Pouah bonjour à tous et à toutes!
Voici le chapitre! Alors je suis sans doute la seule à encore croire que je serais capable un jour de me remettre à publier un chapitre par semaine sans problème mais c'est quand on y croit que l'on y arrive non? XD Bref, voici le chapitre et que vous dire à part qu'il est... long. Très long. Très très long. Le plus gros que j'ai jamais écrit et que j'écrirais sans doute jamais pour cette fic xD C'est l'effet d'écrire sur mon OTP je crois, je m'emballe, j'écris, même des trucs inutiles et ça donne un pavé (j'espère qu'il ne vous assommeras pas en tout cas! :p)
Je voulais vous remercier pour toutes vos reviews au chapitre précédent, je m'attendais pas à en recevoir autant et j'espère donc ne pas vous décevoir avec ce chapitre! Dans tous les cas merci beaucoup de votre soutien et de tous ces compliments, vous êtes des perles les gens (si, si et ça aussi j'y crois!).
Guest: Merci pour ton premier message c'est très encourageant et motivant merci beaucoup! J'accorde beaucoup d'importance à la psychologie des personnages et je suis donc plus qu'heureuse de savoir que le lecteur parvient à comprendre ce que le personnage ressent de par mon écriture! Merci! L'Aokise est aussi mon OTP, j'espère que ce chapitre te plaira du coup! Moi j'ai adoré l'écrire en tout cas! :D Merci beaucoup de suivre cette histoire j'espère que la suite te plaira!
Elisabeth de Valencia: Ouuui désolée moi-même j'ai honte de ne pas tenir ma résolution TwT Heureuse d'apprendre que le précédent chapitre t'ais plus! Pour répondre à ta question: si, en partis mais Kuroko, Momoi et Ogiwara étaient essentiellement destinés à blessés Aomine plus que Akashi. Disons que même si ça à blesser Akashi sa blessure ne serras pas faites essentiellement par eux xD Si tu as d'autres questions n'hésite pas! L'histoire à un peu évoluée depuis le chapitre 1 donc il se peut que certaines choses (détails) est changé/évolué donc n'hésite pas! :) Merci beaucoup de ta review et j'espère que la suite te plaira!
Ulquia: Sache que je me souviens de tous ceux qui postent un commentaire, donc aucun moyen que je t'oublie xD A part si je deviens amnésique, mais là j'aurais même sans doute oublié la fin de l'histoire et on serra tous dans le caca ! :p Merci en tout cas de toujours me suivre et ne t'inquiète pas pour les reviews! Tu postes quand tu en as envie et quand tu te sens motivée, écrire une review ce n'est pas un devoir ça doit s'écrire sur l'instinct moi je dis xD Merci en tout cas de ta review elle m'a fait plaisir et j'espère que la suite te plaira tout autant!
Sur ce les gens je vous laisse ici et vous souhaite une bonne lecture! On se retrouve à la fin!
Chapitre 27 : De l'autre côté du mur
Appuyé contre le mur derrière lui, Aomine gardait ses yeux fixés au sol, se fermant complètement à l'homme qui lui parlait. Il comprenait bien ce qu'il lui disait, il n'était pas idiot. Du moins pas à ce point-là. Il le savait que ça ne serait pas forcement bon. Que lui-même aurait un choc. Qu'il lui poserait des questions sans qu'il ne puisse y répondre. Il savait tout ça et alors ? Il s'en fichait, royalement. Il voulait juste le voir, c'était tout. On l'avait déjà fait attendre tout l'après-midi avant que les médecins ne repoussent une nouvelle fois les heures de visite à vingt heures, puis encore une nouvelle fois à vingt-et-une heures. Il avait eu le temps de manger avec ses amis, les membres de la fameuse génération miracle et maintenant il était de nouveau là. Devant cette porte. Il en avait clairement marre d'attendre et toute cette tension qu'on lui faisait subir depuis son retour lui donnait envie de tous casser.
- Je comprends, je ferais attention. Maugréa-t-il tout de même.
- J'espère bien jeune homme mais il est de mon devoir de veiller à ce que vous aillez compris l'ampleur du problème. Répéta le médecin.
Le basané ferma les yeux, sentant l'énervement et l'impatience l'envahir. D'accord il avait été particulièrement violent durant cette dernière semaine, il s'était à la fois battu avec Midorima puis Haizaki. D'accord il avait même subi selon les médecins, un choc psychologique, suite à l'attaque de Kise et Takao. D'accord, sa rencontre avec Momoi avait été un choc. D'accord il n'avait pratiquement pas parlé de la journée. D'accord il s'était même énervé contre une infirmière lorsque cette dernière lui avait appris que les horaires de visites pour Kise seraient encore repoussées. D'accord ce qu'on lui disait sur Kise le mettait en colère.
- D'accord, d'accord ! Mais s'il-vous-plaît ! J'ai vraiment besoin de le voir… Répondit faiblement Aomine en fermant les yeux. S'il-vous-plaît.
- Je vais vous laisser le voir, répondit le médecin. Mais avant vous allez vous détendre, boire ce chocolat chaud et m'écouter attentivement, est-ce bien clair ?
L'as de Touou hocha de la tête tout en fixant le gobelet se tenant dans sa main droite. Il sentit la douce odeur de chocolat parvenir jusqu'à ses narines sans que cela ne réveille une quelconque envie de l'engloutir d'un seul trait. Seule la douce chaleur émanant du breuvage parvenait à le réconforter.
- Très bien alors, monsieur Kise Ryouta s'est réveillé ce matin même. Son hypoxie, ou en d'autres termes son coma de courte durée, semble avoir eu quelques effets secondaires sur lui. Une perte de mémoire, qui ne concerne qu'une période courte qui selon les examens correspondent à partir de la période lors de laquelle il s'est fait agresser. Pour simplifier, il ne se souviendra pas de son attaque. D'après les questions que nous lui avons posées il se souvient être parti à votre recherche avec monsieur Takao Kazunari et ses souvenirs s'arrêtent ici pour le moment. Cependant il n'y a pas d'inquiétude à avoir, la perte de souvenir à durée courte est quelque chose d'assez courant lorsqu'une personne se réveille d'un coma long ou court. Il faut tout simplement attendre que son corps se repose et se remette de son hypoxie, tous lui reviendra dans les heures voir les jours à venir. Il faut simplement éviter de brûler des étapes. Son cerveau a besoin de récupérer, de se réveiller et de se remettre à fonctionner correctement. Nous lui avons expliqué que sa blessure au ventre était due à un accident, dont nous ne lui avons pas précisé la nature.
- Mais s'il me demande, qu'est-ce que je dois lui répondre ?
- Que c'est à lui de s'en souvenir. Ce travail de récupération doit se faire par lui uniquement ou du moins principalement. Cependant si vous voyez qu'il commence à se souvenir de quelques détails vous pouvez l'aider à le mettre sur la voie s'il en ressent le besoin.
Le basané hocha doucement la tête. Lorsqu'il avait appris par l'infirmière sur laquelle il s'était énervé, que Kise risquait de connaître une courte amnésie suite à son réveil il avait eu la sensation de sentir le sol s'effondrer sous ses pieds. Cela faisait pratiquement deux jours que Kise était dans le coma, ce qui voulait dire que la seule chose dont il se souvenait de lui était leur dispute.
Cette dispute, qu'ils avaient eu dans les toilettes quelques jours plutôt. Il lui avait dit des choses horribles cette fois-là. Plus il y pensait et plus il avait la sensation que cette scène remontait à la décennie passée. Comment deux jours uniquement avaient pu passer depuis son agression, et simplement six jours depuis l'enlèvement de Kuroko ? Le nombre d'événements qui s'étaient succédé en si peu de temps semblaient à l'encontre du possible. C'était comme un mauvais film, qui semblait s'éterniser au fil des minutes.
- Très bien, je vous autorise donc à entrer. Annonça le médecin. Si vous avez un problème, l'habituelle cordelette au-dessus du lit ou bien mon bureau au fond du couloir. Mais buvez votre chocolat avant tout, est-ce clair ?
Sur cet ordre qu'il avait donné, accentué par le doigt pointé vers le basané, le médecin s'éclipsa vers son dit bureau. Aomine avait alors plongé son regard dans le liquide brun et appétissant se trouvant au creux de sa main. Il resta un long moment à regarder son gobelet, le regard vide et incertain. Tout son esprit le poussait à boire d'une gorgée cette délicieuse boisson pour pouvoir par la suite entrer dans la chambre du blond sans plus attendre. Pourtant son corps était indéniablement las et fatigué. Il n'avait pas envie de bouger. De plus il n'avait plus réellement envie de rentrer dans cette chambre. Après tout, ce qu'il découvrirait à l'intérieur lui briserait indéniablement le cœur. Les réponses qu'il ne pourrait donner à l'hospitalisé l'énerveraient. Le regard blessé de Kise l'anéantirait. Chaque mouvement, chaque mot, chaque action qu'il pouvait potentiellement réaliser ne le mènerait à aucune victoire. Seulement une défaite. Et des souvenirs amers.
Il redressa son visage lorsqu'il entendit des pas précipités dans le couloir. C'est alors qu'il vit Akashi et Midorima courir dans sa direction. Le rouge tenait dans sa main un téléphone portable dont l'écran était encore allumé. Il s'approcha du grand bleuté avec rapidité ainsi qu'avec un regard sévère. Le vert quant à lui ne s'arrêta pas et continua sa route jusqu'à l'ascenseur se trouvant à quelques mètres à gauche d'Aomine. Ce dernier l'entendit appuyer sur le bouton d'appel pour faire venir l'ascenseur à leur étage.
- Il semble qu'il y ait un problème avec Kagami et Himuro, nous allons rejoindre Murasakibara. Si tu veux venir, c'est encore possible.
L'information mit de longues secondes à entrer dans les oreilles d'Aomine pour ensuite parvenir à son cerveau. Il lui fallut encore de longues secondes pour analyser l'information donnée par le rouge et comprendre ce qu'il devait en faire. S'il voulait fuir la porte lui était grande ouverte cependant c'était maintenant. Il n'aurait pas d'autres chances. S'il voulait éviter sa rencontre avec Kise il fallait alors tout simplement acquiescer. Il fallait naturellement montrer à Akashi qu'il était prêt à le suivre. Il n'aurait même pas besoin de lui dire, que le médecin venait finalement d'accepter sa demande d'entrer dans la chambre du joueur de basket. Il n'aurait même pas besoin de prononcer le moindre mot.
- Non. Je vais voir Kise.
Sa réponse l'étonna lui-même. Il ne s'était pas attendu à prononcer ces mots, comme si son esprit trop fatigué pour réfléchir avait laissé à son corps tout libre contrôle. Tandis que le basané semblait lui-même étonné par ses propre mots et sa propre réponse, il ne vit aucune lueur de surprise dans les yeux de son capitaine. Comme si ce dernier n'avait vu aucune autre réponse possible sortir de sa bouche.
- Akashi l'ascenseur est là ! S'écria Midorima en rentrant dans la cabine.
- Daiki, tu restes à l'écoute de ton téléphone portable, est-ce clair ? Si nous avons un problème je veux que tu sois immédiatement disponible.
- Oui c'est reçu.
Le rouge le regarda un long moment puis sans perdre plus de temps il reprit sa course dans le couloir pour parvenir jusqu'à la cabine d'ascenseur. Cependant avant de s'engouffrer dans cette dernière il jeta un dernier regard au bleu.
- Veille sur Ryouta.
- Bien sûr que oui. Répondit nonchalamment Aomine, comme la plus logique des réponses.
Le rouge pénétra dans la machine et les portes se refermèrent sur lui dans un bruit caractéristique et oppressant. Le silence reprit doucement sa place dans le couloir, comme un voile de soie se déposant sur un lit blanc. Aomine fixa un long moment l'emplacement où se trouvait Akashi quelques secondes plutôt.
La chaleur de son gobelet se faisait moins tenue.
À cette pensée Aomine tourna de nouveau son regard vers son breuvage. La lueur dans ses yeux changea graduellement. Depuis quand avait-il commencé à se demander que la fuite était une potentielle solution ? Il n'avait jamais réfléchi de cette façon. Alors pourquoi maintenant ? Il n'était pas question de fuir. Il était peut-être à cet instant même incertain de son avenir, inquiet voir peut-être même apeuré de rentrer dans cette dite pièce mais il n'était sûrement pas devenu faible ! Encore moins lâche ! Plus question de douter. Kise avait besoin de lui. Les seules personnes que le blond avait vu depuis son réveil n'étaient que des médecins et des infirmières. Il devait sûrement pleurer de ne voir encore aucune figure familière. Sans oublier que lui-même, Aomine, avait terriblement envie de le revoir. Il avait trop attendu pour cet instant.
Il mena d'un mouvement brusque son gobelet refroidi à ses lèvres. Le liquide coula dans sa bouche tandis que certaines gouttes s'échappèrent pour glisser le long de son menton. Le breuvage coula à l'intérieur de sa gorge, le réchauffant tout le long de son œsophage. Une fois chose faite il chercha du regard une poubelle pour y mettre son nouveau déchet.
Son regard se porta immédiatement sur une poubelle se trouvant proche des ascenseurs. La distance semblait tout à fait correcte. Le verre en plastique, complètement écrasé sous la pression de son poing fut jeté dans la poubelle avec un mouvement fluide et précis. Ce dernier décrivit une courbe parfaite, avant de rebondir contre le mur et d'aller se loger dans la corbeille contenant un sac en plastique noir. Un sourire franc de vainqueur s'afficha sur le visage du bleuté et il se retourna triomphant vers la chambre tant redoutée, fier de sa ridicule victoire. Il sentait l'effet du chocolat chaud sur lui, comme un alcool ou un café particulièrement fort. Il se sentait revigoré, de nouveau en forme et prêt à tout.
Il posa sa main sur la poignée froide et métallique de la porte. Soudainement un souvenir puissant et violent s'imposa face à ses yeux. Il lui sembla sentir les lèvres de Kise sur les siennes ainsi que la douce pression que ce dernier exercait. Son odeur de parfum sembla remonter à ses narines, enivrante et exquise. La sensation de sentir sous ses doigts la peau douce et blanche du garçon lui fit fermer un peu plus fortement ses paupières. Il lui semblait entendre le son de sa respiration endormie tandis que la morphine le plongeait dans un doux sommeil. Ils étaient dans l'ambulance. Juste après la rencontre des deux garçons avec Akikuzu.
Une pensée revint à lui à si grande vitesse qu'il lui sembla que l'on venait de lui balancer un seau d'eau froide à la figure.
Si Kise était devenu amnésique, il ne se souvenait donc pas ? Il ne se souvenait sûrement pas de la déclaration d'amour d'Aomine ? Certes lorsqu'il lui avait annoncé ressentir lui aussi les mêmes sentiments vis-à-vis de lui, le joueur de Kaijo commençait déjà à sombrer dans le sommeil. Cependant, quelque part, il avait espéré ne pas avoir à répéter ces mots. Il aurait voulu que Kise les entende, sans jamais les oublier.
Il l'aimait.
Cependant, rien que de penser à devoir lui répéter ces simples mots, son cœur se serrait. Que se passerait-il si Kise décidait de le détester suite aux souvenirs de leur dispute ? Que se passerait-il si en répétant ces mots, Aomine voyait une lueur de haine apparaître dans les prunelles du blond ? Que ressentirait-il si jamais le mannequin décidait de refuser ses sentiments ? De lui faire aussi mal que le basané avait pu le faire lors de leur douloureuse interaction ?
Il n'y avait qu'un seul moyen pour le savoir. Sa poigne, sur le métal froid de la porte, se raffermit tandis qu'il exerçait dessus une douce pression. La porte s'entrouvrit au même instant où un bruit caractéristique résonna dans le couloir. Le joueur de Touou tourna à peine le regard vers l'ascenseur dont les portes s'ouvraient pour laisser sortir un homme. Ce dernier doté d'un bonnet et d'un manteau noir semblait posséder une démarche et allure douteuse. Aomine rentra dans la chambre et ferma la porte derrière lui.
Comme toutes les chambres d'hôpital, un petit couloir menait à la pièce principale. Sur les murs blancs de ce dit couloir avait été fixé une porte menant directement à la petite salle de bains mal éclairée, dans laquelle se trouvait douche et toilettes. Les mains dans les poches, le pas lent, le cœur battant, Aomine parvint finalement à la pièce éclairée par la vive lumière des néons. D'un mouvement fatigué il adossa son épaule contre le coin du mur. Se plaçant à la frontière entre la fin du couloir et la chambre du blond. L'intersection de deux murs sur laquelle il était adossé lui permettait d'avoir une vue d'ensemble sur la pièce et sur le garçon se trouvant dans le lit principal.
Ce dernier était tout simplement assis la tête tournée vers les rideaux cachant les fenêtres. Des draps blancs recouvraient ses jambes. Le gros coussin lui tenant l'arrière du dos semblait figé la pièce comme aurait pu le faire une photographie. Un bandage avait été apposé au niveau de son front et bien qu'on ne puisse pas le voir, Aomine imaginait aisément les bandages et pansements en dessous de sa robe d'hôpital, au niveau de son ventre. Lorsque le blond remarqua l'entrée d'Aomine il tourna la tête vers ce dernier, son regard s'agrandit aussitôt. Avant même que l'ancienne lumière ne puisse le saluer, le blond lui posa une question qui résonna étonnamment fausse aux oreilles du basané.
- Aominecchi ! Tu… Est-ce que tu vas bien ?
Le joueur de Kaijo s'inquiétait réellement pour lui. C'était indéniablement un parfait idiot. Ce n'était pas Aomine aux dernières nouvelles qui avait été plongé dans un coma et ce n'était pas non plus lui qui avait reçu une balle d'un psychopathe dégénéré. Alors pourquoi était-ce Kise qui posait une telle question ? Le garçon appuyé contre le coin du mur ne put s'empêcher d'afficher un sourire moqueur. D'un pas lent et calculé il s'approcha du blond et sortit sa main gauche de la poche de son pantalon. Une fois à sa hauteur il s'assit sur le rebord du lit sous le regard inquiet de ce dernier.
- Aominecchi… ?
Le dénommé ne répondit rien. Il se contenta de plonger son regard dans les yeux caramel et parfois mordorés du mannequin. Cela faisait à peine deux jours et pourtant, il lui semblait qu'il ne les avait pas fixé depuis une bonne décennie. Ses yeux bleus se plongèrent naturellement dans cet océan doré aux mille reflets. Il y plongea toute son âme, tout son corps sans se poser de question. Sans se demander une seule fois si son âme parviendrait à en ressortir. D'ailleurs il ne faisait aucun doute que si cela ne tenait qu'à lui et à ses instincts les plus primitifs, il n'en ressortirait jamais. Il voulait s'inonder dans ces lacs d'or qu'il avait cru si lointain et distant depuis leur disparition. Si c'était ça, se noyer, alors il serait prêt à mourir mille et une fois. Si c'était ça, être amoureux, alors il serait prêt à sortir toutes les phrases les plus ringardes et romantiques au monde pour garder le blond à ses cotés. Ses yeux étaient la chose la plus magnifique qu'il n'aurait jamais l'occasion de voir. Alors il ne se priva pas de les dévorer.
- Aom… ?
Son corps bougea de lui-même comme une entité à part entière. Il sentit simplement le tissu glisser en-dessous de lui. Ses doigts caressèrent légèrement le tissu blanc, d'une douceur qui ne pouvait envier que la peau de Kise Ryouta. Tout son corps se rapprocha du torse du blond d'un mouvement fluide et parfait. Sa main grande et chaude, sans être tremblante, parcourut la distance le séparant du visage blanc face à lui. Le bout de ses doigts touchèrent tout d'abord sa peau laiteuse, qui sembla se teinter légèrement de rouge à ce soudain rapprochement. Cependant Aomine y fit à peine attention. Ses yeux se détachèrent des pupilles dorées du blond pour venir s'accrocher à un autre pêché. Ses lèvres tremblotaient légèrement, à peine entrouvertes. Elles permirent au souffle chaud et caractéristique du mannequin de marquer le basané. La main d'Aomine se déplaça à l'arrière de la tête de Kise, sentant ses doigts s'entremêler aux mèches blondes et affreusement attirantes du jeune homme.
Leurs lèvres se touchèrent. D'abord avec prudence, testant un terrain encore nouveau. Puis elles s'écartèrent sagement, légèrement, tandis qu'avec douceur le front des deux jeunes hommes se collait l'un à l'autre. Ce ne fut qu'une durée, un instant si court que personne n'aurait pu se souvenir de ce temps de latence où leurs lèvres formaient deux entités distinctes. Les différents corps se rapprochèrent encore plus l'un de l'autre tandis que les lèvres de chacun se plongeaient sur l'autre. Avidement. Passionné et maladroit, ce premier baiser dura malgré tout de longues minutes.
Alors que les lèvres venaient à peine de se toucher l'une l'autre, chacune s'entrouvrit avec avidité. Leurs respirations s'accélérèrent au fur et à mesure que l'un comme l'autre prenaient conscience de ce qui se passait. Leurs langues se croisèrent et s'enroulèrent ensemble comme si elles n'avaient été destinées à n'être qu'une depuis le départ.
Des bruits de pas, et des voix s'élevèrent de la chambre d'à côté. Provenant sensiblement de la chambre de Takao et Ogiwara, mais aucun des deux jeunes hommes n'y firent attention.
Leurs lèvres se décollèrent l'une de l'autre momentanément. Leurs regards se croisèrent une nouvelle fois tandis que chacun reprenait sa respiration devenue haletante. Puis comme deux prédateurs en pleine chasse ils sautèrent à nouveau l'un sur l'autre.
Aomine saisit le visage du blond avec ses deux mains comme pour l'empêcher de s'enfuir, le bout de ses phalanges s'entremêlant aux mèches couleur de blé. Tout son corps sembla s'iriser instantanément lorsqu'il sentit les doigts fins et aventureux de Kise se faufiler en-dessous son t-shirt. Ils semblaient encore incertains montant tout de même assez haut pour exciter sensiblement le basané. Kise se contenta par pudeur dans un premier temps de ne caresser que le bas du ventre et les flancs du joueur de Touou. Le corps d'Aomine sembla se transformer en un seul feu ardent. La chaleur qu'il ressentait à l'instant même dans tout son corps était indescriptible. Ce feu semblait s'embrasser depuis le bas de son ventre pour remonter tout le long de sa colonne vertébrale. Son intimité se durcit, sans que son esprit n'en soit réellement conscient et l'une de ses mains quittait finalement la joue de Kise pour aller se glisser dans son dos. Sous l'action et l'envie son torse se plaqua violemment contre celui de l'hospitalisé.
Ce dernier tomba à la renverse sur son gros coussin moelleux se trouvant sous son dos. Les lèvres d'Aomine se pressèrent avec force contre les siennes et malgré son envie de continuer ce rêve éveillé Kise avait besoin de savoir. Alors il pressa sa main contre le torse du garçon au-dessus de lui. Les lèvres du basané quittèrent avec difficulté et à regret la bouche du blond. Elles se détachèrent cependant. Leurs souffles rapides remplirent l'air tandis que leurs regards se plongèrent de nouveau l'un dans l'autre.
Kise leva sa main vers le visage du garçon qu'il aimait tant et dessina le contour de ses lèvres avec son simple pouce, ses yeux caramel suivant les courbes douce qu'elles formaient. Puis sans savoir réellement pour quelle raison un sourire s'afficha sur son visage tandis qu'un doux rire sortait de sa bouche. Ce n'était pas le genre de rire que l'on faisait habituellement lorsqu'on venait de vous raconter une bonne blague, ça non. C'était plutôt le rire que l'on faisait lorsque l'on retrouvait l'être aimé. C'était le genre de rire qui ne pouvait venir que du cœur, un rire discret, doux et partagé dans un moment d'intimité.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le même rire sorti des lèvres d'Aomine. Doux. Mélodieux. Se couplant harmonieusement à celui du garçon aux cheveux blonds. Alors comme pour tenter de ne faire qu'un avec ce dernier ou bien tout simplement pour le sentir vivant et en bonne santé en dessous de lui, Aomine se laissa tomber avec douceur sur le torse du joueur de Kaijo. Leurs torses se soulevaient à l'unisson, collés l'un à l'autre, tandis que leurs rires fins et discrets se superposaient. Semblant mener un ballet propre à leur âme, emplissant doucement la pièce.
Kise sentit la main d'Aomine lui caresser les cheveux avec affection tandis que ce dernier plaçait sa tête, face la première, dans le coussin soutenant la tête de Kise. Ce dernier plaça ses bras autour du torse du basané avec douceur, le serrant dans ses bras dans une accolade qui ne voulait faire ressentir qu'une seule chose : être uni à lui à jamais.
Leurs rires se calmèrent peu à peu, rendant à la pièce son calme d'origine. Transformant la légèreté du moment en un endroit plus reposant.
- Pourquoi ? Murmura Kise. Enfin, je veux dire… Pourquoi si soudainement ?
Ce fut la voix triste d'Aomine qui lui répondit, un son atténué par le cousin se plaçant face à la bouche de ce dernier.
- J'ai été débile et atrocement horrible avec toi la dernière fois. Lorsque tu m'as dit de te laisser seul, ça m'a blessé. Ça m'a fait réaliser que je ne veux pas te laisser seul lorsque tu es triste ou en danger… Parce que… Je t'aime.
Kise mit de longues minutes à réaliser ce qui venait de sortir de la bouche du garçon au-dessus de lui. Lorsqu'il prit alors réellement conscience de ces mots il ne put s'empêcher d'avoir des larmes lui venir aux yeux. Elles coulèrent le long de ses joues et ses premiers reniflements firent se relever la tête d'Aomine. Ce dernier se redressa de toute sa hauteur et avec une si grande rapidité que Kise eut une sensation de froid glacial sur son torse tandis que le poids du garçon se retirait de lui.
- Pourquoi tu pleures, qu'est-ce que j'ai encore dit ? Demanda le basané affolé.
À cette remarque Kise se redressa sur ses fesses, s'asseyant une nouvelle fois sur son lit d'hôpital. Il mena ses mains au niveau de son nez et de sa bouche se les couvrant par humilité. Ses larmes doublèrent tandis qu'il tentait sans succès de les retenir. Son rire se mêla à ses pleurs provoquant un mélange de bruits improbables et hétérogènes, n'ayant rien de beau ni d'exotique. Ses hoquets de pleurs étaient entremêlés à des phases de rires intenses qui ce couplaient l'un à l'autre sans qu'aucun ne puissent réellement prendre le dessus.
- Je t'aime tellement Aominecchi ! S'empressa tout de même de lui dire le blond.
La concerné rigola à cette vision qu'il avait face à lui et plaça ses bras autour du cou du mannequin pour l'enserrer dans ses bras. Le front de l'as de Kaijo vint se placer tout naturellement contre l'épaule du basané.
- Je suis désolé, Kise… Je suis le pire des crétins…
Kise se raidit durant une demi-seconde à ces mots. Ce fut court et atrocement désagréable cependant durant un court instant il lui sembla se souvenir. Des souvenirs qui remontaient du plus profond de lui-même. Des souvenirs qui semblaient avoir de la peine à se faufiler dans son cerveau pour se présenter face à ses yeux. Des souvenirs qui lui donnèrent la chair de poule.
« Son court moment de bonheur ne dura pas. Il entendit des sanglots provenant de sa droite et une main saisit la sienne, la lui serrant bien douloureusement. Les sanglots semblaient vouloir être retenus, mais s'échappaient tout de même du basané. Le son de ses pleurs poignarda Kise aussi sûrement que la balle qu'il s'était prise. La vision d'un Aomine en larmes le tétanisait. Son plus grand désir était de se redresser et de serrer l'homme dans ses bras, mais il en était incapable. Son esprit semblait à des milliers d'années de son corps et à des centaines de galaxies plus loin que la réalité. »
« Je suis le pire des crétins… Pardon… »
Ce flash apparut dans son esprit aussi rapidement qu'il en repartit. Ne lui laissant au final, au creux du ventre, qu'un puissant malaise. Aomine bien que l'enserrant dans ses bras ne sembla pas remarquer la contraction involontaire du corps du blond. Pour éviter que ce dernier ne le remarque Kise obligea ses propres bras à enserrer la taille d'Aomine pour parvenir à contrôler ses tremblements. Ces derniers disparurent graduellement et avec une rapidité déconcertante. Kise ne put alors s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.
Le bruit sourd d'une porte se refermant avec fracas se fit entendre jusqu'à leurs oreilles. Quelques voix fortes mais indistinctes semblèrent aussi s'élever du couloir.
- Dis, Aominecchi… Je sais que les médecins veulent que je récupère mes souvenirs par moi-même… Mes souvenirs d'avant l'accident. Mais j'aimerais bien que tu me dises ce qu'il s'est réellement passé. Je n'arrive à me rappeler de rien et je dois t'avouer que c'est assez frustrant…
Sur ces mots Kise leva ses yeux vers le basané et croisa son regard. Une fois chose faite, il tenta d'appliquer une technique qui lui était propre pour parvenir à amadouer les personnes face à lui. Il afficha ses yeux de chien battu. L'effet sembla immédiat. Le corps d'Aomine se raidit automatiquement et on pouvait voir dans ses yeux qu'il menait un réel combat intérieur. Malgré lui, Kise trouva son visage si attendrissant qu'il ne put s'empêcher d'afficher un petit sourire moqueur. Ce dernier sembla briser sa fameuse technique des yeux de chien battu, vu qu'Aomine fronça tout de suite des sourcils en entrouvrant légèrement la bouche, déconcerté.
- Tu essaies de m'attendrir ? C'est hors de question que je te révèle quoi que ce soit ! Les médecins disent que ça pourrait provoquer un choc dans ton cerveau, et te rendre encore plus débile que tu ne l'es déjà. Alors c'est hors de question !
- Eh ? Mais tu es trop méchant Aominecchi ! Puis je ne suis même pas débile ce n'est pas vrai ! S'indigna faussement le blond.
- T'as perdu cette bataille. Se moqua légèrement Aomine.
Puis sur ces mots le basané déposa un baiser sur le bout du nez du blond. Ce dernier sembla en redemander car il tendit ses lèvres vers le basané alors que ce dernier venait à peine de se retirer. Le joueur de Touou ne put résister à cette vision si attractive et redonna un court baiser sur les lèvres du garçon hospitalisé.
- Bon ce n'est pas tout mais je vais devoir aller pisser moi.
Le blond s'indigna face à cette si simple phrase qui brisa avec certitude toute l'atmosphère légère qu'ils venaient d'instaurer. L'as rigola en entendant le mannequin lui faire des remontrances et se contenta de se lever du lit pour se diriger vers les toilettes se trouvant dans le petit couloir.
C'est alors qu'un bruit sourd se fit entendre. Il semblait provenir de la chambre de Kuroko, soit de derrière le mur se trouvant lui-même à l'arrière du dos de Kise.
- C'était quoi ce bruit ? Demanda le blond inquiet.
- J'sais pas, répondit Aomine en haussant des épaules à peine intrigué. Un médecin a dû faire tomber quelque chose. Bon je te laisse je dois vider ma vessie sinon ça va retapisser les murs.
- Aominecchi !
Ce dernier ricana devant le visage de Kise faussement indigné devant si peu de tenue.
Kise quant à lui ne put s'empêcher de sourire largement une fois que le dos d'Aomine disparut dans le petit couloir de sa chambre oubliant déjà les bruits douteux. Il ne put se retenir de laisser échapper un petit rire une fois que le bruit de la porte de la salle de bains se fermant se fit entendre. Ses doigts furent menés à ses lèvres qu'il caressa comme le plus précieux des tissus. Il lui semblait sentir encore l'odeur d'Aomine sur lui et rien n'aurait pu en l'instant même lui faire plus plaisir.
Soudain des voix et des cris indistincts se firent entendre depuis la chambre de Kuroko. Des chocs sourds et répétitifs semblaient avoir lieu avant qu'un calme inquiétant ne s'installe.
- Qu'est-ce qui se passe ? Se demanda l'as de Kaijo.
Il resta dans son lit de longues secondes tandis que les bruits semblaient s'être apaisés. Cependant un écho sourd et soudain explosa dans la pièce d'à côté. Kise sursauta avec force et il ne put s'empêcher d'émettre un cri de surprise. C'est alors qu'un hurlement de femme se fit entendre, et un coup mat et retentissant eut lieu. Un coup qui fit vibrer les murs de sa chambre ainsi que les os de son corps les plus reclus. Ce coup puissant et effrayant fut suivi par un autre cri cette fois connu.
Celui de Kuroko.
La panique que Kise sentait grandir au creux de son ventre, emballant son rythme cardiaque ne put être contenu plus longtemps. Il retira ces couvertures blanches de ses jambes et avec précipitation il balança ses pieds hors du lit. Il ne put faire qu'un seul pas une fois en dehors de son matelas avant de s'écrouler à terre.
Une douleur brûlante et atroce à sa cheville se fit ressentir alors qu'il tentait vainement de se remettre debout. Il baissa ses yeux vers son pied pour voir une chevillère lui tenir l'os. Comment se faisait-il qu'il n'avait rien ressenti auparavant ? Les médecins lui avaient pourtant appris que sa cheville avait été fragilisée, comment avait-il pu oublier cette douleur ? Apparemment cette blessure était survenue durant son accident, dont il ne gardait pour l'instant aucun souvenir. Alors il réunit toute sa volonté et son courage pour se remettre sur pied. Avec précaution cette fois, il avança, pas à pas jusqu'à la porte d'entrée. Puis tandis que des cris et des bruits sourds semblèrent se faire encore entendre il ouvrit la porte d'entrée de sa chambre.
Son corps se figea à l'instant même où il croisa les yeux rieurs et joueurs de l'homme face à lui.
L'homme portait une longue veste noire ainsi qu'un bonnet dont l'étiquette dépassait sur le côté.
Ses yeux étaient délimités par des cernes immenses à l'allure de coquard.
Il tenait dans son bras gauche un Kuroko en larmes.
Son avant-bras au niveau du cou du garçon empêchait visiblement ce dernier de respirer et de par la même occasion de s'enfuir.
Dans sa main gauche une grenade dont la goupille était reliée à son pouce.
Kise releva doucement les yeux vers l'homme face à lui.
Il se figea à son sourire.
Il se figea à la vue de l'arme levée.
Il lui sembla loucher largement tandis qu'il observait le pistolet placé droit sur lui.
Sa respiration se bloqua.
Son corps s'immobilisa.
Devenant lourd.
Des souvenirs lui revinrent en plein visage. Si fortement et rapidement que si son corps avait pu bouger il serait à coup sûr tombé à la renverse. Seul sa respiration se bloqua instantanément, arrêtant d'irriguer son cerveau, faisant tanguer sa vision, floutant son regard.
« Malgré l'arme sur son front le blond ne put se retenir de tousser recrachant par la même occasion une partie de l'eau sale qu'il venait d'avaler. »
« Kise sembla alors voir la scène au ralenti. Leur agresseur tendit son bras derrière sa tête et renvoya son poing sur le joueur de Shutoku. Son corps vacilla un instant, avant de basculer vers l'arrière. Le visage de Takao était en sang et ses yeux étaient fermés sous la douleur. Il n'entendit ni son cri de détresse, ni le son que fit son corps au contact de l'eau. Ses yeux mordorés restaient exorbités face à la scène. »
« Kise baissa les yeux vers son ventre. Juste au-dessus de son os iliaque, au niveau de son intestin. Il y amena sa main et la première chose qu'il sentit fut le sang moite dans sa paume. Il entendit quelqu'un crier son nom. Il l'entendait mais ne parvenait ni à mettre de nom sur cette voix ni à comprendre ce qu'elle lui voulait. »
« Dans sa panique, il sentit de nouveau de l'eau s'engouffrer par son nez, puis par sa bouche. Des bulles s'échappèrent, remontant doucement à la surface, recherchant par tous les moyens l'air libre et les rayons du soleil. »
« Il avait terriblement mal. L'impression de brûlure qu'il ressentait éclipsait tout le reste. Il eut la vague impression de tomber en avant. Il était persuadé dans un coin de son esprit qu'il aurait dû ressentir quelque chose, comme un choc puissant au niveau de la tête. Mais il ne sentit rien. Rien d'autre que cette sensation d'atroce déchirement dans son bas ventre. »
- Kise-kun ! Cria Kuroko.
Le simple fait d'entendre son prénom prononcé par Kuroko ramena le blond à l'étrange réalité. Il remarqua alors que sans même l'avoir ressenti des larmes coulaient le long de ses joues.
- Tu diras à ton capitaine qu'il est le dernier de ma liste.
- KISE !
Tout se passa à la vitesse de l'éclair. Il lui sembla que les événements se succédaient bien trop rapidement, bien trop successivement et avec bien trop de férocité. Il sentit quelqu'un le tirer avec violence par l'arrière. Le tenant fermement par le bras. La poigne lui enserrant son membre lui procura une vive douleur et c'est avec erreur qu'il s'appuya sur sa cheville droite.
Il vit comme au ralenti l'agresseur de Kuroko appuyer sur la gâchette de son arme.
La porte se referma face à lui tandis qu'un garçon se plaçait entre cette dernière et lui-même.
Son torse immense et tendu lui bloqua la vue.
Il recula précipitamment de quelques pas.
Le torse s'érigeait face à lui comme un mur immense.
Il se sentit trébucher.
Un coup de tonnerre ébranla les murs.
Il sentit ses oreilles siffler tandis qu'il tombait à la renverse.
Le corps face à lui qui le tenait toujours par le poignet le suivit dans sa chute.
Le dos et la tête de Kise cognèrent avec force contre le sol de l'hôpital. Aomine lui tomba lourdement dessus. Kise remarqua à peine que ce dernier le tenait dans ses bras comme une mère tiendrait son nourrisson, ses bras puissants entourant sa tête douloureuse. Il lui semblait toujours revoir ces scènes provenant de ses souvenirs enfouis juste devant ses yeux. Ces mêmes yeux encore remplis de larmes de par les souvenirs retrouvés. Ces dernières s'échappèrent de ses globes oculaires sans qu'il ne tente de les retenir. Elles coulèrent le long de ses joues pour s'écraser lourdement sur le sol. Il avait eu la sensation d'être successivement sous l'eau en train de mourir par étouffement puis sur terre tandis que tout son sang, glacé, s'écoulait de lui. En train de se noyer puis en train de mourir par hémorragie. Son corps et son esprit semblaient incapables d'aligner de quelconques pensées cohérentes. Il se savait tout simplement terrifié.
C'est alors que soudainement Kise ressentit la respiration haletante d'Aomine. Le torse de ce dernier lui compressant la poitrine, il s'aperçut que sa respiration était devenue étrangement frénétique. Il ne connaissait rien en terme médical ou quoi que ce soit s'y rapprochant cependant, le blond pouvait parier avec certitude que ce rythme d'inspiration et d'expiration n'avait rien de normal.
- Aominecchi… ?
Le garçon ne se releva pas ni ne répondit à la voix du blond. Il respirait toujours à un rythme effréné et son corps s'était mis à trembler avec violence. Le joueur de Kaijo commença alors à réellement s'inquiéter tandis que la panique le prenait tout entier. Il tenta de soulever le corps convulsant de l'as de Touou affalé sur lui. Sans succès. Toutes ses forces avaient semblé être aspirées durant sa courte marche jusqu'à la porte d'entrée. Cette porte d'entrée qui s'était ouverte sur un homme qu'il connaissait déjà. Un homme qu'il avait déjà vu. Un homme qui lui avait déjà pointé une arme dessus. Un homme qui l'avait plongé dans un coma.
Et il avait tiré. Sans une once d'hésitation. Une seconde fois.
C'est alors que Kise réalisa. La balle aurait très bien pu toucher Aomine. Le basané avait tiré le blond en l'arrière avant de refermer la porte entre l'agresseur et eux pour ensuite le faire plonger à terre. La balle qui avait traversé la porte et qu'aurait dû recevoir Kise aurait très bien pu toucher gravement Aomine. Les larmes du blond se firent plus intenses, tandis qu'il avait de plus en plus de mal à respirer dû au corps au-dessus de lui.
- Aominecchi… Aominecchi je t'en supplie, relève-toi… Le pria-t-il.
Ce fut avec un court soulagement que le mannequin vit Aomine bouger faiblement, tremblant malgré tout encore de tous son corps. Ce dernier tenta de se relever sur son coude gauche. Sa respiration toujours haletante il gardait sa bouche grande ouverte tentant d'inspirer une bouffée d'oxygène pour la faire parvenir jusqu'à ses poumons. Vainement.
Inspiration. Inspiration. Inspiration. Expiration.
Inspiration. Inspiration. Inspiration.
Kise réalisa finalement la condition du basané. Il vivait une crise d'hyper ventilation.
- Aominecchi ! Aominecchi, est-ce que ça va ? Demanda-t-il toujours allongé le visage encadré par les avants bras en sueurs du garçon au-dessus de lui.
- Je… Tenta-t-il de lui répondre. J'ai eu… peur… c'était… pareil… comme… l'autre fois… Je…
- Aominecchi, respire ! Calme-toi, ça va aller tout ira bien, ça va aller… Murmura le mannequin.
Cependant le garçon ne se calma pas. Au contraire sa respiration sembla se dérégler de plus en plus au fil que les secondes passaient. Kise pouvait voir la tête d'Aomine décliner légèrement vers le sol tandis qu'il semblait être prêt à s'évanouir. Plus il tentait de parler et plus sa respiration devenait frénétique.
- J'ai… je… j'ai revu… même scène… Peur. J'ai eu peur…
- Aominecchi… Pleura Kise. Aominecchi je vais bien alors je t'en supplie calme-toi… S'il-te-plaît Aominecchi…
Le blond passa doucement ses mains sur le visage en sueur du joueur de basket, l'obligeant à le regarder dans les yeux. Kise plongea son regard dans les yeux bleus face à lui l'obligeant par la même occasion à le fixer. Il avait envie de dire mille et une chose et pourtant il s'obligea à ne prononcer aucun mot. Il se contenta de calmer son propre rythme cardiaque en regardant le regard océan du garçon face à lui. Ses pupilles semblaient être couvertes d'un voile de larmes qui ne semblait pas être soumis à la gravité. Refusant de tomber comme si le choc l'avait plongé dans un bain de dénis. Ils restèrent de longues minutes dans cette position, tentant de caler leur respiration sur celle de l'autre, tentant de faire battre leur cœur à l'unisson alors qu'avec contradiction les deux muscles battaient avec frénésie.
- Il faut qu'on aille aider Tetsu… Marmonna Aomine alors que sa respiration redevenait peu à peu normale.
Kise hocha de la tête. Tous deux se relevèrent avec douceur et le blond fit en sorte de ne pas s'appuyer sur sa propre cheville pour ne pas accroître la douleur qu'il ressentait déjà dans cette dernière. Aomine bien que légèrement calmé, suait toujours avec abondance traduisant sa faiblesse respiratoire. Cette dernière restait anormale malgré la volonté que déployait le plus grand pour la calmer. Dans un mouvement flou et maladroit il saisit la main de Kise et se dirigea vers la porte pour l'ouvrir.
L'hôpital était soumis au chaos le plus total.
Des médecins et des infirmières courraient de partout à l'étage. Certains médecins courraient dans les couloirs criant aux autres de sortir de l'hôpital avec frénésie. Des hospitalisés, en béquilles pour certains, toujours alités pour d'autres, sortaient des chambres. Créant une pagaille et un brouhaha indescriptible. Une infirmière les croisa et Aomine l'attrapa par le bras sans pour autant lâcher la main du blond se trouvant dans l'autre. Il hurla presque sur l'infirmière pour parvenir à se faire entendre, demandant où l'on pouvait trouver le médecin étant en charge de Kuroko Tetsuya.
Kise ne prononça pas un mot. Tout semblait se passer face à lui comme si tout ça n'était pas la réalité. Les mouvements, les cris, les visages, les bruits de pas et de machines, les appels, les pleurs. Kise ne parvenait pas à entendre quoi que ce soit. Les personnes courant dans le couloir ou tentant de se mouvoir avec leurs propres capacités réduites semblaient le faire au ralenti. Tout ne semblait être que mascarade; un film doté d'un budget moyen. Un brancard passa devant eux, vide. Les pupilles mordorées du blond suivirent la trajectoire de ce dernier avec lenteur. Son cerveau semblait avoir le plus de mal possible à ingurgiter l'amas d'informations se passant face à ses yeux. Tout semblait tourner face à lui. Tout semblait être étrange et pourtant il se contentait de se taire. Pour une fois, il n'avait rien à dire. Il n'arrivait pas à émettre le moindre son.
À peine arrivé dans la salle d'attente bondée d'aide-soignants, Aomine sembla trouver son chemin tandis que le blond se perdait virtuellement dans cet amas de personnes grouillantes. Ils se dirigèrent tous deux, main dans la main vers leur médecin qu'ils connaissaient bien dorénavant. Kise fut bousculé par un docteur qui s'excusa à peine, ne lui jetant qu'un vague regard. Le blond s'appuya sur sa cheville et la douleur revint à lui comme une terrible malédiction. Aomine se retourna brusquement pour le retenir tandis que le mannequin peinait à rester debout.
- Assieds-toi Kise… Assieds-toi.
Le garçon à la peau laiteuse acquiesça tandis que la fatigue l'envahissait entièrement. Il s'était réveillé le matin même d'un coma de plus de quarante-huit-heures. Tous ces mouvements lui donnaient la nausée et des vertiges incommensurables. Il ne put même pas remercier à haute voix le basané, qui de son côté s'était déjà retourné vers le médecin qui s'était à leur vue rapproché d'eux.
- Les enfants ? Qu'est-ce que vous faites encore là ? Sortez vite !
- Docteur ! S'écria Aomine. L'agresseur ! L'agresseur il est venu et il a…
- Kidnappé monsieur Kuroko ? Votre ami ? Je suis au courant. J'ai malheureusement vu la scène de loin alors que je sortais à peine de mon bureau…
- MAIS QU'EST-CE QU'ON VA FAIRE DOCTEUR ? On ne va tout de même pas le laisser partir avec Kuroko ? N'est-ce pas ? On ne peut pas ?
- Il y a plus grave monsieur Aomine ! Vous devez absolument sortir de l'hôpital !
- Pourquoi ?
À partir de cet instant tout sembla se passer d'une lenteur exaspérante. Les lèvres du médecin s'ouvrirent doucement tandis que le son de sa voix s'échappait de sa gorge. Kise put voir sa langue claquer contre ses dents jaunies. Il put voir le bout de son muscle sortir de sa bouche. Sa pomme d'Adam remuer de haut en bas tandis qu'il prononçait chacune des syllabes. Chacun des mots. La réponse sembla arriver une éternité après. Un temps si long que le médecin avait déjà refermé ses lèvres. Un temps si long qu'Aomine se figea de longues minutes, de très longues minutes, des minutes dépassant le nombre de doigts sur une main. L'information ne semblait pas encore parvenue aux oreilles de Kise tandis que le basané se tournait doucement vers lui, le regard horrifié.
Était-ce une larme qu'il voyait finalement jaillir de ses yeux ?
Kise le vit sortir son téléphone de sa poche les mains tremblantes.
L'information ne parvenait toujours pas à faire réagir son cerveau. L'information restait bloquée à l'entrée.
Dans la salle d'attente le nombre de personnes avait drastiquement diminué, même le médecin avait disparu. Encore quelques malades tentaient de parvenir jusqu'aux ascenseurs, les uns après les autres, aidés par des infirmières.
Kise vit Aomine composer un numéro de téléphone.
Le blond fixa ses propres doigts blancs si bien encastrés dans la paume grande et chaude du joueur de Touou.
Aomine amena son téléphone à son oreille.
Lorsqu'une voix lui répondit, Kise put l'entendre d'ici. La voix d'un autre membre de la génération miracle. Elle eut l'effet sur lui comme un électrochoc. L'information passa finalement dans son cerveau, le faisant écarquiller des yeux. Il releva la tête avec vivacité. Tout lui sembla si clair qu'il avait la sensation d'avoir ouvert les paupières après une longue période de rêve. Il sentit son corps se contracter immédiatement. Son cœur et sa voix semblèrent étrangement calme en comparaison à celle d'Aomine.
- Aominecchi…
- PUTAIN KAGAMI, PASSE-MOI AKASHI !
- Il est là, dis-nous ce que tu veux ! S'exclama Kagami de l'autre côté du combiné.
- PUTAIN DE MERDE… Putain… Putain…
Kise vit Aomine de nouveau perdre le contrôle sur sa respiration tandis que de grosses gouttes d'eau s'écoulaient le long de son front et de ses joues. Alors doucement et comme l'action la plus naturelle au monde, il se releva de son siège en métal avec douceur. Ignorant la douleur à sa cheville. Se plaçant face à Aomine, plongeant son regard dans celui de ce dernier. Il devait absolument se calmer. S'il voulait apprendre ce qu'il fallait à Akashi, s'il voulait lui dire pour Ogiwara et Takao, pour eux. S'il voulait que tous puissent le comprendre et comprendre l'ampleur de la situation alors… Le calme était une priorité.
- Kise, assieds-toi… Merde… Ça va aller… Je te jure que ça va aller…
Kise resta debout fixant son amant.
- Daiki parle. S'impatienta le capitaine de la génération miracle.
- Akashicchi… ? Demanda Kise en regardant avec tristesse le visage d'Aomine.
- Akashi… Putain, Akashi, il est revenu… Reprit Aomine.
Kise resserra son emprise sur la main du garçon. Ce dernier s'était mis à trembler de tout son corps.
- Qui ça ? Demanda le rouge impatient.
- Akikuzu… Merde… Akikuzu est revenu ! Il est venu à l'hôpital avec des flingues, il a commencé à tirer de partout ! Et… Putain de merde…
Le bleuté sembla se briser avant même de pouvoir finir sa phrase. Des larmes s'échappèrent de ses yeux fermés avec violence. Les perles salées s'échappant avec difficulté de ses paupières. Alors le blond se contenta de glisser sa main blanche entre celle de son amant et le téléphone portable glaciale. Sans résistance aucune, l'as de la génération miracle lui concéda l'objet. Le laissant prendre le contrôle de la situation tandis qu'il tentait vainement de retenir ses larmes.
- Attends laisse-moi prendre le téléphone Aominecchi… Akashicchi ? C'est Kise. Akikuzu est revenu à l'hôpital et… Il avait des armes et il était venu dans un but bien précis. Il a pris Kurokocchi. Il l'a repris et on ne pouvait rien faire. Avant de partir il nous a laissé un message pour toi. Il dit que tu es le dernier de la liste.
Un silence pesant se fit de l'autre côté du téléphone. Mais Kise se sentait étrangement calme, si calme qu'il parvenait à annoncer une terrible nouvelle sur un ton de voix posé et sans bégaiement. Le mannequin n'avait plus la sensation d'être dans le corps et l'esprit de Kise Ryouta.
- Akashi… Il y a un autre problème. J'étais avec Aominecchi lorsqu'Akikuzu a pénétré dans ma chambre d'hôpital pour chercher Kurokocchi… Mais ce n'était pas le cas des deux autres. Ce n'était pas le cas de Takaocchi et Ogiwaracchi.
Kise prit un nouveau temps de pause pour plonger son regard dans les pupilles bleutées. Il tira de ces dernières un courage dont il n'avait pas cru avoir besoin. Il laissa planer quelques secondes avant d'ouvrir de nouveau sa bouche.
- Akashicchi. Akikuzu a posé une bombe dans la chambre de Takaocchi et Ogiwaracchi. Ils étaient tous deux alités, Takaocchi sous assistance respiratoire et Ogiwaracchi venait de prendre des médicaments. Ils n'ont rien pu faire. Tout l'hôpital est en train d'évacuer. Les médecins ont appelé la police et il semblerait que le compte à rebours avant que la bombe n'explose soit assez important. Ils auront donc le temps de venir. Les médecins n'ont cependant pas pu déplacer le lit de Takaocchi et Ogiwaracchi car les fils de la bombe sont entremêlés aux pieds de leur lit à roulettes.
Kise ferma les yeux tandis qu'un souvenir lui revenait en tête.
- Akashicchi… Je n'y connais absolument rien en armement ni en loi… Mais tout à l'heure lorsque j'ai vu l'agresseur de Kurokocchi… Il avait une grenade dans sa main. Comment se fait-il qu'un homme soit capable de posséder de telles armes et de les faire entrer dans un hôpital sans que personne ne les voit ? Où s'est-il procuré la bombe ? Les pistolets ? La grenade ? L'argent pour se les payer ? Comment fait-il pour faire tout ça ? Comment… Qu'est-ce que l'on doit faire Akashicchi ?
Un long silence eut lieu durant lequel ni Kise, ni Aomine ne parlèrent. Les personnes se trouvant derrière le téléphone de Kagami ne semblèrent disposées à vouloir rompre ce voile opaque et oppressant. Puis soudain une voix glaciale se fit entendre. C'était celle d'Akashi.
- Je viens de recevoir un sms. Avec une adresse dessus. Elle est signée d'Akikuzu. Nous allons nous rendre à cette adresse.
- On vous rejoint ! S'exclama avec force Aomine. JE VEUX DETRUIRE CE CONNARD ! IL M'A FOUTU À BOUT ! JE VEUX LE DETRUIRE !
- Aominecchi…
- Rejoignez-nous devant le centre commercial, de la station de métro Neko. On vous attendra là-bas. Pendant ce temps nous mettrons en place un plan. Je vais contacter mes agents, certains d'entre eux si connaissent en déminage. Ils sauront rendre cette bombe inefficace.
- AOMINE ! S'écria la voix de Midorima. Aomine… Si tu peux voir Kazunari… Je veux dire Takao, avant de partir, pourrais-tu lui transmettre un message pour moi ?
- Oui… Murmura doucement le basané en fermant les yeux. Oui, dis-moi.
- Dis-lui… Dis-lui que je l'aime. Dis-lui aussi de penser à respirer correctement dans son masque. Il… Il faut qu'il continue à respirer sans s'affoler. De plus il est bientôt une heure du matin, ça va être l'heure de l'horoscope. Demande-lui de l'écouter à ma place. Il me le répétera lorsque je serai revenu.
- D'accord, Midorima.
- Aomine ? S'éleva la voix de Kagami. J'ai aussi un message pour Ogiwara. Dis-lui que j'ai enfin compris sa blague à propos des lapins d'Australie. Dis-lui aussi que… Il n'a pas à s'inquiéter pour Kuroko ni pour quiconque et que s'il doit faire une chose maintenant c'est de veiller sur Takao, comme il l'avait fait sur Kuroko et Momoi durant leur incarcération… Dis-lui que j'ai confiance en lui.
- Oui.
- On vous attend. S'imposa Akashi, coupant court à la conversation. Dépêchez-vous.
Le téléphone se colora de rouge tandis que l'appel prenait fin. Laissant le simple bip-bip remplir la salle d'attente dorénavant vide.
Kise le sentait dans tout son corps. La conclusion à tout ça était à portée de main.
Me revoilà! Alors ce chapitre? Long, hein? XD J'espère qu'il vous a plut en tout cas!
Et bon je n'en parle qu'à la fin parce que vous spoiler au début de chapitre n'aurait pas été marrant ni pour vous ni pour moi. Mais sachez que si ils se font agressés et avec des armes pareilles, il y a une réelle raison derrière, je ne le fait pas juste parce que je trouve ça "cool" qu'ils se fassent torturés ou que ce n'est fait que pour choquer le lecteur. Enfin bref je ne vais pas en dire plus mais bon c'était juste un ptit truc que je voulais vous dire pour vous rassurez!
Du coup merci d'avoir lu ce chapitre et à la semaine prochaine (croisons les doigts) pour la suite!
