Bonjour à tous et à toutes! Me revoici! Avant dernier chapitre donc... Je vous préviens il est plus court que les précedents et plus calme aussi mais je tenais réellement à l'écrire! :) J'espère qu'il vous plaira en tout cas!
Mangle: C'est vraiment gratifiant de savoir que je suis parvenue à garder un certain suspence jusqu'à la fin du chapitre en tout cas! :D J'espère que celui-ci te plaira! Merci de ta review!
Juicelol: Aaaah non pas une autre rongeuse d'ongles xD! C'est vrai que dernièrement dans cette fic Akashi et Kuroko n'était pas les mecs les plus en sécurité au monde ahah! Concernant Akikuzu, oui c'est surtout la drogue qui l'as rendu comme ça. Mais chaque personne prenant de la drogue sait à quoi s'attendre avec elle donc il n'ai pas non plus à plaindre x) Mais en effet ont peu au moins lui accorder le fait d'avoir été présent pour Akashi et Kuroko! :) Concernant la mère de Haizaki, avant d'écrire la fic j'avais décidé de parler plus longuement de cette dernière mais je ne l'ai pas fait au final. Pour informations elle souffre de bipolarité et d'une dépression sévère. J'espère réellement que la suite de la fic te plaira, et j'espère ne pas te décevoir par conséquent! Merci à toi d'avoir lu mon écrit c'est très gentil de ta part!
Chapitre 31 : La chambre des désirs
Akashi ouvrit lentement ses paupières, décollant ses cils les uns des autres avec douceur. Ses yeux papillonnèrent quelques instants tentant de rétablir une vue qu'il savait excessivement bonne. Il se sentait étrangement bien. Comme si son corps n'était qu'un doux coton, une douce étoffe qui se mouvait avec grâce et calme au rythme de son cœur. Une sensation bien étrange, dû au fait que quelques instants plus tôt, ou du moins ce qui lui avait semblé comme étant quelques secondes auparavant, il avait été pris d'un vertige puissant et d'une douleur extrême. Elle semblait cependant dater d'une vie bien ancienne. Si vieille que le seul souvenir lui revenant était que son corps avait évolué dans cet ancien monde.
Le rouge se releva doucement à l'aide de ses coudes, concentrant toute son attention sur son dos. En effet c'était sur ce dernier qu'il avait eu la terrible sensation d'être écorché vif. Il ne ressentait aucune douleur, hors il aurait pu parier que quelque chose de douloureux lui était arrivé dans l'ancien monde. Cependant malgré la contraction de ses muscles dans ce mouvement anodin, malgré son attention particulière à la moindre petite contraction inhabituelle, Akashi ne ressentit rien. Simplement la douceur du sol en dessous de ses doigts et de la légèreté de son corps.
C'est alors qu'il remarqua une chose. Avant même de prendre conscience de l'endroit où il était et de ce qui l'entourait, ses deux yeux hétérochromes observèrent son propre corps. Tout d'abord le bas de son ventre puis le haut de ses cuisses suivi par ses genoux dénudés tout en finissant sur ses pieds. Il portait des chaussures de sport. La tenue qu'il revêtait sur son corps laiteux était si souple qu'elle n'aurait pu entraver aucun mouvement réalisé par le garçon. Celle-ci était composée d'essentiellement deux couleurs réveillant un vague souvenir, un vague sentiment de réconfort. Blanche et bleu ciel. Un short lui couvrait les jambes, ce dernier étant entièrement blanc à l'exception de chaque côtés externes de ses cuisses. Ces cotés-là étaient ornés d'une simple bande bleu ciel.
Son œil rouge et son œil jaune remontèrent lentement le long de son torse, comme si il redécouvrait son corps après une réincarnation. Son t-shirt large, confortable et souple, dépourvu de manche était aussi composé d'un mélange de bleu et de blanc dont l'assemblage et le maintien était parfaitement maîtrisé. Sur le haut de son torse le mot « Teiko » y était inscrit en kanji tandis que juste en dessous de celui-ci se trouvait en grand le numéro 4 d'un noir tout aussi profond. Ces deux inscriptions abyssales fournissaient à l'ensemble de cet uniforme un appel au respect et à la contemplation.
Akashi ne parvenait pas à se souvenir ce que ces vêtements signifiaient pour lui. Seuls d'étranges sentiments émergeaient au fond de son cœur pour se confronter les uns aux autres. Dans ces vêtements il avait la sensation de se sentir chez lui. Les posséder lui donnait l'impression d'être à sa place. Être utile, être désiré et admiré. De bien beaux sentiments. Pourtant à l'inverse se trouvait au fond de lui d'autres ressentis tout aussi forts. Or une fois confronté aux premiers sentiments, Akashi ne put rien sentir d'autre que la confusion l'envahir. La détresse de perdre, l'incapacité de contrôler, l'incompréhension. Comme deux dieux aux idéaux fondamentalement différents et opposés, Akashi sentit ses émotions se confronter les unes aux autres. Tumultueux, rageur, avide de désespoir et de victoire.
Doucement ses yeux hétérochromes se détachèrent de son corps et de son uniforme sans qu'il n'en ressente le moindre regret. Tout au contraire sa curiosité ne fit que croître au fur et à mesure qu'il analysait ce qui l'entourait.
Il pouvait affirmer avec certitude qu'il se trouvait dans une pièce. Une pièce sans issue ni de sortie, ni d'entrée et dont les murs, le plafond et le sol étaient maculés de blanc. Le rouge se releva avec douceur s'aidant avec le bout de ses doigts. Ses baskets ne grincèrent pas tandis qu'il faisait ses tout premiers pas dans cet endroit étrange. Akashi leva les yeux pour observer plus attentivement les murs l'encadrant. Ces derniers semblaient si étonnamment lisses qu'ils ne semblaient pas être de fabrication humaine. Son bras se tendit doucement et ses phalanges caressèrent avec une attention et une douceur particulière les murs érigés face à lui.
Ils étaient définitivement trop parfaits pour être de construction humaine.
Bien trop glacials aussi.
C'est alors qu'une mélodie s'éleva doucement.
Akashi ne se retourna pas immédiatement. Ses doigts encore sur le mur semblèrent se crisper légèrement. Les battements de son cœur s'accélérèrent avec également. Il avait la sensation que si cela avait été une autre personne à sa place, cette dernière aurait sûrement paniqué et se serait retourné pour tenter de démentir ses pensées. Cependant Akashi était Akashi. Il se retourna lentement vers la source de cette douce mélodie qui réveillait en lui une profonde tristesse. Malgré tout son visage resta neutre et ses yeux croisèrent ceux de la personne se trouvant dans la pièce.
Une femme était apparue, aussi inattendu que cela puisse paraître. Sans même donner un quelconque signe de par l'endroit où elle avait pu se faufiler pour parvenir jusqu'ici. Cette dernière se tenait debout, un violon reposait sur son épaule gauche et l'arche glissait sur les cordes si parfaitement que la mélodie en ressortant semblait hypnotique. Les ongles longs et fins de la femme revêtaient une fine couche de vernis transparent. La robe qu'elle portait, d'un bleu ciel joliment assorti de dentelle faisait ressortir ses plus belles courbes et cachait habilement ses quelques défauts. Des défauts que le rouge ne remarqua pas.
Akashi ne put détacher ses yeux anormaux du visage de l'intruse. Ni même de ses longs cheveux rouges. Ces derniers tombaient en cascade à l'arrière de son dos, soulignant la courbe au niveau de ses reins, lui offrant une allure cambré tout à fait charmante. Ils lui tombaient jusqu'en bas du dos et pourtant pas une seule mèche ni même un seul cheveu ne semblait mal placé. Akashi n'en était pas certain et pourtant il avait la sensation de voir ces cheveux-là scintiller, comme s'ils avaient été trempés dans l'eau la plus pure, une des fontaines de Jouvence des plus efficaces.
La femme ne jeta pas un seul regard vers lui. Elle se contenta de continuer de jouer de son instrument de musique sans aucune partition. Tandis que le garçon restait immobile à l'autre bout de la pièce se contentant de l'observer sans cligner une seule fois des paupières. Détaillant chaque partie de son visage. Admirant ses longs cils noirs. La douce courbe de ses sourcils. La couleur d'un rosé naturel sur ses lèvres. Qui était-elle pour l'hypnotiser ainsi? Que faisait-elle de si extraordinaire pour parvenir à focaliser toute son attention sur elle ? Quel sort lui avait-elle jeté pour qu'il sente son cœur battre plus vite au son de cette mélodie ? Pour que son corps et son esprit s'emplissent d'une tristesse infinie en la voyant ainsi ?
Ces questions planaient dans la pièce sans que aucun des deux protagonistes ne bougent, ni ne disent quoi que ce soit. La femme gardait ses yeux fermés tandis que son bras bougeait graduellement, frôlant les cordes avec expertise et douceur. La musique qui était apparue si soudainement sembla peu à peu et au fil du temps s'ancrer dans les murs blancs de la pièce. Comme si chaque note était aspirée par ces derniers avant d'être réémise en un doux écho pratiquement imperceptible. La mélodie semblait devenir de plus en plus douce, de moins en moins puissante sans pour autant que cela ne réduise l'effet que cette musique avait sur le garçon. Par ailleurs les paupières de ce dernier se fermèrent graduellement sans même que le rouge n'en soit réellement conscient. Hypnotisé. Endormi malgré lui.
Tandis que le noir venait remplacer la chambre blanche. Tandis que ses pensées se superposaient à la douce mélodie. De vagues sentiments revinrent à lui.
Il se souvenait avoir eu mal. Très mal. Atrocement.
Il se souvenait avoir eu peur. Très peur. Atrocement.
Il se souvenait avoir ressenti une colère froide.
Pourquoi ?
Envers qui ?
Il ne s'en souvenait pas.
Par ailleurs il se souvenait à peine de qui il avait été avant de se retrouver dans cette salle blanche.
Était-il né dans cette pièce ? Était-il mort dans cette pièce ?
Peu à peu et tandis que l'aiguille du temps défilait dans le monde extérieur il se sentait doucement perdre pieds. Le noir profond l'entourait et semblait le bercer. Il se sentait si bien ici. Comme si on le couvrait d'une couverture moelleuse et duveteuse lors d'un hiver particulièrement froid et rugueux. Comme s'il se tenait au coin du feu dans un fauteuil bien trop grand pour lui. Tandis qu'il voyait une femme aux longs cheveux rouges jouer d'un instrument. Le plus bel instrument qui soit. Le plus fragile et le plus puissant. Il se sentait parfaitement chez lui, parfaitement à son aise. Parfaitement bien.
Les notions du corps et de l'esprit se détachèrent graduellement. Comme si deux morceaux de tissus d'un même drap se voyaient peu à peu se séparer tout en sachant qu'ils ne se retrouveraient jamais.
Akashi, ou du moins son esprit se détachait graduellement de son corps. Il n'arrivait plus et ne ressentait nullement l'envie de retourner dans ce que l'on nommait la chair. Il ne ressentait ni ses propres pieds, ni ses propres jambes, ni ses propres doigts. Toute son âme, tout son esprit se dissociait du corps pour se fondre dans cet océan attrayant de ténèbres et d'obscurité.
Il n'était plus Akashi.
Il était. Tout simplement.
Sans possession de nom, ni de corps, il n'était rien d'autre qu'un être.
Un être à part entière qui se laissait noyer dans cet océan visqueux et réconfortant.
C'était aussi simple que cela. Il n'y avait rien à décrire de plus. Pas de souci autre que son immersion totale dans ce nouveau monde.
C'est alors qu'il sentit sa douce noyade s'arrêter.
Son esprit n'ayant pas encore subi l'immersion totale il lui sembla flotter à la surface de cet épais lac sans fin.
Subitement et sans transition aucune il se sentit retourner dans son ancien corps. Son esprit y pénétra brutalement se cognant contre les parois de sa propre chair. Ses paupières s'ouvrirent sous le choc et la surprise.
Il était de nouveau dans la chambre blanche. Son corps était encore debout tandis que la mélodie résonnait encore à ses oreilles tel un écho venu tout droit d'un autre monde. La femme ne jouait plus de violon cependant. Lorsqu'il était revenu dans son corps et avait rouvert ses paupières cette dernière était collée à lui. L'enserrant dans ses bras.
Ses cheveux rouges caressaient délicatement le visage blanc d'Akashi. Une odeur piqua son nez tandis que l'étreinte des bras de la femme se resserrait autour de ses épaules. Cette odeur semblait revenir d'un passé oublié, d'une autre vie à laquelle il n'avait plus souhaité aspirer.
- Tu as le droit de rester Seijuro… Murmura-t-elle au creux de son oreille. Je t'aime mon chéri. Tu as été si courageux.
Le rouge leva légèrement ses bras qui jusque-là pendaient mollement le long de son corps. Ses mains vinrent se placer sur le dos de la femme. Sans le vouloir et sans même s'en apercevoir le bout de ses doigts s'emmêlèrent aux fils et cheveux rougeoyants. Il ne pouvait, par ailleurs ni le voir ni le sentir mais ce fut cependant en cet instant que graduellement son œil à l'aspect d'un jaune orangé se métamorphosa doucement en une pupille à l'éclat d'un rouge puissant.
- Je t'aime Seijuro.
Akashi sentit des larmes lui monter aux yeux tandis que de vagues sensations revenaient en lui. L'amour. La perte.
- Maman ?
La concernée caressa avec douceur l'arrière de la tête de son fils. Jouant doucement avec ses cheveux, lui massant calmement l'arrière du crâne. Sa propre tête se serra contre celle de son fils tandis qu'elle lui murmurait ces mots à l'oreille :
- C'est moi Seijuro.
A cette simple réponse le garçon sentit des larmes lui venir aux yeux et ne pouvant les contenir, il se sentit hoqueter. Tandis que doucement la première perle cristalline glissait le long de sa joue rougie.
- Je ne pleure pas… Tenta de se convaincre ce dernier en apposant le paume de sa main contre son œil gauche. Je ne pleure pas…
- Tu peux pleurer mon chéri. Tu as été courageux et fort, rien ne peut t'empêcher de pleurer.
La mère du garçon resserra son étreinte sur le garçon. Akashi pouvait sentir le souffle de sa mère dans son cou et le cœur de cette dernière battre contre le sien. L'odeur de ses cheveux emplissait son nez et semblait donner un goût unique à ses larmes. Ces dernières semblèrent aspirer toute la luminosité de la pièce car Akashi aurait pu jurer qu'elles brillaient. Leur radiance éclatait à ses yeux et le rouge plongea son visage dans la mer rouge de cheveux de la femme lui ayant offert la vie.
Il sentit doucement cette dernière s'abaisser et il suivit son mouvement. Ses genoux touchèrent le sol avec douceur tandis qu'il tenait encore dans ses bras le corps de sa mère.
- Maman… Demanda Akashi.
- Oui, mon enfant ?
- Est-ce que je peux rester ici… Avec toi ?
Le cœur du rouge se serra tandis qu'il attendait patiemment la réponse. Il n'avait nullement envie de retourner dans l'Avant. Il ne se rappelait aucunement de ce qu'il s'était passé avant son réveil dans cette pièce. Il ne savait comment sa mère avait pu y rentrer alors qu'aucune entrée ne semblait visible. Il ne savait pas d'où lui venait cet uniforme de sport, d'un certain collège de Teiko. Ni même d'où venaient ces chaussures de sport. Mais il se sentait si bien dedans. Il se sentait si bien dans ces si simples vêtements, ainsi que dans les bras chauds et réconfortants de sa mère.
Comment pourrait-il vouloir autre chose que ce bonheur si pur et si simple ?
- Je suis fatigué maman… Murmura le rouge.
Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Cependant il avait la sensation entière et écrasante que la fatigue l'avalait tout entier. Sans compter que cette dernière ne semblait pas uniquement physique. Son esprit aussi l'était. Son esprit qui semblait n'être à la fois qu'un et deux.
- Je peux dormir contre toi maman ? Demanda le garçon.
La main de sa mère lui caressait lentement les cheveux et le mouvement de cette dernière continua tandis que la femme prenait la parole.
- Sais-tu que des personnes t'étant chères t'attendent à l'extérieur ?
- Ils attendront encore un peu, je ne veux pas te quitter tout de suite…
- Sais-tu que le temps passe plus rapidement au-dehors que dans cette pièce ?
- Je m'en moque.
Akashi n'était pas spécialement fier d'avoir prononcé ces mots. Pourtant ils étaient emplis de véracité. Il ne se souvenait pas de là où il venait. Ni même de ce qu'avait été son ancienne vie. Il ne savait qu'une seule chose, sa mère lui avait manqué terriblement. Aucun endroit au monde n'aurait pu être aussi reposant qu'ici même.
- Tu as la possibilité de choisir Seijuro. Tu as le droit de prendre ton temps. Tu as le droit de choisir quel bonheur te semble le plus justifié.
Le garçon resta un long moment cloîtré dans un doux silence.
- J'ai déjà décidé. Murmura le rouge. Je connais déjà la réponse.
- Je t'aime Seijuro. Quelle que soit ta décision je serais toujours fière de toi.
Akashi sentit les doigts de sa mère caresser ses cheveux de haut en bas. Son doux parfum l'accompagna tandis que le souvenir de sa partition lui revenait à l'esprit. Le rouge ferma doucement les yeux tandis que la fatigue reprenait le dessus. Tandis qu'il prenait sa première décision dans cette renaissance.
Ses bras entouraient toujours le corps de sa mère. Son cœur s'était calmé et battait à un rythme lent et réconfortant. Comme un corps s'enfonçant doucement dans les profondeurs abyssales de l'océan, Akashi se sentit s'endormir.
Le visage apaisé.
Un doux sourire aux lèvres.
Sa décision avait été prise.
