Bonjour à tous et à toutes!

Comment ça une revenante, où ça? =O Je suis d'accord avec vous moi aussi je veux me faire du mal pour mettre autant de temps à écrire un malheureux chapitre :( Mais croyez moi (avant de me lancer des patates bande de voyous!), je suis en période d'examen et donc par conséquent l'écriture passe en deuxième voir même troisième plan. Vous imaginez même pas à quel point ça me manque d'écrire :/

M'enfin bref, je suis pas la pour me plaindre de ma pauvre condition de mortelle d'étudiante fauchée mais pour vous servir ce chapitre! J'espère qu'il vous plaira et n'hésitez pas à me donnez vos avis! Encore un long chapitre mais nécessaire et dont l'idée ne m'aie venue que trèèèès tardivement! Après ce chapitre là, il ne resteras plus que deux chapitres avant la fin de la fic (mais vu la vitesse à laquelle je publie on ce retrouve à Noël prochain!)

Mangle: Non ne pleure pas s'il te plait T^T Pour ce qui va ce passer dans les derniers chapitres, je ne vais pas te spoiler mais ils seront très différents des chapitres que l'on a pu voir précédemment dans la fic. :) Merci de ta review et j'espère que la suite te plaira!

Juicelol: Eh dis pas des choses comme ça xD Tu vas me mettre mal à l'aise après et je vais flipper pour ta vie xD Merci de ta review j'espère que tu apprécieras ce chapitre dans ce cas là! :)

Chapitre 30 : Les voix de ma famille

Kuroko avait le côté droit de son visage posé sur l'épaule de Kagami tandis que ses yeux immenses et autrefois si inexpressifs fixaient le néant. Il savait qu'il parvenait à voir ce qu'il se passait autour de lui et pourtant il n'avait pas la sensation de savoir où il se trouvait. Comme si l'information vue par ses yeux ne rejoignait jamais son cerveau. La seule chose dont il avait réellement conscience était la chaleur du corps de Kagami qui le portait sur son dos comme l'aurait fait un parent avec son enfant.

Ils finirent par sortir de l'immeuble tandis que le rouge courrait le plus vite possible vers les secours. Tentant de mettre le plus de distance possible entre l'immeuble de l'horreur et eux. Devant eux se trouvait des ambulances, des pompiers et la police qui délimitait une zone de protection autour de l'immeuble. La foule complétée par des journalistes n'était plus qu'à une dizaine de mètres. Plus que cinq. Plus qu'un seul.

Un policier s'approcha d'eux et les fit passer sous la banderole jaune qui tenait à distance les curieux s'étant regroupés de l'immeuble.

Kagami s'abaissa lentement et Kuroko se sentit glisser le long de son dos. Ses bras qui avaient été autour du cou de ce dernier ne le retinrent pas dans sa faible chute. Ils se contentèrent d'amortir son arrivée sur le sol. Ses pieds, nus, touchèrent le sol rugueux et froid que composait le jardin face à l'immeuble en ruine. Sans doute aurait-il dû avoir mal à ce contact. Mais cette douleur qu'il ressentait à peine sur la paume de ses pieds semblait si dérisoire par rapport à ce que voyaient ses yeux.

Car ses yeux voyaient en effet. Son cerveau et son esprit parvenaient à distinguer une image. Mais cette dernière n'était que douleur et incompréhension. Un visage fin, une peau laiteuse, des cheveux aussi rouges que le plus beau des tissus royaux et un petit nez droit. Les yeux hétérochromes si familiers et pourtant si distants qu'il avait fini par accepter pour le meilleur et pour le pire lui avaient jeté un dernier regard qu'il n'oublierait jamais.

Or, c'était ce regard qui ne cessait de l'observer depuis qu'il avait quitté l'appartement. C'était ce regard qui le hantait et paralysait son corps tout entier. C'était ce regard apeuré et affreusement instable qui le fixait et s'affichait face à lui, le faisant perdre tout contact réel avec la réalité.

- Il s'appelle Kuroko. Kuroko Tetsuya.

Ce fut la voix chaude et réconfortante de Kagami qui le sortit du cercle vicieux et glacial dans lequel il s'était enfermé. L'intéressé releva ses yeux bleutés vers le rouge et comprit qu'on l'avait fait s'asseoir sur le rebord d'une ambulance et qu'un médecin avait commencé à l'ausculter.

Depuis combien de temps était-il perdu dans ses pensées ? Depuis combien de temps avait-il quitté Akashi ? En combien de temps Kagami avait-il traversé l'étendue d'herbe séparant la foule vivante et chaude de ce vieil immeuble froid et miteux ? En combien de temps…

Ce ne fut au départ qu'un simple sifflement.

Comme une introduction adressée au monde sourd dans lequel ils vivaient.

Une simple préface au feu et à la destruction.

L'explosion provoquée par une bombe, située au dernier étage de l'immeuble, c'est-à-dire le huitième, soit deux étages plus haut que celui où se trouvait Akashi, prit au dépourvu toute les personnes présentes.

L'implosion fut si violente qu'elle détruisit tout un pan du mur de l'immeuble, celui se trouvant le plus en hauteur avec une force inouïe.

La foule jusque-là bruyante et vivante s'immobilisa.

Kuroko ne sut si le temps s'était arrêté ou si c'était lui-même qui analysait tout bien trop rapidement. Son corps qui d'un seul coup et sans explication valable semblait fonctionner à une vitesse ahurissante. Toute la foule et même ses propres amis semblaient avoir été pris d'une violente paralysie fixant avec horreur l'immeuble face à eux. Tandis que lui avait la sensation d'être un film mis en accélérer.

Pourquoi personne ne bougeait le moindre petit doigt ?

Kuroko tourna son regard vers Kagami avec l'espoir de le voir bouger même si ce n'était que pour le voir tourner ses yeux rouges flamboyants vers les siens.

Mais rien n'arriva.

Kuroko tourna alors le regard vers son médecin qui avait toujours l'une de ses mains gantées sur son bras gauche. Ce dernier aussi avait tourné les yeux au son de l'explosion. Le feu puissant se reflétait dans ses prunelles avec une ardeur effrayante. Mais il ne bougeait pas.

C'est alors qu'une personne sembla réagir, au ralenti cependant.

Kise, qui avait été debout jusque-là soutenu par le bras d'Aomine dans son dos, recula de quelques pas. Aomine réagit à son amant avec une lenteur encore plus extrême, comme s'il était plongé dans un liquide particulièrement compact. Le blond amena sa main droite sur sa poitrine à l'emplacement de son cœur et Kuroko put voir depuis son emplacement les faibles nuages de buées s'échappant de sa bouche. Le mannequin tomba, encore une fois avec une lenteur exaspérante, à genoux sur le sol.

C'est alors que Kuroko remarqua que la foule avait elle aussi commencé à bouger, lentement. Très lentement. D'une lenteur excessive. Leurs yeux qui avaient été entièrement fixés sur l'explosion jusque-là se portèrent doucement sur Kise. Comme s'ils ne parvenaient à enregistrer les informations seulement une à une.

Le mannequin vit alors son torse basculer vers l'avant tandis qu'il perdait lentement conscience.

- KISE ! Hurla Aomine qui plongea sur l'as de Kaijo.

C'est alors que le temps sembla reprendre son cours normal. Aomine s'effondra au sol tendant ses mains vers le garçon à terre. Kuroko quant à lui profita de l'occasion de distraction que lui offrait le blond pour se soustraire lentement mais sûrement de la poigne du médecin. Doucement il se laissa glisser à terre touchant le sol tremblant par l'explosion, de ses pieds nus. Kagami avait tout comme son médecin tourné son regard vers Kise, ne se préoccupant plus de lui.

Kuroko passa derrière le dos de sa lumière, puis derrière un trio de policiers avant de se faufiler sous la banderole jaune. Se trouvant de l'autre côté il lui sembla pénétrer dans un nouveau monde. La foule derrière lui avait commencé à paniquer, criant et s'égosillant pour certains, courant de partout pour d'autres. Il tenta d'ignorer cette autre dimension se trouvant derrière lui tandis qu'il fixait un seul but clair et précis dans sa tête. Ce but n'était nul autre qu'Akashi. Akashi. Akashi. Akashi et seulement lui. Ce ne fut que lorsque la voix puissante et inquiète d'un de ses amis retentit que Kuroko s'arrêta momentanément dans sa course. Il se stoppa net et tourna lentement son visage vers la foule.

- KUROKO ! Cria une nouvelle fois Kagami. KUROKO ARRÊTE ! N'Y VAS PAS !

L'ombre de Seirin fixa longuement le regard de sa lumière. Il tenta de toutes ses forces de retenir ses larmes mais ce fut vain. Elles sortirent doucement de ses prunelles sans qu'il ne puisse en dire un traître mot. La conversation mentale qu'il eut avec Kagami ne se passa qu'avec un jeu de regards qu'ils avaient si longtemps mis au point et travaillé durant leurs entraînements dans leur club de basket du lycée Seirin.

S'il-te-plaît, Kagami-kun… Laisse-moi partir le retrouver.

Kuroko… Ne fais pas ça… C'est trop dangereux.

Il faut que je le rejoigne. Il faut que je retrouve Akashi-kun. Il le faut et tu le sais.

Kuroko… S'il-te-plaît… Arrête ne fais pas ça…

Kagami-kun je t'en supplie… Tu as toujours soutenu mes décisions alors fais-le encore une fois aujourd'hui… S'il-te-plaît.

Non, Kuroko…

Le bleuté vit son interlocuteur fermer les paupières avec tellement de force que des larmes semblèrent commencer à en couler pour s'étendre le long de ses joues. Quand il les rouvrit, Kuroko eut le cœur serré de voir une si grande tristesse dans son regard.

Vas-y. Mais reviens vite. Vite, s'il-te-plaît.

L'ancien hospitalisé abaissa doucement la tête en signe de remerciement. Ses pieds se tournèrent de nouveau vers l'immeuble en question et sa course augmenta graduellement en vitesse. Il ne parvenait pas à se souvenir de la dernière fois où il avait couru aussi vite, avec autant de frénésie et pourtant avec un esprit aussi clair et vide de pensées. Non. En réalité son esprit n'était pas vide. Un seul nom l'emplissait tout entier, un seul nom le guidait. Celui d'Akashi Seijuro, ancien vice-capitaine, puis capitaine même de l'équipe collégienne de Teiko. Actuellement capitaine de l'équipe de Rakuzan. Capitaine depuis son plus jeune âge et jusqu'à sa mort, de ce que l'on surnommait la prestigieuse équipe de la génération miracle.

Kuroko entra finalement dans le bâtiment. Il pouvait sentir le mur, le plafond et le sol en-dessous de lui trembler tandis que les conséquences de l'explosion produisaient leurs ravages. Il monta les marches une à une le plus rapidement possible sans se soucier des coupures, parfois profondes, qu'il parvenait à se faire aux pieds. Soudain sa tête se cogna avec force contre quelque chose d'à la fois dur et mou. Le bleuté releva alors la tête pour croiser deux prunelles d'un beau vert.

Ayato.

- Qu'est-ce que tu fais là gamin ?

Kuroko surprit ne répondit pas et se contenta de défigurer le dealer face à lui. Sur son dos se tenait l'un de ses hommes qui semblait avoir été gravement touché au niveau du bras et la partie gauche du dos. Du côté droit, Mango se soutenait à l'épaule de son chef alors que sa jambe semblait avoir subi une grave blessure.

- Gamin casse-toi d'ici ! Tout va s'effondrer !

- Où est Akashi-kun ? Murmura Kuroko redoutant la réponse.

L'homme mit un certain temps avant de lui répondre. Un temps qui aurait pu installer un silence pesant si l'immeuble au-dessus de leurs têtes n'était ni en feu ni en train de s'effondrer.

- Tu sais, ce gosse-là, il vous considérait comme sa famille gamin. Sincèrement et réellement. Il aurait sûrement fait un parfait Yakuza. Chez nous le sens de la famille, le gang, tout ça c'est primordial.

- Où est Akashi-kun ? Répéta aveuglement Kuroko.

- Il faut que tu comprennes gamin que moi aussi j'ai une famille à sauver. Ces hommes-là me font confiance et je ne peux pas les laisser mourir dans les flammes. Ils comptent bien trop pour moi et ils m'ont donné toute leur loyauté. Je ne pouvais pas…

- OU EST AKASHI ? Hurla le bleuté.

- La dernière chose que j'ai vu de lui, répondit Mango en jetant un regard en biais à son supérieur, c'est lorsqu'il tombait tandis que le sol en-dessous de lui s'effondrait. S'il n'est pas mort à cause de la chute, il sera sûrement tué par les flammes.

- Un de mes hommes aussi est décédé gamin. Ajouta Ayato. Ce n'est pas facile à accepter mais il va te falloir vivre avec. Parce que te voir vivre c'est ce dont il avait envie ce gosse. Ne rends pas son sacrifice vain.

Kuroko sentit des larmes acides lui monter aux yeux, lui picotant atrocement les globes oculaires. Puis lorsque les larmes glissèrent le long de ses joues elles semblèrent laisser une trace blanche sur sa joue salie et légèrement rougie. Le bleuté dégagea Ayato de son chemin en se frayant avec force entre lui et son subordonné Mango. Tandis que les larmes glissaient une à une le long de ses joues il accéléra le rythme de sa course refusant de croire le moindre mot venant de sortir de leurs bouches. Ne se contentant plus de monter les marches une par une, il grimpait sur elles avec toute la force dont il fut capable de réunir dans ses jambes. Sautant parfois deux à trois marches. Trébuchant et continuant à monter par la seule force de ses bras.

Plus Kuroko se rapprochait du sixième étage et plus la chaleur se faisait ardente, comme si un palier de chaleur ne pouvait être fixé. Maintenant, ses larmes n'étaient plus les seules à tracer des lignes blanches sur son visage. Les gouttes de sueurs perlant au niveau de son front et s'écoulant jusqu'à son menton lui procuraient un sentiment étrange de froid qui le faisait frissonner des pieds à la tête.

- Akashi-kun est vivant. Murmurait le bleuté. Akashi-kun est vivant… Il le faut !

Ce ne fut qu'après de longues minutes d'éternité que le joueur de Seirin parvint finalement au sixième étage. La porte d'entrée de l'appartement était déjà ouverte en grand permettant d'y voir l'enfer qui y régnait. Kuroko s'immobilisa face à elle tandis que ses grands yeux bleutés fixaient avec horreur le fond du couloir. Les larmes qui n'avaient cessé de couler jusque-là semblèrent s'immobiliser dans le creux de ses yeux. Se soustrayant à la gravité qui les poussaient à s'écraser contre le sol grisâtre et fractionné en dessous de ses pieds nus.

- Akashi-kun… Akashi-kun… AKASHI-KUN !

Malgré le feu qui c'était entièrement installé dans l'appartement, Kuroko ne put s'empêcher de courir le long du petit couloir encore épargné. Le plafond au-dessus de lui ne c'était pas encore entièrement effondré si bien que de nombreux débris lui tombaient encore dessus sans qu'il ne puisse rien y faire. Kuroko fut obligé de stopper sa course lorsqu'il parvint à la limite du couloir délimité par le feu ardent et sauvage.

- AKASHI-KUN ! Hurla Kuroko.

Aucune réponse ne vint et le bleuté sentit de nouveau ses larmes lui couler le long des joues.

- AKASHI-KUN ! S'écria-t-il de nouveau.

C'est alors que l'ombre remarqua qu'à quelques mètres derrière le mur de feu qui lui faisait face un trou béant était apparu dans le sol. L'emplacement où se trouvait auparavant Akashi, le directeur et les dealers lorsqu'ils les avaient quitté. Les mots de Mango lui revinrent alors à l'esprit. Ce dernier lui avait soutenu que la dernière chose qu'il avait vu du rouge avait été son corps entraîné vers le bas, tandis que le sol en-dessous de lui s'effondrait.

Une secousse prit alors tout le bâtiment, faisant vibrer les murs et les sols tout en passant par les plafonds. Kuroko sentit le sol vibrer en dessous de lui, et la secousse si violente le projeta contre le mur à sa gauche avant de le faire s'effondrer sur ses fesses. Il sentit sa jambe passer si près de la colonne de feu lui faisant face qu'à peine tombé à terre, il sentit son instinct le plus primitif prendre le dessus. Dans la seconde où il tomba sur ses fesses le bleuté se dépêcha de se remettre debout. Un élancement puissant le saisit au niveau du pied et c'est alors qu'il remarqua à quel point il était en réalité blessé. Marcher pieds nus dans un bâtiment aussi sale et en plein effondrement lui avait horriblement ouvert les pieds. Le sang avait éclaboussé sur ses chevilles et à chaque pas qu'il effectuait le bleu pouvait sentir un bout de verre s'enfoncer dans sa chair. Il ne regarda pas non plus en arrière pour savoir qu'il laissait derrière lui des traces de sang indélébiles.

Il descendit d'un étage et fut soulagé, malgré la chaleur toujours aussi oppressante, de voir que la porte de l'appartement l'intéressant était elle aussi ouverte. L'explosion avait créé un effondrement qui avait ainsi plié la porte de telle manière à ce que Kuroko eut simplement à la pousser légèrement pour la faire tomber à terre aussi facilement qu'un simple manche à balais. Kuroko passa par conséquent par-dessus cette dernière et fut soulagé de voir que le feu n'avait pas encore envahi les lieux.

Contrairement à quelques minutes plus tôt, le bleuté se contenta de marcher lentement le long du couloir pour parvenir jusqu'à la pièce centrale où s'était écroulé le plafond. Kuroko s'arrêta momentanément pour observer la pièce tandis que son cerveau prenait peu à peu chaque élément en compte.

Le plafond n'était plus qu'un immense trou béant donnant sur l'appartement du dessus entièrement soumis aux flammes. Parfois des bouts de plafond du septième étage tombaient jusqu'à l'appartement du cinquième emmenant avec eux des flammes qui ne tardaient pas à s'éteindre une fois arrivées jusqu'ici. Quelques flammes étaient tout de même présentes dans cet appartement et pourtant Kuroko ne parvenait pas à les craindre. Ces dernières semblaient si inoffensives par rapport aux monstrueuses entités du dessus.

Son regard se porta alors sur un corps. Des cheveux rouges, face et ventre contre terre. Un bras blanc placé sur le côté de sa tête. Le joueur de Seirin ressentit en lui une bouffée d'énergie si puissante et violente qu'un sourire parvint à se fendre sur ses lèvres, ses pieds se mirent à courir pour parvenir jusqu'au corps qu'il cherchait tant.

Ses pieds s'immobilisèrent d'eux-mêmes.

Son regard se plissa de douleur tandis que de nouvelles larmes revenaient habiter ses yeux.

Au-dessus des jambes d'Akashi se trouvait un épais pan de plafond, aussi épais qu'un ballon de basket et si grand que Kuroko sut qu'il n'aurait jamais la force de le soulever à lui seul.

Ses prunelles bleues remontèrent le long du dos du garçon qui avait déchiré sa veste et son t-shirt dans sa chute. En bas de son dos une longue marque rouge témoignait d'une blessure due à sa chute et aux objets lui étant tombés dessus.

Les genoux de Kuroko lâchèrent, le faisant s'effondrer sur le sol instable en dessous de lui, dans un sanglot.

Ses mains blanches se mouvèrent dans l'espace pour parvenir jusqu'à la tête du garçon qui avait été durant de si nombreuses années son capitaine. Ses doigts s'emmêlèrent doucement aux mèches rouges et chaudes du capitaine de Rakuzan, dégageant lentement les cheveux couvrant son visage. Une fois que Kuroko fut parvenu à écarter chacune des mèches il put alors observer dans toute sa splendeur le visage blanc laiteux d'Akashi. Ce dernier avait fermé les yeux et Kuroko ne put s'empêcher de voir à quel point son visage semblait paisible.

- Moi aussi, je t'aime Akashi-kun… Pour moi… Tu es le plus important… Souffla-t-il.

Sa larme s'échappa de son œil gauche avant de couler lentement le long de sa joue et de pointer sur son menton. Avec une lenteur si propre à ces perles cristallines, cette dernière s'échappa du visage de Kuroko pour venir se perdre dans les cheveux du rouge.

« Je veux te comprendre lorsque tes larmes s'échapperont. Je veux te réconforter comme il le faut lorsque tu auras peur. »

Ça avait été les mots d'Akashi.

- J'ai peur Akashi-kun…

Murmura Kuroko comme s'il cherchait à rendre cette conversation la plus privée possible. Malheureusement ce ne fut que le silence qui lui répondit. Ses doigts continuaient à caresser machinalement les cheveux du garçon à terre, de haut en bas, les caressant avec une douceur extrême que l'on ne saurait accorder qu'aux nouveau-nés.

C'est alors que l'immeuble trembla une nouvelle fois. En une secousse bien plus puissante et effroyable que la précédente cependant. Kuroko sentit la peur l'envahir tandis que le sol en-dessous de lui semblait prêt à s'effondrer à tout moment. Le joueur fantôme plaça ses deux avants-bras de chaque côté du visage d'Akashi comme pour le protéger des chutes de débris tombant vers eux. Kuroko put voir du coin de l'œil des pans de l'étage supérieur tomber à leurs côtés emmenant avec eux des flammes si puissantes et désastreuses qu'elles ne s'éteignirent pas même en atterrissant à l'appartement du cinquième. Les flammes ne tarderaient pas à envahir l'appartement tout comme elles l'avaient fait précédemment avec celui se trouvant juste un étage plus en hauteur.

Ce ne fut que lorsque le bâtiment cessa de trembler que Kuroko rouvrit doucement les yeux tout en tentant d'ignorer sa nouvelle douleur lancinante à la jambe. Les prunelles aussi claires que l'eau d'un lac d'été détaillèrent avec une douceur, si inappropriée dans une telle situation, le doux visage blanc d'Akashi.

- Dis Akashi… On a gagné… Le directeur… Il est mort… C'était pour cette raison que tu as laissé l'Autre reprendre le dessus, n'est-ce pas ? C'était uniquement pour cette raison, je le sais… Et tout ça n'a pas été vain tu vois… Il y avait une raison à tout ça… Il y a toujours une raison…

Sa voix se brisa tandis qu'un sanglot éclatait dans sa gorge. Les larmes commencèrent alors à couler abondamment, tandis que le bleuté ne pouvait s'empêcher de ressentir une énorme boule dans la gorge l'empêchant en même temps de respirer naturellement.

- Akashi… Tu te rappelles au collège… Tu m'avais demandé ce qui me semblait plus important que la victoire ? Tu t'en souviens ? J'ai trouvé la réponse, Akashi. Le plus important c'est que l'on finisse tous ensemble. Nous sommes une famille alors aucun de nous ne peut mourir seul ! Même brisé, même estropié, même fou, même affamé le plus important ça aurait été de tous s'en sortir vivant ! Sans toi Akashi… Comment est-ce que tu veux que l'on parvienne à faire quoi que ce soit ? Tu as eu le pouvoir de tous nous réunir de ton vivant Akashi-kun, alors ne nous dissocie pas dans ta mort, Akashi !

La seule réponse qu'obtint Kuroko fut le crépitement des flammes prenant peu à peu de l'ampleur.

- AKASHI ! Je t'en supplie Akashi, ne meurs pas ! Ne nous laisse pas ! Ne me laisse pas ! Tu n'aurais jamais dû venir me chercher… Le plus important c'était que tu survives toi Akashi… C'était ça le plus important…

- Je crois qu'il y a encore un moyen de le sauver.

Kuroko se redressa avec précipitation au son de cette voix. Son sang se glaça tandis que son visage se tournait lentement derrière lui et que ses prunelles se levaient lentement vers le visage de son interlocuteur. De longues secondes passèrent tandis que, paralysé, Kuroko observait ce visage avec horreur. Instinctivement ses bras gesticulèrent en tentant de le faire s'éloigner à reculons. Mais lorsque l'homme face à lui reprit la parole, le bleuté s'immobilisa immédiatement.

- Non… Ne panique pas Tetsuya... Je ne te veux pas de mal. Je ne te veux plus de mal, je te le promets.

Le bleuté suivit du regard l'homme qui s'abaissait sur ses genoux pour mettre son visage à la même hauteur que le sien.

- Je ne sais pas si ces mots peuvent encore trouver un sens, cependant je m'excuse de t'avoir fait subir tout ça. Je m'excuse pour le viol. Je suis conscient que ce que je vais dire est loin d'être une excuse mais je veux que tu saches que ce qui m'a poussé à le faire, à ce moment-là, c'était les cachets, les comprimés et la drogue que j'avais ingurgités.

Le joueur de Seirin ne répondit rien tandis que son corps tendu attendait le moment fatidique où l'homme lui porterait un coup fatal.

- Tout ça je l'ai fait pour la drogue. Le manque… Lorsque ça me prend, lorsque le manque se fait sentir, j'ai la sensation de me transformer en une bête sauvage. Je ne sais pas si c'est la balle que m'a envoyé Akashi qui m'a réveillé et qui m'a fait réaliser tout ce que j'ai fait mais sache que je veux t'aider. Une façon pour moi d'expier mes fautes. De te montrer à quel point je regrette.

Kuroko resta muet, se contentant d'observer les yeux et l'expression faciale d'Akikuzu. Ce dernier semblait avoir cessé de saigner au niveau de l'épaule, l'endroit où il s'était pris la balle par Akashi. Or pourtant une large blessure sur son bras gauche libérait une quantité de sang non négligeable. Akikuzu tandis sa main vers Akashi et Kuroko réagit avec violence et rapidité. Sa main enserra avec force le poignet de l'homme en le tordant sous un angle inconvenant.

- Vous ne le touchez pas.

- Je voulais juste vérifier son pouls mais si tu veux je ne le toucherai pas.

Kuroko relâcha son emprise alors que son corps semblait se paralyser lentement. Il venait de prendre conscience qu'il n'avait pas encore vérifié le pouls d'Akashi. Son corps froid, sa blessure et voir ses jambes coincées en-dessous du pan du mur l'avait convaincu que ce dernier n'avait pas survécu. C'est alors qu'une nouvelle étincelle naquit aux creux de ses reins. Il se tourna alors avec force vers le rouge et approcha avec douceur et respect ses doigts au cou de ce dernier. Son mouvement fut suspendu dans le vide tandis qu'un doute l'envahissait. Avait-il réellement envie de savoir si l'homme qu'il aimait était mort ? Avait-il réellement envie de prendre conscience de la pleine mort d'Akashi ? Voulait-il réellement ne sentir rien d'autre qu'un corps froid sur lequel on ne retrouverait jamais un semblant de pouls ?

Ses phalanges touchèrent la veine jugulaire de l'héritier des Akashi. Son cœur s'arrêta. Sa respiration se suspendit. Son corps s'immobilisa complètement. Ses yeux devinrent fixes.

Était-il normal qu'il ne sente rien ? Pas la moindre pulsion ?

Peut-être fallait-il attendre. Oui attendre… Une seconde. Deux secondes. Trois secondes.

Toujours rien.

Était-ce normal ?

Kuroko sentit son cœur s'emballer tandis que des pensées noires l'envahissaient. Une boule dans sa gorge se forma et des larmes lui remontèrent aux yeux.

Soudain il sentit son doigt bouger. C'était léger. Pratiquement imperceptible. Mais cette simple petite vibration lui suffit pour mettre de nouveau tous ses sens en alerte.

Un second pouls lui parvint, tout aussi lent, tout aussi discret.

Puis un troisième.

Kuroko se retourna alors en vitesse vers Akikuzu et se releva dans son mouvement. Ses pieds redoublèrent de douleur.

- IL EST VIVANT ! J'AI SENTI SON POULS ! IL FAUT VITE L'EMMENER AUX URGENCES ! IL FAUT VITE…

C'est alors que Kuroko remarqua à quel point les flammes autour de lui avaient pris de l'ampleur. Pratiquement toute la moitié de l'appartement et les chambres annexes semblaient en proie aux flammes. S'ils voulaient sortir Akashi de là où il se trouvait, ils ne leur restaient plus beaucoup de temps.

- Je vais soulever ce truc, proposa Akikuzu. Je ne pense pas par contre tenir très longtemps, il va donc falloir que tu fasses vite pour le retirer.

Kuroko acquiesça. Akikuzu se dirigea alors vers l'immense morceau de plafond s'étant détaché tandis que la fumée commençait à les faire tousser tous les deux bien fortement.

- Tu es prêt Tetsuya ? S'exclama Akikuzu.

- Oui ! Annonça Kuroko entre deux toux.

Akikuzu plaça alors ses mains dans l'interstice lui étant possible et il cria de toutes ses forces tandis qu'il tentait de soulever l'immense morceau de béton. Kuroko fut pris du doute de ne jamais le voir parvenir à soulever le dit objet. Après tout Akikuzu affichait une blessure d'envergure au niveau de son bras et le miracle était qu'il parvienne encore à le bouger selon son bon vouloir. Cependant après de longues secondes de hurlements incessants et d'efforts, il parvint à soulever suffisamment le bloc pour permettre à Kuroko de tirer Akashi de son piège. Ce fut une fois qu'il eut tiré le rouge que Kuroko sentit une nouvelle fois l'immeuble soumis à une nouvelle secousse. Cette dernière semblait encore plus violente et longue que les précédentes qui n'avaient duré que quelques secondes.

- L'IMMEUBLE VA S'EFFONDRER ! Hurla Akikuzu. IL FAUT PARTIR ! MAINTENANT TETSUYA !

Kuroko souleva avec peine Akashi sur ses épaules et se maudit de ne pas avoir deux ou trois centimètres de plus que le rouge en terme de taille. Ce dernier verrait ses pieds traîner par terre, ce qui serait loin d'être agréable. Décidément le jeu du prince et de la princesse ne semblait jamais être un scénario applicable dans la vie réelle.

- ON Y VA ALLEZ ! Le motiva une nouvelle fois Akikuzu.

Tout autour d'eux tremblait avec force, si bien qu'inévitablement des murs commencèrent à se fissurer et le sol en dessous de leurs pieds ne faisait pas exception. Kuroko courrait aussi vite qu'il le pouvait dans le petit couloir de l'appartement qui le mènerait directement aux escaliers à quelques mètres à peine de lui.

Mais c'est alors que l'immeuble bougea. Kuroko se sentit tomber en avant tandis que les structures internes du vieil immeuble semblaient être soumises à de rudes épreuves. Kuroko eut le temps de lever les yeux pour voir au-dessus de lui des fissures de tailles différentes se rejoindre. Comme si la scène qu'il vivait se passait au ralenti, il vit le plafond lui tomber dessus.

Il crut mourir à l'instant même où une main l'attrapa par sa chambre d'hôpital et le projeta lui et Akashi jusque dans la cage d'escalier. Le bleuté retomba lourdement sur le dos et des larmes s'échappèrent de ses yeux tandis que sa tête rebondissait avec force et violence contre le sol parsemé de débris. Akashi dans la chute était venu par-dessus lui et tomba donc comme un poids mort sur son ventre lui coupant momentanément la respiration. Inconsciemment les bras de Kuroko entourèrent le corps du rouge tandis que le bleuté voyait sa vision n'être que néant.

Le joueur fantôme ne sut combien de temps il lui fallut pour regagner ses sens et parvenir à avoir de nouveau une vision claire et précise. Cependant lorsqu'il regagna pleinement ses sens il sut que quelque chose n'allait pas. Toujours allongé à terre et tandis que du sang s'écoulait lentement de son front et de l'arrière de sa tête, Kuroko observa la porte de l'appartement dont il venait tout juste d'être éjecté. Tout le couloir menant jusqu'à la pièce principale s'était effondré. Emprisonnant sous les débris le corps d'Akikuzu.

Ce dernier ne voyait que son torse d'épargné et malgré cela il tentait de transmettre à Kuroko ses dernières paroles.

- Tetsuya…

- Akikuzu, pourquoi est-ce que… Murmura Kuroko tandis qu'il se redressait sur ses fesses, Akashi toujours enserré dans ses bras.

- Tetsuya s'il-te-plaît… Pardonne-moi pour tout ce que je t'ai fait. Je… Je n'avais jamais imaginé mon avenir comme ça… Je ne m'étais jamais imaginé que je deviendrai une telle personne, aussi haïssable…

- Je… Commença Kuroko.

- Non… Ne dis rien… Au final, je ne veux même pas de ton pardon. Je ne le mérite pas… S'il-te-plaît, est-ce que tu pourras surveiller Haizaki ? Vérifiez qu'il ne devienne pas comme moi… Après tout sa mère a besoin de lui. Je ne sais pas s'il vous l'a dit mais autrefois il vendait de la drogue… Comme moi… Parce que… Sa mère… Elle était folle… Mais je crois… Qu'il est parvenu à la faire… Rentrer dans un centre… Hospitalier spécialisé…

- Non… Murmura Kuroko tandis que des larmes lui coulaient le long des joues. Non il ne nous l'a jamais dit…

- Ça ne m'étonne pas de lui. Toujours là à vouloir faire le fier, franchement il n'est pas…

Kuroko attendit la suite de sa phrase qui n'arriva malheureusement jamais. Lorsqu'il réalisa pleinement que Akikuzu venait de prononcer ses derniers mots tandis que l'immeuble tremblait encore, menaçant de s'effondrer complètement sous peu, il cria de toutes ses forces pour se remettre debout tout en balançant le bras de Akashi par-dessus l'une de ses épaules.

Il descendit le plus rapidement possible les escaliers s'écrasant de temps en temps sur les murs pour s'empêcher de s'écrouler alors que la fatigue, les douleurs et la respiration difficile l'opprimaient. C'est alors qu'il s'apprêtait à descendre les dernières marches des escaliers pour se précipiter vers la sortie. Cependant ce qu'il vit le figea. La sortie avait été complètement bouchée par l'écroulement du plafond.

C'est alors que Kuroko sentit son cœur s'emballer et il paniqua. Que devait-il faire ? Il devait absolument tirer Akashi de ce pétrin. Le rouge avait besoin de soins immédiatement. De plus Kuroko ne parvenait pas à s'imaginer mourir alors qu'il était si près du but. Ses jambes le lâchèrent alors qu'elles tremblaient depuis bien longtemps dû à la fatigue et au stress constant qu'il subissait depuis que toute cette histoire avait commencé.

Au final il allait sans doute mourir ainsi.

- Je suis désolé Akashi-kun… Je suis désolé…

Tandis que l'espoir lui glissait entre les doigts comme le ferait de l'eau pure Kuroko se surprit à entendre son prénom. Alors doucement il tenta d'orienter tous ses sens vers ce son particulier. Une voix. Non. Plusieurs. Il semblait reconnaître certaines d'entre elles sans pour autant parvenir à mettre un nom dessus. Ces voix semblaient venir à la fois de l'extérieur et du premier étage.

Kuroko jeta un regard à Akashi qui semblait dormir paisiblement. Son visage bien que sali semblait cependant bien plus propre que celui du bleu. Le joueur de Seirin se surprit alors à désirer revoir les prunelles du capitaine de Rakuzan.

Il entendit une nouvelle fois son prénom.

Il ne sut réellement ce qui le poussa à se relever. La fatigue l'avait terrassé. Alors d'où puisait-il cette force ? Il n'aurait su le dire. Ce qui était certain cependant c'était qu'il était parvenu à se remettre debout sur ses pieds. Il avait passé un bras autour du cou du Rakuzan et il gravissait de nouveau les marches une à une.

Le premier étage. C'était devenu son nouvel et dernier, unique objectif.

Il lui sembla qu'une éternité s'était déroulée entre le moment où il avait posé son pied sur la première marche et l'instant présent où il se trouvait dorénavant face à la porte de l'appartement du premier étage. La porte de cet appartement était fermée. Alors Kuroko posa sa main sur la poignée ronde et tourna cette dernière en priant intérieurement tous les Dieux qu'il connaissait pour que celle-ci s'ouvre sans encombre.

Clic.

Kuroko entra timidement dans l'appartement qui semblait avoir étrangement échappé à l'effondrement. Le plafond vibrait insidieusement et pourtant le par terre semblait pratiquement propre par rapport au reste de l'immeuble. Comme si ce logement appartenait à un monde parallèle.

La voix criant son prénom se fit plus distincte et Kuroko sut qu'il ne s'était pas trompé.

Il avança pas à pas. Traînant ses pieds sur le sol et laissant de larges marques de sang derrière lui. Ses yeux se fermaient presque tous seuls alors qu'il traînait la fatigue comme un poids. Il avait la sensation d'être un mort vivant. Son esprit était lent et il ne parvenait plus à aligner deux pensées cohérentes. Seul le son des personnes clamant son nom lui permettait de garder le cap. Seul le poids d'Akashi sur son dos lui permettait de ne pas s'écrouler.

Il était si fatigué.

Kuroko se rapprocha alors des fenêtres. C'était d'ici qu'il entendait le mieux les voix. Et c'est alors qu'il les vit.

- IL EST LA ! EN HAUT ! S'exclama la voix d'Aomine.

- KUROKO ! S'écria Kagami.

- J'AI AKASHI ! S'exclama Kuroko aussi fort que ses maigres forces lui permettaient. MAIS IL VA MAL IL LUI FAUT DES SOINS RAPIDEMENT !

- MURASAKIBARA BAISSE-TOI ! JE VAIS ME METTRE SUR TES EPAULES ! Ordonna Midorima. A nous deux on devrait être assez grand pour les atteindre. Kagami je te donnerai Akashi en premier et tu l'emmèneras aux ambulances. Aomine tu porteras Kuroko lorsqu'il descendra, c'est clair ?

C'est alors que Kuroko vit Midorima monter tant bien que mal sur les épaules du joueur de Yosen.

L'immeuble se mit de nouveau à trembler et Kuroko fit de son mieux pour passer le corps de Akashi avec précaution par-dessus le rebord de la fenêtre. Ses forces étaient si faibles qu'il eut la sensation qu'il pouvait à tout instant être entraîné dans le vide par le poids du rouge supérieur au sien. Malgré tout, la descente de Akashi vers le terre ferme se passa sans accroc bien qu'avec une lenteur effrayante. Dès que le corps du rouge fut transféré dans les bras de Kagami, ce dernier leva ses yeux vers Kuroko. L'ombre de Seirin fut rassurée de voir sur son visage un doux sourire avant qu'il ne parte en courant vers les ambulances, et les policiers qui se dirigeaient vers eux en courant, dorénavant.

L'immeuble trembla une nouvelle fois alors que Kuroko passait ses pieds l'un après l'autre par-dessus le rebord de la fenêtre. Cette secousse le fit tomber directement dans les bras de Midorima et il fut pris d'une frayeur de le voir basculer lui aussi du haut des épaules de Murasakibara. Cependant les deux garçons semblèrent suffisamment coordonnés pour parvenir à se rétablir de justesse.

Kuroko eut à peine la sensation d'être transporté jusque dans les bras d'Aomine. Mais lorsque ce fut fait il eut une étrange sensation. Une sensation qu'il n'avait plus ressenti depuis longtemps. Une sensation de sécurité.

- Ça va aller Tetsu… C'est terminé.

Le bleuté ne remit pas ses paroles en doute.

Les ténèbres prirent le dessus tandis qu'il recouvrait ses prunelles bleutées de ses lourdes paupières.