… (passe la tête) *raclement de gorge*Bonjour ?
Je suis horriblement désolée pour le retard, mais j'ai eu de graves problèmes de santé, et après j'ai commencé mon année de Terminale … mais maintenant me revoilà, up and kicking avec un nouveau chapitre !
Bonne lecture ! :)
Stupide lapin !
Tête d'algue !
Oz reposa sa tasse sur la table et soupira. C'était comme ça depuis une semaine, maintenant. Une semaine depuis qu'elle s'était réveillée dans la résidence secondaire des Rainsworth, une semaine depuis qu'elle était sortie de l'Abysse. Une semaine qui aurait due être la plus belle semaine de sa vie – après tout ce noir, cette lumière, après tout ce silence, ces sons …
Tu veux te battre ?!
Être au calme, au chaud, à l'abri … Une semaine qui aurait due être parfaite, en tout point …
Vas-y, j't'attends !
… et Oz n'en pouvait plus d'attendre qu'elle se termine enfin.
Il fallait bien admettre qu'elle ne s'ennuyait pas, au moins. Parfois, les habitants de la résidence lui semblaient encore plus détraqués que les plus détraquées des Chains … Il y avait Raven, constamment sur les nerfs, renfermé, et qui portait bien son nom, toujours vêtu de noir comme il l'était. Il semblait relativement calme au premier abord, mais dès qu'il se trouvait en sa présence ou en celle d'Alice, le jeune homme déraillait.
Et puis, oui, Alice … Lorsque, une semaine plus tôt, Oz était entrée dans le salon des Rainsworth, ses cheveux blonds coupés à la garçonne et uniquement vêtue de sa chemise de nuit (qui n'était même pas à elle, en plus), elle avait trouvé Alice assise à la table devant une assiette de viande que l'étrange Chain dévorait voracement sous le regard navré de leur hôte, Sharon Rainsworth.
Tiens, oui, parlons-en de celle-là, songea la jeune fille en coulant un regard furtif vers l'autre côté de la table où leur charmante (façon de parler) hôte prenez tranquillement le thé, le petit doigt en l'air. La jeune fille était l'image même de la douceur, avec ses longs cheveux soyeux, ses grands yeux d'une intrigante couleur rose et ses robes fleuries. Ça, c'était le côté apparent de l'iceberg. Le côté immergé, lui, était terrible, terrifiant, terriblement terrifiant, et remontait malheureusement très souvent à la surface.
Et puis il y avait l'autre. Xerxes Break. Avec ses yeux rouges, son sourire de psychopathe, ses bonbons qu'il semblait sortir de nulle part et sa poupée parlante. Le Gus était-il ventriloque ? Oz ne savait pas trop quoi en penser, de celui-là : un coup souriant, un coup terrifiant – et Oz savait qu'elle n'oublierait jamais tout à fait la peur qu'il lui avait inspirée lors de leur première rencontre, ses yeux rouges luisants, son arme pointée vers elle – vers elles – et la douleur dans les yeux d'Alice, enfermée dans le pentagramme, privée de ses pouvoirs.
- T'es pas un homme !
Répète ça, pour voi – AH !
La nappe se souleva soudain et Break roula de sous la table, sur laquelle il se percha immédiatement. Quand on parle du loup …
- Break, espèce de dingue ! hurla Raven, qui était devenu pale comme un linge.
- Mais d'où il sort ? marmonna Alice, à quatre pattes sous la table.
Quant à Miss Sharon, elle se contenta de déposer délicatement sa tasse de thé et de sourire paisiblement, comme si elle avait l'habitude que son garde du corps surgisse des endroits les plus incongrus.
Break ricana - de ce ricanement dérangeant qui ressemble presque à un gloussement – sortit un bonbon de l'une de ses innombrables poches et se mit à balancer les jambes. Un sourire immense éclaira son visage, et son œil visible sembla luire d'une façon qui n'annonçait rien de bon.
- Les enfants … j'ai du travail pour vous !
xoxoxoxox
Pourquoi les contractants illégaux éprouvent-ils le besoin de tuer des gens ? Quel intérêt …
Oz soupira. La question tournait dans son esprit depuis qu'elle avait lu le dossier relatant les meurtres sur lesquels ils devaient enquêter, Raven, Alice et elle. Tous ces rapports horrifiants, toutes ces photographies sanglantes … Pourquoi ? Qu'est-ce qui pouvait bien pousser les contractants illégaux à commettre de telles horreurs ? Parce qu'il devait bien y avoir une raison, n'est-ce pas ?
- Changer le passé …, souffla Oz. C'est une bonne raison, non ?
Seul le silence lui répondit.
La jeune fille jeta un coup d'œil vers l'un des lits de la chambre d'hôtel et s'autorisa un sourire. Roulée en boule sous les couvertures, Alice dormait profondément. Oz l'étudia un moment, songeuse. A la voir endormie là, si calme et détendue, il était difficile de se figurer qu'elle était une Chain, et la plus terrible de toutes, par dessus le marché !
B-Rabbit … L'enfance d'Oz, comme celle de beaucoup d'autres enfants, avait été bercée de contes, de mises en gardes farfelues. Si tu ne finis pas ton assiette, B-Rabbit viendra te dévorer ! Il y avait plusieurs variantes qui mettaient en scène les Faucheurs pourpres et l'Abysse, mais celles qui revenaient le plus souvent étaient celles où il était question de B-Rabbit, le lapin noir baigné de sang. Et puis il y avait les légendes, les rumeurs, les histoires racontées dans le noir pour faire peur … Partout, B-Rabbit était considéré comme un monstre sans pitié, un assassin impartial. En grandissant, Oz, comme la plupart des gens, avait cru qu'il ne s'agissait que de légendes, des vieux trucs que ressortent les parents pour se faire obéir des enfants récalcitrants.
Et puis elle s'était un jour retrouvée devant les Faucheurs pourpres, et l'Abysse existait, et B-Rabbit … et B-Rabbit avait l'apparence d'une petite fille – était une petite fille. De ce dernier point, Oz était convaincue : plus qu'une simple Chain, B-Rabbit était un être humain, un peu bizarre, certes, mais humain tout de même, avec ses défauts, ses qualités, ses souvenirs disparus et surtout, surtout, avec un prénom.
Alice … Encore une fois, Oz fut envahie par un étrange sentiment, une vague de nostalgie. Non, Alice n'était pas une Chain comme les autres … Oz savait, pour avoir partagé ses pensées, qu'Alice n'était pas mauvaise et, plus étrange encore, qu'elle ne ressentait pas le besoin de faire commettre à ses contractants des crimes odieux comme ceux pour lesquels ils étaient venus dans cette ville.
Un mouvement au dehors sortit la jeune fille de ses pensées et elle se rapprocha de la fenêtre, collant son front contre la vitre glacée pour mieux voir. Dans la rue en contre-bas, un haute silhouette sombre longeait les murs, sur le qui-vive. La lumière d'un réverbère tomba sur un chapeau haut de forme noir et Oz fronça les sourcils. C'était maintenant la cinquième fois depuis qu'il avait quitté la chambre, une demie-heure plus tôt, que Raven passait devant leur fenêtre.
- Ne me dites pas qu'il s'est perdu, grogna Oz.
Dans la rue, le jeune homme retourna sur ses pas, avança de quelques mètres et repartit dans l'autre sens. Oz roula des yeux et se faufila silencieusement vers les bottes rangées au pieds de son lit. Malgré son irritation, la jeune fille ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une sorte de tendresse pour Raven. Il était sombre, assez renfermé et semblait continuellement sur les nerfs, mais quelque chose en lui lui rappelait Gilbert, son serviteur et meilleur ami. Peut-être était-ce simplement leur étonnante ressemblance physique qui était en cause ?
Oz attacha sa deuxième botte et se glissa dans le couloir, prenant soin de refermer à clef derrière elle, tout en sachant très bien que c'était une précaution inutile. Alice dormait à poings fermés et, si par un quelconque hasard elle venait à se réveiller, ce n'était pas une malheureuse porte verrouillée qui l'empêcherait de sortir les rejoindre.
Yup, c'est tout … J'essaierais de poster plus vite la prochaine fois, promis ! :)
