Disclaimer : Hunger Games est la propriété de Suzanne Collins, évidemment !
Remerciements : De plus en plus de monde qui suit cette histoire, ça me fait très plaisir ! Merci à vous tous pour votre soutien et continuez de me lire et de m'écrire des reviews ! :)
Les journées se succèdent. Le temps passe. Bientôt, je fêterais mon sixième anniversaire.
Cette nouvelle rend maman très heureuse. Trop heureuse. Elle voit le temps passer et raccourcir. Je ne comprend pas toujours tout, je suis encore trop petit, mais je sais bien qu'elle ne m'aime pas. Pas comme elle aime mes frères. Elle n'a jamais de mots tendres pour moi.
Elle n'en a pas non plus pour eux mais... Elle les aime quand même. Je l'ai vu aujourd'hui.
Je rentrais de l'école quand j'ai entendu papa parler de mon anniversaire. Il voulait me faire un cadeau spécial mais maman a protesté.
« - Tu crois vraiment qu'il le mérite ?
- Bien sûr ! Il vient d'entrer à l'école, c'est un grand garçon bien courageux. Il travaille autant que ses frères et la maîtresse est satisfaite de lui. Tu...
- Comment ça ? Il ne fait rien de ses journées !
J'ai entendu un léger soupir. Sans doute de mon père.
- Il reste là à te regarder travailler, il ne fait rien ! Et puis l'école, l'école, qu'est-ce qu'on s'en fiche de l'école ! L'école, c'est du temps perdu !
- Il faut pourtant qu'il étudie...
- Il n'aura pas besoin d'étudier s'il est moissonné. »
C'est ce qu'elle a dit. Mot pour mot. Et puis elle a reprit.
« - Gardons plutôt cet argent pour Joackim.
- Pour Joackim ?
- Lui, c'est un bon garçon. »
Depuis que j'ai entendu cette conversation, une heure s'est écoulée. Je suis complètement démoralisé. Ma maman... Ma maman ne m'aime pas.
- Peeta ? Viens m'aider à faire les gâteaux s'il te plait !
La voix de mon père me tire de mes pensées trop sombres. N'étais-je pas censé être la lumière de ma propre vie ? Je soupire. C'est trop dur. Je ne suis qu'un enfant. Je n'ai plus foi en rien. Personne ne m'aime dans cette maison.
- Peeta ?
Mon père se tient sur le seuil de ma chambre. Il me dévisage avec étonnement. Assis contre mon lit, sur le sol froid, je pleure. Je n'espère pas l'attendrir, cet homme ne m'aime pas. Il a juste mis la petite graine dont maman avait besoin pour faire un enfant. Si seulement elle avait vraiment eu envie de cet enfant !
- Viens avec moi, Peeta.
La voix de mon père me parait plus douce. Je le regarde droit dans ses yeux bleus.
- C'est bientôt ton anniversaire. Tu le sais, non ?
Bien sûr que je le sais. Je le répète tout le temps à Joackim et Karim. Ils en ont même marre. Karim a menacé de me frapper si j'ouvrais encore la bouche.
- Tu seras bientôt un grand garçon, mon fils. Peut-être ne reprendras-tu pas la boulangerie familiale mais en attendant, tu dois vivre avec nous.
Un sanglot m'échappe. Voilà qu'il me fait encore des reproches ! Non ! Non ! Je pleure et je tape le sol de mes petits poings fermés. Non ! Je ne veux pas vivre avec des gens qui ne veulent pas de moi ! Ils ne m'ont jamais aimé !
Je me lève soudainement. Je dévisage mon père, le regard brûlant, les yeux rouges, les cheveux en bataille. Je le hais, lui aussi !
- C'est pourquoi...
Dis-le ! Dis-le que tu souhaites ma disparition, toi aussi ! Allez papa, vas-y, dis-le que tu ne m'aimes pas !
- Tu dois apprendre à faire des gâteaux.
Je me fige.
- Tu t'ennuies un peu quand tu rentres de l'école, non ?
Je hoche la tête, interdit. Espérant.
- Viens avec moi, Peeta. On va commencer par faire le glaçage et quand tu seras plus grand, je t'apprendrais à faire de bons gâteaux !
Papa tend la main vers moi. Je lève la tête vers cette main. Si proche. Cette main qui symbolise tous mes espoirs.
- Allons dans la cuisine, fiston...
Je prend cette main tendue et je regarde mon père droit dans les yeux. Son sourire me parait sincère. Il me réchauffe des pieds à la tête.
- Ce sera ton cadeau d'anniversaire, Peeta, et ça restera entre nous, tu veux bien ?
J'adresse un grand sourire à papa et je commence à babiller sur les pâtisseries que nous allons faire. Tous les deux, rien que tous les deux. Heureux. Ce sera notre secret et ainsi, maman arrêtera de se plaindre de moi. Je souris. Oui, tout n'est peut-être pas perdu pour ma famille...
