Bonjour tout le monde,

Je suis désolée de vous avoir fait attendre si longtemps, mais j'avais plein d'occupations par ailleurs, y compris mon travail, alors, je n'ai pas pu me consacrer autant à cette petite fiction que je l'aurais voulu.

Dans ce chapitre, Harry subira les conséquences peu agréables de son changement de maison,y compris la mauvaise humeur persistante d'un certain professeur de potions, qui ne semble pas l'apprécier davantage.

Peut-être un certain fantôme pourra-t-il faire changer les choses?

Bonne lecture.


Deux semaines s'étaient passées depuis qu'Harry Potter était à Serpentard. Je suis au regret de vous dire que ces semaines furent les plus horribles qu'il eût passées dans sa vie. Il aurait préféré maintes fois retourner chez les Dursley. Car Poudlard était sa première maison, son foyer, qui l'avait accueilli si généreusement, alors que tous s'acharnaient à le décrire comme un délinquant,une graine de forçat, et autres noms peu amènes.

Depuis que le Choixpeau avait décidé de l'envoyer chez les Serpents, sa vie était devenue un enfer.

Premièrement, il devait supporter sans cesse les quolibets de Malefoy et de sa clique, qui ne se gênaient pas pour l'insulter de tous les noms imaginables, lesquels comportaient bien sûr l'insulte sang-mêlé.

Harry aurait bien voulu lui jeter un sort, ou le frapper. Or, malheureusement, il ne pouvait pas. Car l'infernal blond aux yeux gris était le filleul du directeur de maison, lequel avait la réputation de privilégier ses élèves par rapport aux autres.

Cette réputation était justifiée pour certains élèves. Le fils Malefoy, plus précisément. Dans le cas du Survivant, il y en allait tout autrement.

En effet, la haine de Severus Snape à l'égard de Harry Potter ne s'était pas atténuée, bien au contraire. Le sombre professeur de potions lui en voulait de lui avoir fait perdre son temps pendant l'été.

Il l'ignorait chaque fois qu'il le pouvait, le méprisait de façon vile et magistrale. Un jour, il avait été jusqu'à retirer cinq points à sa maison, afin de montrer en quoi Potter était un véritable incapable. Je dois vous dire, lecteurs bien-aimés, que ce stratagème atroce avait réussi. Les élèves de Serpentard n'en haïssaient que plus le garçon qui avait survécu.

Ainsi, Harry Potter se sentait plus seul, plus orphelin que jamais.

Si au moins Ron et Hermione avaient été avec lui, les choses auraient été différentes. Mais non, Ron et Hermione n'étaient plus avec lui. Pire, ils semblaient l'éviter.

Harry savait que Ron était influençable, et qu'il faisait tout son possible pour plaire aux autres. De ce fait, les Poufsouffles lui avaient certainement conseillé de ne pas le fréquenter. Il en était sûr. Cependant, cela lui déchirait le coeur.

Mais le pire restait à venir. Il avait espéré qu'Hermione Granger fasse preuve de plus de discernement. Il s'agissait d'une fille intelligente, réfléchie et brillante. Elle avait obtenu les meilleures notes de sa promotion l'année précédente, et les avait souvent tirés d'affaire lorsqu'ils avaient eu des ennuis, Ron et lui.

Mais, en réalité, il n'en était rien. Au contraire.

Hermione lui en voulait délibérément d'avoir quitté leur maison si chaleureuse pour aller se réfugier dans l'antre des serpents, laquelle ne lui inspirait que du dégoût.

Le jour où il l'avait abordée, à la fin d'un malheureux cours de potions qui s'était achevé de façon calamiteuse, elle lui avait répondu sèchement:

"-Pars avec tes amis. Moi, de toute façon, je dois aller à la bibliothèque.

-Mais... je croyais que nous étions amis.

-Plus maintenant. Vous avez choisi votre voie, les garçons, moi, j'ai choisi la mienne. Au revoir."

Elle était sortie de la salle, le laissant là, seul, désemparé, pendant que le professeur des potions rangeait la salle d'un air insondable.

Harry se sentait terriblement seul. Il aurait voulu que tout cela ne fût qu'un mauvais rêve, et que Ron et Hermione soient avec lui, en train de rire, comme avant.

Simplement,voilà, rien n'était plus comme avant.

Sauf la haine tenace du professeur Snape envers lui, bien sûr.


La seule personne qui se faisait du souci pour lui était le fantôme de Lily. Mais cela, l'enfant ne le savait pas. Ou pire, il l'ignorait délibérément. Cette histoire de fantôme d'une petite fille qui aurait été sa mère ne tenait pas debout selon lui. Pas du tout.

Selon lui, ce fantôme mentait. Non, ce n'était pas vrai. Sa mère n'avait pas pu être amie avec l'affreuse chauve-souris des cachots. Non, c'était purement impossible.

Il éprouvait encore plus d'amertume dans son coeur lorsqu'il voyait l'homme aux cheveux gras passer devant eux, pendant les repas, afin de vérifier qu'ils mangeaient leur nourriture.

Il n'avait pas besoin de ça. De toute façon, c'était à peine s'il mangeait.

Lors de sa première année, il avait eu bon appétit, surtout en partageant avec ses meilleurs amis de l'époque. Maintenant, c'était à peine s'il mangeait une bouchée.

De plus, il n'aimait pas ses condisciples. Ces derniers ne faisaient que dire des méchancetés, à longueur de journée, raillant les Gryffondor, la racaille, les Sang-de-Bourbe, etc...

Il n'avait jamais eu autant envie de disparaître qu'en ce moment.


Lily était scandalisée. Comment Severus pouvait-il laissait faire cela?

Elle voyait son fils devenir de plus en plus maigre, renfermé sur lui. Oh, bien sûr, il était déjà maigre, mais là, il devenait quasiment un squelette.

Elle le voyait regarder les autres avec un air de défi, de méfiance, comme s'il craignait une éventuelle agression.

Mais ce qui la mettait le plus en colère était l'attitude de son ancien ami.

Froid, glacial, le professeur de potions semblait délibérément ignorer le garçon. Elle était sûre qu'il prenait un malin plaisir à voir le fils de James Potter dans une telle situation. Il lui faisait ainsi payer chèrement toutes les horreurs que lui avaient fait endurer les Maraudeurs.

Les Maraudeurs, pensait-elle, les larmes aux yeux. Tant de souvenirs.

Or, bien sûr, elle n'avait pas toujours été en excellents termes avec eux. Surtout avec James et Sirius. Ceux-là étaient de vrais lascars, qui ne reculaient devant rien pour faire les quatre cent coups, y compris embêter Snivellus. C'était même leur passe-temps favori.

Elle eut un pincement au coeur en pensant à Remus Lupin. Lui était assez différent des autres. Il était assez pauvre, vêtu de robes de seconde main, toujours dans ses livres, rêveur, pensif, sage pour son jeune âge. Il n'était pas du genre tapageur, ça non.

Cependant, il était très différent du gamin de Cokeworth qu'était Severus. Il contrastait avec lui par sa douceur, sa bienveillance, son ouverture d'esprit.

Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement entre les deux garçons. Les deux étaient intellectuels, se plongeaient dans les études afin de fuir la misère qui les entourait. Misère matérielle, familiale et affective dans le cas de Severus, problèmes de santé de Remus qui débouchaient sur une misère affective.

En effet, Remus Lupin, pensait Lily, était devenu loup-garou pendant son enfance, suite à une morsure d'une de ces... créatures. Il en avait été douloureusement affecté. Son entourage le fuyait comme la peste.

La petite fille remerciait les Maraudeurs de l'avoir soutenu, de l'avoir aidé. Il en valait vraiment la peine.

Cependant, elle lui en voulait de ne pas avoir défendu la chauve-souris qu'était en train de devenir Severus face aux agissements de ses.. amis. Quoique... elle ne savait plus quoi penser du potionniste, tant l'homme était complexe.


La petite fille fantôme était à présent dans le hall d'entrée. Il était bientôt sept heures du matin. Elle observait à présent le hall qui était désert.

Soudain, elle vit une forme apparaître. Celle d'une fillette de douze ou treize ans, qui se dirigeait vers la Grande Salle. Cette jeune fille avait des cheveux ébouriffés et une dentition proéminente.

La fille marchait d'un air décidé, comme quelqu'un qui va au travail. Décidément, se disait Lily, elle doit être studieuse, si elle se lève aussi tôt.

Soudain, elle vit, sortant du côté opposé, lequel menait aux cachots, une autre forme apparaître. Elle reconnut aussitôt Harry. Son fils. Que faisait-il là, en cette heure matinale?

Elle observa l'enfant s'approcher en courant de la fille et lui dire:

"-Attends, Hermione. HERMIONE."

Lily fronça les sourcils en voyant la fille répondre d'un ton sec:

"-Ah, c'est toi. Laisse-moi tranquille, s'il te plaît.

"-Non, Hermione, je t'en prie, laisse-moi m'expliquer. Tout cela n'est qu'un malentendu."

"-Eh bien, tu n'as qu'a l'expliquer à tes camarades de maison. J'ai à faire. Au revoir.", dit la fille, une moue dédaigneuse qui inspira un profond sentiment d'antipathie à Lily.

Elle trouvait que cette fille exagérait délibérément. Pourquoi n'accordait-elle pas sa chance, à son fils, au juste?

Elle s'approcha et demanda à la fille, d'un air furieux:

"-Je peux savoir ce que t'a fait mon fils, Miss-Je-Sais-Tout."

Elle regretta immédiatement ses paroles en voyant les yeux de son interlocutrice se remplir de larmes.

Elle se demandait ce qui l'avait prise de traiter la fillette par un tel nom. Soudain, elle se souvint. Elle avait entendu Severus marmonner, un jour, en corrigeant des copies de deuxième année "Satanée Miss-Je-Sais-Tout" à propos d'une copie portant le nom "Hermione Granger". Se pouvait-il qu'il s'agît de la demoiselle en question?

Pendant que le fantôme de Lily Evans la regardait d'un air sévère, Hermione fondait en larmes, d'incompréhension, d'humiliation, et de honte.

Comment se pouvait-il que cette petite fille si fragile, si transparente, fût la maman de Harry Potter? Cela n'avait aucun sens.

Elle s'en voulait à présent d'avoir ignoré Harry, de l'avoir tenu pour responsable d'avoir changé de maison. En effet, il ne semblait pas s'acclimater à sa nouvelle maison.

Le fantôme dit d'une voix dure, qu'Harry ne lui connaissait pas:

"-C'est toi, Hermione Granger?

Hermione acquiesça, en pleurant.

"-Je pensais que tu valais mieux que cela franchement. Tu m'as déçue."

La fillette pleura de plus belle. Elle était vraiment une idiote. Pourquoi avait-elle agi ainsi?

Ne sachant pas ce qui la prenait, elle se jeta dans les bras de Harry, et mit son visage mouillé sur l'épaule du jeune garçon.

"-Par.. Pardonne-moi, Harry. Tout..Tout est..de..ma...f...faute... Je...

Le jeune garçon, un peu surpris, la prit dans ses bras et la laissa pleurer tout son soûl.

"Que c'est émouvant, n'est-ce pas?, dit une voix sarcastique derrière eux.

Les deux enfants se retournèrent soudainement, avant de faire face au professeur des potions, à la chauve-souris des cachots qui les regardait d'un air empreint de dégoût.

"- Que c'est charmant, n'est-ce pas? Je ne savais pas que vous aviez eu l'idée, Potter, de conclure une alliance avec des lions. Je n'y avais pas pensé, c'est honorable, en effet que d'enterrer la hache de guerre, pour...un jour mieux la déterrer, dit Snape d'un ton affreusement velouté.

"-Cela suffit, Severus."

Il s'agissait de Lily, qui s'était avancée, belle, noble, majestueuse, dans son apparence de petite fille fantôme vers son interlocuteur.

Ils se toisaient à présent l'un l'autre. Tandis que l'une avait gardé un coeur tendre et pur, semblables aux doux souvenir de l'enfance, l'autre était devenu dur comme un roc, affilé comme un couteau, glacial, arrogant même.

La douce enfant regardait à présent l'homme amer, avec un air de vive répulsion.

Severus lui adressa un regard sombre, fronçant les sourcils. Pourquoi Lily ne parvenait-elle décidément pas à rester en paix?

"-Si quelqu'un m'a déçu, c'est bien toi, Severus, lança-t-elle d'un air aigre. Pourquoi n'as-tu pas aidé Harry à s'intégrer dans sa nouvelle maison, à se faire des amis, à progresser en classe? C'est ton devoir en tant que directeur de maison. Et tu ne l'as pas fait. Et tu prétends être responsable?

"-Tais-toi, sale...

"-Tu peux me traiter de Sang-de-Bourbe, de racaille, de tout ce que tu veux, je m'en fiche à présent. Je vois ce que tu es devenu, un homme...

Elle le regarda d'un air de dégoût, avant d'ajouter:

"-Comme ton père. Voilà, ce que tu es. Un salaud comme ton père. Un lâche.

Le professeur de potions s'était approché d'elle et la menaçait à présent avec sa baguette magique. Puis il la tendit et des serpents en sortirent, dirigés vers l'enfant fantôme, qui se dépêcha de s'enfuir.

Harry et Hermione se mirent à hurler en voyant les reptiles. Le professeur envoya un "Evanesco" informulé, puis lança aux enfants d'une voix cinglante:

"-Vingt points de moins pour Gryffondor, Miss Granger, pour avoir hurlé ainsi, et estimez-vous heureuse que ce ne soit pas davantage. Quant à vous, Potter, dans mon bureau, ce soir, 18 heures, sans faute. Maintenant , dégagez."

Il passa devant eux d'un air maussade, faisant voleter sa longue cape noire derrière lui, se dirigeant vers la Grande Salle.

Pendant ce temps-là, Lily Evans pleurait toutes les larmes de son corps. Elle était horrifiée, dégoûtée de voir son ancien ami se comporter comme un membre de la Gestapo, de la Guardia civil, ou autre. Un fasciste, voilà, ce qu'il était devenu. Une ordure de fascho, voilà ce qu'il était à présent, pensait-elle avec amertume.

Soudain, la citation d'Eluard lui revint en mémoire alors qu'elle se remémorait le visage de son fils, qui avait hérité de ses prunelles vertes.

"-La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur", pensait-elle, avant de se rappeler d'une citation de Louis Aragon:

"Il ne suffit pas d'avoir raison pour avoir raison".

Un petit sourire en coin apparut sur ses lèvres, alors qu'elle se disait mentalement cette phrase. Le professeur de potions allait recevoir, un jour ou l'autre, la monnaie de sa pièce.


Alors, chers lecteurs, comment avez-vous trouvé ce chapitre?

Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions, vos commentaires, vos reviews.