Disclaimer : Cette mini-fiction n'existerait pas si Suzanne Collins n'avait pas écrit Hunger Games.

Remerciements : A tous ceux qui me suivent et me lisent, merci ! Merci aussi à tous les anonymes que je ne peux pas remercier par messages ! :)


Le noir. C'est le noir qui me réveille. Le noir de mes paupières, le noir à l'intérieur de ma tête, le noir de ma chambre. J'ouvre les yeux et j'aperçois un filet de lumière. Je sanglote aussitôt. J'étais presque mieux dans le noir, cette lumière aveuglante me rappelle trop bien le doré de mes boutons d'or. Le doré de mes cheveux. Elle me rappelle mon incompréhension et ma douleur, le rejet de ma mère et la gifle qui est à l'origine de mon état.

Je respire un bon coup. Mon esprit d'enfant tente d'analyser la situation. Je suis dans ma chambre. A en croire la luminosité de la pièce, il fait jour. J'ai du dormir toute la nuit, assommé.

- Peeta !

Je me recroqueville immédiatement sous mes couettes. N'approchez pas, je ne suis pas là.

- Peeta... C'est nous...

Les voix de mes frères. Karim et Joackim. Si semblables.

- On est désolé, Peeta. On n'aurait pas dû t'abandonner...

Pourquoi l'avoir fait alors ? Maman m'a frappé. Maman... me frappe toujours. Ils le savent.

- Peeta, dis quelque chose s'il te plait...

- Débiles.

Un silence. Et puis un rire étouffé.

- Il en a dans le pantalon le petit frère !

- Arrête, t'as vu la gifle qu'elle lui a mis ? Il doit plus avoir de tête.

Ils rigolent tous les deux. Ils se comprennent trop bien. Ils sont presque jumeaux. Je suis le petit dernier, celui qu'on abandonne, celui que personne n'aime dans la famille.

- Peeta... On va te laisser, d'accord, faut qu'on aille faire le pain, mais ne nous en veut pas, d'accord ?

- Révise tes cours, débile, t'as dit deux fois d'accord !

- C'est toi qui dit ça ? Tu passes ton temps à baver sur ta voisine !

A baver ? Joackim passe son temps à dormir sur sa voisine de classe ?

- On te laisse, p'tit frère. A plus tard !

Ils s'éloignent. Bientôt je n'entend plus leurs pas. Je reste seul dans ma chambre, seul dans ma tête, et ma tête est si lourde... Je m'allonge correctement, je me laisse aller.

Dormir, j'ai envie de dormir... J'ai envie de pleins de choses, en fait. Je voudrais fuir, disparaître, oublier ma mère, partir dans le Pré ramasser des fleurs.

J'aperçois la lumière du jour. Elle se bat vaillamment pour éclairer la chambre où je dors avec mes frères alors que les volets sont fermés. La lumière est forte, elle.

Un sourire éclaire mon visage. J'ai cinq ans, je ne vais pas me laisser abattre.

Si personne ne veut de moi, je serais la lumière de ma propre vie.