque Midorima et Kagami étaient rentrés du parc. Ils avaient beau avoir cherché toute la journée la quelconque information concernant Akikuzu, personne n'avait pu les soutenir. D'après les dires de Midorima il avait même été dans l'obligation de traîner Kagami hors de la portée d'un homme qui semblait avoir des informations sur Akikuzu bien qu'il leur ait affirmé le contraire. D'après le vert, le rouge s'apprêtait à lui mettre son poing dans la figure.

Akashi quant à lui n'avait donné des nouvelles qu'une demi-heure après l'arrivée du joueur de Shutoku et de Seirin à l'hôpital. Ses hommes de mains avaient apparemment trouvé plusieurs adresses répondant sous divers pseudos mais appartenant à la même personne : Akikuzu Ayonara. Il leur faudrait plusieurs heures pour trouver dans lequel se trouvait actuellement l'homme recherché. Ainsi il était revenu à l'hôpital et avait payé le repas du soir à tous ceux étant présents. Aomine avait été confié.

Ce dernier leur avait alors expliqué qu'il avait pu voir Momoi et que cette dernière semblait se porter plutôt bien. Elle semblait simplement connaître des phases de détachement, tout comme Kuroko. Ces derniers avaient longuement parlé et la jeune fille n'avait pu fournir d'avantage de détails à la description de l'immeuble. Les médecins bien que confiants vis-à-vis de son rétablissement avaient tout de même conseillé que la jeune fille reste à l'hôpital pendant une durée d'encore deux semaines. Aomine avait alors disposé lorsque les parents de la jeune fille, enfin revenus d'Afrique, étaient arrivés à l'hôpital. Le basané passa sous silence la longue période inconfortable durant laquelle la mère de la rose l'avait serré dans ses bras tout en demandant de plus amples explications.

Après le repas passé, sans réelle joie d'aucun des attablés, Aomine retourna dans la salle d'attente. Midorima se décida à rejoindre Takao, Akashi se décida à rejoindre Kuroko. Kagami annonça qu'il avait promis à Ogiwara de l'aider à faire ses exercices de kinésithérapie, pour sa jambe qui avait subi un gros choc. Haizaki quant à lui avait annoncé qu'il voulait rentrer chez lui et Akashi lui avait loué une chambre dans l'hôtel que tous possédaient déjà. Murasakibara et Himuro l'avaient donc accompagné et tandis qu'Haizaki s'était dirigé vers sa chambre les joueurs de Yosen eux, avaient regagné la leur.

Ils avaient chacun pris leur douche, s'étaient mis en caleçon puis s'étaient faufilés sous les couvertures en ne s'échangeant que des mots de politesse.

Himuro leva les yeux vers l'horloge du boîtier se trouvant sous la télévision à écran plat.

23:04

Il décida de se retirer du lit. Sa gorge était sèche et rester allongé ne menait à rien. Ces dernier temps il avait de plus en plus de mal à s'endormir et Murasakibara avait commencé à le remarquer malgré ses tentatives pour cacher sa fatigue.

Tout en prenant garde à ne pas réveiller le violet, Himuro retira la couverture de ses jambes et posa ses pieds sur le parquet que composait le sol. Chauffé par un chauffage automatique placé sous les planches en bois il n'eut donc aucun frisson malgré le froid extérieur qui pouvait être aperçu rien qu'en regardant par l'entre-ouverture laissée par les rideaux.

Le brun se dirigea alors vers une petite armoire de laquelle il préleva un pull pour se couvrir tout de même les épaules puis il se dirigea vers le petit frigo, les jambes découvertes. Lorsqu'il ouvrit la porte du réfrigérateur un froid doux s'abattit sur ses genoux dénudés. Il se dépêcha de sortir une bouteille de jus d'orange et referma la porte, empêchant au froid de s'échapper un peu plus. Tandis qu'il se servait un verre du breuvage orangé il entendit des voix provenir de la chambre d'à côté.

Celle de Taiga. Il est rentré ?

Himuro reposa doucement la bouteille de jus d'orange sur le comptoir de la cuisine et tendit une oreille discrète pour parvenir à entendre les sons provenant de cette dernière. Il lui sembla bel et bien entendre la voix de Kagami si bien que son cœur qui avait commencé à ralentir sa cadence, reprit son rythme normal. Le joueur de Yosen porta alors le verre transparent à ses lèvres faisant couler le jus d'orange lentement le long de sa gorge. Sa fraîcheur lui permit de se calmer un peu plus.

- PUTAIN DE MERDE ! S'exclama la voix à travers le mur.

Aussitôt Himuro retira son verre de sa bouche, tandis qu'un stress croissant et imprévu monta au creux de ses reins. Sans savoir pourquoi son corps sembla devenir à cran, comme si un danger était tout proche. Il lui semblait réveiller une sorte d'instinct animal bien différent de celui qu'il éprouvait sur un terrain de basket.

Il reposa avec fracas son verre sur le comptoir lorsqu'il entendit la porte de la chambre de Kagami s'ouvrir pour se claquer fortement dans les secondes qui suivirent. Sans réfléchir il ouvrit lui aussi la porte de sa propre chambre cherchant à comprendre un tel empressement. Il sortit la tête de l'encadrement de la porte pour voir Kagami courir dans le couloir en direction des escaliers de secours.

- TAIGA ! S'écria Himuro. Qu'est-ce qu'il se passe ?!

Le rouge se retourna à la voix du brun, prenant une seconde pour stopper sa course.

- J'ai reçu un papier ! Je viens à peine de rentrer et j'ai vu qu'un papier avait été glissé en dessous de ma porte !

- Il y avait écrit quelque chose dessus ? Demanda Himuro tandis que les deux garçons se trouvaient aux opposés du couloir.

- Il y a une heure. Vingt-trois heures trente-cinq. Il y a aussi écrit le nom du parc d'Akita et…

- Et ? Demanda impatiemment Himuro.

- La liste des noms qui se succèdent. Tu sais ceux dont nous a fait part Ogiwara ? Aomine, Kise, Midorima...

- Kagami et Murasakibara… Murmura Himuro en même temps que la voix de Kagami résonnait dans le couloir.

- Juste après celui de Midorima il y a le mien ! Or ça ne veut dire qu'une chose ! Que Kuroko a des problèmes ! Akikuzu a toujours cherché à nous atteindre par des personnes auxquelles nous sommes attachées ! Il sait que j'ai eu une relation importante avec Kuroko cette dernière année. S'il veut me blesser alors c'est à lui qu'il s'en prendra ! Je ne peux pas le laisser une fois de plus ! J'y vais !

Sur ces mots Kagami se retourna et tourna dans le couloir pour prendre les escaliers de secours.

- ATTENDS TAIGA ! S'exclama Himuro avec terreur. Merde, il m'écoute déjà plus !

Sans attendre une seconde de plus Himuro se précipita dans sa chambre et tira avec force un tiroir de son armoire dans laquelle il avait rangé les quelques vêtements qu'il avait ramené avec lui. Il sortit avec le plus de rapidité possible un pantalon noir doté d'une ceinture qu'il enfila aussi vite que possible. La brutalité avec laquelle il réalisa chacun de ses gestes était totalement opposée à ses habitudes de faire si bien qu'il parvint même à réveiller Murasakibara.

- Muro-chin ? Demanda-t-il encore endormi. Qu'est-ce que tu fais ?

- C'est Kuroko il a des problèmes ! Appelle Akashi, vite ! Dès que vous êtes prêt rejoignez-nous au parc d'Akita !

- Quoi ? Attends quoi ? QUOI ? Demanda Murasakibara émergeant difficilement de son sommeil.

- Vite Atsushi ! Je pars devant, Kagami est parti sans réfléchir une seule seconde et il va lui arriver des problèmes si jamais je ne le suis pas !

Himuro finit de passer son bras dans la manche de sa veste et d'enfiler ses chaussures déjà lacées et sans un mot de plus il s'élança à la suite du rouge. Sa course rapide dès le départ le réchauffa instantanément, si bien qu'il lui sembla étouffer tout le long de la descente des escaliers qu'il dévalait quatre à quatre. Les lumières automatiques s'allumaient à son passage, malgré tout trop lentes au vu de sa course. Ces dernières ne s'allumaient qu'avec un temps de retard si bien que le brun descendit les marches à moitié plongé dans le noir. Le réceptionniste le vit passer face à lui et à son air ahuri, Himuro comprit qu'il venait de voir exactement la même scène se répéter qu'avec Taiga.

Il dut ralentir sa course pour que les portes automatiques de l'hôtel s'ouvrent. Puis une fois dehors, il comprit à quel point la température entre l'intérieur de sa chambre et l'extérieur était forte. Une douce condensation s'échappa de ses lèvres entrouvertes tandis qu'il tournait la tête à droite et à gauche, tentant de voir une quelconque trace de son meilleur ami. Cependant ne voyant personne correspondant aux caractéristiques physiques de son ami il se contenta de prendre la route qu'il connaissait pour se rendre au parc d'Akita.

Heureusement il avait écouté attentivement Akashi lorsque ce dernier avait expliqué le matin même à Kagami et Midorima le chemin à suivre pour se rendre au parc.

Sa course effrénée commença donc aux portes de l'hôtel. Il prit tout d'abord sur sa gauche et valsa entre les différentes personnes marchant dans la rue. Certains même semblèrent l'insulter mais il était déjà bien trop loin pour pouvoir entendre quoi que ce soit de leurs paroles. La route étant légèrement en pente il lui sembla perdre une grosse partie de son énergie en cette simple ligne droite. Mais ce n'était au final qu'une difficulté anodine pour un sportif comme lui. Cependant il fut heureux d'arriver en haut de la montée et de continuer sa course sur une route plus ou moins plate. En courant comme il le faisait il lui serait sans doute possible d'arriver au parc d'Akita en moins de vingt minutes. Avec de la chance il parviendrait même à rattraper Kagami…

Cependant il ne se berna pas. Kagami était bien meilleur que lui lorsque ça concernait le sport. Il sautait plus haut, jouait mieux au basket que lui et pour être tout à fait franc il courait bien plus vite. Himuro savait donc que même en courant comme il le faisait il ne parviendrait jamais à rattraper le rouge.

Ce ne fut qu'après de longues minutes de course avec un souffle saccadé et chaud que le brun parvint finalement dans le quartier d'Akita. Le parc était encore à cinq minutes de course rapide. Himuro s'obligea à maintenir la cadence qui l'épuisait. Courir longtemps il savait le faire. Courir à une telle vitesse durant une si longue période en était une autre. Seul, l'inquiétude et son imagination qui lui façonnaient le corps de son meilleur ami en sang et allongé sur le sol le persuadait de ne pas ralentir. Vite. Il devait toujours aller vite, le plus vite possible, le plus longtemps, sans s'attarder une seconde, sans prendre le temps de tourner la tête à droite et à gauche lorsqu'il traversait une rue. Heureusement pour lui, aucune voiture ne le renversa même si à plusieurs reprises elles l'avaient frôlé de quelques centimètres à peine. La chance était décidément de son côté.

Son pied droit rentra le premier dans le parc et ce fut à ce moment-là qu'Himuro freina finalement sa cadence. Sa course se mua graduellement en une marche rapide tandis que le brun tournait la tête dans toutes les directions avec l'espoir pas si fou de voir une tête rouge apparaître dans la masse de feuillages qui composait le parc. Il passa devant un couple de drogué se piquant à l'aide d'une seringue avec des mouvements fébriles et tremblotants. Himuro ne put s'empêcher d'éprouver une certaine peur en les voyant ainsi. Une peur pour lui, pour Kagami et pour eux qui se tuaient à feu doux.

Son rythme cardiaque ne cessa d'augmenter au fur et à mesure que les secondes défilaient sans qu'il ne puisse distinguer une seule ombre, un seul trait distinctif du joueur de Seirin. S'il se faisait attaquer maintenant, en pleine nuit et dans un parc rempli de drogués, de sans-abris, d'animaux abandonnés et de dealers sans oublier le psychopathe que représentait Akikuzu il ne pouvait donner cher de sa peau. Doucement des larmes pointèrent au creux de ses yeux sans qu'il ne parvienne à les retenir. La peur lui tordant le ventre, cette ambiance oppressante, la fatigue de la course et des insomnies en était sûrement la cause.

- MERDE ! S'énerva-t-il. Merde ! KAGAMI T'ES OÙ ? KAGA…

Le cri qui résonna dans la nuit le figea sur place.

Des oiseaux semblèrent s'envoler des arbres autour de lui. Le vent se fit glacial et fit remuer ses cheveux ébènes les transformant en de véritables poignards glacés. Ses larmes restèrent coincées dans ses yeux tandis que tout son corps semblait en alerte.

Il attendit le second cri.

Qui ne vint pas. Le parc était redevenu aussi silencieux que précédemment. Alors les pieds d'Himuro se décollèrent finalement du sol tandis que l'information du son avait atteint son cerveau. Tout son corps fut parcouru d'un tremblement avant que ses jambes ne l'élancent dans l'allée en terre battue. Son souffle n'avait plus rien d'ordonné. Tandis que dans la première partie de sa course il avait fait attention au rythme de sa respiration pour éviter un point de côté, ce n'était ici plus du tout le cas. Les larmes qu'il avait retenues s'échappèrent de ses yeux sans être remplacées par des nouvelles. Elles disparurent dans le noir d'encre du parc sous la nuit. Une boule, l'empêchant d'inspirer clairement s'installa doucement dans sa gorge alors que peu à peu une silhouette se forma face à lui.

C'est alors qu'il le vit.

Kagami.

Il était assis sur le sol les genoux repliés sous lui. Il se tenait le ventre. Himuro pouvait l'entendre gémir de douleur. Lorsque le garçon arriva finalement à sa hauteur, il s'arrêta brusquement et le saisit par les épaules sans chercher à observer son entourage. Il ne voyait que son meilleur ami qui semblait s'être pris un coup de pied particulièrement violent dans le ventre lui coupant la respiration.

- PUTAIN KAGAMI ! ON PEUT SAVOIR POURQUOI TU ES PARTI COMME ÇA ?

Murasakibara se passa un élastique dans les cheveux tandis que le téléphone était collé entre son oreille et son épaule. La sonnerie d'un appel en cours entrait dans son tube auditif résonnant dans sa tête tel un écho. Plus le bip bip se répétait à l'infini à l'attente du destinataire de l'appel et plus il perdait patience. L'envie d'exploser le téléphone contre le mur le parcourait des pieds à la tête. Cependant il avait la sensation de sentir Tatsuya à ses côtés, il semblait l'entendre lui dire de patienter. Que c'était important. Il fallait qu'il parle à Akashi. Absolument. Indéniablement.

Lorsque ce dernier décrocha, il sembla au violet d'être libéré d'un poids lui ayant comprimé le cœur durant de longues décennies. Il inspira une bouffée d'air frais et expira s'obligeant à rester calme pour la conversation qui allait suivre.

- Aka-chin, Kuro-chin a des problèmes. Annonça-t-il d'une voix grave. Muro-chin et Kaga-chin sont déjà partis au parc d'Akita.

- Comment ça ? Demanda Akashi, la surprise dans la voix.

- Muro-chin est sorti en courant de la chambre en disant qu'il allait suivre Kaga-chin qui était parti pour le parc d'Akita. Kuro-chin a des problèmes là-bas apparemment et…

- Atsushi, l'interrompit une voix glaciale de l'autre côté du combiné, Tetsuya est à l'hôpital. Il est à côté de moi. Et il va bien.

Les yeux violets de Murasakibara se fixèrent sur la fenêtre de la chambre. La nuit était profonde et à l'extérieur peu de lumières avaient été allumées si bien que le contraste avec l'intérieur de la chambre d'hôtel lui permit de se voir dans la fenêtre. Tel un miroir. Cette vitre reflétait la moindre de ses courbes, le moindre de ses mouvements, le moindre de ses cheveux s'étant échappés de sa queue de cheval.

Ce n'est qu'en voyant ses propres yeux que Murasakibara comprit.

Kagami et Himuro étaient en danger.

Une rage jamais connue alors monta en lui.

Himuro se releva sur ses pieds se positionnant face à Kagami. Devant le rouge et sur le côté gauche de la piste en terre se trouvait une petite clairière. Le dénudé d'arbres n'avait rien de rassurant, tout au contraire. Le brun avait la sensation de se trouver face à la gueule béante d'un monstre auquel il ne pourrait pas échapper. Les cinq hommes se trouvant dans la clairière le regardaient avec des envies de meurtre non dissimulées. Le joueur de Yosen pouvait sentir les poils de son dos se hérisser, le froid de l'extérieur l'immobiliser et les armes à feu pointées sur lui le tétaniser.

L'un des hommes, celui semblant être le chef de la bande portait une paire de lunettes de soleil. C'était le seul qui ne pointait pas son arme sur lui. Il se contentait de jouer avec ce dernier le faisant tourner autour de son index, un large sourire peint sur le visage. Il portait une immonde veste semblant être faite en peau de dalmatiens, un pantalon droit et noir ainsi que de longues chaussures cirées et pointues.

- Où est mon fric ? Demanda-t-il.

Himuro ne répondit pas. Il commençait tout juste à prendre conscience de la situation dans laquelle ils étaient. Visiblement ces hommes semblaient être des dealers de drogues. Mais pourquoi diable avaient-ils frappé Kagami ?

- Votre pote m'a fait attendre toute la journée. On devait se retrouver ici il y a des heures de ça. Si vous ne nous dites pas où est-ce qu'il se trouve ou si vous ne nous donnait pas l'argent tout de suite je vous tue tous les deux et lui avec. Ça serait dommage que vous ne puissiez pas passer la nuit n'est-ce pas ?

Le brun ne comprenait clairement pas où voulait en venir l'homme en face de lui. Quel ami ? Quelle heure ? Quel argent ? Les méprenaient-ils pour quelqu'un d'autre ? Qui dans ses amis ou connaissances pouvait donc avoir affaire avec des dealers de drogue ? La réponse sembla s'imposer d'elle-même dans son esprit.

- Akikuzu… Murmura-t-il.

L'homme en face de lui sembla tilter à la mention de ce nom. Une colère non dissimulée passa dans ses yeux et avec une geste de la main il ordonna à ses hommes de mains :

- Prenez-le. On va les faire parler.

Himuro n'eut le temps que de faire un pas en arrière tandis que deux hommes lui sautèrent pratiquement dessus en lui saisissant les bras. Dans son dos le brun entendit Kagami se relever péniblement et proférer des injures à l'encontre des hommes lui enserrant les bras avec une force monstrueuse. Son cœur qui battait à un rythme effréné se stoppa net lorsque du coin de l'œil il vit le chef de la bande lever son arme à feu sur la tête de Kagami d'une manière pratiquement désinvolte. Tentant de se libérer vainement Himuro se débattit du mieux qu'il put, sans succès. Le troisième homme de la bande s'avança alors vers lui et lui asséna un coup de poing en plein dans le foie.

Ses genoux tombèrent à terre tandis qu'une toux sèche le prit. Les hommes lui tenant les bras laissèrent leur emprise se retirer peu à peu en prenant garde à tout de même le garder sous contrôle. Ils ne lui laissaient que la marge nécessaire pour s'agenouiller à terre. Ses crachats mouillèrent l'herbe se trouvant en dessous de lui.

- Toi, s'adressa le chef à Kagami, tu restes là. Mango tu le surveilles. Je vais interroger ton ami et s'il ne parvient pas à survivre à mon interrogatoire alors tu seras l'heureux élu pour répondre à mes questions, est-ce assez clair ?

Himuro tourna lentement la tête vers le rouge et lui fit un signe de négation de la tête. Le rouge ne devait pas répondre à cette provocation. L'as de Seirin croisa son regard un instant et déglutit avec difficulté avant d'acquiescer à la requête du dealer. Le brun vit alors ce dernier se rapprocher de lui et il ne put s'empêcher de ressentir une peur incontrôlable lui monter dans le creux des reins. Le chef passa sa main dans ses cheveux plaqués sur l'arrière de son crâne faisant mine de se les ébouriffer.

Sans attendre une seconde de plus il se tourna brusquement vers Himuro. Son coup de pied croisa la tête de l'adolescent la faisant voler sur le côté avec une force inouïe. Le coup fut si fort et si violent que le joueur de Yosen perdit durant un long moment le cours de ses pensées. Il ne sut même plus où est-ce qu'il se trouvait. Seul un flash blanc semblait être apparu devant son regard. La première chose qui opéra sur lui comme un lien avec la réalité fut le froid glacial du vent sur son visage.

Puis ce furent des doigts gras et forts qu'il sentit sur ses joues qui lui permirent de reprendre complètement conscience avec la réalité. Il cligna des yeux et fixa l'œil noir face à lui. L'homme qui lui parlait avait une odeur d'alcool dans la bouche et Himuro ne put se retenir de froncer du nez.

- Je veux l'argent qu'Akikuzu me doit. Alors tu vas me donner toutes les réponses que je veux aux questions que je te poserai, est-ce que c'est assez clair pour toi, gamin ?

Himuro s'obligea à le regarder droit dans les yeux malgré la faible distance séparant leurs deux visages, le révulsant incontestablement. Et tandis qu'il s'apprêtait à lui répondre, entrouvrant ses deux lèvres il ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour Murasakibara. Car en l'instant présent il n'y avait que lui qui pouvait espérer les sortir de cette situation catastrophique.

Sinon ils étaient vraiment dans la mouise. Et ce, jusqu'au cou.