Emission 17 : La dernière séquence
La procession avait un aspect des plus comiques. Les serviteurs de Lucifer encadraient Atlas, lequel portait sur son dos un siège où était installé ce pacha d'Abel.
- Navré de vous imposer ça, se confondait en excuse le dieu solaire. Mais cette marche forcée m'a causé des ampoules si monstrueuses que je n'ose poser pied à terre.
- Aucune importance, répondit le Corona Saint, aux anges. Vous servir est un bonheur sans cesse renouvelé !
- Mission accomplie, annonça Belzébuth à Lucifer, qui attendait le retour au bercail du dernier juré. Ce ne fut pas sans peine, mais nous avons fini par le dénicher sur l'île d'Andromède.
- Ah, se mit à rêvasser Abel, en regagnant son trône de juré. Cette île est un véritable paradis terrestre. Les habitants sont si chaleureux et amicaux, si vous saviez ! Et vous, où êtes-vous partis en villégiature, après que nous ayons pris congé d'Artémis ?
- Un paradis terrestre hein, renifla Lucifer. Moi, je suis parti sur une île qui avait précisément la réputation inverse. Bonjour la publicité mensongère, ça ressemblait à un camp de vacances pour ados difficiles. Et, en plus, il a plu tout le temps du séjour.
- Moi je suis allé au Japon, annonça Eris. J'ai un petit cottage là-bas. C'est idéal pour oublier, ne serait-ce que quelques jours, vos sales bobines. Dommage que la production m'ait rappelé aussi vite…
- Bof, répondit Poséidon. Personnellement, je n'ai été nul part en particulier. Je suis juste passé vendre deux trois breloques de mon hôte, histoire de pouvoir payer cette sangsue de Lucifer. Incroyable, d'ailleurs, comme le cours de l'immobilier s'est effondré depuis ma dernière réincarnation, je n'ai pas tiré un copeck des multiples demeures héritées des Solo. C'est vraiment la crise économique mondiale !
- Tu ne crois pas si bien dire, l'informa Lucifer. Enfin, ça n'a plus d'importance, à présent. Un autre s'est chargé de payer les réparations. A ce que je sais, nous avons même failli y perdre notre emploi. Heureusement que nos directeurs ont finis par réaliser que seules les vieilles valeurs pourraient faire fructifier leurs capitaux.
Soudain Abel, voyant apparaître d'autres valeurs fluctuantes du marché, sauta du coq à l'âne :
- Petite sœur, débuta Abel. Quelle est encore cette tenue informe ? Déjà que tes sempiternelles robes blanches te donnaient de faux airs de meringue, voilà que tu te déguises en pièce montée !? Honnêtement, je ne sais pas ce qui te retient d'intenter un procès au pâtissier qui te sert d'habilleur !
Athéna, engoncée dans son armure divine, s'était invitée sur la scène. Sur le pied de guerre, ces cinq Saints de bronze préférés l'aidaient à déplacer sa lourde carcasse.
- Il suffit, rétorqua-elle. Nous, défenseurs du genre humain, avons finalement découvert le pot aux roses ! Cette mascarade est encore une manœuvre visant à détruire l'humanité ! En abreuvant le consommateur moyen de cette télé-réalité douteuse, vous l'avilissez de façon presque subliminale ! Quand la planète ne sera plus qu'un vaste pâturage parcouru d'un troupeau de loques, incapable de penser autrement que par l'intermédiaire du tube cathodique, il vous sera aisé d'en devenir les maîtres absolus !
Lucifer, se limant placidement les ongles, répliqua immédiatement :
- Vous voyez vraiment le mal partout ! Certes, notre passif joue entre notre défaveur, mais pourquoi nous cherchez continuellement des poux dans la tête ? Ne pouvez-vous pas nous octroyer le bénéfice du doute ?
- Tu prêches dans le désert, lui souffla Poséidon. Plus que l'héroïsme, c'est la jalousie qui les pousse à nous rentrer dans le lard. Ils ne peuvent concevoir que quatre incorrigibles méchants deviennent les nouvelles têtes de série.
- Nan, décria Ikki. Personnellement, mon poing est guidé par la plus basse vengeance ! Illusion du Phénix !!!
Prenant le Dieu au trident à revers, le Saint du Phénix lui décocha son attaque fétiche. Poséidon, halluciné au sens propre comme au sens figuré, vit Athéna et ses escortes se transmutaient en six autres figures connues. Dans son délire, le souverain des océans balbutia :
- Kanon, Sorrento, Io, Isaac, Krishna, Bian ! Qui vous a permis de quitter votre poste ?
Au mieux de sa forme, Kanon répondit :
- Altesse ! Nous, Généraux des sept mers, avaient décidé de vous rendre un hommage surprise. Désormais, nous sommes le boys band « The Poséidon People ». Que dites-vous de nos nouveaux costumes de scène ?
A ces mots, les armures sacrées des Généraux évoluèrent en des tenues plus « flashy ». Kanon, leader incontesté du bataillon, se retrouva affublé d'un uniforme de capitaine de corvette, Sorrento d'une tenue de mousse, Io d'une panoplie de contremaître de chantier, Bian d'une tenue de cow-boy, Krishna d'une tenue de chef indien et Isaac, enfin, d'un ensemble de motard.
Poséidon, qui ne savait plus où se mettre, leur cria :
- Etes-vous tous devenus cinglés ?! Vous me couvrez de honte en…
- Mais altesse, l'interrompit le frère de Saga. Pourquoi vous énervez-vous ? Nos intentions sont pures. Nous voulons seulement montrer à la face du monde l'admiration béate qui nous habite. Musique !
Sans plus tergiverser, les « gens de Poséidon » entonnèrent une version remaniée de « In the Navy », chanson engagée d'un célèbre groupe disco. Le seigneur des mers, sur qui se déversait sauvagement toutes les moqueries des autres membres du jury et du public, supplia :
- Pitié ! J'avouerai tout, je ferai don de toutes les richesses de Julian, je m'extraderai sur la lune, mais faites taire ces triples buses efféminées ! Nooonnn !!!
Dans la réalité, Poséidon perdit connaissance et s'effondra à terre. Abel, palpant son pouls, constata :
- Incroyable ! L'âme de Poséidon a quitté l'enveloppe charnelle de son hôte ! Quel que fut le diaporama que lui montra Phénix, cela a dû lui flanquer une frousse de tous les diables, pour qu'il batte ainsi en retraite jusqu'à son urne funéraire !
- Il ne l'a pas volé, grogna le frère de Shun. Par sa faute, ma vie est un enfer. Si, aux temps mythologiques, il n'avait pas exigé qu'Andromède lui soit sacrifiée, la princesse éthiopienne ne serait pas devenue la constellation que l'on sait. Aussi, mon frère n'aurait donc pas à se travestir de cette armure rose bonbon.
- Grand frère, intervint Shun. Moi, je l'aime bien cette armure. Je n'ai pas envie que…
- Plus un mot, l'enguirlanda Ikki, soit l'homme le plus viril et macho que la terre ait jamais porté. Il est temps de je reprenne en mains ton éducation !
- Il est surtout temps que quelqu'un refroidisse tes ardeurs, hurla Eris. Sale volaille enflammée, prends ça !
La déesse de la discorde propulsa sa lance en direction d'Ikki, qui l'évita facilement. Mais son frère cadet, aux réflexes d'escargot, l'encaissa alors dans le buffet.
- Shun, beugla le Saint du Phénix. Sombre crétin ! Pourquoi n'as-tu pas esquivé ?
- J'ai essayé, gémit l'ami de June. Mais mon corps a refusé de m'obéir…
- C'est probablement parce qu'il est encore sous l'influence du schéma narratif redondant de nos films, supputa Shiryu. Inconsciemment, il est programmé pour recevoir les coups sans tenter de se défendre.
- 'Manquait plus que ça, râla Ikki, en chargeant son frangin sur ses épaules. Bon, comme de bien entendu, je vais devoir lui sauver la mise.
L'aîné des Saints de bronze prenant la voie de l'infirmerie, Seiya, en chef de meute, l'apostropha :
- Ne te défile pas ! Les hostilités n'ont pas encore commencé !
- Peut-être, répondit le Saint de rebelle. Mais, en dégommant mon ennemi attitré, j'ai atteint mes objectifs journaliers. Débrouillez-vous sans moi pour la suite.
- Feignant, vociféra Seiya. A la prochaine réunion du personnel, je me ferai une joie de déblatérer sur ton compte !
Dans l'autre camp, l'on procédait aussi à l'évacuation des blessés. Thétis, légère et court vêtue, allait à grand pas mettre à l'abri ce pot-au lait… cette vache à lait de Julian.
- S'ils veulent la guerre, claironna Eris, ils l'auront ! Hyoga, viens voir maman ! Elle te réserve un chien de sa chienne !
Se nimbant de son aura frigorifique, le beau russe trottina jusqu'à la déesse. Subrepticement, il sortit de sa manche une des roses dont il garnissait quotidiennement la tombe de sa mère. Faisant fi des menaces de la jeune femme, il courba l'échine devant elle, lui offrit la rose et dit :
- Eris, je ne sais si ce sont tes manières castratrices, ton teint cadavérique ou la manie que tu as de toujours douter de mes capacités intellectuelles, mais tout en toi me rappelle ma défunte génitrice. Il m'a fallu du temps pour l'admettre mais, à travers Erina, ton sex-appeal a agi sur moi comme un aimant.
Déboussolée par cette déclaration enflammée, Eris bafouilla :
- Eh bien… je… enfin…
Très tendre, Hyoga apposa l'index sur les lèvres de la déesse et murmura :
- Chut… Il ne sert à rien de lutter. Mon cœur t'appartient depuis le jour même où j'ai posé les yeux sur toi. Viens, abandonnons ces vies insipides et enfuyons-nous. Pour toi, je renierai Athéna, combattrai mon maîtres, mes frères d'armes et tout le genre humain. Si tu le demandes, je suis même prêt à troquer cet habit contre une armure écarlate.
- Hyoga, pleura Eris. Comme je suis heureuse. Moi qui m'étais résolue à croire que mon prince ne viendrait plus. Pourras-tu me pardonner toutes les exactions que la frustration m'a forcé à commettre ?
Le Saint du Cygne, soulevant la déesse du sol comme une jeune mariée, sourit de toutes ses dents et répliqua :
- Tout est oublié ! De toute façon, ma mémoire de poisson surgelé ne me permet pas de me remémorer tous les détails !
La jeune femme, se blottissant contre le torse musclé du Saint, gémit :
- Mon héros…
- C'est un cauchemar, s'exclama Seiya, en voyant partir son compagnon. Il ne peut déserter la cause pour les yeux globuleux de cette furie !?
- L'amour est aveugle, philosopha Shiryu. Apparemment, il est également borgne.
- Dites, les coupa Athéna. Plutôt que de discourir dans le vide, si nous retournions sauver la veuve et l'orphelin ? Cet accoutrement est inconfortable au possible. C'est tout juste si j'arrive à respirer.
- Oui, réfléchit Shiryu. Mais deux Saints et une déesse paralytique, n'est-ce pas une escouade un peu trop légère pour se confronter à ces bouchers de l'humanité ?
- Ne vous morfondez pas ! Nous allons vous prêter main forte !
Jabu et les quatre Saints de bronze de secours dégringolèrent du faux plafond du studio.
- Vous, s'étonna Seiya. C'est gentil de vouloir aider mais…
- C'est tout naturel, beugla Jabu. Pour une fois que nous pouvons mettre la main à la pâte sans risquer d'être mis sur le banc de touche, nous n'allons pas nous priver !
- Bon, s'exclama Atlas. Si vous vous êtes mis d'accord sur votre formation d'attaque, que le match commence ! Yah !
Facétieux, le bras droit d'Abel décocha une énorme boule de feu aux envahisseurs. Athéna et ses protecteurs, sous le choc, furent éjectés de la scène comme de vulgaires quilles de bois.
- Strike, triompha Atlas.
- Bravo, l'applaudit belanger. En définitive, tu auras réussi à mettre ton talent caché à profit. Avec tes méthodes expéditives, aucun championnat de bowling ne saurait te résister.
- Maintenant que les quilles sont à terres, plaisanta Jao, la piste sera plus aisée à nettoyer. En avant !
Les Corona Saints entreprirent la désinfection des lieux. Leur souverain, pour sa part, rejoint sa petite sœur chérie. Incapable de se relever, celle-ci glapissait :
- C'est malin ! Plus qu'une armure divine, cet artefact est une véritable carapace de tortue !
- Pas de panique, la rassura Abel. Je te conduis en lieux sûrs. C'est bien le diable si nous ne trouvons pas un ouvre-boîte qui te libérera de ce cocon disgracieux.
Le Dieu du soleil glissa un diable (pas Lucifer, le petit chariot de manutention) sous sa sœur bien-aimée et l'entraîna dans les coulisses. Terrifiée, Athéna s'écria :
- Seiya ! Au secours ! Abel veut crocheter ma ceinture de chasteté !
- Saori, répondit le Saint de Pégase. J'arrive !
- Oh non, le contredit Atlas, en l'enterrant dans le sol d'un coup de coude de catcheur. Tu n'iras nulle part !
Alors que la bataille prenait une ampleur disproportionnée, Lucifer s'alluma une cigarette et commenta :
- Bandes de mollusques congénitaux ! Ca se prétend combattants émérites, mais ça se chamaille comme des écoliers à la première occasion !
- Eminence, lui dit Belzébuth. Quelles sont vos instructions ? Devons-nous épauler les groupies d'Abel dans leur entreprise ?
- Inutile ! Qu'il lave leur linge sale en famille ! Dés le départ, cette émission était destinée à partir en quenouille ! Qui m'idolâtre me suive !
Les anges déchus s'évaporèrent comme un mirage. Au pupitre de commandement, Mitsumasa Kido, voyant ses enfants détruirent le matériel d'enregistrement pour se défendre des assauts répétés des Corona Saints, grinça du dentier :
- Les sales morveux ! Ils vont me faire perdre des millions ! A croire qu'ils ont juré ma perte !
- Chassez le naturel, il revient au galop, s'amusa le vieux maître. Ils ont véritablement le vice dans la peau.
- Ces petits expriment par la violence leur manque affectif et leur dépit, déclara Lucifer, débarquant comme un cheveu dans la soupe. Chacun d'eux, en découvrant que leur père biologique est un obsédé sexuel grabataire, a déboursé une fortune en psychanalyse.
- Plaît-il, médita Dohko. Mitsu, tu es donc le père de cette armada de gamins !? Chapeau bas, quelle vitalité !
- Oh, temporisa l'intéressé, cela n'a rien d'extraordinaire. Ces dames n'ont jamais su résister à mon charme suranné.
- Ce n'est pas la reconnaissance qui t'étouffe, le disputa Lucifer. Tu omets de signaler à ton ami que mon appui t'a été d'un secours inestimable ! Sans mon soutien, aucune de tes conquêtes n'aurait levé les yeux sur ta mine décatie !
- Quoi !?
- Eh oui, admit le P.D.G. de la fondation Kido. Voici de cela vingt années, j'ai souscrit un pacte auprès de l'agence de service de monseigneur l'ange déchu. Il m'assurait richesse, succès et femmes à profusion en échange d'une broutille : la damnation éternelle de mon âme. Tu comprends donc que j'ai signé sans hésiter une seule seconde.
- Exact, l'appuya le prince du mal avec un grand M. Kido, le délai a expiré depuis déjà cinq ans ! J'espère que tu as pleinement profité de ce délai supplémentaire car, pour l'éternité et peut-être plus encore, tu m'appartiens corps et âme ! En route !
Alors que la régie, sur l'ordre de Satan, balançait en fond sonore « Highway to Hell », le grand-père de Saori fit un signe d'adieu à son fripé comparse et dit :
- A bientôt Dohko ! Aies une pensée pour ton vieux complice quand tu feras valoir ton droit de cuissage sur ta soubrette !
Dans une odeur de souffre, le vieillard et le malin disparurent. Le vieux maître n'eut pas le temps de déprimer car, aussitôt, un individu perfora la vitre blindée de la loge et atterrit, tête la première, près de lui. Dohko, découvrant l'identité de ce mystérieux fou volant, le frappant violemment de sa canne et le réprimanda :
- Shiryu, misérable lâche ! Ne t'ai-je pas enseigné de ne jamais fuir un combat ! Crétin, prends ça et encore ça !
- Aïe ! Veillez me pardonner, maître ! Aïe ! Je retourne immédiatement au front ! Aïe !
- Non, lui commanda son sadique mentor. Maintenant que tu es là, autant que tu serves à quelque chose ! Va me chercher mon déambulateur, je mets les voiles !
- Vous partez, s'interrogea Shiryu. Mais votre aide ne serait pas de trop pour vaincre…
- Silence, répliqua Dohko, en fracassant sa canne sur la tête de son disciple. J'ai mieux à faire que de me mêler de ce conflit stérile. Je dois, sans plus attendre, me rendre sur l'île de la tante à Shion, afin de négocier avec cette vieille rombière les droits d'une nouvelle émission. En dépit de cet échec cuisant, je reste convaincu que Mitsu avait vu juste. La télé-réalité sera le nouvel opium du peuple et je compte bien en devenir le fournisseur attitré. Ah ha ah !!!
Pendant que le vieux maître se fendait du rire gras du méchant standard, le Pandémonium, privé de son infernal propriétaire, commença à se disloquer. A Star Hill, Shion, observant la désagrégation lente de cet inexpugnable édifice, maugréa :
- Quelle fin cousue de fil blanc ! A chaque fois c'est la même chose, Athéna et ses larbins finissent toujours par casser la baraque !
Derrière l'ancien Pope, une ombre s'anima. Mû, ouvrant péniblement les yeux, s'écria :
- Je suis vivant ! Pourtant, je pensais que…
Le Saint d'or, découvrant la silhouette monolithique de son professeur, bégaya :
- Maître… Vous ici, mais…
Fronçant les sourcils, Shion questionna son élève :
- Mû, comment s'est passé ton casting ?
- Euh… De quel casting parlez-vous ? Je ne suis pas homme à me livrer à pareille…
- Non content de trahir ma confiance, tu oses mentir à l'homme qui t'a tout appris !? Je sais que tu avais pour projet de te servir des nouveaux croquis d'armures que j'ai conçu pour lancer ta propre maison de couture ! Cette émission devait seulement servir à promouvoir tes « créations », n'est-ce pas ?
- Absolument pas… Je vous suis…
- Mû, tu vas payer pour ton forfait ! Starlight extinction !!!
En une fraction de seconde, le Saint d'or se changea en un minuscule tas de cendres fumantes. Shion, constatant qu'une caméraman embusqué filmait encore le moindre de ses gestes, concentra une boule de feu dans sa paume et tonna :
- Fin de programmation !!
FIN
