Disclaimer : Je ne possède aucun des personnages de Snk et seul les personnages Celso, Alkaïr et d'autres ayant le titre de "sire" m'appartiennent !

Pairing : LevixEren

Hi tout le monde ! Me voici de retour, un peu plus tôt que prévu pour vous livrer un chapitre un tantinet plus court que le précédent. Je trouvais que ça concluait bien l'épisode. Enfin bref, j'espère qu'il vous plaira !

Je n'ai pas encore décidé ce que j'allais faire pour les un an de la fanfic', j'ai préféré me consacrer sur la fanfic' elle-même haha. Du coup, un bon nombre de chapitre est déjà pré-écrit. Ca me soulagera plus tard et m'évitera de chercher pendant des heures. uwu Enfin, voilà. Comme ça vous êtes au courant.

Merci encore à ceux qui suivent cette fanfiction, je ne le répètes jamais assez. :)

Chome : Merci pour ton adorable commentaire ! La voilà la suite ! :D J'espère qu'elle continuera à te plaire éwè

MissMiserlypop : Haaaan tu ne peux pas savoir comment ta review m'a fait chaud au coeur ;w;. Je suis désolée de prendre autant de temps entre chaque chapitre haha. Des fois j'ai des phases de flemme très intenses et très longues suivies de phases d'écriture très courtes - malheureusement ! Mais je me rattrape cet été, promis. :3 En tout cas, je ne compte pas arrêter cette fanfic' de sitôt et sûrement pas en plein milieu de l'histoire ! Ca me rendrait triste aussi haha. Ah et je suis affreusement désolée pour le lemon interrompu. Enfin, à moitié. J'aime bien vous torturez je l'avoue (même si je ne me savais pas si cruelle à la fin. Peut-être est-ce que parce que j'ai toute leur scène dans ma tête ? xD). Merci en tout cas pour ta recommandation ! (même si j'avais l'impression de me faire grondée haha. Ca m'a fait rire) J'irai lire cette fanfic pour m'inspirer. *-* MERCI pour ton énorme pavé, je t'en ai fait un aussi maintenant ~

Bonne lecture ~


Chapitre 12 – Loin des cieux

La première chose qu'il vit fut une croupe de cheval. Charmant. Quoi de mieux au réveil après tout ? Levi se tortilla un peu et remarqua qu'il n'était pas dans une position des plus avantageuses… Il avait été renversé comme un moins que rien sur le dos de l'animal, les mains attachées et les pieds ballants. Qu'est-ce qu'il faisait là, ligoté comme un saucisson ? Ah. Oui. À présent, ses souvenirs revenaient à lui et son esprit embrouillé se remettait en place. Mike était venu, pour un motif quelconque, le chercher dans la tanière de Celso. Sauf qu'il n'y avait aucune raison à sa présence ou en tout cas, pas de raison connue par Levi. Il se tortilla encore un peu et remarqua qu'il y avait une personne à sa droite. Enfin, il ne lui touchait que le dos mais il n'avait aucun mal à imaginer qui en était le propriétaire.

- Mike.

- Ah. Tu es réveillé. Tu résistes très bien aux drogues.

- Que veux-tu, l'habitude. Répondit Levi, sarcastique.

- Je vois que tu as retrouvé ton humour.

- Il faut croire.

Mike ne rajouta plus rien mais ce n'est pas pour autant que le caporal en avait fini avec lui. Il se mut de telle sorte à ne plus être coincé sur le dos du cheval. Après quelques efforts, il finit par réussir à se dégager et se laissa tomber par terre. Ils avançaient à une lenteur d'escargot et donc, il ne courait aucun risque en se laissant glisser ainsi.

Il atterrit lourdement sur le sol et parvint à réaliser une légère roulade sur le côté pour éviter de justesse les sabots du canasson de Mike. Le caporal regarda à sa gauche et aperçut son cheval, en train de les suivre. « Bonne bête » pensa-t-il. Il se releva sur ses mains liées puis couru jusqu'à lui. Il l'enfourcha aussi rapidement que possible et fit face à Mike. Levi agrippa ses rênes et se tint prêt à partir au galop, si le besoin se faisait ressentir.

- Fais pas l'con Levi. Descends de ce cheval.

- Comme si j'allais bêtement t'écouter. Tu m'as fait assommer !

- C'était ça et te sortir de ce bourbier en toute tranquillité ou te faire arrêter par les gars de la garnison pour avoir déserté !

- Déserté ?! J'ai jamais fait une chose pareille ! Je m'occupais de la mission dont tu aurais dû normalement avoir la charge !

- Je n'en ai pas été tenu au courant.

- Alors comment expliques-tu ta présence là-bas ?

Mike soupira. Il n'avait pas pour habitude de parler aussi longuement. Et si c'était pour dire ce genre de choses, il préférait ne pas passer par là. Mais bon. Il se passa la main dans les cheveux et finit par dire :

- Celso nous a fait parvenir un message, au château.

- Celso ?

- Oui. Lui-même. Il disait que tu étais revenu dans sa bande et que tu allais, le soir même, effectuer un vol, sans Eren, au Parlement. Au Parlement Levi !

- C'était le seul moyen que j'avais pour gagner sa confiance !

- Dans tous les cas, Irvin est au courant et la nouvelle n'a pas eu l'air de lui plaire. Et si je n'étais pas venu te chercher, les « grands » en auraient eu directement vent. Alors, s'il te plaît, restons-en là et suis-moi jusqu'au château. Sans faire d'histoires.

- Tu aurais pu éviter de demander à Alkaïr de me droguer et de me mettre à terre.

- …

- Et sinon, où se trouve Eren ?

- Au château.

- Et il va bien ?

- Oui.

- Bien... Tu m'aides à me détacher maintenant ?

Mike obtempéra et Levi approcha son cheval de celui de Mike et celui-ci s'exécuta. Ils purent ensuite reprendre leur route mais cette fois-ci au galop. Le caporal ne voulait pas perdre une seule seconde de plus. Il avait été soulagé mais il devait tout de même le voir pour s'assurer de son état. Ou l'entendre au moins. Fort heureusement, Mike avait déjà parcouru une assez bonne distance, ce qui fait que les deux hommes arrivèrent assez rapidement au quartier général de la Légion. Ils y arrivèrent dans le courant de la matinée au vu du petit nombre de personnes présentes dehors. Seuls les plus matinaux s'affairaient à leurs tâches habituelles à une telle heure et, normalement, Levi se tenait auprès d'eux.

Sans son uniforme usuel et avec sa tenue du « corbeau », le caporal détonait au milieu des autres soldats. Du coup, il attirait inutilement l'attention sur lui. Des murmures se rencontrèrent tandis que d'autres proférèrent de nouvelles théories sur son compte. Heureusement, Mike et lui pénétrèrent vite à l'intérieur du bâtiment. Mike guida Levi jusqu'au bureau d'Irvin pour la « confrontation ». En quelque sorte, il était impatient d'y être : de sérieuses explications allaient devoir être données. Ils l'atteignirent quelques instants plus tard. Mike laissa le soin au caporal de rentrer seul dans la fameuse pièce pendant qu'il gardait la porte.

Une fois dans le bureau, il put retrouver aisément son supérieur : posé au milieu de la pièce, dos à lui, les mains à même le bois du secrétaire. Levi suivit pour une fois le protocole et se posta près de la porte – à présent refermée, les mains positionnées derrière son dos, le menton légèrement relevé. Chacun tint sa position en silence durant quelques minutes. Le caporal voulait des réponses mais parfois, même si cela lui en coûtait, il devait faire preuve de patience.

Lorsqu'Irvin se retourna, Levi put apercevoir son visage, communément si dur, se teinter d'un sourire vengeur. Un spectacle qui aurait été déroutant pour quiconque n'ayant pas été aussi proche du grand blond durant autant de temps. Mais le caporal ne faisait pas partie de ces gens-là et s'était, depuis peu à vrai dire, habitué à voir ce genre de visage dans celui de son ancien amant. Toutefois, ce dernier se dépara rapidement de son sourire lorsqu'il vit le calme olympien du caporal, lui si enclin ces derniers temps à s'emporter. La revanche allait être de taille face à cet affront qu'il lui lançait ou, en tout cas, c'est ce qu'il lui semblait. Après quelques secondes, le grand blond se décida enfin à parler :

- Tu connais la raison de ta présence ici ?

- Pas dans les détails mais Mike m'a déjà débriefé dessus. À ce qui parait, je suis un déserteur ? Répondit Levi en le regardant droit dans les yeux.

- En quelque sorte, oui.

Irvin croisa les bras, près du corps et toisa le caporal. C'était la signe, évident, que peu importe ce que pourrait dire Levi, il ne serait pas écouté. Irvin manifestait ainsi sa prise de décision, non négociable naturellement. Il montrait également par ce biais que le seul homme possédant l'autorité dans ce château était lui. Son air supérieur accentuait encore plus ce phénomène. Il continua sur sa lancée :

- Ne crois-tu pas qu'il est normal de te considérer comme tel après ce qui s'est produit ? Tu as délibérément commis un vol au Parlement avec l'aide de tes anciens compagnons des bas-fonds ! Tu es redevenu un des leurs en une nuit à peine !

- Parce que la mission le demandait. S'expliqua calmement le caporal.

- Ta mission demandait seulement que tu ailles négocier avec Celso afin d'obtenir certaines denrées pour la Légion d'exploration. Elle ne te demandait nullement de participer à ce genre de méfaits.

- C'était dans le but de remplir cette mission que j'ai fais ça.

- Ah bon ? Es-tu bien sûr que ce sont les seules raisons qui t'ont poussé à faire cet acte ?

- Y en auraient-ils d'autres ?

- Te souviens-tu d'une certaine promesse faite il y a plusieurs années de cela entre Celso et toi ? Une promesse disant que tu allais revenir auprès de sa bande quelques années après avoir intégré la Légion ?

- … Comment es-tu au courant de ça ?

- Celso m'a tout raconté. Il essayait de se convaincre que tu étais revenu à lui et que tu ne m'appartenais plus. Le fou !

- Quand as-tu pu discuter de ça avec lui ?

- Tu poses beaucoup de questions Levi. Mais, soit. Nous avons discuté lorsque je suis venu chercher Eren. J'aurais pensé que j'aurais dû user de menaces pour entrer mais c'est Celso lui-même qui m'a ouvert la porte de sa cachette.

- …

- Alors, tu ne le nies pas ?

- Je ne nie pas l'existence de cette promesse si c'est ce que tu as envie d'entendre. Mais ce n'est pas pour cela que j'ai réalisé cette mission.

- La raison principale aurait-elle un lien avec Eren ?

Levi fut surpris de sa question. Il ne s'attendait pas à ce que le nom du jeune soldat soit prononcé dans cette discussion. Les sourcils froncés et le regard méfiant, il interrogea à son tour le grand blond :

- Qu'entends-tu par là ?

- Tu sais très bien de quoi je parle : de l'émeute qu'il a provoqué chez Celso lorsqu'il se trouvait, tout seul, avec les voyous de sa bande. Lorsque tu n'étais pas avec lui alors que tu aurais dû.

Piqué au vif, son regard vacilla un instant avant de se remettre à fixer celui d'Irvin. Il cherchait à l'atteindre émotionnellement pour mieux le tenir entre ses doigts manipulateurs par la suite. Mais il n'allait pas se laisser faire aussi aisément.

- Va droit au but Irvin.

- Je pense que tu n'es plus présentement apte à assurer ta mission. Je te démets donc de tes fonctions jusqu'à nouvel ordre.

« C'était une blague ?! Oh bordel. Rester calme. Rester…. Calme. »

- … Bien.

- Et comme sentence pour avoir trahi, d'une manière ou d'une autre, la Légion…

« Il le savait pourtant. Il savait que jamais je ne trahirai la Légion d'exploration. Et sûrement pas pour retourner dans le groupe de Celso, merde ! Il le faisait exprès, ce n'était pas concevable sinon. »

- ...Tu resteras dans les cachots du château jusqu'à ce que ta fonction de caporal te soit restituée.

- Entendu. Déglutit-il.

Si ce n'était que « ça », il pouvait le surmonter. Plutôt aisément même. Il n'était pas jeté en pâture aux titans, jeté à la rue ou encore moins assigné à une fonction au sein de la garnison ou autre. Et puis, il avait connu bien pire. Alors, « ça »…

- Ca me soulage que tu le prennes ainsi. J'avais peur que tu fasses une scène.

- Pourquoi en ferais-je une ? Je sais me tenir aux dernières nouvelles.

- Oh ça, je n'en doute pas. Ironisa-t-il. Je pensais seulement que, après tout ce que tu as fait, le sort d'Eren t'alarmerait un peu plus.

- Eren n'a rien à faire là-dedans !

- Eh bien, si tu n'es plus capable d'assurer ta fonction, nous ne pourrions malheureusement plus protéger Eren des griffes du gouvernement bien longtemps.

- Tu ne comptes quand même pas leur livrer Eren ?! S'offusqua Levi.

- Si nous ne pouvons plus respecter les conditions amenées par le juge, c'est possible.

- Ca n'a aucun sens ! Tu… Tu n'as qu'à ne pas faire de rapport sur mon cas ! S'emporta Levi. Tu l'as déjà fait !

- Certes mais, avant, c'était différent. Rétorqua Irvin, le regard lourd de sous-entendus.

- Je refuse d'abandonner mes fonctions.

- Ce n'est pas comme si tu pouvais en décider seul et tu le sais bien.

Le caporal voulut argumenter plus longtemps mais le grand blond coupa court à son incontrôlable agitation.

- Arrête de faire l'enfant Levi. Tu sais que tu ne peux pas toujours gagner. Même si tu es l'humain le plus fort.

Cette fois-ci, c'est le corps tout entier du caporal qui vacilla. Si sa reddition ne concernait que lui, alors il n'y avait pas de problèmes. Mais si cela touchait également Eren, alors là…

Brusquement, il crut remarquer un sourire satisfait sur le visage d'Irvin mais qui s'effaça aussitôt. Il avait obtenu ce qu'il voulait : un caporal désemparé. En plus, ce dernier n'objecta plus et se contenta de suivre Irvin jusqu'aux cachots. Sur le chemin, il croisa Erd' et Petra, occupés à discuter tranquillement jusqu'à ce qu'ils l'aperçoivent. Ils lui jetèrent des regards à la fois interrogatifs et inquiets. Il les rassura d'un signe de tête et continua sa route jusqu'à l'intérieur de sa cellule. Ensuite, le grand blond se mit derrière lui et pris ses poignets. Il parut les lier ensemble.

- Par simple mesure de sureté, je vais t'enchainer les mains. J'espère que tu me comprendras. Dit-il en s'exécutant.

- Va te faire mettre Irvin. Osa Levi, hors de lui et ne digérant pas le rictus de plus tôt.

Irvin lui asséna une sacrée baffe puis le força à s'agenouiller.

- Écoute-moi bien Levi. Je ne pense pas que tu aies bien tout saisi.

Il s'accroupit face à lui, le regard dominateur.

- Tu es ici parce que je l'ai bien voulu. Tu es vivant et en pas trop mauvais état par que je l'ai bien voulu. Et la durée de ton sort sera décidée selon mon bon vouloir. Toute ta vie, depuis que nous nous sommes rencontrés, n'a été dirigée que par moi seul et selon mes désirs. Et elle continuera à l'être ! Même si cela doit s'opposer à tes propres souhaits.

Il se releva à l'aide de son poing et poursuivit son monologue :

- Quoique tu fasses, où que tu ailles, tu seras toujours relié à moi. Tu comprends ça Levi ? Si tu tentes de t'enfuir loin de moi, de ce fardeau ou même de cette vie, tu n'as nulle part où te cacher, où te réfugier. Même ton petit Celso t'a trahi sur le coup de la folie et pour une bouchée de pain. Alors, ne crois pas que tu as la possibilité de vivre ta vie librement. Tant que je suis là, c'est moi qui dicte les lois.

Sur ces mots, il s'en alla. Laissant Levi dans les profondeurs du château avec, pour seul compagnon, un rat cherchant désespérément un quignon de pain à se mettre sous la dent. Comme quoi, on ne nettoyait pas assez souvent. Il alla se poser contre un des murs de sa cellule et s'assit. Il repensa aux paroles d'Irvin. Sur le coup, il ne pouvait qu'afficher un regard rempli de haine à l'encontre du grand blond. Tout son corps suintait l'aversion à son encontre et il ne voulait en aucune façon faire disparaître cette sensation. Si quelqu'un le voyait, il prendrait sûrement peur.

Il décida de jeter son attention sur autre chose, histoire de se changer les idées. Il avait tout le loisir de continuer le fond de sa pensée maintenant qu'il était emprisonné dans ces foutus cachots jusqu'à nouvel ordre. Et qui sait combien de temps cela pouvait prendre avant qu'il ne sorte de là !

Son regard se porta en fin de compte sur ses chaînes. Elles étaient elles-mêmes attachées à une barre de fer placée dans le bas du mur. Elles mesuraient une bonne vingtaine de mètres et lui permettaient de circuler « librement » dans sa cellule ou même de se pendre, si l'envie soudaine et macabre lui prenait. Bien sûr, c'était la dernière chose qu'il était prêt à faire. Il n'avait pas du tout envie de mourir dans ce trou sombre et humide en étant seul et haineux. Au moins ses chaines lui donnaient la possibilité de faire sa gym journalière. Il était d'abord étonné d'en retrouver avec une telle longueur dans les cachots du château, se disant que cela donnait une dangereuse liberté de mouvements au plus astucieux des malfaiteurs. Mais après tout, à quoi cela pouvait lui avancer ? Il n'était pas non plus dans l'idée de s'échapper de cet endroit maudit. Malheureusement.

Ensuite, le caporal reporta son attention sur les bruits qui l'entouraient. Il ferma les yeux pour faciliter l'écoute car, comme il est populairement dit, les yeux aveuglent celui qui souhaite écouter. De cette façon, il parvint à distinguer de multiples bruits tels que les gouttes d'eau s'écouler lentement sur les parois des murs de pierres, le froissement de ses vêtements lorsqu'il se mouvait, le bruit des pas des soldats à l'étage et les murmures de leurs paroles et étrangement, un bruit qu'il n'aurait pas du entendre en pareil endroit. Une respiration. Plutôt calme et lente. Comme celle de quelqu'un dans un profond sommeil.

Il se mit à l'écouter plus attentivement. Il ne pouvait y avoir beaucoup de monde à ce moment précis dans les cachots mais celui lui plaisait d'identifier, à force d'écoute, la personne à qui appartenait ce souffle. Il imagina sans peine sa poitrine se soulever doucement, ses yeux s'agiter spasmodiquement sous l'effet du rêve, ses doigts fins bouger frénétiquement comme s'ils voulaient atteindre quelque chose de précis… Et puis, le corps d'Eren tout entier, endormi sous ses yeux. À force de l'avoir observé, nuit après nuit et même dans un temps si court, Levi pouvait sans problèmes faire apparaître la vision doucereuse sous ses yeux. Il sourit à cette pensée. Après avoir constaté que le jeune brun semblait bien se porter – suffisamment pour ne pas faire de cauchemars et dormir paisiblement, Levi s'accorda un bref moment de répit durant lequel il pouvait se perdre, lui aussi, dans quelques rêveries qui n'appartenaient qu'à lui.

Un temps indéterminable plus tard, Levi crut reconnaître un bâillement dans la cellule d'à côté, celle où se tenait Eren, signe qu'il était définitivement réveillé.

- Eren ?

- C-Caporal ! C'est vous ?

- Qui veux-tu que ce soit d'autre… Oui c'est bien moi.

- Qu'est-ce que vous faites là ?

- J'ai été démis de mes fonctions et accusé de désertion. Rien de vraiment alarmant.

- Mais si ça l'est ! Qu'allez-vous faire ?

- Ne t'inquiète pas pour ça. Dis-moi plutôt, pourquoi tu n'es pas allé dans la chambre ?

- Je n'ai pas vraiment eu le choix ! Rigola-t-il. Comme vous n'étiez pas là, il fallait… quelque chose pour me garder. La cellule et les chaines sont ce qu'ils ont trouvés de mieux je suppose.

- Est-ce que tu es, comme la première fois, enchainé à ton lit ? S'inquiéta Levi.

- Oui mais pas de la même manière. Je peux bouger librement maintenant ! Et vous caporal ?

- Je suis dans le même cas… Sauf que je ne suis pas attaché à mon lit mais plutôt à un des murs. Dis-moi, ils t'ont bien traité ? Qu'est-ce qui s'est passé pendant mon absence ?

- Lorsque vous êtes partis, j'ai tenté de sortir de ma chambre et de vous suivre.

- Rah ! tu avais bien besoin de faire ça ! S'exclama Levi en se posant la main contre le front.

- Désolé.

- Ce n'est pas grave maintenant. Continue.

- Mais après être sorti, je me suis trompé de chemins et me suis perdu. Finalement, lorsque je suis arrivé dans la Fosse, Celso s'y trouvait, avec le major Smith, et m'a tout de suite intercepté. Je pense qu'il m'a assommé parce que je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé jusqu'à mon réveil. En me réveillant, j'ai vu Gunther qui m'a tout de suite conduit ici. Je lui ai posé quelques questions mais il n'a pas su me répondre.

- Quelles questions ?

- Par exemple, où vous vous trouviez.

- Tu aurais pu poser un autre genre de question, au-lieu de t'inquiéter de l'endroit où se trouve ton supérieur. Sur quelque chose de plus vital par exemple.

- Peut-être… Mais c'est vous qui m'inquiétez le plus à ce moment-là. Vous ne me lâches d'habitude pas d'une semelle alors… J'étais étonné.

- Tu n'as pas été dérangé par ce que tu as vu ?

- Par quoi ?

- Par cet endroit. Là où se terre Celso et sa bande. Ce lieu auquel j'appartenais auparavant. Par mon incompétence aussi lorsqu'il fallait te défendre...

- Caporal, je ne suis pas un gamin. Je suis capable de comprendre certaines choses. Et de me défendre aussi. Ce n'est pas la première fois que je me bats contre un plus grand nombre que moi.

- Ah, je demande à voir. Ironisa le caporal.

- Si je pouvais le faire, je vous montrerais tout de suite. Dit-il dans un élan de confiance en lui.

- C'est ce qu'on verra.

- Et… Caporal ? Reprit-il, plus sérieusement.

- Oui ?

- Vous n'étiez pas du tout incompétent. Vous étiez le plus fort parmi eux et vous les avez mis à terre en un rien de temps !

- Avant de me faire stupidement battre par une seringue.

- Vous au moins, vous combattez de façon juste ! Ce n'est pas comme ces gens qui font des coups dans le dos au moment où on s'attend le moins ! Je vous ai toujours admiré pour ça.

- Et si je te disais qu'avant, c'était devenu une de mes spécialité d'attaquer quand l'adversaire s'y attendait le moins, dans son dos ou dans son sommeil par exemple ?

- Il parut réfléchir un moment avant de répondre :

- Vous savez caporal, on ne peut pas toujours être le meilleur des hommes à chaque moment de sa vie. Il arrive que l'on fasse des erreurs. Ce n'est qu'une tâche sur votre parcours !

- Ce gamin le surprendra toujours à sortir comme ça des phrases pareilles.

- Et puis, Continua-t-il, nous n'aimons pas quelqu'un pour ce qu'il a été mais pour ce qu'il est aujourd'hui et ce qu'il sera demain.

- Aujourd'hui et jusqu'à ce que la mort nous sépare hein ?

- Oui et au-delà.

- On dirait que tu récites un semblant de serment de mariage.

- Peut-être. Pour moi, c'est la seule façon de s'aimer vraiment alors je suppose que l'on peut appeler ça un mariage.

- Idiot. Tu devrais tourner ta langue dans ta bouche avant de dire n'importe quoi.

- Je ne dis pas n'importe quoi !

- Oui, oui… Je te taquinais.

Un silence se créa entre les deux hommes. Un moment durant lequel Levi aurait voulu pouvoir observer à son aise le visage et les multiples expressions s'y mettant du jeune brun. Seul un mur de pierre les séparait l'un de l'autre. Un mur qu'il voudrait tant voir s'écrouler. Il le toucha de ses mains, espérant d'une certaine manière sentir la chaleur d'Eren. C'était naïf de croire une chose pareille possible mais le moment n'était plus aux raisonnements logiques. Il n'avait pas vraiment la tête à ça.

- Caporal ? Que va-t-il se passer ensuite ?

- Je suppose que nous allons croupir ici quelques temps… Rien de grave je t'assure. Répondit-il en retirant ses mains.

Au fond de lui-même, Levi ne pouvait pas s'avouer qu'Eren risquait réellement d'être livré aux chiens de la garnison ou de la secte. Pour une fois, il préférait se mentir à lui-même en plus de mentir au jeune brun. L'attente… Elle était la seule clé, la seule réponse aux questions qui se bousculaient dans sa tête. Des questions sur l'avenir d'Eren au sein même de la Légion. Des questions sur lui-même également. Cette seule et unique question qu'il se répétait inlassablement : Avait-il encore la force de tuer Eren au moment venu ? Sûrement que non. Il doutait de plus en plus de sa capacité à asséner le coup final au demi-titan. Toutefois, il valait mieux qu'Irvin n'en sache rien. Il ne devait pas connaître ses doutes ou faiblesses. Plus aujourd'hui.

- Et pour ce qui est de l'exploration ? Allons-nous toujours la faire ?

- Je suppose que oui. La Légion a besoin de toi. Et de moi également, pour te tenir à l'œil. Soupira Levi. Ce n'est qu'une question de temps avant que la mise en place du projet ne débute. Si nous sortons assez rapidement d'ici, il nous restera peut-être quelques jours d'entrainements et de congés avant le grand recrutement.

- Le recrutement ?

- Oui. C'est le dernier moment avant de commencer le moins d'entrainement intensif des anciennes et nouvelles recrues. Surtout des nouvelles. C'est le moment où on établit une bonne fois pour toute la stratégie, où on vérifie l'inventaire, etc. C'est un jour important qui signe le début de toute une préparation.

- Est-ce que… Nous allons devoir assister à ça ?

- Je ne sais pas. Tout dépend d'Irvin. C'est lui qui se charge du discours de rassemblement. Il reste à voir si tu en fais partie. Ca ne m'étonnerait pas. Tu es notre « carte » maîtresse en quelque sorte.

- Ah ! Je ferai de mon mieux alors.

- Ne prends pas la grosse tête non plus gamin. Dit-il en souriant.

Les deux hommes continuèrent à discuter pendant ce qui semblait être des heures. Le soleil que l'on apercevait vaguement au travers du soupirail, déclinait lentement et retournait se nicher vers la terre, là d'où il provenait chaque matin. Lorsque le soir vint, ils conclurent qu'il fallait mieux dormir quelques heures. Dans le pire des cas, cela faisait passer le temps.

- Ca va aller pour dormir Eren ? Tu n'es pas effrayé de te retrouver ici ?

- Ca ira caporal. Parce que je sais que vous êtes là, tout près de moi.

- Bonne nuit Eren.

- Bonne nuit caporal Levi.

Et le pays des rêves leur ouvrèrent ses bras aimants. Levi n'eût, étrangement, aucun rêve notable cette nuit-là. Il sentait juste la présence d'une immense chaleur, venant le réconforter dans ces cachots glacés, accompagnée d'un immense sourire le touchant au cœur. Il se sentit bien, extrêmement bien… Pour la première fois depuis longtemps.


Yopla c'est fini ! Je termine ce texte à une heure... disons plutôt tardive alors je suis contente de l'avoir fait haha. Il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre et pas beaucoup de choses avec Eren. Je m'en excuse ;u;. Cependant, les prochains chapitres vont rattraper tout ça, je le jure ! (enfin, j'espère. J'ai des doutes à propos de mes propres résolutions parfois)

Je vais me lancer demain ou après-demain dans l'écriture du chapitre 13 qui risque de durer un peu plus longtemps que ce que je pensais huhu. J'ai des recherches à faire si vous voyiez ce que je veux dire. :B Heureusement, j'ai tout ce qu'il me faut sous la main. Je suis parée !

À bientôt alors bandes de cookies sur pattes, profitez bien du soleil ou de la pluie. Perso', j'ai pu profiter allègrement de la pluie après une canicule de 2-3 jours et c'était divin. J'ai pu chanter "I'm singing in the rain" pendant 2 secondes avant de rentrer dans ma maison parce qu'il a commencé à dracher à mort. 'fin bref. Profitez quoi ~