Bonjour tout le monde,

Je remercie tous ceux qui ont eu la courtoisie de me lire, et mieux encore, de m'adresser quelques reviews. Je vous en suis extrêmement reconnaissante!

Dans ce chapitre, c'est la rentrée à Poudlard. Les parents Weasley accompagnent leurs enfants et Harry à la gare de King's Cross. Pendant ce temps, le professeur de potions pense à un souvenir d'enfance qui l'a profondément marqué, et médite sur celui-ci. Jusqu'au moment où un certain fantôme argenté vient le voir, catastrophé(e) ...

Bonne lecture! Je précise juste que le souvenir en Espagne fait partie de mes petites inventions...

Cordialement,


Poudlard, 1er septembre 1992, Bureau du professeur de potions.

Severus était d'une humeur massacrante. Pour son plus grand malheur, la rentrée scolaire commençait. Enfin, il devait nuancer, pour son moindre malheur, les Serpentards, ses chers petits serpents revenaient, droits et lisses, après deux longs mois de vacances où ils s'étaient posés de façon sinueuse, avant de reprendre leur chemin glissant.

Soudain, alors qu'il rangeait certains papiers d'une manière qui trahissait l'agacement qu'il éprouvait, un souvenir fit irruption dans son esprit. Par chance, la porte de son lugubre cachot était fermée à double tour.


Été 1969, Cokeworth, après-midi.

Severus attendait Lily depuis dix minutes déjà. Il se demandait ce qu'elle faisait. Soudain, il la vit arriver vers lui, en courant, ses cheveux flamboyants flottant au vent, tels des flammes volantes.

-Sev', criait-elle, tu sais quoi? Papa, Maman, Tunie et moi partons en Espagne,en Andalousie, à Séville, pendant une semaine. Papa et maman nous ont dit qu'on a le droit d'emmener avec nous une amie. Tunie vient avec Priscilla...et moi, eh bien, j'aimerais tant que tu viennes avec moi, Sev'...

-Arrête un peu, Lily, répondit le garçon d'un ton sec, tu rêves. Je doute fort que tes parents acceptent que je vienne avec vous.

"-Tout ça ce n'est qu'un prétexte pour pas venir, Sev', je suis sûre qu'ils accepteront, allez., supplia Lily en faisant les yeux doux à son ami.

Severus la regarda fixement, ses yeux noirs brillaient d'une lueur de tristesse. Dieu savait s'il voulait aller quelques jours en vacances avec Lily. De plus, l'Espagne, cela lui disait quelque chose, un lieu mystérieux, d'alguazils, de danseuses et de soleil. Comme le jour où il l'avait rencontré , sa muse.

Malheureusement, il savait que ce ne serait pas possible. Ses parents avaient déjà suffisamment de mal à joindre les deux bouts, alors leur parler de vacances, c'était assurer leur ruine.

De plus, il savait fort bien que jamais, au grand jamais, les parents Evans n'accepteraient d'emmener le petit d'ivrogne, comme ils l'appelaient de temps en temps, en vacances. Cela nuirait fort à leur réputation. De plus, Lily et Pétunia étaient inscrites dans une école privée réputée, alors que le fils Snape devait se contenter de l'école publique surpeuplée du quartier ouvrier de la ville, où la violence constituait leur lot quotidien.

Il avait esquissé un sourire amer lorsqu'elle lui avait annoncé en pleurant le soir-même que ce n'était pas possible.

Deux jours plus tard, elle était déjà à Séville,dans une maison que ses parents avaient loué pour l'été. Elle lui avait envoyé une lettre.

L'enfant, qui était déjà ingénieux et rusé pour son âge, avait alors échafaudé un plan.

Il avait décidé de relier la cheminée vétuste de sa maison au réseau de cheminette, et à partir de l'adresse fournie par Lily avait pu relier la cheminée de la maison de Séville à celle de sa maison. Ensuite, il avait pu utiliser la poudre de cheminette et voyager ainsi en Espagne.

Une mauvaise nouvelle l'attendait cependant à l'arrivée: la cheminée était condamnée.

Effrayé , le jeune Severus s'était demandé pourquoi il s'était fourré dans une telle galère. Qu'allait dire sa mère? Elle devait être paniquée à l'heure qu'il était. Bien qu'elle fût dépressive, la disparition de son fils unique, de son petit prince, qui ressemblait plus à un croisement entre un crapaud, un serpent et un corbeau qu'à un Prince, était chose purement intolérable pour la fibre maternelle qui l'animait encore.

De plus, Severus était inquiet, car il savait, par les informations qu'il écoutait à la radio Sorciers en danger que sous la dictature franquiste, les sorciers étaient persécutés. Les écoles de magie avaient dû fermer et les sorciers espagnols avaient été confrontés à cet horrible choix, ou vivre comme de parfaits moldus, ou se faire fusiller. L'exil restait une option possible, à condition de fournir les papiers nécessaires pour franchir les frontières, lesquelles étaient bloquées. Or, s'ils utilisaient la magie pour les esquiver, ils mettaient en danger le code international du secret magique.

Bref, la petite chauve-souris de la cheminée condamnée se trouvait dans une situation fort délicate. Que faire?

Soudain, il vit le marbre s'effondrer. a lumière du jour l'aveugla. Tout à coup, il vit une chevelure rousse devant lui. Eberluée, il la regarda. Devant lui, se tenait, effrayée, Lily Evans.

"-Sev', que.. Que fais-tu ici?..

"Lily, je...

"-Tu n'as pas le droit, Sev'. Si l'on t'aperçoit..

"-T'inquiète, Lily, je vais me débr...

"-Non, Sev', c'est grave! La police est partout dans les environs. Ils marchent deux par deux et ils cherchent..

-Ce sont des moldus, Lily.

-Non, Sev'. Il y a des... comme toi et moi. L'un d'eux a même une baguette. Il torture ceux qu'il capture. Je t'assure , Sev', fais attention. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit d'horrible, comme te retrouver enfermé dans un orphelinat tenu par des religieuses. Viens.

Severus lui aurait répliqué qu'il aurait mille fois préféré d'aller n'importe où plutôt que de revenir chez son père. Seule la pensée de sa mère l'avait retenu.

Il avait passé la journée enfermé dans l'armoire de Lily, avant qu'elle ne le libère et ne le ramène à la cheminée. Elle avait trouvé de la poudre de cheminette chez leur propriétaire, qui était justement l'un des membres de la Guardia Civil, et qui était un sorcier déguisé. Par chance, cet homme n'était pas si mauvais qu'on eût pu le croire, il faisait simplement son boulot atroce. Boulot qui ressemblerait à celui que devrait assumer, des années plus tard, l'homme au visage de chauve-souris.

Ainsi, le futur professeur de potions avait pu rentrer chez lui. Seul bémol, sa mère, alarmée, avait appelé la police, et les agents étaient en train d'écouter Eileen Snape née Prince en larmes, en train de pleurer sur son enfant "grave et pensif", quand l'enfant, le regard farouche, était apparu dans les flammes.

Les deux policemen avait cru à l'opération du Saint-Esprit. Cela n'arrivait pas tous les jours.

Par chance, Eileen avait effacé la mémoire des deux hommes et avait engueulé son fils comme du poisson pourri, avant de le forcer à souper, ce qu'il n'avait pas envie. De plus, les endives gratinées au cabillaud, ce n'était pas son truc. Il détestait même cela.


Maintenant, le professeur de potions se remémorait le "voyage" en Espagne qu'il avait effectué, rien que pour rejoindre sa Lily. A présent, il aurait tout donné pour refaire le même, mais dans des conditions légales.

Seul problème. Accepterait-elle? Serait-ce la même chose, maintenant qu'elle n'était plus la même?

Soudain, il vit une forme argentée traverser la porte en bois massif. Stupéfait, il reconnut le fantôme qui venait d'entrer. C'était elle.

"-Severus!"

"-Lily, que..."

"-Mon fils!, hurla le fantôme. Des larmes transparentes avaient coulé sur ses joues. Il n'est pas dans le train. Lui et son ami ne sont pas dans le train!"

"-Attends Lily..

"-Non, je dis vrai, Severus, ils ne sont pas dans le train. Ils sont à la gare de King's Cross, à côté de la voie enchantée. Ils n'ont pas pu traverser la barrière magique.

"-Tu délires Lily. Tout le monde..."

"-Attends, Sev'. Ma sœur et mon beau-frère ont pu les retrouver. Ils sont avec eux. Tu dois faire quelque chose."

"-Cela ne relève pas de ma responsabilité, répondit sèchement l'homme. Qu'ils se débrouillent! Ils ont le directeur, et leur directrice de maison. Ce n'est plus mon affaire."

Lily lui jeta un regard glacial.

"-Très bien, je vois que ton acrimonie envers lui n'est pas passée. Je me débrouillerai donc seule."

Elle quitta le bureau d'un air furieux, laissant le professeur désemparé, mais ayant trop de fierté pour la rattraper et corriger son attitude. Il n'était pas le bon Dieu, par Merlin!


Poudlard, Bureau de Dumbledore , 20 h 00

Les yeux du directeur lançaient des éclairs en direction de Harry Potter et de Ron Weasley qui étaient assis devant lui, encadrés par Arthur et Molly Weasley. Face à eux, se tenaient, de part et d'autre de Dumbledore, Minerva McGonagall et Severus Snape. Cet homme et cette femme, courage et ruse mêlés observaient les deux enfants avec sévérité.

"-Vous avez fait exprès de ne pas venir à l'école, martela le directeur d'une voix mielleuse. Vous avez préféré l'usage coûteux d'un Portoloin. Je pensais que votre désir d'impressionner Mr Malefoy était moins surdimensionné que cela.., lança-t-il à l'adresse d'Arthur Weasley, qui répondit, piqué au vif:

"-Monsieur le Directeur, j'ai autre chose à faire que de faire le pingouin devant cet homme qui déploie des efforts monumentaux pour ressembler à l'une de ces poupées miniatures dont j'ai oublié le nom.. attendez, oui, c'est cela, les poupées Barbe! Charmant nom! Dommage qu'elles n'aient pas de barbe en effet.

Soudain, le Survivant se mit à rire, d'un fou rire incontrôlé.

"Que se passe-t-il, Potter?, lança d'un ton courroucé le professeur McGonagall!

"-Non, c'est juste que les poupées en question,Mr Weasley, ce sont les poupées Barbie. Elles n'ont pas de barbe!

"-Ah d'accord, répondit Arthur, un peu déçu.

"-Ce que vous avez fait n'est pas vraiment courageux, lança le directeur d'un ton dépité à l'adresse des garçons. Je suis vraiment déçu de votre attitude.

Minerva McGonagall fusilla le vieil homme du regard. Il exagérait. Selon elle, il confondait le courage et la témérité.

"-Votre fille a été répartie à Serdaigle, lâcha -t-elle d'un ton amer.

Les parents Weasley se récrièrent en choeur:

"-QUOI?

Puis reprenant ses esprits, la mère Weasley lança:

"-Mais enfin, professeur McGonagall, ce..ce n'est pas possible. Tous les Weasley et Prewett ont été à Gryffondor depuis qu'ils sont à Poudlard!

"-C'est parfaitement possible, dit d'une voix chantante le Choixpeau magique, qui était à présent posé à la droite du directeur. Je suis imperméable aux sorts de Confusion. Votre fille m'a fait part de son désir de se différencier de ses frères. Pour vous dire, je sentais qu'elle aimait apprendre, savoir, connaître, et j'ai jugé que Serdaigle était la meilleure maison, en ce qui la concernait. De plus, elle m'a avoué être liée à une camarade qui a été aussi envoyée à Serdaigle...

"-Vous ne parlez pas de la petite Lovegood, quand même, lança Molly d'un ton dégoûté. Elle est bizarre, à l'école elle dévergonde ma fille...

"-Je ne pense pas qu'elle dévergonde notre fille, répliqua Arthur d'un ton sec. Au contraire, le père est très sympathique et elle même m'a paru adorable. Ginny a les yeux qui pétillent quand elle la voit et quand elle revient de chez elle...

"-Enfin, Arthur, comment peux-tu prendre le parti de ces gens-là?, lança d'un ton agacé Molly.

"-Vous devriez cesser de vouloir surprotéger votre fille ainsi, répliqua le Choixpeau. Bien que le directeur ne soit pas de mon avis,je suis convaincu que Miss Weasley est extrêmement heureuse à Serdaigle. Je suis convaincu qu'elle s'y épanouira.

Un silence se fit. Minerva McGonagall le rompit.

"-Quand à vous, trancha-t-elle en direction des deux garçons, je dois vous avertir que je suis déçue de voir que notre maison a perdu cent points.

Elle jeta un regard féroce au professeur de potions, qui le soutint d'un air indifférent.

"-Je vous souhaite une bonne soirée, dit-elle en direction des parents Weasley, vos enfants n'auront pas de sanction, parce que vous avez agi dans les règles. Potter, Weasley, je vous ramène au dortoir."

En sortant du bureau, suivie par les enfants et leurs parents, elle lança à l'oreille de Molly.

"-Je suis fière de vous. Vous avez agi dans les règles, de façon courageuse pour amener les enfants à l'école.

Puis elle ajouta d'un ton mi figue-mi-raisin.

"-Je suis un peu déçue de voir que votre fille n'a pas été répartie à Gryffondor. Mais c'est ainsi. "

Ils continuèrent à marcher, pendant que Molly fondait en larmes, se tenant au bras de son mari, qui demeurait impassible.


Pendant ce temps-là, Severus était étonné de voir Albus Dumbledore agir ainsi. Pourquoi le directeur se montrait-il si sévère envers ses deux élèves favoris? Il y avait anguille sous roche, il en était certain.

Pendant ce temps, il éprouvait une sorte de fureur envers lui-même. Il avait agi comme le dernier des imbéciles, en faisant foirer une fois de plus les choses avec Lily. Décidément, sa muse ne lui facilitait pas les choses.


Alors, chers lecteurs, comment trouvez-vous ce chapitre?

Je me ferai un plaisir de répondre à vos commentaires, vos reviews, vos questions!

A bientôt!