Disclaimer : Merci à Suzanne Collins, l'auteur d'Hunger Games.

Note : Merci à tous ! Vos reviews me font vraiment très plaisir ! Continuez de m'en laisser, elles me redonnent le sourire ! :)


Après une bonne nuit de sommeil, je me réveille apaisé. Maman était sans doute énervée, elle ne pensait pas ce qu'elle disait, elle était méchante injustement, inconsciemment. Les adultes disent souvent des choses un peu bizarres, eux qui savent parler ont tendance à parler trop vite. Clairement, je préfère l'innocence des enfants. Mais j'ai décidé de pardonner à notre mère.

- Salut p'tit frère !

- Bonjour Jo' ! Salut Ka' !

- Tu vas mieux ?

La voix de Karim est anxieuse. Sous ses dehors de grand frère, il m'apprécie. Cette voix inquiète réconforte immédiatement mon coeur d'enfant. Mes frères m'aiment.

- Beaucoup mieux !

Un sourire illumine le visage de Joackim. Il pose son immense main sur mon épaule et la serre légèrement. Je dévisage son visage et sa grande taille. Il est si grand, si impressionnant ! Il a dix ans, c'est le plus grand, celui qui nous protège contre tout. Sauf face à notre mère, pensais-je avec une pointe d'amertume.

- Tu ferais mieux de te dépêcher p'tit frère, on est dimanche aujourd'hui et nous devons aider les parents à faire le pain.

Je hoche la tête. Avec un sourire encourageant, Joackim et Karim sortent de la chambre que nous partageons. Je saute immédiatement de mon lit et je me dirige vers la salle de bain. Dans la minuscule pièce où nous ne pouvons pas tenir à deux, je me brosse les dents, je peigne mes cheveux blonds et emmêlés. Je fais des grimaces devant le miroir cassé en voyant le bleu sur ma joue. Maman a frappé fort.

Mon sourire se brise en repensant à mon bouquet de boutons d'or. Il était beau. Quel dommage que maman l'ait écrasé ! Elle devait être jalouse. Elle savait que je ne lui offrirais pas, que ce n'est pas elle mon amoureuse, et elle ne l'a pas supporté. Oui, c'est sans doute ça, maman était sans doute jalouse. Il faut que je lui prouve que je l'aime désormais. C'est ce que doit faire un fils, non ?

Ma toilette terminée, je descend lentement les escaliers en direction de la cuisine. Je m'accroche à la rambarde pour ne pas tomber dans le noir. J'arrive enfin au rez-de-chaussée et je me dirige vers la partie boutique. Notre maison est disposée de cette manière : la cuisine et la boutique en bas, ainsi que la cave où nous entreposons les ingrédients magiques, et l'étage avec nos chambres et les salles de bain sont en haut. Joackim raconte qu'il existe aussi dans notre maison un grenier mystérieux où des fantômes se cachent. Selon lui, c'est pour cela que maman disparaît de temps en temps. Karim m'a même dit un jour qu'il pensait que maman était une sorcière qui allait faire ses potions dans le grenier. Je ne sais pas trop si je dois le croire ou non...

J'entrebâille précautionneusement la porte. Si mes parents me découvrent dans la boutique à admirer les gâteaux alors que je devrais déjà être dans la cave à remonter des sacs de farine trop lourds pour moi, ils se fâcheront. Je m'avance lentement en restant bien caché et je m'aperçois que je ne suis pas le seul à admirer les gâteaux. Katniss Everdeen et son père se tiennent face à moi, chez moi, dans ma boulangerie. Je reste ébahi devant ce spectacle.

Aujourd'hui, Katniss est vêtue d'une jolie robe blanche, très simple, mais qui lui va très bien. Elle a à nouveau attaché ses cheveux en deux nattes qui lui tombent sur les épaules. Son regard gris se fixe tantôt sur mon père, tantôt sur le sien, souvent sur les gâteaux.

- C'est bientôt l'anniversaire de notre dernière fille, Primrose, dit son père. Nous voudrions lui acheter un petit biscuit pour marquer l'occasion. Elle a été malade la semaine dernière et nous avons bien cru que...

A ces mots, Katniss tremble de la tête aux pieds. Son regard n'a pas quitté les pâtisseries mais son sourire a disparu. Sa soeur était malade ? Je dévisage mon père. Il est très pâle et souriant. Il fait semblant. Il fait le fier, le grand, mais au fond il tremble en observant Katniss.

Pendant quelques minutes, je n'écoute plus la conversation entre les deux adultes. Je suis fasciné par Katniss. Son regard gris est pénétrant, intelligent. Ses deux nattes, posées sur ses épaules, lui donnent un air innocent, de même que la fossette sur sa joue. Elle est vraiment jolie.

- Et bien, au revoir et merci !

Non ! Non, je ne veux pas qu'elle parte ! Je m'apprête à la rattraper lorsque, alors que la porte se referme doucement, j'entend la voix de Katniss une dernière fois :

- Ils font vraiment de jolis gâteaux...

- Surtout le glaçage, n'est-ce pas ?

Son père rigole et disparaît de mon champ de vision. Caché derrière le comptoir, je me fais tout petit. A l'intérieur de moi pourtant, quelque chose grandit, grandit, et finalement explose dans une grande décision.

A partir de maintenant, c'est moi qui m'occuperait des gâteaux.