Bonjour tout le monde,

Dans ce chapitre, Lily observe Ginny et se rend compte de la ressemblance qui les lie. Elle assiste à l'interrogatoire que fera subir Severus à Molly Weasley et la vérité ne sera point chose aisée à entendre...

Bonne lecture,


Lily était estomaquée. Non ce n'était pas possible. La petite fille qui tenait la main de Severus avait des cheveux d'un roux flamboyant. Comme les siens. Comme elle.

Elle entendit la mère de l'enfant hurler à l'adresse des garçons qu'ils avaient mis un gnome dans son lit. Puis, les reproches s'ensuivaient les uns après les autres. Même malade, Molly Weasley ne pouvait s'empêcher de crier pour tout ce qui n'allait pas dans sa maison.

Ensuite, elle vit soudain Severus lâcher la main de la fillette et se précipiter vers la matriarche. S'approchant d'eux elle l'entendit dire. :

« -Molly, calme-toi . Tu as une forte fièvre. »

Il avait beau la raisonner, rien n'y faisait. Finalement, il prit la femme, qui était plutôt massive, par l'épaule, et l'entraîna vers le salon, avant de l'asseoir sur le canapé, et de verser le contenu d'une fiole dans la bouche de celle-ci.

Lily était stupéfaite. Elle avait reconnu la potion contenu dans le flacon. Il s'agissait de Veritasérum. La potion de la vérité.

Elle se précipita vers le professeur de potion et cria :

« Pourquoi as-tu fait cela, Sev'. Pourquoi ? »

« Tais-toi, Lily,je travaille. », répondit d'un ton las l'homme aux cheveux gras. La fillette s'aperçut qu'il était harassé de fatigue.

Puis elle le vit demander à Molly Weasley comment elle se sentait. Cette dernière répondit :

« -Un peu mal à la tête. »

« -Bien, Molly. Je vais te poser une question. Depuis quand souffres-tu de dépression ? »

« -Depuis quatre ou cinq mois environ. Ma mère est décédée à ce moment-là, me laissant une lettre dans laquelle elle m'a révélé des choses horribles. Elle avait trompé mon père, alors que j'étais encore enfant, et avait eu un enfant de l'homme avec qui elle avait commis l'adultè homme s'appelait Evans et était Moldu...

« -Evans, la coupa soudain le fantôme de Lily. Evans, co...comme..comme moi ! s'exclama Lily, interloquée.

Ce n'était pas possible, alors ça non. Quoiqu'il existât plein d'hommes qui s'appelaient Evans. Ce n'était sûrement qu'un hasard. Certainement.

Molly, imperturbable, continua, sous l'effet de la potion :

« -Cet enfant était une petite fille. Une fille. Ma sœur.

Elle fondit en larmes, sous le regard sévère de l'homme qui portait l'étymon latin de cet adjectif , puis continua d'une voix blanche:

"-Celle que j'ai toujours désirée, sans jamais pouvoir l'avoir. Non, ce n'était pas possible. Je n'ai cessé de me torturer mentalement, me posant inlassablement les mêmes questions :Qu'est devenue cette enfant ? Est-elle toujours en vie ? Est-elle une sorcière ? Enfin, comment s'appelle-t-elle, je n'ai jamais pu mettre un nom sur elle. Jamais. Maman ne m'en a jamais parlé."

Elle sanglota de plus belle :

Et pendant ce temps là, elle vivait dans la servitude conjugale ! Condamnée à se soumettre aux caprices de mon père. Elle tentait de me protéger de lui. Il m'aurait battue sans pitié si elle n'avait pas été là, j'en suis sûre. Mes frères ne savaient pas, n'ont jamais su... Pourquoi ? POURQUOI ?

Cette question fit éprouver à Severus un sentiment de profonde amertume, le revoyant à son propre passé. Il avait vécu cette situation horrible, son père qui battait sa mère, parce qu'elle était une sorcière. Le cas de Molly avait beau être différent, n'empêche, il s'agissait toujours de violence conjugale au fond.

A présent, le professeur ressentait une étrange sympathie pour la matriarche, qui avait vécu une enfance non moins dure que la sienne. Il comprenait pourquoi elle était si exigeante envers ses propres enfants. Elle ne voulait pas les voir soumis au pouvoir d'autrui.

Soudain, il regarda le fantôme de Lily. La fillette était devenue pâle, regardant Molly d'un air pétrifié.

Soudain, Lily demanda:

« -Puis-je vous dire quelque chose, Mrs Weasley ?

Molly la regarda comme si elle ne l'avait jamais vue, et lança :

« -Vas-y, enfant fantôme !

Lily chuchota :

« -Je suis Lily Potter, la maman de Harry.

Molly faillit tomber à la renverse :

« -Ce n'est pas possible ! Tu n'es qu'une enfant fantôme ! Tu ne peux pas être Lily Potter ! C'est impossible !

« -Je suis Lily Potter, clama le fantôme d'une voix féroce. J'ai choisi de revenir dans ce monde sous la forme d'un fantôme ! Or, comme j'ai demandé à voir le monde avec les yeux d'un enfant, il m'a redonné l'apparence que j'avais à l'âge de huit ans. C'est rare qu'un fantôme fasse ce choix, mais c'est possible !

« -Comment...

« -Je ne voulais plus être Lily Potter ! Je voulais rompre avec lui. Car je ne suis pas Lily Potter, continua la fillette sur le même ton, mais bien Lily Evans !

Molly était devenue blafarde. Elle se leva et lança, d'un ton effrayé :

« -Qu'as-tu dit ?

« -J'ai dit que je suis Lily Evans !

C'en fut trop pour Molly, qui s'évanouit !

Non , ce n'était pas possible ! Elle voyait des Evans partout ! Se pouvait-il que cette enfant fantôme fût...

AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

C'était Ginny,suivie des quatre garçons, qui venait d'arriver, et qui avait vu sa mère perdre subitement de panique, elle s'était mise à crier.

Severus se retourna, semblable à une statue de marbre. Il s'approcha de la fillette.

« -Puis-je savoir pourquoi tu as hurlé ainsi ? Je ne suis pas sûr que ta mère t'aie élevée ainsi. »

Ginny fondit en larmes. Pourquoi la reprenait-il ainsi ? Elle avait eu peur, si peur ? Et si sa mère était en danger ?

Les jumeaux prirent leur petite sœur par l'épaule et jetèrent un regard de reproche au professeur de potions. Il abusait, décidément. Ce n'était pas parce qu'il était là qu'il devait faire la loi.

De plus, ils ne comprenaient pas comment la fillette et le sinistre professeur s'étaient entendus. Mystère!

Voyant leur regard de défi, l'homme s'approcha d'eux, et lança :

« -Nous verrons cela dans un autre lieu, quand le sablier de Gryffondor se videra. Je crains fort que quelques points ne vous soient retirés à la rentrée.

Puis il s'approcha de Ginny, et chuchota :

« -Ta mère s'est évanouie, mon enfant. Elle n'est pas morte, tu la reverras bien vite. Seulement, je veux que tu comprennes que l'on ne crie pas, comme tu viens de le faire à l'instant. Ce n'est pas correct. De plus, tu entres à Poudlard cette année, et je tiens à te prévenir que cette réaction est sanctionnée sans la moindre indulgence par la perte de points, et même par une retenue. Ta mère ne voudrait pas voir sa fille chérie, sa fille unique, si je puis dire, réagir ainsi,n'est-ce pas ? », ajouta-t-il non sans ironie.

A la surprise dégoûtée des jumeaux, de Ron et de Harry, la fillette enlaça le professeur de potions, toujours en larmes. Il lui tendit un mouchoir crasseux. Elle répondit »Merci » sans relever que le mouchoir aurait eu besoin d'être lavé.

Ron lança, d'un air écœuré :

« -Beurk, c'est dégoûtant !

« -Nous verrons ce qui sera dégoûtant, monsieur Weasley, quand vous écoperez d'une retenue à Poudlard, répondit sur un ton velouté le professeur de potions, qui continuer à serrer Ginny dans ses bras, laquelle sanglotait doucement.

C'en fut trop pour Harry, qui ne supportait plus de voir Snape humilier ainsi son meilleur ami. Il ne supportait pas davantage de voir Ginny dans les bras de ce monstre, de cette vieille chauve-souris morbide.

« -Taisez-vous, monsieur ! »

Un silence de mort se fit dans la salle. Le fantôme de Lily s'approcha de son fils, et le vit en train de toiser son ancien ami.

Son fils. Il ressemblait tellement à James, dans son attitude. Sauf les yeux, d'un vert amande, qu'il avait hérité d'elle, bien sûr.

Severus regarda d'un air glacial le jeune garçon, qui osait l'affronter délibérément. Puis,lâchant Ginny, il s'approcha de lui, et le toisa de toute sa hauteur :

« -Le fait d'être le Survivant ne vous autorise pas à me manquer de respect, Potter. C'est pourquoi nettoyer la salle des trophées avec Rusard à la rentrée ne vous fera pas de mal. Sans magie, bien sûr.

Il ajouta d'un ton sarcastique :

« -D'ailleurs, je crois que le nettoyage fait partie de vos spécialités, Potter. Si l'on excepte le fait d'enfreindre le règlement, bien sûr. »

Puis il se tourna vers Ginny, et lui dit, à voix basse :

-Potter n'est pas le meilleur parti pour une fille, j'en miserais mon salaire là-dessus...

« -Ça suffit, Sev'. »

Le fantôme de Lily venait de se placer en face de lui, visiblement en colère !

« -Tu vas arrêter de dénigrer ainsi mon fils, c'est clair ! Harry n'est pas JAMES, COMPRIS ! »

« -Attendez. »

C'était la voix douce de Harry qui venait de les interrompre. Les deux adultes le regardèrent, tantôt avec froideur, tantôt avec douceur.

« -Si vous êtes ma mère, je veux savoir. Vous le connaissiez, dit-il en désignant Severus, qui n'appréciait pas du tout le fait de se voir réduire à un pronom personnel complément d'objet direct de forme conjointe.

Lily s'approcha de lui. Il réalisa soudain qu'elle ressemblait beaucoup à Ginny, même si elle n'en avait pas les couleurs. La même forme du visage, la même finesse, le même regard taquin. Seuls les cheveux différaient. Ils étaient ondulés, lui tombant dans le dos, telles des vagues, ou comme les cheveux d'une naïade.

Elle lui prit les mains. Il se mit à frissonner, sentant le contact glacé de celles-ci

« -Harry, mon chéri, oui, je connaissais Severus, enfin le professeur Snape. Il était un de mes amis les plus chers. Je dirais même mon meilleur ami. C'est lui qui m'a appris que j'étais une sorcière. »

Un silence se fit. Les quatre garçons et la fillette écoutaient le fantôme de la petite fille avec appréhension. Comment se faisait-il que cette magnifique enfant ait croisé la route de l'austère enseignant ? De même, une autre question les taraudait. Se pouvait-il que le professeur Snape eût été un enfant, un jour ? Cet homme avait-il eu une enfance ? Ils en doutaient sérieusement.


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