Disclaimer : Je ne possède aucun des personnages de Snk et seul les personnages Celso, Al' et d'autres ayant le titre de "sire" (oui je vous assure) m'appartiennent !

Pairing : LevixEren

Hi, hi, hi ! Me voici de retour, pour vous jouer un mauvais tour ! Mouahaha. *ahem, toussote un peu*

CETTE FANFICTION A UN AN ! Comme le temps passe vite, mon dieu ! Je ne peux pas croire ça. Sur le coup, ça me fait passer pour une tortue au niveau de l'écriture. Mais après, bon, j'ai mes raisons - l'école en autres. Mais quand même, un an ! C'est beaucoup. C'est génial. Et je n'ai rien de spécial pour ça malheureusement. En fait, c'est en terminant de rédiger ces lignes que je me suis rendue compte de la date (et en vérifiant un peu quand même) du coup.. voilà. Je verrai si je ne ferai pas un p'tit truc en même temps que le chapitre 12. Peut-être un OS du point d'Eren pour changer dans un tout autre contexte ? (j'avais déjà fait un OS avec le point de vue de Levi l'année passée ou début de cette année je pense, par envie) Si vous avez des idées, je suis preneuse ! J'ai plus de temps alors autant en profiter !

Sinon, pour vous raconter un peu ma vie, je viens d'être diplômée (c'est comme si j'avais eu mon bac du lycée en France je pense, sauf que je suis en Belgique, nah.) et je suis donc liiibre ! LIBRE ! Pour deux mois. Faut-il encore que je puisse glandouiller pendant ce temps-là avant de devoir attaquer l'université. Argh, ça promet de ne pas être de tout repos... En tout cas, j'espère que ça a été pour ceux qui ont passés leur bac/examens/etc ! :)

À présent, retournons à nos moutons !

Voici le chapitre 11 corrigé, remanié une dizaine de fois et finalement complètement terminé ! J'espère qu'il vous plaira, j'y ai mis beaucoup de coeur dedans.

Avant toute chose, j'aimerais remercier trois personnes en particulier qui ont pris la peine, directement ou indirectement, de commenter le dernier chapitre (le 10) qui est sortit il y a plus d'un mois de ça : deux adorables visiteurs et IsyPerolla. Sincèrement, merci à vous ! Ca m'a fait chaud au coeur de savoir que ce chapitre avait plu à quelques personnes au moins héhé. Et puis, c'est encourageant !

Je dois l'avouer, à la base je souhaitais faire un gros coup de gueule. Je ne comprenais pas pourquoi le nombre de visiteurs et de vues augmentait (à ce moment précis, on peut comptabiliser 6764 vues depuis le début de cette fanfiction. Avant la publication du chapitre 10 il y en avait entre 4800 et 5000 et juste après, ce nombre est monté en flèches ! o_o) mais qu'aucune voix ne sortait pour écrire le moindre commentaire. Je me suis finalement décidé à passer à autre chose et puis finalement, j'ai relativisé et me suis dit que c'était pas tant que ça qui importait, tant que des gens suivaient ma fanfiction, j'en suis heureuse ! Je n'ai jamais écris une histoire aussi longue et elle n'est pas encore terminé ! C'est un exploit pour moi haha. Bref, voilà. Je blablate beaucoup, je sais ! Le pire c'est que je n'écris moi non plus tout le temps des commentaires parce que je suis en mode paresseuse ou très fatiguée mais je me plains quand même. Nous sommes de bons petits humains ~

DANS TOUS LES CAS, je voudrais juste retenir votre attention pour une seule chose ! Je me suis essayé à... disons plus de détails concernant un certain moment (un peu après le début) et je voudrais avoir votre avis là-dessus. Enfin, vous comprendrez vite. Peut-être même avez-vous déjà compris. Bref, je vous le rappellerai à la fin du chapitre, ne vous inquiétez pas. 8)

Mais je vous embête une dernière fois en disant MERCI à tout ceux qui ont lus cette fanfic jusqu'ici. Vous avez passé le cap du premier chapitre totalement désastreux et êtes resté vaillants jusqu'au bout ! Et ce n'est pas encore fini huhu, bon courage \o/

Sur ce, je pense que je n'oublie rien... Alors, bonne lecture ~


Chapitre 11 – Le retour du corbeau

« Le corbeau est un animal extrêmement rusé n'hésitant pas à voler ou à se nourrir de charognes et de restes pour assurer sa propre survie. Il vit généralement au sein d'un groupe se départageant de multiples tâches comme la diversion auprès de l'ennemi du groupe ou de n'importe quel autre obstacle se mettant entre l'animal et sa proie. Ses techniques de chasse et/ou de combat sont multiples quoique quasi constamment aériennes. Toutefois, c'est dans l'art des loopings qu'il excelle le plus. Il se détache du groupe pendant la journée, préférant retourner à une occupation plus solitaire mais une fois la nuit tombée, retourne près du groupe qui l'a vu naître et le protège. Le corbeau peut s'adapter à toute situation et est capable d'étudier des solutions face à de nouveaux problèmes. Les déplacements et changements de grande envergure ne sont donc pour lui, pas une grande menace. Toutefois, sa grande persécution a fait de lui un animal rare.

Jusqu'à ce qu'il ait rencontré sa compagne ou son compagnon qui lui corresponde, il se peut qu'il reste seul une grande partie de sa vie. Une fois trouvé, il ne s'en détache plus jamais et participe d'autant plus à la survie du groupe tout entier. Il arrive que le nouveau couple veuille s'écarter de son clan pour en créer un nouveau mais cela reste exceptionnel. »

Le rire cristallin de son bien-aimé résonnait dans la pièce comme une subtile mélodie. Les notes de musiques qui la composaient paraissaient si pures, si angéliques que Levi ne put s'empêcher d'en contempler la source. Il retira ses mains de son visage et se retourna. Le visage souriant d'Eren lui apparut sous les yeux, encore plus lumineux que d'habitude. Il ressemblait ainsi à un être céleste.

Sans prévenir, le caporal caressa la joue de son ange brun qui lui jeta en retour, un regard interrogateur.

- Caporal ?

Levi garda le silence tandis que son index parcourait son cou, l'effleurant d'un bout à l'autre. Il sentit le corps du jeune brun se tendre au contact de son doigt, ce qui incita le caporal à aller un peu plus loin que ce à quoi il pensait au départ… Il s'assit sur les hanches du soldat puis se pencha sur lui et à embrasser son cou. Il laissa une main se perdre sous sa chemise, partiellement défaite, jusqu'à ce qu'elle atteigne un des tétons de la poitrine d'Eren qu'elle s'empressa de taquiner.

Le jeune homme se cambra et rejeta intuitivement la tête en arrière. Le caporal le retint d'une main dans la nuque. Ensuite, ce dernier se concentra à nouveau sur son cou. Une odeur si délicieuse s'en dégageait que, bientôt, il ne tarderait pas à le dévorer. Pourtant, Levi se contenta d'emprisonner un bout de chair entre ses lèvres et, d'ainsi, marquer le cou. Il avait apposé sa trace bien en évidence de telle sorte que chacun sache qu'Eren appartenait à quelqu'un – et à lui plus particulièrement. Ah, ses gestes parleront d'eux-mêmes.

Entre temps, Eren s'était agrippé fermement à sa chemise et ne semblait plus vouloir la lâcher. Même, il semblait vouloir davantage que de simples caresses. Son corps tremblait de désir. Alors que Levi relevait la tête, Eren colla un peu plus son bassin au sien et resserra son étreinte.

Une subite vague de chaleur s'empara du corps de Levi. Il agrippa les cheveux bruns de son amant et le força à lui montrer sa bouche. Un souffle chaud et irrégulier s'en échappait. Le caporal n'attendit pas plus longtemps pour s'approprier sa bouche brûlante. Il l'embrassa plus intensément que la fois précédente. Eren suivait agréablement le mouvement et ses mains se mire à enserrer encore plus le dos de Levi. Le regard d'Eren persistait à tenir celui de Levi en le défiant narquoisement. Ce dernier décida finalement de couper court au baiser.

Il décida d'apposer ses baisers un peu plus bas et « s'attaqua » au torse du jeune brun. Une de ses mains alla se glisser dans son pantalon, à l'endroit même où était entrain de se former une bosse. Il atteignit finalement le membre gonflé de son amant, regarda son visage en pleine décadence sexuelle et lui lança un regard qu'il espérait insondable. Quant à Eren, il s'abandonna complètement à son supérieur. Il mit ses mains à l'arrière de sa tête et répondit au regard du caporal par des prunelles inondées de désir. Lorsque le caporal caressa un peu plus son sexe, le jeune brun dût réprimer un gémissement en se mordant érotiquement les lèvres.

Ah, quel effet ce gamin lui faisait ! Il n'avait, à la base, pas réellement prévu d'aller plus loin mais… Il devait se résigner au fait qu'il ne pouvait plus résister un seul instant aux avances d'Eren. Il entreprit alors de déboutonner et de délacer le pantalon de celui-ci afin de… faciliter les choses.

Tout à coup, on tambourina à la porte. « Bordel ! Maintenant ?! »

- Oï, Levi ! Grouille-toi, on n'a pas toute la nuit ! L'interpella une voix semblable à celle d'Al'.

- Grmbl. J'arrive. Grommela-t-il.

Le caporal n'eût pas besoin de jeter un œil à la figure d'Eren pour comprendre que cette interruption l'avait légèrement refroidi. Quoique, à bien y finalement regarder, il semblait encore prêt à continuer, lui. À vrai dire, on aurait même dit que cette rupture ne l'avait que partiellement dérangé… Il n'était pas le seul. Levi soupira longuement, retira sa main du membre d'Eren puis se releva et alla se laver les mains ainsi que le visage à une petite bassine d'eau d'appoint se trouvant à côté de son lit.

- Hm… Tu devrais t'habiller. Dit-il à l'adresse d'Eren qui ne semblait pas vouloir bouger d'un pouce.

- Oui ! Réagit-il subitement, comme prenant conscience de la situation présente.

- Et… tu devrais penser à te reposer aussi. Ajouta-t-il en s'essuyant les mains à l'aide de son mouchoir. Cette journée a été plutôt longue et… mouvementé.

Eren acquiesça et se mit à reboutonner son pantalon et sa chemise en vitesse, les oreilles teintées de rouge. Dès qu'il eût fini, il reprit son calme et le regarda.

- Et vous caporal, qu'allez-vous faire ?

- Je vais exécuter cette mission et reviendrai te chercher pour rentrer au quartier général.

- Vous n'allez pas y aller tout seul tout de même ? S'interloqua-t-il.

- Je ne serai pas seul, Al' viendra avec moi pour me surveiller.

- Ce n'est pas… Je veux venir avec vous ! Non, je viens avec vous ! Souligna-t-il.

- Hein ? Pas question !

- Et pourquoi ça ?

- Tu… Tu n'as aucune expérience dans ce domaine, tu nous ralentirais.

- Rah, vous sortez toujours les mêmes excuses !

- Pardon ? Répliqua-t-il, abasourdi.

- Vous m'avez très bien entendu. Chaque fois c'est la même chose. Je ne serai jamais utile ainsi. Répliqua-t-il en criant à demi-ton.

Le caporal n'arrivait plus à contrôler le flot de ses pensées…

- Qu'est-ce q – Tu ne comprends pas ? C'est délicat comme mission. Un gamin comme toi ne pourra jamais nous accompagner !

- Et la bagarre de tout à l'heure ? Ce n'était pas tendu ? Noon bien sûr que non. C'était une partie de plaisir ! S'énerva le jeune brun

- On doit te garder en état jusqu'à la mission d'exploration !

- En état ? En état ! Ah, alors c'est ça ? Je suis juste bon à être utilisé comme un outil, un outil qu'on doit garder en « bon état » ? Eh ben c'est réussi !

Levi se retint une fois de plus d'exploser devant Eren et décida de quitter la pièce, sans prendre la peine d'emporter quoi que ce soit.

- Caporal ! Reprit soudainement Eren, d'une voix étranglée.

Pourquoi ne voulait-il jamais comprendre ? Plus vite la mission sera réalisée, plus vite ils pourront retourner ensemble au quartier général ! Être borné à ce point, c'est pas croyable !

En sortant de la pièce, il remarqua Al' posé contre le mur, les bras croisés.

- Alors, scène de ménage ? Jeta-t-il d'un sourire satisfait.

Heureusement, ce n'était que lui. Si Celso les avait entendu, il n'aurait fait qu'une bouchée d'eux deux. Al' avait beau être proche de lui, il n'était pas sézig.

- T'as rien de mieux à faire que de poser des questions merdiques comme celle-là ? Rétorqua Levi, essayant de rester neutre.

- Oh non, moi je dis ça… Je ne dis rien ! Quand même, il n'y a que les vieux couples pour se disputer comme ça…

- Encore un mot et c'est ta tronche qui va embrasser le mur Al'.

- Ca va, ça va !

Les deux hommes arpentèrent le couloir donnant vers la réserve d'armes et d'équipements de la bande si on se fiait aux indications de Al'.

- T'as pas tant changé que ça finalement. T'es toujours autant agressif quand t'es de mauvais poil. Dit Al', partant d'un petit rire.

Levi préféra garder le silence, ne voulant pas répondre aux commentaires d'Al' au risque d'entendre davantage de commentaires inutiles à son égard. Et puis, il ne voulait plus penser à sa dispute avec Eren pour le moment. Il devait impérativement se concentrer ! Ils arrivèrent devant la porte de la réserve et l'ouvrirent. Une fois à l'intérieur, il put constater l'évolution du groupe auquel il avait autrefois appartenu. La réserve paraissait beaucoup plus fournie qu'auparavant en armes de toutes sortes et en équipements de protection qui semblaient aptes aux missions nécessitant la discrétion absolue.

Les armes et les habits les plus sombres ne reluisaient pas sous la lumière du jour qui perçait à travers un des soupiraux. Ils semblaient donc idéals pour les ballades nocturnes. Les yeux de Levi parcoururent la pièce à la recherche de l'une ou l'autre veste noire susceptible de le recouvrir. Son regard se porta finalement sur l'un des recoins sombres de la pièce. Une veste de couleur noir velours reposait là, sur un mannequin abîmé et qui apparemment, était là depuis longtemps à en juger la pellicule de poussière qui l'enveloppait.

Tout à coup, un étrange sentiment l'envahit. La veste lui semblait familière. Il s'approcha et, lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, tendit la main pour la toucher. Le tissu, doux comme il le promettait en apparence, dégageait une infime aura meurtrière indétectable par le commun des mortels. Cependant, celui ou celle qui avait le malheur de s'en approcher assez près pouvait encore la sentir. Mais à ce moment-là, il était déjà trop tard. Oui, il en était sûr : c'était sa veste.

Al' qui, s'ennuyant, s'était hasardé à vérifier son hardiesse avec quelques poignards, vint le rejoindre et désigna la veste de l'une de ses armes :

- Tu la reconnais sans doute. Le ramage du corbeau… Ta veste.

- …

- On s'en est occupé pendant quelques temps. Puis, on en a eu marre. On avait remarqué que tu ne revenais pas. Alors, pour sa fin de vie, on l'a entreposé ici. C'est dingue comme elle se conserve bien ! Conclut-il en relevant négligemment un des pans du manteau.

- Je la reprends.

- À ta guise !

Le caporal enfila sa veste et reconnut, dès l'instant où le tissu se posa sur ses épaules, la sensation indescriptible qui l'envahissait à chaque fois qu'il la mettait. Il ne pouvait réellement expliquer ce sentiment mystérieux qui traversait son corps. Un sentiment qui lui donnait l'impression de s'enfoncer dans les ténèbres…

- Levi ? L'appela Al', la tête penchée devant son visage.

- Hm ? Ah oui, continuons. Répondit-il en sortant de ses pensées.

Levi choisit une paire de chaussures adéquate puis rechercha de quoi se défendre en cas de problèmes (éventuels). Un poignard petit et fin. Ce n'est pas ça qui manquait ici ! Quelle plaie. Il n'était pas un petit nouveau prenant quatre heures avant de choisir son équipement !

- Si tu veux, on a toujours ton ancien poignard, mais par contre il risque d'être un peu rouillé… Après tout, le fer ne se conserve pas super bien dans l'humidité …

- Non merci, j'en prendrai un autre. Décida-t-il.

En vérité, il n'avait pas tellement envie de prendre son ancienne arme avec lui. Beaucoup trop de meurtres y étaient liés et Levi ne voulait désormais plus y penser. Finalement, il jeta son dévolu sur un petit poignard trainant sur une des étagères et vérifia qu'il était bien aiguisé. Chose faite, il se dirigea vers la sortie, ne faisant guère plus attention à Al'. Après coup, ne sachant trop où aller pour rejoindre le bureau de Celso, le caporal choisit un chemin au hasard se poursuivit sa route. Al' le rattrapa en trottinant gaiement et en sifflotant.

- Levii ? Dit-il soudainement.

- Tu peux pas te taire une minute ?

Al' obéit et les deux hommes continuèrent à arpenter le couloir. Le souci, c'est qu'il n'en finissait pas ! Les murs grisâtres et bosselés les entouraient encore et encore et ce, pendant plusieurs minutes. Ca commençait vraiment à le faire chier.

- Levi, tu veux bien m'écouter une minute ? L'interpella-t-il à nouveau.

Le caporal s'arrêta net.

- Bon, quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu me veux, encore ? Dit-il exaspérer.

- C'était pour te faire remarquer qu'on n'était pas sur la bonne route. Enfin, si tu veux aller près des égouts du sud-ouest de la ville… C'est le bon chemin. Sinon, pour le bureau de Celso, c'est au nord-est.

- Et tu ne savais pas me le dire plus tôt ? Soupira-t-il.

- Ah ce n'est pas moi qui…

Tch. C'est bon.

Levi pas le moins du monde embarrassé, rebroussa chemin et prit cette fois-ci le bon couloir. Après moult tournants et rencontre diverses, les deux hommes arrivèrent enfin au bureau de Celso. Ce fut Al' qui toqua et rentra le premier. Il les annonça en s'exclamant :

- Me voici de retour avec « le Corbeau » !

Reconnaissant son ancien patronyme, Levi rentra dans la pièce, la veste effleurant l'embrasement de la porte.

Ce surnom lui avait été donné tout naturellement, lorsqu'un jour Al' avait soi-disant remarqué quelques ressemblances avec l'animal et avait partagé sa découverte avec tout le reste de la bande et notamment Celso.

- Pas trop tôt. Commença ce dernier en le jaugeant du regard avant d'ajouter : Mais je vois que ça en valait la peine. Ravie de te revoir mon petit corbeau.

Il se releva de son bureau, se rapprocha de Levi et souleva son menton de l'index.

- C'est qu'il ferait presque à nouveau partie de la famille. Rajouta Celso.

- En même temps, à la base… Dit Al'.

- Oui, à la base tu ne devais jamais nous quitter. Précisa Celso. Je me demande bien quel lavage de cerveau ce grand blond t'as fait pour que tu l'aies suivi comme ça tout ce temps. Continua Celso en lâchant Levi et en se retournant vers son bureau.

- Mais bon ! Ajouta-t-il. Ca ne sert à rien de ressasser le passé, n'est-ce pas ? Par contre j'imagine que tu es impatient découvrir les tenants de ta mission ? Hum ? Ah, j'en étais sûr ! Dit-il en riant comme un fou en se joignant les mains.

- C'était troublant de voir à quel point la folie de son ancien boss s'était terriblement aggravée. Il valait mieux ne pas le contredire pour l'instant. Le caporal jeta un œil au visage de Al', faussement rieur. Il le vit s'essuyer plusieurs fois les mains sur son pantalon, comme si elles étaient affreusement moites. Il ne devait pas être aussi à l'aise qu'il le prétendait.

- Donc ! Pour faire simple, reprit Celso, redevenant progressivement « normal », tu devras prendre quelques documents appartenant à un des nobles de la ville d'en-haut. Il contient de très intéressantes informations que nous voudrions bien nous accaparer. Tu comprends ?

- Si c'était pour ça, tu aurais pu demander à tes propres hommes.

- Oh noon ! Répliqua-t-il. Ce sont tous des empotés ! Et puis, je te veux toi sur cette mission, personne d'autre. Tu comprends ?

- Oui, oui j'ai compris. C'est bon. Répondit vaguement le corbeau. De quel ordre sont ces documents ?

- Ils concernent, entre autres, des informations sur les déplacements des marchandises ainsi que des dirigeants.

- Et je dois aller où exactement ?

- Al' t'indiquera la route quand vous serez dehors. Ce sera plus pratique.

- Bien, si tu veux m'excuser… Voulut-il conclure en faisant mine de s'en aller.

- Où est Eren au fait ? Lui demanda Celso.

- … Dans sa chambre, pourquoi ?

- Oooh. Pour rien. Pour rien, vraiment. Je pensais juste que tu allais le prendre avec toi après l'incident de tout à l'heure. Et vu tout le foin que tu m'as fait plus tôt pour le garder auprès de toi…

- Non, il restera et ne bougera pas de là. Et il n'y a pas intérêt à que toi ou un de tes hommes aillent dans sa chambre. Le menaça Levi.

- Nous nous tiendrons tranquilles mon petit corbeau ! N'aie crainte et fais ton boulot. Et bien ! Termina-t-il en un doux et faux sourire.

« Hypocrite » Pensa-t-il. Il n'était pas tranquille de laisser une énième fois le jeune brun tout seul mais, malheureusement, il n'aurait vraiment pas pu l'emmener avec lui. Pas s'il voulait régler cette mission rapidement.

Le caporal sortit du bureau de Celso, suivi de Al', et se dirigea vers la sortie. Une fois dehors, il parcourut les égouts, en sortit et atterrit dans la ruelle sombre la plus proche.

- Il vaudrait mieux aller en hauteur. Conseilla Al'.

Dans la ruelle, on ne voyait rien qui pouvait les y aider. La ruelle, plutôt mal éclairée, ne semblait offrir aucune perspective. De plus, les pas des maraudeurs qu'ils étaient, n'étaient qu'éclairés par la triste lueur du croissant de lune. Levi releva la tête et aperçut une échelle accrochée en haut d'un des pans de mur. Il courra pour prendre de l'élan et bondit. Sa main s'agrippa au dernier échelon. Le corbeau se hissa puis grimpa jusqu'à hauteur d'une rambarde d'un balcon qu'il escalada. De là il put aisément se mouvoir et il remonta les gouttières jusqu'au toit d'une des habitations.

Levi se déplaça prudemment sur les tuiles puis se redressa. La vue qui s'offrait à lui était teintée de mélancolie. La ville, sous le joug de la nuit, était endormie à la plupart des endroits à l'exception de quelques lieux isolés persistant à vivre, comme de jour, à cette heure tardive de la nuit. D'ailleurs, les deux hommes ne devaient pas tarder à s'activer.

- Alors, c'est où que nous devons aller ? Le questionna Levi.

- Tu aperçois le Parlement là-bas ?

- On doit voler des documents au Parlement ?! S'écria le corbeau.

- Oui… En principe, c'est ça le plan.

- Êtes-vous malades pour dégoter des idées pareilles ?

- Oooh ne soit pas comme ça ! Et puis, nous savons que tu connais le moyen d'y entrer facilement. Ce n'est pas comme si nous y allions tuer tout le monde !

Levi n'objecta pas plus et descendit du toit. Celso était fou. Pénétrer à l'intérieur du Parlement ? C'était du suicide pur et dur. Le Parlement, le bâtiment le mieux gardé du district Utopia, était pratiquement impénétrable et seuls quelques privilégiés en connaissaient les secrets. Privilégiés auquel il appartenait, par le biais d'Irvin. Il est vrai qu'il lui avait fait parvenir, entre autres, quelques informations à l'époque où ils allaient ensemble discuter avec les politiques du royaume. Mais comment diable Celso pouvait-il en être au courant ?

Il aperçut une poutre reliant les deux habitations et l'emprunta, le plus simplement du monde. Lorsqu'il atteignit l'autre côté, il descendit sur la passerelle de bois qui entourait le bâtiment et contourna ce dernier. Il répéta le même schéma jusqu'à un certain point. À l'arrière d'une énième bâtisse, il n'y avait plus de passerelle ou de poutre quelconque pour l'aider à traverser les ruelles infestées de rats dévorant les détritus amoncelés sur le sol. Excepté… Excepté un rebord de fenêtre entouré par des colombages. Cependant, il se trouvait trop loin pour être atteint.

« À moins que ?... »

Le caporal recula d'un pas puis s'avança et sauta sans hésiter par-dessus le vide. Il agrippa sans fracas la pierre en relief et déposa ses pieds sur les pans de bois disposés en dessous. Il s'en servit pour prendre appui et escalada ce qui restait de mur avant de se hisser aux tuiles du toit de la maisonnée. Une fois en haut, il jeta un rapide coup d'œil derrière lui, histoire de voir si Al', ou plutôt si le grand renard Alkaïr, possédait toujours les mêmes habilités à la grimpe qu'autrefois.

Al', de son vrai nom Alkaïr, avait toujours été habile lorsqu'il s'agissait d'escalader des parois en tous genres et encore plus lorsqu'elles étaient abruptes comme celle-ci. Il avait été ainsi doté d'un surnom, d'un titre à part entière : « Le renard gris ». Il n'y avait que lui et Levi qui bénéficiait d'un tel titre, donné uniquement aux plus anciens du groupe de Celso qui, en l'occurrence, n'en avait guère besoin pour se faire respecter par un tiers. C'était Alkaïr qui avait lancé l'idée mais Celso ne souhaitait attribuer ce genre de titres qu'aux personnes lui étant le plus proche. Lui et Levi en l'occurrence.

Alkaïr était là depuis toujours, secondant éternellement le chef de la bande Celso et veillant au maintien de l'harmonie entre les hommes au sein du groupe en lui-même. Il occupait ce poste sans broncher et semblait parfois même l'apprécier. Quant à savoir pourquoi il avait rejoint Celso… Cela tenait du mystère. Levi ne s'était jamais intéressé à son cas ni à celui de Celso. Ce dernier lui avait proposé, alors qu'il trainait quelque part dans les rues de la ville, d'intégrer son groupe. C'est ainsi qu'il les avait rencontré. Tout simplement. Enfin, ce n'est pas comme si ça importait à présent… Une fois cette mission terminée, il n'entendrait à nouveau plus parler du groupe, de Celso ou de Al'. C'était pour son plus grand bien ! Surtout après ce qui c'était passé plus tôt avec Eren… Bah, il valait mieux ne plus y penser pour le moment et se concentrer sur la piètre mission qu'il était occupé à effectuer.

Al' parvient sans grande peine à s'élancer sur le mur et à escalader les colombages jusqu'à arriver jusqu'à lui. Un maître dans son art, semble-t-il. Lorsqu'il fut à ses côtés, il lui adressa un sourire.

- Alors, que penses-tu de mes capacités ?

- Je devrais dire quelque chose à ce sujet ?

- J'ai vu que tu m'observais du coin de l'œil. J'espère que je t'impressionne toujours autant ?

- Pour ça, il faudrait que tu m'aies déjà impressionné. Rétorqua Levi en une moue rieuse. Grimace rare de la part du caporal.

Le voleur ne dit plus rien et s'enfonça seul dans le brouillard de la nuit. Il tenta de passer de toits en toits mais, à bien regarder, ne semblait pas aussi agile que lorsqu'il grimpait sur la façade de l'habitation. Al' s'arrêta puis se retourna sur Levi et avoua :

- Finalement, il n'y a que toi qui puisses faire aussi bien ça.

Le caporal ne pipa mot et rejoignit son ancien acolyte. Sa façon de bouger était unique. Multipliant les mouvements aériens et élaborés, Levi, équipé de son « ramage », évoquait sans nul doute un corbeau sortant des ténèbres. Ce n'était pas pour rien que Celso lui avait attribué ce surnom ridicule.

Tandis qu'il se mouvait jusqu'à Alkaïr, ce dernier se mit à sourire malicieusement. Comme s'il avait été satisfait de ce qu'il avait pu observer et qu'il pouvait dès lors imaginer quelques plans farfelus pour un futur proche. Dire qu'il côtoyait autrefois quelqu'un comme lui. Qu'elle étrange association…

Les deux hommes continuèrent leur route le long des ruelles mal éclairées et pratiquement désertes – seul le côté « pourri » de la populace se hasardait à errer dans les rues à une heure pareille comme eux en somme.

Finalement, ils arrivèrent à l'endroit recherché. Le toit du Parlement se hissait haut dans le ciel avec prestance voire même noblesse. Elle symbolisait la justice exécutée par ses hauts représentants qui n'hésitaient pas une seule seconde pour abattre leur cruel jugement sur l'individu osant commettre le moindre crime à l'intérieur de la précieuse ville qu'ils prétendaient défendre, à leur manière. Peut-être était-ce juste une interprétation déformée venant de l'esprit du caporal cependant, c'était la seule qui lui parvenait à l'esprit lorsqu'il voyait se dresser le Parlement devant lui. Peut-être qu'il n'aimait tout simplement pas cette sorte de justice. Peut-être qu'il n'arrivait pas à concevoir le fait qu'une justice quelconque pouvait agenouiller un brigand ordinaire ou même un noble influent. Une supercherie abracadabrante, définitivement.

Dire qu'il allait pénétrer à l'intérieur de ce bâtiment à présent. L'entrée semblait mieux gardée qu'auparavant. Il ne restait plus qu'à espérer que ce ne soit pas le cas des autres entrées… Levi détailla le chemin à parcourir pour atteindre l'une d'entre elles puis lui et Al' descendirent du toit où ils se tenaient et se cachèrent dans les recoins sombres de la place, beaucoup plus éclairée que les ruelles. Ca n'allait pas être facile ; néanmoins, Al' affichait un air confiant et guida la marche silencieuse jusqu'à un renfoncement du bâtiment, sur le côté.

Malgré le fait que les gardes protégeant le Parlement étaient supposées appartenir au groupe d'élite de la Brigade Spéciale, il sembla au caporal que ces derniers s'étaient ramollis avec le temps, à force de ne plus affronter de réelle autre menace que l'apparition d'un ivrogne sous la voie publique. Quel terrible danger représentait un ivrogne pour un membre de la noblesse souhaitant faire sa petite promenade dans les rues principales du district ! Quelle infamie ! Bien entendu, il était ironique à ce propos. Cependant, il assistait avec consternation au déclin de cette Brigade dont les membres étaient autrefois tellement enviés, respectés et admirés par leurs camarades d'entrainement qui devaient, pour certains, se résigner à un autre poste beaucoup moins glorifiant ou même, sécurisant. Il n'existait que très peu de personnes rejoignant les rangs de la Légion d'exploration par choix.

Ainsi, il ne fut pas réellement surpris lorsqu'il vit qu'aucun garde ne trainait dans les parages. En même temps, c'était plutôt bon signe pour eux. Cela voulait également dire qu'ils ne connaissaient pas l'emplacement de l'entrée secrète du Parlement. Ces hauts dirigeants… Ils auraient mieux fait d'avertir leur personnel au-lieu de garder leurs petits secrets à l'intérieur de leurs murs. Un jour, ce genre de comportement les réduira à néant. Enfin, ce n'était pas ses affaires.

Al' lui indiqua une cavité dans la pierre quelques mètres au dessus d'eux. « Oui, c'est bien ça » lui fit comprendre Levi du regard. En deux temps trois mouvements, Al' s'élança sur le mur du Parlement et se hissa dessus à l'aide des multiples aspérités s'y trouvant. Chaque mouvement était accompli avec une précision chirurgicale... C'était inconcevable d'assister à une telle prouesse dans ses déplacements. En outre, la tâche paraissait relativement aisée pour le voleur qui ne manquait pas de le faire remarquer au caporal, en le narguant par exemple. Pire qu'un gamin… Et dire qu'il était censé avec le même âge que lui. On avait peine à le croire.

Levi se risqua à son tour à escalader le mur et accéda quelques minutes plus tard à l'entrée convoitée. Elle était gardée par une porte en bois abîmée par les années et l'humidité de l'endroit. Il faut dire que l'obscurité et le peu d'allers et venues n'arrangeait pas son cas.

- Et maintenant ? Lui demanda Al' en chuchotant.

- On déjoue la serrure. Répondit Levi.

- Ah. J'aurais pensé que tu posséderais au moins les clés de l'endroit. C'est un minimum tout de même.

- J'aurais pu si j'avais été au courant de la mission au préalable, imbécile.

- Si on t'avait prévenu avant, tu n'aurais jamais accepté.

- Comme si c'était possible que je le fasse !

- C'est bien ce que je disais ! Bon, qui s'y colle ? Toi ou moi ?

- Passe-moi le crochet que tu tiens dans ton gant et je le ferai.

- Oooh monsieur est toujours un aussi fin observateur ! Tiens, prends-le p'tit corbeau.

Levi tiqua au surnom employé par son ancien camarade mais prit tout de même l'objet de métal et entreprit de déjouer la serrure de l'entrée. Elle ne résista pas bien longtemps. Après deux ou trois mouvements précis, le caporal parvint à ses fins et ouvrit la porte. Elle grinça fortement mais pas au point d'alerter les gardes aux alentours qui étaient trop occupés à dormir debout.

Il pénétra à l'intérieur du bâtiment, suivi de près de Al'. La porte qu'ils venaient d'ouvrir cachaient en fait un mur factice de bibliothèque. Ils n'avaient vraiment plus aucune imagination… Les deux hommes se retrouvaient à présent sur une espèce de plate-forme munie d'un garde-corps en bois de cyprès surplombant une des grandes pièces pavées aux symboles divers du Parlement. Il s'y trouvait également une grande table et de multiples chaises. La disposition de ces meubles, en un cercle parfait, laissait entendre que la pièce avait un certain degré d'importance. Elle en détenait d'autant plus que l'accès au balcon n'était possible que grâce à une autre porte se trouvant à l'opposée de l'entrée secrète.

Si l'entrée se trouvait là, cela signifiait que les Parlementaires désiraient savoir où était précisément localisé le danger. Avec ce balcon, ils voyaient et entendaient tout ce qui se racontait. Finalement, ce n'était certainement pas qu'une question de survie…

Al' et Levi traversèrent la plate-forme qui ne faisait qu'une vingtaine de mètres de longueur. Lorsqu'ils arrivèrent de l'autre côté, ils se heurtèrent à un problème de plus grande taille que le précédent. En effet, il n'y avait ni poignée, ni serrure ni aucun autre moyen de passer l'entrée qui ne soit visible !

« Fait chier, manquait plus que ça. »

Levi avait beau connaître l'emplacement des passages, ce n'était pas pour autant qu'Irvin lui en avait dévoilé tous les secrets !

- Je suppose que tu n'as aucune idée de comment franchir cette fichue porte, Levi ? Lui intima Alkaïr.

- Tu croyais quoi ? Que je vivais ici ? Que je passais mes journées à chercher les moindres anomalies dans les murs et à déceler toutes sortes d'entrées ou de cachettes secrètes ? Répliqua-t-il.

- Qu'est-ce que j'en sais moi ? Tu connaissais bien l'existence de cette entrée ! Et quelque chose me dit que ce n'est pas la seule. Souligna-t-il.

- Eh, qu'est-ce que ça te fait ?

Tout à coup, la porte de la grande salle en contre bas s'ouvrit et une voix grave retentit :

- Messieurs, navré de vous déranger à une heure si tardive mais il y a certaines choses qui devaient être dites au plus vite. Installez-vous je vous prie.

Quelques hommes, à priori importants, entrèrent dans la salle et s'assirent autour de la table. Ils entamèrent leurs propres discussions avant même que l'hôte de l'assemblée ne se plaça à coté d'eux. Il y avait un vacarme épouvantable. Al' et Levi auraient même pu discuter à voix haute et même hurler sans que les Parlementaires ne s'en aperçoivent ! C'est dire. Ils ne se doutaient vraiment de rien. Levi soupir par dépit.

Tandis que l'hôte s'asseyait parmi eux, la clameur assourdissante continuait de plus belle. Mais très vite, l'homme intervint et rétablit le calme auprès de l'assemblée.

- Messieurs ! Gronda-t-il en tapant ses mains sur la table et en se relevant. Nous ne disposons que de très peu de temps alors je vous demande le silence et la plus grande attention.

Le calme se fut et toutes les têtes se tournèrent vers lui.

- Tout d'abord, je voudrais m'assurer d'une chose… Est-ce que sire Gontran Debuck est ici ?

Silence.

- Bien. Messieurs, sachez que l'objet de notre discussion de cette nuit portera sur sire Debuck.

Le tumulte reprit à nouveau.

- Pourquoi nous faire lever à une heure pareille si c'est pour parler de cet individu ? Ne pouvions-nous pas attendre demain matin pour cela ? Clama un des Parlementaires à la voix plus forte et plus claire que les autres.

- Justement non. Il ne doit en aucun cas être au courant de notre assemblée ni du résultat de notre discussion. Tout cela doit rester parfaitement secret à ses oreilles et ne doit donc, en aucun cas être ébruité. Me suis-je bien fait comprendre ?

- Parfaitement. Répondit l'autre.

- Bien, très bien même. Nous allons pouvoir commencer. Sire Gunborg, avez-vous apporté avec vous ce que je vous demandais ?

- Bien entendu. Voici les documents…

S'ensuivit une discussion des plus ennuyantes à propos des actes « irréparables » qu'avait commis ce pauvre Gontran Debuck. Mais qu'importe ! Cela n'allait pas régler leur affaire, pas le moins du monde. Al' le regardait toujours l'air de dire « Alors ? T'as trouvé une solution ? » comme si celle-ci allait lui tomber du ciel !

Puis, brusquement, la solution vint à eux. La porte infranchissable s'ouvrit d'elle-même ou plutôt, quelqu'un l'ouvrit. Un homme, plutôt bien habillé, pénétra sur la plate-forme où se tenaient déjà Al' et Levi avant de les apercevoir. Il voulut faire sortir un cri de sa pauvre bouche mais n'eût pas le temps. Alkaïr lui avait déjà coupé la parole en mettant sa main sur ses lèvres. Il sembla hésiter une seconde à choisir la voie du sang, de crainte peut-être que quelques gouttes du sang de l'intrus n'atterrissent par inadvertance sur les têtes des Parlementaires. Ca aurait dommage, il est vrai, de devoir passer à une tuerie collective pour ramener un simple bout de papier au groupe.

Finalement, Al' choisit de le laisser vivre, temporairement. Il n'était pas du genre à aimé être dérangé pendant qu'il effectuait son travail de nuit et encore moins lorsqu'il était déjà énervé. Il poussa l'individu jusque dans la pièce d'où il venait, tout en gardant sa main sur sa bouche et en le menaçant d'un poignard. Quant à Levi, il regarda le fonctionnement de la porte qu'ils venaient de dépasser. Heureusement, il y avait une poignée de l'autre côté. Elle s'empruntait donc dans un seul sens logiquement. Mais alors, pourquoi cet homme voulait sortit du Parlement par cette sortie ? Pour s'enfuir ? Il n'avait l'air de quelqu'un possédant de réelles capacités en grimpe ou descente de murs…

- Al' ?

- Tu vois pas que je suis suffisamment occupé ? Cherche les documents au-lieu de bavasser.

- Je voudrais lui poser une ou deux questions avant ça. Au cas-où vois-tu.

- Hein ?

- Laisse-lui la parole. Dit-il en fermant la porte derrière-lui. Plus personne ne peut l'entendre, ce sont des portes capitonnées.

- Bien, bien… Fais comme tu veux. Mais si tu fais un pas de travers, Continua-t-il en s'adressant à l'intrus, je t'égorge sur le champ. Compris ?

L'homme hocha la tête en guise de soumission et Al' retira sa main, tout en gardant l'objet tranchant à portée de son visage. Levi s'appuya contre la porte et commença l'interrogatoire :

- Pour commencer, qu'est-ce que tu étais en train de fabriquer ? Pourquoi tu as voulu sortir par cette porte ?

- I-I-Il y avait un…. Une assemblée cette nuit. J-Je voulais y-y assister. En cachette.

- Bien, bien. Tu dois être Gontran je présume.

- Oui…

- Bon. Avais-tu une idée de comment revenir ici ? Y a-t-il un dispositif pour ouvrir cette porte de l'autre côté ?

- Bien sûr ! En haut, à droite du mur, il y a une encoche. Il suffit juste d'appuyer dessus ! S'exclama Gontran, dans l'espoir de s'enfuir de là, vivant.

- Je vois. Dit le caporal d'un ton d'une grande neutralité.

Qu'allaient-ils faire de sire Gontran Debuck à présent ? Le laisser partir serait la meilleure solution, vu que, de toute façon, il semblerait qu'il ne fasse plus long feu au Parlement, au vu de la discussion enflammée se produisant actuellement dans la grande salle.

- Dis, Gon-tran, Intervint Al', est-ce que tu ne saurais pas par hasard où se trouverait les documents laissés par sire Bognard ?

- C-Ceux sur les déplacements royaux ?

- C'est exact ! Qu'est-ce que tu es vif et intelligent mon petit Gontran. Bref, où sont-ils ? Continua-t-il, l'œil brillant.

- Dans le troisième tiroir de ce bureau. Répondit-il en désignant du doigt tremblant le meuble au milieu de la pièce.

- On aura pas à les chercher trop longtemps, super ! Merci Gontran, tu nous as été d'une très grande utilité cette nuit. N'est-ce pas Levi ? Ajouta Al' d'une voix aigue.

- C-C'est… normal, je suppose. Ajouta malencontreusement Gontran.

- Tu supposes bien. Conclut Alkaïr en l'assommant d'un coup net dans la mâchoire.

L'homme tomba à terre dans un bruit sourd et ne bougea plus. Il n'était pas mort, ça non. Pas pour le moment.

- Je ne l'ai pas tué, je sais que tu n'apprécies plus trop ça depuis que tu es parti de notre groupe, Levi. Mais j'avais besoin de me défouler ! Rajouta-t-il.

Levi ne répondit rien et alla chercher les documents dans le lieu dit. Pendant ce temps, Al' installa Gontran dans un coin sombre de la pièce, histoire qu'on l'oublie un peu.

- Pourquoi tu lui as demandé le fonctionnement de l'ouverture de l'entrée ? Lui demanda-t-il.

- Parce que c'est toujours pratique de savoir toujours plus qu'il n'en faut.

- Comme toujours, tu es prévoyant. Tant mieux, on pourra refaire une razzia par ici au moment voulu !

Le caporal sortit les documents, les montra à Alkaïr et après vérification, les deux hommes se décidèrent à sortir définitivement du Parlement.

Sur le chemin du retour, Levi pensa au comportement étrange qu'ils avaient eu, autant lui que Al', durant cette mission. Alkaïr avait semblé devenir un peu fou, comme s'il s'était perdu à force de côtoyer Celso depuis toutes ces années. Sa voix avait déraillé à un moment donné, chose qui ne s'était jamais produite lorsqu'ils « travaillaient » ensemble avant. Il devenait étrange… Quant à Levi, il était retourné dans une sorte de… dans une autre part de lui-même. Il était redevenu, l'espace de quelques instants, l'ancien lui, celui qui volait et assassina sans vergogne. Ce n'était pas tant une question d'attitude mais plutôt de ressenti. Finalement, il était heureux de ne plus concentrer toute cette aura meurtrière sur des humains mais plutôt sur des créatures titanesques. En un sens, cela le gardait en vie, le gardait plus ou moins « sain ».

- Dis… Levi ? L'appela soudainement le voleur.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Pourquoi tu n'es pas revenu 2 ans après ton entrée à la Légion, comme promis ?

- …

- Bien sûr, c'est déjà un miracle que tu sois encore en vie aujourd'hui mais… Tu avais promis que tu reviendrais parmi nous.

Ah oui, cette vieille promesse qu'il avait faite à Celso le jour où Irvin est venu le chercher pour l'intégrer dans l'armée de soldats défendant le royaume. Ce n'est pas comme s'il n'avait pas essayé, au début. Un jour, il avait tenté de s'enfuir après avoir pété un plomb et frappé Irvin en plein de visage à cause d'une incompréhension mutuelle. Levi ne comprenait pas pourquoi le grand blond se butait à suivre telle stratégie alors que celle-ci consumait plusieurs centaines de vies avec elle. Il avait fini par le cogner violemment au visage et puis…. Puis rien du tout. Tout s'était plus ou moins arrangé et Levi avait fini par apprécier ce mode de vie et ce concept de protéger l'humanité au-lieu de chercher à la dépouiller et à la détruire. En entrant dans la Légion, il avait vu plus de morts, plus de massacres et pourtant, cela n'avait pas ébranlé sa nouvelle décision étant de rester définitivement au sein de la Légion. Il avait changé, c'était tout.

- J'ai changé. Rien de plus. Et puis, ce n'est pas comme si vous dépendiez de moi.

- Celso oui.

- Celso ? S'étonna le caporal.

- Il est devenu fou directement après ton départ. Quand il a compris que tu ne reviendrais pas, c'est devenu encore pire. Personne ne pouvait et ne peut encore l'arrêter lorsqu'il traverse ses crises de colère. C'est invivable haha.

- Il est triste de ne plus avoir son bouc-émissaire préféré à battre à mort pour se consoler surtout.

- Peut-être. Quand bien même, il sombre dans la folie et entraîne tout le groupe avec.

- …

- Ca ne te fait ni chaud ni froid ?

- De quoi ?

- De savoir que notre groupe tout entier est entrain de périr !

- … Ce ne sont pas mes affaires.

- Toujours aussi insensible à ce que je vois.

- J'ai d'autres choses bien plus importantes à m'occuper plutôt que de m'inquiéter pour un groupe de pillards et d'assassins à la dérive ! S'énerva le caporal en se retournant sur lui.

Al' sembla voulu ajouter quelque chose mais se retint. La tête de Levi devait être plutôt effrayante pour qu'il coupe net à la discussion. Les deux hommes décidèrent de ne plus dire un mot jusqu'à leur retour à la base qui fut, bien heureusement, très rapide. Levi allait pouvoir revoir Eren et ils pourraient repartir en direction du château. Enfin.

Lorsqu'il pénétra dans le bureau de Celso, ce dernier était en pleine discussion avec… Mike ?!

« Mais qu'est-ce qu'il fait là ?! » s'étonna le caporal.

- Qu'est-ce que tu fabriques ici Mike ? Demanda-t-il, confus.

- Ooh… Tu reviens déjà ? J'avais oublié que tu agissais rapidement. Dommage ! Jeta Celso l'air partiellement désolé. Al', tu veux ?

- Yep boss ! Répondit celui-ci d'une manière désinvolte avant de frapper Levi à un point précis de sa nuque.

Dès qu'il reçut le coup, Levi sentit la totalité de son corps se paralyser et s'effondra sur le sol, s'écorchant au passage les genoux et le menton. Le choc le sonna quelques secondes mais il se reprit vite. Son corps entier était immobilisé, seul subsistait son esprit et ses nerfs sensitifs lui permettant de ressentir la moindre douleur.

Son visage était tourné vers Mike et Celso, le toisant tout en terminant leur petite discussion. Le caporal ne comprenait pas ce qui se passait et son esprit embrouillé l'empêcher de formuler la moindre pensée cohérente. Brusquement, il sentit Alkaïr l'enjamber puis l'aperçut se pencher sur lui du coin de l'œil. Alkaïr claqua des doigts devant les yeux de Levi, parut satisfait de la réaction de ses pupilles et fit le rapport de son expérience :

- Il est hors-service pour un p'tit moment ! Deux heures au minimum.

- Tu ne sais pas perdurer cet effet trois heures de plus ? Le questionna calmement Mike.

- Je peux toujours l'endormir mais c'est un coriace. Il se pourrait qu'il se réveille plus tôt que prévu. Lui répondit-il.

- Fais-ça, j'aviserai ensuite.

Al se pencha à nouveau sur le caporal puis joignit ses mains en signe d'excuse en lui adressant un « Désolé vieux, les ordres ! » avant de lui asséner un énième coup bien placé dans nuque. L'effet fut immédiat et le plongea dans le coma. Juste avant de sombrer dans l'inconscience, sa seule pensée fut pour Eren dont il ignorait ce qu'il en était advenu. Restait à espérer qu'il ne lui était rien arrivé…


Voilà, c'est fini ! ^^

C'était un chapitre davantage concentré sur le "Levi du passé" selon moi. Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Intéressant, long, ... ? (c'est vrai qu'il fait plus de 1000 mots en plus que d'habitude ce qui est déjà pas mal u_u - si on ne compte pas mon blabla en plus qui a lui seul fait aussi plus de 1000 mots... )

Et bien sûr, comment avez-vous trouvé LA scène interrompue entre Levi et Eren ? C'est un peu une première fois pour moi et j'avoue avoir du mal avec ce genre de scènes. Je les imagine trèèès trèès bien dans ma tête mais encore faut-il bien les décrire pour que vous vous les imaginiez bien ! C'est tout un art et j'admire ceux qui parviennent à donner de petits frissons par ce biais ! Je suis donc super ouverte aux conseils ! Je n'ai pas eu l'occasion de bénéficier d'une oreille attentive pour me conseiller jusqu'ici et donc j'espère en avoir une à travers vos commentaires ! Critique négative ou positive, constructif ou non. Ca m'aidera énormément pour la suite, je vous l'assure !

Je compte sur vous ! *image de propagande américaine*

Sinon, pour ce qui est du prochain chapitre, j'avoue ne pas savoir quand il sera publié... Il est pré-écrit en grosse partie mais ayant un mois de juillet mouvementé, il est probable donc que le chapitre 12 arrive début août. Nous verrons bien, n'est-ce pas ? Vous avez été tellement patients avec moi jusque ici, depuis le début pour certains. MERCI beaucoup ! ;w;

Ah et pour ceux qui avaient la flemme au début mais plus maintenant : à l'occasion du premier anniversaire de cette fanfic' (ça vaut peut-être rien mais pour une première - pour moi-, j'ai envie de faire quelque chose haha), je voudrais faire quelque chose en plus. Mais je n'ai pas trop d'idées à part celle proposée tout en haut. Ainsi, avez-vous d'autres idées ? :3

Sur ce, amusez-vous bien bandes de cookies ! J'espère que ceux qui sont allés à la Japan Expo à Paris ont pu en profités et que ceux qui n'y ont pas été, profitent quand même de leurs chez eux ! À la prochaine ! :)