NAAANNN! J'ai raté ma résolution de publier un chapitre par semaine de 20 minutes T-T *met fin à sa vie* Ah non... Je dois encore bossé pour mes exams de demain :')
BREF, j'arrête de vous raconter ma vie! Je dois vous dire un secret, ce chapitre là j'ai juste adoré l'écrire et les prochains chapitres je vais adoré les écrire au moins tout au temps! Ce sont les chapitres prévus depuis le tout début de cette fic, depuis que j'ai écrit les premiers mots du premier chapitre je savais comment allé ce passer la fin et même si elle a évolué au fil des chapitre, la voilà... Finalement... Ces chapitres qui vont juste être d'un bonheur extrême pour moi, alala je vais tellement prendre mon pied pour les écrire! J'espère de tous mon coeur/corps qu'ils vous plairont, parce qu'ils seront la finalité de tout et surtout de toute mon imagination et de mon travail!
Dans tous les cas voici le chapitre! J'attend vos avis avec impatience, n'hésitez pas à me balancer vos théories et vos avis! :D Et maintenant je ne peux vous souhaiter qu'une bonne lecture!
Chapitre 26 : Le dernier souffle
Le coup de poing que lui envoya l'homme à la veste blanche et noire fit voler sa tête sur le côté. Il ne sentit même pas les coéquipiers du dealer lui lâcher les bras sous la force du coup. L'arrière de sa tête tapa contre le sol lorsqu'il tomba à la renverse et pourtant il en fut à peine conscient. La seule chose dont il était totalement sûr et qui l'enveloppait entièrement telle une vérité ineffable était la douleur. Il pouvait entendre sa propre veine battre dans son crâne, résonant dans sa boîte crânienne comme le ferait la plus horrible des musiques. Ce son répétitif et dérangeant semblant être là depuis des millénaires et y restant pour toujours. Les secondes se dilatèrent en de longues minutes, puis en de longues heures. Tous sembla s'opérer au ralentis et même le son de son cœur sembla se ralentir de lui-même. Il était certain de pouvoir compter au minimum trois secondes entre chaque battement. Boum… Boum… Boum…
Le coup avait été particulièrement violent.
Assez violent pour lui faire oublier le pourquoi du comment. Et, cependant, ce fut dans ce brouillard blanc, brumeux et dérangeant qu'il commença à assembler les pièces du puzzle. Akikuzu les avaient mené en bateau. En y réfléchissant sérieusement, il devenait de plus en plus convaincu que c'était Akikuzu qui avait déposé la lettre chez Kagami. La suite des événements semblait être écrite d'avance. Une sorte d'horrible fatalité.
Boum… Boum… Boum…
Peut-être bien même qu'Akikuzu avait intentionnellement laissé échapper cette information, celle d'une rencontre prévue avec ces dealers de drogues, devant Ogiwara. Il avait peut-être remarqué que le jeune joueur de basket l'écoutait, et il l'avait tout simplement manipulé. Tout aussi simplement et facilement qu'il l'avait fait avec Kagami et ces revendeurs de produits illicites se trouvant dorénavant tout autour d'eux.
Cependant comment aurait-il pu savoir qu'Ogiwara divulguerait cette information à Kagami exclusivement ? Il aurait sans aucun doute pu le confier à une autre personne et peut-être même que si cela avait été Akashi ou Midorima, ces derniers ne seraient pas tombés dans le piège… Mais alors comment avait-il pu savoir ? Comment avait-il pu… ?
- TATSUYA !
La voix de Kagami le ramena à la glaciale réalité.
Le coup asséné sur sa tempe l'avait assez sonné pour qu'il ne remarque pas sa chute sur le sol froid et humide. Allongé sur le dos, les genoux légèrement relevés il regarda avec frayeur le chef des dealers passer par-dessus lui et s'abaisser sur ses genoux. L'homme aux cheveux noirs plaqués sur l'arrière de sa tête s'assit confortablement sur les abdos tendus du joueur de Yosen.
Ce dernier sentit par ce poids nouveau une nouvelle fatigue l'envahir. Il tenta de se débattre mais ce poids sur le bas de son ventre, non négligeable, l'empêchait clairement de respirer correctement. Comme une tortue retournée sur le dos, Himuro tenta de se mettre sur le ventre espérant ainsi s'échapper de son tortionnaire. Du coin de l'œil il pouvait voir Kagami le regarder avec horreur tandis qu'une arme à feu était toujours tendue vers le visage du rouge, empêchant un quelconque mouvement.
- Il y a une erreur ! C'est une erreur ! S'écria Himuro.
Le brun plaça ses avant-bras devant lui tentant de se protéger le visage, vainement. Le chef de la bande lui saisit les poignets avec force et les écarta en des directions opposées, créant un lien visuel des plus effrayants. Le sourire ironique qui s'affichait sur son visage glaça le sang du joueur de Yosen immédiatement. Ce dernier, de par ses bras collés au sol dorénavant par la force déployée par l'homme au-dessus de lui, se sentit totalement dénudé. Il avait la dérangeante sensation et l'impression que dans cette position et en cet instant précis, l'homme au-dessus de lui serait capable de lui faire subir le pire. Une pensée renforcée par tous les combats de rue auquel il avait pu participer et voir aux États-Unis. Avoir vécu là-bas lui avait aussi fait vivre un certain nombre d'expériences l'ayant mis en garde contre une chose : ne jamais se mêler aux histoires de gang. Ainsi donc par conséquent et extension des histoires de drogues. Ni de près, ni de loin, ne pas voir, ne pas regarder, ne pas entendre, ne pas écouter et surtout… Ne pas s'approcher. Cela finissait toujours et indéniablement en faveur des plus puissants. En l'occurrence les patrons de la drogue, les chefs Yakuza ou mafieux.
Pourtant, c'était ici qu'il se retrouvait. Face contre terre, dominé par un dealer qui le prenait pour un ami d'un psychopathe lui-même endetté auprès de ce dernier.
Les solutions se présentant à Himuro face à une telle situation ne semblaient plus très nombreuses.
Une aide divine du ciel, sans nul doute, l'aiderait incontestablement. Si Murasakibara parvenait jusqu'ici à temps, Himuro n'était même pas persuadé qu'il serait d'une aide quelconque. Après tout, ces hommes avaient des armes à feu. Pas des bâtons, pas de points. Des armes. Le souvenir des jours précédents lui revinrent en mémoire comme un flash, qui sembla se substituer à la réalité. Il se souvenait du jour où Kise et Takao avaient été amené à l'hôpital suite à la rencontre avec Akikuzu. Il se rappelait que lorsqu'il s'y était rendu avec Kagami et Midorima cette fois-là, ils avaient été profondément choqués, sans voix. Il se souvenait de la façon dont, presque agressive de Murasakibara, lui avait saisi la main tout en le tirant vers lui. Un geste qu'il avait voulu protecteur. Il se souvenait de la rage de Midorima face à Takao. De la rage d'Akashi face à Kuroko. De la rage d'Aomine face à Momoi et Kise.
Il ne voulait pas faire vivre la même chose à Atsushi.
Il ne voulait pas, il ne voulait pas, il ne voulait pas, il ne voulait pas.
Il ne voulait pas.
Non.
Non, ça jamais.
Lui-même n'arrivait pas à s'imaginer une situation où les rôles auraient pu être inversés. Une situation où Murasakibara se serait retrouvé à sa place prêt à se faire tuer par des dealers, par la simple faute d'un psychopathe. Et que lui aurait dû assister à une telle scène. Impuissant.
La main froide qui lui agrippa les cheveux par le haut du crâne le ramena de nouveau à la brusque réalité. Il sentit même qu'on lui giflait mollement les joues, mais sans aucune douceur.
- Oi, tu m'écoutes ? Maugréa le chef assis au-dessus du brun.
- Oui… Marmonna Himuro, apeuré.
- Où habite Akikuzu ?
- Vous vous trompez ! S'expliqua Himuro dans une petite voix, la gorge en feu.
- Bien sûr, tu vas me dire que tu ne connais pas Akikuzu, que tu n'as jamais entendu parler de ce dernier, que tu ne sais absolument rien de lui et que tu étais là complètement par hasard ! Sache gamin que je n'ai pas de temps à perdre, ok ?! Je veux mon argent et même si je dois tuer tous ses potes et toute sa putain de famille pour l'avoir je le ferais c'est clair ?!
- VOUS FAITES ERREUR ! S'écria Himuro. Akikuzu tente de nous tuer mes amis et moi !
- Allons bon, je dois avouer que ça c'est original. Mais je vais t'apprendre un truc mon coco, Akikuzu est tellement rongé par la drogue, depuis le nombre d'années que je lui en vends qu'il serait incapable de se battre contre qui que ce soit. Il est devenu complètement foldingue. En général la drogue a tendance à rendre les gens muets et mous. Fous sans aucun doute mais pas moins muets. Ils restent dans leur coin et se contentent de déprimer sur leur pauvre et misérable vie. Sur Akikuzu, la drogue a sans aucun doute réveillé une partie de lui, bestiale. Sauvage. Mais il n'en reste pas moins un drogué, moi-même je n'ai aucun mal à avoir de l'emprise sur lui. Alors ne me fais pas croire que tu ne parviennes pas à le maîtriser !
Sur ces mots le chef de la troupe saisit les joues d'Himuro de sa main droite sans ménagement le faisant gémir sous la brusquerie du geste. Il l'obligea à tourner son visage à gauche et à droite comme s'il l'inspectait sous toutes les coutures. Le joueur de Yosen tenta de se débattre sans parvenir à s'extirper de la poigne de l'homme malgré la force qu'il tentait de déployer.
- Tu ne sembles pas non plus être un drogué… Marmonna-t-il.
- Lâchez-le ! Beugla Kagami.
- On ne sait rien je vous jure !
À ces répliques l'homme assis sur Himuro sembla développer une colère si rapide qu'il explosa en moins d'une seconde. Avec des mouvements rapides bien que fouillis il sortit son arme à feu de sa ceinture où il l'avait rangé préalablement. Puis sans attendre une seule seconde de plus il pointa l'objectif sur la mèche du brun qui s'immobilisa immédiatement.
Le corps de ce dernier se contracta comme un seul bloc, aussi rigide que du marbre et aussi tendu qu'une puce prête à bondir. Une arme était pointée sur lui. Le fer froid traversait le fin rideau de ses cheveux pour lui transmettre chaque sensation. Il sentit des gouttes de transpiration sortir des pores de sa peau pour lui couler le long du dos, suivant la ligne faite par sa colonne vertébrale, dessinant le contour de chacune de ses vertèbres, de chacun de ses muscles. Sa chaleur contrastant monstrueusement avec son corps froid.
- Si tu ne me réponds pas immédiatement, je te plante une balle dans le visage et ça rendra peut-être ton pote plus enclin à parler à ta place. Je n'ai pas de temps à perdre, mon boss veut cet argent et je ne lâcherais aucune affaire pour avoir chacun de ces billets. Alors je vais me répéter. Où se trouve Akikuzu ?
Himuro sut en cet instant précis que tout allait se terminer. La pointe de l'arme froide, glaciale, se plaça sur son front plaquant ses cheveux lisses contre ce dernier. Il n'avait pas de réponse à cette question et Kagami non plus. Ce n'était clairement pas la peine de faire semblant. Il avait excessivement peur, il pouvait sentir sa main trembler tandis que ses yeux fixaient l'homme au-dessus de lui. Cet homme possédaient dans ses yeux une lumière si haineuse que Himuro sembla être perverti par celle-ci jusqu'au plus profond de son âme. Les prunelles dilatées et noires n'offraient aucune lumière, seul une haine profonde. Tandis que les pupilles d'Himuro d'un gris léger se couvraient au fil du temps d'une fine couche d'eau, prémices de larmes à venir. Le monde semblait s'être réduit à eux seul. L'obscurité et eux deux. Une réponse pouvant à la fois les lier et les dissocier à jamais. De simples mots pour une vie. De simples chiffres sur un papier pour deux vies.
La première larme coula le long de la joue d'Himuro sans qu'il ne puisse rien faire pour la retenir.
Il n'avait pas envie de mourir.
Il n'avait pas envie que Taiga le voit mourir.
Il n'avait pas envie qu'Atsushi le voit mort.
Il ne voulait pas mourir.
Pas maintenant. Pas tout de suite. Pas encore.
Une nouvelle larme vint dessiner le contour de sa joue avant de se perdre dans ses cheveux ébènes.
- Je n'en sais rien, répondit Himuro tandis que la pression sur son front augmentait.
- ESPECE DE… !
Soudainement des sonneries stridentes se firent entendre. Elles emplirent l'air si rapidement et abondamment que tout semblait n'être que bruit indistinct. Une situation offrant un contraste saisissant avec les minutes silencieuses ayant eu lieu quelques instants plus tôt. Même le ciel sembla se colorer de lumière, se superposant les unes aux autres et s'échangeant à tour de rôle. Bleu. Rouge. Rouge. Rouge. Bleu. Rouge. Rouge. Bleu.
Le temps semblait s'être suspendu, le chef des dealers toujours assis sur Himuro apposant son arme contre son front avait relevé doucement la tête en direction de la route en terre. Attendant. Tentant de comprendre d'où venaient ces bruits. Vers où ces derniers se dirigeaient et surtout pourquoi. Ses hommes de mains s'étaient immobilisés, tous aussi tendus que Himuro pouvait l'être. Tous dans la clairière semblèrent pris d'une sorte d'immobilisation, chacun tentant d'additionner le tout, de comprendre ce qui se passait, d'imaginer le pire… Ou le meilleur.
- C'EST LES FLICS ! S'écria celui tenant l'arme face à Kagami. FAUT SE BARRER VITE ! C'EST LES FLICS !
- NON MANGO ! On reste ici, jusqu'à ce qu'on ait cette putain de réponse !
L'homme dénommé Mango fronça des sourcils avant de relever correctement son arme au niveau des yeux de Kagami le fixant dans les yeux avec peur et haine. Cependant son bras tremblait légèrement et de par les regards fuyants qu'il adoptait on pouvait prédire une fuite en retraite dans les minutes qui suivraient. Et ceux avec ou sans son chef. Il en valait de même pour les deux autres.
- Tu vas me dire où est ce putain de drogué, tu m'entends ? Beugla le dealer en appuyant encore plus fortement son arme sur Himuro.
- Je n'en sais rien ! Cria ce dernier. JE VOUS JURE JE N'EN SAIS RIEN !
Himuro se mit à pleurer devant cette insistance qui l'effrayait clairement. L'homme semblait être devenu complètement fou. Sa voix, son regard, les traits de son visage déformés par la peur et la colère tétanisaient Himuro. L'approche d'un désastre imminent semblait être prêt à arriver.
- Putain ils arrivent ! S'écria Mango. LES MECS ON SE BARRE !
Sur cette consigne le dealer dénommé Mango donna un coup violent sur la tête de Kagami avec le manche de son arme. Sans attendre que ce dernier ne puisse se remette de ce coup il lui en donna deux autres utilisant la même violence. Le faisant ainsi tomber à terre les mains se tenant la tête, le sang lui coulant entre les doigts écartés sous la douleur. L'agresseur n'en fit pas plus et se retourna. Il jeta un vague regard haineux à son chef toujours au-dessus d'Himuro, pris dans une folie psychédélique. Ce dernier ne semblait même pas voir la trahison de ses hommes. Il avait tout simplement saisi la gorge d'Himuro dans sa main gauche se contentant de lui hurler dessus.
- MON BOSS VEUT CET ARGENT TU ENTENDS ? SI JE LUI RAMENE PAS IL VA ME TUER ALORS TU AS INTERET À ME DIRE OU SE TROUVE AKIKUZU, ESPECE DE BATARD ! SINON C'EST TOI QUE JE BUTE ! Lui hurla-t-il.
- Arrêtez ! Je vous jure que je n'en sais rien ! ARRÊTEZ !
Himuro tenta de e débattre avec toute la force lui restant dans le corps. La police et les pompiers qu'il pouvait entendre à leurs sirènes lui offrait l'opportunité dont il avait demandé l'aide dans ses prières les plus désespérées. On lui donnait une chance de parvenir à s'en sortir vivant de cette rencontre avec les Yakuzas, c'était à lui de la prendre. Il ne devait pas se laisser apeurer par l'homme au-dessus de lui et ce malgré l'arme dans la main de ce dernier. Même si par ailleurs le dealer semblait avoir totalement perdu les pédales, il ne pointait plus son arme fixement sur sa victime. Dans sa colère noire et incontrôlable il pointait l'arme de partout, ne semblant plus contrôler ses mouvements. Prenant le risque de se blesser lui-même ou bien de tirer sur Kagami ou Himuro.
Le coup partit tout seul.
Une seule balle.
Un seul son.
Une seule vie.
Le brun s'immobilisa.
Ses muscles se contractèrent comme un seul. Son esprit s'arrêta tout aussi simplement qu'une machine.
Les sirènes des véhicules parvenant jusqu'à eux se firent d'un seul coup stridentes. Aussi aiguës qu'il semblait possible à tout moment que les tympans du garçon lâchent. Tandis que l'arme face à lui n'émettait aucun son. Il avait la sensation que le bruit de l'arme aurait cependant dû l'atteindre, il avait la sensation que le cri de Kagami à ses oreilles aurait dû l'atteindre, il avait la sensation que le froid autour de lui n'aurait jamais dû s'écarter de lui comme il venait subitement de le faire, le réchauffant d'un seul coup. Tout aurait dû et pourtant rien n'avait eu lieu. Seul le son excessivement proche des sirènes lui emplissait l'esprit.
Ça aurait dû piquer. Ça aurait dû faire mal. Ça aurait dû… Et pourtant rien.
Le vide.
Le noir.
Ses muscles avaient été contracté durant si longtemps que lorsque le coup de feu était parti et que ses muscles s'étaient contractés violemment puis relâchés avec traîtrise, cela lui avait paru anormal. Sa tête était retombée avec force sur le sol et ses bras tentant d'échapper à la grippe du dealer avaient cessé de se débattre.
Plus rien n'avait eu lieu.
Il sentit son épaule se contracter dans un spasme. Ce spasme se déplaça de son épaule à son bras. Ses yeux s'ouvrirent. Il avait encore la sensation de la balle lui passant à quelques centimètres de la joue. Il semblait encore sentir sur sa peau ce changement de pression dans l'air. Ce changement de température énorme qui n'avait duré qu'un instant. Cette vive brûlure qui due à la poudre s'étant échappée de la balle en fer s'était déposée sur sa joue. À peine quelques minutes avaient passé depuis le coup de feu et il avait cependant la sensation de s'être relevé après une longue période de coma. C'est alors qu'il entendit une voix grave et effrayante. Avant même de parvenir à rétablir une vision nette sur ce qui se passait autour de lui il sut reconnaître cette voix.
- CONNARD ! T'AS VOULU LE BUTER !
Le poids qui s'exerçait sur son ventre se retira d'un seul coup, suivit de très près par un flash violet. Avant de prendre conscience de ce qui se passait autour de lui, il prit tout d'abord conscience de ce qu'il s'était passé suite au coup de feu. L'arme était pointée sur lui, il avait su, il avait eu la sensation de savoir qu'il ne survivrait pas à cette balle. Cette dernière s'était même dirigée vers lui.
Et elle l'avait raté.
À cette pensée, Himuro inspira une bouffée d'oxygène. Cette simple respiration l'aida à regagner l'essentiel de ses idées. Il parvenait de nouveau à réorienter ses sens, les cinq d'entre eux vers son environnement extérieur et non plus sur lui-même uniquement.
Il entendit le bruit de deux personnes se battant l'une contre l'autre. Le bruit dérangeant d'une mâchoire que l'on brisait se fit entendre.
Il se releva doucement sur ses avant-bras et tenta de prendre conscience de ce qui l'entourait. Tout prenait tout son sens maintenant et pourtant il ne parvenait pas à croire qu'il était encore là. En vie. Quelle chance incroyable s'était abattue sur lui pour pouvoir le sortir vivant d'une telle situation ? Quelles divinités ou astres avaient bien pu se rallier à sa cause pour lui permettre de survivre ? Qui pouvait offrir une explication valable, divine ou scientifique, loufoque ou intelligente à la raison pour laquelle la balle ne l'avait pas touché ?
Il était là.
Son esprit et son corps. Ils étaient juste là.
Son corps tremblait compulsivement, incapable de s'arrêter. Le souvenir de l'arme encore pointée sur lui ne semblait par vouloir disparaître. Des larmes si longtemps retenues coulèrent massivement sur son visage. Accentuant visiblement ses convulsions. Il vit des policiers arriver par petits groupes. Les premiers qu'il vit l'ignorèrent presque se dirigeant immédiatement vers la masse indistincte que composaient Murasakibara et le dealer. Les policiers séparèrent avec beaucoup de mal le violet du vendeur à la veste en dalmatien. Mais lorsque la chose fut faite Murasakibara tourna aussitôt sa tête vers son amant.
Les larmes d'Himuro continuèrent de couler sans pour autant qu'il ne fasse le moindre bruit. Il ne savait pas comment cela était réellement possible mais il le faisait. Toute la tension accumulée en moins d'une demi-heure se relâchait à l'instant même et le brun n'avait ni envie d'arrêter de pleurer ni envie d'arrêter de trembler. La seule chose dont il avait envie c'était de serrer Murasakibara dans ses bras. C'était peut-être excessivement niais, naïf ou bien idiot mais en l'instant même il n'avait envie de rien d'autre. Il avait cru durant un instant ne jamais le revoir. Durant un instant il s'était imaginé Murasakibara tenant son corps mort dans ses bras, les larmes coulant le long de ses joues.
Il voulait juste le sentir. Vivant. C'était tout. Alors comme un enfant, encore en pleurs, le garçon toujours à terre leva les bras vers le violet. Quémandant une étreinte. Une chaleur corporelle bien précise. Un réconfort que lui seul serait capable de lui donner.
Le géant s'approcha du garçon aux cheveux ébènes et arriva à sa hauteur en moins de deux pas. Il se laissa tomber sur ses genoux comme subitement attiré par la gravité et saisit avec force le corps froid et tremblotant d'Himuro. L'étreinte qu'il lui donna aurait pu sembler violente pour quelqu'un dans la condition d'Himuro. Le plus âgé des deux passa ses bras par-dessus les épaules du violet et se plaqua contre lui comme un enfant apeuré le ferait avec sa mère. Ses pleurs devinrent alors un peu plus bruyants, ses hoquets et ses tremblements ne cessèrent pas entre les bras du joueur de la génération miracle. Cependant en cet instant précis ils semblaient partager une douleur que le brun n'avait plus à porter seul et qu'eux seuls semblaient comprendre. Qu'il fallait impérativement deux personnes pour pouvoir saisir l'ampleur de cette tristesse et que ces deux âmes étaient là. L'une pour l'autre. Ils se serrèrent l'un à l'autre espérant pouvoir chacun rassurer sa moitié de sa présence.
Murasakibara plaça son nez à la base du cou de son amant, guettant sa chaleur et tentant de calmer le rythme de son cœur effréné. Il avait eu si peur, la rage en lui semblait être si profonde, si lourde qu'il avait la sensation que rien ne pourrait jamais la calmer. La douce odeur du corps d'Himuro le calma cependant aussi simplement que la plus sophistiqué des gourmandises. Il avait eu si peur de le perdre…
Himuro quant à lui avait totalement plongé son visage dans le torse du violet, se soustrayant au monde et ne cherchant à garder ses larmes que pour lui-même. Les bras forts l'entourant le rassuraient incontestablement. Ils étaient un pilier, un remède à ce qui venait de lui arriver, sans eux il n'était plus que ce corps tabassé et froid sur le sol. Avec eux, il avait la force de pleurer, d'avoir peur, d'avoir foi, d'avoir de l'amour, d'avoir de l'espoir. Il avait eu tellement peur. Cette peur semblait se loger dans ses entrailles sans être prête à partir.
Lui et Murasakibara s'étaient tous les deux excessivement rapprochés après leur première défaite en tant que partenaire au sein de l'équipe de Yosen et contre le match de Seirin. Cette défaite avait été le cataclysme, le déclic chez le violet qui avait d'un seul coup pris conscience. Lui-même, Himuro, ne pouvait dire de quoi il avait pris réellement conscience. De ses amis ? Des gens l'entourant ? Des limites de sa force ? De sa fainéantise excessive? Dans tous les cas il avait changé et si beaucoup ne le remarquaient pas, c'était tout le contraire pour le brun. Pour lui il y avait un réel fossé entre le Murasakibara d'autre fois et celui d'aujourd'hui.
Leur deuxième année de lycée n'avait pas encore commencé et pourtant ils s'étaient tous les deux rapprochés à une vitesse foudroyante. Sautant les étapes, ils étaient devenus amis, puis amants. Sans entre-deux. Ils n'en avaient pas eu besoin. Un jour, un soir de fête organisé par un camarade de classe de Himuro avait fait qu'ils s'étaient tous simplement retrouvés seuls. Et le brun un peu éméché et titubant dû aux boissons ingurgitées lors de la soirée avait utilisé tout son charme et ses atouts attractifs pour convaincre Murasakibara de l'embrasser. Ce dernier après de vaines repousses avait cédé à la tentation. Tandis que les lèvres du brun se retiraient de celles du violet suite à ce premier baiser il fut le premier surpris de voir le géant plonger avec fougue une nouvelle fois sur lui. Cette nuit-là, Murasakibara avait bu ses lèvres. Ils s'étaient embrassés comme jamais personne n'aurait pu l'imaginer et comme Himuro ne s'en serait jamais douté. Himuro avait mordillé les lèvres du violet comme il l'aurait fait avec un bonbon.
Une nuit inoubliable.
Les premières gouttes de pluie tombèrent du ciel tandis que les deux garçons de Yosen se trouvaient toujours dans les bras l'un de l'autre, agenouillés à terre. Les tremblements d'Himuro s'étaient finalement calmés et doucement ce dernier se détacha de son amant. Leurs yeux se croisèrent de longues minutes, avides l'un de l'autre, apeurés et pourtant rassurés de pouvoir toucher du bout des doigts le corps vivant de son autre.
Ils étaient vivants.
C'est alors qu'Himuro se souvint de Kagami. Ses émotions avaient pris le dessus et la présence de Kagami s'était totalement éclipsée de son esprit. Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu l'oublier alors que c'était ce dernier qui avait failli se faire tuer en tout premier ? Alors que le rouge tout autant que lui-même avaient passé cette situation avec une arme à feu pointée sur lui ?
Himuro se releva avec rapidité, étonnant ainsi Murasakibara. Kagami se trouvait sous la pluie et il le regardait. On pouvait clairement le voir en train de pleurer. Tout en restant debout malgré tout, comme s'obligeant à ne pas s'écrouler par terre sous la pression. Il ne bougea pas et ce même lorsqu'il vit Himuro s'approcher de lui en titubant, il le regarda avec colère lorsque ce dernier s'approcha et il recula d'un pas. Cependant cette colère visible et palpable n'était clairement pas diriger vers Himuro, cette haine semblait être entièrement tournée contre lui-même. Cette vision brisa le cœur de Himuro, lui faisant baisser les yeux tandis qu'il cherchait les mots pour réconforter son ami.
- Tu n'as rien Taiga ? Demanda doucement Himuro alors que les fines gouttelettes commençaient à lisser ses cheveux.
Silence.
- Taiga je…
- Tu as failli te faire tuer à cause de moi… Je ne sais pas pourquoi Akikuzu et Kuroko n'étaient pas là mais toi… Tu aurais pu te faire tuer… Tout ça à cause de moi. Parce que j'ai été trop débile pour…
- Non ! NON ! S'exclama Himuro tentant de réunir les forces qui lui restaient. JE T'INTERDIS DE PENSER CA JE TE L'INTERDIS, TU ENTENDS ?! TU ES MON MEILLEUR AMI ET MON FRERE ! Cet anneau ! Cet anneau que tu portes à ton cou et le mien ! Tu sais ce qu'il représente ? Il représente à quel point tu peux être débile et à quel point je t'apprécie malgré tout ! Et si je porte le même c'est parce que cette remarque fonctionne dans l'autre sens aussi ! Alors tu ne vas pas t'en vouloir, ni te renfermer sur toi-même parce que je n'ai pas besoin de ça venant de toi ! Je… Sinon je te refous cette même baigne que celle que je t'ai foutue avant que tu ne partes des States, tu entends ?
À ces mots le silence s'installa lourdement, rompu par les sirènes des pompiers et des policiers ainsi que par la fine pluie s'installant doucement entre les deux garçons. Le plus grand des deux avait un regard à fendre le cœur, il semblait être prêt à éclater en sanglots. Cependant il se força à essuyer les larmes lui ayant coulé le long des joues, il se força à ravaler les perles salées lui sortant des prunelles. Doucement et comme incertain il tendit son poing vers Himuro. L'intention claire attendait un retour du brun. Leur façon de se dire que tout était pardonné, un poing contre un poing. Un message. Un pardon.
Cependant le brun n'en fit rien. Il s'avança d'un pas, puis de deux et de trois et malgré sa taille plus basse que celle du rouge il le saisit par les épaules et l'obligea à se baisser pour qu'il puisse le serrer dans ses bras. Leur étreinte fut brève et pourtant avec une force toute particulière, un amour entre deux frères pouvant se faire ressentir tout autour d'eux. Puis Himuro se détacha de Kagami et recula de quelques pas. Cette fois ce fut lui qui tendit son poing vers le rouge. Ce dernier afficha un faible sourire avant de venir taper son propre poing contre la peau gelée d'Himuro.
Une fois fait, Himuro sentit le bras de son amant paresseux se placer autour de son cou et de son épaule le rapprochant de lui dans un mouvement à la fois protecteur, rassurant et sans doute un peu jaloux. Cependant il ne répondit rien, comprenant amplement la situation. Même s'il était clairement visible que l'étreinte entre les deux frères avait quelque peu réveillé sa jalousie.
C'est alors qu'Akashi et Midorima s'approchèrent d'eux. Tous deux étaient tout aussi trempés que le reste de la troupe. Cependant aucun d'eux ne semblaient s'en soucier le moins du monde. Le petit rouge s'approcha de Himuro et lui demanda durement s'il allait bien. Après une réponse affirmative de ce dernier il se tourna vers Kagami et lui posa une main sur l'épaule.
- Sache que Kuroko va très bien. Tu n'as pas à t'inquiéter, il est à ce moment même à l'hôpital. Il ne risque rien là-bas.
Kagami le regarda longuement et hocha de la tête sans répondre quoi que ce soit. Alors Akashi se tourna vers les autres qui s'étaient tout naturellement positionnés en un cercle presque parfait.
- Je viens de parler aux policiers, expliqua Akashi. Ils veulent bien ne pas nous emmener dès ce soir à l'office de police pour prendre nos déclarations si nous nous rendons à l'hôpital et promettons de nous y rendre à la première heure d'ouverture demain matin. Ils veulent absolument nos dépositions. Au vu du travail accompli, c'est-à-dire de la capture d'un dealer connu et reconnu, ils ont été favorables à ma proposition.
- Dis surtout que tu ne leur a pas laissé le choix, ce sera plus juste, nanodayo. Répliqua Midorima en relevant ses lunettes de son index bandé.
- Shintaro, sache que je laisse toujours le choix aux personnes auxquelles je parle.
- La mort n'est pas une alternative acceptable. Marmonna Kagami.
- Ni la torture. Acquiesça Murasakibara.
- Ni la déchéance sociale. suivit Himuro.
Akashi les regarda tous un à un avec un regard tellement stoïque leur apprenant qu'il se moquait bien de savoir si ces choix étaient des alternatives acceptables ou pas, qu'une hilarité générale prit le petit groupe. La tension accumulée semblait sortir après les larmes par ce fou rire inarrêtable et très peu accordé à la situation. Même la présence oppressante d'Akashi sembla se tarir momentanément et lorsque Midorima leva le regard vers ce dernier il lui sembla distinguer deux pupilles rouges. Cependant ce ne fut qu'un battement de cils plus tard pour faire revenir l'hétérochromie sur son visage blanc.
Malgré le bruit ambiant et l'activité se déroulant tout autour d'eux, une sonnerie de téléphone retentit vivement, un son cristallin pratiquement aigu qui brisa l'atmosphère. Leurs rires se tarirent tandis que Kagami sortait son téléphone de sa poche. À peine vit-il le nom de son appel qu'il mit son appareil sur son haut-parleur.
Un brouhaha sembla émerger de derrière le combiné se superposant à la voix grave.
- KAGAMI ?
- AOMINE ?
- PUTAIN KAGAMI PASSE MOI AKASHI !
- Il est là, dis-nous ce que tu veux !
- PUTAIN DE MERDE… PUTAIN… PUTAIN…
- Aominecchi… Dit une voix distincte, presque lointaine, derrière le combiné.
- Kise, rassis-toi merde… Ça va aller… Je te jure que ça va aller…
- Daiki parle. S'impatienta le capitaine de la génération miracle.
- Akashicchi…
C'était de nouveau la voix de Kise que l'on pouvait entendre mais en beaucoup plus faible dû aux nombreuses autres voix indistinctes que l'on entendait derrière le combiné.
- Akashi… Putain, Akashi il est revenu… Reprit Aomine.
- Qui ça ? Demanda le rouge impatient.
- Akikuzu… Merde… Akikuzu est revenu ! Il est venu à l'hôpital avec des flingues, il a commencé à tirer de partout ! Et… Putain de merde…
- Attends laisse-moi prendre le téléphone Aominecchi… Akashicchi ? C'est Kise. Akikuzu est revenu à l'hôpital et… Il avait des armes et il était venu dans un but bien précis. Il a pris Kurokocchi. Il l'a reprit et on ne pouvait rien faire. Avant de partir il nous a laissé un message pour toi. Il dit que tu es le dernier de la liste.
Silence.
- Akashi… Il y a un autre problème. J'étais avec Aominecchi lorsque Akikuzu a pénétré dans ma chambre d'hôpital pour chercher Kuroko… Mais ce n'était pas le cas des deux autres. Ce n'était pas le cas de Takaocchi et Ogiwaracchi.
N'oubliez pas de me donner vos avis et théories!
(Je suis gentille je vous révèle un petit truc sur le prochain chapitre: il serra concentré sur l'AoKise! Mouahahahahah *lance des pâquerettes et des coquelicots*)
