Bonjour tout le monde,
Je remercie tous ceux qui m'ont laissé quelques reviews et je leur réponds avec plaisir.
Dans ce chapitre, Lily retourne à Spinner's End , où elle se morfond, attendant Severus. Ce dernier, qui a été convoqué par Dumbledore en vue de préparer la rentrée, se sent frustré et pense amèrement à la rentrée, qui ne lui tarde absolument pas. Il lui tarde de retrouver Lily.
Cependant, lorsqu'il la revoit, en rentrant chez lui, elle lui apprend une nouvelle qu'il aurait préféré ne jamais entendre...
Bonne lecture,
Cordialement,
Mononoke-chan
Severus Snape se trouvait dans le cachot qui lui servait de bureau. Il était actuellement en train de consulter la liste des élèves de deuxième année qu'il aurait, en septembre. Sur cette liste figurait un nom qui lui rappelait bien des désagréments. Harrry Potter.
Potter...Le nom du gosse de riche pourri gâté qui avait fait de sa vie en enfer, alors qu'il était étudiant à Poudlard. Il se rappelait parfaitement ses cheveux ébouriffés, ses lunettes qu'il portait tout le temps de travers pour frimer devant ses camarades, l'air arrogant qu'il arborait sans cesse sur le visage.
En voilà un qui se croyait sorti de la cuisse de Jupiter, ou plutôt , en vocabulaire vulgaire, qui ne se prenait pas pour une sous-merde!, pensait amèrement le professeur de potions, qui gardait un souvenir cuisant de toutes les misères qu'il lui avait infligées.
En effet, pour Potter, il n'était qu'un être singulièrement déplaisant, maléfique qui devait être rayé de la surface de la terre. Il se souvenait d'une phrase qu'avait prononcé Potter devant Lily,à propos de lui le jour où il lui avait fait subir la pire des humiliations "Ce qui me gêne le plus, est le fait qu'il existe, si tu vois ce que je veux dire".
Comme si exister était un crime! Il n'avait pas choisi de naître, s'en serait bien passé, même si Lily n'était pas venue au monde, elle aussi, tel un ange venu sur terre.
Pour en revenir à Harry Potter, Severus avait eu la désagréable impression de constater qu'il ressemblait en tous points à James. Seul les yeux faisaient exception. Il avait bel e bien hérité des yeux de Lily. Voilà ce qui constituait une réalité indéniable.
Des visions cauchemardesques le traversaient, à présent. C'était comme si James Potter le regardait avec les yeux de sa Lily, son regard vert comme des émeraudes, comme le vert de Serpentard. Il avait dû subir, chaque fois qu'il voyait l'enfant, un terrible affront qui signifiait une bien triste réalité: sa relation avec Lily s'était soldée par un échec.
Pour cela, il ne l'en haïssait que davantage. En outre, il lui en voulait d'avoir cru que c'était lui qui cherchait à dérober la pierre philosophale, alors que les vrais coupables étaient Quirrell et le Seigneur des Ténèbres.
Le professeur de potions ricana. Effectivement, il avait l'allure d'un méchant. Il était même un ancien Mangemort. Alors, pas étonnant que le gosse se fasse des idées.
Malheureusement, il allait devoir le supporter, à la rentrée. Et ce ne serait pas de la tarte. Ce serait plutôt une brique indigeste qu'il devrait se coltiner.
Mais le pire dans tout cela était la réapparition miraculeuse de Lily, sous forme de fantôme enfant. Malgré cette apparence, elle se souciait de l'Avorton-Qui-Avait-Survécu!
Un rictus amer apparut sur ses lèvres. Normal, elle était sa mère!
Il se souvint qu'il lui avait menti en lui disant qu'il ne savait rien du fils Potter, ni de ce qu'il était devenu. Son cœur s'étreignit à cette pensée. Une fois de plus, il n'avait fait que la trahir. Alors qu'elle plaçait très certainement ses espoirs en lui, espérant qu'il jouerait peut-être le rôle d'un adulte fiable pour le garçon. Peut-être même un père de substitution.
Il grimaça à cette idée. Il n'était pas fait pour la paternité, il en était sûr. Son enfance avait été meurtrie par la cruauté de son propre père, alcoolique, menteur et qui n'hésitait pas à employer la violence pour se faire obéir. En voilà un beau modèle de paternité, se disait le professeur de potions, avec une ironie amère.
Soudain, l'image de Lily riant traversa ses pensées, évoquant les rares moments de bonheur qui avaient fait une brève irruption dans sa vie de misères. Le sentiment de malaise qu'il éprouvait ne fit que s'intensifier davantage.
Lily venait de rentrer à Spinner's End. Elle avait dû mettre deux jours pour aller de Privet Drive à Cokeworth. Il restait trois jours avant que Severus ne rentre. Cela ne ferait rien, elle l'attendrait. Du moins, elle aurait la patience de le faire.
Elle se sentait terriblement déprimée, abattue. La Lily qui avait quitté Cokeworth brûlait littéralement d'espoir à l'idée de retrouver son fils tant aimé, celle qui rentrait dans le sombre logis du professeur de potions était triste. Elle affichait en effet l'air sombre du fantôme condamné à regarder les vivants profiter de la vie, alors qu'elle-même était destinée à une existence, si on pouvait appeler cela exister, de pure abstinence.
Elle entra dans le salon de son ami, et tout à coup, il lui sembla que les meubles parlaient d'eux-mêmes, de la misère dans laquelle avaient vécu leurs habitants, la violence à laquelle ils étaient confrontés. Cette maison n'avait longtemps été qu'une lugubre bâtisse, semblable à une prison, pour le jeune Severus.
Elle éprouva un sentiment de compassion mêlé de culpabilité. Si elle avait su... peut-être l'aurait-elle davantage aidé? Peut-être ne serait-il jamais devenu un Mangemort, si elle avait fait quelque chose pour le tirer de cet univers sordide. Le passé lui revenait en mémoire et lui donnait le tournis, semblable à un poison invisible et diffus.
Trois jours plus tard...
Même s'il n'en laissait rien paraître, Severus jubilait. Enfin, il rentrait chez lui. Il retrouverait Lily! Cette pensée ne pouvait que le mettre de fort bonne humeur, même s'il affichait sans cesse un air insondable.
Il traversa le dédale de maisons crasseuses qui constituaient le quartier ouvrier de Cokeworth, et arriva enfin à Spinner's End. Se dirigeant vers sa maison, il ouvrit la porte et entendit:
"-Sev', c'est toi?
Il referma la porte à l'aide d'un sort de Verrouillage informulé et répondit.
"-Lily, je viens de rentrer. Mais attends... Ne me dis pas que... tu as fait le ménage!"
Il était atterré. Non, il ne pouvait décemment pas faire cela. Il ne pouvait pas la traiter en bonne à tout faire, non. Il avait pris l'habitude, pas très élégante, il devait le reconnaître, de laisser ses affaires en désordre chez lui, ce qu'il ne faisait jamais à Poudlard, mais il ne s'était pas attendu à voir ses affaires rangées de façon aussi impeccable, à la maison. Par elle, de surcroît.
Pris au dépourvu, il appela le fantôme d'une voix forte:
"-Lily, ne me dis pas que tu as fait le ménage dans ma propre maison."
L'enfant transparent apparut, un visage légèrement triste:
"-Tu sais, Severus, je ne peux pas faire le ménage. Je n'ai pu que ranger ta maison. C'est tout. Je..Je suis vraiment désolée."
"-Lily, tu sais... je ne veux pas t'exploiter, surtout pas. Je ne veux pas que tu te sacrifies pour moi, non... Je... Je ne suis pas...
Il voulait dire "mon père" mais il se retint. Il valait mieux ne pas tout dire à un fantôme, surtout quand le fantôme en question risquait de divulguer sans le savoir un jour lesdites informations. Il ne voulait pas qu'elle sache à quel point son passé familial l'avait meurtri. Non, il ne voulait pas. Elle n'était qu'une enfant, se disait-il en la regardant.
"-Non, Sev'. A vrai dire, je m'ennuyais et je voulais te rendre service, voilà tout! Maintenant, si tu n'es pas content, lança-t-elle sur un ton sévère, tu n'as qu'a faire appel à une femme de ménage. Ta maison n'est pas loin de devenir une vraie porcherie."
Il était choqué! Comment Lily, sa Lily osait-elle dire cela? Insinuer que sa maison était insalubre? Passe encore du vivant de Tobias Snape, mais certainement pas depuis qu'il était là.
Une fureur le traversa de part en comble. Il avait envie de châtier cette petite impertinente, de la gifler, de lui enlever deux cents points à sa maison, et de lui coller une retenue. Ce seraient les Gryffondors qui seraient contents, des exploits de leur camarade, se disait-il d'un air sarcastique, avant de se rappeler que tout cela était impossible. Elle n'était qu'un fantôme.
"-Sev'?"
"-Oui, Lily?"
"-J'ai quitté la maison."
"-Quoi?"
Il était stupéfait. Comment la petite avait-elle osé commettre une telle impertinence. C'était extrêmement dangereux.
"-Lily? Comment as-tu osé? C'est très dangereux. Tu aurais pu te faire remarquer, des Moldus t'auraient.. Ne me refais plus jamais ça, d'accord. Plus jamais, intima-t-il d'un ton plein d'effroi et de menaces.
"-Attends , Sev',personne ne m'a vue, j'en suis sûre. Je suis allée chez ma sœur, à Little Whinging dans le Surrey."
Il releva la tête en direction de Lily, le visage blafard. Little Whinging? Là où habitait Pétunia? Il grimaça en entendant le nom "sœur". Il n'aimait pas Pétunia, ne s'était jamais entendu avec elle et ne souhaitait pas la revoir le moins du monde.
Lily afficha une mine triste, tellement proche de la mélancolie qu'il se demanda tout à coup si quelque chose n'était pas arrivé. Oui, sans doute, se disait-il.
Lily s'assit sur le canapé, en face de Severus, qui restait debout. Elle lui jeta tout à coup un regard perçant.
"-J'ai vu quelque chose d'horrible, Sev'! Là-bas!
Prenant son visage dans ses mains, elle se mit soudain à sangloter.
"-Harry! mon fils, mon fils unique, ils...ils..."
Par Merlin? Pourquoi prenait-elle un malin plaisir à lui rappeler la personne à laquelle il souhaitait justement ne plus penser pendant deux mois.
"-Ils quoi, Lily", dit-il d'un ton affreusement calme.
"-Ils l'exploitent, voilà ce qui se passe! Il est maltraité. Tunie n'a rien pour lui, voilà! Pas une parole gentille, rien! Il est esclave de ces gens-là, voilà ce qui se passe!"
Elle sanglota de plus belle.
"- C'est lui le gosse à tout faire de cette fichue maison! Voilà! Ma sœur, ma propre sœur..comment...a-t-elle pu...Mon fils..mon fils unique...pourquoi?"
"-Écoute, tu as dû te faire une illusion. Potter est un menteur par nature. Tu devais le savoir!Toujours à chercher à attirer l'attention. Il t'a sans doute menti! Je suis sûr qu'il va très bien, ce gosse pourri gâté!"
Le professeur regretta immédiatement ses paroles lorsqu'il vit le regard que lui lança Lily, l'instant d'après. Ce regard n'avait plus rien d'enfantin. Il était déformé par la rage!
"-Ne t'avise surtout pas de traiter mon fils de menteur, Snape! Jamais! Et ce n'est pas un pourri gâté! Ce n'est pas James! Tu ne le connais pas!"
"-Je le connais suffisamment pour dire qu'il m'a causé des ennuis atroces pendant sa première année à Poudlard, répondit Severus,visiblement contrarié. Il est paresseux,menteur,arrogant. Tout le portrait de son père."
Soudain, il lui sembla que Lily avait atrocement pâli! Elle était blafarde à présent! Comme lui. On eût dit deux spectres qui se faisaient face, à présent, se toisant l'un l'autre d'un air résolument farouche.
Puis la fillette s'approcha du trentenaire, et lui cracha au visage. Il ne put sentir la salive, mais l'affront était bel et bien présent. Elle lui lança d'un ton furieux:
"-Tout ce que je vois, c'est que tu ne m'a raconté que des mensonges. Un tissu de mensonges, même. Oui, tu le connais. Tu ne peux pas le blairer à cause de son père, mais bien sûr! Monsieur a une belle blessure narcissique, n'est-ce pas? Et tu le dénigres, tu ne sais rien de lui! Tu ne sais rien d'Harry Potter...
"-J'en sais suffisamment pour dire qu'il n'a cessé de franchir les limites.."
"-Les limites, les limites, vraiment, riposta-t-elle, vraiment indignée. Le menteur, c'est toi! Je n'aurais jamais dû te faire confiance. Jamais! Je n'aurais jamais dû te tendre la main, ce jour-là! Jamais! Tu n'est qu'une vile ordure! Je te déteste, Snivellus!
Puis, après lui avoir craché au visage ce surnom qu'il exécrait tant, elle se dirigea vers l'entrée et ajouta, d'un ton sarcastique:
"-Restes-y bien au chaud, dans ta porcherie! J'imagine que tu dois être ravi de ce que tes parents t'ont offert! Un nid charmant, vraiment!"
Puis, sans laisser le temps à son ancien ami de répondre, de réagir, elle disparut, à la vitesse d'une flèche., laissant Severus, seul, désemparé, dans son malheur, au fond de l'abîme.
Furieux de n'avoir pu attraper cette..., le professeur de potions se laissa tomber dans le fauteuil miteux de son lugubre salon, le visage entre les mains.
Une fois de plus, il avait réussi à gâcher les rares moments de bonheur qu'il passait avec Lily. Pourquoi lui avait-il menti? Pourquoi s'était-il laissé aveugler par la haine? Soudain, des larmes coulèrent sur ses joues. Pourquoi? Pourquoi la vie était-elle tellement injuste envers lui? Pourquoi lui,qui exerçait un excellent contrôle sur lui même en toute circonstances, agissait-il de travers lorsqu'il était en sa présence? Pourquoi fallait-il qu'il fasse tout foirer?
Les larmes continuèrent à couler, sans cesse, pendant que les questions qui le tourmentaient ne cessaient de revenir en boucle dans sa tête, faisant défiler devant lui la longue suite de misères qu'était sa vie. Une longue suite d'échecs, de malheurs, d'adversité, de rares réussites, de rares instants de bonheurs très vite remplacés par d'amers chagrins.
Il s'en voulait vraiment. Non, il n'était pas digne de Lily, même s'il devait admettre que "la courbe de ses yeux faisait le tour de son cœur" pour paraphraser Paul Eluard, sans doute pour l'éternité.
Alors, chers lecteurs, comment avez-vous trouvé ce chapitre? La réaction de Severus? Celle de Lily?
Je me ferai un plaisir de répondre à vos reviews, vos questions, vos commentaires.
A bientôt,
Mononoke-chan
