Bonjour chers lecteurs,
Dans ce chapitre, nous allons voir la progressive intégration de Harry à la maison des Serpents, à partir du moment où Severus lui propose des cours de soutien avec un autre élève de Serpentard. Il se fera deux nouveaux camarades ( Blaise Zabini et Théodore Nott), et se réconciliera avec Ron.
Cependant, tout n'est pas rose à Poudlard. Une élève aux cheveux roux semble avoir un comportement étrange...
Bonne lecture!
Harry se sentait fébrile. Le rendez-vous avec le professeur de potions ne s'était pas aussi mal passé que ce qu'il avait pensé, au départ.
Il se remémorait à présent les paroles de l'homme au nez crochu.
Flash-Back
"-Potter."
"-Oui, Monsieur!"
"-Savez-vous pourquoi je vous convoque ici?"
"-Non, pas vraiment, Monsieur... Ou plutôt si, avait-il dit en croisant le regard sévère de l'homme, vous me convoquez en raison de mon comportement déplacé."
"-Non, Potter, cette fois encore, vous vous trompez. Bien que je pense que votre comportement laisse singulièrement à désirer, je vous convoque pour faire un bilan de votre niveau en potions qui est catastrophique, et je pense que vous auriez besoin de cours de soutien. C'est même une nécessité absolue, selon moi. De même, j'ai remarqué que vous aviez des difficultés à vous intégrer au groupe formé par vos camarades."
Harry l'avait regardé d'un air plissé, gardant le silence, ravalant la colère qu'il éprouvait contre ce triste sire.
"-Vous savez, Potter, vous n'êtes pas le premier, ni le dernier à qui cela arrive. Je souhaite simplement, disons, vous aider. Mais si vous préférez vous pavaner comme votre idiot de père, libre à vous."
Harry lui avait alors jeté un regard noir. Severus avait répondu, d'une voix doucereuse, où perçait le sarcasme:
"-Manifestement, James Potter est sacré, à ce que je vois. On n'a même plus le droit d'émettre la moindre critique à son sujet."
"-Non, monsieur."
Harry avait parlé d'une voix claire et décidée. Cet homme abusait. Il n'avait pas à le faire souffrir ainsi.
Snape était alors devenu blafard. Il s'était alors approché de l'enfant, aussi dangereusement qu'une ombre menaçante, et lui avait dit, sur un ton semblable à un murmure:
"-Pourquoi, Potter?"
"-Je ne connais pas cet homme. Tout le monde dit qu'il est mon père, mais moi, je ne sais même pas à quoi il ressemble."
Peu importe ce que lui ferait subir l'odieux personnage, Harry se sentait rasséréné, à présent. Il en avait assez qu'on le compare à des gens qu'il ne connaissait pas.
Puis il avait continué d'une voix aussi forte, pendant que Snape le regardait d'un air austère:
"-Tout ce que je veux, c'est qu'on me fiche la paix. Je n'ai pas demandé à naître, puis à être orphelin, puis à..."
Il n'avait pu achever. Des larmes d'humiliation coulaient à présent sur ses joues.
Il s'interdisait en règle générale de pleurer. Son oncle lui disait sans cesse que pleurer n'était pas viril. Il s'en voulait à présent d'être si faible, si vulnérable face à l'homme en noir, qui le regardait d'un air de... Non, pensait l'enfant, faites que ce ne soit pas de la pitié, Seigneur.
Puis quelque chose de bizarre s'était passé. L'enfant n'en croyait pas ses yeux.
L'homme sombre s'était approché de lui, et l'avait fait s'asseoir sur la chaise située en face de la sienne. Il lui avait demandé d'une voix douce:
"-Voulez-vous quelque chose à boire, Mr Potter? Je suis sûr qu'un peu de thé vous ferait du bien."
Il n'avait répondu, continuant à sangloter, le visage dans les mains.
Le professeur Snape lui avait offert une tasse de thé, et lui avait parlé d'un ton étrangement rassurant pour une chauve-souris des cachots:
"-Un de vos camarades s'est proposé pour vous offrir de l'aide en potions."
L'enfant à la cicatrice en forme d'éclair avait relevé le visage inondé de larmes et s'était exclamé:
"-C'est vrai?
"-Oui, Mr. Potter, ne me regardez pas ainsi, c'est vrai. A Serpentard, j'oblige mes élèves à s'entraider, et à se soutenir en cas de besoin. S'ils ne le font pas, ils ont affaire à moi. Le garçon dont je vous parle s'est proposé lui-même pour vous aider, dès que j'en ai formulé la demande, car cela lui permet de s'améliorer également, en réexpliquant des notions que d'autres n'auraient pas saisies. Il s'agit de Blaise Zabini."
Harry l'avait regardé les yeux ronds. Un élève de Serpentard, l'aider volontairement? Cela relevait de la fiction pure et simple.
"-Alors, qu'en dites-vous,Potter?"
"-Je...
L'enfant avait refondu en larmes, puis s'en était voulu. Pas besoin que Snape pense qu'il était hypersensible et fragile, en plus.
"-Cela vous convient-il?"
"-Oui..."
Sa voix si faible n'était plus qu'un murmure, à présent.
Puis Snape l'avait laissé finir son thé, et l'avait raccompagné à la salle commune des Serpentard. A la fin, l'enfant avait lancé un vague "Merci", répété plusieurs fois, pendant que le maître des potions le quittait, un rictus sur les lèvres.
Fin du Flash-Back
Lily se sentait heureuse de l'issue de la réunion. Elle avait retrouvé Severus qui lui avait répondu que l'affaire Potter était arrangé, qu'un élève de sa maison s'était proposé pour l'aider en potions.
Elle éprouvait toutefois un peu d'appréhension. Et si jamais cela ne suffisait pas? Si Harry était toujours mis à l'écart par ses camarades. Toutes ces solutions n'auraient servi à rien.
Cependant, elle put se rendre compte dans les jours, ainsi que dans les semaines qui suivirent, que Harry se sentait mieux, plus en forme et plus heureux.
En effet, des changements significatifs venaient de se produire.
Harry ne mangeait plus seul dans son coin, à la table des Serpentard. Il partageait à présent ses repas avec deux garçons de Serpentard, Blaise Zabini, un garçon noir aux yeux en amande, d'une beauté rare, exotique, qui respirait le mystère, et Theodore Nott, un garçon frêle et pâle, qui se passionnait pour les échecs.
Blaise et Théo n'étaient pas des imbéciles, et avaient su transcender leurs préjugés à l'égard de l'ex-Gryffondor, ce dont, malheureusement, beaucoup d'élèves de leur maison n'avaient fait preuve jusqu'à présent. Ils étaient tous deux capables d'écoute et de compréhension.
Ainsi,Blaise avait identifié l'origine des difficultés scolaires du Garçon-qui avait-Survécu. Selon lui, elles provenaient du fait qu'il n'avait pas suffisamment été préparé à l'art rigoureux de la préparation des potions.
Harry lui avait alors rappelé qu'il vivait chez des Moldus, ce qu'avait admis son camarade, avec toutefois une certaine réticence.
"-Tu ne les connais pas, lui avait répondu Harry. Si tu les connaissais, tu ne serais pas si dubitatif.
Blaise n'avait pas répondu, se contentant de réfléchir.
Pour la première fois de sa vie, Harry n'éprouvait plus d'animosité marquée envers la maison des Serpents.
Il était d'autant plus heureux qu'après une période où il avait été en froid avec Ron, plus précisément entre septembre et novembre, ce dernier s'était réconcilié avec lui.
Le garçon roux lui avait avoué qu'il ne supportait franchement plus ses camarades de Poufsouffle, Ernie Macmillan et Justin Finch-Fletchey étaient ennuyeux au possible. Ils ne s'intéressaient qu'aux potins de l'école, admiraient Dumbledore et ne s'intéressaient pas au jeu d'échecs version sorcier, ce qui le désolait considérablement.
Il avait toutefois dû faire un effort pour surmonter son dégoût de la maison des Serpents.
"-Harry, je suis désolé, mais il est hors de question que je traîne avec Malefoy et sa clique!"
"-Mais non, Ron, ne t'inquiète pas, il n'y a aucun risque."
Ron l'avait alors regardé d'un air si grave, rappelant Hermione Granger, qu' Harry avait éclaté de rire, et lui avait répondu:
"-Puisque je te dis. Tu connais Blaise et Théo?"
"-Zabini et Nott. Ces noms sont ceux d'anciens partisans de Tu-Sais-Qui, Hary tu devrais faire attention...
Harry n'avait pu tenir davantage et s'était énervé:
"-Écoute-moi bien, Ron. Oui, ce sont des fils des partisans de Voldemort, oui, avait-il insisté d'un air de rage en regardant Ron mettre les mains à sa bouche, et pourtant, ce ne sont pas des partisans de Voldemort. Ils m'ont dit plusieurs fois qu'ils désapprouvaient les méthodes de leurs pères..."
"-Mais Harry..."
"-Je sais ce que je dis, Ron, ces garçons ne sont pas leurs pères. Et ce ne sont pas des clones de Malefoy, avait-il ajouté, d'un air féroce, tu entends?"
Ron avait hoché la tête, pas vraiment convaincu.
Mais dans les semaines qui avaient suivi cette altercation, Harry l'avait présenté à ses deux camarades.
Les débuts n'avaient pas été faciles,en raison de la méfiance de Ron envers les fils de Mangemorts, qui le considéraient jusqu'alors comme un traître à son sang pauvre et naïf, peu digne d'intérêt.
Mais tout avait changé lorsque Ron avait fait part de sa passion pour le jeu d'échecs version sorciers, que Théo appréciait également. Les deux avaient alors décidé de jouer ensemble, et très vite, les deux garçons de Serpentard s'étaient aperçu que Ron devenait une autre personne dès qu'il se trouvait devant l'échiquier. Il devenait extrêmement tacticien, fin stratège, habile avec les pièces, et faisait preuve de ruse, ce qui n'était pas pour déplaire aux deux Serpentard.
Théo lui avait alors proposé de l'aider en potions, en échange de quoi Ron l'aidait à s'améliorer au jeu d'échecs, ainsi qu'en Quidditch. Ron avait accepté le marché, et se rendait compte que les deux garçons n'étaient pas comme Draco Malefoy, mais qu'ils méritaient sa confiance.
Ainsi, Harry se sentait infiniment plus heureux, car il avait renoué avec Ron et Hermione, laquelle demeurait plus distante,mais ne refusait plus de lui donner un coup de main, un conseil pour un ouvrage, et il avait à présent deux camarades de Serpentard, il n'irait pas jusqu'à dire le mot "amis" les concernant, mais en tout cas, de bons camarades, ce qui donnait une tout autre image de la maison des reptiles que celle de la dynastie Malefoy.
De même, il lui semblait que le professeur de potions n'était plus le personnage singulièrement détestable qui prenait plaisir à l'humilier quand il était en première année, même s'il restait toujours aussi revêche, distant et froid.
C'était quand même grâce à lui que Blaise lui donnait des cours de potions, lui réexpliquant avec une patience infinie les rudiments de cet art rigoureux et subtil. De ce fait, même s'il ne décrochait pas de très bonnes notes, Harry parvenait à avoir la moyenne, tout comme Ron, qui le dépassait à présent dans cette matière, encouragé par Théo, avec lequel il s'entendait de mieux en mieux.
Ainsi, Harry finissait par trouver un véritable avantage au fait d'avoir changé de maison. Il n'était plus en rivalité avec les Serpentard, et il lui semblait que l'amitié avec Ron, malgré la distance, s'était renforcée, les Poufsouffle n'étant pas aussi rebutés par la maison des herpétologues que les lions.
Harry n'avait jamais été très exigeant envers lui-même au niveau scolaire. Tout ce qu'il voulait était apprendre à son rythme, découvrir de nouvelles choses. Être le meilleur n'était pas sa priorité, ce que soulignait parfois d'un ton sarcastique son directeur de maison et le fantôme de Lily, qui déploraient le fait qu'il n'eût pas davantage d'ambition.
Par contre, s'il y avait un cours qu'il détestait, c'était bien la défense contre les Forces du Mal. Le professeur Lockhart n'était qu'un beau-parleur incompétent. Hermione l'admirait,mais pas lui, ni Ron, qui ne lui pardonnait pas d'avoir obligé ses parents à s'endetter, malgré leurs difficultés financières. Heureusement, Blaise et Théo partageaient leur point de vue, et les quatre garçons en riaient, quand ils se retrouvaient à la bibliothèque pour étudier ou pour jouer aux échecs version sorcier.
Je dois mettre mon lecteur en garde, et l'avertir que la confiance accordée à Ron Weasley par les deux garçons de Serpentard était quelque chose d'exceptionnel. Aucun membre d'une autre maison n'avait su obtenir l'amitié, si rare et si spéciale, d'un élève de Serpentard, au moins dans leur promotion.
25 novembre 1992,
Le fantôme de Lily errait dans les couloirs, pendant le déjeuner. C'était devenu une habitude pour elle. Elle aimait se sentir évanescente,et passait "légère, apaisante et murmurée comme un parfum" telle la petite phrase de la sonate de Vinteuil, écrite par un certain Marcel Proust dont elle avait lu de nombreuses pages quand elle était jeune.
Soudain, elle vit une silhouette avancer dans la direction opposée. Stupéfaite, elle reconnut les cheveux roux flamboyants de Ginny Weasley.
La fillette affichait un air vide, hagard, comme si elle était fatiguée, vidée de son énergie.
Soudain, Lily sentit que quelque chose n'allait pas. Elle s'approcha aussitôt de la fillette et lança:
"-Ginny. GINNY! Tu me reconnais, c'est ... Ta...Tante.. Lily...
La jeune fille ne répondit pas, ce qui inquiéta davantage Lily. Ce n'était pas normal. Il y avait anguille sous roche, cela était certain. Elle s'approcha de la fillette et la toucha.
Au lieu de réagir la fillette la regarda d'un air impassible et continua de marcher.
Tout à coup, Lily comprit. La petite rouquine n'était pas dans son état normal. Elle était sous l'emprise d'un sortilège ou pour mieux le dire, d'un maléfice. Soudain, un frisson la traversa quand elle vit l'enfant continuer de marcher, d'un pas qui n'était pas le sien, comme si elle était hypnotisée.
"-Elle est envoûtée, se dit aussitôt l'enfant fantôme.
Vite, il n'y avait pas de temps à perdre. Il fallait avertir un professeur, et Lily savait parfaitement lequel.
"-Pourvu, pourvu,se disait-elle, pourvu que Sev' puisse faire quelque chose, pensait-elle, le cœur battant, alors qu'elle filait vers les cachots, qui se situaient à des lieux de l'endroit où elle avait trouvé son alter ego, qui continuait d'errer, si menue,si fragile, comme une poupée de cristal.
Alors, chers lecteurs, comment avez-vous trouvé ce chapitre?
Je me ferai un plaisir de vous répondre.
