Disclaimer : Ceci est la propriété de Suzanne Collins, évidemment.
Note : Et un chapitre très court de plus ! Merci à tous pour vos reviews !
Depuis les épaules de mon frère, je domine le monde. Nous traversons le Pré, puis la Veine, et nous arrivons enfin dans la ville. Mes frères bavardent gaiement, je piaille un peu, il faut vite que je mette mon bouquet dans de l'eau sinon les fleurs vont se faner. Ce serait vraiment dommage, elles sont magnifiques ! Je m'efforce de les serrer le moins possible dans mes petites mains.
- Où étiez-vous passé ?
Maman. Son visage rouge et luisant nous dévisage furieusement. Qu'est-ce qu'on a fait ?
- Vous avez osé abandonner le travail ? Et cette fournée de petits fours pour demain, qui croyez-vous qui va la faire ? Moi peut-être ? Comme si je n'en avais pas assez de nourrir trois incapables ! Remettez-vous au travail !
Mon grand frère me dépose immédiatement au sol. Je voudrais m'accrocher à son bras, il prend la fuite en direction du four. Maman reste debout face à moi. Elle me toise méchamment. Pourquoi est-elle toujours comme ça ? Elle ne m'aime pas ?
- Toi... Tout est de ta faute bien sûr !
Je me tais. Parler l'énerve encore plus. J'aimerais bien prendre ma défense mais... Mais elle me frapperait.
- Tu ne dis rien hein ? Tu ne dis jamais rien ! Tu n'es qu'un sale morveux... Quand je pense que tu es sorti de ma chair... Sale gosse, va !
Je tremble. Pourquoi dit-elle ça ? C'est ma mère, c'est ma maman... Elle devrait m'aimer, pas me haïr ainsi. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne comprend pas. Je ne sais pas. C'est trop compliqué pour moi. Elle est méchante, tout le temps, toujours. Et papa aussi devient méchant à son contact.
- Est-ce que je vais devenir méchant moi aussi si je reste dans cette maison ?
C'est une phrase un peu compliquée pour moi, j'ai eu du mal à prononcer les mots, je n'ai pas le temps de m'en féliciter que la gifle part. Je vole dans les airs et m'écroule en bas des escaliers. J'ai un drôle de goût dans la bouche, un drôle de pincement au coeur.
- Grandis un peu, Peeta !
Grandir ? Pourquoi grandir ? Si grandir c'est devenir méchant et frapper des enfants, je ne veux pas grandir. Je veux rester petit à jamais, pouvoir grimper sur les épaules de mes frères, courir dans les champs, tenter de parler à la fille qui chante, rire avec mes camarades. C'est mieux que grandir. Je pleure. Je saigne. Mon oeil me pique douloureusement, toute ma joue me brûle. Bientôt je n'y vois plus rien et je pleure, je me noie dans mes larmes.
- Pff... Lamentable. Tu n'es pas mon fils. Et dire que je vais devoir te supporter et te nourrir pendant sept ans avant que tu ne sois moissonnable...
Je hoquette. Je... Pourquoi dit-elle ça ? Elle n'a pas le droit ! Elle est méchante, méchante ! Je n'ai rien fait, je n'ai rien demandé ! Pourquoi dit-elle des choses pareilles ? Je... Oh. Pourquoi est-ce que ma mère ne m'aime pas ? C'est ma maman... Mais elle ne veut pas de moi.
Bientôt, la tête me tourne. Je reste sur les marches, j'ai mal partout, je suis mal retombé. Ma mère est une femme forte qui ne chante ni ne sourit jamais, une femme capable de rester des heures devant le four, une femme incapable d'amour. Une femme qui, lorsqu'elle frappe ses enfants, leur fait beaucoup plus de mal qu'elle ne le pense. Je pleure et mon coeur d'enfant saigne.
La dernière image que j'emporte avant de m'évanouir est celle de son énorme pied écrasant mon magnifique bouquet destiné à Katniss.
